Bilan global du voyage en Amérique centrale et latine (2014)

Ultime article reprenant cette période de notre vie : un bilan, pour les gros points qui nous ont marqués, et ce qu’on a pu placer nulle part ailleurs !

Quelques Chiffres

Budget
Pour 5 mois (hors équipements, avions et pharmacie)

  • prévisionnel : 4200€/personne
  • dépensé : 3900€/personne

-Voir l’article “Budget dépensé en Amérique Latine” pour les détails-

Divers

  • 234h de bus d’Ushuaia à Lima
  • 15 GO de photos et vidéos
  • 4000 photos
  • 5 mois d’aventure en mode routard
Tulum, Mexique

Tulum, Mexique

Points positifs et négatifs par pays

Mexique
– Les plus :

  • les gens souriants, sympathiques et attachants
  • les sites archéologiques
  • le coût de la vie

– Les moins :

  • la chaleur parfois étouffante à certains endroits
  • les moustiques

Jamaïque
– Les plus :

  • la plage de Longbay gratuite, désertique mais surtout magnifique
  • les belles montagnes recouvertes de jungle
  • coût de la nourriture

– Les moins :

  • population pauvre qui nous voit comme des portes monnaie sur pattes
  • excursions hors de prix
  • nourriture très épicées
  • conduite rapide et dangereuse, routes mal entretenues
  • moustiques
Ushuaia, Argentine

Ushuaia, Argentine

Argentine/Chili
– Les plus :

  • les paysages fabuleux
  • la nourriture (Dulce de leche/Manjar, Empanadas)
  • échanger des pesos chiliens en argentins fait gagner de l’argent

– Les moins :

  • manque de chauffage et d’eau chaude quand il fait très froid
  • problèmes pour retirer de l’argent en Argentine (retraits limités à 100€)
  • pourboire de 10% casi obligatoire au Chili
Perito Moreno, Argentine

Glacier Perito Moreno, Argentine

Bolivie
– Les plus :

  • le coût de la vie
  • quelques beaux paysages

– Les moins :

  • la mentalité des boliviens (froids, distants, menteurs)
  • manque de chauffage et d’eau chaude
  • nourriture peu digeste sûrement lié à un manque d’hygiène général
  • haute altitude (=mal des montagnes)
  • routes en très mauvais état sur certaines parties et manque de communication de la part des chauffeurs
  • pas ou peu Internet

Pérou
– Les plus :

  • les paysages fabuleux
  • les gens sympathiques
  • le coût de la vie

– Les moins :

  • attention aux voleurs
  • Huaraz trop bruyant (coups de klaxon perpétuels)
  • excursions chères
Près de Potrerillos, Argentine

Près de Potrerillos, Argentine

Rencontres et couchsurfing
Le Mexique a été le pays ayant la population la plus accueillante et chaleureuse. Avec casiment un mois de couchsurfing, c’était le pays des nombreuses rencontres.
Le Pérou se classe tout de suite après. Moins de couchsurfings mais des gens généralement très sympathiques.
Au Chili et en Argentine, y’a des gens sympas, le couchsurfing est possible mais y’a aussi des gens froids.
Les jamaïcains sont souriants mais il y a toujours un rapport à l’argent qui rend difficile les relations amicales.
Les boliviens sont froids et distants, impossible d’échanger avec eux (en dehors de rares exceptions).

Près de Potrerillos (mais quand même plus loin que l'autre), Argentine

Près de Potrerillos (mais quand même plus loin que l’autre), Argentine

Paysages
On a vu énormément de belles choses mais ce qui nous a le plus émerveillé, dans l’ordre croissant :

  • la Patagonie (Ushuaia, Torres del Paine, el glaciar Moreno) avec ses immenses glaciers et montagnes enneigées se reflétant dans les étendues d’eaux calmes
  • Huaraz (au Pérou) avec ses lagunes bleues turquoises et ses monts enneigés
  • le Machu Picchu (au Pérou), site Inca au milieu de montagnes verdoyantes
  • le désert de l’Atacama (au Chili) avec son sable orangé et ses grands geysers
Geysers del Tatio, Chili

Geysers del Tatio, Chili

Nourriture

  • Respect des végétariens
  • Épicé au Mexique et en Jamaïque
  • Tortillas
  • Empanadas
  • Dulce de leche
  • Milanesas
  • Lamas
  • Cochon d’Inde grillé dans le sud du Pérou (on n’a pas goûté, ça nous dégoutait et attristait visuellement)
  • Bons jus de fruits naturels avec des vrais fruits pleins de pépins et surement sans OGM
  • Poulet à toutes les sauces !

Coutume et habitude commune aux pays
Une seule bise, pas 2, pas 3 (comme en Ardèche du sud 😉 )

Machu Picchu, Pérou

Machu Picchu, Pérou

Nos galères
Le voyage s’est passé sans gros problèmes : pas d’agression, de grave maladie ou de vol (en fait si mais ça compte qu’à moitié vu qu’on a tout récupéré). On a tout de même eu notre lot de petites galères tel que :

  • La journée de Blue Mountain : gravir une montagne sans avoir à manger pendant une journée sous un soleil brûlant et attendre notre chauffeur jusqu’à la nuit
  • Des nuits froides sans chauffage (dormir avec veste, bonnet, chaussettes…)
  • Ne pas avoir d’eau chaude (très nombreuses douches froides ) ou pas d’eau tout court
  • Une nuit blanche et toute la journée dans un terminal de bus en souffrant du froid
  • Le mal de l’altitude
  • Pas manger pendant 24h (pourtant on voulait manger nous !)
  • Pas prendre de douche pendant plusieurs jours
  • Dormir parterre (avec le lot d’insectes que ça inclut), sur des chaises ou dans des bus (pas des bus couchettes bien sûr)
  • Rester dans un bus pendant plus de 24h
  • Être malade au milieu d’un salar dans le froid
  • Retirer de l’argent et ne pas avoir les billets (on a récupéré notre argent 1 semaine avant de rentrer en France)
  • Louper notre ville de destination à cause du chauffeur de bus et se retrouver 3h trop loin
  • Être malade à cause de la nourriture avec pas toujours de toilettes à disposition
  • Se retenir de pisser pendant des heures à en avoir mal au ventre
  • Laver ses vêtements à la main (souvent à l’eau gelée, ou la technique à Kévin : laver sous l’eau tiède pendant sa douche !)
  • Subir la désorganisation des excursions
  • Se faire fouiller nos sacs, voler des vêtements, passer la nuit au commissariat, faire une déposition en espagnol
Huaraz, Pérou

Vue depuis la Laguna Churup, Pérou

Ce que ça nous a apporté

  • La découverte culturelle
  • Ça nous a enlevé les préjugés qu’on avait tels que penser que l’Amérique latine est sous développée au point qu’ils vivent comme en Europe il y a vingt ans : ceci est totalement faux, ils vivent comme nous en France, ils ont des iPads, Internet haut débit et tous les équipements usuels et ménagers courants en Europe.
  • Apres avoir enduré toutes ces petites galères, toutes ces aventures font qu’aujourd’hui on arrive à apprécier les choses les plus simples comme avoir un lit pour dormir, des toilettes ou de l’eau chaude. Et on peut traverser la France entière sans que le trajet nous paraisse long ! (Enfin… Manon a surtout écrit ça car c’est Kévin qui conduit ! hein ? ^^)
  • Un plus gros coeur. Généralement on parle plutôt de gain en endurance (après toutes ces grandes randonnées en haute altitude)
  • De s’être amélioré en espagnol (c’est agréable de passer de “notion” à “courant” *sentiment de fierté*)
  • Des paysages fabuleux pleins la tête, que les photos nous rappellent, mais croyez-nous, les photos, c’est vraiment que des photos
  • De nombreuses bonnes rencontres qu’on n’oubliera jamais, car l’aventure aurait été tellement différente sans eux : Jorge notre premier couchsurfing, Alexandro de Villahermosa, Gerry et Magaly, Melissa et Sarah, Alejandro de Puerto Maya et Eliana, Mariela, Joel le petit con qui nous a fait pleurer au moment des aurevoirs, Rastaman, Diego de Rio Grande et Ana ainsi que leurs amis Marcos de Rio Grande et sa femme Yumi, Matthieu le québécois, Andrés et Teresa, Diego et Marcos de Córdoba, Tifany la mexicaine baroudeuse sans appareil photo (tout dans la tête !), Paul le français croisé dans l’Atacama, les espagnols David et Rachel, Marion et Halim du sud de la France, Justine, Kevin (AQP rocks !), Maria l’hollandaise, les lituanniennes Gintė et Ieva, Aude, Cathia (sosie de toi Magali !) et Julien encore 2 français, Florian le roux tout fou de Lyon, Edgardo… Et tout ceux dont on n’a pas su le nom, sans qui ce voyage n’aurait pas pu être aussi enrichissant.
Laguna 69, Pérou

Laguna 69, Pérou

Cette aventure fut donc extrêmement enrichissante (qui l’eut cru !), beaucoup de personnes nous ont suivis via ce blogue (ce qui nous a fait vraiment très plaisir !), on a rencontré plein de gens de tous les horizons, on s’est ouvert l’esprit encore plus qu’il ne l’était, bref, une page se tourne, mais le côté positif (parce qu’être positif, c’est mieux quand même dans la vie), c’est qu’une nouvelle page est déjà en cours d’écriture, sûrement plus courte, mais tout aussi excitante que celle-là le fut. Comme on l’a énormément entendu durant le voyage, rien de tel que clôturer sur un précieux mais puissant émotionnellement : ¡ Que le vaya bien !

Ushuaia

Ushuaia

PS : une petite surprise en 360°, juste >> là <<

Budget dépensé en Amérique centrale et Latine (2014)

Être rentier c’est surement cool, mais on ne l’est pas, du coup “dépenser sans compter” n’était pas trop notre philosophie durant le voyage. Un maintien quotidien du budget afin de prévenir nos écarts et ne pas se retrouver sans un sous à la moitié du voyage était indispensable.

Voici quelques tableaux afin de montrer combien nous a coûté dans le détail le voyage SUR PLACE. L’article publié dans la section budget avant le départ présentait déjà les frais annexes tel que billets d’avions, équipements, vaccins etc, or ici on ne parle que des dépenses sur les territoires américains faites ces 6 derniers mois. Certaines dépenses persos n’ont pas été comptées, type la plongée de Kévin, ou encore les seuls et uniques cadeaux achetés les derniers jours à Lima.

De plus, il ne faut pas oublier que nous avons fait du couchsurfing, ce qui influence grandement le budget hébergement (notamment celui du Mexique, où nous avons fait 80% du temps des couchsurfings).

Tout d’abord, le suivi global. Je me rappelle encore de ce tableau tout vide ! (*petite larme*) et maintenant il est tout rempli ! (contrairement à nos comptes… oups).

Budget détaillé par pays, catégorie de la dépense, et plein de trucs cool à savoir pour faire des statistiques et des graphiques de fou ! (et probablement inutiles également, faut pas pousser !)

Budget détaillé par pays, catégorie de la dépense, et plein de trucs cools à savoir pour faire des statistiques et des graphiques de fou ! (et probablement inutiles également, faut pas pousser !)

Pas vraiment de commentaires à faire, les curieux auront toutes les infos voulues en regardant ce tableau présentant les dépenses concrètes effectuées sur place. Notons que la nourriture a quand même représenté le tiers de nos dépenses, on pourrait presque dire le transport un autre tiers, puis les “loisirs et visites” représentent 1/5ème de nos dépenses totales. Et enfin, et c’est le fait clairement le plus important : 6 mois d’internet en Amérique Latine reviennent beaucoup moins cher qu’en France ! Bon… ben du coup, y’avait des commentaires à faire !

Ultime tableau : comparaison sur le prévisionnel et le réel. S’est-on tenu au budget ? Et bien, regardez :

Couleurs : gradient de rouge foncé, passant par le neutre puis le vert foncé. Vert = économie = bien Tintin !

Couleurs : gradient de rouge foncé, passant par le neutre puis le vert foncé. Vert = économie = bien Tintin !

Pour ceux qui ne comprennent pas bien le tableau (mais vous êtes surement bien assez débrouillard pour avoir tout pigé), on a économisé 300€ chacun. C’est pas énorme, mais vaut mieux dans ce sens que dans l’autre hein !

On aurait limite pu rester plus longtemps ! Les boules ! Mais bon, toutes les bonnes choses ont une fin (les mauvaises également bien heureusement !). Sérieusement, les 300€ ont vite fondu quand on est arrivé à l’aéroport de Paris, vive la France ! Vivement qu’on reparte, car soyons sincères et honnêtes : voyager, c’est ça la VRAIE vie !

Lima, dernière étape de cette aventure 2014

On arrive à Lima le 18 août 2014 à 20h30.
On décolle le 20 août à 9h25.

Entre temps, on a nagé avec des dauphins, fait un trek en pleine nature, et fait du sandboarding ! Non je déconne, bien sûr on n’a rien fait de tout ça, Lima c’est une méga grosse énorme capitale où on n’a pas vu le ciel une seule fois, juste une nappe grisâtre nuit et jour, je crois qu’on appelle ça la pollution, bien que le taxi auquel j’ai lancé “hey c’est trop pollué ici” ait répondu que c’était comme ça que l’hiver, que c’était normal, que c’était pas la pollution. Et mon cul hein ? Non il avait peut-être raison, mais bon.

On est arrivé avec 3h de retard en réalité, histoire de ne pas changer les bonnes habitudes. Vu qu’il était tard on a préféré annuler notre ultime couchsurfing prévu pour une raison évidente : on n’aurait pas pu profiter de lui, or le couch on le fait plus pour profiter des gens que profiter de leur lit gratuit.

Déguisé en péruvien, je me fond même dans le décors

Déguisé en péruvien, je me fond même dans le décors

On galère ensuite à trouver un hôtel, mais bon, vous vous doutez bien qu’on en a trouvé un. Plutôt cher, enfin, 100 soles la nuit, soit 29€. Oui, à peu près le même prix que notre premier hôtel au Mexique, que l’on avait trouvé pas cher. C’est fou comment notre sens de la valeur de l’hébergement a changé en quasi 5 mois. Mais bon, on est dans un hôtel plutôt cool, on a l’impression d’être limite dans le luxe : eau chaude à volonté et wifi fonctionnant impec !

Le lendemain est notre seule journée pour profiter de Lima. Après 12h de sommeil, je me lève ; j’avoue que j’ai un peu entaché cette journée, de toute façon le temps est “nuageux”. Manon elle est réveillé depuis déjà 4h, trop excitée de rentrer en France. On sort faire un tour à la place des armes. Le taxi qui nous dépose nous dit de redoubler de prudence. On redouble donc de prudence. Les péruviens sont voleurs, et apparemment c’est pire ici. Je vous rassure tout de suite, on ne s’est rien fait piquer !

On passera la journée autour de la place des armes avec des activités reposantes et gastronomiques. Une partie d’échecs, quelques boutiques (j’ai trouvé tes bonnets Julien, tu vas être content ! Par contre ils me plaisent, donc pas sûr que je te les donne, tu vas être moins content !), et on a goûté des spécialités culinaires midi et soir, Lima étant réputée pour sa bouffe. L’idée était plutôt bonne à la base, mais débuter sur une entrée qui vous arrache la bouche en était une moins bonne, mais bon, on est là pour tester !

Le lendemain on doit se lever à 5h du matin, du coup, il faut se coucher tôt. À 1h30 je m’endors profondément, on se lève, on arrive à l’aéroport et… tout se passe bien ! Quoi, l’article est bâclé ? Meuh non, y’a juste pas grand chose à raconter, Lima fut calme, couchsurfing annulé, l’aéroport se passe à peu près bien, on rentre en France et on est content, oui, content ! Enfin, les 5€ le sandwiche nous ramènent à la triste réalité des prix français et de l’euro. De plus on revient avec tous nos vêtements ! Tous ? Non, en fait Manon a oublié des chaussettes qui séchaient dans le dernier hôtel… La haine ! Une fois en France on demandera peut-être à l’hôtel si ils acceptent gracieusement de nous les renvoyer. Manon imagine déjà qu’il vont répondre : “Des chaussettes ? Ah non, on n’a rien vu !”

Mon dernier trek, en pleine capitale et en solo svp ! Récompense : un train.

Mon dernier trek, en pleine capitale et en solo svp ! Récompense : un train.

Longtemps j’ai eu un peu peur de ne plus apprécier les derniers moments que nous allions vivre loin de la France, un peu comme quand on apprécie plus les derniers jours de nos 2 semaines de congés d’été, mais là on a très bien profité jusqu’au dernier trekking !

Une conclusion sur le Pérou, puis une conclusion globale sur ces 5 mois en Amérique latine et enfin le budget total dépensé par catégorie (on a été rigoureux ^^) seront prochainement publiés. Ah, et il y aura aussi un article bonus !

Huaraz, émerveillement dans la Cordillère Blanche

Le mardi 12 août, on arrive sur le coup des 8h30 du matin à Huaraz, frais comme des gardons. On choppe un taxi. Il nous dépose dans un hôtel en nous disant qu’il est près de la place des armes, cool ! Mais on se rendra compte de la supercherie que quelques heures plus tard. Tant pis, on est à 20 minutes du centre, mais dans un hôtel, ou plutôt auberge, non, un truc pas cher.

Le gérant de l’hôtel appelle un de ses potes faisant des excursions dans la Cordillère blanche, mais on le sent pas, on fera donc quelques agences dans le centre pour voir ce qui s’offre à nous, car l’activité principale en partance de Huaraz, ce sont des treks de un à TRENTE jours dans la Cordillère blanche, une immense chaîne de montagnes (blanche à ses sommets). Face à la blanche, y’a la noire, offrant une belle vue sur la blanche justement. Ce sera notre premier trek d’ailleurs.

Le mercredi 13 on part avec un guide à quelques 20 minutes de Huaraz, et on grimpe. 2h de montée en théorie, mais ils avaient du voir large car on atteindra la lagune de Wilcacocha au sommet en 1h30. On en a bien chié quand même, soyons honnête ! Pause déjeuner à côté de la lagune, en admirant la vue panoramique sur la cordillère blanche. Malheureusement le temps est nuageux, du coup, soyons encore honnête, la lagune est moche et le panorama est pas super top.

huaraz pano blanc

Côté positif, on ne brûle pas sous le soleil, et ça c’est cool car y’a pas de zone ombragée ici. La cordillère noire est plutôt jaune sur ses flancs, car en cette période d’été, tout est cramé. En hiver, il paraît que c’est vert. Pour la descente on demande au guide de prendre un autre chemin que pour la montée, le chemin est assez difficile car constitué de pierre. Mais bon, on voulait le rentabiliser car on a vite compris que payer chacun 15€ pour l’avoir on s’est fait un peu entuber, soyons zonètes (décidément !). Julio, le guide, a 27 ans et a vécu les 10 premières années de sa vie avec sa grand mère, dans la campagne, bénéfice : il connaît super bien les plantes, et sait se soigner avec. Il nous raconte notamment l’histoire d’une fille que la médecine contemporaine n’arrivait pas à soigner, qu’ils ont emmené au bord d’une lagune, puis recouverte de certaines plantes, et hop, elle était debout en moins de temps qu’il n’en faut pour prononcer “c’est une histoire vraie ?”. À 14h on est de retour à Huaraz.

Le lendemain on se repose -vous avez l’habitude maintenant qu’on fasse des journées pauses !- et on change d’hôtel, d’auberge, enfin de lieu quoi. Pourquoi ? Parce que le lieu en lui-même est éloigné du centre, la cuisine qu’on devait pouvoir utiliser est quasi inexistante puisque résumée en terme de vaisselle à une casserole dégueulasse qu’on nous a filé le premier soir -limite on devait aller acheter une éponge pour la nettoyer : LOL ! Filez-nous une éponge, et encore heureux qu’on te demande pas de la nettoyer !- On n’a pas confiance en la sécurité des chambres (un cadenas pour fermer… mouais), et l’environnement est plutôt crade globalement. Ah et aussi on attend toujours les petits-déjeuners prévus. Donc voilà, outre les moults autres détails négatifs, on change, parce que le changement, c’est maintenant, (François si tu nous lis, tu vois, nous, on agit 😉 ) et on arrive dans un hôtel dont nous avait parlé Florian. Quoi ? Vous ne vous rappelez pas de lui ? C’est le français rencontré au Machu Picchu, qui est également à Huaraz actuellement.

On profite un peu de la ville en cette journée de repos, enfin profiter est un grand mot, car la ville a beau compter 150.000 habitants, elles est pourrie, je m’explique. Un ruisseau traverse la ville, des ordures le longent et s’y promènent, les bâtiments sont inachevés, sales, les commerces sont majoritairement inutiles (énormément de magasins pour faire des photocopies. Je comprends pas trop ce délire honnêtement. Mais bon), et le truc le plus stressant et énervant : les gens ici ont la foutu habitude de klaxonner tout le temps, mais vraiment tout le temps. “Oh, un passant, TUUUT. Oh, un croisement où je suis prioritaire TUUUT. Oh, TUUUUT”. C’est simple, les gars ici conduisent avec la main au dessus du klaxon. Un truc de fou. Et pour info, ici également c’est interdit de klaxonner pour x raisons, comme en France. Mais que fait la police ? Ben elle fait la circulation apparemment.

Avec ce temps gris, nous ne fûmes pas séduit au premier coup d'oeil à 4450m

Avec ce temps gris, nous ne fûmes pas séduit au premier coup d’oeil à 4450m

Le vendredi 15 août, on prévoit de se taper l’ascension jusqu’à la lagune Churup avec Florian. Bon alors les guides en papier et sur Internet conseillent de ne pas s’aventurer seul, ça tombe bien, on y va à trois ! Ils conseillent également de partir tôt le matin. Vous nous connaissez. On décolle à 9h45 de Huaraz, tous les 3. Les guides parlaient de 15 minutes pour atteindre le début du chemin, mais le chauffeur nous dit 45, et il a raison le coquin !

