Les chiens errants

En France, on ne voit pas beaucoup de chiens errants. Les toutous qui n’ont pas de foyer sont en général envoyés à la SPA ou dans des refuges.

En Jamaïque, il y a tellement de pauvreté, tellement de personnes qui vivent dans la rue que les chiens sont loin d’être leur préoccupation. Du coup, ils vivent dans la rue également et tentent de survivre. Survivre est le mot approprié. Ils sont si maigres qu’on voit leurs côtes, les femelles ont les tétines qui pendent, ils sont sans cesse à la recherche de nourriture, à fouiller dans les déchets et ils ont tous ce regard triste dans lequel on devine leur détresse. Ils ne sont pas agressifs pour autant. Ils cherchent du réconfort auprès des Hommes et une caresse suffit à les rendre heureux, au moins pour quelques instants.

En Argentine et au Chili, il y a autant de chiens errants qu’en Jamaïque. Il y en a partout : dans les grandes villes, les petits villages, les arrêts de bus isolés, les lieux publiques…
Mais nous avons constaté une grande différence : ils ne sont pas maigres et n’ont pas ce regard triste qui nous faisait tant de peine. Ils sont même plutôt bien portants, avec une épaisse fourrure pour se protéger du froid, de vraies peluches vivantes !
Le sujet m’a beaucoup intrigué, j’ai donc mené ma petite enquête.

chiens errants 3Il y a des associations qui tentent de s’en occuper mais il y en a tellement que ce n’est pas demain la veille que le “problème” sera réglé. J’ai mis problème entre guillemets car après avoir pris du recul sur la situation, je ne suis plus certaine que ce soit un réel problème. En effet, les chiens n’ont pas de foyer fixe mais ils ne sont pas malheureux pour autant. Ils vivent parmi les hommes sans poser de soucis. Ils ne sont pas agressifs et même au contraire, assez câlins. Ils sont solidaires entre eux. C’est assez beau de voir un groupe de 5-6 chiens de races complètement différentes qui partagent leur quotidien.
Ils n’ont pas une famille attitrée, leur famille c’est tout le monde. Les gens les nourrissent, les câlinent, les aiment et les soignent ! Ils ne laissent pas un chien malade agoniser, ils amènent les chiens en difficulté dans un centre vétérinaire où ils sont soignés.

Bon, on n’est pas dans le monde des Bisounours non plus (ou de Oui-Oui comme dirait mon oncle) ! Il y a des chiens malheureux et je préférerais les voir dormir dans un endroit chaud et recevoir tout l’amour dont ils ont besoin et qu’ils n’ont pas forcément dans la rue.

Au final, qu’en pensez-vous ?

Personnellement, je trouve que ce n’est pas agréable de voir des animaux sans famille sous nos yeux mais je pense que ce n’est pas mieux de nier le problème en les enfermant dans de toutes petites cages dans des refuges de type SPA, où ils finiront par être euthanasiés ! En plus, les SPA ont besoin d’argent et de bénévoles pour s’en occuper, alors qu’en Argentine et au Chili les chiens vivent parmi les hommes dans la rue : le “problème” s’auto-gère, avec moins de moyens qu’en France et avec un meilleur bien-être animal. (Petite parenthèse : on n’a pas vu de chiots, je pense qu’ils ne survivent pas forcément tous dans ces conditions et que de ce fait, le nombre de chiens errants n’est pas en train d’augmenter exponentiellement : on a à nouveau une autorégulation.)

Ça ne règle pas le problème de les laisser vivre dans la rue où ils continuent de se reproduire. D’ailleurs, je ne dis pas que c’est LA solution ni même une solution ; mais je pense qu’ils ont une vie meilleure dans la rue, à être libre de se promener, courir, sentir, manger, boire, aimer, bref vivre plutôt que dans une petite cage à attendre la mort ou que quelqu’un, peut être, vienne les adopter.

chiens errants 2

(Des chiens errants également en Bolivie et au Pérou, dans les mêmes conditions qu’en Argentine et au Chili, peut être en nombre moins important, à moins qu’on se soit habitué à les voir).

Huacachina, Islas Ballestas et Paracas

Les transports s’enchaînent bien et on arrive à Huacachina vers 16h30 le dimanche 10 août. Il n’y a pas beaucoup d’hôtels, peut-être deux. On est super bien installé : une belle chambre luxueuse et de l’eau bien chaude pour la douche (ce dernier point est rare ces derniers temps). On ne s’attendait pas à ça. Il a fallu aller au milieu du désert pour retrouver un peu de confort, c’est fou. On se trouve au milieu de gigantesques dunes de sable ! Huacachina est une toute petite ville entourant une étendue d’eau. On est bel et bien dans une oasis.

On espérait un coin perdu, tranquille mais en fait c’est une ville touristique. Pédalo, kayak pour faire le tour de l’étendue d’eau, un mec qui fait semblant d’être une statue, les vendeurs, les restaurants, l’ambiance… On se croirait presque sur la côte d’azur. Malgré tout, ça n’enlève rien au charme du lieu. On a rarement l’occasion de voir de tels paysages. Après avoir contourné l’oasis (2 minutes en prenant notre temps), on décide de faire l’ascension d’une des dunes de sable. On ne vise pas la plus haute, on est un peu fatigué. Kévin me dit “allez, dans 5 minutes on est en haut”. C’est ce qu’on verra ! Après 5 minutes à patauger dans le sable, on n’en peut plus, on fait une pause, même pas à la moitié. À chaque pas, le sable s’écroule et nous fait redescendre, difficile d’avancer ! On arrive finalement en haut, bien installé sur le sable chaud. On se croirait sur une plage mais sans la mer. Les gens pique-niquent, font du cerf volant… Mais la grande activité ici c’est le sandboarding, c’est à dire du snowboard sur du sable. Il y a beaucoup de buggy, des véhicules qui emmènent les gens en haut des dunes sans se fatiguer. Et ensuite, la descente se fait en glissant. Pour les débutants, rester debout n’est pas chose facile. Je préfère la technique des enfants qui s’assoient et s’en servent comme une luge. On observe toute ces activités autour de nous mais on est surtout admiratif de l’immensité des dunes. Les huacachina soleilgens en haut de la dune en face semblent minuscules. On assiste à un superbe coucher de soleil, avec un angle de vue parfait car le soleil s’emboîte derrière une dune en forme de volcan. On a choisi le bon endroit sans le savoir. Après les derniers rayons, l’air commence à se rafraîchir. Il est temps de redescendre. On voit les gens sur la dune en face dévaler la pente à une vitesse incroyable. On décide de courir aussi. À chaque pas, on avance d’une grande distance. On se sent tout léger. La descente se fait beaucoup plus facilement que la montée.

Musique dans les restaurants, dans les bars, c’est la fête dans toute l’oasis. La musique atteint même notre chambre. Il faut pourtant que l’on dorme car la journée du lendemain s’annonce chargée.

islas oiseauxDépart à 6h30 dans un van rempli de touristes, une majorité de français. Vers 9h, on embarque dans un bateau, avec un gilet de sauvetage orange fluo. C’est parti pour une heure au milieu des îles Ballestas. C’est un archipel d’îles où cohabitent un grand nombre d’otaries et de multiples espèces d’oiseaux marins : manchots, cormorans, pélicans, pingouins… On apercevra seulement 3 ou 4 pingouins perdus au milieu du flot des autres oiseaux. On profitera d’avantage des otaries. Ces îles sont l’équivalent des Îles Galápagos. Le temps est plutôt gris et l’air frais. Il est parfois possible d’apercevoir des dauphins mais nous n’auront pas cette chance aujourd’hui.

paracas

La plage rouge

On enchaine ensuite par la visite du parc national de Paracas. Sur la carte du Pérou, ce parc était représenté par une grande zone verte. On s’attendait donc à un grand parc très nature mais pas du tout, c’est un désert au bord de l’océan ! Suivant les zones, le sable est de différente couleur. On a droit à tous les dégradés d’ocre à orange. On s’arrête pour admirer différentes plages mais la plus belle sera la plage rouge, au sable… rouge. Pause d’une heure pour manger dans un restaurant perdu au milieu de tout ce sable. Des pélicans sont attirés par l’odeur du poisson dans les cuisines. Leur numéro est inhabituel pour nous. Ces gros oiseaux sont impressionnants (voir la vidéo). On termine notre visite par un musée sur l’histoire du parc. Je ne sais pas trop quoi en dire. Je viens de demander à Kévin ce qu’il en a retenu. Sa réponse : “la glace était bonne”. Voilà !

Le van nous dépose à un terminal de bus. Pour gagner un peu de temps, on aimerait aller à Lima et si possible enchaîner directement jusqu’à Huaraz. Les deux prochains bus pour Lima sont complets. Ne nous décourageons pas, un taxi nous emmène jusqu’à un autre terminal et on arrive juste à temps pour prendre un bus au départ imminent. On arrive dans cette grande capitale vers 20h. Commence alors une course dans la ville, avec l’aide d’un chauffeur de taxi, pour trouver un bus pour Huaraz. Notre souhait est finalement exaucé, départ prévu à 22h50 ce qui nous laisse du temps pour manger. On préfère ne pas s’aventurer trop loin du terminal et on se pose dans le premier restau qu’on voit. Les frites baignent dans l’huile, la viande de Kévin est périmée… On en sort écœuré.

islas otaries

Famille d’otaries dans les îles Ballestas

Avant de monter dans le bus, les gens passent par un détecteur et les bagages sont fouillés. Enfin, ça, c’est la théorie ! En vrai, c’est assez comique à observer. Tous les gens qui passent au détecteur bippent rouge ce qui n’est sûrement pas bon. Le gars qui s’occupe du contrôle les tapote rapidement et fait semblant de contrôler leur sac. Grâce à son pouvoir, il n’a pas besoin d’ouvrir les bagages, il pose ses mains dessus et connaît instantanément tout son contenu. D’ailleurs il n’a pas besoin de contrôler tout le monde, il fait des pauses durant lesquelles des dixaines de personnes passent, bippent rouge et montent dans le bus avec leur sac. Sur une cinquantaine de personne, une seule personne ne bippe pas, n’est-ce pas elle qui est étrange finalement… ?
Nous on bippe rouge. Avec un couteau dans ma poche ça me paraît normal. Le gars pose ses mains divines sur mon sac, rien à signaler. Ses mains divines ne détecteront pas plus le couteau suisse dans le sac de Kévin.

Après cette longue journée, on s’endort plutôt facilement dans le bus qui nous emmène à Huaraz.

