Derniers instants à Marrakech

Cette première expérience de train-couchette fut particulière, l’aération de la cabine toujours à fond donne l’impression d’être dans un avion. Je mettrai des écouteurs pour m’endormir. Le lit est confortable, et on a la chance avec un jeune brésilien de n’être que 2 dans la cabine, contrairement aux autres remplies à leur maximum de 4.

Mon super lit dans le super train avec du super bruit

Mon super lit dans le super train avec du super bruit

Le train arrive à Marrakech avec un retard d’une petite vingtaine de minutes. Je retrouve Yassir, un jeune Marocain qui est récemment revenu d’un voyage de 3 mois en vélo dans plusieurs pays d’Afrique noire, écourté par une infection au Paludisme. Il me ramène chez lui, dans la banlieue nord ouest de la ville. C’est son premier Couchsurfing ! Nous passerons la journée à échanger sur nos cultures, il est très ouvert d’esprit, mais à une foi incroyablement puissante en sa religion. “Adam et Eve ? Oui oui, on ne descends pas de singes quand même”.

Bref, j’essaie de le piéger sur plusieurs points (pour le confronter à des paradoxes notamment), et on retrouve cette caractéristique des personnes de foi, qui quand elles n’ont pas les explications préfèrent dénigrer la science et s’en remettre à leurs croyances sans plus d’explications, croyances qu’elles reconnaissent d’ailleurs interprétables de façon différentes par les unes ou les autres ; ce qui occasionne des musulmans qui consomment alcool et autres drogues, d’autres qui couchent avant le mariage, bref, chacun fait à sa sauce puisque la chose la plus importante c’est juste de croire en Allah et au Prophète. Le reste n’est que pêché pouvant être rattrapé.

Yassir, un super gars !

Yassir, un super gars !

En début de soirée je découvre le taxi collectif. Ça nous fait marcher pas mal pour les rejoindre sur les axes principaux, mais ça ne coûte que 5dh où qu’on aille. Au passage, les grands taxis sont les seuls autorisés à sortir des villes. Une fois dans le centre, on passera par la mosquée Koutoubia, la principale de Marrakech (cf. première photo de l’article). Étant donné la chaleur j’assiste à la prière puisque tous les musulmans sont à l’extérieur. C’est très beau à voir et à entendre. Assis à une cinquantaine de mettre, seul sur des escaliers, un policier me dit que je ne peux pas rester ici. Je me déplace donc, me rapprochant et m’asseyant à côté d’autres personnes, des femmes. Deux minutes plus tard un autre policier me demande de ne pas rester ici si je ne suis pas musulman, je m’interroge sur le pourquoi puisque les femmes à côté de moi ne font pas plus la prière et c’est un escalier dans la ville. Il me dit que “si, elles font faire la prière”. Je m’assoie de l’autre côté de la route. A la fin de sa prière, Yassir me dit que les femmes à côté desquelles j’étais ne peuvent pas faire la prière, elle ne font que regarder car elles ont leurs règles. On est bien d’accord que les policiers étaient des gros … ? (je n’ai par trouvé le mot approprié, mais vous avez dû cerner l’idée).

Vue sur la Place Jemaa el Fna

Vue sur la Place Jemaa el Fna

En fait là j’ai une fois de plus été confronté à une connerie énorme qu’applique nombre de musulmans, instances policières et de sécurité :
– juger de la religion des personnes en fonction de leur gueule. (Une belle discrimination)
– ne pas écouter leurs propres imams ! En effet, quand l’imam appel à la prière, il commence par dire deux fois (il répète toujours tout une fois de toute façon) Allah Akbar (dieu, tout puissant et unique), et ensuite il invite TOUT LE MONDE À VENIR PRIER. J’ai bien dit “tout le monde”, pas “tout le monde les musulmans”. Pensez-y si vous voulez entrer dans une mosquée, bref. C’était mon petit coup de gueule 🙂 j’avais appris cela à Meknès, le chauffeur de taxi m’ayant traduit l’appel à la prière.

On passe ensuite par la place principale, Jemma El Fna, pour se balader dans la médina. Même Yassir n’est pas rassuré quand il voit qu’on s’enfonce un peu trop ! On fait alors demi-tour. On se posera ensuite sur la terrasse d’un café pour continuer à échanger et contempler la vie se calmer sur la place.

On rentre sur le coup des 2h du matin, croise un de ses amis, Rachid, complètement sous les effets du Cannabis, qui m’offrira un

On croirait à un mausolée mais non, c'est un endroit décoré et représentant la vie de l'actuel roi Marocain

On croirait à un mausolée mais non, c’est un endroit décoré et représentant la vie de l’actuel roi Marocain

Sprite, youhou ! On mange un plat Marocain ressemblant à de l’Ossobucco avec les mains et du pain, pas de couverts histoire de rester dans la tradition. On aura marché énormément dans la soirée, moins que ce que j’avais fais à Fès, pourtant j’aurai une violente douleur à la jambe jusqu’à mon départ du Maroc.

Le lendemain je quitte sa maison familiale et me poserai pour mes 24 dernières heures Marocaines dans un hôtel proche de la gare pour me ressourcer, repenser à ce voyage, le digérer avant de rentrer en France.

Jeudi 8 juin, je quitte l’aéroport de Marrakech en direction de Montpellier, la fin d’un voyage très positif, qui m’aura beaucoup enrichi personnellement et humainement.

24h de glandouille avec cette vue c'est pas trop mal…

24h de glandouille avec cette vue c’est pas trop mal…

Hassi Labied et les portes du Sahara

La route fut longue en ce vendredi 26 mai 2017, les premières heures contiennent de nombreux virages ce qui fera vomir la femme derrière moi à plusieurs reprises.

L’avantage d’être seul c’est qu’on est beaucoup plus enclin à aborder les autres, le Berber à côté de moi m’invitera d’ailleurs à dormir chez lui à Thingir si jamais je passe par sa ville en revenant du désert. Après qu’il soit parti, je ressens les inconvénients de la solitude, ou plutôt, une nostalgie s’empare de moi et me bouleverse profondément quand je me rends compte que 3 personnes devant moi sont des espagnols d’une part, et d’autre part que j’ai posé sur le siège vide à mes côtés le petit sac à dos de Manon que j’ai emprunté pour ce voyage, posé là comme si elle allait revenir d’un moment à l’autre. Les 6 dernières heures de ce voyage de 13h furent donc difficiles émotionnellement.

J’arrive à 21h30 à Hassi Labied, là où m’attend Lhoussin, un jeune berbère de 26 ans. On monte avec un de ses amis et après avoir déposé une asiatique en passant par des rues sombres, j’ai une poussée d’angoisse. La sensation que tout peu basculer d’un moment à l’autre, et tout basculera, dans un bon sens.

On récupère Aaron, un canadien qui était dans un cyber café. Puis on file vers la maison de Lhoussin, toute une partie est réservé aux hôtes. On partage de bonnes conversation avec Aaron, on est sur la même longueur d’onde c’est impressionnant. On mange ensemble un melon délicieux et des oranges que Aaron a acheté dans la journée. Lhoussin me montre la terrasse sur la maison d’hôtes, les étoiles sont justes impressionnantes. On décide au même instant avec Aaron de dormir sur le toit, où l’on s’installera rapidement. On échangera sur quelques pensées philosophiques pour s’endormir en contemplant la voie lactée se déplacer lentement.

Pendant ce temps, le Ramadan débute.

Le lendemain matin à 6h j’entends Aaron se lever pour partir prendre son bus, ce sera un bel au revoir à la personne qui aura su me montrer que je ne suis pas seul finalement.

Sur le coup des midi, alors qu’à l’ombre on affiche 41°C, je rencontre une française dans le seul restaurant ouvert dans cette petite ville. Elle revient tout juste d’une nuit dans le désert et on se rend compte qu’en fait c’est ma voisine de chambre. Nos échanges forts intéressants couplés à mes derniers retours de parts et d’autres me dessinent la suite du voyage : partir au nord du Maroc, à Fès. Au passage je goûte une spécialité : l’omelette berbère : oignon, œufs, tomates, épices. Simple et efficace.
(🎤 C’est la MAAF !)

Sur le coup des 17h, Lhoussin me prête un touareg (pas le monsieur, la tenue) et un turban, et voilà que j’embarque sur le dos d’un dromadaire (les chameaux, c’est en Asie).

Victoire ! Poutou président !

Victoire ! Poutou président !

1h environ pour rejoindre notre campement. On y dort, et le lendemain on est revenu. Voilà la version courte où vous loupez l’essentiel, mais honnêtement, même dans une version plus longue, l’essentiel est fait de sensation, et comme évoqué avec Aaron la veille “A same person in a same place at a different time will feel it differently”, alors vous pensez bien que des personnes différentes…

Le désert que j’ai vu était magnifique, la couleur n’est pas celle à laquelle je m’attendais, elle tirait sur l’ocre ici. Les courbures des dunes, la pureté du sable d’un lisse impeccable, le calme, d’un apaisement total.

La sensation d’être sur le chameau avec un berbère devant moi, sans personne d’autres autour. Magique.

Habillé en Touareg en haut d’une dune tout en regardant le soleil se coucher et ressentir un léger vent chaud passant sur le turban devant mon visage, indescriptible émotionnellement, je touchais presque le Nirvâna.

La nuit tombée, je montre aux autres touristes du groupe la voie lactée qui se dessine. On s’amusera avec l’une d’elle (ce n’était que des chinoises), ayant emmené tout son équipement photo à capturer de très beaux clichés. Du coup je reviendrai avec mon matos rien que pour ca 🙂

Un Kévin posé

Un Kévin posé

Une nuit avec la tête dans la voie lactée, un Tajin, de la musique berbère, j’ai pu tester mes talents au djembé et être filmé par nos chinoiseries : épique. J’échange pas mal avec un des berbères, Zafira (un homme) qui a la particularité de ne pas faire le ramadan, tout simplement car il veut “rester libre et n’avoir aucune religion”. Couché à 1h30, debout à 4h pour contempler le soleil se lever, à nouveau en haut d’une dune, seul avec ce désert au sable désormais glacé.

Dans la foulée nous rentrons à dos de chameau, et je petit déjeune avec Lhoussin… Enfin, pas “avec” au sens propre, plutôt en face de lui, Ramadan…

Good morning Morocco

Good morning Morocco

Sinon, le dromadaire, ça fait mal au cul, comme le cheval vous me direz, et vous avez raison. L’avantage est qu’en chameau il m’a paru facile de mettre les jambes du même côté pour éviter des douleurs post-équestre (post-dromadestre ?)

Je fais quelques rencontres Couchsurfing (Ingarr le Tchèque, 2 Belges me conseillant un CS a Fès). Le soir du 28 mai, je pars pour Fès avec un bus de nuit. Mon programme approximatif des 2 semaines vient officiellement de complètement changer !

Maroc : premiers pas à Marrakech

Arrivé à la douane
– “Môsieur il faut remplir l’adresse où vous allez dormir”
– “Je ne la connais pas, je comptais improviser”
– “C’est obligatoire Môsieur, allez à la police svp Môsieur”

Bref, quelques minutes plus tard je franchissai la douane en force, courant comme un dératé et poursuivi par 2 gardes quand soudain … Euh, attendez, non, ça c’est dans ma tête. Pour de vrai, disons juste que j’ai pu passer en fournissant une adresse bidon.

A la sortie de l’aéroport, sentiment d’être sur une autre planète, une boule lumineuse très diffuse, je me suis cru sur Tatooine (cf Star Wars) d’ailleurs globalement j’ai eu l’impression d’être sur Tatooine les premières heures : atmosphère, paysages.

La suite fut encore un peu plus stressante : première tentative “d’arnaque” quand j’achète une carte sim locale : le gars me dit 90 dirham (9€). Il m’emmène voir un gars qui justement vend des sims, me l’installe sur le téléphone. Au moment de payer ce dernier je fais genre : raaaa, j’ai que 70 là, ça passe. L’intermédiaire me demande ensuite un petit quelque chose pour avoir fait la transaction, 10 dirham. Je lui dit, jai pas 10, qu’un billet de 20, pas grave on va faire du change. Je mets la main dans la trousse, et pif paf pouf, c’est un billet de 200 qui sort. Il me dit “ça me va”. Ah ah. Bref, On fait du change, et le gars veut maintenant garder 100. Nop, je sens bien qu’il fait la gueule, mais j’essaie de m’accrocher et ne lui laisserai que 10. Bon au final ça c’est bien goupillé dirons nous, et ça ne sera qu’une esquisse des jours à venir.

Dans la foulée je galère à trouver mon hôte de la soirée, je le trouve un peu de mauvaise foi, mais la nuit tombe et je vais tout de même chez lui.

Il y aura des choses positives, authentiques, et négative dans la soirée.
La maison où il habite avec sa mère par exemple : la pièce d’entrée, qui est la plus grande (12m2 environ) ne contient que le frigo. Un étage où je ne monterai pas et qui est sans toit, là où dort la mère. Au rdv il y a aussi la cuisine, la chambre qui est aussi le lieu où l’on mangera avec Amin et enfin la salle de bain toilette de 3m2 où l’endroit le plus haut et le seul où je tiens fais 1m2, est au dessus des toilettes turc et mesure 1m50. Authentique ! J’imagine nombre d’entre vous tellement ravi de ne pas y être.

Amin me demande 100Dh et a ajouté 100 des siens pour aller chercher de quoi faire un Tajin. Il était déjà 21h. Le préparer, laisser d’autres femmes venir et taper dedans avant nous, puis commencer à manger aura pris 4h.

Je me sens pas mal isolé pendant tous ce processus, quand nous mangeons tous 2 nous parlons religion, Amin a beaucoup trop la foi pour envisager d’autres idées que celles de l’Islam. Quand on parle, on utilise trois langues suivant celle qui nous convient le mieux : français anglais ou espagnol. On parle de l’itinéraire que je voulais faire et ce que je voulais voir, mais il ne l’écoute que d’une oreille et me conseille une agence avec laquelle il travaille, qui me reviendrait moins cher et avec laquelle je verrai plus de choses.

Durant la nuit, d’un coup ça se met à gueuler en arabe dans une enceinte à 4 m de moi. C’est l’appel à la prière. Au premier, Amin semble aller se laver, et au second il mets sa tenue pour aller à la mosquée. A chaque fois qu’il touche ses habits ils me tombent dessus, bref, la nuit est difficile et longue. Vers les 6h du matin ça se calme ce qui me permet de me reposer jusqu’à 11h environ. Pendant 2h30 je m’ennuie, j’écris cet article, et je prend la décision de tester un Riad le soir et de ne pas passer par l’agence que me conseille Amin. Alors que j’écris ces lignes je redoute même sa réaction lorsque je le lui annoncerais, s’il se lève un jour. En dehors de ça, Amin est très gentil et serviable.

Bien sûr dans tout ça j’ai déjà réalisé tout ce qu’il ne fallait pas faire pour éviter la tourista : boire l’eau de la ville chez Amin, manger des fruits …

Ah et j’ai failli oublier, le Tajin était vraiment excellent, et la recette est juste là :

Viande de Bœuf, Oignon en rondelle
Ajouter safran, poivre, sel, cumin, raison sec blanc puis Huile d’olive
Tout mélanger
Ajouter ail

Faire mijoter pendant longtemps.
Accompagner à côté de salade : carotte, haricot vert, salade verte, poivrons rouge et jaune, tomate, Orange, bref photo :

La mère d’Amin passe et lance une sorte de “Ramine Ptin Levtoa”. Je fais mes affaires et il me conduit à un taxi.