Bref, on se retrouve à Llupa pour attaquer le trek. Ça commence tranquille, la première heure et demie on s’économise. On arrive à Pitec, pseudo ville où on paye 10 soles pour commencer les choses sérieuses. Ça grimpe beaucoup, c’est assez hardu, soyons honnêtes, on peine, on piétine avec Manon, et on commence à s’essouffler énormément. L’altitude nous pèse de plus en plus et nous emmerde littéralement sur des passages difficiles où on doit utiliser des cordes en métal -parfois bien usées- pour escalader certaines parties. On fait beaucoup de pauses car en plus d’une migraine naissante, j’ai des vertiges et Manon la nausée. Pas cool pour escalader. Quand je dis escalader c’est vraiment escalader, certains passages nécessiteraient d’avoir du matos d’escalade car c’est vraiment dangereux. On est à bien 4000m à ce moment, et c’est fou que mon corps qui semble bien acclimaté à 3000 (altitude de Huaraz) soit complètement HS ici. Je dis “mon” corps, car Manon a toujours des difficultés avec l’altitude, son cœur s’emballe très facilement à chaque fois qu’on se trouve à plus de 3000 mètres (Huaraz comprit. Pour info le Machu Picchu qui ne lui avait pas posé de problème est à “seulement” 2500).

La lagune est en fait de l'autre côté, mais la vue nous plaisait plus ici !

La lagune est en fait de l’autre côté, mais la vue nous plaisait plus ici !

2h30 nous seront nécessaires pour faire Pitec-La lagune de Churup. 2h30 c’est le temps informatif donné, on est pile dedans, et vu comment on a peiné, je peux vous dire qu’on est heureux d’arriver à la lagune, les derniers mètres de pente raide furent un calvaire. Il est 14h30. On a donc mit au total 4h pour arriver là. Je pensais que le trek durerait 2h30, j’avais rien compris en fait ! On se pose 1h le temps de se reposer, et surtout manger, s’hydrater, prendre des photos du site. Durant la montée on a eu des gouttes de pluie, et surtout vu arriver de gros nuages noirs, ce qui nous a bien fait flipper. Car outre la pluie, une étendue d’eau avec des nuages au dessus c’est généralement plus moche qu’avec un ciel bleu dans laquelle il se reflète -mais c’est qu’on  deviendrait exigeant avec la météo maintenant !-. Pendant notre déjeuner, on a le droit à de la neige fondue, de la petite grêle, en plus du vent glacial, et entre temps il arrive que l’on ait des éclaircies, nous faisant bouillir sous nos vestes. Durant ce trek on a connu un peu toutes les saisons ! Même les rafales de vent latérales qui vous obligent à marcher penché d’un côté pour y résister ! Bref, les quelques éclaircies nous permettent de profiter des lieux, et ma foi, ça vaut le coup d’avoir souffert pour arriver là !

A gauche de la cascade le chemin en mode "escalade avec les cordes en métal", à droite, notre descente en mode "AAAAAaaaaaah !"

A gauche de la cascade le chemin en mode “escalade avec les cordes en métal”, à droite, notre descente en mode “AAAAAaaaaaah !”

Après 1h de pause on entame la descente. Il nous reste pile 3h pour rejoindre le point initial d’où partira le dernier collectif -petit bus- pour Huaraz. En tout cas c’est ce que nous a dit le chauffeur du matin : “18h30”.

On ne redescend visiblement pas exactement par le même chemin, on ne se tape pas les cordes usées en métal, et on s’aperçoit qu’on est du mauvais côté du fleuve ! Enfin “mauvais” c’est exagéré, de ce côté là aussi on peux passer, faut juste être un peu sportif et un peu foufou. L’escalade est abrupte, un passage particulièrement délicat nous oblige à être collé à la paroi et redoubler de vigilance pour ne pas glisser, car ce serait la catastrophe assurée. Pendant que j’aide Manon à traverser certains passages difficiles, ce couillon de Florian filme nos exploits. Après 30 minutes de descente dangereuse, on arrive sur la zone de camping. Le plus dur est fait, et on ressent déjà les bienfaits d’avoir descendu 400 bons mètres, nausée et mal de tête se calment, on respire mieux, ouf.

Durant la descente on croise 2 français qui vont camper cette nuit, bon courage avec tout ce matos pour grimper à la lagune ! Le soleil qui poursuit son déclin laisse apparaître des paysages merveilleux, de toute beauté, les mêmes qu’à la montée, mais en même temps différents, dont nous profiterons tout en descendant aussi vite que possible.

Si tu glisses, tu tombes... très bas !

Si tu glisses, tu tombes… très bas !

On arrive au lieu de rendez-vous dans les temps, 18h10. Les gars sur place nous disent qu’il n’y a plus de bus à cette heure là. Panique ? Non, un 4×4 vient ramener ces travailleurs à Huaraz, et nous embarquerons avec eux, enfin, pas tout à fait avec eux, nous on est dans le coffre extérieur, dans les pots de peinture et les échelles. Le trajet est rigolo, pour moi, beaucoup moins pour Manon qui a peur d’être éjectée à chaque dos d’âne. On arrive vivant à Huaraz 40 minutes plus tard, et le petit vieux dans le coffre avec nous nous accompagne jusqu’à la place des armes.

Florian nous fait goûter une spécialité qu’il a trouvé ici, des churros fourrés de manjar (manjar=Dulce de leche péruvien=confiture de lait en France. Le nom est différent mais c’est la même chose.). J’adore ! Mais c’est hyper bourratif.

Le samedi ce sera un repos bien mérité, on a des courbatures un peu partout. En fin d’après-midi on rejoint Florian pour se rendre ensemble à quelques 20 minutes de la ville, Anta, en direction de Yungay, pour admirer un coucher de soleil sur les montagnes. Le soir même Florian prend un bus pour aller plus au nord du Pérou et entamer son 5ème et dernier mois de voyage. De notre côté on planifie la journée suivante : ce sera la fameuse Laguna 69. Il paraît que c’est le lieu le plus beau autour de Huaraz, du coup, on se l’ai gardé pour la fin, dernier trek de notre voyage, et peut-être un endroit idyllique.

Ce dimanche debout à 5h30 -du matin bien entendu. Quelques courbatures de Churup sont encore là, mais on va encaisser hein, c’est notre dernière activité péruvienne !

Gardez-bien à l'esprit que c'est encore plus beau de nos propres yeux

Gardez-bien à l’esprit que c’est encore plus beau de nos propres yeux

Sur le trajet, le bus s’arrête notamment aux Lacs de Llaganuco pour une pause photo. Le premier de ces 2 lacs est d’un bleu magique, au pied de ces montagnes immenses, on en prend pleins les yeux. Dix minutes plus tard le bus arrive à destination avec 1h de retard, il a mis 4h au lieu de 3, en partie de sa faute, mais aussi au groupe d’allemands qui ont retardé le bus à plusieurs moments. C’est important de souligner ce retard, car le temps que l’on a pour faire le trek, lui, ne change pas, et pourtant on doit être de retour ici dans exactement 6h. Bon, le trek est prévu en 3h aller et 2h30/3h retour. Ça devrait le faire !

Certains partent comme des balles, nous on se met de la crème solaire, Manon ajuste son chapeau, et patati, et patata, bref, on part les derniers, il est 10h pile.
Ça commence cool, on descend ! On arrive rapidement sur du plat, puis légère montée. Le paysage est vraiment beau. Se baladent chevaux et vaches par-ci par-là. On remonte la rivières parcourant cette plaine. On marche bien et on commence à doubler des gens. Au bout de 10 minutes on en voit qui font déjà des pauses, et ben c’est mal parti pour vous les petits loups !
En 40 minutes on a doublé quasi tous ceux de notre bus, m’enfin c’est pas très dur : on est les seuls à ne pas s’arrêter pour reprendre notre souffle. Une bonne montée arrive, 30 minutes d’ascension où on double les premiers de notre bus, et on commence à rattraper des gens du bus précédent. Les paysages sont à nouveaux magnifiques, plus beaux que Churup ! Une cascade, une vue sur les montagnes enneigées des environs, la plaine que l’on a traversée en contre-bas. Histoire de, on fait une pause d’une minute pour boire. On double un jeune, la vingtaine, bien musclé et faisant une pause. En nous voyant passer il enquille derrière moi. 20 secondes plus tard je me retourne, hop, 10 mètres derrière le jeunot. Une minute plus tard, je ne le vois plus ! On arrive à nouveau sur du plat et passe devant un petit lac. Pas spécialement beau, on avance. Nouvelle plaine, décors de géant, on est ridiculement petit ! Mais on voit déjà ce qui se profilera devant nous 5 minutes plus tard, la deuxième grosse montée. Jusque là on trouve honnêtement ce trek facile. Churup a dû nous renforcer !
Cette dernière montée est un peu plus difficile, mais quand on commence à peiner, on arrive au sommet. Quelques mètres de plat et, PUNAISE !

huaraz laguna69 kevin

S’étend sous nos yeux la lagune 69, surmontée d’une montagne tout simplement magnifique. La lagune est d’un pur bleu turquoise intense. L’eau est transparente. Le soleil provoque des scintillement dans la lagune. La montagne en face de nous est enneigée, ou glacée, enfin on ne sait pas trop, ça brille tellement et l’aspect est particulier, on dirait du plastique blanc ! Il est 12h15. On est donc monté en 2h15 au lieu de 3. On calcule rapidement, ouais, on peut se permettre de glander ici 2h ! Enfin, je ne vais pas beaucoup glander. Alors que Manon se pose à l’entrée du site avec d’autre personnes, je pars en solo pendant près de 1h à crapahuter autour de la lagune pour la voir sous différents angles. Je reviens vers Manon, mis hors service par l’altitude (4500 mètres, ça fait haut pour faire le con pendant 1h). J’ai un mal de tête évoluant plutôt mal, et aucun appétit. Je profite un peu de cette vue du lac beaucoup plus classique, mais qui est honnêtement la plus belle, puis on redescend. À ce moment je me sens vraiment mal, ne pas avoir beaucoup mangé ne m’aide sûrement pas, mais au moins je bois ! Après la première descente, ajouté au mal des montagnes, j’ai les intestins, stimulés par la randonnée qui me font vivre un enfer. À ce stade une seule solution : “Comment chier dans les bois ?”. Encore merci de m’avoir offert ce best-sellers Magali, ça aura été utile ! Je me rappelle d’un passage où ils disaient quelque chose comme “prenez votre temps de choisir l’endroit idéal, quitte à chier, autant en profiter pour avoir un beau paysage”, et avouez que devant une montagne gigantesque à la cime enneigée, une vallée verdoyante sublime, et sous un ciel bleu, on se rapproche de l’idéal non ?

On serait allé encore vachement plus vite en montant les chevaux !

On serait allé encore vachement plus vite en montant les chevaux !

Manon a ce phénomène étrange qui se reproduit : son mal de tête s’accentue durant la descente.   Entre nos pauses diverses et nos douleurs diverses, on mettra 2h pour rentrer, et on arrivera devant le bus à exactement 16h, l’heure de retour indiquée par le chauffeur. On décolle ? Ah, non, c’est sans compter sur ces foutus allemands. Les derniers arriveront avec 1h30 de retard. L’un d’eux ayant sorti son petit réchau et faisant du café ne se presse pas à tout remballer, bref, on part avec 1h45 de retard. Honnêtement on avait espoir que le chauffeur abandonne ici les plus lents ! C’est pas qu’on est pressé, mais ce soir on a une tonne de choses à faire avant de quitter Huaraz -donc en fait, SI, on est pressé !-.

Petite parenthèse pour exprimer ô combien les allemands entre 20 et 30 ans qui voyagent ici sont des emmerdeurs. Tous les groupes que nous avons croisés étaient irrespectueux vis à vis du silence de l’auberge, de laver leur vaisselle, mettre en retard les autres dans les transports en commun, et donc globalement impoli -dire bonjour c’est pour les tapettes ! Bref, si j’étais vulgaire je dirai que ce sont des vrais connards. Oups. Si encore leur langue était belle, mais le contraste avec l’espagnol est tellement énorme, les pauvres ne cumulent que des défauts. Fin de la parenthèse.

On arrive à Huaraz à 20h30, le bus nous lâche en plein centre ville, on retrouve le chemin de l’auberge, et c’est heureux -et sale- que l’on rentre de ce dernier trek, des images pleins la tête -et pleins le numérique. “MERVEILLEUX” décrit parfaitement cette ultime randonnée dont les paysages rivalisent clairement avec ceux rencontrés à Ushuaia. On a été ébloui avec notre premier trek sur le continent, et avec le dernier, le pied !

Huacachina, Islas Ballestas et Paracas

Les transports s’enchaînent bien et on arrive à Huacachina vers 16h30 le dimanche 10 août. Il n’y a pas beaucoup d’hôtels, peut-être deux. On est super bien installé : une belle chambre luxueuse et de l’eau bien chaude pour la douche (ce dernier point est rare ces derniers temps). On ne s’attendait pas à ça. Il a fallu aller au milieu du désert pour retrouver un peu de confort, c’est fou. On se trouve au milieu de gigantesques dunes de sable ! Huacachina est une toute petite ville entourant une étendue d’eau. On est bel et bien dans une oasis.

On espérait un coin perdu, tranquille mais en fait c’est une ville touristique. Pédalo, kayak pour faire le tour de l’étendue d’eau, un mec qui fait semblant d’être une statue, les vendeurs, les restaurants, l’ambiance… On se croirait presque sur la côte d’azur. Malgré tout, ça n’enlève rien au charme du lieu. On a rarement l’occasion de voir de tels paysages. Après avoir contourné l’oasis (2 minutes en prenant notre temps), on décide de faire l’ascension d’une des dunes de sable. On ne vise pas la plus haute, on est un peu fatigué. Kévin me dit “allez, dans 5 minutes on est en haut”. C’est ce qu’on verra ! Après 5 minutes à patauger dans le sable, on n’en peut plus, on fait une pause, même pas à la moitié. À chaque pas, le sable s’écroule et nous fait redescendre, difficile d’avancer ! On arrive finalement en haut, bien installé sur le sable chaud. On se croirait sur une plage mais sans la mer. Les gens pique-niquent, font du cerf volant… Mais la grande activité ici c’est le sandboarding, c’est à dire du snowboard sur du sable. Il y a beaucoup de buggy, des véhicules qui emmènent les gens en haut des dunes sans se fatiguer. Et ensuite, la descente se fait en glissant. Pour les débutants, rester debout n’est pas chose facile. Je préfère la technique des enfants qui s’assoient et s’en servent comme une luge. On observe toute ces activités autour de nous mais on est surtout admiratif de l’immensité des dunes. Les huacachina soleilgens en haut de la dune en face semblent minuscules. On assiste à un superbe coucher de soleil, avec un angle de vue parfait car le soleil s’emboîte derrière une dune en forme de volcan. On a choisi le bon endroit sans le savoir. Après les derniers rayons, l’air commence à se rafraîchir. Il est temps de redescendre. On voit les gens sur la dune en face dévaler la pente à une vitesse incroyable. On décide de courir aussi. À chaque pas, on avance d’une grande distance. On se sent tout léger. La descente se fait beaucoup plus facilement que la montée.

Musique dans les restaurants, dans les bars, c’est la fête dans toute l’oasis. La musique atteint même notre chambre. Il faut pourtant que l’on dorme car la journée du lendemain s’annonce chargée.

islas oiseauxDépart à 6h30 dans un van rempli de touristes, une majorité de français. Vers 9h, on embarque dans un bateau, avec un gilet de sauvetage orange fluo. C’est parti pour une heure au milieu des îles Ballestas. C’est un archipel d’îles où cohabitent un grand nombre d’otaries et de multiples espèces d’oiseaux marins : manchots, cormorans, pélicans, pingouins… On apercevra seulement 3 ou 4 pingouins perdus au milieu du flot des autres oiseaux. On profitera d’avantage des otaries. Ces îles sont l’équivalent des Îles Galápagos. Le temps est plutôt gris et l’air frais. Il est parfois possible d’apercevoir des dauphins mais nous n’auront pas cette chance aujourd’hui.

paracas

La plage rouge

On enchaine ensuite par la visite du parc national de Paracas. Sur la carte du Pérou, ce parc était représenté par une grande zone verte. On s’attendait donc à un grand parc très nature mais pas du tout, c’est un désert au bord de l’océan ! Suivant les zones, le sable est de différente couleur. On a droit à tous les dégradés d’ocre à orange. On s’arrête pour admirer différentes plages mais la plus belle sera la plage rouge, au sable… rouge. Pause d’une heure pour manger dans un restaurant perdu au milieu de tout ce sable. Des pélicans sont attirés par l’odeur du poisson dans les cuisines. Leur numéro est inhabituel pour nous. Ces gros oiseaux sont impressionnants (voir la vidéo). On termine notre visite par un musée sur l’histoire du parc. Je ne sais pas trop quoi en dire. Je viens de demander à Kévin ce qu’il en a retenu. Sa réponse : “la glace était bonne”. Voilà !

Le van nous dépose à un terminal de bus. Pour gagner un peu de temps, on aimerait aller à Lima et si possible enchaîner directement jusqu’à Huaraz. Les deux prochains bus pour Lima sont complets. Ne nous décourageons pas, un taxi nous emmène jusqu’à un autre terminal et on arrive juste à temps pour prendre un bus au départ imminent. On arrive dans cette grande capitale vers 20h. Commence alors une course dans la ville, avec l’aide d’un chauffeur de taxi, pour trouver un bus pour Huaraz. Notre souhait est finalement exaucé, départ prévu à 22h50 ce qui nous laisse du temps pour manger. On préfère ne pas s’aventurer trop loin du terminal et on se pose dans le premier restau qu’on voit. Les frites baignent dans l’huile, la viande de Kévin est périmée… On en sort écœuré.

islas otaries

Famille d’otaries dans les îles Ballestas

Avant de monter dans le bus, les gens passent par un détecteur et les bagages sont fouillés. Enfin, ça, c’est la théorie ! En vrai, c’est assez comique à observer. Tous les gens qui passent au détecteur bippent rouge ce qui n’est sûrement pas bon. Le gars qui s’occupe du contrôle les tapote rapidement et fait semblant de contrôler leur sac. Grâce à son pouvoir, il n’a pas besoin d’ouvrir les bagages, il pose ses mains dessus et connaît instantanément tout son contenu. D’ailleurs il n’a pas besoin de contrôler tout le monde, il fait des pauses durant lesquelles des dixaines de personnes passent, bippent rouge et montent dans le bus avec leur sac. Sur une cinquantaine de personne, une seule personne ne bippe pas, n’est-ce pas elle qui est étrange finalement… ?
Nous on bippe rouge. Avec un couteau dans ma poche ça me paraît normal. Le gars pose ses mains divines sur mon sac, rien à signaler. Ses mains divines ne détecteront pas plus le couteau suisse dans le sac de Kévin.

Après cette longue journée, on s’endort plutôt facilement dans le bus qui nous emmène à Huaraz.

Le vol de nos vêtements et les alentours de Cusco

À 22h on rentre du Machu Picchu, bien crevé. On laisse Florian puis on fonce récupérer nos sacs dans l’ancien hôtel pour se diriger vers le nouveau. Au passage on prend des trucs à manger, (Florian a eu la bonne idée de nous indiquer que le Mac Do était sur notre trajet !). Le nouvel hôtel est un peu perché, y accéder n’est pas chose facile. Ouf, nous voilà enfin posé : manger et DODO !

On ouvre nos sacs, je lance à Manon : “hey, mon T-shirt marron était sur le dessus, j’en suis certain vu qu’il était encore humide je l’avais mis ainsi, et je le vois plus.”

“Attends Kévin je sais pourquoi”, s’exclame Manon. Je m’enthousiasme à l’idée qu’il soit dans le sien.
Elle bondit : “Mon sac a été fouillé, tout est en bordel jusqu’à la moitié, ils ont tout touché, et il me manque mon autre pantalon”.

Ô desespoir. Le repas passe moyen dans nos estomacs resserrés, on retourne directement à l’ancien hôtel, à 10 minutes d’ici.
Le gardien de nuit nous ouvre (il est déjà 23h). On lui explique le problème, il affirme que ce n’est pas possible la nuit, il est tout seul ici. Bref, il fait le gentil, rassurant, tout le contraire de 2 jours plus tôt quand il m’a croisé dans la cuisine en train de faire des pâtes et qu’il ne savait pas qu’on avait l’autorisation. Il nous dit de revenir le lendemain matin car les autres réceptionnistes ont les accès pour visionner les vidéos, car oui, dans notre malheur c’est un hôtel où il y a des caméras partout. Sur ce, on part, mais j’aime bien les choses carrées, et le gars ne m’inspire pas, on interpelle donc la police depuis la place des armes de Cusco.
On leur explique l’histoire, et on retourne avec eux à l’hôtel. L’attitude du gars de la sécurité change. Il est beaucoup plus gêné, stressé, mais leur débite le même discours.
Les flics nous emmènent faire une déposition au poste. Ils écrivent tout à la main, c’est long, on rentrera à l’hôtel à seulement 2h du matin, après avoir conclu qu’on retourne à l’ancien à 7h pour visionner les vidéos avec la police. Après cette énorme journée petit moment de bonheur : prendre une douche ; mais ça ne sera pas possible car la pression d’eau n’est pas assez puissante à certaines heures -dont la nuit- pour atteindre le 3ème étage de l’auberge. Du coup, petit dodo, sale.

Après à peine 5h de sommeil, la fatigue accumulée se ressent, les courbatures des jours précédents nous disent “Coucou !”, mais à 7h on est bien à l’hôtel, beaucoup trop stressé, angoissé et énervé pour dormir. Sur le fond c’est qu’un T-shirt et un pantalon. Mais l’acte même de se faire voler, se faire fouiller la seule maison que l’on a depuis 4 mois, c’est pas facile à encaisser, je dirais même plus, c’est assez difficile.

La belle place sans ombre de Cusco

La belle place des armes sans ombre de Cusco

Bref, à l’hôtel la femme de la réception, qui est la seconde du propriétaire, affirme que seul ce dernier a le mot de passe pour accéder aux vidéos. Déjà la veille le gardien avait essayé de le joindre, mais ça paraît mission impossible car il est en vacances à Lima, et ils ne savent pas quand il revient. C’est fou. Propriétaire de plusieurs hôtels et le gars est injoignable. La femme de la police judiciaire nous explique qu’il n’y a pas grand chose à faire tant que le propriétaire ne coopére pas. Il est d’ailleurs connu pour ne pas coopérer facilement. C’est plutôt balo.
“Et si il meurt, y’a aucune solution de secours pour visionner ces vidéos ?” lui lance t-on exaspéré.
La femme de la réception dit qu’elle va convoquer tout le personnel et nous tenir au courant.

