Bilan global du voyage en Amérique centrale et latine (2014)

Ultime article reprenant cette période de notre vie : un bilan, pour les gros points qui nous ont marqués, et ce qu’on a pu placer nulle part ailleurs !

Quelques Chiffres

Budget
Pour 5 mois (hors équipements, avions et pharmacie)

  • prévisionnel : 4200€/personne
  • dépensé : 3900€/personne

-Voir l’article “Budget dépensé en Amérique Latine” pour les détails-

Divers

  • 234h de bus d’Ushuaia à Lima
  • 15 GO de photos et vidéos
  • 4000 photos
  • 5 mois d’aventure en mode routard
Tulum, Mexique

Tulum, Mexique

Points positifs et négatifs par pays

Mexique
– Les plus :

  • les gens souriants, sympathiques et attachants
  • les sites archéologiques
  • le coût de la vie

– Les moins :

  • la chaleur parfois étouffante à certains endroits
  • les moustiques

Jamaïque
– Les plus :

  • la plage de Longbay gratuite, désertique mais surtout magnifique
  • les belles montagnes recouvertes de jungle
  • coût de la nourriture

– Les moins :

  • population pauvre qui nous voit comme des portes monnaie sur pattes
  • excursions hors de prix
  • nourriture très épicées
  • conduite rapide et dangereuse, routes mal entretenues
  • moustiques
Ushuaia, Argentine

Ushuaia, Argentine

Argentine/Chili
– Les plus :

  • les paysages fabuleux
  • la nourriture (Dulce de leche/Manjar, Empanadas)
  • échanger des pesos chiliens en argentins fait gagner de l’argent

– Les moins :

  • manque de chauffage et d’eau chaude quand il fait très froid
  • problèmes pour retirer de l’argent en Argentine (retraits limités à 100€)
  • pourboire de 10% casi obligatoire au Chili
Perito Moreno, Argentine

Glacier Perito Moreno, Argentine

Bolivie
– Les plus :

  • le coût de la vie
  • quelques beaux paysages

– Les moins :

  • la mentalité des boliviens (froids, distants, menteurs)
  • manque de chauffage et d’eau chaude
  • nourriture peu digeste sûrement lié à un manque d’hygiène général
  • haute altitude (=mal des montagnes)
  • routes en très mauvais état sur certaines parties et manque de communication de la part des chauffeurs
  • pas ou peu Internet

Pérou
– Les plus :

  • les paysages fabuleux
  • les gens sympathiques
  • le coût de la vie

– Les moins :

  • attention aux voleurs
  • Huaraz trop bruyant (coups de klaxon perpétuels)
  • excursions chères
Près de Potrerillos, Argentine

Près de Potrerillos, Argentine

Rencontres et couchsurfing
Le Mexique a été le pays ayant la population la plus accueillante et chaleureuse. Avec casiment un mois de couchsurfing, c’était le pays des nombreuses rencontres.
Le Pérou se classe tout de suite après. Moins de couchsurfings mais des gens généralement très sympathiques.
Au Chili et en Argentine, y’a des gens sympas, le couchsurfing est possible mais y’a aussi des gens froids.
Les jamaïcains sont souriants mais il y a toujours un rapport à l’argent qui rend difficile les relations amicales.
Les boliviens sont froids et distants, impossible d’échanger avec eux (en dehors de rares exceptions).

Près de Potrerillos (mais quand même plus loin que l'autre), Argentine

Près de Potrerillos (mais quand même plus loin que l’autre), Argentine

Paysages
On a vu énormément de belles choses mais ce qui nous a le plus émerveillé, dans l’ordre croissant :

  • la Patagonie (Ushuaia, Torres del Paine, el glaciar Moreno) avec ses immenses glaciers et montagnes enneigées se reflétant dans les étendues d’eaux calmes
  • Huaraz (au Pérou) avec ses lagunes bleues turquoises et ses monts enneigés
  • le Machu Picchu (au Pérou), site Inca au milieu de montagnes verdoyantes
  • le désert de l’Atacama (au Chili) avec son sable orangé et ses grands geysers
Geysers del Tatio, Chili

Geysers del Tatio, Chili

Nourriture

  • Respect des végétariens
  • Épicé au Mexique et en Jamaïque
  • Tortillas
  • Empanadas
  • Dulce de leche
  • Milanesas
  • Lamas
  • Cochon d’Inde grillé dans le sud du Pérou (on n’a pas goûté, ça nous dégoutait et attristait visuellement)
  • Bons jus de fruits naturels avec des vrais fruits pleins de pépins et surement sans OGM
  • Poulet à toutes les sauces !

Coutume et habitude commune aux pays
Une seule bise, pas 2, pas 3 (comme en Ardèche du sud 😉 )

Machu Picchu, Pérou

Machu Picchu, Pérou

Nos galères
Le voyage s’est passé sans gros problèmes : pas d’agression, de grave maladie ou de vol (en fait si mais ça compte qu’à moitié vu qu’on a tout récupéré). On a tout de même eu notre lot de petites galères tel que :

  • La journée de Blue Mountain : gravir une montagne sans avoir à manger pendant une journée sous un soleil brûlant et attendre notre chauffeur jusqu’à la nuit
  • Des nuits froides sans chauffage (dormir avec veste, bonnet, chaussettes…)
  • Ne pas avoir d’eau chaude (très nombreuses douches froides ) ou pas d’eau tout court
  • Une nuit blanche et toute la journée dans un terminal de bus en souffrant du froid
  • Le mal de l’altitude
  • Pas manger pendant 24h (pourtant on voulait manger nous !)
  • Pas prendre de douche pendant plusieurs jours
  • Dormir parterre (avec le lot d’insectes que ça inclut), sur des chaises ou dans des bus (pas des bus couchettes bien sûr)
  • Rester dans un bus pendant plus de 24h
  • Être malade au milieu d’un salar dans le froid
  • Retirer de l’argent et ne pas avoir les billets (on a récupéré notre argent 1 semaine avant de rentrer en France)
  • Louper notre ville de destination à cause du chauffeur de bus et se retrouver 3h trop loin
  • Être malade à cause de la nourriture avec pas toujours de toilettes à disposition
  • Se retenir de pisser pendant des heures à en avoir mal au ventre
  • Laver ses vêtements à la main (souvent à l’eau gelée, ou la technique à Kévin : laver sous l’eau tiède pendant sa douche !)
  • Subir la désorganisation des excursions
  • Se faire fouiller nos sacs, voler des vêtements, passer la nuit au commissariat, faire une déposition en espagnol
Huaraz, Pérou

Vue depuis la Laguna Churup, Pérou

Ce que ça nous a apporté

  • La découverte culturelle
  • Ça nous a enlevé les préjugés qu’on avait tels que penser que l’Amérique latine est sous développée au point qu’ils vivent comme en Europe il y a vingt ans : ceci est totalement faux, ils vivent comme nous en France, ils ont des iPads, Internet haut débit et tous les équipements usuels et ménagers courants en Europe.
  • Apres avoir enduré toutes ces petites galères, toutes ces aventures font qu’aujourd’hui on arrive à apprécier les choses les plus simples comme avoir un lit pour dormir, des toilettes ou de l’eau chaude. Et on peut traverser la France entière sans que le trajet nous paraisse long ! (Enfin… Manon a surtout écrit ça car c’est Kévin qui conduit ! hein ? ^^)
  • Un plus gros coeur. Généralement on parle plutôt de gain en endurance (après toutes ces grandes randonnées en haute altitude)
  • De s’être amélioré en espagnol (c’est agréable de passer de “notion” à “courant” *sentiment de fierté*)
  • Des paysages fabuleux pleins la tête, que les photos nous rappellent, mais croyez-nous, les photos, c’est vraiment que des photos
  • De nombreuses bonnes rencontres qu’on n’oubliera jamais, car l’aventure aurait été tellement différente sans eux : Jorge notre premier couchsurfing, Alexandro de Villahermosa, Gerry et Magaly, Melissa et Sarah, Alejandro de Puerto Maya et Eliana, Mariela, Joel le petit con qui nous a fait pleurer au moment des aurevoirs, Rastaman, Diego de Rio Grande et Ana ainsi que leurs amis Marcos de Rio Grande et sa femme Yumi, Matthieu le québécois, Andrés et Teresa, Diego et Marcos de Córdoba, Tifany la mexicaine baroudeuse sans appareil photo (tout dans la tête !), Paul le français croisé dans l’Atacama, les espagnols David et Rachel, Marion et Halim du sud de la France, Justine, Kevin (AQP rocks !), Maria l’hollandaise, les lituanniennes Gintė et Ieva, Aude, Cathia (sosie de toi Magali !) et Julien encore 2 français, Florian le roux tout fou de Lyon, Edgardo… Et tout ceux dont on n’a pas su le nom, sans qui ce voyage n’aurait pas pu être aussi enrichissant.
Laguna 69, Pérou

Laguna 69, Pérou

Cette aventure fut donc extrêmement enrichissante (qui l’eut cru !), beaucoup de personnes nous ont suivis via ce blogue (ce qui nous a fait vraiment très plaisir !), on a rencontré plein de gens de tous les horizons, on s’est ouvert l’esprit encore plus qu’il ne l’était, bref, une page se tourne, mais le côté positif (parce qu’être positif, c’est mieux quand même dans la vie), c’est qu’une nouvelle page est déjà en cours d’écriture, sûrement plus courte, mais tout aussi excitante que celle-là le fut. Comme on l’a énormément entendu durant le voyage, rien de tel que clôturer sur un précieux mais puissant émotionnellement : ¡ Que le vaya bien !

Ushuaia

Ushuaia

PS : une petite surprise en 360°, juste >> là <<

Les chiens errants

En France, on ne voit pas beaucoup de chiens errants. Les toutous qui n’ont pas de foyer sont en général envoyés à la SPA ou dans des refuges.

En Jamaïque, il y a tellement de pauvreté, tellement de personnes qui vivent dans la rue que les chiens sont loin d’être leur préoccupation. Du coup, ils vivent dans la rue également et tentent de survivre. Survivre est le mot approprié. Ils sont si maigres qu’on voit leurs côtes, les femelles ont les tétines qui pendent, ils sont sans cesse à la recherche de nourriture, à fouiller dans les déchets et ils ont tous ce regard triste dans lequel on devine leur détresse. Ils ne sont pas agressifs pour autant. Ils cherchent du réconfort auprès des Hommes et une caresse suffit à les rendre heureux, au moins pour quelques instants.