Les mystérieuses lignes de Nasca et Edgardo

Samedi 9 août, à 8h15, le bus nous dépose à Nasca. La nuit a été difficile. Nous étions à côté des toilettes du bus. Les va-et-vient des gens, les odeurs, les nombreux virages nous donnant la nausée, la perte d’altitude nous faisant mal aux oreilles (on est passé de 3000m à 500m)… Bref, difficile de dormir profondément.

On se pose dans un café pour prendre un petit déjeuner en attendant notre hôte. Edgardo nous a été recommandé par Kevin (notre précédent couchsurfing) et on ne va pas être déçu. C’est un homme à qui il est difficile de donner un âge, la 40aine passée, peut être plus. Souriant, chaleureux, il n’hésite pas à nous présenter aux autres comme étant ses amis alors qu’on vient à peine de se rencontrer. Il a une grande maison avec 3 étages, une grande terrasse, 3 chambres d’amis, 3 salles de bain… On apprendra qu’ici les prix sont dérisoires. Il a acheté son terrain 1000€. Des voisins louent leur maison pour 9€/mois. Les prix ont un peu augmenté depuis que l’électricité dans la rue a été installée mais ça reste très accessible. En plus, ce n’est pas le travail qui manque apparemment. Bref, on est installé comme des rois dans une des chambres d’amis en attendant notre future maison. Je plaisante, ou pas…

Qu’y a t’il à faire à Nasca ? Une seule chose : voir les mystérieuses lignes faites par les Incas il y a plus de 1500 ans. Pour la petite histoire, le sol est couvert de cailloux que l’oxyde de fer a coloré en rouge. En ôtant les cailloux, les Incas ont fait apparaître un sol grisâtre et c’est ainsi qu’ils ont réalisé leurs figures. Ces dernières représentent souvent des animaux (singe, colibri, condor, jaguar, araignée, orque, héron, pélican) et parfois de simples lignes de plusieurs kilomètres.

On a longuement hésité à venir, des personnes nous disant que ça ne valait pas la peine, les petits avions qui peuvent être dangereux, le prix élevé… Mais Kévin ne voulait pas avoir de regrets. De mon côté, j’ai hésité jusqu’à la dernière minute à le faire. Sur les conseils d’Edgardo qui nous a accompagné et nous a sûrement aidé à avoir une réduction, nous avons acheté nos billets, départ prévu à 13h45. 60€ pour une demie heure de vol (au lieu de 90€ pour la plupart des touristes). On n’a pas mangé depuis 4h mais on préfère suivre les conseils d’Edgardo et on prend une pastille censée nous éviter de vomir.

On est pesé, nos affaires sont contrôlées, on passe au détecteur de métaux et nous voilà prêts à embarquer -avec un couteau dans le sac d’ailleurs. Nous sommes cinq touristes et deux pilotes. Les personnes les plus lourdes vers l’avant. Nous sommes donc à l’arrière. Un casque pour entendre les explications des pilotes, une carte de ce que l’on va voir et le petit sac plastique pour vomir… Prêts au décollage, avec le sourire, pas pour bien longtemps. L’avion vire à droite, vire à gauche, on se rapproche du sol, on fait des looping… Non, c’est faux pour les looping mais c’est désagréable. Je DÉCONSEILLE à toute personne qui n’aime pas les manèges à sensations de monter dans ces avions, une horreur ! Je suis restée crispée, agrippée à mon siège pendant une demie heure. Deuxièment, 3 personnes sur 5 ont été malades. La fille devant nous a vomi dès les 5 premières minutes. Kévin, qui a l’habitude de ces avions (avec la chute libre), a fini par vomir 5 minutes avant l’atterrissage. Et moi, je me suis concentrée tout le long sur ma respiration, usant d’une grande force psychologique pour ne pas vomir. Je n’ai finalement pas vomi mais la forte nausée est restée un bon moment après l’atterrissage, désagréable sensation !

nasca dessin

Les photos ne sont pas très réussites, celle-ci est l’une des meilleures… Verrez-vous l’oiseau ?

Et sinon, les dessins ? Oui parce qu’au final, on n’a pas payé pour prendre l’avion mais pour voir les lignes et les dessins Incas. Et bien, regardez sur Internet, vous verrez la même chose et ne vous rendrez pas mieux compte de la taille. Pour ma part, si c’était à refaire, je ne le referai pas. Tranquillement posé dans un restaurant, Kévin m’a dit “j’ai rarement payé 60€ pour vomir !”. Peut être que la pastille nous aurait mieux aidée si nous l’avions prise une heure avant le vol, au lieu d’une demie heure. Mais bon, même sans la nausée, voir les lignes ne valait pas un prix aussi élevé, selon nous. Libre à vous de venir vous faire votre propre avis !

Pas besoin de rester plus à Nasca, à moins que vous ayez un couchsurfing. Il y aura au moins quelque chose de positif dans cet article. Edgardo est un homme super sympa, intéressant, avec qui on peut discuter des heures. Nous avons passé une agréable soirée pleine de conversations sur sa terrasse, d’où l’on peut voir la plus grande dune de sable du monde, Cerro blanco (2078 mètres). Après une bonne nuit de sommeil, un petit déjeuner préparé par notre nouvel ami, de nouvelles conversations, la visite de différents oiseaux dont les “pechos colorados” au plumage rouge vif et noir sur le dos… il est temps pour nous de continuer notre route. Nous n’avons malheureusement plus beaucoup de temps avant notre retour et encore plein de choses à voir. Edgardo est le genre de personne que vous quittez après un gros câlin, la gorge serrée et que vous espérez revoir un jour. Il voyage beaucoup, en Europe environ tous les deux ans. La possibilité de le revoir n’est donc pas impossible. C’est dans cet état d’esprit que nous quittons Nasca, direction Huacachina, une oasis qui nous fait déjà rêver.

Arequipa, premiers contacts péruviens

Le lundi 28 juillet, le bus nous dépose à la frontière de la Bolivie et du Pérou et nous attend de l’autre côté. On passe donc la frontière à pied. Les tampons sur le passeport s’obtiennent très vite. Aucun contrôle des affaires. On entre au Pérou comme dans un moulin.
Ça y est, on entame le dernier pays de notre aventure !

On arrive vers 19h à Arequipa. On a décalé notre montre d’une heure de moins, on a donc maintenant 7h de décalage avec la France.

On mange au terminal de bus tout en essayant de joindre notre hôte, Kevin. Oui parce qu’on a un couchsurfing, ça commence bien ! On arrive en bas de chez Kevin (vous comprendrez que sans accent sur le “e” c’est notre hôte). Deux personnes attendent également. Apparemment il y’a une fête chez lui, le lendemain est un jour férié. Kevin nous accueille. Il a 24 ans et parle très bien français parce qu’il est sorti avec sa professeur (de français bien sûr) pendant 4 ans. Il pensait pouvoir nous héberger dans une chambre d’ami mais aucune n’est disponible. Il vit en colocation avec un espagnol et une fille qu’il n’apprécie pas. On va dormir dans un petit espace qui sert de couloir, sur un matelas. Deux lituaniennes en couchsurfing également vont dormir sur deux canapés à côté de nous. Qui dit couloir dit nombreuses personnes qui passent, nous n’avons aucune intimité mais avoir un endroit pour dormir c’est déjà beaucoup. Je me coucherai bien tout de suite mais Kevin nous invite à sa fête à l’étage. On est une quinzaine de personnes. Je n’apprécie pas trop leurs jeux qui ont pour but de faire boire de l’alcool mais je comprends vite qu’ils font pratiquement tous semblant. Kevin ne met pas d’alcool dans ses cocktails à lui et une des invitées jette discrètement son verre dans l’évier. Moi je ne bois pas du tout parce que je me sens fatiguée et barbouillée. On fait connaissance avec les deux lituaniennes, Ginte et Ieva, et une hollandaise, Maria. Les heures passent et je suis exténuée. Mon ventre me torture un peu. Je préfère m’isoler dans notre couloir en bas.

Le lendemain, après une petite grasse matinée, mes douleurs au ventre m’obligent à me lever. J’evacue sûrement les restes de nourriture bolivienne. Mon état faible nous oblige à passer une journée repos. On en profite pour parler avec Maria qui ne se sentait pas en état de sortir non plus. Elle est professeur d’espagnol. En fin d’après midi, on sort dans le quartier pour acheter de la farine, du sucre… Ce qui nous manquait pour faire des crêpes ! On se régale, Maria aussi. Kevin rentre à tant pour profiter des dernières. Tant pis pour Ginte et Leva, on en refera le lendemain !

arequipa monastere bleuMercredi 30 juillet 2014, au programme : visite du monastère. Le couvent Santa Catalina est le plus grand couvent du monde et le plus important édifice religieux du Pérou. Plusieurs personnes nous ont dit que sa visite valait la peine. Petit point culturel : il a été construit en 1579, sa surface est de 20 462 m². Il hébergeait 450 religieuses qui n’avaient aucun contact avec le monde extérieur jusqu’en 1970. Aujourd’hui, il compte environ 40 sœurs.
Le couvent est si vaste qu’on a l’impression d’être dans une petite ville. Avec ses rues colorées en orange vif ou en bleu, ses jardins, ses cloîtres et ses parcs… On comprend qu’il soit classé au patrimoine mondial. L’extérieur est très vivant avec toutes ces plantes et ces couleurs vives, contrairement à l’intérieur où les chambres sont plutôt froides. Il y a de gros fours en terre cuite qui doivent servir parce qu’on sent encore le feu de bois. Les murs colorés déteignent sur nos mains. On repart avec les mains bleues pour Kévin et orange pour moi. Tous les péruviens qu’on croise sont accueillants et souriants, ça fait tellement plaisir !

Le soir, Kevin nous parle d’Ayahuasca, une boisson à base de cactus qui donne des hallucinations et qui rend malade (vomissements, diarrhée). Suivant les personnes cela peut durer des heures. On préfère s’abstenir. On souhaite bon voyage à Kevin et Maria mais ce soir là, la boisson ne leur fera aucun effet mis à part la nausée.

arequipa monastere orange

Les rues oranges du couvent

Le lendemain, jeudi 31 juillet, on se lève pour aller faire la visite gratuite de la ville organisée par l’office du tourisme. Sur la place des armes (toutes les places principales s’appellent comme ça au Pérou), une dame tente de nous vendre un tour de la ville. Elle baisse les prix, insiste mais comment peut-elle rivaliser avec un tour GRATUIT. La visite guidée se fera en anglais pour mon plus grand malheur, faute à la majorité de touristes qui ne parlent pas espagnol. La jeune étudiante péruvienne nous raconte l’histoire de certains monuments et nous fera goûter des spécialités culinaires : une glace au fromage, un thé au chocolat, des brochettes de poulet et le pisco, alcool répandu au Pérou, saupoudré de cacao.
Chacun laisse un petit pourboire à notre guide qui maîtrise bien son sujet et qui a tout de même passé 3h de son temps avec nous.