On rentre à l’hôtel, et vous vous doutez que notre journée est très très moyennement productive, physiquement parlant en tout cas, car le cerveau lui, il fuse. En réfléchissant on se dit que le coupable est très certainement un employé, et qu’il devrait rendre les affaires en espérant qu’on retire la plainte. En effet, un touriste n’a pas accès à cette salle et n’aurait pas volé juste 2 vêtements, n’aurait pas pris le temps de tout enlever du sac et tout remettre correctement. Seul un membre du personnel de l’hôtel a pu prendre ce temps, un personnel qui a les clés, et qui pensait qu’on partait de la ville vu qu’on n’avait pas réservé d’autres nuits, un personnel qui ne pensait pas qu’on s’en rendrait compte et pensait qu’on ne reviendrait pas pour ça et encore moins avec la police. Quelqu’un comme le personnel de ménage qui manque d’argent alors qu’il a un travail prendrait-il le risque de le perdre ? Ou plutôt le type de nuit qui aurait voulu se venger de notre présence dans la cuisine et le ton froid avec lequel je le remballais, qui avait le temps vu que la nuit il n’y a pas beaucoup de passages et qui paraissait stressé devant les policiers ? Nos soupcons portent sur lui, mais on garde ça pour nous.
On retourne au lit, exténué. Anecdote classique ici, il ne faut pas lâcher ses affaires dans n’importe quelle lingerie. On récupérera les nôtres en fin de journée lavées uniquement à l’eau, résultat, ça sert pas à grand chose, mais ça coûte 3€. Cette première fois en laverie sera donc une dernière, mieux vaut continuer à tout laver à la main.

Le mercredi 6 août 2014, on toque à notre porte dans la matinée. C’est la femme de l’ancien hôtel qui cherche à nous joindre et a donc appelé le nouvel hôtel. Elle voudrait que l’on vienne. Hop hop hop, on sort du lit et 15 minutes plus tard on se retrouve devant elle, nous expliquant que les personnes faisant le ménage ont dit avoir trouvé des vêtements dans la chambre 301.
“On sait tous les 3 que c’est faux n’est-ce pas ?”.
Elle nous montre un premier sac avec un pantalon qui n’est pas à nous. Serait-ce un test qu’elle nous fait passer ? Mon cœur bat la chamade, au deuxième sac : mon t-shirt suivi du pantalon de Manon, explosion de joie intérieur !
Elle nous demande de retirer la plainte pour l’image de l’hôtel, qu’elle va s’occuper du coupable et qu’il ne travaillera plus ici dès demain.
Elle dit que le coupable est une personne qui a besoin d’argent, et qui n’est là que depuis 2 semaines. D’un air désintéressé je demande si c’est un garçon ou une femme. En réalité je sais très bien que seul UN garçon travaille ici 🙂
Elle s’embrouille un peu, semble incertaine, puis répond qu’elle ne sait pas qui est le coupable, elle n’a que des suppositions, qui seront confirmées quand elle verra les vidéos. Manon semble ok pour retirer la plainte, en revanche la femme voit bien que je ne suis pas chaud du tout. Il y a un voleur dans cet hôtel et je veux être certain qu’il ne recommencera pas. La femme a beau être gentille, on pense aux futurs touristes, on laissera donc la plainte afin que la police poursuive la procédure judiciaire, visionne la vidéo et coupe les mains du voleur pour que justice soit faite.

Bon et sinon Cusco c’est comment ? La ville est plutôt jolie -commentaire très objectif bien sûr-, bien que lors de notre passage, des axes principaux du centre ville soient en GRAND CHANTIER. Autour de la place des armes on se fait littéralement emmerder chaque mètre pour des excursions par-ci par-là, mais surtout pour aller faire le Machu Picchu. Bizzarement, les racoleurs ne nous ont plus proposé d’excursions pour le Machu Picchu après qu’on y soit allé. Nous devions probablement suite à notre trek, dégager des essences spirituelles que seul le peuple de Cusco peut ressentir. On tente aussi de nous vendre des tas de bricoles inutiles, mais ceci est assez redondant dans les grandes villes peruviennes apparemment -c’était pareil à Arequipa.

Soulagé d’avoir récupéré nos vêtements, on se sent déjà plus apaisé et on ne sera pas laxiste aujourd’hui. Programme de cette journée qui commence bien : visiter les ruines les plus proches de la ville, et en mode “sans excursions”. On profite du petit déjeuner de l’hôtel à volonté avec vue sur la ville histoire de prendre des forces ! En début d’après-midi, après avoir vérifié avec l’office du tourisme comment s’organiser, on choppe un bus de ville allant à la ruine la plus lointaine (à 30 minutes de là), elle s’appelle Tambomachay. Pour accéder aux sites de la journée, on achète dès le premier un ticket dit “partiel” à 70 soles (20€) chacun. Le billet “total” à 130 soles permet de visiter encore plus de ruines, plus lointaines, mais on se dit qu’on manquera de temps les jours suivants.

Une rue de Cusco avec son vendeur. Une vue classique ici

Une rue de Cusco avec son vendeur. Une vue classique ici

Ce premier site, Tambomachay -photo tout en haut de cette article-, c’était une sorte de station balnéaire Inca. On se sent déjà fatiguė en montant la bute permettant de découvrir tout le site, il semblerait qu’on ait encore du Machu Picchu dans les pattes ! En même temps quelle idée d’aller se percher à chaque fois !
A 10 minutes d’ici en marchant, on découvre le second site, une place forte Inca nommée Pukapukara. Tout ça se visite très vite, les sites sont assez petits. En s’attardant : 10 minutes et le tour est fait.

À la sortie, un gars nous aborde, très sympa, et nous confirme comment rejoindre le prochain site : soit marcher 1h, soit prendre un bus. Le choix est vite fait, et 10 minutes plus tard on est à Q’enqo. A l’entrée, un guide propose ses services : “Ce site est très important et intéressant, les incas y faisaient des sacrifices pour les dieux, sur la pierre centrale”. Bon, ben du coup on sait l’essentiel non ? Merci ! Ce site est encore plus petit, on en sort et une femme du parc archéologique débauchant nous propose de nous accompagner vers le prochain site. Elle nous montre la voie, on continue seul, passant sur de grandes plaines avec moults personnes jouant aux cerfs-volants. D’un côté le site que nous cherchons, de l’autre la statue San Cristobal, comme celle de Rio de Janeiro. L’accès est gratuit ? Et ben petite boucle pour la voir de plus près, et admirer la vue sur la ville de Cusco puis nous recoupons à travers champs pour accéder au dernier site prévu : Saqsayhuamán.
Des blocs de pierres impressionnants, mais les derniers jours de fatigue se ressentent, et on fait l’impasse sur le fait de monter sur une quelconque bute pour admirer le site entier. D’autant plus que ce site, contrairement aux autres, est très grand, mais surtout envahi de touristes ! On se contente de marcher sur du plat dans ce dernier lieu Inca, puis nous regagnons Cusco en contrebas. Pour info, faire cette journée de visite par nous même plutôt qu’en excursion nous a coûté (hors billet d’entrée) 1€ à 2 au lieu de 20€.

Petite anecdote du soir. En remontant la longue pente menant à l’hôtel, dépité de ne pas avoir trouvé de pain, on apercoit une femme avec plein de pain, rentrant probablement chez elle. On lui demande où elle l’a trouvé, elle nous répondra que tout est fermé à cette heure là et nous donnera gracieusement un des siens. Les petits gestes qui nous surprennent, les Peruviens sont parfois louches, et d’autres fois très adorables. 🙂

Le 7 août sera une journée de repos, histoire de se remettre physiquement et de toute façon, ça pleut ! On a bien fait de pas aller visiter les ruines encore plus lointaines. Le lendemain, on recroise une ultime fois Katia et Julien, les 2 français qui nous avaient conseillé l’hôtel où nous sommes. Avant de partir de l’hôtel, (ou plutôt l’auberge d’ailleurs) le personnel qui s’en occupe est une fois de plus adorable. Ils nous conseilleront pour notre prochaine destination, Nasca, quelle compagnie prendre si on veut survoler les lignes, et ils nous conseilleront également des lieux d’hébergement pour les villes suivantes de notre périple. “La Casa Del Inca” est clairement une superbe auberge, tant pour la vue sur la ville -que nous avions en sortant de la chambre et au petit déjeuner- que pour ses propriétaires qui nous feront des câlins avant que nous partions.

Sur le coup des 18h, nous quittons Cusco en bus de nuit. Manon ne sait toujours pas si elle va vouloir survoler les mystérieuses lignes de Nasca, moi je suis chaud. C’est parti mon kiki !

Cusco et son fameux Machu Picchu

L’heure péruvienne semble aussi approximative que l’heure bolivienne, on arrive à Cusco à 8h30 au lieu de 7h du matin. Pour une fois tant mieux, j’ai pu dormir un petit peu plus !

Le programme est simple : petit déjeuner, trouver un hôtel, se renseigner sur les excursions. Bizarrement on trouvera un hôtel avant de petit déjeuner, mais c’est pas plus mal ! On se renseigne ensuite dans cinq ou six agences différentes afin de comparer les prix et les façons d’accéder au fameux site du Machu Picchu. Le train à prendre pour accéder au site est très cher, ça double facilement les prix, mais on ne met que 3h pour y aller. On a notre temps, donc on opte pour le contournement des montagnes, soit 6h de trajet en bus auxquelles il faut ajouter deux heures de marche pour accéder à la ville la plus proche du Machu Picchu, qui a le doux nom de Aguas Calientes (les eaux chaudes).

Nos 24 prochaines heures seront ponctuées de retrouvailles fortuites. On retombe sur Gintè et Ieva, les 2 lituaniennes, sur la place des armes, puis sur les 2 français le lendemain (rencontrés dans le bus entre Copacabana et Arequipa) : le monde est petit ! On fera entre temps une excursion pseudo-gratuite de la ville afin de s’imprégner de son histoire et ses anecdotes. “Pseudo” car quand je donne un pourboire au guide, il me lance : “Ah mais non, la participation minimale est de 10 soles”. Ben gratte-toi, 6 ça ira.

Dimanche 3 août 2014, 7h45, c’est parti pour le Machu ! Enfin 7h45 c’est sur le papier, on est censé attendre devant l’hôtel qu’on nous prenne. En réalité on dépose nos gros sacs dans un local sécurisé à l’hôtel, puis on se rend directement à l’agence en ville. Je vous épargne les détails, mais l’organisation est surprenante. On quitte Cusco avec plus de 1h de retard.

Discrimination évidente : vieux avec cannes ou fauteuils roulants ne peuvent franchir certains obstacles

Discrimination évidente : vieux avec cannes ou fauteuils roulants ne peuvent franchir certains obstacles

Malgré la fatigue de la petite nuit qu’on a faite, mes yeux restent scotchés aux paysages qui s’offrent à nous : SU-BLIMES. Les montagnes paraissent gigantesques, le cours d’eau que nous longeons apporte un petit plus, tout comme les cascades que nous croiserons. La route se fait ensuite plus terreuse, à flanc de montagne, les bus doivent s’arrêter si ils se croisent, on ne voit pas le fond du canyon qui nous nargue, on ose à peine regarder. On passe par un pont en bois, large comme le bus, à se demander comment il tient encore. On a bien les boules quoi ! Du coup, on essaie de dormir pour ne pas regarder notre potentielle mort arriver.

Le bus arrive à ce que l’on appelle l’ “hydroélectrica”, notre destination, avec 1h30 de retard. On change de guide. Enfin, on n’a pas trop la même notion de guide, car en fait il nous indique où aller avec des explications, puis se barre en train. On mange puis on enquille avec le groupe (environ 10 personnes) sur le chemin nous menant à Aguas Calientes, la ville touristique la plus proche du Machu Picchu. Il s’agit principalement de suivre les rails, c’est pas trop dur, mais surtout, le paysage qui s’étend devant nos yeux est à nouveau sublime ! Les roches dans le lit du fleuve sont très particulières : énormes, lisses et blanches. Tout parait démesuré ici. On se sent perdu dans la nature (bon y’a quand même la voie ferrée hein) et c’est carrément agréable.

La faute à la fatigue, Manon à des baisses de tension ce qui devient handicapant, d’autant plus que le chemin est parfois assez limite côté sécurité : l’absence de pont nous oblige à traverser des parties de rivières en passant sur les rails, entre-coupés de vide.
Au bout d’un peu plus de 2h de marche et de pauses on arrive à Aguas Calientes. Il fait déjà nuit depuis 30 minutes, j’ai la frontale sur moi depuis lors.

Le guide nous avait dit qu’il nous attendrait dès 18h sur la place principale. Pourtant à 18h30 toujours personne. Pendant ce temps on retrouve petit à petit ceux du groupe. Le guide arrive enfin, et nous explique que vu qu’on est dimanche ils n’ont pas pu acheter nos billets à Cusco. Du coup c’est à nous de faire la queue ici. Étonnement il demande à certaines personnes du groupe de prendre les passeports des autres et faire la queue. Plus étonnant, je me retrouve avec 4 passeports dans les mains, dont 2 Coréens, et à faire la queue pendant 30 minutes. Je suis HS au fait. J’avais oublié de le préciser ! Manon reprend doucement et n’a plus de baisses de tensions.

Se lever tôt vaut le coup ! L'aube durant notre ascension...

Se lever tôt vaut le coup ! L’aube durant notre ascension…

Une fois les billets pour le Machu Picchu en poche, nous voilà en route pour l’hôtel. Il est 19h20 quand on y arrive, on fonce prendre une douche, enfin, ça c’est ce qu’on espérait, on est les seuls à avoir une salle de bain où le système d’eau chaude ne fonctionne pas, le robinet semble bloqué. Le problème ne paraît pas récent, contrairement à ce qu’affirme le personnel de l’hôtel.
19h50, ça traine. On leur demande à changer de chambre car à 20h le guide doit nous emmener au restau, et on veut prendre une douche, mais vraiment, ça devient vital : on n’est pas des boliviens nous ! 🙂 Hop hop hop, nouvelle chambre, douche qui fonctionne, puis restau. On notera l’humour des péruviens au restaurant : “Poulet avec frites, salade composée et riz”. On est 3 à notre table à ne demander que des frites. Les plats arriveront sans prendre en compte notre requête, et la salade composée pour eux c’est : une rondelle de concombre et une de tomate, véridique.

On fonce à l’hôtel se coucher, il est 22h30. Dans 5h30, debout pour voir le lever du soleil sur le site.
Lundi matin, 4h, debout tout le monde ! Équipés des lampes frontales, on se dirige à 20 minutes d’Aguas Calientes au petit village de Machu Picchu Pueblo. Il y a déjà une longue queue. 5h, ça ouvre, on montre passeport et billet d’entrée, et à 5h15 on commence l’ascension pour accéder au site. La veille le guide nous avait prévenu que monter durait environ 1h30. 45 minutes à 1h pour les sportifs, et pour les autres, 2 bonnes heures, voire la journée (petit plaisantin !). La montée est rude, pire que Blue Mountain en Jamaïque -et oui, on en parle encore régulièrement de cette journée de m**de-, tout simplement parce que c’est assez raide et surtout qu’il n’y a que des SALOPERIES DE MARCHES ! Monter une pente est beaucoup plus facile que donner des acoups à chaque marche. La fatigue et la montée ont un effet synergique assez puissant qui nous oblige à faire des pauses toutes les 5-8 minutes. Pendant nos micro-pauses on admire les premières couleurs de l’aube, et les montagnes qui se découvrent derrière nous. C’est magique.

On enchaine, beaucoup de personnes font des pauses, on se dépasse les uns les autres régulièrement, puis on croise lors d’une pause l’ami chilien de Gintè et Ieva ! Il monte comme une furie, pied nus ( !!!! ) et se permettra avec élégance de jouer de la flûte lors d’une de ses rares pauses.

Photo classique du site, mais avec un Kévin devant, ce qui est déja plus rare

Photo classique du site, mais avec un Kévin devant, ce qui est déja plus rare

6h20, soit 1h05 après notre départ, je suis sur le point de faire une pause, je vois un abri et lance à Manon :
“1 minute ici et on repart”
“Hey regarde, on est arrivé !”, s’extasie Manon.
Punaise, le con, je me serai arrêté à 15 mètres du but !

Nouvelle file d’attente, cette fois pour entrer sur le site même. Sauf que là, il n’y a pas que les warriors (guerriers) qui ont gravi les marches, y’a aussi ceux qui ont payé 10€ pour monter en bus : FAIGNIASSES ! :p

Gintè et Ieva nous rejoignent dans la file, on passe les contrôles avec succès (c’est pas les boîtes Lyonnaise ici !), et pendant qu’on cherche le guide qui nous fera découvrir le site pendant les 2 prochaines heures, on commence à être ébloui par ledit site. Y aller aussi tôt n’était pas pour rien : alors que l’on attend que la visite guidée démarre, les montagnes au loin laissent le soleil s’échapper et inonder progressivement le Machu Picchu de sa lumière matinale. C’est fabuleux, vraiment. Pour moi, la beauté de ce que je vois, le site, les montagnes autour, tout ça n’est certes pas 100% naturel comme Ushuaia, mais ça rivalise énormément, on en prend plein les mirettes. C’est pas possible de quitter ce monde sans avoir vu ça.

La visite guidée se déroule tranquillement, la fatigue revient de plein fouet : nos jambes flanches, c’est chaud patate ! À 9h la visite est finie, le site est à nous (et à quelques centaines de touristes), on s’y promène et on prend des photos par-ci par-là. Je suis vraiment admiratif de ce peuple : arriver ici il y a plus de 500 ans et aller construire (tailler), élaborer, un site aussi énorme, aussi haut et loin de tout. Impressionnant, comment faisaient-ils ? Si seulement on pouvait voyager dans le passé et observer les Incas.

Pivotez votre tête sur la droite, puis admirez les montagnes de derrière ayant la forme d'un visage Inca. Pas mal hein ? Le nez correspond au Wayna Pichu

Pivotez votre tête sur la droite, puis admirez les montagnes de derrière ayant la forme d’un visage Inca. Pas mal hein ? Le nez correspond au Wayna Pichu

Sur le coup des 11h, après presque 2h à barouder et apprécier les lieux, on les quitte après avoir tamponné nous-même MACHUPICCHU sur nos passeports.. Les touristes commencent à affluer en masse, la circulation devient presque désagréable à certains endroits du Machu. C’est parti pour 40 minutes de descente (les marches sont toujours aussi peu agréables), suivi de deux heures pile poil pour rejoindre hydroelectrica, le point de rendez-vous.

Les guides n’arrêtaient pas de nous briefer pour dire d’être absolument à 14 heures au point de rendez-vous, sinon on pouvait rester bloquer ici. Seulement si nous nous sommes à l’heure ; le guide qui nous place dans les bus arrive bien plus tard. l’organisation paraît à nouveau très aléatoire mais au final on est chanceux on part dans les premiers, vers 15h.

Le trajet est censé durer à nouveau 6h, ne changeons pas les bonnes habitudes, il en mettra 7. Le trajet ne sera pas de tout repos : entre la pause bouffe, où on descend puis on voit le bus se barrer et ne revenir qu’après 20 minutes (il est parti sans prévenir pour prendre de l’essence), la pause “lavage de bus” où ce dernier se fait arroser alors qu’on est à l’intérieur et les joints de vitre ne sont pas de première jeunesse, la “pause pipi en haut d’une bute uniquement pour le chauffeur, les autres peuvent se faire dessus” et le français, Florian, avec lequel on parlera pendant tout le trajet, on arrive à destination totalement HS. Et malheureusement, on n’est pas encore couché vu ce que l’on va bientôt découvrir.

machu panorama

—- QUELQUES INFORMATIONS PRATIQUES SUR LE MACHU PICCHU —-
Cette partie est destinée uniquement à ceux qui souhaitent des informations sur “comment ça se passe, que faire, et comment ?” car pour nous ça a été un vrai bordel de comprendre. Chaque personne que nous rencontrions avait fait le Machu Picchu d’une façon différente et nous ne comprenions pas très bien comment tout cela se passait. On va donc vous donner quelques pistes 🙂

Le mieux est un petit plan pour comprendre ce qu’il y a entre Cusco et le Machu Picchu.

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Tout d’abord, l’entrée au Machu Picchu est d’environ 35€, et est inclu dans le prix des 3 premières options que je détaille ci-dessous.
Plusieurs solutions suivant le temps et l’argent dont on dispose. Nous on a fait le plus économique, soit le premier cas présenté.

Option 1 – Machu Economique en 2 jours
Budget approximatif (car tout est toujours négociable ici): 100€/personne
(Le budget comprend : le transport, le déjeuner, le dîner, une nuit d’hôtel, le petit déjeuner, le guide et l’entrée au Machu.)
Le trajet vert : 7h de bus jusqu’à l’hydroélectrica, et de là 2h de marche jusqu’à Aguas Calientes le long du chemin de fer. Le lendemain ascension d’une heure pour aller jusqu’au Machu Picchu. Environ 2h de visite guidée puis temps libre sur le site. Ensuite on a tout refait en sens contraire. C’est l’option la plus fatigante physiquement.

Alternativement, vous pouvez aussi prendre un bus au lieu de faire l’ascension le matin, puis la descente. Chaque trajet coûtera 8€ environ pour 20 minutes de bus.
Vous pouvez également prendre le train entre hydroelectrica et Aguas Calientes. Rajoutez au moins 25€ par trajet.

Option 2 – Machu en train sur 2 jours
Budget approximatif : 170€/ personne
Cusco – Ollantaytambo en bus, ça prend 1h30
Ollantaytambo – Agua Calientes en train, ça prend 1h30
Dormir à Aguas. Puis le lendemain au choix comme précédemment (ascension en bus ou bien à pied). Retour en train puis bus comme pour l’aller.
Comme vous pouvez le constater, le train est très cher.

Notons que dans ces 2 options vous ne passez qu’une nuit à Aguas Calientes.

Options 3 – Rando sur plusieurs jours
Les budgets peuvent éclater ici. Il s’agit de prendre le bus jusqu’à Ollantaytambo, ensuite d’emprunter le train jusqu’au km 82 puis descendre et débuter le chemin de l’Inca. Vous en aurez pour 3-4 jours au total, dormirez en tente, et vous aurez un guide. Les prix, à titre d’information, dépassaient les 350€/personne.