 Vue sur la Medina depuis le Riad

Vue sur la Medina depuis le Riad

Je repère le prix pour allez à Merzouga le lendemain, compare le goût des Mac Donald Marocains aux Francais (toujours très important de tester, le goût est réellement différent), et fais le point sur ce que je veux vraiment. Suivre les conseils d’Amin, où me débrouiller par mes propres moyens et me sentir libre à quasi chaque instant ?
Je tranche facilement, et réserve dans un Riad (Hotel typique Marocain) abordable (100dh) en plein dans la vieille Médina. Je décide d’y aller à pied, ça me donne l’occasion de me balader dans les rues et voir un peu plus de Marrakech, ce qui me manque terriblement !
Sous le soleil écrasant je marcherai près de 1h30 avec mes sacs sur le dos et verrai de belles constructions. Après être passé par le souk le plus grand de la ville sur la place Jamaa El Fna, je me retrouve dans la vieille médina, les rues sont tellement nombreuses que mon GPS ne les affichent pas. Je tâtonne pour trouver ce Riad, et un boulet essaie de m’aider, au final il me fait perdre plus de temps qu’autre chose, marcher pour rien, et un second boulet arrive. La mentalité de certaines personnes fait qu’ils me demandent 100 dh chacun une fois devant le Riad. Après une légère altercation je leur lâche 10Dh, et ils partent en me menaçant.

Le Riad est très joli, les jeunes qui s’en occupent me rassurent en affirmant que les 2 racketteurs avaient un grain. Je suis HS par cette marche et ces émotions, ce sera repos en profitant de la beauté du Riad et sa vue sur la Médina. Je ne cache pas mon bonheur de retrouver douche et toilettes auxquels je suis habitué.

Le lendemain, ce sera départ pour Merzouga, le point le plus éloigné de Marrakeh où j’irai, un pas dans le désert. A mon réveil un moment de panique : sur quelle heure se base le départ du bus ? L’heure officielle (-1h), ou celle du Ramadan (-2h) ? Je serai prévoyant et arriverai du coup 1h en avance, me laissant le temps de retirer du liquide, qui ne sortira de la machine qu’à la seconde tentative…

C’est parti pour le Désert !

Les mystérieuses lignes de Nasca et Edgardo

Samedi 9 août, à 8h15, le bus nous dépose à Nasca. La nuit a été difficile. Nous étions à côté des toilettes du bus. Les va-et-vient des gens, les odeurs, les nombreux virages nous donnant la nausée, la perte d’altitude nous faisant mal aux oreilles (on est passé de 3000m à 500m)… Bref, difficile de dormir profondément.

On se pose dans un café pour prendre un petit déjeuner en attendant notre hôte. Edgardo nous a été recommandé par Kevin (notre précédent couchsurfing) et on ne va pas être déçu. C’est un homme à qui il est difficile de donner un âge, la 40aine passée, peut être plus. Souriant, chaleureux, il n’hésite pas à nous présenter aux autres comme étant ses amis alors qu’on vient à peine de se rencontrer. Il a une grande maison avec 3 étages, une grande terrasse, 3 chambres d’amis, 3 salles de bain… On apprendra qu’ici les prix sont dérisoires. Il a acheté son terrain 1000€. Des voisins louent leur maison pour 9€/mois. Les prix ont un peu augmenté depuis que l’électricité dans la rue a été installée mais ça reste très accessible. En plus, ce n’est pas le travail qui manque apparemment. Bref, on est installé comme des rois dans une des chambres d’amis en attendant notre future maison. Je plaisante, ou pas…

Qu’y a t’il à faire à Nasca ? Une seule chose : voir les mystérieuses lignes faites par les Incas il y a plus de 1500 ans. Pour la petite histoire, le sol est couvert de cailloux que l’oxyde de fer a coloré en rouge. En ôtant les cailloux, les Incas ont fait apparaître un sol grisâtre et c’est ainsi qu’ils ont réalisé leurs figures. Ces dernières représentent souvent des animaux (singe, colibri, condor, jaguar, araignée, orque, héron, pélican) et parfois de simples lignes de plusieurs kilomètres.

On a longuement hésité à venir, des personnes nous disant que ça ne valait pas la peine, les petits avions qui peuvent être dangereux, le prix élevé… Mais Kévin ne voulait pas avoir de regrets. De mon côté, j’ai hésité jusqu’à la dernière minute à le faire. Sur les conseils d’Edgardo qui nous a accompagné et nous a sûrement aidé à avoir une réduction, nous avons acheté nos billets, départ prévu à 13h45. 60€ pour une demie heure de vol (au lieu de 90€ pour la plupart des touristes). On n’a pas mangé depuis 4h mais on préfère suivre les conseils d’Edgardo et on prend une pastille censée nous éviter de vomir.

On est pesé, nos affaires sont contrôlées, on passe au détecteur de métaux et nous voilà prêts à embarquer -avec un couteau dans le sac d’ailleurs. Nous sommes cinq touristes et deux pilotes. Les personnes les plus lourdes vers l’avant. Nous sommes donc à l’arrière. Un casque pour entendre les explications des pilotes, une carte de ce que l’on va voir et le petit sac plastique pour vomir… Prêts au décollage, avec le sourire, pas pour bien longtemps. L’avion vire à droite, vire à gauche, on se rapproche du sol, on fait des looping… Non, c’est faux pour les looping mais c’est désagréable. Je DÉCONSEILLE à toute personne qui n’aime pas les manèges à sensations de monter dans ces avions, une horreur ! Je suis restée crispée, agrippée à mon siège pendant une demie heure. Deuxièment, 3 personnes sur 5 ont été malades. La fille devant nous a vomi dès les 5 premières minutes. Kévin, qui a l’habitude de ces avions (avec la chute libre), a fini par vomir 5 minutes avant l’atterrissage. Et moi, je me suis concentrée tout le long sur ma respiration, usant d’une grande force psychologique pour ne pas vomir. Je n’ai finalement pas vomi mais la forte nausée est restée un bon moment après l’atterrissage, désagréable sensation !

nasca dessin

Les photos ne sont pas très réussites, celle-ci est l’une des meilleures… Verrez-vous l’oiseau ?

Et sinon, les dessins ? Oui parce qu’au final, on n’a pas payé pour prendre l’avion mais pour voir les lignes et les dessins Incas. Et bien, regardez sur Internet, vous verrez la même chose et ne vous rendrez pas mieux compte de la taille. Pour ma part, si c’était à refaire, je ne le referai pas. Tranquillement posé dans un restaurant, Kévin m’a dit “j’ai rarement payé 60€ pour vomir !”. Peut être que la pastille nous aurait mieux aidée si nous l’avions prise une heure avant le vol, au lieu d’une demie heure. Mais bon, même sans la nausée, voir les lignes ne valait pas un prix aussi élevé, selon nous. Libre à vous de venir vous faire votre propre avis !

Pas besoin de rester plus à Nasca, à moins que vous ayez un couchsurfing. Il y aura au moins quelque chose de positif dans cet article. Edgardo est un homme super sympa, intéressant, avec qui on peut discuter des heures. Nous avons passé une agréable soirée pleine de conversations sur sa terrasse, d’où l’on peut voir la plus grande dune de sable du monde, Cerro blanco (2078 mètres). Après une bonne nuit de sommeil, un petit déjeuner préparé par notre nouvel ami, de nouvelles conversations, la visite de différents oiseaux dont les “pechos colorados” au plumage rouge vif et noir sur le dos… il est temps pour nous de continuer notre route. Nous n’avons malheureusement plus beaucoup de temps avant notre retour et encore plein de choses à voir. Edgardo est le genre de personne que vous quittez après un gros câlin, la gorge serrée et que vous espérez revoir un jour. Il voyage beaucoup, en Europe environ tous les deux ans. La possibilité de le revoir n’est donc pas impossible. C’est dans cet état d’esprit que nous quittons Nasca, direction Huacachina, une oasis qui nous fait déjà rêver.

Arequipa, premiers contacts péruviens

Le lundi 28 juillet, le bus nous dépose à la frontière de la Bolivie et du Pérou et nous attend de l’autre côté. On passe donc la frontière à pied. Les tampons sur le passeport s’obtiennent très vite. Aucun contrôle des affaires. On entre au Pérou comme dans un moulin.
Ça y est, on entame le dernier pays de notre aventure !

On arrive vers 19h à Arequipa. On a décalé notre montre d’une heure de moins, on a donc maintenant 7h de décalage avec la France.

On mange au terminal de bus tout en essayant de joindre notre hôte, Kevin. Oui parce qu’on a un couchsurfing, ça commence bien ! On arrive en bas de chez Kevin (vous comprendrez que sans accent sur le “e” c’est notre hôte). Deux personnes attendent également. Apparemment il y’a une fête chez lui, le lendemain est un jour férié. Kevin nous accueille. Il a 24 ans et parle très bien français parce qu’il est sorti avec sa professeur (de français bien sûr) pendant 4 ans. Il pensait pouvoir nous héberger dans une chambre d’ami mais aucune n’est disponible. Il vit en colocation avec un espagnol et une fille qu’il n’apprécie pas. On va dormir dans un petit espace qui sert de couloir, sur un matelas. Deux lituaniennes en couchsurfing également vont dormir sur deux canapés à côté de nous. Qui dit couloir dit nombreuses personnes qui passent, nous n’avons aucune intimité mais avoir un endroit pour dormir c’est déjà beaucoup. Je me coucherai bien tout de suite mais Kevin nous invite à sa fête à l’étage. On est une quinzaine de personnes. Je n’apprécie pas trop leurs jeux qui ont pour but de faire boire de l’alcool mais je comprends vite qu’ils font pratiquement tous semblant. Kevin ne met pas d’alcool dans ses cocktails à lui et une des invitées jette discrètement son verre dans l’évier. Moi je ne bois pas du tout parce que je me sens fatiguée et barbouillée. On fait connaissance avec les deux lituaniennes, Ginte et Ieva, et une hollandaise, Maria. Les heures passent et je suis exténuée. Mon ventre me torture un peu. Je préfère m’isoler dans notre couloir en bas.

Le lendemain, après une petite grasse matinée, mes douleurs au ventre m’obligent à me lever. J’evacue sûrement les restes de nourriture bolivienne. Mon état faible nous oblige à passer une journée repos. On en profite pour parler avec Maria qui ne se sentait pas en état de sortir non plus. Elle est professeur d’espagnol. En fin d’après midi, on sort dans le quartier pour acheter de la farine, du sucre… Ce qui nous manquait pour faire des crêpes ! On se régale, Maria aussi. Kevin rentre à tant pour profiter des dernières. Tant pis pour Ginte et Leva, on en refera le lendemain !

arequipa monastere bleuMercredi 30 juillet 2014, au programme : visite du monastère. Le couvent Santa Catalina est le plus grand couvent du monde et le plus important édifice religieux du Pérou. Plusieurs personnes nous ont dit que sa visite valait la peine. Petit point culturel : il a été construit en 1579, sa surface est de 20 462 m². Il hébergeait 450 religieuses qui n’avaient aucun contact avec le monde extérieur jusqu’en 1970. Aujourd’hui, il compte environ 40 sœurs.
Le couvent est si vaste qu’on a l’impression d’être dans une petite ville. Avec ses rues colorées en orange vif ou en bleu, ses jardins, ses cloîtres et ses parcs… On comprend qu’il soit classé au patrimoine mondial. L’extérieur est très vivant avec toutes ces plantes et ces couleurs vives, contrairement à l’intérieur où les chambres sont plutôt froides. Il y a de gros fours en terre cuite qui doivent servir parce qu’on sent encore le feu de bois. Les murs colorés déteignent sur nos mains. On repart avec les mains bleues pour Kévin et orange pour moi. Tous les péruviens qu’on croise sont accueillants et souriants, ça fait tellement plaisir !

Le soir, Kevin nous parle d’Ayahuasca, une boisson à base de cactus qui donne des hallucinations et qui rend malade (vomissements, diarrhée). Suivant les personnes cela peut durer des heures. On préfère s’abstenir. On souhaite bon voyage à Kevin et Maria mais ce soir là, la boisson ne leur fera aucun effet mis à part la nausée.

arequipa monastere orange

Les rues oranges du couvent

Le lendemain, jeudi 31 juillet, on se lève pour aller faire la visite gratuite de la ville organisée par l’office du tourisme. Sur la place des armes (toutes les places principales s’appellent comme ça au Pérou), une dame tente de nous vendre un tour de la ville. Elle baisse les prix, insiste mais comment peut-elle rivaliser avec un tour GRATUIT. La visite guidée se fera en anglais pour mon plus grand malheur, faute à la majorité de touristes qui ne parlent pas espagnol. La jeune étudiante péruvienne nous raconte l’histoire de certains monuments et nous fera goûter des spécialités culinaires : une glace au fromage, un thé au chocolat, des brochettes de poulet et le pisco, alcool répandu au Pérou, saupoudré de cacao.
Chacun laisse un petit pourboire à notre guide qui maîtrise bien son sujet et qui a tout de même passé 3h de son temps avec nous.

Après un Macdo (fallait bien qu’on continue notre enquête dans les différents pays pour comparer les goûts), Kévin est motivé pour aller faire le musée Santuarios Andinos où l’on peut voir la momie très bien conservée de Juanita. Conservée par la glace, la jeune fille est surnommée la Vierge de glace. Je n’étais pas excitée à l’idée de voir une momie mais la visite -en français- est vraiment intéressante. J’avais du mal à comprendre comment les Incas pouvaient sacrifier des enfants, je trouvais ça inhumain. Grace à cette visite, on a pu mieux comprendre comment se déroulaient ces rituels et dans quel état d’esprit ils étaient.

Plusieurs dépouilles d’enfants incas ont été retrouvées au sommet des montagnes. Celle de Juanita est la mieux conservée. Elle a encore des cheveux et de la peau sur les mains. C’est suite aux échappements de gaz chaud du volcan que la glace des sommets a fondu et que les corps, vieux de 500 ans, ont été découverts. Pour les curieux, cherchez momie Juanita dans Google et vous verrez ce qu’on a vu.

Les enfants étaient choisis dès leur naissance et vivaient ensemble. Lors des périodes de grands troubles (catastrophe naturelle par exemple), un enfant (ou plusieurs) était choisi. L’objectif était d’apaiser les dieux. Un long voyage de plusieurs mois débutait jusqu’au sommet d’une montagne. Plusieurs cérémonies ponctuaient leur périple. Les enfants étaient drogués avec de l’alcool, la chicha. Au sommet, les enfants arrivaient sûrement fatigués et entre le froid, l’altitude et l’alcool, ils étaient déjà à moitié inconscients. Juanita était âgée d’environ 13 ans (contrairement aux autres enfants retrouvés âgés de 4-5 ans). Elle a été sacrifiée au sommet du volcan Ampato, suite à une éruption qui avait dû inquiéter les incas. Elle a été tuée d’un coup sur la tempe droite. Les enfants étaient ensuite mis dans des tombeaux, creusés sur quelques mètres (1,4m pour Juanita, ce qui est peu profond) en position du fœtus, entourés d’offrandes.
Les incas pensaient que ces enfants allaient rejoindre directement les dieux et se transformeraient eux-même en dieux.
Ces histoires me donneront des frissons dans le dos pour le reste de la journée.

arequipa volcan

Vue sur le volcan Misti

De retour chez Kevin, on rencontre sa nouvelle colocataire, Aude, une française ! Elle a décidé de venir passer 6 mois au Pérou juste après ses études dans l’espoir de trouver sa voie, qui ne sera pas le droit malgré ses 5 ans d’études dans ce milieu. On profite intensément des derniers moments à Arequipa. En effet, quelques heures plus tard, il est l’heure pour nous de prendre un bus de nuit direction Cusco. Kevin part dans quelques semaines en France ! Il pense y rester 3 ans pour faire un Master et travailler un peu. On est donc amené à se revoir.

Avant de monter dans le bus, nos bagages sont étiquetés, on est filmé, une personne vérifie notre identité et prend nos empreintes digitales. Quelle rigueur !
Nous voilà en route vers Cusco d’où l’on pourra partir à la découverte de l’incroyable Machu Picchu !