Après un Macdo (fallait bien qu’on continue notre enquête dans les différents pays pour comparer les goûts), Kévin est motivé pour aller faire le musée Santuarios Andinos où l’on peut voir la momie très bien conservée de Juanita. Conservée par la glace, la jeune fille est surnommée la Vierge de glace. Je n’étais pas excitée à l’idée de voir une momie mais la visite -en français- est vraiment intéressante. J’avais du mal à comprendre comment les Incas pouvaient sacrifier des enfants, je trouvais ça inhumain. Grace à cette visite, on a pu mieux comprendre comment se déroulaient ces rituels et dans quel état d’esprit ils étaient.

Plusieurs dépouilles d’enfants incas ont été retrouvées au sommet des montagnes. Celle de Juanita est la mieux conservée. Elle a encore des cheveux et de la peau sur les mains. C’est suite aux échappements de gaz chaud du volcan que la glace des sommets a fondu et que les corps, vieux de 500 ans, ont été découverts. Pour les curieux, cherchez momie Juanita dans Google et vous verrez ce qu’on a vu.

Les enfants étaient choisis dès leur naissance et vivaient ensemble. Lors des périodes de grands troubles (catastrophe naturelle par exemple), un enfant (ou plusieurs) était choisi. L’objectif était d’apaiser les dieux. Un long voyage de plusieurs mois débutait jusqu’au sommet d’une montagne. Plusieurs cérémonies ponctuaient leur périple. Les enfants étaient drogués avec de l’alcool, la chicha. Au sommet, les enfants arrivaient sûrement fatigués et entre le froid, l’altitude et l’alcool, ils étaient déjà à moitié inconscients. Juanita était âgée d’environ 13 ans (contrairement aux autres enfants retrouvés âgés de 4-5 ans). Elle a été sacrifiée au sommet du volcan Ampato, suite à une éruption qui avait dû inquiéter les incas. Elle a été tuée d’un coup sur la tempe droite. Les enfants étaient ensuite mis dans des tombeaux, creusés sur quelques mètres (1,4m pour Juanita, ce qui est peu profond) en position du fœtus, entourés d’offrandes.
Les incas pensaient que ces enfants allaient rejoindre directement les dieux et se transformeraient eux-même en dieux.
Ces histoires me donneront des frissons dans le dos pour le reste de la journée.

arequipa volcan

Vue sur le volcan Misti

De retour chez Kevin, on rencontre sa nouvelle colocataire, Aude, une française ! Elle a décidé de venir passer 6 mois au Pérou juste après ses études dans l’espoir de trouver sa voie, qui ne sera pas le droit malgré ses 5 ans d’études dans ce milieu. On profite intensément des derniers moments à Arequipa. En effet, quelques heures plus tard, il est l’heure pour nous de prendre un bus de nuit direction Cusco. Kevin part dans quelques semaines en France ! Il pense y rester 3 ans pour faire un Master et travailler un peu. On est donc amené à se revoir.

Avant de monter dans le bus, nos bagages sont étiquetés, on est filmé, une personne vérifie notre identité et prend nos empreintes digitales. Quelle rigueur !
Nous voilà en route vers Cusco d’où l’on pourra partir à la découverte de l’incroyable Machu Picchu !

Samaipata et le parc Amboro

Le 16 juillet 2014, après la course folle pour récupérer le blouson de Kévin, on arrive enfin à l’hôtel qu’on avait réservé. Samaipata nous fait penser à San Pedro de Atacama. Une ville calme, très jolie, avec des maisons basses sans bâtiment, ambiance village, beau temps… Ville très bien entretenue, pas de papiers qui traînent !

On est exténué, on s’écroule un moment sur le lit mais pas trop, on a faim ! Le petit café restaurant sur la place principale, avec l’une des rares connexions wifi de la ville, sera un bon endroit pour manger. Les repas sont délicieux surtout le dessert, brownies avec glace vanille, mmh !

Bon, et sinon, pourquoi est-on venu à Samaipata ? Essentiellement pour visiter le parc national Amboro. À Sucre, on nous avait dit qu’on pouvait se balader seul dans le parc, que les chemins sont balisés. C’était donc ce qu’on voulait faire. Sans compter le fait que c’est moins cher si on n’a pas à payer de guide, on aime se sentir libre, comme à Ushuaia ou à Potrerillos dans la cordillère des Andes. Mais il semblerait que ce ne sera pas possible ici. Plusieurs personnes différentes nous disent qu’il est obligatoire d’avoir un guide car il y a de nombreux chemins et qu’il est très facile de se perdre. De toute façon, on ne nous laissera pas entrer sans guide, soit disant, pour des raisons de sécurité. Bon, renseignons-nous auprès des agences d’excursion. Toutes proposent une journée intéressante au parc mais pour plus de 20€ chacun, c’est cher. Plus il y a de personnes inscrites pour une journée, plus le prix baisse, enfin, pas tant que ça ! De seulement 1,5€ par personne.
Réfléchissons. On est venu pour voir ce parc, on s’est acharné malgré les difficultés pour être ici, on va donc payer une excursion. Petit soucis, en Bolivie on ne peut casiment jamais payer en CB. On calcule les frais essentiels qu’on va avoir : l’hôtel, la nourriture, le bus pour repartir… On n’a pas assez pour payer l’excursion. Il y a deux banques dans cette petite ville, aucune des deux ne veut de notre carte de crédit.

samaipata_manon

Dans la jungle du parc Amboro

On retourne à l’hôtel, je redemande le prix de notre chambre pour être sûre de nos calculs. J’exprime en même temps notre soucis au gérant de l’hôtel qui s’empresse de me conseiller une autre agence d’excursion, moins chère, si d’autres personnes font la journée avec nous. Un couple d’espagnol qui écoute discrètement la conversion nous rejoint. Ils sont intéressés par l’excursion et voudraient partager le prix avec nous. Kévin est exténué, il n’a pas fermé l’œil depuis plus de 24h. Je le laisse donc se reposer et pars avec les espagnols vers cette agence. Sur le chemin, je leur raconte notre galère de la veille puis notre voyage en général. À 39 et 34 ans, David et Rachel sont tous deux professeurs, d’éducation physique pour lui et de danse contemporaine pour elle, et voyagent durant un mois en Bolivie. Ce sont de grands vadrouilleurs, ils ont visité et travaillé dans beaucoup de pays.
On arrive tous les trois devant l’agence. Le gars nous demande ce que l’on veut et devinez quoi ? Les deux espagnols font leur timides et me laissent tout demander. Pourtant c’est leur langue maternelle contrairement à moi mais ils ne semblent pas avoir remarqués ce détail puisque dans une autre conversation, Rachel me dira que je parle très bien espagnol. Revenons au sujet principal, l’excursion. Le viel homme de l’agence nous propose une journée au parc pour 40€, à diviser par le nombre de personne. Ha ben tout de suite le prix baisse et pas que de 1,5€. Ça nous fait donc 10€ chacun, ça rentre dans nos frais, excursion acceptée.

Pour économiser au maximum les billets qui nous reste, on se fait à manger à l’hôtel. On file se coucher rapidement parce qu’il faut qu’on se remette de notre nuit casi blanche dans le bus et du stress qu’on a subi.

Le lendemain, après une course rapide pour notre repas de midi et le petit déjeuner servi par l’hôtel, nous voilà dans un 4×4 avec nos nouveaux amis espagnols.
Toute la journée nous rappellera la Jamaïque : les secousses violentes dans le 4×4 sur des chemins de terre sinueux passant par des rivières ; les montagnes ennuagées ; la végétation (les même plantes préhistoriques, des sortes de palmiers, de la barbe sur les arbres et des tiges enroulées en escargot) et enfin notre guide nous frayant un chemin à travers la jungle avec sa machette.

samaipata guide

Comme il fait de grands gestes avec sa machette, mieux vaut ne pas rester trop près de lui !

La journée est très agréable, temps idéal et bonne ambiance avec notre guide, un vieil homme de petite taille (comme tous les boliviens) très en forme pour son âge, qui donne de bons coups de machettes aux arbres et se lance dans de grands discours qu’on ne comprend pas toujours. Il ouvre la marche mais sa petite taille fait qu’il ne nous enlève pas toutes les toiles d’araignées au niveau de nos têtes. On alterne entre petits chemins improvisés dans la jungle, chemin de terre et vues sur les montagnes. Soudain, notre guide s’arrête. Après nous avoir mis en garde contre les serpents qu’il ne faut pas tenter de caresser (ça paraît évident mais il a déjà eu une touriste qui s’est fait mordre de cette façon, “hooo le mignon serpent”… couïque la main), il regarde le sol et de ses yeux avisés, il a repéré les traces d’un puma. Mais ne nous inquiétons pas, nous ne sommes pas dans ses horaires de repas, on n’en croisera pas d’après notre expert. Par contre, on entend les singes qui s’agittent, les oiseaux qui piaillent et on a la chance d’observer de mignons petits animaux qu’on ne connaît pas, des peluches vivantes qu’on ne peut pas toucher bien sûr mais ce sera un régale pour les yeux. Toute cette végétation et ces odeurs de champignons : une bouffée de nature comme on aime.

Une balade de 5h qui n’aurait effectivement pas été possible sans guide, un vrai labyrinthe dans la forêt !

samaipata vaches

Trajet en 4×4 souvent ralenti par les nids de poules, les rivières et les vaches !

C’est reparti pour 1h de 4×4 direction l’hôtel. On donne l’adresse de nos précédents bons hôtels aux espagnols qui vont aux mêmes villes que nous précédemment. Cette rencontre nous a fait extrêmement du bien au moral. On abandonne l’idée d’une bonne connexion Internet dans la ville. On serait bien resté une journée de plus mais on va manquer d’argent liquide.