Alternativement, vous pouvez plutôt descendre au km 104 pour rejoindre une parti du chemin de l’Inca. Mais il faudra que vous aillez au préalable (plusieurs semaines avant) acheté le billet autorisant l’accès au chemin. Le nombre de visiteurs par jour étant limité.

Option 4
Démerdez-vous ! Non sérieusement, il est tout à fait possible de tout planifier soit même, faire le chemin de l’Inca sans guide, ce qui est sûrement très intéressant si vous êtes un randonneur expérimenté. Ça prend du temps, et beaucoup de choses sont à anticiper, tel que le billet pour emprunter le chemin de l’Inca, à acheter plusieurs semaines avant votre expédition, ainsi que tout billet de train ou d’hôtel que vous voudriez.

En plus :
Le Wayna Pichu est une montagne en face du site du Machu Picchu (c’est le nez de l’Inca quand vous faite pivoter les photos du site sur votre droite). Il faut acheter son billet plusieurs mois à l’avance car là aussi il n’y a qu’un nombre de visiteurs limités par jour. Elle est très haute, et les escaliers pour arriver à son sommet sont raides (après ce qu’on s’était tapé on était content de ne pas avoir à le gravir !)

Et voilà, il existe bien entendu d’inombrables autres possibilités : vous pouvez faire du vélo, ou bien d’autres randos autour du Machu Picchu. En espérant que ces quelques informations puissent être utiles à des curieux 🙂

Copacabana et la beauté du lac Titicaca

Le trajet la Paz Copacabana est marqué par un passage en bateau. Mais ce n’est pas le bus qui monte sur un gros bateau, non non, c’est nous qui montons dans un petit bateau à moteur. On est ainsi une quinzaine de personnes par bateau à traverser le lac Titicaca. 20 minutes de trajet, et on attend de l’autre côté le bus, qui lui est seul sur une embarcation à laquelle je ne ferai personnellement pas très confiance ! Mais bon, les boliviens si, et tant mieux, le bus arrive -avec nos sacs !-. Les paysages sont très beaux avec cette eau de la même couleur que la méditerranée mais au pied des collines.

On trouve rapidement un hôtel très sympa, chambre spacieuse, confortable, waouuuuu, ça fait du bien une bonne surprise ! Petit balcon avec vu sur le lac, et …. Hey, le coucher de soleil c’est pour bientôt ! On paye directement 2 nuits, et on descend voir le coucher de soleil. On tombe ensuite sur une femme d’agence d’excursion très gentille (c’est rare, donc assez important pour être souligné), qui nous expliquera que faire et que voir dans la ville et aux alentours.
En allant trouver un endroit pour manger, une française nous aborde, Justine, 25 ans, qui voyage depuis 9 mois en Amérique latine et cherche désespérément avec son copain, Vincent, un endroit pour dormir. Après une bonne demie heure à papoter, ils nous donnent terriblement envie d’aller au Costa Rica ! Le temps de s’échanger nos contacts, et ils iront dans le même hôtel que nous -mais ça, on le saura que 2 jours plus tard, quand ils partiront ! Dommage.-
Alors que l’on mange, on constate que pour une ville très touristique, les boliviens ne sont pas du tout dans la même mentalité que nous côté restauration : 40 minutes pour un plat de pâte quand vous êtes les seuls dans le restaurant. Et on le vivra ainsi à chaque restaurant. Ah et aussi, le chauffage est une option dans les restaurants ici, ne comptez pas vous sentir bercer par une douce musique et la chaleur d’un feu, au mieux vous aurez un petit peu moins froid que dehors, et vous aurez la télé allumée avec une série alacon genre “les feux de l’amour” version espagnol.

On a parfois laissé le guide partir loin devant pour profiter du lieu, que du bonheur !

On a parfois laissé le guide partir loin devant pour profiter du lieu, que du bonheur !

Le lendemain matin à 11h le réceptionniste frappe à la porte pour nous dire qu’il y a le check-out. Euh, on reste 2 nuits, t’es vachement organisé toi ! Visite de la ville, de l’énorme église sur la place principale, et de Calvario, un mirador au sentier très catholique inspiré du chemin du christ, avec des croix à plusieurs étapes. C’est haut, c’est dur, mais la vue sur la ville est vraiment belle.

La fameuse Isla del sol -“Île du soleil” pour le néophyte !- sera pour le lendemain, le jeudi 24 juillet. Deux heures trente de petit bateau pour atteindre l’île, en même temps le trajet est pas cher, 4€ chacun aller-retour. Le bateau nous dépose au nord de l’île, d’où on marchera jusqu’au sud. Un guide fait son apparition dans le bateau, il pue, mais vraiment -c’est assez fréquent ici, mais je comptais tout de même le souligner pour que vous vous imprégniez de l’ambiance-. En descendant on se fait taxer chacun 2€ pour accéder à l’île. On arrive alors aux ruines ! Enfin, on a tellement été habitué à voir de beaux vestiges, que là on est très déçu : une table type camping français faisant office de table de sacrifice, quelques restes de maisons à moitié enfouis, et…. Ce sera tout, on part en direction pour le sud de l’île. Avant cela le guide demande une contribution de 1€ chacun. On ne sait pas si on va le suivre, et de toute façon on préfère payer ce type de prestation après, et non en avance.

Le groupe part sur le chemin, on les suit de visu. Le guide s’arrête de temps en temps pour expliquer des choses, des anecdotes, l’histoire de son peuple. Quand il nous a abordé dans le bateau il l’a joué genre “il y a 2 ans je ne parlais pas un mot d’espagnol, et je fuyais les touristes.” Mais ça passe moyen désolé, il semble juste essayer d’attirer la sympathie et la pitié, et ça on n’aime pas !

Si nous sommes déçus par les 2 ruines qui se battent en duel, en revanche les paysages seront somptueux durant tout le trajet. On atteindra les 4500 mètres sauf erreur de ma part, c’est haut pour faire une rando de 3h, mais on gérera plutôt bien physiquement. Sur le trajet on échange quelques mots avec des français. L’un deux, ou plutôt l’une, nous raconte qu’elle est habituée à la Bolivie, mais qu’une semaine plus tôt, 2 jours après être arrivée à la Paz, elle s’est fait embarquer par un faux flic, avec un autre touriste et un taxi complice qui lui ont volé argent et téléphone. Quelques jours plus tard, c’est son sac à main dans un restau qui disparaît. Que du bonheur ! On se dit qu’on a de la chance, d’autant plus qu’on baissait notre garde récemment. Apparemment ce sont souvent des péruviens qui ferait ça en Bolivie…. En tout cas c’est ce que disent les boliviens (et menteurs comme ils sont… Qui croire ?).

Le chemin sur l'Isla del Sol me faisait penser à la muraille de Chine, bien que je ne l'ai jamais vu de mes propres yeux ! -pour l'instant-

Le chemin sur l’Isla del Sol me faisait penser à la muraille de Chine, bien que je ne l’ai jamais vu de mes propres yeux ! -pour l’instant-

Plus loin sur le chemin, le guide fait une pause pour nous demander ses 2€. Si c’est pas une raclure sérieux. Encore plus loin des gamins font barage devant nous pour nous demander de l’argent, un gamin insistant pose la main sur mon sac, je l’expulse ; pendant ce temps Manon pousse une gamine sur le côté du sentier car trop insistante et invasive. Vous comprendrez que c’est pas à eux qu’on lâche des bonbons 😉
Encore plus loin, juste avant d’arriver au village Sud, là où on reprendra le bateau, on nous retaxe 1€ pour 2. Le groupe est un peu loin devant, on prend du retard à force de flâner, mais on les voit au loin. On les rattrape dans la ville juste avant pleins de zigzagues en précisant au guide qu’il y a 2 vieux argentins qui sont du groupe et qu’il a dû oublier derrière vu qu’on ne les voit plus. Il fait le signe de “Mince alors”. 20 minutes plus tard on retrouvera ces 2 argentins retraités furieux au bateau, ils n’ont jamais revu le guide. Bref, la journée se termine, tout le monde est HS dans le bateau, les filets de baves vont et viennent avec la houle.

Le vendredi sera du repos, en dehors d’un fait marquant et choquant. Dans une boutique du marché, qu’elle ne fut pas la surprise de voir en guise de jouets des bébés lamas empaillés (ou en décomposition ?), à l’apparence cadavérique. Ça nous a glacé le sang. Ce peuple est certes très différent culturellement, mais entre des affiches de momies à Uyuni et des jouets morbides, on a vraiment du mal avec les boliviens et leurs petits plaisirs !

14h, le samedi 26 juillet on va en direction de Pachataka, ou “Horca del Inca”. Des ruines Inca à côté de la ville, donc faisons-le à pieds. On se lance, ça monte sec, “10 bolivianos pour passer” est affiché sur une pancarte, mais il n’y a personne, à la bonheur ! Ça monte de plus en plus sec, et la vue derrière nous se profil sur la ville et le lac. On arrive sur ce qu’on pense être les ruines, je dis bien “on pense” car c’est pas flagrant, on dirait juste que la montagne a été un peu taillée à certains endroits, à moins que ce soit une forte érosion. On voit tout de même l’arche “Horca del Inca”. On continue de grimper, cette fois ce n’est plus des marches, on escalade la montagne pour se trouver un endroit tranquille, sans personne -bien qu’il n’y avait que peu de fous pour monter ici-. On admire alors la vue, qui franchement vaut le coup ! Le temps de prendre quelques photos, vidéos, et 20 minutes plus tard on redescend.

On arrive devant une poste -pour envoyer du courrier bien sûr-, personne. Deux français sont aussi là, ils voulaient des enveloppes. Une femme nous voit tous les 4 et dit que le lendemain il y aura quelqu’un. Manon sent bien le “je me débarrasse de vous”, et ne préfère pas dégoûter les autres français en leur expliquant ce qu’elle ressent, ils auront bien le temps de le découvrir ! En attendant, on leur montre où trouver des enveloppes (on a mis 30 minutes à en trouver la veille, autant leur faire gagner du temps).

Grimper c'est dur, avec l'altitude c'est amplifié, donc dur dur -Copacabana en fond, durant l'ascension à Horca del Inca-

Grimper c’est dur, avec l’altitude c’est amplifié, donc dur dur
-Copacabana en fond, durant l’ascension à Horca del Inca-

Dimanche 27 juillet 2014. La journée s’annonçait cool sur le papier : une visite pépère à faire, passer à la poste et écrire le bilan de la Bolivie, mais c’était sans compter sur nos amis boliviens ! “Plus de place dans l’hôtel”, on ne peut pas rester cette nuit nous annonce le réceptionniste à 8h50 du matin, alors qu’on est bien frais durant le petit déj. Un détail que j’ai omis de préciser, mais ici l’air est très sec, on se réveille 4-5 fois par nuit avec la bouche complètement sèche -pourtant on est au bord d’un lac, comme quoi…-. On trouve un autre hôtel où on ne peut se poser qu’à 13h. Pendant ce temps on essaie d’accéder à la poste, personne, et impossible de trouver des timbres dans la ville. Trois jours sans poste malgré les heures d’ouvertures affichées, vive les villes touristiques boliviennes ! Même la “Mairie” et les policiers qu’on est allé voir ne savaient pas le pourquoi du comment. Avant 14h on repasse, toujours les mêmes lettres derrière la vitre, des choses ont été déplacées, mais toujours personne. Pendant qu’on cherchait des timbres on est passé dans une librairie, personne dedans. On patiente 2 minutes, toujours personne. Bon. Il faut savoir que c’est jour de fête ici les dimanches, toute la ville est bouchée par les voitures, elles font la queue. Pour quoi ? Pour passer devant la cathédrale de la ville et se faire bénir, eux et leur voiture -sans déconner !-. Les voitures sont d’ailleurs toutes décorées avant d’arriver devant l’église et se faire bénir, les gens y placent des fleurs, un chapeau bolivien scotché sur le toit, beaucoup de couleurs ressortent de tout ça. Au passage les gens s’amusent à balancer des pétards par-ci par-là :
“Attention Manon le gars…” *PAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPA*
Même pas le temps de la prévenir qu’un gars en fait péter juste à nos côtés. Des fous ces boliviens, déjà qu’habituellement… Alors en liesse !

Pour le dernier après-midi en Bolivie, il ne nous reste qu’une chose à voir et également accessible à pieds : El Asiento del Inca (le siège de l’Inca). C’est pas loin du tout. En arrivant sur le site, de loin on se dit que c’est vraiment des ruines, en effet. Un gars nous accoste, il paraît bourré et était précédemment posé avec sa petite famille. Il nous demande des sous, je lui filerai des bonbons. Et hop, on passe. Plus loin on tombe sur des gamins, genre 5 et 7 ans. Ils commencent par nous montrer des vers avec lesquels ils jouent, on les questionne donc :
“Ils viennent d’où ?”
“Du caca juste là”.
Ah oui, effectivement… Puis ils proposent de nous expliquer l’histoire des ruines moyennant quelques bolivianos. 3 bonbons et ça passe. Avouez que c’est cool de tout payer avec des bonbons que vous aimez pas, non ? Le plus grand parle vraiment comme un guide, impressionnant ! Mais au bout de 5 min il dérive de plus en plus sur sa nature d’enfant. Après leur avoir dit d’arrêter de massacrer tout les arbres que l’on rencontre (leurs fleurs contenaient du jus, mais ils les massacraient et les balançaient …), on les laisse et retourne flâner dans les rues de Copacabana. On demande à une jeune commerçante le pourquoi du comment de la fête autour de l’église, on aura des bribes de réponse entre son air détaché et son regard fuyant, classique quoi.

Le soir on aura encore quelques emmerdes au restau : 20 min après la commande une femme nous dit que le chef est pas là et qu’on doit partir….. OK ! Et pour changer dans le second restau on a eu l’impression que je le jeune qui nous servait allait se suicider devant nous vu la gueule qu’il tirait. Classique quoi ! Bref, une bonne journée remplie de petites contrariétés, histoire de bien nous remontrer ce que c’est la Bolivie, la vraie telle qu’on l’a vécue durant ces 3 semaines et demi.

Lundi 28 juillet, tchao les boliviens. Dernière tentative à la poste, ils tentent de nous faire tourner en rond une fois de plus. Non merci. Manon n’enverra pas de carte depuis la Bolivie. On espère laisser leurs odeurs, leurs maladies, leurs visages suicidaires et leurs morbidités ici, vive le Pérou ! Enfin, on s’attend à tout. Mais le dernier pays de notre voyage nous ouvre ses portes, et nous on lui tend les bras, on a toujours la patate, alors ¡ Vamos !

La Paz et une bonne rencontre

Samedi 19 juillet 2014, on se réveille donc dans un hôtel tout pourri à Cochabamba. On avait un éventuel couchsurfing ici, mais la connexion internet quasi inexistante de Samaipata ne nous a pas permis de le prévenir. On décide donc de partir au plus vite pour La Paz, siège du gouvernement de la Bolivie.

On trouve le terminal de bus, prend nos billets, et on retourne dans le centre ville avec nos gros sacs pour retirer au guichet d’une banque, de peur de revivre notre mésaventure de Sucre. On fera 4 banques mais aucune ne peut satisfaire notre besoin ! Bref, on refile au terminal et on embarque dans un merveilleux bus, oui merveilleux, les mêmes qu’en Argentine et au Chili, confortables et spacieux. D’ailleurs on peine à le trouver car dessus c’est marqué “Bariloche” (une ville que nous avions traversée en Argentine), heureusement un papier scotché sur la vitre indique “La Paz, 14h”. Bilan : les seuls bus potables de Bolivie c’est ceux qu’ils piquent aux argentins, et encore ils savent pas bien s’en servir : ils mettent la clim froide au lieu du chauffage, ne savent pas allumer les lumières “douces” de l’étage et la télé servira de cadre.
Durant le voyage le bus prend des boliviens qui s’assoiront sur les marches par-ci par-là dans le bus. Je vais subir durant une longue heure le type de bolivienne qui nous avait marqué à notre arrivée en Bolivie : elle pue et tente de se coller à moi. Le trajet passe, la nuit tombe, on est de plus en plus crevé, mais bon, faut juste tenir jusqu’à 22h, heure d’arrivée à notre destination. 00h30, le bus arrive à La Paz. Ah ces horaires boliviens !

On se fait accoster direct par un taxi, qui nous trouvera en deux temps trois mouvements un hôtel bon marché. Les courses de taxi ne sont pas chers ici, 15 bolivianos, soit 1,5€. Le chauffeur super avenant se renseigne auprès de l’hôtel devant lequel nous sommes, et nous confirme qu’il y a le minimum qu’on voulait : eau chaude et chauffage. Il repart, on pose nos affaires et règle la paperasse avec le réceptionniste, bizarrement long à vérifier la chambre, nous demander de patienter ; on se dit qu’il doit la nettoyer c’est pas possible ! Et ben pas du tout. D’ailleurs y’a pas de chauffage, et “l’eau chaude” est moins que tiède, Manon criera pendant 5 min pour résister à la torture qu’elle s’inflige. Il est 2h du mat quand on se couche, on est HS et gelé, la chambre est pourrie, la salle de bain est inondée d’eau car ça fuit… Deux hôtels de suite pourris : ça commence à nous dégoûter un peu, on ne restera clairement pas dans cet hôtel durant notre séjour à La Paz. On n’a pas mangé depuis un bon moment, et à cette heure tardive on ne trouvera que des hots dogs à 40 centimes l’un.

Cette photo ne nécessite pas de commentaire particulier en dehors de celui-ci

Cette photo ne nécessite pas de commentaire particulier en dehors de celui-ci

Dimanche 20 juillet lors de mon réveil je me rappelle qu’on doit payer l’hôtel, mais déjà retirer de l’argent car il nous reste pile poil 70 bolivianos, ce qui est peu. Et puis en regardant sur Internet  où nous pouvons retirer en guichet, cherchant les banques les plus proches de nous, je vois les horaires d’ouvertures et forcément : “lundi – samedi”, punaise on est Dimanche ! Bref, au pire on tentera un distributeur et on serrera les fesses en espérant que les billets sortent cette fois !

On descend à l’accueil, personne, porte de la réception verrouillée, un gars à l’entrée de l’hôtel met son petit stand de bouffe, bref. On réfléchit 2 secondes, je pose les clés de la chambre pourrie devant la réception, et on sort, tranquillement… et en serrant un peu les fesses (!) quand même !

On vagabonde alors dans les rues, le ventre vide à la recherche d’une auberge ou un hôtel. Au passage on pioche des infos, une carte de la ville, et des lieux d’auberges potentiellement intéressantes. Mais aucun n’a de place. Après 1h de marche, Manon souffre beaucoup de l’altitude, la Paz est à 3600m tout de même, c’est la plus haute capitale au monde, et qui dit capitale, dit pollution malheureusement, ce qui n’aide pas à respirer. HS, elle se pose devant l’ultime auberge complète, et je pars seul dans les environs. Après 15 minutes je rentre broucouille (bredouille pour les incultes 😉 ), rien de dispo, Manon toujours HS. Je la motive pour aller 400m plus loin, il y a une longue pente à monter, mais il y a pleins d’auberges dans le secteur. Alors qu’on monte cette pente, difficilement, j’entends à ma droite : “Vous aussi vous cherchez un hôtel ?”. Des français.

Halim nous accoste, suivi de sa copine Marion. Ils sont partis il y a un mois et demi de la France pour un tour du monde de 1 an, et là, maintenant, tout de suite, ils sont dans la même galère que nous. On fait connaissance, longuement, puis on se pose devant un hôtel. Le gérant semble être parti manger, au bout de 15 minutes toujours personne. Avec Halim on laisse les filles se reposer et garder nos sacs pendant qu’on fait le tour de toutes les maisons d’hôtes, auberges et hôtels du coin. 20 minutes plus tard on revient, sans grand chose de glorieux, le gérant de l’hôtel où nous avions laissé les filles revient également. Finalement on reste tous les 4 dans ce premier hôtel.

Petite pause physique dans la chambre, mais on a la dalle, alors on se motive, et tous les 4 on décide de manger un bout. On fait encore un peu plus connaissance, et après ces 2 semaines en Bolivie, et bien ça fait plaisir de pouvoir partager nos anecdotes, malheurs et bonheurs ! Et visiblement, même si ils ne sont que depuis 3 jours en Bolivie (ils viennent du Pérou et font le trajet contraire de nous), les boliviens ne les enchantent pas vraiment, il les trouvent assez menteurs d’ailleurs. On en profite pour s’échanger nos adresses pour garder contact, puis chaque couple part faire sa petite visite de la ville.

On passe dans le centre animé de la ville, de belles églises, des rues pourries, des marchés, tout est assez typique de ce que l’on voit dans les villes Boliviennes. En dehors de la pollution, la ville est agréable, bien que parfois les rues soient en pentes assez hardues, mais bon, on marche calmement, on a notre temps ! Les rues prolifèrent de stands, comme bien souvent en Bolivie, ce genre de stands où ils vendent généralement des gâteaux, boissons, mais parfois aussi pâtisseries, glaces, bref, il y a des stands pour tout, mais souvent pour la même chose, la diversité n’est pas leur fort ici. -Alors que je relis ce texte j’ai l’impression d’être un peu dur en parlant de la Bolivie, mais pourtant, j’essaie d’être le plus honnête et objectif possible, mais c’est sûrement plus difficile qu’il n’y paraît !- Le soir commence à tomber et nous regagnons l’hôtel. On ne veut pas retirer en guichet automatique et préférons attendre demain pour aller dans un vrai guichet. Du coup, pour manger ce soir il nous reste exactement 2€. Manon est assez perplexe, mais le croirez-vous, en achetant à l’un des stands pain et jambon, on s’en sortira pour 1€ ! Comme quoi on peut manger pour des prix ridiculement bas si on veut. Et hop, le dernier euro passera en biscuits.