Córdoba, dernière étape de l’Argentine… Ou presque

On n’a pas encore quitté Mendoza que je me fais enfermée dans les toilettes publiques du terminal de bus. Une porte blindée bien épaisse, pas de lumière, pas de portable, Kévin qui m’attend tranquillement dans un petit restau et qui ne va pas s’inquiéter dans l’immédiat. Bref, j’enclenche mon mode panique ! “Hé hoooo ! Por favooor !”, je me tue les mains à essayer de taper pour que quelqu’un m’entende. J’aperçois à travers une légère fente les gens qui se pressent pour aller prendre leur bus mais aucun ne semble me remarquer. Je pense à mon plat qui va refroidir, à Kévin qui va s’inquiéter, à notre bus que l’on doit prendre… et si personne n’avait la clé ?

On en pense des choses en 10 minutes et pourtant je ne resterai pas plus longtemps dans ma prison. Un homme m’a entendue. Une dame vient me libérer, c’est la femme de ménage qui m’a enfermée et qui se retrouve bien désolée. Ce n’est rien, j’ai vécu bien pire ! Je file retrouver Kévin qui me voit arriver essoufflée et les mains rougies. J’ai été poursuivie par 3 argentins qui voulaient me piquer ma virginité, j’ai dû les assommer à coups de poing mais tout va bien mon ange. Avouez que cette version est un peu plus pimentée.
Bref, petite frayeur de la soirée passée, on essaye de dormir pendant nos 12h de bus mais c’est assez difficile. On ne nous fournit pas de couvertures et il fait froid… On arrive fatigué mais entier à Córdoba.

Notre hôte, Marcos, est l’un des fondateurs du couchsurfing. Il a l’habitude de recevoir beaucoup de gens et c’est un grand voyageur. Il revient tout juste d’un voyage de 5 mois en Amérique latine. Nous sommes logés dans un de ses appartements, à 25 minutes du centre de Córdoba. Il habite ici en attendant que son appartement en centre ville soit fini de restaurer. Il n’aime pas du tout vivre loin des bruits continus de la ville, le calme le déprime, il est désolé de nous accueillir dans ces conditions mais il ne faut pas, loin de la pollution = pas de mal de gorge. Il vit avec un de ses amis de l’Uruguay (Diego) qui attend que sa moto soit réparée pour continuer son voyage de 2 ans, et une mexicaine en couchsurfing (Tifany), grande voyageuse également. Ils ont tous autour de 35 ans.

Le soir, on se retrouve parachuté dans un autre appartement en ville pour manger avec pleins de gens. On était juste sorti pour faire des courses à la base ! Sacré Marcos, il avait tout calculé mais on n’était pas au courant. Ce n’est pas qu’on est sauvage, mais on aurait préféré une soirée tranquille pour se coucher tôt et pouvoir prendre une douche -après 48h dans les mêmes vêtements, c’est pas de trop-. Notre odeur s’infiltre dans les narines de nos hôtes qui commencent à s’évanouir un par un. Je sais que vous ne me croyez pas et vous avez bien raison, on ne pue pas du tout !

cordoba tableau

L’art d’un Monteiro

Deux frères habitent ici. On fait connaissance avec Tifany qui est déjà là. D’autres nous rejoignent au compte goutte : la petite amie d’un des frères, une collègue de boulot à Marcos (Natalia), Diego et sa petite amie (Carmen), un garçon à l’allure efféminée, encore un autre garçon et une coréenne (Jiang) ; on essaiera tous de bien prononcer son prénom mais c’est difficile. Je sais ce qu’elle endure, personne n’arrive à prononcer Manon correctement non plus, j’ai l’habitude à force. Du coup je m’appelle Manone ou Manou, au choix. Et Kévin se transforme souvent en Kébine.

Dans la soirée, le garçon un peu efféminée nous accoste et tout fière il nous chante : “j’ai la quéquette qui colle…”. Les autres sont impressionnés qu’il connaisse une chanson en français mais ils n’ont aucune idée de ce qu’elle signifie ! On aura dû mal à leur traduire exactement mais bon, quelle importance ! Chante mon garçon, le ridicule ne tue pas ! Quoique…
Bref, le temps passe et à 1h30 du matin, enfin, on… Non on ne rentre pas se coucher, on mange ! On ne rentrera qu’à plus de 3h… Une grasse matinée jusqu’à 13h30 et glandouille toute la journée s’impose.

Le soir, on reste manger dans le même appartement dans lequel on est logé. Natalia, la collègue de boulot de Marcos, nous rejoint avec sa fille de 11ans, Mickaella, et son bébé de 5 mois, Maximo. Natalia s’est récemment séparée du père de son bébé, elle a pas mal de soucis et Marcos veut lui changer les idées. Il a préparé un très bon repas et essaye de plaisanter un peu avec Mickaella mais rien n’y fait. La gamine ne décrochera pas un mot de la soirée. Natalia mange avec son bébé dans les bras… essayant de couper du jambon cru avec une seule main ! Impossible, même pour elle. C’est comme Édouard aux mains d’argent essayant de manger des petits pois ! Elle ne mangera presque rien, sa fille non plus et Marcos ne se mettra même pas une assiette prétextant qu’il n’a pas faim. On est les seul à faire honneur à son plat qui le mérite énormément ! Même les glaces en dessert n’auront pas plus de succès. L’ambiance n’est pas mauvaise pour autant.

cordoba parc

Voilà comment Kévin porte sa veste quand il alterne entre le chaud et le froid.

Le lendemain, dimanche 22 juin 2014, on prend un bus à 8h30 pour se rendre au parc national Quebrada del Condorito.
Le bus tombe en panne, on en prend un autre, on perd une heure et on arrive à 12h30, au milieu de nulle part. On marche pendant 2h dans un décors particulier, de buissons et montagnes. On arrive à un mirador d’où il est possible de voir des condors. On en voit mais de très loin en train de voler. On est un peu déçu de ne pas en voir de plus près sachant que cela est possible. On se fera quelques amis, des “zorzal amigo”, des oiseaux peu sauvages qui viennent manger avec nous.

Puis on repart dans l’autre sens, on n’a plus d’eau et j’ai énormément soif. On n’en avait pas prévu assez, quelle galère ! J’ai l’impression d’être au milieu du désert, la gorge sèche et la tête qui tourne. Au bout d’1h30, je trouve mon oasis qui n’est autre qu’une maison d’information avec de l’eau potable.
On arrive à l’arrêt de bus (enfin, au bord de la route), 20 minutes en avance. Deux autres couples sont déjà là depuis un bon moment. Les minutes passent, la nuit tombe et toujours pas de bus. Il fait froid, un des couples tente de faire du stop mais personne ne les prend. On se réchauffe chacun dans les bras de sa moitié comme on peut. Le bus arrive finalement avec 40 minutes de retard et il n’y a plus de places assises. On arrive à Córdoba, il est 21h. Marcos nous a dit qu’il viendrait nous chercher pour éviter qu’on perde trop de temps à prendre un bus à cette heure là. On attend Marcos pendant 45 minutes, ensuite il passe chercher Diego, il s’arrête faire des courses, prendre du gaz pour la voiture (une hybride), décharger des choses dans un appartement… Bref, on arrive à 23h30 à l’appartement et le bus de ville serait allé bien plus vite. Ce n’est pas grave dans le fond mais le soucis c’est que je me sens vraiment extenuée. Je me couche ou plutôt je m’évanouis sur le lit et tombe dans un profond coma…

Je me réveille au bout de quelques heures. Je me sens fiévreuse, j’ai une forte nausée, une grosse migraine et des douleurs musculaires dans tout le corps. Un doliprane me permettra de finir la nuit mais au réveil je suis toujours dans le même état. Je passe la journée dans le lit à lutter contre je ne sais quoi. Les symptômes ne sont pas exceptionnels mais quand on voyage dans plusieurs pays, qu’on se fait piquer par des moustiques et qu’on mange la nourriture locale : un tas de suppositions nous traversent l’esprit et nous inquiètent.

Kévin envoie un message à médecins direct, un site qui nous a été proposé par mon assurance où l’on peut décrire ses symptômes et des médecins nous répondent dans les 48h. Je comate toute la journée sans manger. Le soir je me lève quelques heures mais je suis très faible. Heureusement je passe la nuit à bien dormir. Au réveil, ma fièvre est tombée et je me sens plutôt bien. Un médecin nous a répondu. Nous ne sommes pas passés dans des zones critiques pour le paludisme, si ça ne passe pas, il faudra faire des examens pour s’assurer que ce n’est pas la dengue. À la fin de son message, il me dit “je vous rappelle que ces symptômes peuvent également survenir à la suite d’une déshydratation.” Je n’ai plus de doutes, vu la soif que j’ai eu la veille pendant 1h30 de marche, je sais que je m’étais beaucoup déshydratée. J’avais mis du temps à m’en remettre. Bref, que personne ne s’affole, je n’ai pas la dengue. J’imagine l’hystérie de Valérie, notre infirmière en France, en lisant ce paragraphe. Ne t’inquiète pas, on a bien géré, les anti-nauséeux ont été efficaces et dans le doute, j’ai pris de la doxycycline.

Nous sommes le mardi 24 juin 2014, c’est notre 5ème jour ici et nous n’avons toujours pas visité Córdoba. C’est parti ! Il y a beaucoup de jolies églises, une belle basilique et de beaux monuments. On remarque que pas mal de gens font le signe de croix lorsqu’ils passent devant une église. Avec toutes les églises qu’il y a, ils n’ont pas fini ! On en visite quelques unes, Kévin s’agenouille dans l’une pour faire une prière ou pour se reposer, je n’ai pas trop su !
La nuit, Córdoba est encore plus jolie. Beaucoup de bâtiments sont éclairés de couleurs vives. On se croirait un peu à une fête des lumières. On rejoint Diego et Tifany à une fête qu’on aura énormément de mal à trouver et dans laquelle il y a une foule de monde qui boit des bières ou du vin directement à la bouteille mais pas grand chose d’autre.

cordoba musee

Kévin en pleine contemplation ou somnolence

Le lendemain, on décide en fin d’après midi d’aller visiter le musée de sciences naturelles et celui des Beaux Arts. Nous sommes mercredi et les mercredis les musées sont gratuits (comme à Mendoza). Mais comme on a un peu trop trainé, à 17h30, le musée de sciences naturelles est fermé. On visite celui des Beaux Arts. On n’a pas la même notion du mot “beaux” mais il y a des choses intéressantes. Je ne comprends toujours pas comment quelqu’un peut se faire connaître en peignant des toiles entières d’une seule couleur basique ou en dessinant comme quand il avait 3 ans (et encore il y a mieux comme dessins d’enfants). Mais bon, disons qu’on n’est pas réceptif à l’art moderne ! (Je préfère de loin les tableaux d’une peintre en Ardèche.) On est également tombé sur un peintre du nom de Monteiro, mais Kévin a préféré renier ce côté là de sa famille.

Le soir, on se retrouve à 6 pour manger (Marcos, Diego, Carmen, Tifany et nous). Tifany nous a préparé des tacos typiques de chez elle, donc si vous suivez, des tacos mexicains. Ce n’est pas une découverte pour nous mais on apprécie jusqu’à se faire péter le ventre. En fait, elle en avait préparé pour d’autres personnes qui ne sont finalement pas venues. Du coup on a beaucoup trop à manger.

Le lendemain, jeudi 26 juin, nous avons un bus à 10h. On se lève un peu plus tôt que prévu pour préparer de délicieuses crêpes aux autres, notre cadeau de départ. On n’est jamais resté aussi longtemps chez un hôte. 6 jours qui nous ont permis de nous reposer avant la suite. En effet, nous partons définitivement de Córdoba et de l’Argentine… enfin, c’est ce qu’on avait prévu mais les imprévus font partie du voyage, n’est-ce pas ?

Viña del mar, Valparaiso et l’autre, Con-Con

Le Samedi 14 juin, on rencontre notre hôte de la soirée sur la place de Viña del Mar, une ville balnéaire collée à Valparaiso et donnant sur l’océan Pacifique. Première surprise, il fait chaud. Enfin…15°C, ce qui est déjà pas mal pour nous !
Notre hôte, Jaime (prononcez Raïmé) Daniel, il a 2 prénoms, ça nous laisse le choix ! Il a une bonne tête, mais il me fait rapidement penser à ces personnes sur Facebook qui ont une photo qui ne les représente pas du tout ! Bref, il vient de finir son footing et avant de nous ramener chez lui on va dans un supermarché pour faire quelques courses pour les 2-3 jours que nous resterons chez lui. Les sacs à dos sont lourds et c’est vraiment pas pratique de faire les courses dans ces conditions mais bon.

Daniel nous parle rapidement de sa grand-mère dont il était le chouchou parmi ses 3 frères, mais elle est décédée et il lui a laissé la maison qu’il occupe à Viña. Il nous dit avoir un diplôme dans le génie civil, et à la base il est brésilien, mais on ne comprend pas ce qu’il fait dans la vie.
Sur le trajet on croise une animation assez sympa. Un gars déguisé en une sorte de clown -mais pas comme ceux qui font peur à ma génération à cause d’un certain film !- s’amuse à taquiner les voitures bloquées à un feux rouge. Un conducteur jouant le jeu cède même sa place, le clown commence à se barrer avec la femme et les enfants ! Bien marrant, mais on continue notre chemin. Des courses et un taxi plus tard, on arrive avec Daniel devant chez lui. Deux filles attendent déjà, Eva et Ingrid. A 22 et 23 ans elles sont étudiantes, et coincées comme pas possible, limite froides. On ne comprendra pas exactement pourquoi elles sont chez lui, l’une d’elle semble venir d’arriver à l’instant, accompagnée par l’autre déjà dans ses quartiers.

Daniel qui s'étire avant de réaliser des exploits

Daniel qui s’étire avant de réaliser des exploits

Daniel nous montre là où nous pouvons dormir, il y a un lit une place TOUT NEUF, et il a un autre matelas qu’il propose de mettre dans sa chambre pour que j’y dorme “ça va aller si vous êtes séparés 2 nuits” me dit-il. Ah mais non mon Loulou, on va dormir ensemble en fait ! Et vu que le matelas est plus grand, on le mets dans la chambre à part, et on s’y installe. De toute façon il ne veut pas qu’on dorme à 2 sur le lit, car “il est vieux” -quand je disais neuf plus haut, je ne déconnais pas-.
On aide Daniel à faire la cuisine, on apprend un peu à le connaître. Enfin vraiment qu’un peu car on ne comprend toujours pas ce qu’il fait dans la vie, pourtant il ne fait que parler de lui. Il parle du Brésil, des maisons de sa grand mère et qu’il est en conflit avec ses frères pour l’héritage. Puis soudain il lance : “et vous qu’est-ce que vous avez à raconter ?”. Euh… Ben je sais pas là comme ça à froid, on fait un entretien en fait ? Nous on n’a pas de maison, et tout notre argent est dans ce voyage, quand on reviendra en France on sera ruiné et pourtant on est heureux, et sinon ? Sérieusement, on lui raconte que dernièrement on a eu pas mal d’hébergements où il faisait froid car pas de chauffage, ou bien où on n’avait qu’une minute d’eau chaude top chrono, il s’horrifie et nous dit qu’ici, pas ce type de problème ! Mais on le trouve un peu bizarre, tant dans son comportement que son rire enfantin exagéré (je vous laisse imaginer), mais il ne faut pas se fier aux apparences, et on décide le lendemain de l’accompagner pour le voir faire du surf et le connaître un peu mieux. Ça a l’air cool !

On mange tous ensemble, les filles sont d’un calme olympien, l’une rougit même quand Manon lui parle, elle est littéralement intimidée. Ingrid (ou Eva, on a un doute, mais vous avez raison, sur le fond, on s’en fout, donc : l’une des filles) a un petit chat de 5 mois, du doux nom de RICHARD (hum…). Daniel le prend, l’air empoté, pour faire genre “j’aime les animaux”, mais ça ne trompe pas, nous on les aime vraiment et ça se voit qu’il n’est pas doué. Pour vous aider à imaginer, c’est un peu comme si une mère tenait son nouveau né la tête en bas par les pieds. Mouais, il redonne le chat à Manon en lui avouant “c’est pas trop mon truc les animaux”.