En Argentine et au Chili, il y a autant de chiens errants qu’en Jamaïque. Il y en a partout : dans les grandes villes, les petits villages, les arrêts de bus isolés, les lieux publiques…
Mais nous avons constaté une grande différence : ils ne sont pas maigres et n’ont pas ce regard triste qui nous faisait tant de peine. Ils sont même plutôt bien portants, avec une épaisse fourrure pour se protéger du froid, de vraies peluches vivantes !
Le sujet m’a beaucoup intrigué, j’ai donc mené ma petite enquête.

chiens errants 3Il y a des associations qui tentent de s’en occuper mais il y en a tellement que ce n’est pas demain la veille que le “problème” sera réglé. J’ai mis problème entre guillemets car après avoir pris du recul sur la situation, je ne suis plus certaine que ce soit un réel problème. En effet, les chiens n’ont pas de foyer fixe mais ils ne sont pas malheureux pour autant. Ils vivent parmi les hommes sans poser de soucis. Ils ne sont pas agressifs et même au contraire, assez câlins. Ils sont solidaires entre eux. C’est assez beau de voir un groupe de 5-6 chiens de races complètement différentes qui partagent leur quotidien.
Ils n’ont pas une famille attitrée, leur famille c’est tout le monde. Les gens les nourrissent, les câlinent, les aiment et les soignent ! Ils ne laissent pas un chien malade agoniser, ils amènent les chiens en difficulté dans un centre vétérinaire où ils sont soignés.

Bon, on n’est pas dans le monde des Bisounours non plus (ou de Oui-Oui comme dirait mon oncle) ! Il y a des chiens malheureux et je préférerais les voir dormir dans un endroit chaud et recevoir tout l’amour dont ils ont besoin et qu’ils n’ont pas forcément dans la rue.

Au final, qu’en pensez-vous ?

Personnellement, je trouve que ce n’est pas agréable de voir des animaux sans famille sous nos yeux mais je pense que ce n’est pas mieux de nier le problème en les enfermant dans de toutes petites cages dans des refuges de type SPA, où ils finiront par être euthanasiés ! En plus, les SPA ont besoin d’argent et de bénévoles pour s’en occuper, alors qu’en Argentine et au Chili les chiens vivent parmi les hommes dans la rue : le “problème” s’auto-gère, avec moins de moyens qu’en France et avec un meilleur bien-être animal. (Petite parenthèse : on n’a pas vu de chiots, je pense qu’ils ne survivent pas forcément tous dans ces conditions et que de ce fait, le nombre de chiens errants n’est pas en train d’augmenter exponentiellement : on a à nouveau une autorégulation.)

Ça ne règle pas le problème de les laisser vivre dans la rue où ils continuent de se reproduire. D’ailleurs, je ne dis pas que c’est LA solution ni même une solution ; mais je pense qu’ils ont une vie meilleure dans la rue, à être libre de se promener, courir, sentir, manger, boire, aimer, bref vivre plutôt que dans une petite cage à attendre la mort ou que quelqu’un, peut être, vienne les adopter.

chiens errants 2

(Des chiens errants également en Bolivie et au Pérou, dans les mêmes conditions qu’en Argentine et au Chili, peut être en nombre moins important, à moins qu’on se soit habitué à les voir).

Argentine et Chili : le bilan

On avait prévu de passer environ 28 jours en Argentine et 21 au Chili. Finalement, on a passé 24 jours en Argentine et 24 jours au Chili (une égalité parfaite pas du tout préméditée), et voici ce que nous en retenons :

Le pays même : Chili
– Pas d’avortement sauf en cas de viol ou risque vital pour la mère
– Contraception : au sud ils disent non, au centre oui, au nord ils ne s’expriment pas
– Sécurité social : plus tu gagnes moins tu es indemnisé
– Chômage jusqu’à 5-6 mois, aides diverses
– Pas de mariage gay

Le pays même : Argentine
– Avortement autorisé
– Pas de sécu, pourtant hôpitaux gratuits parfois
– Pas de chômage ou d’aides sociales apparemment
– Mariage gay

Les gens, la mentalité
En Argentine, les gens parlent un espagnol un peu différent ce qui nous a dérouté au début. En effet, ils disent “vos” à la place de “tú” et surtout, ils prononcent tous les “ll” en “ch”. Il font aussi péter des diphtongues “tú tenes” et non “tienes”.

Que ce soit au Chili ou en Argentine, les gens sont blancs, on ne se fait pas remarquer comme en Jamaïque ! Exception pour San Pedro de Atacama, au nord du Chili.

La pauvreté est présente comme en France, quelques SDF surtout dans les grandes villes. Par contre, comme en Jamaïque, il y a des chiens errants partout. La différence c’est qu’ils ne sont pas maigres et mourants. Manon écrira un article sur ce sujet qui lui tient à cœur, donc on ne développe pas plus ici.

En ce qui concerne la mentalité, il y a des gens très sympas et accueillants mais également des cons, comme partout. Les règles ne sont pas aussi souples qu’au Mexique, on se croirait parfois en France, avec des règles stupides et des gens qui les appliquent sans réfléchir, négligeant le côté humain.

Hébergement
– Argentine : Seulement 2 Couchsurfings sur 6 villes (1 annulé à Buenos Aires à cause de notre changement d’itinéraire)
– Chili : 3 Couchsurfings sur 7 villes
– Environ 10€-15€ chacun pour dormir, en auberge ou hôtel.

Les transports
– 24h de bus en Argentine : 100€/personne. Au Chili c’est plutôt du 30€/personne pour le même service.
– Bus confortables pour les longs trajets… enfin, parfois ! Beaucoup de mauvaises surprises avec la compagnie Andesmar. Manque total de communication dans toutes les compagnies chiliennes ou argentines : “Quand arrive t-on ? Pourquoi on s’arrête là ? Quoi, le chauffeur regarde un match de foot ?”

Les paysages/La nature
– Sud : Patagonie. Un total émerveillement face à ces paysages naturels. On pourrait passer des années à découvrir toute la Patagonie.
– Centre/Nord : l’île de Chiloé est vraiment atypique, et ça vaut le coup d’y aller. La Cordillère des Andes, là encore des paysages à couper le souffle, de part leur immensité notamment. Les paysages sont très diversifiés, de la verdure du centre jusqu’au désert du nord (Atacama au Chili).

La nourriture
– Dulce de leche = leur confiture en Argentine. Connu en France sous “confiture de lait”. Il porte un autre nom au Chili (manjar), mais c’est la même chose !
– Le Maté, une sorte d’infusion dont les pays semblent parfois se disputer l’origine, mais l’Argentine l’emporte apparemment.
– Les Milanesas (escalope panée, de viande de veau, de porc ou de poulet), on trouve beaucoup de cette viande en Argentine.
– Chili : Empanadas (chausson farci de viande, de poisson, d’œuf, de pomme de terre ou d’autres ingrédients –> voir la photo en haut de l’article), une grosse nous fait un repas entier, en revanche en Argentine elles sont toutes petites, plus pour des apéros (et moins bonnes aussi, mais ça c’est sûrement une histoire de goût).

Le climat
Extrême sud (Argentine/Chili), environ 5°C mi mai.
Nord (Chili), environ 15°C fin juin

Le coût de la vie en bref

Argentine :
– 1L d’essence = 1€ au sud, 1,2€ en grandes villes du nord
– Un menu big mac : 6€

Chili :
– Comme en Argentine du sud
– Un menu big mac : 5€

Notre budget

Argentine
– Budget prévisionnel : 33,85€/j/personne
– Budget dépensé : 32,73€/j/personne

Chili
– Budget prévisionnel : 33,68€/j/personne
– Budget dépensé : 28,17€/j/personne

Les petits plus

Argentine
– Plein de grandes surfaces Carrefour
– Problèmes pour retirer de l’argent. 100€ max, parfois moins, et toujours 5€ de frais. MasterCard pas toujours reconnu, pour payer ou bien retirer, bref, la galère !

Chili
– Un pourboire de 10% est casi obligatoire dans tous les restaurants et cafés. Tout le monde le paie sans réfléchir. Il faut vraiment que le service soit très mauvais pour ne pas le payer. On n’a pas la même conception en France, un pourboire ça se mérite sinon il ne veut plus rien dire. Du coup on l’a payé quand il était mérité ce qui n’a pas été toujours bien vu.

Retirer de l’argent au Chili puis l’échanger en pesos argentins dans des maisons de change (au Chili ou en Argentine peu importe) nous a fait gagner 1/3 du montant initial. Concrètement, on retirait l’équivalent de 260€ et on se retrouvait avec l’équivalent de 350€ en pesos argentins.

San Pedro de Atacama, une perle au bord du désert

En ce Samedi 28 juin 2014, on descend du bus avec un mal de tête assez puissant à cause de l’altitude. La maman française nous trouve un taxi qu’elle connaît afin que l’on rejoigne facilement  l’auberge qui nous avait été conseillé par Andres (cf. l’article sur Santiago du Chili).

Nos premières visions de San Pedro sont assez magiques car au loin -mais pas tant que ça- la ville est surplombée du volcan Licancabur (cf. la photo plus haut). La ville, perchée à 2430m, est minuscule -on pourrait parler de village- mais pourtant très animée, en fait nous sommes un weekend-end de fête religieuse. Les maisons sont basses, aucun étage nulle part à priori, les rues sont vraiment atypiques, il fait toujours beau, bref, en court : il y fait bon vivre ! San Pedro est paumée au milieu du désert de l’Atacama : le plus vieux et aride sur notre terre, et c’est pas les 3cm annuel de pluie qui y changeront grand chose ! On repartira dans 4 jours d’ici.

spa ville

Une rue typique de San Pedro de Atacama

La première soirée, ce sera du repérage rapide, et du repos, idem pour le dimanche. Faut bien s’acclimater à l’altitude quoi. L’auberge où nous nous trouvons a un côté sympa et en même temps pas sympa, genre règles à la con, je développe.
Interdiction de laver son linge à la main, il faut obligatoirement utiliser leur service de lingerie, facturée 1,5€ le kilo, utilisation d’un kilo minimum. Si on est pris en flague, amende (et non amande, ce qui serait tout de même plus sympa) de 10€ (ce qui serait cher pour une amande, sauf si elle était énorme). Mouais, ben si ils veulent leur kilo de fringues je vais devoir me balader tout nu ! Du coup on outrepassera les règles, et avec succès.
Il y a aussi eu ceux qui font les lits, qui décidèrent de rentrer dans la chambre pour faire les 2 autres de la chambre alors qu’on somnolait, ils n’avaient clairement rien à foutre ici. Et également un matin le gars qui ouvre la porte de chambre avec un double à 10h15 en nous rappelant que le check-out est à 10h30 : “mais on part demain… Espèce de branguignole” ! Paye ton intimité tiens. Bref, une équipe un peu, voire beaucoup, voire totalement à côté de la plaque.
Dans les trucs pas cool y’a aussi le fait que tous les voyageurs qui passeront ici parleront strictement anglais, seront froids, et ne diront pas bonjour, voilà l’ambiance de merde ! Heureusement, les 2 premiers jours dans notre chambre on avait un état-unien et un français supers sympas, Charly et Paul. Paul, si tu me lis, manifeste toi 🙂
On prendra d’ailleurs quelques infos à Paul sur les activités du coin, notamment faire du vélo dans la “Valle de la muerte”, autrement dit en français : la “Vallée de la mort”, pour ceux qui ne sont vraiment pas perspicaces. Plus tard on visitera également la Valle de la Luna, je laisse votre perspicacité opérer cette fois.