Le lendemain, le vendredi 18 juillet, on décide donc de prendre un bus direction Cochabamba. Après un bon mal de ventre et un long passage au toilette pour nous deux -sûrement lié aux nombreux soucis, stress et contrariétés des derniers jours- on arrive à ne pas louper le bus et à acheter les dernières places, tout au fond. Les 7h qu’on nous avait dit et qui nous auraient fait arriver vers 22h sont en réalité 11h… Donc pas avant 2h du matin à notre destination mais c’est le terminus, on ne risque pas de louper l’arrêt cette fois.

samaipata papillon

Papillons en réunion sur une feuille au milieu de la jungle

On observe une dernière fois ces paysages de roche rouge au milieu de la verdure des montagnes. C’est magnifique. En fait, la montagne est vraiment rouge. Dès qu’elle est dépourvue de végétation et un peu creusée, la couleur vive ressort. Il y a également des champs d’énormes cactus impressionnants, comme de petits arbustes avec un énorme tronc et pleins de branches biscornues mais ce sont bien des cactus. Difficile de faire des photos à travers les vitres. Par contre, on a oublié de faire des photos de Samaipata et pour ça, aucune excuse, juste un oubli… Tout est dans nos têtes.

Le trajet n’est pas des plus confortable. On repasse par des chemins cabossés, balloté dans tous les sens, le bus rempli de boliviens partout, les enfants qui dorment parterre dans le couloir, pas que des enfants d’ailleurs. Au fond, à côté de nous, des mamas boliviennes avec leurs bébés. On est serré, l’une d’entre elles s’endort sur l’épaule de Kévin ! La nuit tombe emmenant avec elle le froid, les secousses qui ne s’arrêtent pas…  Bref, difficile de dormir. Les bébés pleurent de temps en temps. Mais franchement, je suis impressionnée. Les bébés en Bolivie sont extrêmement calmes. Ils passent des demies-journées dans les bus sans ronchonner, sans manger et sans être changés ! En même temps, s’ils ne mangent pas, je suppose qu’ils ne font pas caca O_o.

On arrive à 2h du matin comme prévu, à Cochabamba, fatigué. On met un moment avant de réaliser qu’on est bien arrivé car personne ne descend du bus. En fait, la plupart des gens comptent finir leur nuit dans le bus. Ce n’est pas notre cas, un taxi nous trouve un hôtel ouvert et pas cher : 6€ la nuit pour nous deux. Faut pas s’attendre à du grand luxe, on ne prendra pas de douche mais on a un lit pour dormir avant de repartir le lendemain direction La Paz.

Potosi, un long repos nécessaire

Le bus nous dépose à Potosi sans avoir fait de pause. A Uyuni, la dame qui nous a réservé le bus et notre chauffeur de 4×4 nous avaient dit qu’il y avait une pause pour manger. La femme au terminal de bus nous l’a confirmé. Et bien les boliviens sont des petits menteurs. Heureusement les déceptions s’arrêteront là pour aujourd’hui. Un taxi nous dépose à notre hôtel. La chambre est confortable, chauffée, la salle de bain est privée avec de l’eau chaude : enfin un endroit où l’on va pouvoir se refaire une santé. Un chaton s’est faufilé entre les jambes de la réceptionniste et s’est caché discrètement dans la chambre, notre petit rayon de soleil de la journée.

Le lendemain, le lundi 7 juillet, on se réveille avec un énorme mal de tête. La faute au chauffage au gaz dans la chambre ? Ou à l’altitude ? On est à 4 070 mètres. Kévin se sent très faible, il n’a toujours pas d’appétit et pour corcer un peu plus la situation, on a le mal de l’altitude. Même au repos, mon cœur s’emballe comme si je venais de faire un marathon. Alors dès que je bouge, même pour me baisser ramasser quelque chose, j’ai la tête qui tourne et dois reprendre mon souffle. Niveau confort, l’hôtel est parfait. Seul inconvénient : on est au deuxième étage, beaucoup de marches d’escalier pour arriver à la chambre. Je vous laisse imaginer la difficulté. Chaque aller-retour en bas est calculé.

potosi mia

Notre bébé

On ne descend que pour aller se faire à manger. L’hôtel est rempli de français. On passe nos journées à se reposer et caresser les chatons. “Les” parce qu’on en a découvert un deuxième. Les deux chipies squattent souvent notre chambre pour notre plus grand plaisir. Rien de tel que l’amour des chats pour se sentir déjà mieux. Au bout de deux jours, Kévin retrouve l’appétit. On décide de sortir pour aller manger en ville. C’est parti, en pas de tortue pour éviter de s’essoufler.

On trouve notre bonheur, un petit restau qui fait également cybercafé. Bon, les ordinateurs sont deux étages plus haut, le dernier effort avant de s’écrouler à une table. Je tourne le dos aux toilettes. Une fille en sort. J’aurais pu ne pas la remarquer mais j’ai la tête tournée vers elle à ce moment là, juste à temps pour la voir passer rapidement de profil et là… “Laëtitia” ! Elle se retourne, c’est bien elle ! Une copine de la fac qui ouvre de grands yeux en me voyant. Quelle était la probabilité pour qu’on se croise ce jour là, à Potosi, dans un petit restau à 14h ? On passe des fois une journée entière sans croiser personne alors qu’on connaît plein de gens et parfois il suffit d’une seule personne et d’une bonne dose de chance.

On retourne à l’hôtel, avec l’impression d’avoir marché toute la journée.
Après une bonne nuit de sommeil, le mal de l’altitude s’est enfin calmé. On ne se sent pas de courir non plus mais on peut marcher normalement. C’est donc le 4ème jour (et le dernier) qu’on visite un peu Potosi. Pas trop non plus mais il n’y a en fait pas beaucoup de chose à voir, c’est surtout une ville étape avant Sucre. Dans un petit marché, je trouve des boucles d’oreilles discrètes, la même paire que j’ai mais que je ne mets plus depuis que j’ai perdu le fermoir de l’une. Ça m’est égal d’avoir des bijoux mais je veux éviter que mes trous se bouchent. 1€ la paire en argent. Le gars me les désinfecte et m’arrache l’oreille en essayant de me les mettre. Moi qui voulais éviter de me les refaire percer, je viens pourtant de le revivre. Plus loin, on achète une montre pour remplacer celle qu’on avait et qui nous a lâché, 5€. Un repas au restau coûte 4,5€, une nuit dans un bon hôtel 7€, 15 minutes de taxi 1€, les bus collectifs 0,15€… Bref, la Bolivie est le pays le moins cher de notre voyage.

potosi feteDe la musique attire notre attention. C’est le jour d’une fête. On a droit à un très joli défilé. Une bonne fin après ces 4 jours ici.
Le lendemain, on quitte l’hôtel vers 14h. Le réceptionniste a oublié de nous appeler un taxi. Pas grave, on en trouve un rapidement dans la rue, direction le terminal de bus.

À peine le temps de descendre de voiture qu’une jeune fille nous aborde pour nous vendre des tickets de bus pour aller à Sucre, notre destination. Elle me demande nos noms. Je trouve ça louche, acheter des tickets dans la rue et pas dans le terminal de bus, au guichet. Kévin me sort de mes réflexions, “ben alors, dis-lui nos noms”. Pas le temps d’exprimer mes craintes dans le feu de l’action, je commence à donner un nom et là, une dame intervient “ne l’écoutez pas, elle ment, y’a pas de bus, venez dans le terminal pour en acheter des vrais”. La jeune fille insiste “amigos, achetez mes tickets” ; et la dame “elle ment, venez avec moi”. On regarde la scène quelques secondes, les deux qui tentent de nous convaincre, l’ange et le démon. Kévin ne sait qui écouter mais moi je n’ai aucun doute. Je remercie la dame et la suis, ignorant la jeune fille qui insiste derrière nous. On achète nos tickets à un guichet, voilà un procédé qui me convient.

Le bus part à 14h30 et il est… 14h30 ! La dame appelle avec son portable le chauffeur pour lui dire de nous attendre. On court avec nos gros sacs, on decend des escaliers, on cherche la sortie. On sort, une vieille dame nous suit et veut nous faire payer une taxe pour l’accès au terminal de bus. “Non mais nous on cherche notre bus et on ne le voit pas.” On ignore la vieille bolivienne, on retourne à l’intérieur, tente une autre sortie, une autre veille nous tient le même discours. On ne paye pas tant qu’on n’a pas trouvé notre bus et en plus elle ne nous aide pas. Un homme nous informe que notre bus est parti mais qu’il attend à la sortie du terminal. On retourne à l’intérieur, on monte les escaliers, on court jusqu’au bus. Le mal de l’altitude a diminué mais il ne faut pas exagérer. Kévin est énervé et moi je suis morte ! Après ce sprint, on est dans le bus et sans avoir payé leur taxe d’accès au terminal.

C’est parti pour 4h de bus sensation 4×4 en Jamaïque vu l’état des routes et les dos d’ânes. On redescend en altitude. Sucre est à 2 700 mètres, on va pouvoir respirer !

Découverte d’Uyuni, son salar et la tourista

Le 4 juillet on se réveille en Bolivie, à Uyuni, dans une chambre glacée. Bon, on se motive pour aller prendre une douche. On arrive à avoir de l’eau chaude mais l’air ambiant est froid. Dehors le vent est froid mais heureusement il y a du soleil. Il est 13h et on a bien faim, il est donc tant de sortir de l’hôtel à la recherche d’un restaurant. On n’est pas encore dans la rue qu’on voit une foule de manifestants boliviens. Apparemment ils sont contre la construction d’un nouveau terminal de bus. On n’est pas sûr d’avoir tout compris mais il semblerait qu’ils n’aiment pas recevoir des milliers de touristes. Uyuni est une ville très calme avec de grands espaces pour circuler. Est-ce en rapport avec la manifestation que tout est fermé ? Peut être ! Au bout d’un long moment, on finit par trouver un restaurant ouvert, juste à tant pour voir sur l’écran de télévision que la France a perdu contre l’Allemagne. On s’en fout bien sûr mais bon, mieux vaut ne pas crier qu’on est français à ce moment là. Les deux serveuses du restaurant sont deux jeunes filles peu souriantes et pas du tout serviables. C’est un comble pour des serveuses ! On a l’impression que c’est un restaurant familial et qu’elles ne sont pas très enthousiastes pour occuper ce poste. Enfin bon, on a attendu nos plats pendant un long moment mais on a bien mangé, c’est le principal.