Daniel nous apporte gentiment un chauffage d’appoint pour la chambre, et nous prévient que le lendemain il décolle pour la plage vers 9h. On lui dit ok, mais si on dort “vas-y sans nous” ! A 11h20 on ouvre les yeux, il est toujours là -pas dans la chambre hein, dans la maison- et n’a pas l’air bien motivé à bouger ! On lui demande ce qu’il prévoit, et prit d’une soudaine énergie “allez on va à la plage”. On l’accompagne, mais il est… Comment dire… On a du mal à comprendre son attitude, son comportement, il semble lunatique, et pédant à la fois. Sur le trajet il demandera à une voisine si sa maison est à vendre, et combien, et ira adresser la parole à un conducteur d’une BMW stationnée pour finalement -après 3 longues minutes à l’attendre- nous dire qu’il va en acheter une. Il se plaint également d’être le plus pauvre de ses frères. C’est assez rigolo quand on apprend qu’il est resté 8 mois en France et 4 mois en Italie, tout frais payé par feu sa grand mère. Quand on arrive près de la plage il me lance “regarde celle là ! C’est bien ! Et les Audi c’est [blablabla]”, je l’interrompts : “tu sais pour moi une voiture c’est un moyen de transport pour aller d’un point A à un point B, rien de plus”. Il ne nous parlera plus de voiture. 🙂

Les alentours de Valparaiso...

Les alentours de Valparaiso…

On apprend au passage que la ville où Con-con fait du surf s’appelle Daniel. Ou le contraire.
Il lance : “Raaaa je peine à rentrer dans ma combi, je suis trop gros hein”
Je réponds spontanément : “Oui, c’est clair” (l’habitude de dire : “Sí, claro !”)
On se pose pour manger et regarder tous les surfeurs dans une ambiance chaude -car il fait un bon 25°C au soleil, ça change d’il y a 2 jours !-. Il nous avait dit qu’il n’était pas très bon -et paradoxalement s’était beaucoup vanté d’en faire depuis qu’il était très petit- et effectivement, il surfera sur aucune vague en 1h. Il préférera ensuite rester à Con-con pendant que nous irons faire un tour à Valparaiso.

L’article est très grand, je vais beaucoup moins détailler la suite, ne partez pas !

Les transports ici c’est la galère, on peine à trouver où descendre, rien n’est jamais indiqué, il faut demander en permanence. On se retrouve dans des coins du type “décharge publique”, mais finalement on arrivera à faire un tour sur Valparaiso en début de soirée. Pour une ville dite animée, on tombera sur une fête foraine sans une seule musique, c’est d’un triste ! On retourne -en galérant à nouveau- devant la maison de Daniel. Il est 21h30. Je sonne, je vois sa tête mais il ne nous ouvre pas. Je recommence, il me voit bien, mais retourne dans la maison. Troisième fois. Bref, au bout de 3 minutes il daigne nous ouvrir. Poliment je lui demande comment ça va, il répond qu’il ne va pas bien du tout, et que demain matin il faut qu’on parte avec lui, à 7h du matin. On lui demande qu’est-ce qu’il se passe, mais il reste évasif, on insistera plusieurs fois dans la soirée, mais on n’en saura pas vraiment plus. En entrant dans la chambre, nos sacs ont été déplacés, on n’aime pas ça. Ambiance tendue.

Alors que Manon est sous la douche il me dit “il faut couper l’eau, dis-le à Manon”, à peine le temps de la prévenir qu’elle devra se rincer avec de l’eau glacée. Y’avait pas de problème d’eau chaude ici, juste un con qui la coupe. Avant de se coucher on va faire un tour vers lui et les filles parlant dans le salon, pour retâter l’ambiance. Pour quelqu’un qui n’est “pas bien”, il use bien trop de son rire débile et semble bien s’amuser aux cartes. La France met une raclée aux 3 autres puis on décide d’aller se coucher -sans chauffage cette fois-, il nous marmonne les yeux baissés que c’est sa tante qu’il doit aider le lendemain.

Valparaiso by night... ou presque !

Valparaiso by night… ou presque !

6h plus tard le réveille sonne, on passe une nuit courte et assez difficile avec Manon car on a des restes allergiques dû à la pollution de Santiago. À 7h10, vêtu d’une tenue de footing il nous accompagne dans la rue pour trouver un taxi mais aucun ne veut s’arrêter, il commence à pester en portugais. Après 10 minutes d’échecs, il nous dit qu’il faudra marcher 20 bonnes minutes pour rejoindre un grand axe et trouver un transport. Bref, tchao ! Il retourne chez lui, sûrement pour aider sa tante imaginaire qui va arriver en hélicoptère. On ne s’éloigne que de 200m de la maison et on trouve un taxi collectif qui nous emmènera au terminal de bus. Trente minutes plus tard voilà qu’on décolle pour Mendoza, en Argentine !

On a vraiment été sur le cul de tomber sur un type comme ça. Pas du tout la mentalité d’un voyageur, un pur matérialiste. Je me suis remis en question à savoir si lors de la sélection du couchsurfing je n’avais pas été un peu laxiste et accepté trop rapidement, mais honnêtement non, rien montrant qu’on tomberait sur un tel énergumène. On a tenté de rester une nuit de plus sur Valparaiso en couchsurfing mais l’autre personne (je prévois souvent un “secours”) n’était malheureusement pas dispo. Valparaiso est surtout connu pour sa vie nocturne, et Viña pour… rien (hors le vin de la région), donc pas grave si on ne reste pas plus longtemps dans le coin, on n’est sûrement pas passé à côté de grand chose.

Les 9h nous séparant de Mendoza seront magiques pour nos yeux, nous traverserons la Cordillère des Andes…

Santiago et nos belles rencontres

L’avantage de passer la nuit dans le bus c’est qu’on parcourt de grandes distances sans s’en apercevoir. On est parti à 21h30 de Puerto Varas et 12h plus tard (soit 1000km), les rideaux s’ouvrent, on nous apporte un petit déjeuner. Le réveil est difficile, on aurait bien dormi un peu plus mais nous sommes arrivés à destination : Santiago.

Nous sommes mercredi 11 juin, nous voilà dans la capitale avec nos gros sacs et une adresse à la main, celle de notre hôte qui nous attend. Ça fait 3 semaines que nous n’avons pas eu de couchsurfing. Andrés a 37 ans et vit seul dans un appartement situé dans un quartier calme. C’est un  voyageur depuis qu’il est majeur, il connaît bien l’Europe et l’Amérique latine. Un garçon intéressant et sympa avec qui on va partager de bons moments. On est installé dans son salon, la pièce principale et il nous laisse faire comme chez nous.

On décide de partir se balader dans la ville. Sur le plan, il y a pas mal de parcs, on a du mal à les trouver parce qu’en fait même quand on est dedans on ne s’en rend pas compte ! Ce n’est pas des coins de nature tranquille, seulement un peu d’herbe, des chemins goudronnés et parfois carrément un parking au milieu ou une grande avenue. On visite un peu le quartier “Brasil” santiago graphitisavec quelques rues aux maisons colorées et beaucoup de graphitis, parfois flippants. On commande deux chocolats chauds dans un bar. On demande toujours des “chocolate caliente” mais on ne nous apporte jamais la même chose. C’est la surprise. Parfois on a du chocolat chaud comme en France, d’autres fois on a du lait chaud avec du chocolat en tablette qui fond dedans et ici on nous apporte du chocolat fondu, comme la pâte d’un gâteau au chocolat pas cuite. Très bon, si on aime le chocolat !

Au retour, on reprend le métro mais cette fois aux heures de pointes… Très mauvaise idée ! On se retrouve dans la foule, un métro toutes les 3 minutes, impossible de monter alors qu’on est devant les portes, on se fait bousculer, les gens sont fous. Au bout de 3 métros loupés, on comprend qu’il n’y a que par la force qu’on y arrivera. Les portes ne s’ouvrent que quelques secondes, Kévin arrive à monter, je commence à crier de peur qu’on soit séparé, Kévin me tire à travers la foule et nous voilà comprimés dans le métro. Toute cette énergie pour se rendre compte qu’on n’est pas dans le bon ! Il y a un système de couleur et celui dans lequel on se trouve ne s’arrête pas à l’arrêt qu’on veut. On descend à celui d’après, on ne tente pas d’en reprendre un dans l’autre sens et on préfère marcher pendant 45 minutes pour rentrer à l’appartement.

Jeudi 12 juin 2014, la météo nous avait annoncé du beau temps mais il pleut, beaucoup. On change nos plans, on reste au chaud avec Andrés à papoter et on regarde l’ouverture de la coupe du monde de football (qui l’aurait cru !). Au milieu de l’après midi, le temps s’arrange un peu, on décide d’aller se balader autour de la “plaza de armas” -la seule que le guide de Puerto Varas nous avait déconseillée-. Un très joli quartier, Santiago est une ville vivante et agréable. On se fait aborder par un groupe de 4 lycéennes qui font un exposé pour leur cours d’anglais. On accepte d’y participer et on se retrouve à être filmé pendant qu’elles nous posent des questions en anglais. Sauf qu’on est habitué à parler espagnol… Du coup je comprends les questions mais je leur réponds spontanément en espagnol. Tant pis, j’espère qu’on les aura aidées. Elles avaient l’air contentes. On continue à flâner dans les rues et un chocolat chaud et une part de gâteau plus tard, on décide de rentrer.

On achète quelques pâtisseries pour Andrés et nous. Il avait fait de même. Du coup on se fait un énorme goûter avec café et thé, à 20h. Andrés ouvre ensuite une bouteille de vin et du fromage. Je n’aime pas et leur laisse vider tout ça à deux. Pendant ce temps, Andrés nous parle de ses voyages, nous montre des photos et vidéos (il fait de magnifiques photos, il a même travaillé un certain temps en tant que photographe). Et bien les paysages qui nous attendent au nord du Chili et en Bolivie semblent merveilleux…

santiago vueVendredi 13, grand soleil. Ça ne porte donc pas malheur et d’ailleurs ici, ce sont les mardis 13 qui portent malheur !
Andrés nous accompagne à la “cerro San Cristóbal”, une colline qui surplombe la ville. On prend un funiculaire pour s’y rendre. La vue est très belle. Santiago est entourée de grandes montagnes enneigées, magnifique. Un décors qui semble irréel autour de la ville qui s’étend sous nos pieds.

On rentre à l’appartement vers 17h pour ne pas louper la match de football. Ça en étonne sûrement certains vu qu’on ne s’intéresse pas au foot mais l’enthousiasme de toute la ville qui se prépare au match de ce soir est contagieuse. Le Chili joue contre l’Australie. Une amie d’Andrés nous rejoint, Teresa, 26 ans, professeur de religions et philosophie. On encourage l’équipe du Chili qui gagne finalement 3-1, un beau match. On fait connaissance avec Teresa, très gentille. Ça fait du bien d’avoir des conversations en espagnol et de bien comprendre. On finit même par avoir du mal avec certains mots français, par penser en espagnol et à franciser les mots. Quand on rencontre des gens plus âgés qui parlent vite, de choses qui ne nous intéressent pas trop et qui ne vérifient pas si on comprend, ce n’est pas top. Là on se sent entre amis.
Pendant qu’on mange, à la radio, on entend Vanessa Paradis chanter Joe le Taxi… Ils ne se rendent pas compte que les paroles sont stupides vu qu’ils ne les comprennent pas. Ça nous fait rire. Une bonne soirée s’achève. Le lendemain, c’est le moment de partir.

Ça nous a fait énormément plaisir de refaire du couchsurfing, rencontrer des gens, s’en faire des amis, partager, rigoler et avoir la gorge serrée au moment de se dire au revoir.
Nous voilà dans un bus direction Viña del Mar où nous attend un autre garçon, une nouvelle rencontre, un futur ami ?

Puerto Natales, nos premiers pas au Chili

Les argentins nous ont laissé prendre le bus sans payer (nous ne pouvions pas payer car notre carte de crédit ne fonctionne pas dans les villes non touristiques d’Argentine, cf l’article précédent). Après environ 5h de bus et 1h de ferry, on arrive à Punta Arenas, au Chili. Aucun soucis pour passer la frontière et ici, notre carte de crédit fonctionne, ouf ! Au Chili, tout est moins cher qu’en Argentine. Du coup, notre trajet en bus qui aurait dû nous coûter 90€ en Argentine, nous coûte seulement 60€ ici.
On ne verra pas grand chose à Punta Arenas, on y reste seulement 2h pour attendre notre prochain bus, direction Puerto Natales.

3h plus tard, nous y sommes. Il fait nuit et nous avons seulement une adresse où vit une famille prête à nous accueillir gratuitement. On trouve facilement la maison. On fait la rencontre des parents et des deux adolescents, une famille qui s’est inscrite en couchsurfing depuis 7ans et qui a la particularité d’accueillir beaucoup de personnes à la fois. Nous sommes arrivés à 21h et ils attendent un groupe de 10 étudiants mexicains pour 22h. On ne sera pas seul bien longtemps ! La maison n’est pas très grande, on est reparti dans deux chambres et le salon. Avec Kévin on dort dans une chambre avec 3 autres personnes. Ce groupe de 10 est composé de 7 filles et 3 garçons dont un québécois, Mathieu, avec qui on pourra parler français. Gloria, la maîtresse de maison, a préparé à manger pour tout le monde ! L’ambiance est agréable, on est content de retrouver des mexicains et Mathieu est très sympa. Petits soucis : il fait froid, on n’a pas d’intimité et il y a une salle de bain (contenant les toilettes) pour 16 personnes. Mais bon, c’est une expérience intéressante !

Souvenez-vous de Kanaan ? Le garçon qui voyage depuis 2 ans et qu’on a rencontré à Rio Grande. Il a été hébergé par cette famille quelques semaines avant nous. On comprend mieux pourquoi il nous avait dit “ce sont des fous”, ce n’était pas humoristique ! Une présentation de cette famille folle dingue s’impose :
– Le père obsédé pervers : qui vient régulièrement nous parler de caca et de sexe (les deux séparément quand même).
– La mère gémissante : elle parle avec une voix cassée parce qu’elle est malade (pas mentalement, elle a mal à la gorge).
– Le fils lunatique : qui nous ignore ou se met à nous parler des heures ou demande à Kévin d’aller couper du bois avec lui.
– La fille extravagante : avec ses cheveux bouclés et très volumineux, elle ressemble à une sorcière et ricane de la même façon avec une voix grave. Elle a souvent des coups de folie avec son caniche blanc aussi foufou qu’elle.
Bref, une famille très atypique !

Nous n’avons pas beaucoup dormi la nuit précédente à cause du bus que nous devions prendre le matin et ce sera pire cette nuit. On s’est couché tard, on n’arrive pas à dormir à cause du froid et on se lève tôt pour la journée du lendemain.
Après environ 5h de sommeil, on se prépare tous (nous et les 10 étudiants) pour une journée de visite. De 8h30 à 19h, nous sommes dans un mini bus qui nous balade et nous arrête aux points les plus intéressants où il nous laisse libre un certain temps, d´un quart d’heure à 1 heure suivant le lieu. On découvre ainsi un parc national du Chili : Torres del paines.puerto natales montagne

Je ne dirai pas que les paysages sont plus beaux qu’à Ushuaia mais la compétition est serrée… C’est magnifique. On n’avait jamais entendu parler de Puerto Natales. Et bien, ça vaut la peine d’y aller ! Encore une fois, l’hiver ne nous permettra pas de tout faire. On évite les grandes randonnées où l’on doit passer une nuit dehors dans ce froid glacial. Cette journée en bus est idéale en cette saison. Ça nous permet de voir un maximum de choses sans marcher des heures. Comme à Ushuaia, les montagnes enneigées sont impressionnantes. Mais le reste est différent. On roule sur des chemins entourés de collines. La végétation est pauvre. On aperçoit beaucoup de vaches, moutons, lamas et même des flamants roses. La lagune “amarga” est d’un joli bleu turquoise, on découvre une chute d’eau et quelques iceberg. Le vent est très fort à certains endroits mais puerto natales lacles paysages sont grandioses.