Admirant les maisons grimpant sur la colline

Admirant les maisons grimpant sur la colline

Alors que l’on se couche, on entend la sonnette de l’hôtel à plusieurs reprises. Je lance à Manon : “T’inquiète ma puce, si c’est un gars bloqué dehors alors qu’il est de l’hôtel, il laissera son doigt longtemps !”. 20 minutes plus tard : “DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING”. Apparemment personne à la réception de l’hôtel, le gars s’est barré.
On descends avec la lampe torche car il est 1h du matin et l’hôtel est plongé dans la pénombre. On ouvre prudemment, armé de la lampe. Un jeune apparaît, frigorifié sous son poncho, nous dit qu’il est parti chercher du beurre et que depuis 1h il attend, personne ne lui ouvre. Ben rentre mon gars ! Bref, on a fait notre BA, ça aurait pu nous arriver aussi, on n’a jamais été prévenu qu’il y avait une heure limite à laquelle il n’y avait plus de réception.

Le lundi on est au taquet, mission banque ! SUCCÈS TOTAL ! On y a passé une heure, mais on a pris assez pour ne pas avoir à retirer à nouveau en Bolivie. La suite de la journée, on continue notre balade en ville : 2 miradors au programme. Le premier est facile d’accès. Petite anecdote, en sortant du “parc pour enfant mirador”, on voit un marchant de glace :
– On voudrait deux glaces à l’eau à la fraise.
– Ok, une seule ?
– Non deux.
Il fouille.
– Vous en voulez à la canelle ?
– Non, à la fraise.
– Une seule ?
– Non deux !
Il nous sort les glaces, on paye, on les ouvre : elles sont à l’orange.
Le second mirador nous épuise complètement car beaucoup plus haut, mais la vue sur la ville et les environs vaut vraiment le coup d’y aller !

Le soir on se dit qu’on pourrait se faire un truc avec les 2 français, manque de bol, le matin Marion a mangé une pâtisserie auprès d’un stand de rue -ces trucs qui stagnent au soleil toute la journée, et dont les produits restent probablement d’un jour à l’autre- et elle revient tout juste de 4h à l’hôpital : tourista, perfusion. Elle a une petite mine et se repose donc. Je compatis en me rappelant de moi il y a 2 semaines…

Le lendemain, on est le mardi 22 juillet 2014, et en début d’après-midi on file au terminal de bus. On prend un petit en cas, mais les assiettes ne sont pas fameuses, et on en laisse pas mal -vous vous demandez pourquoi je parle de ça hein ? Ça arrive !-. En parallèle une SDF nous demande des sous, comme d’habitude, hop je sors des bonbons, elle a l’air d’avoir des dents, donc ça va -au pire elle a sûrement des petits enfants-. Et chose à laquelle on n’avait bêtement pas pensé, mais elle si : nos assiettes ! -on y vient !-. Hop, elle sort un petit sac et récupère tout, à la main, comme au bâillon du limousin ! On préfère que ça finisse comme ça. En sortant du fast-food (on devrait plutôt appeler ça des slow-food d’ailleurs), des gamins nous abordent, hop, encore des bonbons. J’en lâche tous les jours ! Souvent à des enfants, du coup en rentrant en France je pense me reconvertir en tant que dealer à la sortie des collèges. A étudier. Bref, on monte dans le bus, direction Copacabana sur le lac Titicaca (et non au Brésil hein !), à la frontière avec le Pérou.

La mauvaise foi des Boliviens pour atteindre Samaipata

Les 24 prochaines heures vont être remplies d’aventures, mais le genre que vous ne voulez pas vivre.

On est donc toujours à Sucre, le mardi 15 juillet, milieu d’après-midi. Un tour chez le coupe-tiff, et on demande à l’auberge de nous prendre un taxi. Il est censé arriver à 16h15. 16h25 personne, tchao l’auberge, on va se démerder ! On charge les sacs et fonce à 2 pâtés de maisons prendre un petit bus de ville.
Arrivé au terminal, les billets en poche, le gars nous dit que dans 2 minutes il nous emmène jusqu’au bus, soudain, plus de gars. Le mec est parti en trombe sans nous prévenir. Course dans le terminal pour trouver le bus, un gars ne veut pas me laisser passer sur le quai car on n’a pas payé la taxe du terminal. La file est hyper rapide -heureusement- je file un bonbon à la SDF sans dent devant le guichet, et après avoir couru sur la moitié du quai je trouve enfin ce bus. Au moment de charger nos bagages, on dit bien au chauffeur qu’on descend à Samaipata.
“Ok, alors vos bagages ici”, cool, une place spéciale, avec le mode poussière visiblement.
Samaipata est un arrêt 3h avant le terminus : Santa Cruz de la Sierra. Le vendeur du guichet de la compagnie de bus le dit également au chauffeur. Les 2 chauffeurs sont au courant. Et y’a intérêt car l’arrêt se fera entre 2 et 5h du matin, et les gars de l’auberge nous avaient prévenus que parfois les chauffeurs oubliaient de s’arrêter ! À 17h le bus décolle, pile poil à l’heure.

Les paysages sont beaux, la lune orangée est énorme, magique, les étoiles éparpillées dans le ciel sont magnifiques, le trajet de bus se déroule plus ou moins tranquillement car la Bolivie, ça tourne ! Toutes les routes sont à flancs de montagne, les lignes droites n’existent pas. Au bout de 2 heures de bus, ce sont les routes bitumées qui n’existent plus, que de la terre, un brouhaha d’enfer, le pied pour se reposer. À l’arrêt “bouffe” -qui nous est inutile car on avait prévu des sandwichs, marre de se faire avoir sur le “si si, on s’arrêtera” et puis finalement non, bref, à l’arrêt bouffe, Manon demande à l’un des chauffeurs si il sait vers quelle heure on arrivera à Samaipata :
– “Non, je peux pas dire”
– “Non ? mais genre aucune approximation ?”
Bref, visiblement on le fait chier puisqu’on a l’impression de parler à un mur qui détourne le regard. Hallucinant. Le bus repart. On tente de dormir, se reposer jusqu’à minuit, 1h du mat’, pour ensuite être vigilant. Arrive alors des arrêts, le gars allume les lumières et annonce l’arrêt. Ça va le faire ! Par moment des gens descendent. Par moment on fait des pauses, notamment une “toilette”, dans un champ, tout le monde cul nu. Normal ici. Encore plus normal de voir les gens qui partent avec leur rouleau PQ dans les champs pendant 10 min et revenir les mains vides. On comprendra que l’écologie c’est pas leur truc ici. A l’arrêt bouffe les gens achetaient des gâteaux, et jetaient les papiers sur la route. C’est normal en Bolivie. Pauvre nature. Ça me fait également penser lorsqu’on a quitté Sucre aux nombreuses collines desquelles il y a visiblement très régulièrement des lâchers de contenu de bennes à ordures. Malheureux.

1h, 2h, 3h, 5h, 5h30. toujours pas d’arrêt. Dehors je crois voir un nom de ville “Mairana” ou un truc du genre. Je vais voir le chauffeur, il ne m’entend pas derrière sa vitre. Manon y va et arrive à se faire entendre. Je la vois parler un peu et rentrer subitement dans la cabine, putain ça pue : je fonce la rejoindre. Les gars disent que le bled est passé depuis 2h.

Je vous laisse imaginer l’état dans lequel on se met dans ce genre de situation. On s’énerve, vraiment. Et les mots en espagnol sortent très bien cette fois :
– “On avait réservé un hôtel, c’est vous qui allez le payer ? Faites demi tour !”
– “C’est trop loin”, lance l’un des chauffeur avec un air négligeant, genre tête à clac, que vous avez vraiment envie de faire claquer sur le volant.
Il enchaine :
– “Une fille est descendue à Samaipata en plus”
– “Ah ouais et pourquoi vous avez pas fait d’annonce et allumé les lumières comme pour les autres arrêts hein ?” lui rétorquais-je. Bien entendu je vous fais grâce des noms d’oiseaux français qui se sont envolés dans tous ces échanges.
Ils font ensuite mine de ne pas comprendre ce qu’on dit, de nous ignorer. Mais c’est ne pas nous connaître. On décide de rester planté dans la cabine pour leur mettre une certaine pression psychologique, malgré les sollicitations de l’un des chauffeurs pour qu’on aille se rasseoir. En même temps des sollicitations où le gars continue de regarder soit ses pieds soit la route… Hein, vous savez ce qu’on en pense. Les gars font donc mine de nous ignorer. Le soleil se lève.
“Et c’est vous qui allez payer l’hôtel à Santa Cruz ?”
– “J’ai pas de sous” mime l’un deux, le plus gros, le seul des 2 qui ose nous répondre, en regardant la route toujours, faut pas déconner non plus.
Manon demande combien de temps avant d’arriver à Santa Cruz. 2h. QUOI ? Ça fait 1h qu’on est planté à côté d’eux ! La ville était à 3h de Santa Cruz. C’est quoi ce bordel ! Ils font encore mine de ne pas comprendre.

Ceci est un bolivien de mauvaise foi au regard fuyant.

Ceci est un bolivien de mauvaise foi au regard fuyant. Ce type d’énergumène semble être capable de se reproduire malheureusement.

Je sais pas ce que vous en pensez, mais à ce stade de l’aventure, ça pue quand même pas mal cette journée non ? Alors soyez rassuré, c’est presque fini…. Enfin, j’aimerais pouvoir dire ça, mais pas du tout.

Vers 8h30 le bus arrive à Santa Cruz. Entre temps le bus à fait des arrêts, et ils ont bien ANNONCÉ à tous les passagers les arrêts. Le bus accroche une voiture dans un rond point. LoL.
Ça fait perdre 10 minutes, et nous permet d’exprimer avec plusieurs passagers notre soucis, ils sont sur le cul. Arrivé au terminal on descend pour récupérer nos bagages… On ne les trouve pas ! Puis je les discerne, cachés et isolés des autres, et surtout DEGUELASSES !
On suit les 2 chauffeurs, on remonte dans le bus en disant qu’on veut être remboursé car on n’a jamais voulu être là, c’est pas notre destination, et c’est leur faute. Ce dernier point sera mon fil directeur à partir de maintenant.
Le gros évite la question et me demande de me pousser car à cause de mon gros sac il ne voit pas le rétro droit. Et ben tant mieux. Je suis collé ! Il semble abandonner, descend du bus et laisse son autre pote prendre le volant. On lui redit la même chose. Mais voyant qu’il commence à limite sortir du terminal, j’envisage les choses autrement : qui et où peut-on se faire rembourser, le bureau de ta compagnie est là bas ? Ok, et ton nom ? Carlos, ok. On descend et rejoint le terminal en direction du bureau de l’agence. En plein milieu de la rue que voit-on, le gros qui revient. BLOCAGE !

Je lui lance “Allez viens, tu vas assumer tes erreurs et on va aller ensemble au bureau de ta boîte pour se faire rembourser. Tu t’appelles comment ?”
– “José”, semble t-il bafouiller
– “Et ton pote ?”
– “Jésus”
– “Oui bien sûr, c’est marrant il a pas dit pareil.”
Il commence à vouloir continuer d’avancer, prétextant qu’il doit y aller, qu’on l’attend, Manon lui prend le bras. Il se débat et continue, je me mets sur son trajet et le bloque délicatement, tout se fait en douceur pour le retenir. On est au beau milieu du parking du terminal, et notre manège ne passe pas inaperçu, 2 hommes approchent. L’un fait parti d’une sorte de “atención de los turístos”, et en comprenant la situation il dit clairement au gros : “Ce sont des touristes, il faut en prendre soin, vous agissez mal”. L’autre est un policier. On leur explique la situation, le gros s’empresse de se défendre : “ils dormaient quand on a signalé l’arrêt”. Ben voyons mon con ! Bref, au final, sous la pression de tout ce monde, le gros lâchera 70 bolivianos, somme apparemment nécessaire pour que l’on retourne à Samaipata.
Le gars de la défense des touristes nous conduira à un taxi qu’il paiera pour nous emmener à un endroit pour prendre un bus rapidement. Oui, “rapidement” car sinon les prochains bus pour Samaipata sont à 17h. On n’est pas mécontent de quitter le gros, quoiqu’on aurait bien voulu exposer ses torts devant son boss.

Ouf, à ce stade on a tout de même la présence d’esprit de se rendre compte qu’on est tombé sur 2 boliviens sympas. C’est pas de trop !

Le taxi nous trouve au second essai une sorte d’agence dont la navette part dès qu’elle est complète. On attendra seulement 45 minutes, le temps de se rafraîchir, et on décolle vers 11h pour Samaipata dans le combi. Tout cela nous coûtera 70 bolivianos, pile poil, et encore heureux.

2h plus tard, on arrive, le taxi collectif nous dépose, ouf, nous voilà enfin où on aurait dû être cette nuit ! Hey mais attends, Manon, mon blouson ! Putain il est resté dans le coffre du taxi. Et oui, faute de la fatigue, manque d’attention, le gars gentiment nous a déposé nos sacs, et j’ai complètement zappé que mon blouson était dans son coffre.

En 1 minute de temps c’est la panique, mais un taxi passe et on lui lance le fameux “il faut suivre cette voiture” ouais, sauf qu’on la voit déjà plus ! Bref, 20 minutes pour atteindre la ville suivante, qui s’appelle, tadaaaaaaaaaa : Mairana (ça vous rappelle quelque chose non ?). Le gars conduit bien et vite, en arrivant sur la ville, on voit la voiture de devant tourner à gauche, c’est notre ancien taxi. Shlac, il se gare à côté. Je récupère mon blouson, ouf. La journée est sympa non ? Ah j’ai oublié de préciser quelque chose de capital. Depuis ce matin, 8h on crève de chaud. Les -15°C des Geysers del Tatio, ou les 2°C d’Uyuni sont loin, là on est en T-shirt : 25°C au soleil, minimum.

Si vous avez bien suivi, vous avez remarqué que la ville que j’avais aperçue avant qu’on aille demander au chauffeur était Mairena. Et bien il venait probablement de la passer depuis à peine 30 minutes, donc on venait tout juste de dépasser Samaipata, cela ne faisait pas 2h comme il l’avait dit ! Cette mauvaise foi transpirante et leurs airs fuyants nous ont vraiment dégoûtés des boliviens, bien que certains tentent de rattraper le coup. On sait qu’il ne faut pas faire de quelques cas une généralité, mais on accumule une quantité assez impressionnante de galères depuis notre arrivée dans ce pays. Au final on aura fait le trajet Sucre – Samaipata en 17h et beaucoup de stress au lieu de 10h. Next.

La blancheur de Sucre garde nos billets

Le vendredi 11 juillet 2014 le bus nous dépose -en avance, si si- au terminal de la ville de Sucre. C’est important de préciser “la ville de” Sucre, sinon vous n’allez rien comprendre à ce que j’écris. Bref, on avait pas mal entendu parler de cette belle ville, pourtant malgré avoir traversé la ville pour atteindre le terminal, ça paraissait relativement moche, mais ne nous arrêtons pas sur la première impression, on a déjà été étonné !

On trouve rapidement un taxi qui, pour 1€, nous dépose à l’auberge conseillée par la précédente auberge -on aime bien se faire conseiller, ça porte ses fruits pour le moment-.
– “y’a le chauffage ?”
– ” non, mais vous aurez pas froid”

Arf, on s’est fait enfler ! On se barre ? Allez testons ! Et effectivement, dans le Sucre il ne fait pas si froid, avec une couverture ! L’auberge est remplie de français. Jusqu’à présent dans chaque endroit où on dort on en croise, un envahissement ! Ah mais c’est les grandes vacances c’est vrai… Ça doit pas aider !

Bon et sinon, y’a quoi à faire ici ? On passe notre samedi à visiter la ville, grande nouvelle, le Sucre, c’est blanc.
– “Ouais Kévin mais en fait le sucre à la base c’est roux et il faut le purif…”
– “BLA BLA BLA !”
La ville a de beaux monuments de l’époque coloniale qui sont très blancs. Vu la fumée noire dégagée par les bus de ville à chaque démarrage, on comprend pas trop comment ils peuvent rester aussi blanc d’ailleurs. À sucre on ne trouvera pas d’office du tourisme, entre ceux indiqués qui sont fermés, et ceux qui n’existent simplement plus, heureusement l’auberge sera de bon conseil. On repère une petite expédition pour notamment voir les plus grandes traces de dinosaures de la planète. Ça paraît cool, mais le dimanche ils ne la font pas car l’excursion inclue un passage vers une cascade, or le week end, je cite “c’est dangereux car les gens qui y vont boivent” et visiblement pas l’eau de la cascade. Bref, on est censé repartir le dimanche, donc on abandonne l’idée.

Ma blancheur histoire de me camoufler. Le sac rouge me perdra...

Ma blancheur histoire de me camoufler. Le sac rouge me perdra…

On se dirige vers un distributeur de billets, ceux de la banque nationale de la Bolivie. Vous vous dites que si je donne autant de détails c’est que ça sent pas bon. Et en effet. On entend les billets s’agiter. Un gamin rentre avec une glace dans la cabine *coup de pied au cul*.
“Vous pouvez retirer votre carte et prendre les billets et le reçu”. Je prends la carte.
Euh Manon, tu vois les billets ? Ils sont transparents ? Et le reçu ?
“Merci de votre visite.”

PUTAIIIIIIIIIIIIIIIN !

On sort, le gars juste après nous subit le même problème, mais a un reçu qui confirme que son compte à bien été débité malgré l’absence de billets. Le gars appelle le numéro d’urgence sur la cabine, ces derniers lui disent d’aller en agence lundi pour régler ça.

Ouais mais nous on voulait partir demain (dimanche) ! Or on ne peut plus retirer en banque, on a testé et on a atteint notre limite hebdomadaire et quotidienne. PUT@!N !

La soirée on fera des pieds est des mains pour avoir plus d’infos mais on devra se résoudre à patienter jusqu’à lundi !

Le dimanche on glande. Enfin, j’exagère, on décharge nos appareils de photos et vidéos, et vu la connexion ici, c’est long. En parallèle, on assistera à la finale de foot, et oui, nous c’était l’après midi 😉 Étonnant pour des non footeux comme nous : on aura vu par pure coïncidence le premier et dernier match de ces comédiens.

Lundi, au taquet, on attaque la banque. On est des acharnés croyez moi. Nous occuperons l’hôtesse d’accueil pendant plus de 30 minutes. Elle veut des preuves du débit, et quand bien même nous explique qu’il faut aller voir ATC, ceux qui gère les automates, et que notre banque parle avec eux. MAIS PUTAIN C’EST VOTRE AUTOMATE À VOUS QUI GARDE NOTRE TUNE EN OTAGE ! Bref, elle veut des preuves, on repart, le temps de choper un wifi, charger le relevé de compte, et hop, on repart à l’attaque. “Et ça, ça le fait ? Numéro de transaction, numéro de carte de crédit, montant en bolivianos et en euros de l’argent tant désiré”. Bon, dépassée, elle va voir sa supérieure, celle-ci nous explique un peu la même chose, mais nous dit qu’un tel problème se passe régulièrement ( LOL ?) et qu’il se règle en environ 30 jours… minimum (RE-LOL ?). Manon tente la carte du “On est bloqué ici, on a plus de tune, on doit payer l’hôtel qui n’accepte pas les CB etc..”. De mon côté je suis plus insistant sur le “Vous reconnaissez que c’est un problème régulier, on a les preuves du compte débité, vous savez que l’automate, ou plutôt la BOLIVIE à un soucis, et vous pouvez pas nous aider là maintenant ?”. Entre temps, le gars ayant eu le même soucis juste après nous au distributeur passe, et pour lui forcément, bolivien et de cette banque, ça se règle en 2 temps 3 mouvements.

Bref, on retire au guichet les derniers bolivianos que l’on peut tirer, puis on fonce juste en face au fameux ATC, ceux qui gèrent les distributeurs.
5 minutes pour trouver cette enseigne, dissimulée dans une ruelle. C’est vicieux. On frappe, ça répond pas. Je m’impatiente et frappe encore et encore. J’entends quelqu’un derrière la porte. Ça m’énerve, mais c’est peut être la pause déjeuner vu qu’il est 13h50, ils peuvent pas le dire ? Bon, on va faire preuve de patience et aller manger également. On revient à 14h45, frappe, porte fermée, mais j’entends toujours quelqu’un derrière. Je peux vous dire qu’à ce moment on a sérieusement envie de défoncer la porte. “HOLAAAAA, POR FAVOR !” Non ? Tu m’entends pas ?  Dix secondes pour se ressourcer, et je bombarde la porte, BOM BOM BOM BOM BOM BOM BOM BOM. Clic. ENFIN !
La femme nous annonce qu’elle n’ouvre qu’à 15h et que [blablabla] et demande quel est notre problème. Elle nous fait entrer car nous voit bien assez insistants et paniqués, bien que paradoxalement la voix posée et calme. N’allez pas vous imaginer que durant nos insistances ont était énervé, on est toujours resté très courtois et calme, il paraît que c’est mieux pour être écouté, et de toute façon si on s’énerve on n’arrive plus à parler espagnol !

Si seulement trop de câbles pouvait tuer les câbles...

Si seulement trop de câbles pouvait tuer les câbles…

Bref, la femme prend notre CB, appelle un de ses collègues qui lui confirme que point d’argent ne fut délivré, et que tous les retraits ont été rejetés. Mais alors pourquoi notre compte fut débité ? La femme nous explique que c’est dû aux problèmes de connexions en Bolivie (suffit de voir la lenteur d’Internet pour comprendre). Inimaginable qu’une telle erreur puisse se produire. Au pire dans l’autre sens : on a de l’argent mais le compte n’est pas débité ! On peut rêver non ?

On ressort à moitié soulagé, j’envoie un message à notre banque pour régler ça au plus vite (on y croit en tout cas). Le problème majeur ici, c’est que ce retrait tape dans notre limite hebdomadaire sans qu’on ait pu avoir l’argent. Et ça, ça va nous suivre pour la suite de la Bolivie.

Il est 15h et on a remarqué entre temps que le site archéologique Carl Orcko -les empruntes de dinosaures- était à 5km du centre. Inutile de prendre une excursion pour ça, on prend un bus de ville et on s’y rend. Au début ça nous impressionne un peu, on commence à être émerveillé, et puis en fait c’est déjà la fin. Le parc est très petit, ce qui engendre une grosse déception, et les empruntes sont lointaines, sur un mur vertical situé à 150m. Donc obligé de regarder avec des jumelles, et encore, on ne se rend plus compte de la véritable taille ! Bref, moi qui suis un peu fanatique de ce genre de parc et lieu, je suis déçu. Manon qui n’était pas très chaude pour y aller s’attendait à un truc moyen, mais sans plus : elle est encore plus déçue ! Au moins on n’aura pas de regret, on l’a vu de nos yeux.