Dans chaque pays, on achète une carte SIM pour pouvoir passer des appels locaux (au cas où on ait un couchsurfing, ce qui n’est pas certain du tout en Bolivie pour le moment). On trouve un magasin qui en vend, tenu par une jeune fille qui ne sait pas sourire non plus et qui parle tout doucement. Elle nous vend une carte mais ne sait pas comment l’activer. On ne capte même pas un réseau, notre achat ne sert pour le moment à rien. Dans un autre centre téléphonique, une dame un peu plus compétente nous l’active, une bonne chose de faite. On rencontre une française d’origine hongroise (d’où son accent) qui voyage seule pendant trois semaines seulement car elle a laissé ses deux enfants en France avec leur papa et se culpabilise de ne pas être présente pour les grandes vacances. Pas mal de gens parlent français dans la rue (des français, des quebecquois, des suisses).

Le soir, on décide d’aller manger au restau le plus près. Personne ne vient nous accueillir, ha si, un adolescent se lève du fond de la salle. On lui dit bonjour avec un grand sourire mais il fait clairement la gueule. Il ne nous décrochera pas un sourire de la soirée et restera devant la télé, un ado quoi !
On ne veut pas juger trop vite mais pour le moment les boliviens sont froids et peu souriants…

uyuni 4x4On passe la nuit dans notre frigo avant notre excursion du lendemain. D’ailleurs venons-y. On part en excursion deux jours en 4×4. Après avoir attendu une bonne demie heure, on voit notre chauffeur, qui tire la gueule. Décidément c’est la mode ici. Kévin lui lance un premier “holà”-pas de réponse- puis un deuxième “HOLÀ” bien insistant, au cas où il n’ait pas entendu… cette fois un faible “holà” sort de sa bouche, toujours pas de sourire mais on fera avec. On voyage avec deux autres couples et un coréen (ce dernier ne parlant pas espagnol, seulement anglais, aura du mal à comprendre ce que notre chauffeur nous explique. Les excursions étaient annoncées dans les deux langues mais notre chauffeur ne parle pas anglais). En descendant du 4×4 au premier arrêt, notre chauffeur nous demande si on parle espagnol, ce à quoi on lui répond que oui et qu’on préfère l’espagnol à l’anglais. Suite à cette réponse, devinez quoi, il nous a souris ! Je me doutais bien que quand il saurait qu’on parle espagnol, le courant passerait mieux.

uyuni trainRevenons à l’excursion. Première journée qu’a t’on vu : des vieux trains d’origines anglaise et française et le fameux salar d’Uyuni qui s’étend sur 10 582 km carré, le plus grand qui existe. Pour ceux qui veulent plus de détails sur sa formation, lisez le paragraphe en italique : l’altiplano bolivien comptait deux grands lacs: le lac Ballivian au nord (emplacement de l’actuel lac Titicaca) et le lac Minchin au sud. Il y a environ 15 000 ans, les eaux du lac Minchin se sont évaporées lentement laissant une succession de dépôts de sédiments lacustres et minéraux drainés depuis les montagnes environnantes. Le Salars d’Uyuni s’est ainsi formé au cours des millénaires avec des couches calcaires en profondeur recouvertes d’une croûte de gypse et halite (sel) en surface. Cette étendue de sel est située à 3 658 m d’altitude.

On en avait vu des photos qui nous avaient fait rêver, peut être un peu trop rêver… Une grande partie du salar n’est pas aussi blanc que ce que l’on s’était imaginé, la faute au vent qui a déposé du sable il y a moins d’un mois. Le salar redeviendra bien blanc après les pluies en août. Il y a beaucoup de touristes, on est loin de se sentir seul au monde en communion avec la nature comme à Ushuaia. On s’arrête plusieurs fois dans le salar et bon, quand même, il y a de grandes étendues blanches de sel comme on l’espérait. Il y a un hôtel au milieu du salar où le chauffeur nous arrête pour nous servir un repas équilibré (légumes, viande, féculents, fruits). Nous repartons à bord du 4×4 dans ce désert de sel. Prochain arrêt : les yeux du salar. Ce sont en fait des trous dans lesquels de l’eau bout, en tout cas c’est l’impression qu’on a en voyant les bulles qui en ressortent mais l’eau est gelée. En quelques mots, c’est moche. L’aspect est répugnant faisant penser à des égouts. Le décors autour accentue cette image de déchèterie avec un vieux pneu. Bref, on n’est pas conquis !
Plus loin, le salar apparaît comme une banquise craquelée de dalles hexagonales. Voilà un endroit qui vaut le coup d’œil ! C’est magnifique.

uyuni salar

A 15h30, notre chauffeur nous dépose à l’hôtel où l’on va passer la nuit, au pied du volcan Tunupa. En fait il nous dépose avec le coréen mais repart avec les autres qui ne font l’excursion que sur une journée. Il n’y avait pas assez de monde faisant la même chose que nous ce jour là, on devra donc s’incruster avec d’autres personnes le lendemain pour faire le retour. Mais on en n’est pas là, et même loin de là !

L’hôtel se trouve dans un hameau au milieu du salar où vivent une vingtaine de personnes. On se balade aux alentours pour voir les ruines d’un village en pierre, un lit d’eau abritant des flamants roses, des lamas et le coucher du soleil. On retourne à l’hôtel frigorifié. Bien sûr l’hôtel n’est pas chauffé et les toilettes sont dehors. On nous sert un repas à 18h30. On mange à la même table que le coréen et on échange quelques mots avec trois personnes de la table à côté de nous. Le froid nous oblige à filer sous les couvertures. La femme à Uyuni qui nous a vendu l’excursion nous avait dit qu’on nous donnerait des bouillottes. Je demande au personnel de l’hôtel. Ils me répondent qu’il n’y en a pas -j’insiste- ils me disent de demander à la gérante. Elle me confirme qu’il n’y a ni chauffage ni bouillottes et me donne des couvertures en plus. À ce moment là, j’en veux à la femme d’Uyuni. Qu’on vive des situations difficiles c’était prévu mais quand on paye pour quelque chose et que finalement ce n’est pas ce qui a été annoncé, on a de quoi s’énerver. (On a payé 50€ chacun.) J’arrive à me calmer mais à peine je commence à me réchauffer dans le lit que Kévin se sent mal. Et là c’est le drame.

Kévin observant les flamants roses avec des jumelles, en pleine forme, sans se douter de ce qui l'attend quelques heures plus tard...

Kévin observant les flamants roses avec des jumelles sans se douter de ce qui l’attend quelques heures plus tard…

Il file aux toilettes et part en diarrhées et vomissements. Je cours demander une serviette pour qu’il se nettoie et du papier toilette. J’aurais beau expliquer la situation, la gérante finira par me donner une serviette parce que j’ai vraiment beaucoup insisté et me VENDRA du PQ, oui VENDRE. Dans la panique de voir Kévin aussi mal, dans un endroit perdu avec des gens peu compatissants, j’aborde des touristes en train de manger. Physiquement ils pourraient être français, je tente le tout pour le tout et leur parle français. Dans notre malheur, on aura un vrai coup de chance : c’est un groupe de suisses dont une médecin ! Elle tente de faire un diagnostic, il est fort possible que ce soit alimentaire. Elle nous remplit une de nos gourdes d’eau chaude et nous donne des médicaments en plus de ceux qu’on a déjà. Des médicaments efficaces et appropriés mais le soucis c’est que Kévin ne s’arrête pas de vomir. Être malade ce n’est jamais un moment de plaisir mais en plus quand on est au milieu d’un désert de sel et enfermé dans des WC à l’extérieur où souffle un vent glacial… Pour ça aussi la femme nous a menti. Elle nous avait dit qu’il ferait plus chaud qu’à Uyuni. Le guide des suisses qui parle espagnol et français demande une bassine pour que Kévin puisse vomir dans la chambre où il fait un peu plus chaud. Il devra insister pour l’avoir. Tout le monde file se coucher, sauf nous. Je n’arriverai pas à me procurer un verre auprès des gens de l’hôtel : “Demandez à la gérante” est leur seule réponse, ils ne seront pas capables d’assumer de prêter un verre ! Lamentable ! Je trouve ça scandaleux qu’ils se foutent de l’état de santé de Kévin et qu’en plus ils ne me donnent même pas des choses simples. Puisque plus personne n’est là, je décide de me servir en PQ et bouteilles d’eau minérale au comptoir.

Je suis très inquiète. Kévin passe son temps au toilette. Je reste avec lui, j’ai froid, je suis fatiguée, je ne sais pas quoi faire. J’ai repéré le numéro pour appeler notre assurance mais de toute évidence on va devoir passer la nuit ici. Kévin me dit qu’il a peur, moi aussi…
Après plusieurs heures, il finit par s’endormir sans avoir vomi les derniers médicaments. Je m’endors à ses côtés peu rassurée et avec la chaire de poule (pas de peur mais de froid).

Au réveil, Kévin est très faible, toujours balonné et sans appétit. Il prend des médicaments en se forçant à manger un peu du petit déjeuner qu’on nous a préparé et retourne au lit. De mon côté, je me balade un peu dans le hameau sous un beau soleil, fait connaissance avec la petite fille qui vit ici et bien sûr, je prends soin de mon Titange malade.
A 13h30, notre 4×4 arrive. Je me précipite vers le chauffeur pour lui expliquer l’état de santé de Kévin. Enfin une personne compréhensive et sympathique. On mange sur place avec le nouveau groupe de la journée. Une polonaise et un couple de péruviens avec leur adolescent, tous très sympathiques. Je comprends tout ce qu’ils me disent et ne réfléchis plus à mes mots pour m’exprimer. Comme quoi on s’est bien amélioré depuis avril sans s’en rendre compte. Kévin participe beaucoup moins à la conversation mais tout le monde sera au petit soin à demander comment il va et à donner des conseils. Il mange quelques bouchées de poulet et de riz et retourne somnoler avant notre départ.

uyuni ile cactusL’après midi, on revoit pas mal de lieux déjà visités la veille, seule nouveauté : l’île des pêcheurs, au milieu du salar. Une île qui n’est plus entourée d’eau puisque tout s’est évaporé. Elle n’est pas du tout remplie de poissons mais de grands et nombreux cactus. Son nom vient de sa forme. Kévin se repose dans le 4×4. Je pars donc seule à la découverte de cette île piquante. Dans cette partie du salar, la couche de sel est plus épaisse, j’ai l’impression de marcher dans la neige.

On retourne à tant à Uyuni pour prendre le bus qu’on nous a réservé et qui nous conduit à Potosi. Bien sûr, on avait réservé sans savoir que Kévin se sentirait mal. On n’est pas à 7€ près mais il préfère faire le trajet. Nous voilà donc partis pour 4h de bus. Un hôtel avec chauffage, salle de bain privée et petit déjeuner copieux nous attend… normalement !