Quand nous sommes partis le matin, nous étions environ 18 dans le bus. Les 10 étudiants, nous et d’autres personnes (dont trois français). Nous avons laissé des personnes en chemin, des aventureux qui vont beaucoup marcher et affronter le froid de la nuit avant de continuer leur randonnée le lendemain. Bon courage à eux. On ne les envie pas… Au dernier point de rendez-vous avec le bus, on vérifie que tout le monde est présent et on repart direction la ville, à 2h30 du parc national où nous sommes. Au bout d’une demie heure, le chauffeur sursaute en voyant que l’on a oublié une personne ! Une française qui voyage seule et qui est restée tellement discrète qu’on ne s’est pas rendu compte qu’elle n’était plus là… Oups. On repart la chercher (voilà comment perdre une heure). Mais elle n’est plus là. En voyant qu’on l’avait oubliée, elle est partie en voiture avec d’autres personnes. On repart dans le bon sens jusqu’à ce qu’on aperçoive sur la route un couple qui nous fait de grands signes. Un couple qui était avec nous le matin mais qu’on a laissé en chemin et qui n’ont pas l’air content de nous avoir attendu dans le froid.

On rentre sans oublier d’autres personnes cette fois. Les douches s’enchaînent bien, le repas est convivial, préparé par les mexicaines.
On sympathise avec tout le monde et le père revient nous parler dès qu’on est seul. On en profite pour lui poser des questions sur le Chili. Il nous apprend que l’avortement n’est pas autorisé et qu’il n’y a pas de moyen de contraception. D’après lui, c’est aux filles de faire attention à ce qu’elles font… Ben voyons ! On aborde ensuite le mariage gai, pas autorisé non plus. D’ailleurs il n’aime pas les homosexuels, ce n’est pas “naturel”… Ben voyons ! Il n’était déjà pas haut dans notre estime mais là il s’enfonce. “Comment réagirais-tu si tu avais un fils homo ?” lui lance Kévin. “J’en ai un” nous répond-il. Il l’accepte, c’est déjà ça. Apprenant qu’on travaille dans la microbiologie, il nous fait un cours sur les bactéries… Ben voyons !

Le lendemain, vendredi 23 mai 2014, grasse matinée pour nous, ça fait du bien ! On visite un peu la ville et on décide de changer nos pesos chiliens en pesos argentins pour notre prochaine destination. Et quelle bonne surprise de voir que l’on gagne de l’argent en faisant cet échange. On a donné l’équivalent de 300€ et on se retrouve avec l’équivalent de 360€ ! Une très bonne alternative à nos soucis de CB en Argentine !

3 colombiennes sont arrivées à la maison. On est maintenant 19 sous le même toit. Le groupe des 10 étudiants repart le lendemain, tout comme nous, mais nos chemins se séparent ici.

Mexique : Le bilan

Après un mois passé au Mexique, voici ce qui nous a le plus marqué :

– Les gens : chaleureux et attachants
Certains nous ont contredit en disant que nous étions touristes, donc forcément les gens seraient gentils avec nous pour que l’on donne une bonne image du pays, ce qui attirera de nouveaux touristes et fera tourner les affaires. C’est tout a fait possible. D’ailleurs regardez cette affiche trouvée dans un musée de Villahermosa :

villahermosa accueil touristes

Bonne traduction 😉

Mais beaucoup de rencontres hasardeuses et hors des sentiers touristiques nous ont également donné l’impression d’une mentalité profondément chaleureuse.

– La chaleur parfois étouffante, voir même mêlée à l’humidité
Poza Rica et Villahermosa furent des villes torture, où nous ne cherchions pas seulement l’ombre, mais aussi la climatisation. Chaque pas à l’extérieur était un calvaire. Les nuits sans clim affreuses.

– Les sites archéologiques
On en a visité 6 et ceux que l’on trouve les plus beaux sont ceux de Palenque et El Tajin. Pourquoi ? La végétation présente sur ces sites donnant la sensation de nature mêlée au côté archéologique, les points de vues permettant d’admirer ledit site. Ou encore l’architecture même.

– La vie pas chère par rapport à la France, notamment les taxis. 1 menu MacDo ici = 3 en France -l’exemple est juste pour comparer facilement vu qu’il y a des MacDo dans énormément de pays du monde, n’allez pas croire qu’on est allé au Mexique pour se faire des MacDo ! C’est faux, on y est allé qu’une seule fois, promis juré-

L’un des buts principaux de notre voyage est le contact avec la population locale. Grâce au couchsurfing et aux gens avenants, on est plus que satisfait !

Quelques chiffres :
– On a fait 7 couchsurfings différents
– 17 nuits en couchsurfing, 6 nuits à l’hôtel, 3 nuits dans une auberge de jeunesse et 1 nuit par terre à l’aéroport
– On garde contact avec 9 personnes
– Budget prévisionnel : 723€/personne soit environ 26€/jour/p
– Budget réel : 765€/personne soit environ 27€/jour/p

Un des autres objectifs est d’améliorer notre espagnol. On a encore 4 mois pour nous perfectionner mais on arrive à converser pendant toute une soirée en comprenant la majorité des choses. C’est rassurant pour la suite, quoique… On nous a prévenu que les accents et certains mots sont très différents dans les autres pays et qu’ils ont du mal à se comprendre entre eux. Sûrement comme les français et les quebecquois ? Nous verrons !
Et puis avant cela, 2 semaines en Jamaïque avec comme langue locale l’anglais, de quoi nous perturber un peu.

Nous avons fait un petit tableau pour comparer ce que l’on préfère en France par rapport au Mexique et vice-versa.

France

Mexique

Climats/saisons

+

Aides (logement, chômage, bourses…)

+

Possibilités de voyages (nombre de jours de vacances + l’argent gagné)

+

Gens/mentalités

+

Règles souples (vente dans la rue, arrêts de bus, passer son permis)

+

Boire l’eau du robinet

+

Hygiène toilettes, eau chaude pour la douche

+

Au Mexique, les gens sont vraiment sympas (je pense que vous l’avez déjà compris), les règles sont plus souples : ils achètent leur permis de conduire à 18 ans (pas d’examens à passer), ils ne respectent pas toujours les limitations de vitesse ; pas besoin d’autorisation pour vendre des choses dans la rue ; les bus peuvent s’arrêter à l’endroit exact où tu veux descendre…

Par contre, il fait vraiment trop chaud ; il y a beaucoup de chômage comme en France, mais eux ils n’ont pas d’aide au chômage, d’aide au logement, de bourses pour les études ou d’aides pour la naissance d’un enfant ; ils ont droit à seulement 3 semaines de vacances par an et ne gagnent pas assez d’argent pour se permettre de voyager longtemps dans un pays plus riche (les enfants ont également moins de vacances) ; l’eau du robinet n’est pas potable ; il n’y a pas toujours d’eau chaude…

Conclusion : la France gagne, on ne s’installera pas au Mexique. On imagine déjà le visage de certains de nos parents s’illuminer à cette annonce 😉 .

Néanmoins, ce mois au Mexique s’est déroulé sans problème (pas de soucis de santé et pas de vol d’affaires ou d’argent) et nous laisse plein de souvenirs et de merveilleuses rencontres.

Ce qui va le plus nous manquer : les mexicains même, et notamment leur façon de dire “Síííí” en guise de “mais oui pas de problème, tout est possible”.

Cozumel, l’île pas belle aux touristes

Pour résumer cette île au large des côtes, le mieux est une suite de mots-clés représentatifs de ce que l’on a vécu et vu :
Moche, plages de récifs, pas de transports publiques, tarifs de pays riches, arnaque organisée.

On est resté 5j à Cozumel, donc l’article est long, accrochez-vous !

Mais revenons au fameux bâteau que l’on doit prendre pour aller de Playa del Carmen à Cozumel : 180 pesos (9,5€) pour une personne pour un trajet. Ça nous paraissait cher compte tenu de la vie que l’on a au Mexique depuis 3 semaines. Mais bon, pourquoi pas ! On est venu sur cette île uniquement parcequ’on a un hôte qui nous y a invité, et plusieurs personnes durant ces dernières semaines on dit que c’était beau (si vous avez bien lu les mots-clés plus haut, vous vous dites qu’il y a sûrement une couille dans le potage ! On y viendra !)

Le voyage est accompagné d’un groupe musical qui joue très fort, mais aussi très bien des rythmes latinos, ce qui nous fait passer rapidement les 30 minutes de ballotage. Arrivée à terre, on retrouve nos bagages en bon état, et on file casser la croûte. C’est bof, et c’est cher. On sent le truc arriver. On prend un taxi pour rejoindre la maison de notre hôte, mais l’adresse est assez approximative. Le taxi nous laisse là où ça nous paraît être bon. Sans demander le prix je donne 40 pesos, ça me paraît correct -retenez bien ça aussi-. En cherchant le bâtiment, un gars nous aborde, petit (Mexicain quoi :D), travaillant dans le bâtiment vu son état, et super sympa. Il nous aide à le trouver, et je préviens nos hôtes que nous sommes là. Pendant ce temps, le petit mexicain nous parle de plein de choses, il nous propose de la cocaïne, et nous dit que le quartier est dangereux, il y a beaucoup de vols, l’autre jour il entendit même “pan pan”. Ce qui est génial, c’est que j’étais tellement concentré sur le “nos hôtes arrivent” et à guetter les environs que a rien entendu de ce que disait ce petit bonhomme. Manon flippait un peu vu l’avancée de la conversation, mais 2 gars arrivent vers nous et me tendent la main, le coloc de notre hôte, Yvan et un de ses potes, Nacho. Comme d’habitude (ça fait classe de dire ça) ils sont contents que nous préférions parler espagnol, et nous dise qu’en fait on ne va pas dormir à l’endroit prévu, car il n’y a que 2 lits simples, c’est pourquoi on va aller chez Nacho, qui nous prête son appart pour que l’on ait un grand lit et un appart pour nous. Non sérieux ?

Bon l’appart n’est pas qu’à nous, y’a le coloc de Nacho qui est là, et il s’appelle Joel (si le papa de Manon me lit : “Coucou, je prends soin de ta fille, sois rassuré, bisous Joël”). Ils bossent tous dans l’armée de l’air, ont entre 22-24 ans et sont pilotes d’avions. Ça claque non ?

Parmi ce groupe de 4 amis, nous ne verrons jamais en 4 jours celui qui nous avait invité initialement chez lui, et que deux fois 2 de ses potes. En revanche nous passeront beaucoup de temps à parler avec Joel -le genre de moment où on est sur le point de sortir de l’appart, on se croise, on échange 2 mots, et 2h plus tard on prend racine-. On est content de l’avoir rencontré à la fin de notre périple au Mexique, car malgré nos nombreuses sollicitations, il parle très très vite, et beaucoup. Notre prodigieuse maîtrise de la langue nous permet d’avoir des conversations un peu plus poussées. Mais faut quand même pas déconner, on rame parfois beaucoup, surtout moi.

Cozumel... Tout au fond en petit. Là c'est Playa del Carmen

Cozumel… Tout au fond en petit. Là c’est Playa del Carmen

Revenons à l’objet de cet article.
Le second jour à Cozumel, on décide de recueillir plusieurs infos pour organiser nos prochaines journées : les sites à voir, les activités, les prix, comment se déplacer, etc. En sortant de l’appart, on a aucun plan de la ville, Joel est parti au taf pour un service de 24h non stop, et on ne sait pas comment regagner le centre. On décolle un peu au pif (enfin pas totalement, la boussole et le soleil sont de bons guides pour regagner la mer), à pied, et ce sera ça toute la journée. On passe dans des rues qui n’ont rien de très agréables, dans le quartier des hôtels, du matériel de plongée, des hôtels, du matériel de plongée, des hôtels, du matériel de …. Bref, c’est un peu redondant. On tombe sur des plages avec uniquement des récifs. Mais où sont les belles plages ? (Certains répondront DTC, mais non), on atteint enfin le centre ville, et on se fait aborder par les vendeurs pour nous attirer dans leur magasins. Y’a plein de magasin, mais avec assez peu de diversité : magasin de masques, magasin de vêtements, magasin de bijoux, magasin de masques, magasin de vêtements, magasin de bijoux, bref, vous avez compris l’idée. On mettra 1h pour trouver un magasin vendant des serviettes de bain, et 2h pour en trouver un les vendant moins de 15€. On ne trouvera durant notre séjour ici qu’une seule boutique vendant des cartes postales moches. Un magasin vendait des photos collés sur des pages blanches cartonnées en guise de cartes postales. Les photos étaient belles, mais pas sûr que la photo survive à la poste locale.
On continue le long du bord de mer en espérant tomber sur une plage avec autre chose que des récifs, mais au bout d’une heure on rebrousse chemin. Les plages sont justes inexistantes de ce côté de l’île.

En revenant sur nos pas on s’arrête dans un centre de plongée. Santos nous sera de bon conseil, il nous montre une carte de l’île avec les plages où aller, qui se situent de l’autre côté de l’île. Le seul moyen d’y aller c’est en taxi, environ 250 pesos (14€) l’aller. Idem pour se déplacer où que ce soit d’ailleurs. Il nous conseille de louer un scooter à la journée pour 1000 pesos (55€), ce serait le plus économique pour se balader partout. Pour faire de la plongée sans bouteilles et louer l’équipement pas cher il nous conseille un endroit précis, le Money Bar, il nous indique également les tarifs pour plonger avec eux. Avec mon Padi advanced je peux faire 2 plongées avec eux pour 1200 pesos (70€). Bref, des infos plein la tête, mais les réponses à toutes nos interrogations. Va-t-on enfin pouvoir nager dans une eau délicieusement claire inondant du sable et non des roches ?

La journée se finira en rentrant à pied via les ruelles sombres, on veut éviter de payer un taxi, et le restau du soir nous a visiblement encore gonflé l’addition.

Le lendemain on est chaud pour se faire de la plage le matin, puis visiter le site archéologique principal de l’île, et enfin se rafraîchir avec de la plongée sans bouteille. Ô desillusion.
On chope facilement un taxi, il nous annonce 150 pesos pour aller à la plage où on lui dit vouloir se baigner. Ok, c’est moins que ce qu’on pensait. Arrivés devant la plage, des roches et un drapeau rouge car trop de vent. Ah ah. J’adore cette île. Le chauffeur nous dit qu’il y a une plage sans récifs à 3km. Il sort sa petite grille des tarifs et nous dit que ça fera 50 pesos de plus.
– “En même temps, si à ce moment on fait demi tour tu nous refais payer 150 pesos non ? Tu nous prends pas un peu pour des cons ? Tu comprends pas le français j’espère ?
Arrivé à la plage susdite, -nouvelle blague- il nous dit qu’ici y’a pas de taxis qui passent. Pour revenir en ville ensuite faut le “réserver” en lui payant une avance sur le trajet de retour, et il reviendra à l’heure qu’on veut.
– “Tu pouvais pas le dire avant ? Tu comprends vraiment pas le français espèce de sombre ***** ?
Mais encore mieux, au retour on voulait s’arrêter visiter le site archéologique, mais c’est un peu le même soucis. Faut réserver. Si on veut faire tout notre plan, faut lâcher au bas mot 700 pesos (40€). C’est beaucoup plus cher que ce qu’on vit depuis 3 semaines dans ce pays, et 10 fois plus cher pour des petits trajets comme ça de 10min. C’est autant dispendieux (amis québécois 😉 ) que les 8h de bus pour faire Veracruz-Villahermosa ! On a l’impression d’être pris en otage par ces personnes qui font tout payer, cher, au dernier moment, à gonfler les notes, à nous mettre dans des situations sans échappatoire.
Du coup on lâche au manipulateur 100 pesos pour qu’il revienne 1h30 plus tard et nous ramène direct en ville. On aura donc 100 de plus à lui donner.