Il faut savoir qu’il y a dans la ville de Sucre énormément de SDF qui mendient. Ceci pourrait être triste, et ça l’est en réalité, mais la première fois qu’on a croisé une femme assise on a explosé de rire, intérieurement. Pourquoi ? Parce qu’elle ne nous a pas interpellés genre “une petite pièce svp” mais plutôt “aaaaaaaeuuuuuuuuaaaaaaaa”. Véridique. Ici, ils se font passer pour des gros bébés. Après, ils parlaient peut être une langue obscure (le bébé ?) d’où notre incompréhension. Tous les SDF -ou presque- qu’on croisera ici feront de même.
Ça nous fait sur le fond toujours de la peine de voir des SDF, alors le dernier jour ici, j’ai l’idée de leur donner des bonbons. J’en mets dans la poche, et à chaque fois que je croise un SDF qui quémande, hop, un bonbon. Jusqu’au moment où j’aperçois une femme qui n’a pas de dents. Euh… Bon… Ça ferait vraiment gros con de lui filer un bonbon -type RÉGALAD- à mâcher, non ? Dorénavant je vérifierai si ils en ont !

La devise bolivienne, digne des 3 mousquetaires

La devise bolivienne, digne des 3 mousquetaires

Revenons sur ce dernier jour à Sucre. Nous sommes le mardi 15 juillet 2014 et nous allons commencer cette journée avec un événement de plus en plus récurrent ici, les gens qui font semblant de ne pas nous comprendre.
Au petit déjeuner, la serveuse apporte des crêpes avec du Dulce de Leche dessus, sauf qu’elles sont à base de banane, ce que Manon n’aime pas. Elle demande donc à en avoir sans banane.
– “Pas de soucis, si vous voulez je vous en apporte avec des pommes”
– “Parfait merci !”, s’enthousiasme mon amoureuse.
Elle revient 5 minutes plus tard avec une crêpe à la banane sans Dulce de Leche. Manon lâche prise. La femme avait très bien compris que le problème c’était la banane. Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, où ce n’est clairement pas une faute d’attention, et pas une incompréhension, je vous l’assure.

La suite de la matinée on va voir notre opérateur local, car la sim qu’on a acheté ne fonctionne toujours pas. L’opératrice pense d’abord que c’est la faute au téléphone qui n’est pas enregistré sur leur réseau, elle le fait donc, ça ne change rien. Après 30 minutes on a le verdict : notre téléphone ne supporte pas la carte 4G. C’est balo dit donc. Du coup elle nous en donne une 2G, mais nous dit qu’il faut revenir en fin d’après midi pour l’activer. Pas possible poulette, on part vers 17h de la ville !
– “D’accord, alors je vais vous l’activer dès que possible mais j’ai besoin de vous contacter ensuite pour vérifier qu’elle est bien active, et que votre crédit et numéro est bien transféré sur cette puce, à quelle numéro je peux vous joindre ?”
– “Ben si vous transférez tout sur la nouvelle puce, quand vous allez appeler ça va fonctionner non ?”
– “Ah oui, que je suis sotte”

Bref, j’écris ces lignes 48h plus tard et rien ne fonctionne. Jamais vu un tel bordel pour avoir un téléphone. M’enfin bon dans 2 semaines on ne sera plus en Bolivie, ne nous cassons pas -plus- la tête !

La suite va être une course à la montre, et ça arrive très vite ! 😉

San Pedro de Atacama, une perle au bord du désert

En ce Samedi 28 juin 2014, on descend du bus avec un mal de tête assez puissant à cause de l’altitude. La maman française nous trouve un taxi qu’elle connaît afin que l’on rejoigne facilement  l’auberge qui nous avait été conseillé par Andres (cf. l’article sur Santiago du Chili).

Nos premières visions de San Pedro sont assez magiques car au loin -mais pas tant que ça- la ville est surplombée du volcan Licancabur (cf. la photo plus haut). La ville, perchée à 2430m, est minuscule -on pourrait parler de village- mais pourtant très animée, en fait nous sommes un weekend-end de fête religieuse. Les maisons sont basses, aucun étage nulle part à priori, les rues sont vraiment atypiques, il fait toujours beau, bref, en court : il y fait bon vivre ! San Pedro est paumée au milieu du désert de l’Atacama : le plus vieux et aride sur notre terre, et c’est pas les 3cm annuel de pluie qui y changeront grand chose ! On repartira dans 4 jours d’ici.

spa ville

Une rue typique de San Pedro de Atacama

La première soirée, ce sera du repérage rapide, et du repos, idem pour le dimanche. Faut bien s’acclimater à l’altitude quoi. L’auberge où nous nous trouvons a un côté sympa et en même temps pas sympa, genre règles à la con, je développe.
Interdiction de laver son linge à la main, il faut obligatoirement utiliser leur service de lingerie, facturée 1,5€ le kilo, utilisation d’un kilo minimum. Si on est pris en flague, amende (et non amande, ce qui serait tout de même plus sympa) de 10€ (ce qui serait cher pour une amande, sauf si elle était énorme). Mouais, ben si ils veulent leur kilo de fringues je vais devoir me balader tout nu ! Du coup on outrepassera les règles, et avec succès.
Il y a aussi eu ceux qui font les lits, qui décidèrent de rentrer dans la chambre pour faire les 2 autres de la chambre alors qu’on somnolait, ils n’avaient clairement rien à foutre ici. Et également un matin le gars qui ouvre la porte de chambre avec un double à 10h15 en nous rappelant que le check-out est à 10h30 : “mais on part demain… Espèce de branguignole” ! Paye ton intimité tiens. Bref, une équipe un peu, voire beaucoup, voire totalement à côté de la plaque.
Dans les trucs pas cool y’a aussi le fait que tous les voyageurs qui passeront ici parleront strictement anglais, seront froids, et ne diront pas bonjour, voilà l’ambiance de merde ! Heureusement, les 2 premiers jours dans notre chambre on avait un état-unien et un français supers sympas, Charly et Paul. Paul, si tu me lis, manifeste toi 🙂
On prendra d’ailleurs quelques infos à Paul sur les activités du coin, notamment faire du vélo dans la “Valle de la muerte”, autrement dit en français : la “Vallée de la mort”, pour ceux qui ne sont vraiment pas perspicaces. Plus tard on visitera également la Valle de la Luna, je laisse votre perspicacité opérer cette fois.

Cherchez Charly !

Cherchez Charly !

Dans les choses positives sur l’auberge, y’a notamment le fait de pouvoir réserver les excursions directement via la réception, un bus se charge ensuite de passer nous prendre à l’heure indiquée. Et venons-y à “l’heure indiquée”.

Le lundi 30, on est devant la porte de l’hôtel à 4h00 du matin pétante. Oui vous avez bien lu, 4h du MATIN ! -je pense à ceux qui nous connaissent bien et savent que c’est plutôt les heures auxquelles on vient de se coucher !- Inutile de vous dire qu’on est frais comme des gardons. Mais j’oublie le principal : on n’est pas ici pour le plaisir, quoique la voie lactée est en partie visible parmi cette farandole d’étoiles, ce qui est tout simplement sublime. Un bus doit passer nous prendre pour aller voir des Geysers. On s’alterne à faire le gaie pendant que l’autre est au chaud, on est efficace pour éviter de se geler. Oui se “geler”, car on est dans un désert, certes, mais la journée si il fait 20°C, la nuit c’est plutôt du 2°C. D’ailleurs dire 20° la journée est une moyenne, car en réalité on avait très chaud au soleil, et très froid à l’ombre, très grand contraste. L’usage du “très” dans la phrase précédente est très important. Bref, le bus arrive…. à 5h05 ! L’auberge nous avait dit n’importe quoi, le guide nous confirme qu’ils passent toujours vers 4h30/5h. Mouais, ben c’est 5h05 quand même -mode emmerdeur/gelé/fatigué activé-.

Après 2h de route on arrive sur le site des “Geysers del Tatio”, à environ 4300m. On n’en avait jamais vu. C’est magnifique. On voit le soleil se lever tout en marchant entre les geysers et petit déjeunant pour se réchauffer, oui se réchauffer, car là il ne fait pas 2°, mais -10° ! On ne sent plus trop nos pieds, mais c’est pas grave, c’est beau. Du geysers qui est constant, à celui rythmé comme une horloge : chaque minute il expulse pendant 14 secondes. Au tic tac près. J’avais toujours voulu en voir, je suis pas mécontent ! Manon commence à avoir tellement froid qu’elle en devient nauséeuse et fonce dans le bus. Je prends quelques photos, croise un renard, et on file sur un autre site, où une source d’eau chaude attirera des fous qui s’y baigneront en caleçon. Y entrer est facile, mais en sortir… On préfère faire le tour des geysers du coin, c’est beaucoup plus prudent.

Une fabrique à nuage naturelle.

Une fabrique à nuages naturelle.

Sur le chemin du retour on s’arrêtera à plusieurs points intéressants : lac gelé, col à 4700m, nourriture typique… Bref, tout ce qu’on n’a pas pu voir à l’aller vu qu’il faisait, si vous avez bien suivi : nuit ! On somnolera aussi pas mal, les effets de l’altitude me donne une migraine assez forte, pas d’autres moyens que se calmer pour diminuer la pression sanguine, pas le moment de faire le foufou quoi.

Le lendemain le programme est : Vallée de la mort le midi à vélo, et une excursion Vallée de la mort et de la lune en milieu d’après midi. Pour info les 2 se situent dans la Cordillère del Sal, qui porte très bien son nom, vous comprendrez rapidement.

La Valle de la muerte

La Valle de la muerte

Manon n’est pas top côté forme, mais après l’avoir bien motivée -ou “forcée à venir”, c’est selon le point de vue, mais avouez que le premier est quand même plus joyeux- on loue des vélos et on se tape quelques centaines de mètres dans la vallée de la mort – à seulement 4km de San Pedro- c’est beau, la roche est rouge ferreux, parfois recouverte de blanc : du sel. Alors que Manon rebrousse chemin, je continue encore un peu, jusqu’à me retrouver dans une cuvette ensablée, où après 5 minutes de poussette je vois des dunes qui s’étendent devant moi. Deux minutes de réflexion, et je prends mon vélo à 2 mains pour me lancer héroïquement sur le chemin du retour en poussette. Mais déjà, sans vous en rendre compte j’ai évoqué 2 choses importantes à souligner. Premièrement la vallée de la mort ça n’a rien du type “les incas sacrifiaient des vierges et des enfants aux crânes ronds”, c’est une erreur de transcription toute bête. Deuxièmement, toutes les roches ici ne sont pas des roches au sens auquel on l’entend, c’est juste du sable très très très compacté, mais ça, en fait, on ne l’a appris qu’avec notre guide de l’après midi, et on y vient.

Avant de partir pour notre excursion de l’aprèm, on s’enfile quelques sandwichs chez la maman française, qui nous fait cadeau des desserts d’ailleurs. C’est ti pas mignon ? On se régale à manger du pain français ! (Ce qui nous manque affreusement.) Bref, on rejoint le guide de l’aprèm.
On est en petit comité cette fois, l’ambiance sera très chaleureuse, surtout qu’il y a des mexicaines. Ce que je veux dire par là, c’est que quasi tous les mexicains que l’on croise sont très amicaux et avenants. Le guide n’est pas un con du tout, il est également ingénieur (en plus d’être guide hein, et non en plus d’être con, je disais donc, il est ingénieur) dans le domaine de l’environnement, du coup il connaît très bien comment se forme les cordillères, pourquoi le salar est là où il est, etc. Il nous parle également rapidement des tribus indigènes du coin, et la signification de leurs emblèmes carrés, tel que les Whipala. On se balade dans une grotte dans la vallée de la Luna, et c’est là que l’on apprend que les roches n’en sont pas ; d’ailleurs, en les touchant, effectivement tout s’effrite très facilement.

Entrée d'une grotte dans la Valle de la Luna, un homme y a même perdu un bras selon la légende

Entrée d’une grotte dans la Valle de la Luna, un homme y a même perdu un bras selon la légende

C’est également dans la grotte que Manon décide de s’écorcher le dos et moi la tête. Il paraît que ça donne un côté aventureux de revenir avec des cicatrices, donc on teste, vous nous direz à notre retour. Les dépôts de sel de parts et d’autres se voient très bien : les traces blanches donne un côté unique à ce lieu, laissées par le lac lorsqu’il s’est retiré jusqu’au point le plus bas -là où il y a le salar- . Il y en a sûrement d’autres, mais vu que c’est la première fois qu’on en voit, ça reste unique pour nous. Après s’être baladé dans cette vallée, on contemplera le coucher de soleil depuis une vue panoramique depuis la vallée de la muerte, où les couleurs rouges des terres seront encore plus marquées avec le déclin du soleil. Dernière petite explication culturelle sur les apachetas, des petits tas de pierres que l’on a trouvé un peu partout dans le coin. Chaque pierre empilée indique une information pour s’orienter dans le désert, et ce que l’on rencontrera sur le trajet. La première pierre en forme de triangle indique la direction à prendre, la seconde renseigne sur le niveau de difficulté jusqu’à la prochaine apacheta, la troisième s’il y aura de l’eau sur le trajet… Et vous l’aurez compris, plus il y a de pierres, plus il y a d’informations. Ça fait énormément penser aux inukshuks au Canada.

Le lendemain, mercredi 2 juillet, on ira à Calama, point intermédiaire obligatoire pour rejoindre la Bolivie.

On aurait pu rester plus longtemps à San Pedro, soit pour faire du vélo dans les alentours, ou encore visiter d’autres sites. Cependant les points à visiter faisaient un peu doublons avec d’autres déjà vu, ou bien que nous verrons, tel que le gigantesque salar d’Uyuni. En attendant, direction Calama, à seulement 2h de route d’ici ! -durée qui est, il faut l’avouer, ridicule pour nous désormais !-

L’inaccessible Désert de l’Atacama

72h pour faire 1800km, c’est ce qui nous attend. Heureusement, on ne le sait pas encore. Voilà ce qu’on a prévu : faire Córdoba – Salta, puis Salta – San Pedro de Atacama. Tout ça doit prendre 29h, en comptant les 2 heures de correspondance.

Une nouvelle fois on avait des signes avant coureurs dès Córdoba : le bus a plus de 1h de retard au départ. L’organisation est très mauvaise, et ce qui nous fout les boules, c’est qu’on n’a pas pu profiter des délicieuses crêpes toutes justes préparées. Mais bon, on positive, on peut en refaire où on veut 🙂

Le bus arrive à Salta avec 1h50 de retard, soit à 00h50, 10 minutes avant notre correspondance pour San Pedro. Le bus pour San Pedro n’est toujours pas là, il nous reste 20 pesos argentins en poche, ils passeront en bricole. Alors que Manon revient vers moi toute contente d’avoir pu dépenser nos derniers pesos, je lui annonce une mauvaise nouvelle que des anglais viennent de me lancer : notre bus pour San Pedro n’arrivera jamais. La confirmation de cette annonce vient d’un chauffeur d’un autre bus de la même compagnie. Sur le coup des 2h du mat’, ça nous fait froid dans le dos.. Aucune annonce n’est faite, ici, faut aller à la pêche aux infos. Du coup, on dort dans le terminal afin de sauter sur l’ouverture des guichets à 8h. On n’est pas les seul à dormir ici, la température ambiante est de 10°C, on dormira peu, et mal, vous vous en doutez !

on roule à 15km/h, mais vu la route ça nous va !

On roule à 15km/h, mais vu la route ça nous va !

On sera au taquet toute la journée pour savoir quand on peut partir, le problème étant que la frontière Chilio-Argentine est fermée à cause de la neige. Accessoirement y’a aussi le problème qu’on n’a plus de liquide -et dire qu’on était tellement content d’avoir tout dépensé jusqu’au dernier peso !-, heureusement, le seul café-restau du terminal accepte les CB -et elle fonctionne surtout, ô joie-, ça nous permettra de nous nourrir.

On alterne entre prises d’infos et somnolence, car on est littéralement HS. Le froid de la nuit précédente lié à la fatigue nous a épuisé, et le froid de la journée n’y arrange rien ! J’aborde deux françaises que j’entends se poser derrière moi. La mère et la fille, cette dernière étant une vraie pile (Valérie 😉 ). Elles sont bloquées ici depuis 3 jours et doivent retourner au Chili car elles y bossent. Les compagnies de bus refusent d’ailleurs de vendre des billets tant qu’ils n’ont pas de certitude quand à l’ouverture de la frontière. Un vendeur d’une agence comprend notre situation et nous propose de garder gratuitement nos sacs, et nous donne un numéro -réservé aux entreprises- pour appeler la frontière afin de connaître l’état de la neige et donc ouverture éventuelle de la frontière. On ne fera pas appel à ce numéro car les 2 françaises viennent d’avoir la certitude que le bus de 1h du mat’ partira. Il est 17h. Le temps est d’un long quand vous avez froid, seuls les boissons et aliments chauds nous feront planer sur un nuage de chaleur. Manon voit les quarts d’heure défiler. In-ter-mi-nable. Enfin si, ça se termine rassurez-vous. Je redemande une ultime fois sur le coup des 22h si c’est sûr et certain que le bus partira -car on a moyennement envie de se retaper une nuit ici-, “Pas de soucis c’est sûr et certain”.

Minuit trente, au taquet, le bus est là et décolle à 1h, comme prévu -en dehors des 24h en rabe-. On est censé arriver vers 7h à la frontière, et 10h30 à notre destination. A 9h j’ouvre les yeux, le bus est arrêté depuis plus de 3h. C’est beau mais c’est con de ne pas avancer. Les multiples routes sinueuses et gelées de la cordillère feront flancher plusieurs camions qui se mettent en travers de ces routes aux bords abruptes. Le bus redémarre et slalom entre les bus arrêtés, les camions qui patinent et ceux accidentés, tout cela en frôlant les fossés. A ce moment il ne faut SURTOUT PAS regarder par la vitre, on voit juste : le vide. En se penchant au ras de la fenêtre : la roue à 50cm du vide. A côté de moi : Manon me regardant, sans doute voulant immortaliser une potentielle probable ultime vision agréable.

Lonnnnnnngue file de camions suite à un travers de l'un des leurs un peu plus bas

Lonnnnnnngue file de camions suite à un travers de l’un des leurs un peu plus bas

On arrive à la frontière à 15h. Il fait chaud au soleil, genre 18 degrés, mais le vent, lui, tourne plutôt vers les 3°C. Histoire d’augmenter les contrastes, dans le bus c’est une fournaise, 28 minimum, le soleil tape fort. On arrive à la douane argento-chilienne -perchée à environ 3500 mètres quand même-, jamais les gars n’ont tamponnés nos passeports aussi rapidement ! Mais pourquoi donc ? Car c’est la mi temps du match de foot Chili-Brésil ! On remonte dans le bus rapidement et là…. Attente. Je commence à avoir pas mal de douleurs à la tête, l’altitude sûrement.

Après une heure on n’a toujours pas décollé. La pile française, Julie, va à la pêche aux infos : le chauffeur est allé se planquer pour regarder le match de foot ! J’imagine que ça en fait rigoler plus d’un lisant ces lignes, mais entre Julie qui a du boulot urgent pour le lendemain -elle à une boîte de voyage de luxe-, et moi qui commence à avoir des débuts de malaises dû à l’altitude du col où on est : on a bien les boules. Putain de footeux, une vraie religion ici. Julie me donne de la caféine pour me booster, car voir des étoiles blanches partout commence à craindre quand même. Manon et d’autres passagers ont également mal à la tête. Le bus démarre, je suis pas au bout de mes sensations puisqu’on passe par un col à plus de 4000 mètres. Respirer calmement et essayer de dormir en ayant les pieds surélevés seront quasi mes seules préoccupations désormais. Julie donne également un cachet de caféine, son dernier, à Manon qui se sent un peu plus mal : bienvenue dans le monde des nauséeux !

Deux heures après avoir quitté la frontière on arrive enfin à destination. Entre les différences de température, le mal de l’altitude et la fatigue, je ne sais pas trop lequel nous accable le plus, mais dans mon coeur une chose me fait énormément plaisir : on est arrivé dans le désert le plus aride au monde, San Pedro de Atacama.

Salar du Desert de l'Atacama

Salar du Désert de l’Atacama

La beauté de Mendoza et de la Cordillère des Andes

Mendoza se situe à l’est de Valparaiso et Santiago, mais en Argentine. Pour y aller on traversera donc la Cordillère des Andes, mais cette fois de jour, sous un beau ciel bleu. Point important, on avait choisi nos places de bus à l’étage supérieur, devant la baie vitrée. Nickel chrome ! Être aux pieds de ces gigantesques montagnes nous émerveillera ! Entre celles enneigées, celles à la roche rouge genre “paysage de Grand Canyon”, les fleuves passant parfois, bref, vraiment merveilleux et l’impression de traverser plusieurs pays d’un coup ! (Ce qui n’est pas totalement faux d’ailleurs !) Je suis fatigué mais ne peux pas m’empêcher de rester éveillé pour contempler le décor qui s’offre à nous, enfin… surtout à moi car ma voisine voyage surtout avec Morphée 😉

On arrive à Mendoza le lundi 16 juin 2014 sur le coup des 16h (on oubliera d’ailleurs qu’il y a un changement d’heure, c’est ça d’être resté trop longtemps au Chili !). Un gars m’accoste à la descente du bus pour nous proposer un hôtel, il a l’air sympa mais on lui dit qu’on ne va pas s’affoler et prendre notre temps pour choisir, il est compréhensif et nous indique même où changer nos pesos chiliens : très bonne affaire. Sérieusement il y a un vrai trafic à faire ici ! On avait retiré en pesos chiliens pour 280€. Après les avoir échangé en pesos argentins, on a l’équivalent de 380€. On comprend pas trop comment fonctionne ces histoires de change, de taux et tout ça. Mais bon, on a trouvé en fin de compte de bons moyens de gérer nos problèmes d’argent en Argentine !