Cherchez Charly !

Cherchez Charly !

Dans les choses positives sur l’auberge, y’a notamment le fait de pouvoir réserver les excursions directement via la réception, un bus se charge ensuite de passer nous prendre à l’heure indiquée. Et venons-y à “l’heure indiquée”.

Le lundi 30, on est devant la porte de l’hôtel à 4h00 du matin pétante. Oui vous avez bien lu, 4h du MATIN ! -je pense à ceux qui nous connaissent bien et savent que c’est plutôt les heures auxquelles on vient de se coucher !- Inutile de vous dire qu’on est frais comme des gardons. Mais j’oublie le principal : on n’est pas ici pour le plaisir, quoique la voie lactée est en partie visible parmi cette farandole d’étoiles, ce qui est tout simplement sublime. Un bus doit passer nous prendre pour aller voir des Geysers. On s’alterne à faire le gaie pendant que l’autre est au chaud, on est efficace pour éviter de se geler. Oui se “geler”, car on est dans un désert, certes, mais la journée si il fait 20°C, la nuit c’est plutôt du 2°C. D’ailleurs dire 20° la journée est une moyenne, car en réalité on avait très chaud au soleil, et très froid à l’ombre, très grand contraste. L’usage du “très” dans la phrase précédente est très important. Bref, le bus arrive…. à 5h05 ! L’auberge nous avait dit n’importe quoi, le guide nous confirme qu’ils passent toujours vers 4h30/5h. Mouais, ben c’est 5h05 quand même -mode emmerdeur/gelé/fatigué activé-.

Après 2h de route on arrive sur le site des “Geysers del Tatio”, à environ 4300m. On n’en avait jamais vu. C’est magnifique. On voit le soleil se lever tout en marchant entre les geysers et petit déjeunant pour se réchauffer, oui se réchauffer, car là il ne fait pas 2°, mais -10° ! On ne sent plus trop nos pieds, mais c’est pas grave, c’est beau. Du geysers qui est constant, à celui rythmé comme une horloge : chaque minute il expulse pendant 14 secondes. Au tic tac près. J’avais toujours voulu en voir, je suis pas mécontent ! Manon commence à avoir tellement froid qu’elle en devient nauséeuse et fonce dans le bus. Je prends quelques photos, croise un renard, et on file sur un autre site, où une source d’eau chaude attirera des fous qui s’y baigneront en caleçon. Y entrer est facile, mais en sortir… On préfère faire le tour des geysers du coin, c’est beaucoup plus prudent.

Une fabrique à nuage naturelle.

Une fabrique à nuages naturelle.

Sur le chemin du retour on s’arrêtera à plusieurs points intéressants : lac gelé, col à 4700m, nourriture typique… Bref, tout ce qu’on n’a pas pu voir à l’aller vu qu’il faisait, si vous avez bien suivi : nuit ! On somnolera aussi pas mal, les effets de l’altitude me donne une migraine assez forte, pas d’autres moyens que se calmer pour diminuer la pression sanguine, pas le moment de faire le foufou quoi.

Le lendemain le programme est : Vallée de la mort le midi à vélo, et une excursion Vallée de la mort et de la lune en milieu d’après midi. Pour info les 2 se situent dans la Cordillère del Sal, qui porte très bien son nom, vous comprendrez rapidement.

La Valle de la muerte

La Valle de la muerte

Manon n’est pas top côté forme, mais après l’avoir bien motivée -ou “forcée à venir”, c’est selon le point de vue, mais avouez que le premier est quand même plus joyeux- on loue des vélos et on se tape quelques centaines de mètres dans la vallée de la mort – à seulement 4km de San Pedro- c’est beau, la roche est rouge ferreux, parfois recouverte de blanc : du sel. Alors que Manon rebrousse chemin, je continue encore un peu, jusqu’à me retrouver dans une cuvette ensablée, où après 5 minutes de poussette je vois des dunes qui s’étendent devant moi. Deux minutes de réflexion, et je prends mon vélo à 2 mains pour me lancer héroïquement sur le chemin du retour en poussette. Mais déjà, sans vous en rendre compte j’ai évoqué 2 choses importantes à souligner. Premièrement la vallée de la mort ça n’a rien du type “les incas sacrifiaient des vierges et des enfants aux crânes ronds”, c’est une erreur de transcription toute bête. Deuxièmement, toutes les roches ici ne sont pas des roches au sens auquel on l’entend, c’est juste du sable très très très compacté, mais ça, en fait, on ne l’a appris qu’avec notre guide de l’après midi, et on y vient.

Avant de partir pour notre excursion de l’aprèm, on s’enfile quelques sandwichs chez la maman française, qui nous fait cadeau des desserts d’ailleurs. C’est ti pas mignon ? On se régale à manger du pain français ! (Ce qui nous manque affreusement.) Bref, on rejoint le guide de l’aprèm.
On est en petit comité cette fois, l’ambiance sera très chaleureuse, surtout qu’il y a des mexicaines. Ce que je veux dire par là, c’est que quasi tous les mexicains que l’on croise sont très amicaux et avenants. Le guide n’est pas un con du tout, il est également ingénieur (en plus d’être guide hein, et non en plus d’être con, je disais donc, il est ingénieur) dans le domaine de l’environnement, du coup il connaît très bien comment se forme les cordillères, pourquoi le salar est là où il est, etc. Il nous parle également rapidement des tribus indigènes du coin, et la signification de leurs emblèmes carrés, tel que les Whipala. On se balade dans une grotte dans la vallée de la Luna, et c’est là que l’on apprend que les roches n’en sont pas ; d’ailleurs, en les touchant, effectivement tout s’effrite très facilement.

Entrée d'une grotte dans la Valle de la Luna, un homme y a même perdu un bras selon la légende

Entrée d’une grotte dans la Valle de la Luna, un homme y a même perdu un bras selon la légende

C’est également dans la grotte que Manon décide de s’écorcher le dos et moi la tête. Il paraît que ça donne un côté aventureux de revenir avec des cicatrices, donc on teste, vous nous direz à notre retour. Les dépôts de sel de parts et d’autres se voient très bien : les traces blanches donne un côté unique à ce lieu, laissées par le lac lorsqu’il s’est retiré jusqu’au point le plus bas -là où il y a le salar- . Il y en a sûrement d’autres, mais vu que c’est la première fois qu’on en voit, ça reste unique pour nous. Après s’être baladé dans cette vallée, on contemplera le coucher de soleil depuis une vue panoramique depuis la vallée de la muerte, où les couleurs rouges des terres seront encore plus marquées avec le déclin du soleil. Dernière petite explication culturelle sur les apachetas, des petits tas de pierres que l’on a trouvé un peu partout dans le coin. Chaque pierre empilée indique une information pour s’orienter dans le désert, et ce que l’on rencontrera sur le trajet. La première pierre en forme de triangle indique la direction à prendre, la seconde renseigne sur le niveau de difficulté jusqu’à la prochaine apacheta, la troisième s’il y aura de l’eau sur le trajet… Et vous l’aurez compris, plus il y a de pierres, plus il y a d’informations. Ça fait énormément penser aux inukshuks au Canada.

Le lendemain, mercredi 2 juillet, on ira à Calama, point intermédiaire obligatoire pour rejoindre la Bolivie.

On aurait pu rester plus longtemps à San Pedro, soit pour faire du vélo dans les alentours, ou encore visiter d’autres sites. Cependant les points à visiter faisaient un peu doublons avec d’autres déjà vu, ou bien que nous verrons, tel que le gigantesque salar d’Uyuni. En attendant, direction Calama, à seulement 2h de route d’ici ! -durée qui est, il faut l’avouer, ridicule pour nous désormais !-

L’inaccessible Désert de l’Atacama

72h pour faire 1800km, c’est ce qui nous attend. Heureusement, on ne le sait pas encore. Voilà ce qu’on a prévu : faire Córdoba – Salta, puis Salta – San Pedro de Atacama. Tout ça doit prendre 29h, en comptant les 2 heures de correspondance.

Une nouvelle fois on avait des signes avant coureurs dès Córdoba : le bus a plus de 1h de retard au départ. L’organisation est très mauvaise, et ce qui nous fout les boules, c’est qu’on n’a pas pu profiter des délicieuses crêpes toutes justes préparées. Mais bon, on positive, on peut en refaire où on veut 🙂

Le bus arrive à Salta avec 1h50 de retard, soit à 00h50, 10 minutes avant notre correspondance pour San Pedro. Le bus pour San Pedro n’est toujours pas là, il nous reste 20 pesos argentins en poche, ils passeront en bricole. Alors que Manon revient vers moi toute contente d’avoir pu dépenser nos derniers pesos, je lui annonce une mauvaise nouvelle que des anglais viennent de me lancer : notre bus pour San Pedro n’arrivera jamais. La confirmation de cette annonce vient d’un chauffeur d’un autre bus de la même compagnie. Sur le coup des 2h du mat’, ça nous fait froid dans le dos.. Aucune annonce n’est faite, ici, faut aller à la pêche aux infos. Du coup, on dort dans le terminal afin de sauter sur l’ouverture des guichets à 8h. On n’est pas les seul à dormir ici, la température ambiante est de 10°C, on dormira peu, et mal, vous vous en doutez !

on roule à 15km/h, mais vu la route ça nous va !

On roule à 15km/h, mais vu la route ça nous va !

On sera au taquet toute la journée pour savoir quand on peut partir, le problème étant que la frontière Chilio-Argentine est fermée à cause de la neige. Accessoirement y’a aussi le problème qu’on n’a plus de liquide -et dire qu’on était tellement content d’avoir tout dépensé jusqu’au dernier peso !-, heureusement, le seul café-restau du terminal accepte les CB -et elle fonctionne surtout, ô joie-, ça nous permettra de nous nourrir.

On alterne entre prises d’infos et somnolence, car on est littéralement HS. Le froid de la nuit précédente lié à la fatigue nous a épuisé, et le froid de la journée n’y arrange rien ! J’aborde deux françaises que j’entends se poser derrière moi. La mère et la fille, cette dernière étant une vraie pile (Valérie 😉 ). Elles sont bloquées ici depuis 3 jours et doivent retourner au Chili car elles y bossent. Les compagnies de bus refusent d’ailleurs de vendre des billets tant qu’ils n’ont pas de certitude quand à l’ouverture de la frontière. Un vendeur d’une agence comprend notre situation et nous propose de garder gratuitement nos sacs, et nous donne un numéro -réservé aux entreprises- pour appeler la frontière afin de connaître l’état de la neige et donc ouverture éventuelle de la frontière. On ne fera pas appel à ce numéro car les 2 françaises viennent d’avoir la certitude que le bus de 1h du mat’ partira. Il est 17h. Le temps est d’un long quand vous avez froid, seuls les boissons et aliments chauds nous feront planer sur un nuage de chaleur. Manon voit les quarts d’heure défiler. In-ter-mi-nable. Enfin si, ça se termine rassurez-vous. Je redemande une ultime fois sur le coup des 22h si c’est sûr et certain que le bus partira -car on a moyennement envie de se retaper une nuit ici-, “Pas de soucis c’est sûr et certain”.