Bref, on va sur cette plage, qui est entourée de récifs, ce qui la protége des courants violents. Bof bof bof. Akumal c’était mieux. On fait une découverte intéressante, les grains de sable sont très gros comparé à ceux en France, ce qui fait qu’ils ne restent jamais en suspension dans l’eau, ils retombent rapidement, et l’eau n’est jamais trouble. Voilà, c’était la seule chose intéressante ici, car la surface pour se baigner est enclavée, on a plus l’impression d’être dans une énorme patogeoire, où on a perpétuellement pied, et avec des gamins partout.

Au retour je me dis : “Et si on tentait de faire les touristes ruinés, et qui n’ont pas bien compris combien il fallait payer ?”. Du coup arrivé en ville je fais l’air surpris genre
– “Ah mais les 100 pesos déjà payé c’était pas suffisant ? Le soucis c’est qu’on a plus de liquide là, sauf en pièces ces 27 pesos”. Et franchement, ça serait passé, mais pas ici. -ne remettez pas mes talents de comédiens en jeu !-
– “Non ça fait une trop grosse différence désolé”
Du coup on est allé retirer du cash pour payer cet homme vénal se faisant déjà des couilles en or. Il nous a suivi jusqu’au distributeur, de loin, mais suivi. On aurait pu piquer un sprint dans une rue (ça me rappel un certain resto-basket à Lyon ^^), mais bon, on voulait seulement tester leur réaction, tenter, mais pas faire les putes. On est gentil quand même, non ? Bon, Manon avait des claquettes aux pieds aussi.

On mange sur le pouce, puis décide d’aller faire la plongée. À un coin de rue on trouve un gars, vieux, taxi, super sympa, qui nous explique tout le système de taxi et de prix qui fonctionne ici, notamment que pour un trajet en interne de la ville ça coûte 30/35 pesos – cf. notre arrivée sur l’île, ô desespoir -. Il nous confirme également que la location du matériel est d’environ 80 pesos.

On arrive et profite du site de plongée, c’est sympa ! Mais ça n’a rien d’exceptionnel. On chope nos premiers coups de soleil, légers, et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, le prix de la location du matos : 170 pesos par personne. On est au moins content d’avoir vu des jolis poissons, c’est notre premier vrai bonheur ici en terme d’activité ! En parlant ensuite avec les loueurs de matériels, ils nous avouent que pour eux c’est de l’argent facile en travaillant sur cette île, il suffit de parler anglais pour accueillir l’énorme masse de touristes états-uniens ; dont on a croisé déjà plusieurs spécimens à moitié bourrés et beuglant ; et leur soutirer leurs dollars. Ils nous aiment bien, et nous proposent ainsi de demander à l’un de leurs amis de nous faire un prix “mexicains” pour louer un scoot 100 pesos la journée au lieu de 1000. Cette piste ne donnera malheureusement rien.

Le lendemain je me résignais : “Bon, si le site de plongée en bouteille est vraiment exceptionnel, je veux le voir ! Sinon je crierai partout que Cozumel c’est vraiment une île de merde”. Manon préfère passer son tour. Nacho débarque alors à l’improviste à l’appart et nous invite à passer la soirée avec lui et ses potes, go ! Il insiste pour nous inviter ET payer le restau. On tente de résister, mais c’est peine perdue.

Après cette journée de repos, nous sommes le 29 avril 2014, il est 9h30 du matin, et j’ai une petite appréhension moyennement grande de retourner m’immerger après 2 ans sans pratiquer ! Le stress m’a pas mal gagné car on a prit une heure de retard car un plongeur était manquant, et les temps d’attente, ça fait encore plus monter la pression ! Histoire de bien replacer le contexte perso, j’ai fait une dizaine de plongées, mais seulement des entraînements pour débloquer le second niveau de plongée français et le PADI ADVANCED. Et tout ça uniquement en piscine ou en lac.

Joel, au milieu

Joel, au milieu

Le contexte bien re-situé, j’avais donc des appréhensions de me lancer dans une vraie mer : plus profond, des courants… Arrivés au premier point de plongée, je regarde ma bouteille, équipée, juste en face de moi, et tente de me rappeler les bases genre : ah ouais c’est là qu’on tire pour vider le gilet en haut, là en bas, là pour gonfler. Tout me revient.
– “Hey tu veux bien être mon coéquipier de plongée ?”, me lance l’un des plongeurs
– “Ben vu qu’on est les 2 derniers j’ai vraiment le choix du coup ? Pas de soucis mais j’ai pas plongé depuis 2 ans !”
Quelques instant plus tard, le chef de palanquée :
– “Bon les gars, vous 3 vous plongez en premier, une main pour maintenir masquée et détendeur, une derrière la tête et vous vous laissez tomber en arrière”
Bien sûr dans mon lac on n’avait pas de bateau. Et j’ai jamais fait une plongée comme ça. Et mieux, je suis le premier désigné pour plonger. Faisant totale union avec mon petit corps, ni une ni deux je me lance, plouf.

Tout se passe bien, j’adore la sensation, ça me fait beaucoup penser aux sorties d’avion en chute libre. La descente se passe niquel, je me stabilise très bien tout le long de la balade. On voit des beaux poissons, mais côté flore rien de très coloré, pas très magique. Certains commencent à manquer d’oxygène au bout de 40 minutes et remontent, je remonterai en dernier avec le chef. Si ça, c’est pas la classe pour une première fois en mer ! Et j’avais encore de la marge, oui Monsieur !

Le bateau enquille sur le second site, Paraiso. Je suis encore désigné pour plonger en premier, Goooo ! Cette fois la flore est un peu plus colorée, la diversité des poissons encore plus grande, mais pas exceptionnelle, une fois de plus. Du coup par moment je me mets dos au sol pour admirer toutes nos bulles pointant vers la surface, tellement beau !
La chose très intéressante et nouvelle pour moi ici c’est le courant marin. Du coup je me place à 1m50 du fond, me mets en boule, et me laisse porter tranquillement en gérant ma flottaison. Une petite balade quoi, mais à force ne de pas bouger, j’ai un peu froid ! Il faut savoir qu’en attendant le dernier plongeur au centre, je me suis enfilé pas mal de verres d’eau… Du coup l’envie de pisser en 3h n’a fait qu’augmenter au point qu’à ce stade de la plongée je ne puisse plus déplier mes jambes sans avoir une ÉNORME envie ! Bref, je me suis réchauffé tout seul dans la mer 🙂 ce qui m’a permis d’enfin déplier mes jambes !

Bilan plutôt positif d’avoir fait une bonne plongée dans un environnement que je n’avais jamais testé. Même d’autres plongeurs me disaient que je gérais bien et étaient surpris de ma faible expérience ! Donc, à refaire, avec de plus beaux lieux ! Ça m’a boosté tout ça.

Après un au revoir chaleureux au centre de plongée, je rentre et retrouve Manon ayant pu faire une grosse nuit. Cool, elle pourra veiller sur moi ce soir ! Car ce soir, on a prévu de pioncer à l’aéroport, on y reviendra rapidement.
La suite fut un peu speed, Joel nous invita au resto, Yvan et Nacho qui devaient nous emmener au ferry nous plantèrent au dernier moment, Joel nous accompagna sur le pas de la porte pour prendre un taxi. Puis nous accompagna pour prendre nos billets de ferry, puis finalement jusqu’à la zone d’embarquement. A chaque fois qu’on se retournait on le voyait nous faire coucou. Cet enfoiré nous aura ému ! C’est avec lui qu’on aura le plus parlé et échangé. Oui je l’ai déjà dit, mais c’était au début de l’article, j’avais peur que vous ayez oublié, et c’est clairement un point marquant de notre fin de voyage au Mexique. Oui fin de voyage, déjà un pays que nous allons quitter dans 12h à peine ! La journée sera pleine de rebondissements, la suite dans le prochain article, par Manon.

Bravo aux courageux qui ont tout lu !

Tulum, l’approche des Caraïbes

Le bus nous dépose à Tulum.
On récupère nos gros sacs dans la soute. Des casiers cadenacés se louent à la journée, on y dépose nos sacs et on reprend un bus direction le site archéologique.
Plus on se rapproche de Cancun, plus les prix augmentent… Ça sent les coins touristiques.
6ème site archéologique que nous visitons. Celui-ci a la particularité d’être au bord de la mer des Caraïbes, du coup mes yeux cherchent les belles eaux claires, plus que les constructions qui sont finalement moins belles et impressionnantes que les sites précédents. Mais l’ensemble vaut le coup d’œil. Quand je découvre enfin une vue dégagée sur la mer, je m’émerveille, en silence, contrairement à l’anglophone à côté de moi qui répète sans cesse “oh my god !” avec cet accent anglais que je ne supporte pas…Tulum plages
Les gens se baignent, ça fait envie mais ce n’est pas prévu pour nous. Demain par contre, à nous la mer des Caraïbes !

En attendant ce moment tant attendu où on pourra plonger dans cette mer si belle et qui a l’air si bonne… Nous voilà répartis tout transpirants sous le soleil brûlant.
Oh des taxis, ce n’est pas un mirage et le prix est bien réel. Réellement bien plus cher que dans les autres villes. N’essayez pas de nous convaincre, si c’est comme ça, on reprend un bus. Sauf que ce ne sont pas des bus, ce sont des camionnettes avec environ 14 places assises à l’intérieur mais on peut faire rentrer bien plus de personnes, tant qu’on peut fermer les portes. Si vous avez la chance d’être contorsionniste, vous vous adapterez facilement. Mais ce n’est pas notre cas et la position debout-tête baissée-bras tordus n’est pas facile à tenir.
On ne sait pas si la camionnette passe par le centre de bus que l’on veut. Le garçon qui est monté en même tant que nous et à qui j’ai posé rapidement la question en espagnol, m’a répondu en espagnol mais avec le même accent à la française que moi. 2 français qui se parlent en espagnol, c’est balo ! En plus il ne sait pas donc on finit par descendre et céder au groupe de mexicains qui nous crient en cœur “taxi ?”. Avec le trajet que l’on vient de faire gratuitement (on a “oublié” de payer en descendant), le prix du taxi baisse, on a gagné environ 3€. Ok ça vous paraît peut mais ici c’est beaucoup. Avec 3€ soit 60 pesos, on peut manger 10 Panuchos ou faire 5 allers-retours en bus dans Campeche ou 2 trajets en taxi. Bref, on a économisé 3€.

Et nos 3€ on ne les dépensera pas car même les glaces sont plus chères et on n’en avait pas tellement envie, c’était surtout pour passer le temps en attendant notre bus qui va nous emmener à Puerto Aventuras, à côté de Puerto Maya où nous attend notre prochain hôte.
Le bus nous dépose sur le bord d’une route, à côté d’une station essence. Il fait nuit, les voitures roulent vite, on a nos gros sacs sur le dos et il n’y a pas de taxis en vu. Dans cette situation, même cher j’en veux un, je suis prête à dépenser mes 3€, ne nous laissez pas ici ! Même si deux personnes nous font peur à nous dire qu’il n’y a pas de taxis, c’est faux, on en a trouvé et on en veut juste un. Bon, on en aurait préféré un avec un conducteur qui ne se perd pas mais bon… On ne peut pas tout avoir et après 10 grosses minutes à balayer tout le village, Kévin trouve enfin la maison. Oui, Kévin, parce que le chauffeur de taxi est toujours perdu et n’a pas l’esprit vif de mon Titange (parce que mon chéri c’est le meilleur, le plus intelligent, le plus beau, le plus plus plus…). – Je précise également pour ceux qui se posent la question que, malgré le fait qu’on soit tout le temps ensemble, on ne se dispute pas (pour le moment) et on est toujours autant amoureux. –

On est accueilli par Beto, un jeune garçon de 13 ans, suivi d’Alejandro (encore un, y’en a beaucoup au Mexique), 31 ans. Il nous fait visiter sa grande maison : l’entrée, la chambre d’amis, la bibliothèque, la cuisine, la salle de bain, sa chambre… Non, en fait c’est un comique et il nous avait prévenu qu’il n’avait rien car il a emménagé depuis peu. Du coup y’a 2 étages avec 1 piece chacun. C’est petit et vide, on va dormir sur de très fins matelas par terre avec les araignées et un petit ventilateur mais c’est ce qu’on avait imaginé en faisant du couchsurfing. On a eu beaucoup de chance jusqu’à présent d’avoir une chambre d’amis confortable.

Il nous emmène dans la maison d’à côté où vit sa petite amie Mariela. Mariela vit avec sa sœur Eliana et son frère Beto qui nous a accueilli, leurs parents qui sont là pour les vacances (je ne me souviens pas de leurs prénoms, trop compliqués) et le fils de 5 ans de Mariela, Santiago.
On ne les connaît pas mais on est accueilli comme de bons amis. Ils nous proposent de manger avec eux et bien évidemment on accepte.
Détail important : Eliana parle français ! Elle a passé 3 mois en France, non, en fait en Corse (c’est différent quand même). Elle a travaillé comme fille au pair dans une famille apparemment peu aimable, qui ne la payait pas beaucoup et qui avait un fils mal élevé qui l’appelait “conasse”. Elle ne parlait pas très bien français à l’époque mais elle a bien compris l’insulte. Vive l’image des français… Heureusement elle a ensuite rencontré son petit ami et a pu vivre avec lui.
On a beaucoup parlé. À peine on quitte des personnes attachantes qu’on en retrouve des nouvelles. Pour le lendemain, ils nous conseillent une plage pas loin, exactement ce qu’on cherche.

Chose dite chose faite, le lendemain, jeudi 24 avril, direction la plage d’Akumal. Comme moyen de transport, toujours ces petites camionnettes. La plage est magnifique et l’eau n’est pas froide, un petit coin de paradis. Quand on dit “mer des Caraïbes” on imagine que c’est magnifique et ben… c’est vrai !

On repasse la soirée avec nos nouveaux amis, à parler pendant des heures. On apprend encore quelques expressions familières. “Chinga” pour dire “putain” (tu vois Eliana je m’en souviens 😉 ).
Déjà le moment de se dire au revoir. Le lendemain on part direction l’île de Cozumel.

On reste en contact, comme toujours. Et comme toujours, on les a invités en France. Mais on n’a pas de maison ou d’appartement pour le moment, ni d’argent. Donc si jamais l’un d’entre eux vient avant qu’on se soit refait une situation, maman, papa, tenez-vous prêts à les accueillir parce que j’ai dit que vous aviez une chambre d’amis 😀

Merida, Melissa et son York

Lundi 21 avril, 23h00, on est à la rue. Bon, j’exagère un peu, en fait on est posé devant l’auberge de jeunesse, et on attend Melissa (sans accent sur le “e” en espagnol, vous aurez peut être remarqué que j’écris toujours les vrais prénoms, et non une adaptation francisée, bref, on attend Melissa), une amie de l’hôte qui n’a pas pu nous recevoir. Melissa ne connaît pas -encore- le principe du couchsurfing, pourtant elle a accepté de nous héberger pour les 2 prochains jours, on ne sait encore pas trop sur qui on va réellement tomber, et où on sera dans une heure.

Une heure plus tard, on est toujours devant l’auberge, oui, les Mexicains ne sont pas toujours. très ponctuels. Arrivée d’une voiture avec 3 filles dedans, smack (= le bruit des bisous), Melissa, Sarah et Kelly.
Elles ont 18-19 ans, nous en donne 23-24 (j’ai bien fait de me raser la veille, ça rajeunit de 5 ans voyez-vous !), sont heureuses de constater qu’on préfère parler en espagnol et qu’apparemment on ne se démerde pas trop mal (j’en suis moyennement convaincu de ça, mais bon).