La Bolivie, un début difficile

Jeudi 3 juillet 2014, à Calama, 7h du matin, notre bus est à l’heure direction Uyuni en Bolivie. 8h de route ce n’est pas si long et pourtant quand les ennuies s’accumulent ça passe tout de suite moins vite. Une vieille dame assise à côté de nous dégage une forte odeur qui nous incommode tout le trajet. Au bout de 2h c’est une envie de pisser qui commence à me gêner. Les toilettes du bus ne fonctionnent pas, on n’y a pas accès. Je demande au gars qui nous encadre dans combien de temps on s’arrêtera. Il me répond 1h mais en voyant ma grimace, il demande au chauffeur de s’arreter au bout de 10 minutes. C’est gentil mais on est en plein milieu du désert, pas d’arbres pour se cacher et une dixaine de personnes qui sont descendues pour pisser également. Pour les hommes c’est pratique. Pour les mamies boliviennes également : avec leur grande robe, elles font ça en toute discrétion. J’abandonne la possibilité de me soulager ici, à moins de montrer mes fesses à tout le monde. Je remonte dans le bus et c’est là que commence ma torture. L’envie est trop grande, je suis obligée de rester contracter mais au bout de 30 minutes c’est difficile de me retenir, ça me fait mal au ventre à chaque secousse – oui parce qu’on n’emprunte pas une route mais plutôt un chemin de terre sinueux au milieu du désert. Au bout d’une heure, on arrive à la douane, enfin ! Le bus tourne encore 5 bonnes minutes histoire de bien me faire souffrir puis je descends et me retrouve devant des toilettes fermés. Heureusement, on me laissera l’accès à un WC privé. Je me sens beaucoup mieux contrairement à d’autres filles qui ont l’air de chercher un coin à l’abris des regards.

Un tampon par ci, un tampon par là (sur le passeport hein, j’ai fini de parler de toilette !). Nous voilà en Bolivie, encore 4h de route avant Uyuni, perchée à 3700 mètres. Il fait très chaud dans le bus contrairement à la température extérieure. Le chauffeur nous dépose au début de la ville et non au terminal de bus. Il parachute tous les touristes ici, à nous de nous débrouiller avec nos gros sacs pour rejoindre le centre ville. On se retrouve à marcher avec une japonaise un peu perdue également, d’autant plus qu’elle ne parle pas un mot d’espagnol et que son anglais est très approximatif. Elle a réservé un hôtel et on décide d’aller y jeter un œil, histoire de l’accompagner. Une femme nous aborde juste devant l’hôtel recherché. Elle travaille pour une agence de tourisme, nous propose des excursions et nous offre une nuit à l’hôtel si on s’engage avec elle. Bon, une nuit ici c’est 4€ par personne mais ce qu’elle propose nous intéresse donc on accepte.

On nous a dit -et Internet nous le confirme- qu’en Bolivie on n’aurait pas de problème pour retirer de l’argent, pas comme en Argentine ! Premier distributeur, notre carte est refusée. Le deuxième, au bout de 4 essais, l’écran devient tout bleu, la carte ne ressort pas, grand moment de panique où l’on pense que le distributeur vient de manger notre CB et finalement, au bout de 3 secondes interminables… La carte ressort avec pleins de billets, retrait réussi ! Ouf.

Elle n'a pas le chapeau de paille avec la fleur mais on n'a pas d'autre photo pour le moment.

Elle n’a pas le chapeau de paille avec la fleur mais on n’a pas d’autre photo pour le moment.

On se balade un peu dans la ville plutôt animée. Il y a un très grand marché qui attire une foule de gens. On remarque tout de suite qu’on se fera facilement repérer comme touriste. Les boliviens sont bronzés et petits ; les boliviennes sont petites, aussi hautes que larges, habillées avec de grandes robes jusqu’aux pieds, un chapeau de paille avec une fleur derrière, la peau bronzée et coiffées de deux grandes nattes brunes. De jolies petites poupées.

On décide d’aller manger, on est affamé et le froid nous torture. On commande des spécialités boliviennes, du lama et du quinoa. La serveuse, bien typique, n’est pas très efficace et se trompe un peu dans nos commandes. On n’aura pas de quinoa mais on a tout le temps d’en manger. Je garde mon manteau même à l’intérieur, je suis gelée.

De retour à l’hôtel, on se rend à l’évidence : il nous est impossible de nous laver, il fait trop froid et les douches sont loin de notre chambre, à l’extérieur. L’eau qui sort des robinets est glacée, tellement qu’on se fait mal aux mains en se nettoyant rapidement les aisselles. La chambre n’est pas chauffée, les boliviens ne semblent pas autant accueillants que ce que l’on nous avait dit… Il ne nous reste qu’une chose à faire : dormir en attendant un nouveau jour.

Córdoba, dernière étape de l’Argentine… Ou presque

On n’a pas encore quitté Mendoza que je me fais enfermée dans les toilettes publiques du terminal de bus. Une porte blindée bien épaisse, pas de lumière, pas de portable, Kévin qui m’attend tranquillement dans un petit restau et qui ne va pas s’inquiéter dans l’immédiat. Bref, j’enclenche mon mode panique ! “Hé hoooo ! Por favooor !”, je me tue les mains à essayer de taper pour que quelqu’un m’entende. J’aperçois à travers une légère fente les gens qui se pressent pour aller prendre leur bus mais aucun ne semble me remarquer. Je pense à mon plat qui va refroidir, à Kévin qui va s’inquiéter, à notre bus que l’on doit prendre… et si personne n’avait la clé ?

On en pense des choses en 10 minutes et pourtant je ne resterai pas plus longtemps dans ma prison. Un homme m’a entendue. Une dame vient me libérer, c’est la femme de ménage qui m’a enfermée et qui se retrouve bien désolée. Ce n’est rien, j’ai vécu bien pire ! Je file retrouver Kévin qui me voit arriver essoufflée et les mains rougies. J’ai été poursuivie par 3 argentins qui voulaient me piquer ma virginité, j’ai dû les assommer à coups de poing mais tout va bien mon ange. Avouez que cette version est un peu plus pimentée.
Bref, petite frayeur de la soirée passée, on essaye de dormir pendant nos 12h de bus mais c’est assez difficile. On ne nous fournit pas de couvertures et il fait froid… On arrive fatigué mais entier à Córdoba.

Notre hôte, Marcos, est l’un des fondateurs du couchsurfing. Il a l’habitude de recevoir beaucoup de gens et c’est un grand voyageur. Il revient tout juste d’un voyage de 5 mois en Amérique latine. Nous sommes logés dans un de ses appartements, à 25 minutes du centre de Córdoba. Il habite ici en attendant que son appartement en centre ville soit fini de restaurer. Il n’aime pas du tout vivre loin des bruits continus de la ville, le calme le déprime, il est désolé de nous accueillir dans ces conditions mais il ne faut pas, loin de la pollution = pas de mal de gorge. Il vit avec un de ses amis de l’Uruguay (Diego) qui attend que sa moto soit réparée pour continuer son voyage de 2 ans, et une mexicaine en couchsurfing (Tifany), grande voyageuse également. Ils ont tous autour de 35 ans.

Le soir, on se retrouve parachuté dans un autre appartement en ville pour manger avec pleins de gens. On était juste sorti pour faire des courses à la base ! Sacré Marcos, il avait tout calculé mais on n’était pas au courant. Ce n’est pas qu’on est sauvage, mais on aurait préféré une soirée tranquille pour se coucher tôt et pouvoir prendre une douche -après 48h dans les mêmes vêtements, c’est pas de trop-. Notre odeur s’infiltre dans les narines de nos hôtes qui commencent à s’évanouir un par un. Je sais que vous ne me croyez pas et vous avez bien raison, on ne pue pas du tout !

cordoba tableau

L’art d’un Monteiro

Deux frères habitent ici. On fait connaissance avec Tifany qui est déjà là. D’autres nous rejoignent au compte goutte : la petite amie d’un des frères, une collègue de boulot à Marcos (Natalia), Diego et sa petite amie (Carmen), un garçon à l’allure efféminée, encore un autre garçon et une coréenne (Jiang) ; on essaiera tous de bien prononcer son prénom mais c’est difficile. Je sais ce qu’elle endure, personne n’arrive à prononcer Manon correctement non plus, j’ai l’habitude à force. Du coup je m’appelle Manone ou Manou, au choix. Et Kévin se transforme souvent en Kébine.

Dans la soirée, le garçon un peu efféminée nous accoste et tout fière il nous chante : “j’ai la quéquette qui colle…”. Les autres sont impressionnés qu’il connaisse une chanson en français mais ils n’ont aucune idée de ce qu’elle signifie ! On aura dû mal à leur traduire exactement mais bon, quelle importance ! Chante mon garçon, le ridicule ne tue pas ! Quoique…
Bref, le temps passe et à 1h30 du matin, enfin, on… Non on ne rentre pas se coucher, on mange ! On ne rentrera qu’à plus de 3h… Une grasse matinée jusqu’à 13h30 et glandouille toute la journée s’impose.

Le soir, on reste manger dans le même appartement dans lequel on est logé. Natalia, la collègue de boulot de Marcos, nous rejoint avec sa fille de 11ans, Mickaella, et son bébé de 5 mois, Maximo. Natalia s’est récemment séparée du père de son bébé, elle a pas mal de soucis et Marcos veut lui changer les idées. Il a préparé un très bon repas et essaye de plaisanter un peu avec Mickaella mais rien n’y fait. La gamine ne décrochera pas un mot de la soirée. Natalia mange avec son bébé dans les bras… essayant de couper du jambon cru avec une seule main ! Impossible, même pour elle. C’est comme Édouard aux mains d’argent essayant de manger des petits pois ! Elle ne mangera presque rien, sa fille non plus et Marcos ne se mettra même pas une assiette prétextant qu’il n’a pas faim. On est les seul à faire honneur à son plat qui le mérite énormément ! Même les glaces en dessert n’auront pas plus de succès. L’ambiance n’est pas mauvaise pour autant.

cordoba parc

Voilà comment Kévin porte sa veste quand il alterne entre le chaud et le froid.

Le lendemain, dimanche 22 juin 2014, on prend un bus à 8h30 pour se rendre au parc national Quebrada del Condorito.
Le bus tombe en panne, on en prend un autre, on perd une heure et on arrive à 12h30, au milieu de nulle part. On marche pendant 2h dans un décors particulier, de buissons et montagnes. On arrive à un mirador d’où il est possible de voir des condors. On en voit mais de très loin en train de voler. On est un peu déçu de ne pas en voir de plus près sachant que cela est possible. On se fera quelques amis, des “zorzal amigo”, des oiseaux peu sauvages qui viennent manger avec nous.