Minuit trente, au taquet, le bus est là et décolle à 1h, comme prévu -en dehors des 24h en rabe-. On est censé arriver vers 7h à la frontière, et 10h30 à notre destination. A 9h j’ouvre les yeux, le bus est arrêté depuis plus de 3h. C’est beau mais c’est con de ne pas avancer. Les multiples routes sinueuses et gelées de la cordillère feront flancher plusieurs camions qui se mettent en travers de ces routes aux bords abruptes. Le bus redémarre et slalom entre les bus arrêtés, les camions qui patinent et ceux accidentés, tout cela en frôlant les fossés. A ce moment il ne faut SURTOUT PAS regarder par la vitre, on voit juste : le vide. En se penchant au ras de la fenêtre : la roue à 50cm du vide. A côté de moi : Manon me regardant, sans doute voulant immortaliser une potentielle probable ultime vision agréable.

Lonnnnnnngue file de camions suite à un travers de l'un des leurs un peu plus bas

Lonnnnnnngue file de camions suite à un travers de l’un des leurs un peu plus bas

On arrive à la frontière à 15h. Il fait chaud au soleil, genre 18 degrés, mais le vent, lui, tourne plutôt vers les 3°C. Histoire d’augmenter les contrastes, dans le bus c’est une fournaise, 28 minimum, le soleil tape fort. On arrive à la douane argento-chilienne -perchée à environ 3500 mètres quand même-, jamais les gars n’ont tamponnés nos passeports aussi rapidement ! Mais pourquoi donc ? Car c’est la mi temps du match de foot Chili-Brésil ! On remonte dans le bus rapidement et là…. Attente. Je commence à avoir pas mal de douleurs à la tête, l’altitude sûrement.

Après une heure on n’a toujours pas décollé. La pile française, Julie, va à la pêche aux infos : le chauffeur est allé se planquer pour regarder le match de foot ! J’imagine que ça en fait rigoler plus d’un lisant ces lignes, mais entre Julie qui a du boulot urgent pour le lendemain -elle à une boîte de voyage de luxe-, et moi qui commence à avoir des débuts de malaises dû à l’altitude du col où on est : on a bien les boules. Putain de footeux, une vraie religion ici. Julie me donne de la caféine pour me booster, car voir des étoiles blanches partout commence à craindre quand même. Manon et d’autres passagers ont également mal à la tête. Le bus démarre, je suis pas au bout de mes sensations puisqu’on passe par un col à plus de 4000 mètres. Respirer calmement et essayer de dormir en ayant les pieds surélevés seront quasi mes seules préoccupations désormais. Julie donne également un cachet de caféine, son dernier, à Manon qui se sent un peu plus mal : bienvenue dans le monde des nauséeux !

Deux heures après avoir quitté la frontière on arrive enfin à destination. Entre les différences de température, le mal de l’altitude et la fatigue, je ne sais pas trop lequel nous accable le plus, mais dans mon coeur une chose me fait énormément plaisir : on est arrivé dans le désert le plus aride au monde, San Pedro de Atacama.

Salar du Desert de l'Atacama

Salar du Désert de l’Atacama

Viña del mar, Valparaiso et l’autre, Con-Con

Le Samedi 14 juin, on rencontre notre hôte de la soirée sur la place de Viña del Mar, une ville balnéaire collée à Valparaiso et donnant sur l’océan Pacifique. Première surprise, il fait chaud. Enfin…15°C, ce qui est déjà pas mal pour nous !
Notre hôte, Jaime (prononcez Raïmé) Daniel, il a 2 prénoms, ça nous laisse le choix ! Il a une bonne tête, mais il me fait rapidement penser à ces personnes sur Facebook qui ont une photo qui ne les représente pas du tout ! Bref, il vient de finir son footing et avant de nous ramener chez lui on va dans un supermarché pour faire quelques courses pour les 2-3 jours que nous resterons chez lui. Les sacs à dos sont lourds et c’est vraiment pas pratique de faire les courses dans ces conditions mais bon.

Daniel nous parle rapidement de sa grand-mère dont il était le chouchou parmi ses 3 frères, mais elle est décédée et il lui a laissé la maison qu’il occupe à Viña. Il nous dit avoir un diplôme dans le génie civil, et à la base il est brésilien, mais on ne comprend pas ce qu’il fait dans la vie.
Sur le trajet on croise une animation assez sympa. Un gars déguisé en une sorte de clown -mais pas comme ceux qui font peur à ma génération à cause d’un certain film !- s’amuse à taquiner les voitures bloquées à un feux rouge. Un conducteur jouant le jeu cède même sa place, le clown commence à se barrer avec la femme et les enfants ! Bien marrant, mais on continue notre chemin. Des courses et un taxi plus tard, on arrive avec Daniel devant chez lui. Deux filles attendent déjà, Eva et Ingrid. A 22 et 23 ans elles sont étudiantes, et coincées comme pas possible, limite froides. On ne comprendra pas exactement pourquoi elles sont chez lui, l’une d’elle semble venir d’arriver à l’instant, accompagnée par l’autre déjà dans ses quartiers.

Daniel qui s'étire avant de réaliser des exploits

Daniel qui s’étire avant de réaliser des exploits

Daniel nous montre là où nous pouvons dormir, il y a un lit une place TOUT NEUF, et il a un autre matelas qu’il propose de mettre dans sa chambre pour que j’y dorme “ça va aller si vous êtes séparés 2 nuits” me dit-il. Ah mais non mon Loulou, on va dormir ensemble en fait ! Et vu que le matelas est plus grand, on le mets dans la chambre à part, et on s’y installe. De toute façon il ne veut pas qu’on dorme à 2 sur le lit, car “il est vieux” -quand je disais neuf plus haut, je ne déconnais pas-.
On aide Daniel à faire la cuisine, on apprend un peu à le connaître. Enfin vraiment qu’un peu car on ne comprend toujours pas ce qu’il fait dans la vie, pourtant il ne fait que parler de lui. Il parle du Brésil, des maisons de sa grand mère et qu’il est en conflit avec ses frères pour l’héritage. Puis soudain il lance : “et vous qu’est-ce que vous avez à raconter ?”. Euh… Ben je sais pas là comme ça à froid, on fait un entretien en fait ? Nous on n’a pas de maison, et tout notre argent est dans ce voyage, quand on reviendra en France on sera ruiné et pourtant on est heureux, et sinon ? Sérieusement, on lui raconte que dernièrement on a eu pas mal d’hébergements où il faisait froid car pas de chauffage, ou bien où on n’avait qu’une minute d’eau chaude top chrono, il s’horrifie et nous dit qu’ici, pas ce type de problème ! Mais on le trouve un peu bizarre, tant dans son comportement que son rire enfantin exagéré (je vous laisse imaginer), mais il ne faut pas se fier aux apparences, et on décide le lendemain de l’accompagner pour le voir faire du surf et le connaître un peu mieux. Ça a l’air cool !

On mange tous ensemble, les filles sont d’un calme olympien, l’une rougit même quand Manon lui parle, elle est littéralement intimidée. Ingrid (ou Eva, on a un doute, mais vous avez raison, sur le fond, on s’en fout, donc : l’une des filles) a un petit chat de 5 mois, du doux nom de RICHARD (hum…). Daniel le prend, l’air empoté, pour faire genre “j’aime les animaux”, mais ça ne trompe pas, nous on les aime vraiment et ça se voit qu’il n’est pas doué. Pour vous aider à imaginer, c’est un peu comme si une mère tenait son nouveau né la tête en bas par les pieds. Mouais, il redonne le chat à Manon en lui avouant “c’est pas trop mon truc les animaux”.

Daniel nous apporte gentiment un chauffage d’appoint pour la chambre, et nous prévient que le lendemain il décolle pour la plage vers 9h. On lui dit ok, mais si on dort “vas-y sans nous” ! A 11h20 on ouvre les yeux, il est toujours là -pas dans la chambre hein, dans la maison- et n’a pas l’air bien motivé à bouger ! On lui demande ce qu’il prévoit, et prit d’une soudaine énergie “allez on va à la plage”. On l’accompagne, mais il est… Comment dire… On a du mal à comprendre son attitude, son comportement, il semble lunatique, et pédant à la fois. Sur le trajet il demandera à une voisine si sa maison est à vendre, et combien, et ira adresser la parole à un conducteur d’une BMW stationnée pour finalement -après 3 longues minutes à l’attendre- nous dire qu’il va en acheter une. Il se plaint également d’être le plus pauvre de ses frères. C’est assez rigolo quand on apprend qu’il est resté 8 mois en France et 4 mois en Italie, tout frais payé par feu sa grand mère. Quand on arrive près de la plage il me lance “regarde celle là ! C’est bien ! Et les Audi c’est [blablabla]”, je l’interrompts : “tu sais pour moi une voiture c’est un moyen de transport pour aller d’un point A à un point B, rien de plus”. Il ne nous parlera plus de voiture. 🙂

Les alentours de Valparaiso...

Les alentours de Valparaiso…

On apprend au passage que la ville où Con-con fait du surf s’appelle Daniel. Ou le contraire.
Il lance : “Raaaa je peine à rentrer dans ma combi, je suis trop gros hein”
Je réponds spontanément : “Oui, c’est clair” (l’habitude de dire : “Sí, claro !”)
On se pose pour manger et regarder tous les surfeurs dans une ambiance chaude -car il fait un bon 25°C au soleil, ça change d’il y a 2 jours !-. Il nous avait dit qu’il n’était pas très bon -et paradoxalement s’était beaucoup vanté d’en faire depuis qu’il était très petit- et effectivement, il surfera sur aucune vague en 1h. Il préférera ensuite rester à Con-con pendant que nous irons faire un tour à Valparaiso.

L’article est très grand, je vais beaucoup moins détailler la suite, ne partez pas !

Les transports ici c’est la galère, on peine à trouver où descendre, rien n’est jamais indiqué, il faut demander en permanence. On se retrouve dans des coins du type “décharge publique”, mais finalement on arrivera à faire un tour sur Valparaiso en début de soirée. Pour une ville dite animée, on tombera sur une fête foraine sans une seule musique, c’est d’un triste ! On retourne -en galérant à nouveau- devant la maison de Daniel. Il est 21h30. Je sonne, je vois sa tête mais il ne nous ouvre pas. Je recommence, il me voit bien, mais retourne dans la maison. Troisième fois. Bref, au bout de 3 minutes il daigne nous ouvrir. Poliment je lui demande comment ça va, il répond qu’il ne va pas bien du tout, et que demain matin il faut qu’on parte avec lui, à 7h du matin. On lui demande qu’est-ce qu’il se passe, mais il reste évasif, on insistera plusieurs fois dans la soirée, mais on n’en saura pas vraiment plus. En entrant dans la chambre, nos sacs ont été déplacés, on n’aime pas ça. Ambiance tendue.