Maya le york

Maya le york

Les premiers contacts sont chaleureux, le contact passe bien. Étant fatigués, Melissa nous dépose chez elle puis repart pour aller manger avec ses amies, nous laissant seuls dans sa grande maison. Seuls ? Pas tout à fait, un village d’irréductibles gaulois une carpette noire bouge, c’est Maya, une Yorkshire naine de 1 an (grosse pensée à Roméo, elle lui ressemble beaucoup quand il était petit et sautait partout !). Elle est très vive, adore courir partout, ça ne sera que du bonheur de la voir pendant ces quelques temps ici ; sauf qu’elle pisse et chie partout, mais bon, ça, c’est les Yorks, hein maman ?

Le lendemain matin on rencontre sa propriétaire et colocataire, Beatriz, maman de Melissa. A-do-rable. Elle nous fit d’ailleurs beaucoup penser à la maman de Jorge, notre premier hôte. Pas vraiment de mots pour les décrire en dehors d’adorable : des mamans très ouvertes, gentilles, attentionnées, affectueuses alors qu’elles ne nous connaissaient pas 30min plus tôt. Sur conseil de la famille on décide d’aller à la plage. Mine de rien, on n’avait toujours pas eu l’occasion de mettre nos pieds dans les mers caraïbéennes : à Veracruz pas pris le temps, à Campeche pas de plage (le bord de mer était surélevé pour être piéton).
Sarah arrive chez Melissa, elles sont souvent collées l’une à l’autre car en pleines révisions pour passer le concours de médecine le mois prochain -concours visiblement aussi compliqué qu’en France-, puis elles nous emmènent gentiment jusqu’au terminal de bus, où nous en prendrons un pour aller à la playa. Rien d’exceptionnel ici, on se serait cru sur une plage de -je tire au sort une ville de France- Antibes, avec un drapeau Mexicain et des gens très bronzés partout (mais genre bronzage naturel quoi… Bref, des Mexicains). Ah si, une grosse différence, les gens qu’on croise nous font des sourires. Je vois déjà certains se dire qu’ils se foutaient de nos gueules d’européens, mais non. Honnêtement, on commence à bien cerner la mentalité générale ici, et les gens sont juste sympathiques et accueillants (ou alors c’est un Truman Show !). Même si ils ne font pas le meilleur boulot du monde, même si on ne leur achète pas leurs colliers ou leurs statuts, ils n’essaient pas d’arnaquer ou de snober le touriste qui leur demande une info en parlant un espagnol approximatif, ils restent accueillants, souriants, et humains. Après y’a des cons partout, certes ! Mais vraiment très peu depuis 3 semaines ici, comparé à ce dont j’étais habitué jusqu’à présent dans ma vie quotidienne.

Après une bonne grosse glace pas chère et un petit tour au planétarium local, nous rejoignions la maison de Melissa afin de profiter de notre dernière soirée à Merida, avec elle et son amie Sarah.
Détail toujours amusant pour nous : on entre dans le planétarium à 19h05, il fait pleinement jour, sortie à 19h45, il fait totalement nuit.

hg Melissa, bg Sarah, mb Kelly

hg Melissa, bg Sarah, mb Kelly

Soirée pizza tranquille, très enrichissante, à parler de la culture mexicaine (les insultes locales, quelques mots Mayas, tout ça quoi !), la vie ici, petit cours de français aussi , car Melissa commence à apprendre le vocabulaire de base. J’ai du mal à rouler les “r”, mais utilise le fameux subterfuge de les remplacer par des “L”, mais je ne pensais pas que pour des mexicains certains sons pourraient être difficiles, pauvre de moi ! Ainsi, quasi impossible pour les 2 miss de sortir le son “on”, que vous veniez tout juste de prononcer dans “son” d’ailleurs. Pire, on l’entend très bien dans “Manon”, ce qui transforme ce magnifique prénom en “Manou”, plutôt niais. Difficile aussi le son “e” comme dans “deux”. Le “u” devient bien évidemment chez elles “ou”, et difficile également de prononcer notre “r”. Bref, je me sentais moins seul à peiner côté prononciation d’une langue non maternelle ! Après 2h à parler, Sarah s’en alla après nous avoir fais un gros câlin, il est déjà minuit, et le lendemain on se lève à 8h pour quitter Merida. Mais les conversations s’enchaînent avec Melissa, religion, vie en générale, délire… quand nos yeux se repenchèrent sur la montre, il était déjà 2h ! -et pendant ce temps en France, il était 9h et beaucoup d’entre vous alliez travailler… Hum-

Courte nuit -moins de 9h c’est court pour nous, alors 5h vous pensez !-, nos derniers échanges avec Beatriz avant qu’elle parte au boulot. Nous avions déjà remarqué avec nos hôtes précédents que les Mexicains sont très tactiles, et comme toujours, ça nous fait un petit pincement au cœur au moment de quitter un hôte, une famille, quelqu’un qu’on a apprécié. On est deux personnes émotives, et on s’attache sûrement trop vite. Deux câlins plus tard, nous nous retrouvions dans le bus. Nous sommes mercredi 23 avril 2014, et en direction de Tulum, un site archéologique apparemment extraordinaire, au pied de la mer. Ça fait 3 semaines qu’on est parti de France, l’aventure continue !

Villahermosa – Palenque

Après 7 heures de bus, nous voilà à Villahermosa. Il est 22h et il fait très chaud et humide, comme à Poza Rica. Notre nouvel hôte, Alejandro (31 ans), est venu nous chercher et nous emmène manger dans un restau. Premier hamburger-frites, très légèrement épicé (rien à côté de tout le reste), apprécié jusqu’à la dernière miette (mais je pense qu’on avait vraiment faim aussi).

Alejandro est souriant et trop sympa. Quand je dis trop c’est vraiment trop. On va dormir chez lui gratuitement et on n’a pas pu l’empêcher de nous payer le restau. Il trouve qu’on parle bien espagnol et c’est vrai que je me sens de plus en plus à l’aise avec la langue. J’ai réussi à suivre 2 films dans le bus (oui, il y a la télé dans les bus).
Il vit dans une maison à 10 minutes de Villahermosa. Une maison atypique, vide. Une pièce à vivre avec un évier et un frigo. A l’étage, une petite salle de bain, sa chambre et notre chambre. Pas Internet.

Nous n’avons dormi que 5h la nuit précédente (danser ou dormir, il a fallu choisir). Et ce sera pareil cette nuit car nous devons nous lever à 6h30 pour aller à Palenque car Alejandro dans sa plus grande amabilité nous a proposé de nous y emmener.

Dimanche 13 avril 2014

Alejandro a acheté des gâteaux, du jus de fruit, du lait… Rien que pour nous pour le petit déjeuner. C’est la première fois qu’il reçoit des personnes en couchsurfing (et ben on est ravi d’être tombé sur lui, il aura droit à un très bon avis positif).

2h de route pour aller à Palenque. Je ne sais pas si Xico était la région la plus verte du Mexique parce que là aussi c’est la nature à perte de vue. On retrouve les forêts de bananiers, de grands palmiers, beaucoup de verdure et de montagnes.

Mais qu’y a t’il à voir à Palenque ? Tout le monde nous a dit que c’était beau mais on n’en savait pas plus. Hé bien levons le mystère : il y a un énorme site archéologique d’origine Maya. Énorme et magnifique. Moins désertique que les autres, beaucoup plus de verdure, on peut marcher à l’ombre à travers une forêt, ça fait du bien quand il fait 39°C au soleil à 10h du matin !

Un site qui vaut vraiment la peine, à voir de ses propres yeux. Comme d’habitude, j’ai pris des photos mais impossible de tout prendre, surtout les paysages qu’on voit depuis la voiture. Dans le site, il y a beaucoup de constructions Mayas et également des cascades d’eau, une eau claire, j’avais envie de m’y plonger dedans.
Il y a également beaucoup de touristes. Les mexicains ne payent pas l’entrée mais on n’a pas pu se faire passer pour des mexicains… Vous n’avez jamais vu de mexicains blancs ?? Non ? Mince.
Parmis les touristes, on croise beaucoup de français, surprenant ! On suppose qu’il y’avait un groupe en voyage organisé.

La sortie du site n’est pas à côté de l’entrée. On se retrouve à marcher pendant 20 minutes en plein soleil et avec cette chaleur c’est de la torture. Heureusement la voiture est climatisée !
On mange tous les trois dans un petit restau (on a enfin réussi à lui payer quelque chose). Ensuite direction les cascades “Welib-Ha”. Une forêt, de l’eau claire, un paysage de rêve. Seul Alejandro décide de faire de la tyrolienne traversant toute l’étendue d’eau alors qu’il a le vertige ! Il a passé toute la matinée à ne pas regarder en bas des pyramides, à descendre tout doucement et là il se jette dans le vide, bravo.

Palenque etendue d´eau

On reprend la voiture pour aller voir une autre cascade “agua blanca”. Encore un coin merveilleux.

A la base, d’après notre itinéraire, on devait aller à Villahermosa et ensuite à Palenque. Sachant qu’on n’avait aucun couchsurfing de prévu, on aurait visité seulement le site Maya. Sans guide, on n’aurait pas pu trouver ces coins reculés sans touristes.
Voilà encore un avantage du couchsurfing. On est logé gratuitement, on rencontre des gens et en plus ils nous font visiter la région. Pour le moment, nos 4 couchsurfings se sont bien passés et nos hôtes ont toujours étaient super sympas pour nous emmener à divers endroits. On n’a pas donné grand chose en échange mais on les a tous invités en France. En plus, ils ont tous le projet d’y aller.

Palenque baignade

Tranquille la vie !

Alejandro a prévu un voyage en Europe, dont la France, en mai. Nous ne serons malheureusement pas revenus. 3 menus MacDo au Mexique c’est le prix d’un seul menu en France. Alejandro n’en revient toujours pas !

Lundi 14 avril 2014

Alejandro nous dépose en ville. On se fait accoster par un gardien de musée très sympathique. Les gens sont toujours surpris quand on dit que l’on vient de France. Ils pensent tous que nous sommes États-Uniens.

Nous nous sommes promenés autour d’un lac, on a vu des coatis et on a passé un moment à regarder des oiseaux pêchant des poissons. Il y a beaucoup d’espèces. Les plus mignons ressemblent à des canaris.

Aujourd’hui je suis certaine qu’on a dépassé les 40°C… C’est insoutenable ! Et pendant qu’on s’étouffe, certains mexicains font tranquillement leur footing ! D’ailleurs ils ne le font pas vraiment tranquillement, ils courent plutôt vite. Ce qui me surprend depuis le début du voyage c’est le fait que malgré cette chaleur, la majorité des gens porte des jeans, pas des vêtements amples comme je l’imaginais.

On ne s’est pas amusé à se balader en ville, impossible avec cette chaleur. On s’est réfugié 4h dans une imprimerie avec ordinateur et connexion Internet. Moi qui n’aime pas tellement visiter des musées, j’ai fini par céder pour être dans un endroit climatisé. On a donc fait le tour du musée d’histoire naturelle, finalement intéressant.

Alejandro est venu nous chercher après sa journée de boulot. Dernier repas ensemble. C’est fou comme on s’attache vite aux gens.
Déjà 3 personnes avec qui on garde contact et qu’on espère revoir un jour.

Pendant ce temps là, à Veracruz…

Veracruz ! Je me rappelle quand lors de notre préparation de l’itinéraire j’ai vu cette ville et me suis dis : “Et pendant ce temps, à Veracruz”, texte incontournable du film des Nuls “La cité de la peur” – précision ajoutée pour les incultes, que vous n’êtes certainement pas, ou plus –

Bref, on arrive à Veracruz le mercredi 9, posé dans une salle en attendant notre prochain hôte, l’annonceuse a une sorte d’accent du Sud, elle appuie toutes ses fins de phrases : “El autobuuuuuuuuus”. Si tout le monde parle comme ça, ça va être marrant ! Mais non. Tant pis !

Posé à un coin de rue, notre hôte ne va pas tarder à arriver. Une voiture un peu crasseuse arrive, je jette un coup d’œil au conducteur, il me regarde, je le regarde, il me fait un signe de tête, je lui en fais un en retour genre “yeah baby”, c’est Gerry. Look jeune, en mode anglais/espagnol, vivant très modestement, mais avec une télé de 130cm, des basses partout, une Apple TV, bref : il adore le bon son et les belles images, et ça, c’est plutôt cool, car moi aussi.
Quand je disais modestement, c’est genre il a toujours son frigo vide, pas d’eau chaude chez lui, son pare brise de voiture avec une dizaine d’impacts, mais honnêtement, je kiffe son mode de vie, même si certains ont d’autres priorités à 31 ans.

Avec sa copine ils nous emmèneront chaque soir dans un bar ou restau pour goûter des spécialités, plutôt d’alcool que culinaires d’ailleurs. Enfin côté culinaire on s’améliore, le premier soir on a mangé plein d’ailes de poulet… épicées bien sûr – pour nous -. D’ailleurs Manon ressentait beaucoup plus que moi ce côté épicé, sûrement parceque les bières belges à 11° me plongent dans des états nébuleux où les sensations sont moindres. Autre détail, l’effet alcool nous rend plus lent à parler et comprendre espagnol, et eux plus rapides, le bordel quoi – es desmadre !- , mais c’est marrant à vivre 🙂

Bref, on s’habitue aux épices globalement. Par contre pas aux moustiques, qui ont fait leur apparition ici, au bord des Caraïbes. Notons également qu’il a fallu venir ici pour découvrir la raquette anti moustique – avec laquelle s’amuse Manon à 2h du mat – C’est sympa, on en prendra une en France ! – si on revient –
Petit clin d’œil à Valérie : ton anti-moustique pour vêtements sent vraiment la gerbe. Et maintenant la couette de Gerry aussi.

Piscine avec une eau verte. C'est normal.... Au Mexique !

Piscine avec une eau verte. C’est normal…. Au Mexique !

Bon et sinon, y’a quoi à voir à Veracruz ?
– le fort San Antonio : on a fait une visite guidée en espagnol, c’était sympa, on a compris 50% de ce qu’il a raconté, puis on s’est aperçu que le guide parlait français. C’est balo. Le groupe de Mexicaines avec nous était d’ailleurs insupportable, de vraies touristes à se prendre en photo les unes les autres (voire toutes seules, à poser tranquillement pour faire leur “selfi” qu’elles ont dû s’empresser à facebooker/twitter/intagrammer), et pendant ce temps les 2 qui écoutaient le guide, c’était ceux qui le comprenaient le moins, nous quoi. Je me rappelle ce moment mémorable où elles m’ont sollicité pour les prendre en photo dans une salle de la prison du fort, faisant office de salle de torture et ne comprenaient pas pourquoi en retour on ne voulait pas être pris en photo :
Ben je sais pas, y’a eu des mecs massacrés ici non ? Et pas la peine de nous parler anglais, on n’est pas états-uniens.”
Le guide nous avoua qu’à notre accent il savait que nous n’étions pas États-uniens, je ne sais pas trop comment le prendre encore aujourd’hui, mais plutôt bien, enfin, je crois.
Ah, et un détail sympa (ou flippant, c’est selon), le bus nous emmenant depuis le centre ville au fort est en bois. Mais en bois au point qu’on a l’impression que ça va se péter de partout ! Ce qui était d’ailleurs le cas à plusieurs endroit. Pas très rassurant de le voir prendre des voies rapides comme ça ! J’imaginais (et l’imagination c’est bien) déjà l’un des taxis ou autre bus nous rentrer dedans et notre bus-en-bois s’écrouler comme un puzzle ! Mais ce n’est pas avec nous que cela arriva.
– les plages, ne sont pas à voir. Désolé. C’est plutôt moches autour du centre.
– le centre historique est jolie
– l’aquarium à visiter est sympa, mais petit. Bon, ça occupe 30-40 minutes quoi.