Moi contemplant l'horizon

Moi contemplant l’horizon

On conclu avec le gars, Walter, que nous jetterons un œil à son hôtel, mais qu’ensuite nous irons explorer les auberges alentours, en ne lui cachant pas que son tarif est trop haut pour nous. Il nous emmène gratuitement jusqu’à l’hôtel, qui est ma foi, nickel.
– “Bon, on va faire un tour et on reviendra peut-être, mais la chambre est parfaite”, lui lance t-on.
– “Le prix est trop élevé c’est ça ? Écoutez, je vous fais une ristourne”, nous répond Walter.
Il rentre dans notre budget, on pose nos sacs !

On se balade ensuite dans la ville et consulte l’office du tourisme histoire de prendre nos marques. Le lendemain on se promène dans un parc sympa, près d’un lac, initialement pour faire un tour de vélo que l’on pouvait apparemment louer pour pas cher, mais 8€ de l’heure chacun, c’est cher ! Pas grave, on marche 🙂
La ville est vraiment belle, il y fait bon vivre. Je me rappelle que jusqu’à maintenant on a eu les personnes qui disaient “Mouais Mendoza ça vaut pas la peine, passez votre chemin”, genre Daniel de Viña, et les autres, genre le voyageur Kannan, ou encore notre futur hôte de Córdoba qui vient de voyager 5 mois en Amérique du Sud et nous conseille d’y rester au moins 3 jours !

Il faut savoir qu’en Argentine (et au Chili d’ailleurs), les bus de ville vous ne pouvez pas les prendre comme ça à l’arrache. Pour éviter les agressions de chauffeurs, il n’ont pas d’argent. Du coup il faut acheter une carte (1€) que l’on crédite dans les kiosques, et que l’on passe devant une borne lors de la montée dans le bus.

Ce soir là on se fait un restau type buffet à volonté histoire de se faire péter la panse. L’un des employés a, d’après moi, plus de 60 ans. Ça m’attriste réellement de voir ce petit papy, qui serait bien mieux ailleurs. Là il ne fait que nettoyer les tables. Probablement le seul poste qu’il peut réaliser correctement, trop vieux pour la réception, trop lent pour la cuisine, et un peu de tout ça pour ne pas être à la compta. Bref, histoire de ne pas avoir la larme à l’œil, on se dit qu’il a aussi été jeune, et que c’était peut-être même un Daniel ! (Cf. l’article précédent sur Viña.)

Pris en photo par un rocher. Merci Rocher !

Pris en photo par un rocher. Merci Rocher !

Le Mercredi 18 juin on se lève à 9h, une excellente journée nous attend. Plutôt que de passer par des excursions organisées pour faire un tour dans la Cordillère des Andes, vers “Alta Montaña”, on décide de se débrouiller nous même en prenant un bus au terminal. Sérieusement, c’est une excellente option. La journée nous coûtera 10 fois moins cher qu’en agence, on aura aucune pression, et surtout, on sera 100% libre, mais venons-y.

La journée est couverte, on décolle de Mendoza sur le coup des 10h15, destination : Potrerillos. On arrive vers midi, on est à environ 1500 mètres d’altitude ; ça, je l’apprendrai en parlant avec un autochtone ! Pendant qu’on se pose pour manger nos casse-croûtes deux chiens nous abordent : “Wouaf wouaf”. Globalement, ils avaient un peu la dalle, mais restèrent pour autant très respectueux et calmes.
La suite est le plus intéressant, et pourtant ce que je peux développer le moins. Les images parleront d’elles-mêmes. On décide de marcher le long du lac, puis on contourne la route inondée, les 2 chiens nous rejoignent et suivent, voire devancent. On poursuit notre promenade jusqu’à une petite colline, qui donne sur un magasin de rafting et qui est surplombée d’autres collines que l’on décide de gravir. On arrive sur le sommet le plus haut à notre portée, et là, putain que c’est beau ! Le seul hic c’est la route à 800m de là longeant la Cordillère : le bruit des véhicules casse un peu ce moment de nature et de “seul au monde”, mais ça n’en restera pas moins merveilleux de partager ça ensemble, Manon, moi, et nos 2 amis canidés.

A 17h45 on choppe un bus retournant à Mendoza, en en ayant pris plein les mirettes ! On ne regrettera définitivement pas cette journée nous ayant coûté à deux 11€ (transport et nourriture), bien loin des 80€ des agences avec seulement le transport à plusieurs points de vus, aucune véritable liberté, et une journée épuisante de 7h à 19h ! Après on ne peut pas comparer vu qu’on n’a pas tenté les excursions vous me direz ! On vous laissera nous faire un retour si vous en faites un jour 😉

Manon libre !

Manon libre !

Le soir alors qu’on passe par le parc principal de Mendoza tout en discutant, un homme qui nous dépasse, la quarantaine, se retourne et nous aborde :
– “Vous parlez français ?”, tout en continuant à marcher devant nous
– “Oui un peu, on débute
Visiblement on fera un heureux, car il travaille ici et parler français quelques minutes semblait lui manquer. Il nous invitera à toutes les fêtes de son entreprise sur Mendoza et Córdoba !

Le lendemain on fait une visite un peu plus approfondie de la ville : musée d’histoire de la ville, musée d’art moderne (on ne sait vraiment pas apprécier, y’a rien à faire !) et aquarium (très décevant car les animaux semblaient tristes, étaient dans des aquariums ou bassins trop petits et pauvres en flore. Petite pensée pour Manon Claire : y’avait des gros Axolotes.). Le truc sympa à savoir, c’est que pour visiter les 3 ça coûte seulement 2€.

Le soir nous prenons un bus de nuit à 23h, direction Córdoba, théoriquement notre dernier point en Argentine.
Je dis “théoriquement”, car la moitié de nos points argentins ont été modifiés depuis l’itinéraire de base, alors on ne part plus avec autant de certitude qu’avant ! Si au Mexique on avait l’habitude de se dire “dans 3 jours on sait pas exactement où on sera, mais ce sera près de tel endroit”, aujourd’hui c’est plutôt “on sera à plus ou moins 1000km de ce point dans plus ou moins 3 jours”.

Vue sur le lac de Potrerillos

Vue sur le lac de Potrerillos, avec une schtroumpfette noire devant.

Viña del mar, Valparaiso et l’autre, Con-Con

Le Samedi 14 juin, on rencontre notre hôte de la soirée sur la place de Viña del Mar, une ville balnéaire collée à Valparaiso et donnant sur l’océan Pacifique. Première surprise, il fait chaud. Enfin…15°C, ce qui est déjà pas mal pour nous !
Notre hôte, Jaime (prononcez Raïmé) Daniel, il a 2 prénoms, ça nous laisse le choix ! Il a une bonne tête, mais il me fait rapidement penser à ces personnes sur Facebook qui ont une photo qui ne les représente pas du tout ! Bref, il vient de finir son footing et avant de nous ramener chez lui on va dans un supermarché pour faire quelques courses pour les 2-3 jours que nous resterons chez lui. Les sacs à dos sont lourds et c’est vraiment pas pratique de faire les courses dans ces conditions mais bon.

Daniel nous parle rapidement de sa grand-mère dont il était le chouchou parmi ses 3 frères, mais elle est décédée et il lui a laissé la maison qu’il occupe à Viña. Il nous dit avoir un diplôme dans le génie civil, et à la base il est brésilien, mais on ne comprend pas ce qu’il fait dans la vie.
Sur le trajet on croise une animation assez sympa. Un gars déguisé en une sorte de clown -mais pas comme ceux qui font peur à ma génération à cause d’un certain film !- s’amuse à taquiner les voitures bloquées à un feux rouge. Un conducteur jouant le jeu cède même sa place, le clown commence à se barrer avec la femme et les enfants ! Bien marrant, mais on continue notre chemin. Des courses et un taxi plus tard, on arrive avec Daniel devant chez lui. Deux filles attendent déjà, Eva et Ingrid. A 22 et 23 ans elles sont étudiantes, et coincées comme pas possible, limite froides. On ne comprendra pas exactement pourquoi elles sont chez lui, l’une d’elle semble venir d’arriver à l’instant, accompagnée par l’autre déjà dans ses quartiers.

Daniel qui s'étire avant de réaliser des exploits

Daniel qui s’étire avant de réaliser des exploits

Daniel nous montre là où nous pouvons dormir, il y a un lit une place TOUT NEUF, et il a un autre matelas qu’il propose de mettre dans sa chambre pour que j’y dorme “ça va aller si vous êtes séparés 2 nuits” me dit-il. Ah mais non mon Loulou, on va dormir ensemble en fait ! Et vu que le matelas est plus grand, on le mets dans la chambre à part, et on s’y installe. De toute façon il ne veut pas qu’on dorme à 2 sur le lit, car “il est vieux” -quand je disais neuf plus haut, je ne déconnais pas-.
On aide Daniel à faire la cuisine, on apprend un peu à le connaître. Enfin vraiment qu’un peu car on ne comprend toujours pas ce qu’il fait dans la vie, pourtant il ne fait que parler de lui. Il parle du Brésil, des maisons de sa grand mère et qu’il est en conflit avec ses frères pour l’héritage. Puis soudain il lance : “et vous qu’est-ce que vous avez à raconter ?”. Euh… Ben je sais pas là comme ça à froid, on fait un entretien en fait ? Nous on n’a pas de maison, et tout notre argent est dans ce voyage, quand on reviendra en France on sera ruiné et pourtant on est heureux, et sinon ? Sérieusement, on lui raconte que dernièrement on a eu pas mal d’hébergements où il faisait froid car pas de chauffage, ou bien où on n’avait qu’une minute d’eau chaude top chrono, il s’horrifie et nous dit qu’ici, pas ce type de problème ! Mais on le trouve un peu bizarre, tant dans son comportement que son rire enfantin exagéré (je vous laisse imaginer), mais il ne faut pas se fier aux apparences, et on décide le lendemain de l’accompagner pour le voir faire du surf et le connaître un peu mieux. Ça a l’air cool !

On mange tous ensemble, les filles sont d’un calme olympien, l’une rougit même quand Manon lui parle, elle est littéralement intimidée. Ingrid (ou Eva, on a un doute, mais vous avez raison, sur le fond, on s’en fout, donc : l’une des filles) a un petit chat de 5 mois, du doux nom de RICHARD (hum…). Daniel le prend, l’air empoté, pour faire genre “j’aime les animaux”, mais ça ne trompe pas, nous on les aime vraiment et ça se voit qu’il n’est pas doué. Pour vous aider à imaginer, c’est un peu comme si une mère tenait son nouveau né la tête en bas par les pieds. Mouais, il redonne le chat à Manon en lui avouant “c’est pas trop mon truc les animaux”.

Daniel nous apporte gentiment un chauffage d’appoint pour la chambre, et nous prévient que le lendemain il décolle pour la plage vers 9h. On lui dit ok, mais si on dort “vas-y sans nous” ! A 11h20 on ouvre les yeux, il est toujours là -pas dans la chambre hein, dans la maison- et n’a pas l’air bien motivé à bouger ! On lui demande ce qu’il prévoit, et prit d’une soudaine énergie “allez on va à la plage”. On l’accompagne, mais il est… Comment dire… On a du mal à comprendre son attitude, son comportement, il semble lunatique, et pédant à la fois. Sur le trajet il demandera à une voisine si sa maison est à vendre, et combien, et ira adresser la parole à un conducteur d’une BMW stationnée pour finalement -après 3 longues minutes à l’attendre- nous dire qu’il va en acheter une. Il se plaint également d’être le plus pauvre de ses frères. C’est assez rigolo quand on apprend qu’il est resté 8 mois en France et 4 mois en Italie, tout frais payé par feu sa grand mère. Quand on arrive près de la plage il me lance “regarde celle là ! C’est bien ! Et les Audi c’est [blablabla]”, je l’interrompts : “tu sais pour moi une voiture c’est un moyen de transport pour aller d’un point A à un point B, rien de plus”. Il ne nous parlera plus de voiture. 🙂

Les alentours de Valparaiso...

Les alentours de Valparaiso…

On apprend au passage que la ville où Con-con fait du surf s’appelle Daniel. Ou le contraire.
Il lance : “Raaaa je peine à rentrer dans ma combi, je suis trop gros hein”
Je réponds spontanément : “Oui, c’est clair” (l’habitude de dire : “Sí, claro !”)
On se pose pour manger et regarder tous les surfeurs dans une ambiance chaude -car il fait un bon 25°C au soleil, ça change d’il y a 2 jours !-. Il nous avait dit qu’il n’était pas très bon -et paradoxalement s’était beaucoup vanté d’en faire depuis qu’il était très petit- et effectivement, il surfera sur aucune vague en 1h. Il préférera ensuite rester à Con-con pendant que nous irons faire un tour à Valparaiso.

L’article est très grand, je vais beaucoup moins détailler la suite, ne partez pas !

Les transports ici c’est la galère, on peine à trouver où descendre, rien n’est jamais indiqué, il faut demander en permanence. On se retrouve dans des coins du type “décharge publique”, mais finalement on arrivera à faire un tour sur Valparaiso en début de soirée. Pour une ville dite animée, on tombera sur une fête foraine sans une seule musique, c’est d’un triste ! On retourne -en galérant à nouveau- devant la maison de Daniel. Il est 21h30. Je sonne, je vois sa tête mais il ne nous ouvre pas. Je recommence, il me voit bien, mais retourne dans la maison. Troisième fois. Bref, au bout de 3 minutes il daigne nous ouvrir. Poliment je lui demande comment ça va, il répond qu’il ne va pas bien du tout, et que demain matin il faut qu’on parte avec lui, à 7h du matin. On lui demande qu’est-ce qu’il se passe, mais il reste évasif, on insistera plusieurs fois dans la soirée, mais on n’en saura pas vraiment plus. En entrant dans la chambre, nos sacs ont été déplacés, on n’aime pas ça. Ambiance tendue.

Alors que Manon est sous la douche il me dit “il faut couper l’eau, dis-le à Manon”, à peine le temps de la prévenir qu’elle devra se rincer avec de l’eau glacée. Y’avait pas de problème d’eau chaude ici, juste un con qui la coupe. Avant de se coucher on va faire un tour vers lui et les filles parlant dans le salon, pour retâter l’ambiance. Pour quelqu’un qui n’est “pas bien”, il use bien trop de son rire débile et semble bien s’amuser aux cartes. La France met une raclée aux 3 autres puis on décide d’aller se coucher -sans chauffage cette fois-, il nous marmonne les yeux baissés que c’est sa tante qu’il doit aider le lendemain.

Valparaiso by night... ou presque !

Valparaiso by night… ou presque !

6h plus tard le réveille sonne, on passe une nuit courte et assez difficile avec Manon car on a des restes allergiques dû à la pollution de Santiago. À 7h10, vêtu d’une tenue de footing il nous accompagne dans la rue pour trouver un taxi mais aucun ne veut s’arrêter, il commence à pester en portugais. Après 10 minutes d’échecs, il nous dit qu’il faudra marcher 20 bonnes minutes pour rejoindre un grand axe et trouver un transport. Bref, tchao ! Il retourne chez lui, sûrement pour aider sa tante imaginaire qui va arriver en hélicoptère. On ne s’éloigne que de 200m de la maison et on trouve un taxi collectif qui nous emmènera au terminal de bus. Trente minutes plus tard voilà qu’on décolle pour Mendoza, en Argentine !

On a vraiment été sur le cul de tomber sur un type comme ça. Pas du tout la mentalité d’un voyageur, un pur matérialiste. Je me suis remis en question à savoir si lors de la sélection du couchsurfing je n’avais pas été un peu laxiste et accepté trop rapidement, mais honnêtement non, rien montrant qu’on tomberait sur un tel énergumène. On a tenté de rester une nuit de plus sur Valparaiso en couchsurfing mais l’autre personne (je prévois souvent un “secours”) n’était malheureusement pas dispo. Valparaiso est surtout connu pour sa vie nocturne, et Viña pour… rien (hors le vin de la région), donc pas grave si on ne reste pas plus longtemps dans le coin, on n’est sûrement pas passé à côté de grand chose.

Les 9h nous séparant de Mendoza seront magiques pour nos yeux, nous traverserons la Cordillère des Andes…

Santiago et nos belles rencontres

L’avantage de passer la nuit dans le bus c’est qu’on parcourt de grandes distances sans s’en apercevoir. On est parti à 21h30 de Puerto Varas et 12h plus tard (soit 1000km), les rideaux s’ouvrent, on nous apporte un petit déjeuner. Le réveil est difficile, on aurait bien dormi un peu plus mais nous sommes arrivés à destination : Santiago.

Nous sommes mercredi 11 juin, nous voilà dans la capitale avec nos gros sacs et une adresse à la main, celle de notre hôte qui nous attend. Ça fait 3 semaines que nous n’avons pas eu de couchsurfing. Andrés a 37 ans et vit seul dans un appartement situé dans un quartier calme. C’est un  voyageur depuis qu’il est majeur, il connaît bien l’Europe et l’Amérique latine. Un garçon intéressant et sympa avec qui on va partager de bons moments. On est installé dans son salon, la pièce principale et il nous laisse faire comme chez nous.

On décide de partir se balader dans la ville. Sur le plan, il y a pas mal de parcs, on a du mal à les trouver parce qu’en fait même quand on est dedans on ne s’en rend pas compte ! Ce n’est pas des coins de nature tranquille, seulement un peu d’herbe, des chemins goudronnés et parfois carrément un parking au milieu ou une grande avenue. On visite un peu le quartier “Brasil” santiago graphitisavec quelques rues aux maisons colorées et beaucoup de graphitis, parfois flippants. On commande deux chocolats chauds dans un bar. On demande toujours des “chocolate caliente” mais on ne nous apporte jamais la même chose. C’est la surprise. Parfois on a du chocolat chaud comme en France, d’autres fois on a du lait chaud avec du chocolat en tablette qui fond dedans et ici on nous apporte du chocolat fondu, comme la pâte d’un gâteau au chocolat pas cuite. Très bon, si on aime le chocolat !

Au retour, on reprend le métro mais cette fois aux heures de pointes… Très mauvaise idée ! On se retrouve dans la foule, un métro toutes les 3 minutes, impossible de monter alors qu’on est devant les portes, on se fait bousculer, les gens sont fous. Au bout de 3 métros loupés, on comprend qu’il n’y a que par la force qu’on y arrivera. Les portes ne s’ouvrent que quelques secondes, Kévin arrive à monter, je commence à crier de peur qu’on soit séparé, Kévin me tire à travers la foule et nous voilà comprimés dans le métro. Toute cette énergie pour se rendre compte qu’on n’est pas dans le bon ! Il y a un système de couleur et celui dans lequel on se trouve ne s’arrête pas à l’arrêt qu’on veut. On descend à celui d’après, on ne tente pas d’en reprendre un dans l’autre sens et on préfère marcher pendant 45 minutes pour rentrer à l’appartement.

Jeudi 12 juin 2014, la météo nous avait annoncé du beau temps mais il pleut, beaucoup. On change nos plans, on reste au chaud avec Andrés à papoter et on regarde l’ouverture de la coupe du monde de football (qui l’aurait cru !). Au milieu de l’après midi, le temps s’arrange un peu, on décide d’aller se balader autour de la “plaza de armas” -la seule que le guide de Puerto Varas nous avait déconseillée-. Un très joli quartier, Santiago est une ville vivante et agréable. On se fait aborder par un groupe de 4 lycéennes qui font un exposé pour leur cours d’anglais. On accepte d’y participer et on se retrouve à être filmé pendant qu’elles nous posent des questions en anglais. Sauf qu’on est habitué à parler espagnol… Du coup je comprends les questions mais je leur réponds spontanément en espagnol. Tant pis, j’espère qu’on les aura aidées. Elles avaient l’air contentes. On continue à flâner dans les rues et un chocolat chaud et une part de gâteau plus tard, on décide de rentrer.

On achète quelques pâtisseries pour Andrés et nous. Il avait fait de même. Du coup on se fait un énorme goûter avec café et thé, à 20h. Andrés ouvre ensuite une bouteille de vin et du fromage. Je n’aime pas et leur laisse vider tout ça à deux. Pendant ce temps, Andrés nous parle de ses voyages, nous montre des photos et vidéos (il fait de magnifiques photos, il a même travaillé un certain temps en tant que photographe). Et bien les paysages qui nous attendent au nord du Chili et en Bolivie semblent merveilleux…

santiago vueVendredi 13, grand soleil. Ça ne porte donc pas malheur et d’ailleurs ici, ce sont les mardis 13 qui portent malheur !
Andrés nous accompagne à la “cerro San Cristóbal”, une colline qui surplombe la ville. On prend un funiculaire pour s’y rendre. La vue est très belle. Santiago est entourée de grandes montagnes enneigées, magnifique. Un décors qui semble irréel autour de la ville qui s’étend sous nos pieds.

On rentre à l’appartement vers 17h pour ne pas louper la match de football. Ça en étonne sûrement certains vu qu’on ne s’intéresse pas au foot mais l’enthousiasme de toute la ville qui se prépare au match de ce soir est contagieuse. Le Chili joue contre l’Australie. Une amie d’Andrés nous rejoint, Teresa, 26 ans, professeur de religions et philosophie. On encourage l’équipe du Chili qui gagne finalement 3-1, un beau match. On fait connaissance avec Teresa, très gentille. Ça fait du bien d’avoir des conversations en espagnol et de bien comprendre. On finit même par avoir du mal avec certains mots français, par penser en espagnol et à franciser les mots. Quand on rencontre des gens plus âgés qui parlent vite, de choses qui ne nous intéressent pas trop et qui ne vérifient pas si on comprend, ce n’est pas top. Là on se sent entre amis.
Pendant qu’on mange, à la radio, on entend Vanessa Paradis chanter Joe le Taxi… Ils ne se rendent pas compte que les paroles sont stupides vu qu’ils ne les comprennent pas. Ça nous fait rire. Une bonne soirée s’achève. Le lendemain, c’est le moment de partir.

Ça nous a fait énormément plaisir de refaire du couchsurfing, rencontrer des gens, s’en faire des amis, partager, rigoler et avoir la gorge serrée au moment de se dire au revoir.
Nous voilà dans un bus direction Viña del Mar où nous attend un autre garçon, une nouvelle rencontre, un futur ami ?

El Chaltén, le cul de sac hivernal

Mardi 27 mai, 8h, nous voilà en route pour El Chaltén, à 3h de route de là. Pas tout à fait 3h en réalité, car entre les pauses interminables du chauffeur, la roue crevée qu’il changera, et les chiens errants qui monteront dans le bus, on aura un peu de retard, mais beaucoup d’animation !