Alors que Manon est sous la douche il me dit “il faut couper l’eau, dis-le à Manon”, à peine le temps de la prévenir qu’elle devra se rincer avec de l’eau glacée. Y’avait pas de problème d’eau chaude ici, juste un con qui la coupe. Avant de se coucher on va faire un tour vers lui et les filles parlant dans le salon, pour retâter l’ambiance. Pour quelqu’un qui n’est “pas bien”, il use bien trop de son rire débile et semble bien s’amuser aux cartes. La France met une raclée aux 3 autres puis on décide d’aller se coucher -sans chauffage cette fois-, il nous marmonne les yeux baissés que c’est sa tante qu’il doit aider le lendemain.

Valparaiso by night... ou presque !

Valparaiso by night… ou presque !

6h plus tard le réveille sonne, on passe une nuit courte et assez difficile avec Manon car on a des restes allergiques dû à la pollution de Santiago. À 7h10, vêtu d’une tenue de footing il nous accompagne dans la rue pour trouver un taxi mais aucun ne veut s’arrêter, il commence à pester en portugais. Après 10 minutes d’échecs, il nous dit qu’il faudra marcher 20 bonnes minutes pour rejoindre un grand axe et trouver un transport. Bref, tchao ! Il retourne chez lui, sûrement pour aider sa tante imaginaire qui va arriver en hélicoptère. On ne s’éloigne que de 200m de la maison et on trouve un taxi collectif qui nous emmènera au terminal de bus. Trente minutes plus tard voilà qu’on décolle pour Mendoza, en Argentine !

On a vraiment été sur le cul de tomber sur un type comme ça. Pas du tout la mentalité d’un voyageur, un pur matérialiste. Je me suis remis en question à savoir si lors de la sélection du couchsurfing je n’avais pas été un peu laxiste et accepté trop rapidement, mais honnêtement non, rien montrant qu’on tomberait sur un tel énergumène. On a tenté de rester une nuit de plus sur Valparaiso en couchsurfing mais l’autre personne (je prévois souvent un “secours”) n’était malheureusement pas dispo. Valparaiso est surtout connu pour sa vie nocturne, et Viña pour… rien (hors le vin de la région), donc pas grave si on ne reste pas plus longtemps dans le coin, on n’est sûrement pas passé à côté de grand chose.

Les 9h nous séparant de Mendoza seront magiques pour nos yeux, nous traverserons la Cordillère des Andes…

Santiago et nos belles rencontres

L’avantage de passer la nuit dans le bus c’est qu’on parcourt de grandes distances sans s’en apercevoir. On est parti à 21h30 de Puerto Varas et 12h plus tard (soit 1000km), les rideaux s’ouvrent, on nous apporte un petit déjeuner. Le réveil est difficile, on aurait bien dormi un peu plus mais nous sommes arrivés à destination : Santiago.

Nous sommes mercredi 11 juin, nous voilà dans la capitale avec nos gros sacs et une adresse à la main, celle de notre hôte qui nous attend. Ça fait 3 semaines que nous n’avons pas eu de couchsurfing. Andrés a 37 ans et vit seul dans un appartement situé dans un quartier calme. C’est un  voyageur depuis qu’il est majeur, il connaît bien l’Europe et l’Amérique latine. Un garçon intéressant et sympa avec qui on va partager de bons moments. On est installé dans son salon, la pièce principale et il nous laisse faire comme chez nous.

On décide de partir se balader dans la ville. Sur le plan, il y a pas mal de parcs, on a du mal à les trouver parce qu’en fait même quand on est dedans on ne s’en rend pas compte ! Ce n’est pas des coins de nature tranquille, seulement un peu d’herbe, des chemins goudronnés et parfois carrément un parking au milieu ou une grande avenue. On visite un peu le quartier “Brasil” santiago graphitisavec quelques rues aux maisons colorées et beaucoup de graphitis, parfois flippants. On commande deux chocolats chauds dans un bar. On demande toujours des “chocolate caliente” mais on ne nous apporte jamais la même chose. C’est la surprise. Parfois on a du chocolat chaud comme en France, d’autres fois on a du lait chaud avec du chocolat en tablette qui fond dedans et ici on nous apporte du chocolat fondu, comme la pâte d’un gâteau au chocolat pas cuite. Très bon, si on aime le chocolat !

Au retour, on reprend le métro mais cette fois aux heures de pointes… Très mauvaise idée ! On se retrouve dans la foule, un métro toutes les 3 minutes, impossible de monter alors qu’on est devant les portes, on se fait bousculer, les gens sont fous. Au bout de 3 métros loupés, on comprend qu’il n’y a que par la force qu’on y arrivera. Les portes ne s’ouvrent que quelques secondes, Kévin arrive à monter, je commence à crier de peur qu’on soit séparé, Kévin me tire à travers la foule et nous voilà comprimés dans le métro. Toute cette énergie pour se rendre compte qu’on n’est pas dans le bon ! Il y a un système de couleur et celui dans lequel on se trouve ne s’arrête pas à l’arrêt qu’on veut. On descend à celui d’après, on ne tente pas d’en reprendre un dans l’autre sens et on préfère marcher pendant 45 minutes pour rentrer à l’appartement.

Jeudi 12 juin 2014, la météo nous avait annoncé du beau temps mais il pleut, beaucoup. On change nos plans, on reste au chaud avec Andrés à papoter et on regarde l’ouverture de la coupe du monde de football (qui l’aurait cru !). Au milieu de l’après midi, le temps s’arrange un peu, on décide d’aller se balader autour de la “plaza de armas” -la seule que le guide de Puerto Varas nous avait déconseillée-. Un très joli quartier, Santiago est une ville vivante et agréable. On se fait aborder par un groupe de 4 lycéennes qui font un exposé pour leur cours d’anglais. On accepte d’y participer et on se retrouve à être filmé pendant qu’elles nous posent des questions en anglais. Sauf qu’on est habitué à parler espagnol… Du coup je comprends les questions mais je leur réponds spontanément en espagnol. Tant pis, j’espère qu’on les aura aidées. Elles avaient l’air contentes. On continue à flâner dans les rues et un chocolat chaud et une part de gâteau plus tard, on décide de rentrer.

On achète quelques pâtisseries pour Andrés et nous. Il avait fait de même. Du coup on se fait un énorme goûter avec café et thé, à 20h. Andrés ouvre ensuite une bouteille de vin et du fromage. Je n’aime pas et leur laisse vider tout ça à deux. Pendant ce temps, Andrés nous parle de ses voyages, nous montre des photos et vidéos (il fait de magnifiques photos, il a même travaillé un certain temps en tant que photographe). Et bien les paysages qui nous attendent au nord du Chili et en Bolivie semblent merveilleux…

santiago vueVendredi 13, grand soleil. Ça ne porte donc pas malheur et d’ailleurs ici, ce sont les mardis 13 qui portent malheur !
Andrés nous accompagne à la “cerro San Cristóbal”, une colline qui surplombe la ville. On prend un funiculaire pour s’y rendre. La vue est très belle. Santiago est entourée de grandes montagnes enneigées, magnifique. Un décors qui semble irréel autour de la ville qui s’étend sous nos pieds.

On rentre à l’appartement vers 17h pour ne pas louper la match de football. Ça en étonne sûrement certains vu qu’on ne s’intéresse pas au foot mais l’enthousiasme de toute la ville qui se prépare au match de ce soir est contagieuse. Le Chili joue contre l’Australie. Une amie d’Andrés nous rejoint, Teresa, 26 ans, professeur de religions et philosophie. On encourage l’équipe du Chili qui gagne finalement 3-1, un beau match. On fait connaissance avec Teresa, très gentille. Ça fait du bien d’avoir des conversations en espagnol et de bien comprendre. On finit même par avoir du mal avec certains mots français, par penser en espagnol et à franciser les mots. Quand on rencontre des gens plus âgés qui parlent vite, de choses qui ne nous intéressent pas trop et qui ne vérifient pas si on comprend, ce n’est pas top. Là on se sent entre amis.
Pendant qu’on mange, à la radio, on entend Vanessa Paradis chanter Joe le Taxi… Ils ne se rendent pas compte que les paroles sont stupides vu qu’ils ne les comprennent pas. Ça nous fait rire. Une bonne soirée s’achève. Le lendemain, c’est le moment de partir.

Ça nous a fait énormément plaisir de refaire du couchsurfing, rencontrer des gens, s’en faire des amis, partager, rigoler et avoir la gorge serrée au moment de se dire au revoir.
Nous voilà dans un bus direction Viña del Mar où nous attend un autre garçon, une nouvelle rencontre, un futur ami ?

Puerto Varas, rechargement des batteries

On arrive à Puerto Varas le vendredi 6 juin, sur le coup des 13h, sortant du bus en catastrophe. Pourquoi “en catastrophe” ? Parce que le bus s’arrête subitement à un endroit qu’on n’avait pas prévu, on somnolait, et on est les seuls à descendre sur la vingtaine de passagers.

Puerto Varas nous accueille avec une marche de 20 minutes sous la pluie. On trouve une auberge assez rapidement, on tombe sur un office du tourisme privé qui fait payer ses cartes de la ville, “Bon ben non merci ! Il est ou le vrai office sinon ?”. On tombe également sur le vrai office du tourisme et on planifie notre journée pour le lendemain : une heure de bus pour nous emmener à une traversée en bateau de 2h permettant d’admirer l’un des beaux et grands Lacs de la région ainsi que les volcans et paysages. Quand on demande à la jeune femme de l’agence touristique si le lendemain il fera beau et si on verra quelque chose, elle nous dit qu’en ce moment c’est toujours pareil côté météo, mais qu’avec les 4 volcans, il y aura bien à un moment une éclaircie pour en voir un. C’est parti !

Le samedi matin on se fait un bon gros petit-déjeuner grâce à l’auberge puis on arrive pile à temps pour chopper le bus, direction Petrohué. Aller à Petrohué avec l’agence nous coûte un peu plus cher qu’y aller par nous même, mais au final pas de regret, car outre la facilité -le bus de l’agence est à 3 minutes à pied de l’auberge, contre 20 minutes pour le terminal de bus classique- on a droit dans le bus à l’histoire de la région, la colonisation Allemande, d’où vient le Montt et le Varas des villes que l’on a croisé. Que d’infos, que vous pouvez certes trouver sur Wikipedia, mais conté par des personnes d’ici, c’est quand même mieux. Autre bonne surprise, le bus s’arrête pour que l’on voit des rapides. C’est payant : 2€ par personne.

Les rapides, rapides !

Les rapides, rapides !