Puis on repart dans l’autre sens, on n’a plus d’eau et j’ai énormément soif. On n’en avait pas prévu assez, quelle galère ! J’ai l’impression d’être au milieu du désert, la gorge sèche et la tête qui tourne. Au bout d’1h30, je trouve mon oasis qui n’est autre qu’une maison d’information avec de l’eau potable.
On arrive à l’arrêt de bus (enfin, au bord de la route), 20 minutes en avance. Deux autres couples sont déjà là depuis un bon moment. Les minutes passent, la nuit tombe et toujours pas de bus. Il fait froid, un des couples tente de faire du stop mais personne ne les prend. On se réchauffe chacun dans les bras de sa moitié comme on peut. Le bus arrive finalement avec 40 minutes de retard et il n’y a plus de places assises. On arrive à Córdoba, il est 21h. Marcos nous a dit qu’il viendrait nous chercher pour éviter qu’on perde trop de temps à prendre un bus à cette heure là. On attend Marcos pendant 45 minutes, ensuite il passe chercher Diego, il s’arrête faire des courses, prendre du gaz pour la voiture (une hybride), décharger des choses dans un appartement… Bref, on arrive à 23h30 à l’appartement et le bus de ville serait allé bien plus vite. Ce n’est pas grave dans le fond mais le soucis c’est que je me sens vraiment extenuée. Je me couche ou plutôt je m’évanouis sur le lit et tombe dans un profond coma…

Je me réveille au bout de quelques heures. Je me sens fiévreuse, j’ai une forte nausée, une grosse migraine et des douleurs musculaires dans tout le corps. Un doliprane me permettra de finir la nuit mais au réveil je suis toujours dans le même état. Je passe la journée dans le lit à lutter contre je ne sais quoi. Les symptômes ne sont pas exceptionnels mais quand on voyage dans plusieurs pays, qu’on se fait piquer par des moustiques et qu’on mange la nourriture locale : un tas de suppositions nous traversent l’esprit et nous inquiètent.

Kévin envoie un message à médecins direct, un site qui nous a été proposé par mon assurance où l’on peut décrire ses symptômes et des médecins nous répondent dans les 48h. Je comate toute la journée sans manger. Le soir je me lève quelques heures mais je suis très faible. Heureusement je passe la nuit à bien dormir. Au réveil, ma fièvre est tombée et je me sens plutôt bien. Un médecin nous a répondu. Nous ne sommes pas passés dans des zones critiques pour le paludisme, si ça ne passe pas, il faudra faire des examens pour s’assurer que ce n’est pas la dengue. À la fin de son message, il me dit “je vous rappelle que ces symptômes peuvent également survenir à la suite d’une déshydratation.” Je n’ai plus de doutes, vu la soif que j’ai eu la veille pendant 1h30 de marche, je sais que je m’étais beaucoup déshydratée. J’avais mis du temps à m’en remettre. Bref, que personne ne s’affole, je n’ai pas la dengue. J’imagine l’hystérie de Valérie, notre infirmière en France, en lisant ce paragraphe. Ne t’inquiète pas, on a bien géré, les anti-nauséeux ont été efficaces et dans le doute, j’ai pris de la doxycycline.

Nous sommes le mardi 24 juin 2014, c’est notre 5ème jour ici et nous n’avons toujours pas visité Córdoba. C’est parti ! Il y a beaucoup de jolies églises, une belle basilique et de beaux monuments. On remarque que pas mal de gens font le signe de croix lorsqu’ils passent devant une église. Avec toutes les églises qu’il y a, ils n’ont pas fini ! On en visite quelques unes, Kévin s’agenouille dans l’une pour faire une prière ou pour se reposer, je n’ai pas trop su !
La nuit, Córdoba est encore plus jolie. Beaucoup de bâtiments sont éclairés de couleurs vives. On se croirait un peu à une fête des lumières. On rejoint Diego et Tifany à une fête qu’on aura énormément de mal à trouver et dans laquelle il y a une foule de monde qui boit des bières ou du vin directement à la bouteille mais pas grand chose d’autre.

cordoba musee

Kévin en pleine contemplation ou somnolence

Le lendemain, on décide en fin d’après midi d’aller visiter le musée de sciences naturelles et celui des Beaux Arts. Nous sommes mercredi et les mercredis les musées sont gratuits (comme à Mendoza). Mais comme on a un peu trop trainé, à 17h30, le musée de sciences naturelles est fermé. On visite celui des Beaux Arts. On n’a pas la même notion du mot “beaux” mais il y a des choses intéressantes. Je ne comprends toujours pas comment quelqu’un peut se faire connaître en peignant des toiles entières d’une seule couleur basique ou en dessinant comme quand il avait 3 ans (et encore il y a mieux comme dessins d’enfants). Mais bon, disons qu’on n’est pas réceptif à l’art moderne ! (Je préfère de loin les tableaux d’une peintre en Ardèche.) On est également tombé sur un peintre du nom de Monteiro, mais Kévin a préféré renier ce côté là de sa famille.

Le soir, on se retrouve à 6 pour manger (Marcos, Diego, Carmen, Tifany et nous). Tifany nous a préparé des tacos typiques de chez elle, donc si vous suivez, des tacos mexicains. Ce n’est pas une découverte pour nous mais on apprécie jusqu’à se faire péter le ventre. En fait, elle en avait préparé pour d’autres personnes qui ne sont finalement pas venues. Du coup on a beaucoup trop à manger.

Le lendemain, jeudi 26 juin, nous avons un bus à 10h. On se lève un peu plus tôt que prévu pour préparer de délicieuses crêpes aux autres, notre cadeau de départ. On n’est jamais resté aussi longtemps chez un hôte. 6 jours qui nous ont permis de nous reposer avant la suite. En effet, nous partons définitivement de Córdoba et de l’Argentine… enfin, c’est ce qu’on avait prévu mais les imprévus font partie du voyage, n’est-ce pas ?

Santiago et nos belles rencontres

L’avantage de passer la nuit dans le bus c’est qu’on parcourt de grandes distances sans s’en apercevoir. On est parti à 21h30 de Puerto Varas et 12h plus tard (soit 1000km), les rideaux s’ouvrent, on nous apporte un petit déjeuner. Le réveil est difficile, on aurait bien dormi un peu plus mais nous sommes arrivés à destination : Santiago.

Nous sommes mercredi 11 juin, nous voilà dans la capitale avec nos gros sacs et une adresse à la main, celle de notre hôte qui nous attend. Ça fait 3 semaines que nous n’avons pas eu de couchsurfing. Andrés a 37 ans et vit seul dans un appartement situé dans un quartier calme. C’est un  voyageur depuis qu’il est majeur, il connaît bien l’Europe et l’Amérique latine. Un garçon intéressant et sympa avec qui on va partager de bons moments. On est installé dans son salon, la pièce principale et il nous laisse faire comme chez nous.

On décide de partir se balader dans la ville. Sur le plan, il y a pas mal de parcs, on a du mal à les trouver parce qu’en fait même quand on est dedans on ne s’en rend pas compte ! Ce n’est pas des coins de nature tranquille, seulement un peu d’herbe, des chemins goudronnés et parfois carrément un parking au milieu ou une grande avenue. On visite un peu le quartier “Brasil” santiago graphitisavec quelques rues aux maisons colorées et beaucoup de graphitis, parfois flippants. On commande deux chocolats chauds dans un bar. On demande toujours des “chocolate caliente” mais on ne nous apporte jamais la même chose. C’est la surprise. Parfois on a du chocolat chaud comme en France, d’autres fois on a du lait chaud avec du chocolat en tablette qui fond dedans et ici on nous apporte du chocolat fondu, comme la pâte d’un gâteau au chocolat pas cuite. Très bon, si on aime le chocolat !

Au retour, on reprend le métro mais cette fois aux heures de pointes… Très mauvaise idée ! On se retrouve dans la foule, un métro toutes les 3 minutes, impossible de monter alors qu’on est devant les portes, on se fait bousculer, les gens sont fous. Au bout de 3 métros loupés, on comprend qu’il n’y a que par la force qu’on y arrivera. Les portes ne s’ouvrent que quelques secondes, Kévin arrive à monter, je commence à crier de peur qu’on soit séparé, Kévin me tire à travers la foule et nous voilà comprimés dans le métro. Toute cette énergie pour se rendre compte qu’on n’est pas dans le bon ! Il y a un système de couleur et celui dans lequel on se trouve ne s’arrête pas à l’arrêt qu’on veut. On descend à celui d’après, on ne tente pas d’en reprendre un dans l’autre sens et on préfère marcher pendant 45 minutes pour rentrer à l’appartement.

Jeudi 12 juin 2014, la météo nous avait annoncé du beau temps mais il pleut, beaucoup. On change nos plans, on reste au chaud avec Andrés à papoter et on regarde l’ouverture de la coupe du monde de football (qui l’aurait cru !). Au milieu de l’après midi, le temps s’arrange un peu, on décide d’aller se balader autour de la “plaza de armas” -la seule que le guide de Puerto Varas nous avait déconseillée-. Un très joli quartier, Santiago est une ville vivante et agréable. On se fait aborder par un groupe de 4 lycéennes qui font un exposé pour leur cours d’anglais. On accepte d’y participer et on se retrouve à être filmé pendant qu’elles nous posent des questions en anglais. Sauf qu’on est habitué à parler espagnol… Du coup je comprends les questions mais je leur réponds spontanément en espagnol. Tant pis, j’espère qu’on les aura aidées. Elles avaient l’air contentes. On continue à flâner dans les rues et un chocolat chaud et une part de gâteau plus tard, on décide de rentrer.

On achète quelques pâtisseries pour Andrés et nous. Il avait fait de même. Du coup on se fait un énorme goûter avec café et thé, à 20h. Andrés ouvre ensuite une bouteille de vin et du fromage. Je n’aime pas et leur laisse vider tout ça à deux. Pendant ce temps, Andrés nous parle de ses voyages, nous montre des photos et vidéos (il fait de magnifiques photos, il a même travaillé un certain temps en tant que photographe). Et bien les paysages qui nous attendent au nord du Chili et en Bolivie semblent merveilleux…

santiago vueVendredi 13, grand soleil. Ça ne porte donc pas malheur et d’ailleurs ici, ce sont les mardis 13 qui portent malheur !
Andrés nous accompagne à la “cerro San Cristóbal”, une colline qui surplombe la ville. On prend un funiculaire pour s’y rendre. La vue est très belle. Santiago est entourée de grandes montagnes enneigées, magnifique. Un décors qui semble irréel autour de la ville qui s’étend sous nos pieds.