Petite anecdote comme ça, on était posé dans le centre historique à grignoter des cochonneries quand mon regard croise un groupe de jeunes qui commençait à partir, et soudain 3 d’entre eux font volte face, viennent vers nous – et m*rde, pourquoi je les ai regardés – puis ils nous disent que je suis grand et voudrait prendre une photo avec nous. Ils étaient encore plus contents en apprenant qu’on était français. Bref, j’ai cédé face à ces jeunes ne voyant que peu de touristes comme nous – et c’est vrai qu’on n’en croise pas -, du coup, il doit y avoir ma photo avec 2 mexicains qui traînent sur les réseaux sociaux.

Salsa ! Lors de notre dernière soirée à Veracruz, Gerry nous emmena à nouveau dans un bar avec des bières délicieuses, mais surtout dans 2 boîtes : une de salsa, et franchement pareil qu’en France : y’a des bons danseurs, et d’autres qui semblent s’être trompé de salle. Rien d’exceptionnel. L’autre boîte c’était de l’électro, classique aussi, mais toujours un bon moment !

Là où l’aventure a du rebondissement (vous n’avez pas lu tout cet article pour rien, tenez-bon !), c’est quand dans la seconde boîte, sur le coup des 3h du mat’, on est pris avec Manon d’une bonne douleur au ventre. Là vous vous dites : “ça sent la merde”, et vous avez pas tout à fait tort, mais surtout au second degrés.

Outre les quelques désagréments entériques qui survinrent et une nuit écourtée à 5 malheureuses petites heures, nous fonçames au terminal de bus. Il est 11h quand on arrive, le bus est à 11h30, on est large pour prendre nos billets ! Sauf que, ô désespoir, la file d’attente est énorme ! 11h24, c’est notre tour, tous les espoirs sont encore avec nous, mais le bus de 11h30 est plein. Fichtre. Le suivant, à 13h pile n’a plus qu’une place. Reste celui de 13h25, on croise les doigt, sinon ça décale à 18h. On est chanceux puisqu’il est quasi vide. La fille au guichet nous embrouille car on avait une réduction de 10% qui ne s’applique pas (c’est le genre de petit détail con qui vous met un peu en boule après coup, et vous maintient dans une forme de stress constant ; et encore, je vous en met très peu, j’aurai pu préciser qu’on est parti à la bourre de chez Gerry, que le taxi a fait un détour, qu’on s’est tapé TOUS les feux rouges, qu’il n’y avait que 3 guichets sur 7 d’ouverts, et j’en passe. Plaignez-nous, vous le pouvez… Non je déconne ! On est en vacances après tout 🙂 mais revenons à nos brebis : on a nos tickets pour le bus de 13h25).

13h20, nos oreilles discernent que le bus est en voie 4, on y fonce, mais quand je vais pour mettre les bagages en soute on me dit :
– “Non, c’est pas le bon, celui là c’est celui de 13h15, le votre 25”
– “… 13h15 ? Il vient d’être créé ? Et c’est 13h25 mon coco !”

On court alors partout pour comprendre ce qu’il se passe, et on navigue dans une brume de
– “On sait pas à quelle heure arrivera le votre, ni sur quelle voie. Peut être voie 4 vers 14h, peut être 15h, peut être…”
– “Non c’est bon chut !
Je vous avais dis que ça sentait mauvais cette journée. Pour vous la faire courte (parce que l’article est déjà énorme !), c’est les vacances scolaires depuis hier soir au Mexique, du coup c’est le bordel (ça explique la file d’attente à rallonge).

Sur le qui-vive, stratégiquement placé sur le quai même (la salle d’attente c’est pour les gens qui ne sont pas stressés), j’aperçois sur le coup des 14h40 notre bus en approche. Nous vîmes alors tour à tour tous les gens que nous avions sollicité dans notre pseudo-panique. Ils voulaient vérifier que nous avions bien vu le bus (tu penses, on était les premiers devant la soute), nos regards se croisaient, et certains nous lançaient clairement via leurs mimiques un :
– “Ça y est, il est arrivé votre putain de bus ! Yes !”

En bref, Veracruz est une ville où il fait bon vivre, on y est resté du 9 au 12 avril et ça vaut le coup d’y passer ! Prochaine étape, Villahermosa.

Xalapa – la jungle et les quiproquos

Après 5h de bus, nous arrivons à Xalapa. La dame qui va nous héberger habite à Coatepec, une petite ville à côté. Un taxi nous y emmène. Nous sommes accueillis par Susan, âgée d’une soixante-dixaines d’années, une États-Unienne qui a décidé de venir passer sa retraite au Mexique et qui vit avec ses chiens, deux lévriers adorables. Nous pouvons donc lui parler anglais ou espagnol. Kévin choisit l’anglais, moi l’espagnol, on pourrait penser que ça va aller mais ça ne va pas être aussi simple… Nous sommes installés dans une chambre d’amis avec salle de bain, au top ! Il fait juste très chaud.

Elle nous propose à manger. Comme nous n’avons pas mangé depuis le repas léger de midi, on accepte. Elle propose du fromage mais je n’aime pas, elle sort ensuite des muffins (trop bien !), ils sont à la banane, le seul fruit que je n’aime pas, mince ! Comment se faire passer pour quelqu’un de compliquée… Je n’aurais finalement rien de plus consistant qu’une soupe mais avec la chaleur, je n’avais pas trop d’appétit. La communication s’annonce difficile, elle est un peu sourde et me demande souvent de répéter. Elle nous propose les choses à visiter dans la région puis se met à chanter avec l’un de ses chiens. Nous ré entendrons souvent Susan faire “waou awahouuu”.

Petite consigne à respecter : ne pas jeter de papier dans les toilettes. Kévin oublie et bouche les toilettes dès le premier soir, oups (et pas ceux de notre chambre mais ceux que Susan utilise, c’est plus marrant). Ça commence bien…

On file se coucher, demain petit déjeuner états-unien à 8h.

Mardi 8 avril 2014

On entend piailler beaucoup d’oiseaux différents dehors, j’adore !

Au petit déjeuner : café, jus d’orange, fruits, pan cakes (ratés, pas assez cuits), œufs, cookies, muffins… Plus consistant que le repas du soir.

Très gentille, Susan nous amène à Xico, un village à côté pour voir des chutes d’eau.

Cette région est mon premier coup de cœur, un coin de paradis ! La région la plus verte du Mexique. Je me sens frustrée de ne pas avoir pu immortaliser tous ces beaux paysages comme je l’aurais voulu…

Durant le trajet, on aperçoit au loin des volcans dans la brume, la vue est belle. Toutes les villes sont entourées d’une jungle à perte de vue, impressionnant ! On se retrouve sur une petite rue pavée bordée d’une forêt de bananiers, c’est magnifique. Elle nous laisse 2h avant de revenir nous chercher. On se retrouve à crapahuter à travers la jungle surplombant une belle cascade.

Xalapa jungle

Il y a énormément d’oiseaux divers, on aperçoit un écureuil et j’ai eu la chance de voir un énorme papillon bleu (au moins 4 fois plus grand que les plus courants). Il ne fait ni chaud ni froid.

Je serai restée des heures ici, je m’y sentais vraiment bien, la nature comme je l’aime !

Susan est malheureusement déjà là. Il se met à pleuvoir 5 minutes après mais nous sommes à l’abri dans la voiture. Elle nous fait voir le centre de Xico, de jolies maisons colorées. Elle nous dépose à Coatepec pour aller manger. Un petit restau très sympa. La pluie a cessé pendant qu’on mangeait.

L’après-midi direction Xalapa pour visiter le musée anthropologique. Il y a beaucoup de taxis mais aussi beaucoup de bus et quand on connaît les arrêts, c’est encore plus économique (0,50€/personne). Arrivés au centre de Xalapa, on aperçoit un panneau indiquant le musée. On descent vite du bus. On suit le panneau mais aucune autre indication ensuite. On se retrouve donc à demander la direction à des passants et à chaque fois, ce n’est “pas loin”… Au final, environ 30 minutes de marche pour rejoindre le musée.

1h30 pour le visiter. Il retrace l’histoire des civilisations de l’Amérique (aztèques, olmèques, mayas, …) et expose tous les objets, statuts, … qui ont été retrouvés. Très intéressant.

Dernier endroit que l’on veut visiter : le jardin botanique. On demande à une passante la direction, elle nous répond qu’il est vraiment très loin, qu’on ne peut pas y aller à pied. Pour une fois qu’on nous dit que c’est loin, on préfère reporter cette visite au lendemain. Pas mal de marche pour retrouver un arrêt de bus. Retour chez Susan. Repas avec elle. A chaque fois que je lui parle, elle ne me comprend pas ou elle ne m’entend pas ce qui ne m’encourage pas à communiquer. Heureusement elle parle beaucoup, surtout en anglais, et je suis contente de pratiquement tout comprendre. Au cours de la soirée, on se rend compte qu’il y a eu un quiproquo, elle pensait que nous partions le jeudi alors que nous partons le mercredi, c’est à dire le lendemain.

On a vraiment un problème de communication avec elle et on ne se sent pas à notre aise.

Mercredi 9 avril 2014

Après le petit déjeuner de 8h, nous partons en bus visiter le jardin botanique. Je m’attendais à un jardin bien carré, bien taillé mais pas du tout, plutôt une mini jungle bien sauvage avec pleins d’oiseaux, très bonne surprise !

Retour à Coatepec. Nous avions demandé à Susan si elle voulait manger avec nous (on voulait lui payer le restaurant) mais elle nous a répondu qu’elle partait faire des courses et qu’elle serait de retour vers 14h. Sachant que nous partions aujourd’hui, nous lui avons dit qu’on l’attendrait avant de nous en aller.

Après un petit restau, on arrive chez Susan. Elle est rentrée, assise à table avec le couvert mis pour 3. Elle nous attendait pour manger ! On se ré-explique, encore un quiproquo…

Même quand je dis des phrases toutes simples, elle ne comprend pas. J’abandonne. On rassemble rapidement nos affaires. On a du mal à cerner Susan, un côté stricte et pourtant chaleureuse juste avant notre départ. On a eu droit à un câlin.

Nous voilà dans le bus, direction Veracruz.

J’en profite pour faire un point sur l’un des objectifs de notre voyage : le contact avec la population locale.

Pour le moment, nous sommes satisfaits. Grace au couchsurfing, on communique déjà pas mal. Mais les mexicains sont très avenants, souriants, accueillants et serviables ; on a donc beaucoup de contacts également dehors : les réceptionnistes d’hôtels, les conducteurs de taxis, les passants qui nous aident à trouver notre chemin ou qui sont curieux de savoir d’où l’on vient…

Je trouve qu’on se débrouille plutôt bien pour comprendre et se faire comprendre en espagnol et ça n’ira que de mieux en mieux.

Premiers contacts avec les autochtones

Jeudi 3 avril

Premier repas au restau de l’hôtel : des fajitas délicieuses, pas du “old en Paso” (bien que les fajitas ne soient pas mexicaines du tout) ! Mais on laisse de côté la sauce et une substance verte forte beaucoup trop épicée/pimentée pour nos papilles gustatives occidentales.

On quitte l’hôtel, on a un couchsurfing prévu pour le soir.

Certains d’entre vous se demandent alors : “Couchsurfing ? Késaco ?”. Explication :

Le couchsurfing a pour ligne de conduite l’échange entre personnes de diverses cultures et nationalités (voir même votre voisin, pourquoi pas !) en hébergeant ou se faisant héberger, sans contre-partie explicite (mais vu qu’on est civilisé et pas des profiteurs, un geste une attention, des courses, ça fait toujours plaisir). C’est un échange humain quoi. Ça tombe bien, c’est la ligne de conduite (j’aurai pu mettre “guidelines” pour éviter la répétition, mais les personnes anti-anglicismes me tomberaient dessus ; je disais donc, c’est la ligne de conduite) de notre voyage. Dans la pratique, on s’est inscrit sur le site couchsurfing.org puis précisé notre itinéraire avec des dates de passage approximatives dans nos villes de passage. Les hôtes (ceux qui hébergent) nous envoient alors des invitations pour que nous couchions chez eux (nous, on est donc des couchsurfers : on squatte !). On s’envoie alors quelques messages pour voir si nous sommes sur la même longueur d’onde et voilà ! Mais revenons à nos moutons.

Après avoir acheté une carte sim locale (plus facile pour communiquer avec nos hôtes si aucune connexion Internet), on se dirige vers le métro pour se rapprocher du point de rendez-vous avec notre hôte.

Lorsque le métro arrive, les portes s’ouvrent 5 secondes seulement. C’est très dommage, car avec nos gros sacs et la foule, on se fait bloquer à 2 reprises entre les portes. Mais les Mexicains réagissent toujours au quart de tour pour tirer les portes du métro et nous débloquer.

Entre deux stations, on se fait accoster par deux jeunes garçons. On ne comprend pas grand chose, mais ils ont l’air sympa, puis à notre sortie de métro à notre point de rdv, Polanco, un jeune de 16 ans, Jovèn (prononcez “Robenne”, parlant espagnol et anglais nous accoste. Il est sympa et on se pose dans un bar avec lui. On arrive à discuter avec lui pendant plusieurs heures en mélangeant les deux langues. Très gentil et serviable, il prend son téléphone pour déterminer un lieu de rdv précis avec notre hôte et propose de nous y conduire. Ils ne sont pas adorables ces mexicains ?

On se balade pendant 30 bonnes minutes et finalement il nous dit qu’il vaut mieux qu’on prenne un taxi, qu’il appelle comme ça sur le côté de la route. On se place en retrait pour ne pas attirer des taxis opportunistes ayant envie de se faire des touristes (il est déconseillé de prendre des taxis de cette façon pour nous). Nos gros sacs nous font bien mal au dos, vive le taxi !

On arrive sans soucis au lieu voulu. Jovèn finit par nous laisser, on aurait bien voulu prendre une photo avec lui, mais dans l’émotion et l’action, on a préféré profiter du moment et complètement zappé de l’immortaliser ailleurs que dans nos cerveaux.

On rencontre notre hôte, Jorge, 27 ans, qui vit dans une maison à la périphérie de Mexico avec ses parents et ses 4 chiens. Après 10 minutes à parler en un mélange d’espagnol et anglais, on se rend compte qu’il comprend et parle très bien le français ! Il a passé 3 ans en France pour ses études.

Il a une course à faire d’une bonne heure, donc on laisse nos sacs dans sa voiture. On part manger des tacos en ville puis sa mère, Soco, nous rejoint puis nous amène chez eux. Une grande maison, super belle, et le must :  elle nous laisse le choix entre 2 chambres d’amis et nous laisse libre de nous servir à manger ou d’utiliser la machine à laver. “On vous fait confiance, faites comme chez vous” (mais en espagnol hein, car elle ne parle qu’espagnol, mais doucement, pour qu’on la comprenne. C’est ti pas adorable ?)

Le père nous rejoint, il est aussi adorable que sa femme, ils nous aident à programmer nos 2 prochains jours, nous proposent des endroits à visiter, appellent une compagnie de bus pour connaître les horaires et le prix. Son père nous chantent la marseillaise en espagnol, excellent !

“Arf, putain mais qu’est-ce qu’on fait là ? C’est trop bon”, vous reconnaîtrez que cette phrase viens de moi, Kévin, grâce au fameux “arf”., signe de stupéfaction, admiration, et surtout bonheur.

On est HS d’avoir crapahuté toute la journée avec nos sacs, et on commence à souffrir de la fatigue car notre hôte n’est toujours pas revenu chez lui au bout de 3h et il a nos sacs dans son coffre. Mais on lutte, on est des warriors quoi (warriors = guerriers. Mais ça fait mieux en anglais je trouve. Non ?). Notre kidnappeur de sac revient finalement, on fonce sous la douche et au lit. On ressent toujours le décalage dans nos têtes, mais bien heureusement, plus pour longtemps.

Un bon premier contact avec les mexicains qui ont été disponibles et chaleureux. On est tombé sur une super famille aussi. Le pied.