En arrivant sur ledit lieu, soyons honnête, le temps est plutôt pourri. Comme d’habitude on demande à l’office du tourisme quelques endroits pour se loger. La femme -vous remarquerez qu’on se fait souvent conseiller par des femmes- nous indique sur notre carte les auberges ouvertes. Après être passé devant 3 auberges ouvertes, en réalité fermées, on décide de ne pas se risquer dans l’auberge pas cher qui pue la pisse -au premier degrés- que l’on vient de visiter, et on tape dans un hôtel bon marché et nickel.

Moment planification : quand et comment repartir au point suivant ? On retourne au terminal de bus. Surprise, la route pour aller au nord est fermée durant l’hiver car il n’y a personne qui l’empreinte -sauf nous-. Il faut donc retourner à El Calafate -à 3h au sud si les roues ne crèvent pas- pour reprendre un autre bus qui contourne cette route. *respiration profonde* après avoir pesté contre ce système débile, on décide de profiter à fond jusqu’au lendemain après-midi.

Il est 14h, tout ce que l’on peut faire avant que la nuit tombe -d’après notre conseillère à l’hôtel- ce sont les miradors du coin, environ 2h de marche. Sauf que, rappelez-vous, le temps est pourri, mais pas pourri genre il pleut, mais genre la ville, enclavée de montagnes, est surplombée d’un nuage géant. Les miradors sont bien sûr plongés dans les nuages, mais c’est soit ça, soit… rien !

La superbe vue sur la ville de El Chaltén

La superbe vue sur la ville de El Chaltén

Et vas-y Tintin qu’on se tape deux heures de trek, on mettra moins de temps que prévu, en revanche on verra ce qui était prévu : rien. Au moins on aura tenté ! En redescendant -tel des gazelles- on s’arrête au centre d’info du parc national, là le gardien nous dit que vu l’heure on a le temps d’aller voir une cascade à environ 1h de marche, soit 4km, pour le reste c’est foutu, il sera 18h et il fera nuit ! Pourquoi pas, j’ai les pieds défoncés mais vu qu’on repart le lendemain, faut en profiter !

Pour atteindre cette cascade il faut en fait longer la route, ce qui n’est pas top en randonnée, mais toujours mieux qu’avoir des pierres dans tous les sens quand vous avez mal aux pieds. 16h20 on décolle, je souffre, puis Manon aussi, nos petits sacs de trek nous paraissent tel des boulets sur le dos, mais on arrivera à cette cascade 1h plus tard. Franchement, on doit pas avoir le même sens du “kilomètre” car quand vous voyez un panneau “1km” et marchez pendant 25min hein….. Bref, je pense honnêtement -et sans écouter mes pieds- qu’on a frôlé les 6km. La cascade n’était pas magnifique, contrairement à la vallée que nous voyons sur le trajet, avec son fleuve zigzaguant au milieu. Le retour sera douloureux, mais tel des Saint-Bernards, courageux et endurants, nous arriverons à destination sains et saufs, et juste avant la nuit.

Le lendemain matin, un petit déjeuner copieux nous attend, et tant mieux, car ensuite on décolle pour une randonnée de 4h -annoncée à 2h l’aller- pour admirer la Laguna Capri. La veille le gardien de parc nous avait vendu du rêve en nous disant que c’était assez plat, seulement un peu de pente au début. Dans la réalité, après 1h de pente nous rappelant parfois Blue Mountains en Jamaïque, on désespère.

Laguna Capri

Laguna Capri, cherchez Charli

La végétation est assez pauvre, ça donne un côté steppes arides aux montagnes, tout est très jaune, la saison y est pour beaucoup certes, mais il y a surtout beaucoup d’arbres morts, de zones dites en “récupération”. On croisera des cousins de Woody Woodpecker. Tel des loups chassant leurs proies, notre énergie fulgurante nous permis d’atteindre ladite lagune en moins de temps que prévu. Elle était mieux en photo -quand il fait beau- ! On en profite pour également admirer les glaciers environnants, ça vaut le coup, y’en a partout. Ça aurait été encore mieux de plus près, mais c’est à 3h “aller” de là où nous sommes. On prend le chemin du retour, sous la pluie. Sur le trajet aller, après une heure de marche nous avions inscrit dans la terre sur un côté du chemin “MK 1h”, indice précieux pour se rassurer durant le retour de “on arrive quand putain ?”. En repassant dans ce coin, d’autres randonneurs nous avaient copiés, mais eux, on n’arrivait pas à les lire. Rapides et agiles, tel des rapaces, nous parcourons le chemin inverse en moins de 1h30 -en même temps : en descente et sous la pluie, ça motive-.

Cousin de woody woodpecker

Cousin de woody woodpecker

A 17h on reprend un bus increvable direction El Calafate, où nous retournons dormir à la même auberge que précédemment, et dans la même chambre (et à nouveau seuls !). On est content car quand on quitte un lieu, on se dit qu’on ne le reverra pas de si tôt, mais retourner 36h plus tard dans un endroit qui nous a plu nous réchauffe le cœur, tel le ronron d’un gros matou tout doux.

Jeudi 29, nous quittons en fin d’après-midi El Calafate. On espère ne pas se retrouver dans un autre cul de sac, surtout qu’on part pour 27 heures de bus -j’ai bien écrit 27h, oui-. Je publie en réalité cette article juste avant qu’on parte. Oups, changement de plan. En se réveillant jeudi, à 9h, coupure d’électricité… Dans toute la ville ! Du coup impossible de décharger nos appareils numériques, impossible de publier cet article et le plus grave : impossible de prendre nos billets de bus.

En arrivant au terminal de bus, la femme du guichet nous annonce le prix des billets, la conversation ressemblait alors à ça :
– Ça fera donc 210€.
– On ne peut pas payer en CB bien sûr ?
– À cause du problème d’électricité, seulement en espèce.
*qui se balade avec autant d’espèce sur lui sérieux ?*
– Oui mais on n’a pas assez en espèce et forcément on ne peut pas retirer aux distributeurs, donc on pourrait payer à une ville intermédiaire ou bien à l’arrivée, on l’a déjà fait de Rio Grande à Punta Arenas.
– Mais ce n’était pas avec notre compagnie, avec nous ce n’est pas possible de monter dans le bus sans avoir payé, ceci pour des raisons de sécurité.
*ah ben oui c’est dangereux de monter sans payer, c’est sûr*
– Donc si il n’y a pas d’électricité pendant 3 jours on ne peut pas quitter la ville ?
– Je suis désolée ce n’est pas de notre faute.
*t’as raison, fuis le problème !*

Elle ne voulait rien entendre et repartit piailler avec ses collègues dans le bureau voisin. Avec Manon, on est en ébullition. On se voit déjà se foutre sous les roues du bus. 20 minutes plus tard, soit 15 minutes avant que le bus ne parte, une autre guichetière arrive, on lui saute dessus ! Elle nous baratine la même chose, puis on lui lance :
– Et sinon, on peut prendre en espèce un billet jusqu’à la prochaine ville, Rio Gallegos, à seulement 4h, et à ce moment payer un autre billet pour aller à Bariloche ? (Bariloche c’est le terminus du bus, à 27h de là, d’où on prendra un autre bus pour rejoindre l’île de Chiloé)
– Ah ben oui.
– Ben voilà, y’a une solution vous voyez.

Ce qui nous a le plus gonflé, c’est qu’en plus d’être intransigeantes, de n’avoir aucun côté humain, elles n’ont même pas essayé de trouver une solution pour nous aider, alors qu’elles n’avaient que ça à faire, et préféreraient piailler entre elles. On se croyait presque en France ! 😉

Bref, au final, le croirez-vous, ça nous est revenu moins cher de payer en liquide le trajet jusqu’à la première ville et en CB la suite. Allez savoir le pourquoi du comment !

Et vous savez la meilleure ? Sur le trajet, on croise une femme ayant eu une panne de voiture au milieu de nulle part. Elle montera dans le bus et ils la feront payer ensuite… J’ai presque envie de dire : LoL.

El Calafate et son glacier géant

Les tampons des passages successifs de la frontière Chilio-argentine s’accumulent sur le passeport ! Se balader en Patagonie nous oblige à traverser la frontière : mais ça vaut le coup 🙂
Après plus ou moins 5h30 de bus -ce qui passe très vite quand vous avez la tête dans le… – on arrive à El Calafate. Bon apparemment ici y’a principalement un glacier à admirer : Perito Moreno. On descend du bus sur le coup des 14h et on vérifie les activités du coin avec l’office du tourisme, on en profite pour savoir où dormir ce soir. La femme nous met des petites croix sur la carte pour nous indiquer les hôtels dans nos prix, on charge nos gros sacs, et c’est parti !

Après 15 minutes de marche, on se demande si il n’y aurait pas eu une épidémie dans la ville, elle est vide ! On arrive devant le premier hôtel. Il est fermé car en rénovation. Next ! Second hôtel, fermé car en rénovation également ! 10 minutes plus tard, on arrive sur le troisième, et devinez quoi ? Non, il ne sera pas “fermé car en rénovation”, il sera “fermé” tout court. Bref, au bout d’un moment on tombe sur ça :calafate hotel

On trouve ce style “chalet” trop beau, on y pose donc nos (gros) sacs ! C’est en fait un hôtel restaurant, dont les chambres communes rentrent bien dans notre budget. Enfin “chambre commune”, il n’y a que 4 lits, et on est et sera tout seul. On retourne faire un tour pour contempler Laguna Nimez, une réserve naturelle à la périphérie de la ville, qui fait penser à la Camargue. L’ambiance de la ville est de type montagnard, chalets, maisons atypiques : un chocolat chaud s’impose à nous 🙂

Le lendemain on décide de prendre le dernier bus matinal allant au glacier (à 9h30), histoire d’être bien reposé : on nous a annoncé un gros trek de 4h. Manon flippe un peu car la femme nous ayant hébergés à Puerto Natales lui a refilé son mal de gorge. Mais cette journée sera une grosse surprise !

calafate lagunaSeuls les 40€ à payer pour accéder au parc naturel où se situe le glacier nous refroidiront. Sur le trajet les paysages sont sublimes. On aperçoit le glacier au loin, une femme du bus se précipite avec son téléphone pour le prendre en photo de façon très approximative, à croire qu’elle n’a pas bien compris le thème de la journée ! Les gens sont parfois si curieux !

Une petite fringale comblée et on fonce pour ce fameux trek, mais en fait, c’est pas du tout un trek devant le glacier : tous les chemins sont surélevés avec des plateformes de métal et entourés de grosses barrières en bois. Des parcours sont affichés à l’entrée, le plus difficile est annoncé à 1h, du coup, on se dit que là on tombera sûrement sur des paysages encore plus beaux et naturels ! Oui et non (clin d’oeil à Victor) : plus beaux car plus près du glacier, mais toujours des chemins barriérés et métallisés. Ça explique pourquoi on croise autant de familles, de gamins et de vieux ! On est loin du pic de Blue Mountains ou encore du parc naturel d’Ushuaia ! Bref, leur parcours d’une heure est fait en 30 minutes, on enchaîne donc avec d’autres pour admirer le glacier.

Y'a des gens en bas à gauche, si si, cliquez pour agrandir !

Y’a des gens en bas à gauche, si si, cliquez pour agrandir !

Le glacier (oui, je vais enfin en parler !) est gigantesque. Une cinquantaine de mètres de haut, et une profondeur de… en fait on ne voit même pas jusqu’où il s’étend (on apprendra qu’il fait 14km de long, pas étonnant de ne pas voir le bout !). On a essayé de capturer cela en photo, mais comme bien souvent avec de tels paysages, c’est difficile de se rendre compte. On aurait pris des glaçons dans une flaque d’eau avec un petit tas de terre derrière que vous pourriez croire que c’est pareil. Ce type de paysage est vraiment à voir de ses propres yeux, on se sent ridicule, tout petit fasse à ce monde de géant, on s’imagine bien voir arriver une grosse main d’un être gigantesque de par dessus les nuages ! Mais aucune main n’est arrivée bien sûr. En revanche, ce qui est arrivé, c’est plusieurs bruits de craquements provoqués par des morceaux de glace, parfois de la taille de plusieurs hommes, s’effondrant ensuite dans l’eau. Magique, bien que je trouve triste de voir un glacier reculer. On a quand même peiné à voir ces effondrements, on les entendait seulement, mais la faute à la vitesse du son, trop lente pour nous atteindre avant que la glace n’ait touché l’eau. On regrette tout de même de ne pas pouvoir approcher ce glacier à pied de plus près et librement -on aurait pu sauter les barrières, mais il y avait pas mal de gardes du parc qui se baladaient, on n’aurait pas fait long feu !-

Le lendemain, lundi 26 mai, on prend une journée pour se reposer de ce trek épuisant… Non sérieusement : Manon est un peu malade et nous avons besoin de réorganiser nos trajets et points d’arrêt en Argentine car nous avons dû supprimer tous nos points sur la côte est, ne présentant pas d’intérêt en cette saison. Une semaine à répartir ailleurs, basé sur les conseils des personnes rencontrées -ce qui est beaucoup plus pertinent qu’Internet-.

Prochaine étape : El Chaltén, 4h au nord de El Calafate. L’aventure en Patagonie continue !

Rio Grande et les premiers vrais échanges Argentins

Nous sommes le lundi 19 mai 2014, et nous partons en directions de Rio Grande ! Cette ville au nom sulfureux est en fait aussi grande qu’Ushuaia, sauf que c’est une ville paisible -comprenez, il n’y a rien à y faire-. On y va parce qu’initialement c’est sur notre trajet, mais surtout on s’y arrête car un couple de jeunes mariés nous a invités chez eux. Sur le trajet j’aperçois à nouveaux de très beaux paysages, et même des lamas, les premiers que je vois dans la nature, et non en zoo ou en cirque, yes !

Nos hôtes, Ana et Diego se connaissent depuis presque 2 ans et sont déjà mariés depuis 3 mois -ce qui donne des idées à Manon-, ils ont environ nos âges, comme d’ailleurs la majorité des hôtes nous invitant.
À peine Ana nous dépose chez eux, nous rencontrons Diego, son mari, et ils filent chercher un autre couchsurfer : Kanaan.

S’annonce une soirée pleine de souvenirs, Kanaan vient d’Alaska, mais pas en avion ou en bus, non : en vélo ! Il est parti avec 5 potes de chez lui il y a 2 ans pour atteindre Ushuaia, certains ont préféré enquiller plus rapidement, d’autres sont retournés en Alaska, du coup il est tout seul, mais presque à destination ! Ils ont même un blogue, en anglais bien sûr : http://www.atripsouth.com/

Il parle doucement, et reste humble sur son espagnol, trop humble car en réalité il se débrouille mieux que nous ! On apprend donc à se connaître les uns les autres, alternant entre anglais et espagnol.

Entre temps Kanaan m’apprend ce qu’il sait de l’art du maté, une sorte de thé typique de l’Argentine, entourée de plusieurs règles de conduite :
– “Vas-y tu peux goûter mais c’est un peu chaud”
*slurp*
– “AAAAAAH c’est brûlant !”, souffrais-je.
Bref, un garçon adorable, qui est bien content d’atteindre des régions froides après s’être tapé 2 ans d’été !

Nos hôtes nous font une pizza maison, de la pâte à la sauce ce fut en un mot : délicieux !

Le lendemain matin je mets mon réveil à 9h pour dire un au revoir à Kanaan qui m’avait confié qu’il partirait tôt -et on a visiblement la même définition de tôt : avant 11h-
Journée repos, car depuis notre arrivée en Argentine impossible de faire de vraies nuits, on a toujours des choses à faire, et donc des nuits écourtées. Ne nous dites pas qu’on est en “vacances” ! Je vous assure -pour ceux qui en douteraient- que ce n’est pas de tout repos de voyager en changeant d’endroit tous les 2/3 jours.

On s'impose !

On s’impose !

Le soir, on rencontre Marco et Yami, 2 amis fort sympathiques de nos hôtes. Eux aussi ont dans nos âges, mais sont mariés depuis 6 ans ! -Manon bondit-
La rencontre se fait au bowling, où les français (donc nous) s’imposeront en mettant clairement une raclée aux argentins : mes 3 strikes d’affilé en fin de partie les achèveront, histoire de montrer qui est le patron ici -petite référence à Rémi Gaillard et le poker-. Diego nous quitte ensuite car chez eux, avec les amis, ils jouent au foot de 23h à minuit. Un peu tard non ?

Une petite visite de Rio Grande en voiture by night nous confirmera qu’il n’y a rien dans cette ville.
Entre temps, nos hôtes nous ont énormément aidé à planifier notre départ pour notre prochaine destination, et modifier quelques points de notre itinéraire dans leur pays.

Vient le lendemain matin, mercredi 21. Ils nous déposent à la station de bus, la guichetière n’est toujours pas là mais ils doivent partir car ils bossent -eux-.
Il faut à ce stade savoir que la veille on a testé 3-4 distributeurs dans la ville, et aucun ne voulait nous donner de l’argent. D’après Diego, c’est parce que la ville n’est pas touristique. Tant qu’on peut payer par carte, on peut s’en sortir, mais voilà, la guichetière n’a pas l’appareil pour les CB. Argh. Je fonce au distributeur du coin, “no functiona”, je pique ensuite un sprint, 600m plus loin : “no functiona”. Bref, pendant 45 minutes je tombe sur des gens qui m’aident comme ils le peuvent, mais au final impossible de trouver du liquide, quand soudain, le distributeur devant le bus fonctionne ! Mais il ne sera pas d’accord pour nous aider non plus… Fausse joie.
En revenant -bredouille- vers Manon, on nous fait remplir les papiers d’immigration pour le Chili, et à force de négocier, on nous dit qu’on pourra payer une fois au Chili, à Punta Arenas, destination intermédiaire du bus. De là, on espère pourvoir poursuivre le trajet jusqu’à Puerto Natales…

Mexique : Le bilan

Après un mois passé au Mexique, voici ce qui nous a le plus marqué :

– Les gens : chaleureux et attachants
Certains nous ont contredit en disant que nous étions touristes, donc forcément les gens seraient gentils avec nous pour que l’on donne une bonne image du pays, ce qui attirera de nouveaux touristes et fera tourner les affaires. C’est tout a fait possible. D’ailleurs regardez cette affiche trouvée dans un musée de Villahermosa :

villahermosa accueil touristes

Bonne traduction 😉

Mais beaucoup de rencontres hasardeuses et hors des sentiers touristiques nous ont également donné l’impression d’une mentalité profondément chaleureuse.

– La chaleur parfois étouffante, voir même mêlée à l’humidité
Poza Rica et Villahermosa furent des villes torture, où nous ne cherchions pas seulement l’ombre, mais aussi la climatisation. Chaque pas à l’extérieur était un calvaire. Les nuits sans clim affreuses.

– Les sites archéologiques
On en a visité 6 et ceux que l’on trouve les plus beaux sont ceux de Palenque et El Tajin. Pourquoi ? La végétation présente sur ces sites donnant la sensation de nature mêlée au côté archéologique, les points de vues permettant d’admirer ledit site. Ou encore l’architecture même.

– La vie pas chère par rapport à la France, notamment les taxis. 1 menu MacDo ici = 3 en France -l’exemple est juste pour comparer facilement vu qu’il y a des MacDo dans énormément de pays du monde, n’allez pas croire qu’on est allé au Mexique pour se faire des MacDo ! C’est faux, on y est allé qu’une seule fois, promis juré-

L’un des buts principaux de notre voyage est le contact avec la population locale. Grâce au couchsurfing et aux gens avenants, on est plus que satisfait !

Quelques chiffres :
– On a fait 7 couchsurfings différents
– 17 nuits en couchsurfing, 6 nuits à l’hôtel, 3 nuits dans une auberge de jeunesse et 1 nuit par terre à l’aéroport
– On garde contact avec 9 personnes
– Budget prévisionnel : 723€/personne soit environ 26€/jour/p
– Budget réel : 765€/personne soit environ 27€/jour/p

Un des autres objectifs est d’améliorer notre espagnol. On a encore 4 mois pour nous perfectionner mais on arrive à converser pendant toute une soirée en comprenant la majorité des choses. C’est rassurant pour la suite, quoique… On nous a prévenu que les accents et certains mots sont très différents dans les autres pays et qu’ils ont du mal à se comprendre entre eux. Sûrement comme les français et les quebecquois ? Nous verrons !
Et puis avant cela, 2 semaines en Jamaïque avec comme langue locale l’anglais, de quoi nous perturber un peu.

Nous avons fait un petit tableau pour comparer ce que l’on préfère en France par rapport au Mexique et vice-versa.

France

Mexique

Climats/saisons

+

Aides (logement, chômage, bourses…)

+

Possibilités de voyages (nombre de jours de vacances + l’argent gagné)

+

Gens/mentalités

+

Règles souples (vente dans la rue, arrêts de bus, passer son permis)

+

Boire l’eau du robinet

+

Hygiène toilettes, eau chaude pour la douche

+

Au Mexique, les gens sont vraiment sympas (je pense que vous l’avez déjà compris), les règles sont plus souples : ils achètent leur permis de conduire à 18 ans (pas d’examens à passer), ils ne respectent pas toujours les limitations de vitesse ; pas besoin d’autorisation pour vendre des choses dans la rue ; les bus peuvent s’arrêter à l’endroit exact où tu veux descendre…

Par contre, il fait vraiment trop chaud ; il y a beaucoup de chômage comme en France, mais eux ils n’ont pas d’aide au chômage, d’aide au logement, de bourses pour les études ou d’aides pour la naissance d’un enfant ; ils ont droit à seulement 3 semaines de vacances par an et ne gagnent pas assez d’argent pour se permettre de voyager longtemps dans un pays plus riche (les enfants ont également moins de vacances) ; l’eau du robinet n’est pas potable ; il n’y a pas toujours d’eau chaude…

Conclusion : la France gagne, on ne s’installera pas au Mexique. On imagine déjà le visage de certains de nos parents s’illuminer à cette annonce 😉 .

Néanmoins, ce mois au Mexique s’est déroulé sans problème (pas de soucis de santé et pas de vol d’affaires ou d’argent) et nous laisse plein de souvenirs et de merveilleuses rencontres.

Ce qui va le plus nous manquer : les mexicains même, et notamment leur façon de dire “Síííí” en guise de “mais oui pas de problème, tout est possible”.