On demande au gars du bus si ça vaut le coup, il nous dit que c’est beaucoup plus impressionnant que les rapides que l’on vient de croiser sous nos pieds pour aller jusqu’à la cabine pour payer l’accès. Comme ce type de surprise nous gave un peu, on fraudera un peu -comprenez, un seul de nous a payé, l’autre a fraudé-. Franchement, ça devrait être gratuit, ok c’est beau -même sous la pluie battante- et les rapides sont de couleur vert émeraude ce qui est magnifique, mais c’est naturel et n’a pas besoin d’entretien. Entre temps on se heurte à la horde de touristes étant descendue avec nous du bus. C’est fou comment on s’habitue à préférer visiter seul ! M’enfin, ça nous divertit toujours de voir les touristes prendre des photos à travers les vitres embuées du bus, ou encore prendre les guichets où l’on paye, voir même prendre en photos des photos de paysages décoratives.

On remonte dans le bus pour arriver finalement au Catamaran qui nous fera naviguer sur le “Lago Todos los Santos”. Durant l’heure et demie pour rejoindre la ville de Peulla (prononcez Péouya), nous ne verrons quasiment rien car une brume envahit tous les paysages et nous empêche de voir plus de la moitié des montagnes et volcans autour de nous. En parallèle, des guides de l’agence essaient de nous vendre des activités à faire quand on arrivera de l’autre côté du lac, par exemple faire du cheval -sous la pluie- pour 50€ chacun. Ben voyons ! En effet durant trois heures on n’aura rien à faire avant que le bateau ne quitte Peulla, ville d’environ 130 habitants. Ainsi, en parlant avec un des guides on s’aperçoit qu’il est originaire de Santiago. Génial ! On part donc à la pêche aux infos : que faire et où aller à Santiago, prochaine étape de notre voyage.

La Patagonie près de Peulla

La Patagonie près de Peulla

Arrivé sur place, un peu déçu par les paysages, on décide d’être utile pour notre organisme : le nourrir ! Le seul endroit pour manger ici c’est un hôtel bon chic bon genre, où on se pointe avec nos ponchos premier prix. N’ayant peur de rien, on se fait remarquer par les quelques clients, je sais pas mais on était les seuls à rigoler dans ce restau, la serveuse avait tellement de mal à sourire, à croire qu’elle se faisait des piqûres de toxine botulique dans les joues une fois en cuisine. Lorsqu’elle nous apporte la note, on voit sur le ticket quelque chose qui se fait beaucoup ici : ajouter automatiquement les 10% de pourboire en suggestion -voire parfois ils sont ajoutés à la note finale-. Très souvent on le fait sauter parce que le service est mauvais, car n’oublions pas que le pourboire ça a un sens, c’est pas juste 10% à ajouter systématiquement. Dans ce cas précis j’avais subtilement pris un stylo, et entouré sur la note l’addition sans le pourboire, histoire d’être bien clair. Pendant ce temps le ciel semble se dégager un peu -mais vraiment qu’un peu- on se pose sur des magnifiques canapés pour glandouiller, puis on prend quelques photos du paysage magnifique qui s’offre à nous. On retourne au bateau. Sur le trajet retour, la brume, s’étant parfois levée, offre de belles vues sur les montagnes environnantes, entrecoupées de pluie quand même -faut pas déconner on est en hiver, Dieu tout puissant à un timing à respecter quoi !-. On verra même une cascade assez impressionnante (cf. la vidéo à la fin de l’article). On est finalement assez content de la journée qui fut cool, et où on a vu à nouveau de belles choses : nos derniers paysages de Patagonie, car oui, on est arrivé au nord de cette dernière !

Les jours suivants, on décide de rester à notre auberge, au calme, histoire de se ressourcer et réfléchir au sens de la vie, faire un point sur le voyage, les plus, les moins… Bref, un ensemble de choses qu’il est bon d’échanger, surtout quand on est 2 dans une course folle que nous vivons et où nous prenons parfois trop peu de temps à nous poser et mettre les choses au point. On en profite donc pour ajuster certains détails du voyage, gérer nos couchsurfings à venir, et se reposer moralement.

Rencontre d’une famille typique à Coñimó

Jeudi 5 juin 2014 on quitte Castro pour retourner à Ancud, où nous retrouvons cette fameuse odeur de feu de bois qui rempli la ville. On prend un bus rural -qui part depuis un terminal de bus différent de celui pour naviguer entre les grandes villes du pays- pour se rendre à Coñimó, un village paumé sur la côte est de l’île de Chiloe. Mais que va t-on y faire ? Et bien quelques jours plus tôt à l’office du tourisme d’Ancud on avait trouvé des cartes indiquant des familles typiques habitant dans l’arrière pays, faisant partager leur quotidien, leur culture.

Sur cette carte il était écrit qu’ils habitaient à “Koñimó”, orthographe différente de ce que l’on voit sur le panneau du village approchant. On commence à se demander si on ne s’est pas planté, s’il ne fallait pas descendre plus tôt ! Au bout d’une heure trente on est les derniers dans le bus, à l’avant, puis je vois un homme monter et parler au chauffeur. Je chuchote -et on se demande bien pourquoi vu que personne ne parle français dans ce coin du Chili, bref, je chuchote- à Manon : “Hey regarde, on dirait le vieux qui est sur la carte de l’office du tourisme !”. Et effectivement, c’est bien lui !

Laura et Segmundo sont des artisans-paysans qui vivent de ce qu’ils produisent et se soignent eux mêmes avec des plantes -tant que c’est possible ! Si ils se coupent un bras il ne vont pas le recoudre non plus !-. Ils sont donc naturellement entourés d’animaux, et vu qu’on arrive tard mine de rien -17h30- on va faire des tortillas -le pain local-. On arrive dans une grande cabane au sol terreux avec un feu central -idéal pour se réchauffer, car oui, ça caille- entouré de chaises recouvertes de laine moelleuse. On apprendra à se connaître durant 2h autour de ce gros feu, tout en faisant en parallèle cuir les tortillas dans le sable réchauffé par les braises, puis en en mangeant quelques unes. Laura fait également leurs vêtements -les ponchos et les pulls- grâce à un métier à tisser la laine. L’une de leur fille, la trentaine, et la fille de cette femme nous rejoignent entre temps. La petite se nomme Millalen (qui signifie “lune qui brille” dans une langue ancienne de la région, le Mapuche je crois). Comme beaucoup de petites, elle déborde d’énergie.

Notre seule photo de l'intérieur malheureusement

Notre seule photo de l’intérieur, malheureusement

On pense qu’on ne va manger que du pain et vu qu’il n’y a pas d’autres pièces à part une petite salle de bain, on se voit déjà passer la nuit par terre ! Ça serait typique….et flippant vu le froid qui nous enlace lorsque le feu s’atténue. Mais en fin de compte on sort de la cabane pour aller dans la vraie maison, beaucoup plus chauffée, en bois, sur pilotis, à 2 pas d’ici. La maison est chaleureuse, sauf la chambre et la salle de bain où il règne la même température qu’à l’extérieur. On est trop frileux pour prendre une douche avec les 2°C ambiant de la salle de bain. On mange ensuite un bon merlu pêché par Segmundo, puis on en apprend un peu plus sur les mythes de l’île -Pincoya par exemple-, auxquels ils croient tous en plus de leurs croyances catholiques et leurs origines indigènes dont ils sont fiers. Contrairement à Oscar de Puerto Natales, eux nous disent que l’accès à la contraception existe bien ici. Manon lit “La belle au bois dormant” -en espagnol bien sûr- à la petite, je leur fais un petit dépannage de PC -Segmundo ne sait pas trop utiliser Excel, or il a besoin de faire plein de calculs- et on file ensuite se coucher dans une chambre glacée : bonnet obligatoire pour ne pas geler de la tête !

Réveil à 7h30, on retourne à Ancud avec eux en bus, car Segmundo a une réunion concernant la communauté dont il est le président ici. Le couple nous a conseillé d’aller à Puerto Varas plutôt que de se poser à Puerto Montt, plus beau, moins dangereux. Arrivé à Ancud, on décollera direct pour Puerto Varas. Sur le ticket de bus Manon s’appelle bien Manon. Mais la femme du guichet pense que ce qui est écrit en dessous du nom de Manon sur la CB est mon nom, je m’appelle donc désormais LYON BROTTEAUX. Ça amuse encore Manon 4 jours plus tard !

Au final, l’échange avec cette famille a été agréable, on ne regrette clairement pas de l’avoir fait, mais il est vrai que depuis plusieurs temps on ne rencontre pas de personnes de nos âges, qui sont clairement celles avec lesquelles on accroche le plus depuis le début de notre voyage. Le manque social se faisant un peu pesant, et un peu fatigué par le fait de ne pas se poser plus de 2 jours au même endroit depuis plusieurs semaines, on commence à avoir un peu les nerfs en compote et le moral qui prend un coup. Heureusement qu’on est deux, et heureusement que l’on restera plus de deux jours à Puerto Varas, la suite très bientôt.

PS : En vérifiant l’orthographe de Coñimó, on a trouvé sur youtube nos hôtes Segmundo et Laura, regardez plutôt : >> ici <<

Castro, ses maisons colorées et la pluie

Nous sommes le 3 juin 2014 – Bonne fête Kévin 🙂

Nous ne sommes pas encore sortis du terminal de bus qu’un homme nous aborde pour nous faire la publicité de plusieurs hôtels (ça devient courant comme démarche). On prend ses prospectus et on commence par aller à l’office du tourisme. On ressort, un plan de la ville à la main, c’est parti pour la recherche d’un endroit pour dormir. Premier hôtel, pas de chauffage dans la chambre (classique), ça devient un critère éliminatoire. Le deuxième, il y a un chauffage, froid. Je demande s’il fonctionne. La dame, peu souriante, me répond qu’il fonctionne de 19h à 23h. Bon, on n’a pas envie de faire le tour de la ville avec nos gros sacs. On se pose donc à l’hôtel Don Miguel.

Il est 16h, on a encore le temps de profiter de cette belle journée (assez rare qu’il y ait du soleil ces derniers jours). Avant de quitter l’hôtel, la réceptionniste, toujours aussi peu souriante, veut qu’on lui paye nos deux nuits. D’habitude on paye avant de partir mais pourquoi pas. Voici le discours qui s’en suit :
Moi : Peut-on payer en carte bleue ?
La dame : Oui, mais je préfère en liquide.
Moi : Et nous, nous préférons en carte bleue. (Avec un petit sourire qui va bien).
-Silence-
Moi : Donc ? C’est possible en carte bleue ?
La dame : Non. En liquide.
Moi : On n’en a pas, il faut qu’on aille en retirer.
Je pensais qu’elle céderait en voyant qu’on ne pouvait pas payer tout de suite mais non, elle nous laisse partir et nous dit qu’on payera après. Tant pis, on ne compte pas lâcher l’affaire, elle nous connaît mal.

castro maisons coloreesOn se balade dans la charmante ville de Castro. Il y a pas mal de vieux bateaux, on a une vue sur des montagnes et  les palafitos (maisons sur pilotis) aux couleurs vives qui se reflètent dans l’eau. Ce dernier point me rappelle un peu l’île d’Oléron, de bons souvenirs. Une ville calme et très agréable.

Avant la tombée de la nuit, on fait quelques courses et on retourne à l’hôtel. On se pose devant la télé dans notre chambre. Une chaîne diffuse en continu pleins de films connus (que je n’avais pas vus, contrairement à Kévin qui les connaît tous). Du coup, je me laisse embarquer dans un film puis un deuxième… Tout en anglais sous titré en espagnol, un système qui me convient bien pour comprendre. Après nos douches, on descend pour se faire à manger. La maîtresse de maison nous a dit qu’on n’aurait pas de petit déjeuner mais qu’on avait une cuisine à disposition. Il est bientôt 22h et quand elle nous voit se diriger vers la cuisine, elle ouvre de grands yeux et s’exclame : “il est trop tard pour cuisiner !” Elle nous laissera tout de même faire nos pâtes tout en précisant que la cuisine est à disposition jusqu’à 20h. Seulement 20h ! Depuis le début de notre voyage, on est habitué aux cuisines qui ferment vers 23h voire minuit. Dans la cuisine, il fait super froid (autant qu’à l’extérieur). C’est donc en grelotant qu’on s’active à cuisiner et manger. J’aperçois un chaton dans la pièce. La maîtresse de maison, toujours aussi froide, reste de marbre face à mes sourires, prend le chaton et l’enferme dans une autre pièce. Si tu n’es pas heureuse dans ta vie, pas la peine de nous le faire subir… 

Le lendemain matin, le réveil sonne. On doit prendre un bus pour aller au parc national de Chiloe. Nous avions prévu l’horaire du bus mais pas qu’il pleuvrait des cordes. De la fenêtre de notre chambre, on a une très belle vue. La pluie ne s’arrête pas ce qui ne nous motive pas à nous lever. Enlacés bien au chaud dans le lit, on commence à regarder un film “The Island”, plutôt captivant. Le temps passe, trop tard pour le bus que l’on avait prévu. Le temps ne s’arrangera pas d’après la météo. On décide donc d’annuler nos projets et de paresser un peu. La maîtresse de maison frappe à la porte en fin de matinée. Que veut-elle… J’ouvre la porte, méfiante. Elle s’est levée du bon pied et nous apporte un chauffage d’appoint pour nous réchauffer. Une gentille attention car il fait assez froid.

castro kevin poncho

Un SDF, seul sur son banc…

Le film fini, on se prépare enfin et on sort pour manger et finir le tour de la ville. Il pleut toujours, nos ponchos sont efficaces et nous tiennent au sec, mieux qu’un parapluie. On s’arrête pour manger des empanadas à la viande. On marche quelques minutes avant que je m’arrête net devant une vitrine. J’ai encore un peu faim et je suis face à des gâteaux appétissants. On se pose donc à une table avec une grosse part de gâteau aux noisettes, une boule de glace à la vanille et un milkshake, mmh… En même temps, on peut se faire plaisir, on dépense 30% de moins par jour que prévu ! Ici, les transports ne sont pas chers (3€ pour 1h30 de bus) et on mange une empanada pour 2€ environ.

Notre moment gourmandise finit, on continue notre balade. Même sous la pluie, la ville est jolie et sympathique.

On rentre à l’hôtel, la dame est un peu moins froide, nous n’avons toujours pas payé, aurait-elle oublié…?

Le lendemain, on aurait presque pu partir sans payer mais bon, on est honnête ! La femme de ménage faisait la gueule dès notre réveil, on ne saura pas pourquoi… Bref, on a payé mais en carte bleue comme on voulait et c’est sous un ciel bleu et un grand soleil qu’on quitte Castro.

Au fait, à propos de la photo, avez-vous vraiment cru que c’était un SDF où avez-vous reconnu mon beau Kévin emmitouflé sous son poncho ?

Ancud, première étape de Chiloe

En sortant du terminal de bus on tombe sur un gars peu rassurant à l’arrêt de bus :
– “Faites attention, la ville est dangereuse. Pas pour les habitants, mais pour les touristes.”
Je me rappelle d’Oscar, le père de famille à Puerto Natales disant que tout le Chili était sécuritaire. Qui croire ? Dans le doute, nous redoublerons de vigilance.

Un taxi nous dépose sur la place principale d’Ancud, lieu apparemment rempli de part et d’autre d’auberges et d’hôtels. Le premier hôtel devant lequel nous sommes est fermé. Chargé comme des bœufs, on fait les alentours de la place, mais on ne trouve rien d’ouvert, la poisse !
On s’aventure dans une rue sur conseils de passants et de panneaux qu’on croise. On finit par tomber devant une auberge qui semble ouverte. On sonne, rien. Deux minutes s’écoulent, on insiste car il y a de la lumière à l’intérieur. Soudain, frayeur, “Aaaaah !”. Une vieille nous regarde par la fenêtre collée à moi. On entre, on est enfin au chaud. Au chaud ? Pas totalement.

Isabel et Ernesto sont un vieux couple qui font maison d’hôte. Leur capacité d’accueil doit être de bien 15-20 personnes, la maison est très grande mais eux, ils n’utilisent qu’une partie de l’étage supérieur. Leur cuisine fait office de salle à manger et est collée à leur chambre. Cette pièce est d’ailleurs la seule chauffée par un poêle central.
Nous sommes les seuls hôtes, pas étonnant car en saison creuse. Ils sont adorables, bien qu’on ait du mal à les comprendre par moment, surtout quand Ernesto part dans un monologue de 20 minutes sur l’économie du pays, les problèmes avec l’Argentine, une sorte de guerre froide en Amérique du Sud etc. Le soucis c’est qu’il parle trop doucement et mâche ses mots, sans compter qu’on ne peut pas en placer une. Il nous a pourtant demandé juste avant de débuter son discours si on parlait espagnol : “oui, un peu” lui a t-on répondu. Ce sera d’ailleurs sa seule curiosité à notre propos. Difficile de le suivre, mais on comprendra tout de même 2 ou 3% de ce qu’il raconte. C’est pas que l’économie chilienne nous ennuit, mais on voudrait diminuer d’un cran le niveau de discours, Manon lui demande si il a des enfants, ce à quoi il répond affirmativement puis sort de la pièce en nous disant qu’il revient, sûrement avec des photos. Mais non, il rapporte des cartes de visite de l’auberge et repart dans son interminable discours économico-historique. Bref, on arrive à fuir poliment au rez-de-chaussée et retourner à la chambre.

Aucune idée de la température dans la chambre et la salle de bain que nous utilisons, mais à la vue de la fumée provoquée par notre simple expiration, je dirai 10°C maximum. Bref, on s’est bien gelé sous la douche et dans la chambre.

Un petit coin de Paradis... en été !

Un petit coin de Paradis… en été !

Le lendemain matin au petit déjeuner (à 11h30, classique), devant la télé nos 2 petits vieux s’endorment assis, pendant que nous mangeons le plus silencieusement possible pour ne pas les brusquer. On visite ensuite la ville sous une fine pluie, ce qui n’enlève à première vue rien à sa beauté. L’office du tourisme nous contredit l’homme de la veille : Ancud n’est pas dangereux du tout. On visite des ruines d’un fort nommé San Antonio (encore un avec ce nom ! Pour ceux qui se rappellent de Campeche au Mexique). Les maisons sont particulières ici, très colorées, la ville est mignonne et agréable. Durant tout ce trajet on fait le tour des auberges et hôtels à la recherche de chauffage pour la prochaine nuit et on s’aperçoit qu’il n’y a JAMAIS de chauffage dans les chambres ou les maisons ! Seule une pièce, avec un poêle central. En fait les maisons ne sont pas vraiment équipée, et ils n’ont pas -forcément- de chauffage d’appoint. On commence à repérer au premier coup d’œil si il y a du chauffage ou non : l’hôte qui nous accueille porte t-il ou non un blouson ?

Après avoir fait un bon tour de la ville, on finira par trouver notre chambre chauffée : l’hôtel devant lequel nous avait déposé le taxi la veille est désormais ouvert, ce sera notre lieu de migration.

On profite de cette journée pour goûter des empanadas, nourriture plutôt typique dont on tombera amoureux rapidement. C’est bon, ça cale, et c’est pas cher !

La nuit sera réparatrice, “de quoi” me direz-vous ? Et bien disons que bouger chaque jour depuis presque une semaine, ne pas avoir de stabilité ne serait-ce que 2 nuits de suite nous fatigue pas mal. Ajoutez à cela le manque de certaines choses clés de type : avoir chaud -indispensable non seulement pour le moral, mais aussi pour sécher nos vêtements !-, avoir un vrai lit, rencontrer des gens sympas, voir le soleil, faire de vraies nuits, bref, un ensemble de chose que nous apporte cette journée, cette soirée à Ancud.

La vue admirée grâce au petit vieux bizarrre et adorable de l'hôtel, Sergio

La vue admirée grâce au petit vieux bizarrre et adorable de l’hôtel, Sergio

Le lendemain matin midi, je vais pour payer l’hôtel quand un vieux en face de la réception demande de l’aide à Manon. Puis elle me lance : “Kévin, problème ordinateur”, j’y vais et aide le papi en 2 temps 3 mouvements.

Il nous montre -peut être en guise de remerciement- quelques objets saugrenus et naturels -genre des œufs d’insectes enfermés dans une coquille de terre qu’il agite- et nous propose de nous montrer une belle vue depuis une colline, proche d’ici en voiture. On le suit, et il nous montre, effectivement, une très belle vue. Gros plus : aujourd’hui le ciel est dégagé et le soleil est de la partie (soleil + gens sympas = moral +++). Toujours aussi adorable, tout en nous racontant quelques légendes de l’île, et qu’un de ses amis est un extra-terrestre -je déconne pas quand je raconte ça, et lui non plus quand il le disait !- il nous déposera au terminal de bus, où on s’enfilera chacun une nouvelle empanada avant de prendre le bus en direction de Castro, la capitale de l’île.

En route pour l’île de Chiloe

Les 27 heures de bus pour rejoindre Bariloche passent assez vite. On nous apporte à manger régulièrement, on a dormi environ 11 heures sur des sièges confortables et on a regardé 7 films en anglais sous-titrés en espagnol. Le bus a fait des pauses la nuit quand on dormait (inutile pour nous) et pendant la journée, on n’a pas pu descendre prendre l’air pendant plus de 17h, puis on a pu sortir 5 minutes et c’est reparti. Les paysages sont toujours identiques : personne, seulement un immense désert de petits buissons qui me font penser à des oursins. Pas mal de kilomètres séparent chaque ville. Et quand je dis ville, ce n’est pas Lyon ou Paris, ce sont des maisons basses, très peu de bâtiments.

calafate bus kevin

Kévin en pleine concentration pour l’article précédent

On arrive à Bariloche, il est 20h. On achète directement nos tickets de bus pour le lendemain, direction Osorno au Chili (on se rapproche de l’île de Chiloe, notre but). Toujours au terminal de bus, un homme nous aborde. Il travaille pour un hôtel et essaye de nous convaincre d’y venir passer la nuit. L’hôtel n’est pas cher et nous semble parfait mais on n’aime pas trop ce genre de démarche, on ne sait pas si on peut lui faire confiance et on n’aime pas se sentir piégé… On décide de manger, toujours au terminal de bus. Le gars nous attend tout près. Kévin a récupéré quelques prospectus pour d’autres hôtels. J’en appelle un pour savoir s’il est ouvert et connaître les prix. On doit faire un choix : les deux hôtels nous paraissent bien. Le 2e est un peu plus cher mais ce sera finalement notre choix final pour apaiser nos craintes face au 1er que le gars veut nous vendre. D’ailleurs il est parti. La voix est libre pour prendre un taxi. On découvre une ville qui a l’air bien mignonne, avec une très jolie place entourée de belles maisons en bois. L’hôtel n’est pas mal non plus. On s’endort dans un lit aux couvertures moelleuses.

Le lendemain, samedi 31 mai 2014 : petit déjeuner, cyber café et courses (dès qu’on a une cuisine à disposition dans les hôtels, on en profite pour se faire à manger nous même, c’est tellement plus économique). Après un bon plat de pâtes à la sauce tomate, on essaye de trouver un bus de ville pour nous emmener au terminal de bus. On ne peut pas payer en espèce, seulement avec une carte d’abonnement. Heureusement, une gentille dame nous paye nos places avec sa carte puis on s’empresse de la rembourser en liquide. 0,80€ pour nous deux, contre 4€ pour un taxi : il n’y a pas de petites économies.

13h45, notre bus est à l’heure. On nous sert à manger. Bon, ben on re-mange. Les contrôles pour passer la douane du Chili sont assez comiques. On pourrait passer avec des produits illicites assez facilement, j’ai bien repéré et j’ai pleins d’idées différentes. On ne nous fouille pas, les sacs à main sont reniflés rapidement par un chien, nos gros sacs sont fouillés très grossièrement (ils n’ouvrent même pas toutes les poches). Je passe avec une poire dans mon sac et on a toujours du chocolat qu’on a fait en Jamaïque (produits à signaler qu’on n’a pas signalés, nos débuts en tant que trafiquants).

calafate bus paysage

Les paysages entre chaque ville d’Argentine

On ne connaîtra d’Osorno que le terminal de bus durant la nuit, on arrive à enchaîner directement avec un bus qui nous dépose au bout d’une heure à Puerto Montt. A 19h30, on est arrivé à destination, plus qu’à trouver un endroit pour passer la nuit. Au point d’information pour les hôtels, on se fait accoster par une vielle dame qui nous propose une chambre à un prix raisonnable, Internet et petit déjeuner compris. On décide de la suivre. Pourquoi elle et pas le gars à Bariloche ? Question de feeling… Une vieille dame ça fait tout de suite moins peur et pourtant… Elle nous égorgea pendant notre sommeil ! Finalement pas de violence mais quelques déceptions : pas d’eau chaude le soir, impossible de se laver avec cette eau glacée et le petit déjeuner avec du pâté de jambon non merci. Mais bon, la chambre est grande, le lit est confortable et on y reste seulement une nuit.
Qu’y a t’il à Puerto Montt ? Et bien on ne saura pas, il pleut tout le temps et le vent est assez violent. D’après la météo, il devrait pleuvoir toute la semaine sur l’île de Chiloe… C’est le moment de tester nos équipements de pluie.

Finalement, après 4 jours de voyage, on arrive sur l’île de Chiloe. Il fait nuit, il pleut, les toilettes sont payants, pas de point d’information pour nous renseigner, on ne sait pas où on va dormir et il n’y a pas d’électricité… i Bienvenidos !

Puerto Natales, nos premiers pas au Chili

Les argentins nous ont laissé prendre le bus sans payer (nous ne pouvions pas payer car notre carte de crédit ne fonctionne pas dans les villes non touristiques d’Argentine, cf l’article précédent). Après environ 5h de bus et 1h de ferry, on arrive à Punta Arenas, au Chili. Aucun soucis pour passer la frontière et ici, notre carte de crédit fonctionne, ouf ! Au Chili, tout est moins cher qu’en Argentine. Du coup, notre trajet en bus qui aurait dû nous coûter 90€ en Argentine, nous coûte seulement 60€ ici.
On ne verra pas grand chose à Punta Arenas, on y reste seulement 2h pour attendre notre prochain bus, direction Puerto Natales.

3h plus tard, nous y sommes. Il fait nuit et nous avons seulement une adresse où vit une famille prête à nous accueillir gratuitement. On trouve facilement la maison. On fait la rencontre des parents et des deux adolescents, une famille qui s’est inscrite en couchsurfing depuis 7ans et qui a la particularité d’accueillir beaucoup de personnes à la fois. Nous sommes arrivés à 21h et ils attendent un groupe de 10 étudiants mexicains pour 22h. On ne sera pas seul bien longtemps ! La maison n’est pas très grande, on est reparti dans deux chambres et le salon. Avec Kévin on dort dans une chambre avec 3 autres personnes. Ce groupe de 10 est composé de 7 filles et 3 garçons dont un québécois, Mathieu, avec qui on pourra parler français. Gloria, la maîtresse de maison, a préparé à manger pour tout le monde ! L’ambiance est agréable, on est content de retrouver des mexicains et Mathieu est très sympa. Petits soucis : il fait froid, on n’a pas d’intimité et il y a une salle de bain (contenant les toilettes) pour 16 personnes. Mais bon, c’est une expérience intéressante !

Souvenez-vous de Kanaan ? Le garçon qui voyage depuis 2 ans et qu’on a rencontré à Rio Grande. Il a été hébergé par cette famille quelques semaines avant nous. On comprend mieux pourquoi il nous avait dit “ce sont des fous”, ce n’était pas humoristique ! Une présentation de cette famille folle dingue s’impose :
– Le père obsédé pervers : qui vient régulièrement nous parler de caca et de sexe (les deux séparément quand même).
– La mère gémissante : elle parle avec une voix cassée parce qu’elle est malade (pas mentalement, elle a mal à la gorge).
– Le fils lunatique : qui nous ignore ou se met à nous parler des heures ou demande à Kévin d’aller couper du bois avec lui.
– La fille extravagante : avec ses cheveux bouclés et très volumineux, elle ressemble à une sorcière et ricane de la même façon avec une voix grave. Elle a souvent des coups de folie avec son caniche blanc aussi foufou qu’elle.
Bref, une famille très atypique !

Nous n’avons pas beaucoup dormi la nuit précédente à cause du bus que nous devions prendre le matin et ce sera pire cette nuit. On s’est couché tard, on n’arrive pas à dormir à cause du froid et on se lève tôt pour la journée du lendemain.
Après environ 5h de sommeil, on se prépare tous (nous et les 10 étudiants) pour une journée de visite. De 8h30 à 19h, nous sommes dans un mini bus qui nous balade et nous arrête aux points les plus intéressants où il nous laisse libre un certain temps, d´un quart d’heure à 1 heure suivant le lieu. On découvre ainsi un parc national du Chili : Torres del paines.puerto natales montagne

Je ne dirai pas que les paysages sont plus beaux qu’à Ushuaia mais la compétition est serrée… C’est magnifique. On n’avait jamais entendu parler de Puerto Natales. Et bien, ça vaut la peine d’y aller ! Encore une fois, l’hiver ne nous permettra pas de tout faire. On évite les grandes randonnées où l’on doit passer une nuit dehors dans ce froid glacial. Cette journée en bus est idéale en cette saison. Ça nous permet de voir un maximum de choses sans marcher des heures. Comme à Ushuaia, les montagnes enneigées sont impressionnantes. Mais le reste est différent. On roule sur des chemins entourés de collines. La végétation est pauvre. On aperçoit beaucoup de vaches, moutons, lamas et même des flamants roses. La lagune “amarga” est d’un joli bleu turquoise, on découvre une chute d’eau et quelques iceberg. Le vent est très fort à certains endroits mais puerto natales lacles paysages sont grandioses.

Quand nous sommes partis le matin, nous étions environ 18 dans le bus. Les 10 étudiants, nous et d’autres personnes (dont trois français). Nous avons laissé des personnes en chemin, des aventureux qui vont beaucoup marcher et affronter le froid de la nuit avant de continuer leur randonnée le lendemain. Bon courage à eux. On ne les envie pas… Au dernier point de rendez-vous avec le bus, on vérifie que tout le monde est présent et on repart direction la ville, à 2h30 du parc national où nous sommes. Au bout d’une demie heure, le chauffeur sursaute en voyant que l’on a oublié une personne ! Une française qui voyage seule et qui est restée tellement discrète qu’on ne s’est pas rendu compte qu’elle n’était plus là… Oups. On repart la chercher (voilà comment perdre une heure). Mais elle n’est plus là. En voyant qu’on l’avait oubliée, elle est partie en voiture avec d’autres personnes. On repart dans le bon sens jusqu’à ce qu’on aperçoive sur la route un couple qui nous fait de grands signes. Un couple qui était avec nous le matin mais qu’on a laissé en chemin et qui n’ont pas l’air content de nous avoir attendu dans le froid.

On rentre sans oublier d’autres personnes cette fois. Les douches s’enchaînent bien, le repas est convivial, préparé par les mexicaines.
On sympathise avec tout le monde et le père revient nous parler dès qu’on est seul. On en profite pour lui poser des questions sur le Chili. Il nous apprend que l’avortement n’est pas autorisé et qu’il n’y a pas de moyen de contraception. D’après lui, c’est aux filles de faire attention à ce qu’elles font… Ben voyons ! On aborde ensuite le mariage gai, pas autorisé non plus. D’ailleurs il n’aime pas les homosexuels, ce n’est pas “naturel”… Ben voyons ! Il n’était déjà pas haut dans notre estime mais là il s’enfonce. “Comment réagirais-tu si tu avais un fils homo ?” lui lance Kévin. “J’en ai un” nous répond-il. Il l’accepte, c’est déjà ça. Apprenant qu’on travaille dans la microbiologie, il nous fait un cours sur les bactéries… Ben voyons !

Le lendemain, vendredi 23 mai 2014, grasse matinée pour nous, ça fait du bien ! On visite un peu la ville et on décide de changer nos pesos chiliens en pesos argentins pour notre prochaine destination. Et quelle bonne surprise de voir que l’on gagne de l’argent en faisant cet échange. On a donné l’équivalent de 300€ et on se retrouve avec l’équivalent de 360€ ! Une très bonne alternative à nos soucis de CB en Argentine !

3 colombiennes sont arrivées à la maison. On est maintenant 19 sous le même toit. Le groupe des 10 étudiants repart le lendemain, tout comme nous, mais nos chemins se séparent ici.