On rentre à l’appartement vers 17h pour ne pas louper la match de football. Ça en étonne sûrement certains vu qu’on ne s’intéresse pas au foot mais l’enthousiasme de toute la ville qui se prépare au match de ce soir est contagieuse. Le Chili joue contre l’Australie. Une amie d’Andrés nous rejoint, Teresa, 26 ans, professeur de religions et philosophie. On encourage l’équipe du Chili qui gagne finalement 3-1, un beau match. On fait connaissance avec Teresa, très gentille. Ça fait du bien d’avoir des conversations en espagnol et de bien comprendre. On finit même par avoir du mal avec certains mots français, par penser en espagnol et à franciser les mots. Quand on rencontre des gens plus âgés qui parlent vite, de choses qui ne nous intéressent pas trop et qui ne vérifient pas si on comprend, ce n’est pas top. Là on se sent entre amis.
Pendant qu’on mange, à la radio, on entend Vanessa Paradis chanter Joe le Taxi… Ils ne se rendent pas compte que les paroles sont stupides vu qu’ils ne les comprennent pas. Ça nous fait rire. Une bonne soirée s’achève. Le lendemain, c’est le moment de partir.

Ça nous a fait énormément plaisir de refaire du couchsurfing, rencontrer des gens, s’en faire des amis, partager, rigoler et avoir la gorge serrée au moment de se dire au revoir.
Nous voilà dans un bus direction Viña del Mar où nous attend un autre garçon, une nouvelle rencontre, un futur ami ?

Castro, ses maisons colorées et la pluie

Nous sommes le 3 juin 2014 – Bonne fête Kévin 🙂

Nous ne sommes pas encore sortis du terminal de bus qu’un homme nous aborde pour nous faire la publicité de plusieurs hôtels (ça devient courant comme démarche). On prend ses prospectus et on commence par aller à l’office du tourisme. On ressort, un plan de la ville à la main, c’est parti pour la recherche d’un endroit pour dormir. Premier hôtel, pas de chauffage dans la chambre (classique), ça devient un critère éliminatoire. Le deuxième, il y a un chauffage, froid. Je demande s’il fonctionne. La dame, peu souriante, me répond qu’il fonctionne de 19h à 23h. Bon, on n’a pas envie de faire le tour de la ville avec nos gros sacs. On se pose donc à l’hôtel Don Miguel.

Il est 16h, on a encore le temps de profiter de cette belle journée (assez rare qu’il y ait du soleil ces derniers jours). Avant de quitter l’hôtel, la réceptionniste, toujours aussi peu souriante, veut qu’on lui paye nos deux nuits. D’habitude on paye avant de partir mais pourquoi pas. Voici le discours qui s’en suit :
Moi : Peut-on payer en carte bleue ?
La dame : Oui, mais je préfère en liquide.
Moi : Et nous, nous préférons en carte bleue. (Avec un petit sourire qui va bien).
-Silence-
Moi : Donc ? C’est possible en carte bleue ?
La dame : Non. En liquide.
Moi : On n’en a pas, il faut qu’on aille en retirer.
Je pensais qu’elle céderait en voyant qu’on ne pouvait pas payer tout de suite mais non, elle nous laisse partir et nous dit qu’on payera après. Tant pis, on ne compte pas lâcher l’affaire, elle nous connaît mal.

castro maisons coloreesOn se balade dans la charmante ville de Castro. Il y a pas mal de vieux bateaux, on a une vue sur des montagnes et  les palafitos (maisons sur pilotis) aux couleurs vives qui se reflètent dans l’eau. Ce dernier point me rappelle un peu l’île d’Oléron, de bons souvenirs. Une ville calme et très agréable.

Avant la tombée de la nuit, on fait quelques courses et on retourne à l’hôtel. On se pose devant la télé dans notre chambre. Une chaîne diffuse en continu pleins de films connus (que je n’avais pas vus, contrairement à Kévin qui les connaît tous). Du coup, je me laisse embarquer dans un film puis un deuxième… Tout en anglais sous titré en espagnol, un système qui me convient bien pour comprendre. Après nos douches, on descend pour se faire à manger. La maîtresse de maison nous a dit qu’on n’aurait pas de petit déjeuner mais qu’on avait une cuisine à disposition. Il est bientôt 22h et quand elle nous voit se diriger vers la cuisine, elle ouvre de grands yeux et s’exclame : “il est trop tard pour cuisiner !” Elle nous laissera tout de même faire nos pâtes tout en précisant que la cuisine est à disposition jusqu’à 20h. Seulement 20h ! Depuis le début de notre voyage, on est habitué aux cuisines qui ferment vers 23h voire minuit. Dans la cuisine, il fait super froid (autant qu’à l’extérieur). C’est donc en grelotant qu’on s’active à cuisiner et manger. J’aperçois un chaton dans la pièce. La maîtresse de maison, toujours aussi froide, reste de marbre face à mes sourires, prend le chaton et l’enferme dans une autre pièce. Si tu n’es pas heureuse dans ta vie, pas la peine de nous le faire subir… 

Le lendemain matin, le réveil sonne. On doit prendre un bus pour aller au parc national de Chiloe. Nous avions prévu l’horaire du bus mais pas qu’il pleuvrait des cordes. De la fenêtre de notre chambre, on a une très belle vue. La pluie ne s’arrête pas ce qui ne nous motive pas à nous lever. Enlacés bien au chaud dans le lit, on commence à regarder un film “The Island”, plutôt captivant. Le temps passe, trop tard pour le bus que l’on avait prévu. Le temps ne s’arrangera pas d’après la météo. On décide donc d’annuler nos projets et de paresser un peu. La maîtresse de maison frappe à la porte en fin de matinée. Que veut-elle… J’ouvre la porte, méfiante. Elle s’est levée du bon pied et nous apporte un chauffage d’appoint pour nous réchauffer. Une gentille attention car il fait assez froid.

castro kevin poncho

Un SDF, seul sur son banc…

Le film fini, on se prépare enfin et on sort pour manger et finir le tour de la ville. Il pleut toujours, nos ponchos sont efficaces et nous tiennent au sec, mieux qu’un parapluie. On s’arrête pour manger des empanadas à la viande. On marche quelques minutes avant que je m’arrête net devant une vitrine. J’ai encore un peu faim et je suis face à des gâteaux appétissants. On se pose donc à une table avec une grosse part de gâteau aux noisettes, une boule de glace à la vanille et un milkshake, mmh… En même temps, on peut se faire plaisir, on dépense 30% de moins par jour que prévu ! Ici, les transports ne sont pas chers (3€ pour 1h30 de bus) et on mange une empanada pour 2€ environ.

Notre moment gourmandise finit, on continue notre balade. Même sous la pluie, la ville est jolie et sympathique.

On rentre à l’hôtel, la dame est un peu moins froide, nous n’avons toujours pas payé, aurait-elle oublié…?

Le lendemain, on aurait presque pu partir sans payer mais bon, on est honnête ! La femme de ménage faisait la gueule dès notre réveil, on ne saura pas pourquoi… Bref, on a payé mais en carte bleue comme on voulait et c’est sous un ciel bleu et un grand soleil qu’on quitte Castro.

Au fait, à propos de la photo, avez-vous vraiment cru que c’était un SDF où avez-vous reconnu mon beau Kévin emmitouflé sous son poncho ?

En route pour l’île de Chiloe

Les 27 heures de bus pour rejoindre Bariloche passent assez vite. On nous apporte à manger régulièrement, on a dormi environ 11 heures sur des sièges confortables et on a regardé 7 films en anglais sous-titrés en espagnol. Le bus a fait des pauses la nuit quand on dormait (inutile pour nous) et pendant la journée, on n’a pas pu descendre prendre l’air pendant plus de 17h, puis on a pu sortir 5 minutes et c’est reparti. Les paysages sont toujours identiques : personne, seulement un immense désert de petits buissons qui me font penser à des oursins. Pas mal de kilomètres séparent chaque ville. Et quand je dis ville, ce n’est pas Lyon ou Paris, ce sont des maisons basses, très peu de bâtiments.

calafate bus kevin

Kévin en pleine concentration pour l’article précédent

On arrive à Bariloche, il est 20h. On achète directement nos tickets de bus pour le lendemain, direction Osorno au Chili (on se rapproche de l’île de Chiloe, notre but). Toujours au terminal de bus, un homme nous aborde. Il travaille pour un hôtel et essaye de nous convaincre d’y venir passer la nuit. L’hôtel n’est pas cher et nous semble parfait mais on n’aime pas trop ce genre de démarche, on ne sait pas si on peut lui faire confiance et on n’aime pas se sentir piégé… On décide de manger, toujours au terminal de bus. Le gars nous attend tout près. Kévin a récupéré quelques prospectus pour d’autres hôtels. J’en appelle un pour savoir s’il est ouvert et connaître les prix. On doit faire un choix : les deux hôtels nous paraissent bien. Le 2e est un peu plus cher mais ce sera finalement notre choix final pour apaiser nos craintes face au 1er que le gars veut nous vendre. D’ailleurs il est parti. La voix est libre pour prendre un taxi. On découvre une ville qui a l’air bien mignonne, avec une très jolie place entourée de belles maisons en bois. L’hôtel n’est pas mal non plus. On s’endort dans un lit aux couvertures moelleuses.

Le lendemain, samedi 31 mai 2014 : petit déjeuner, cyber café et courses (dès qu’on a une cuisine à disposition dans les hôtels, on en profite pour se faire à manger nous même, c’est tellement plus économique). Après un bon plat de pâtes à la sauce tomate, on essaye de trouver un bus de ville pour nous emmener au terminal de bus. On ne peut pas payer en espèce, seulement avec une carte d’abonnement. Heureusement, une gentille dame nous paye nos places avec sa carte puis on s’empresse de la rembourser en liquide. 0,80€ pour nous deux, contre 4€ pour un taxi : il n’y a pas de petites économies.

13h45, notre bus est à l’heure. On nous sert à manger. Bon, ben on re-mange. Les contrôles pour passer la douane du Chili sont assez comiques. On pourrait passer avec des produits illicites assez facilement, j’ai bien repéré et j’ai pleins d’idées différentes. On ne nous fouille pas, les sacs à main sont reniflés rapidement par un chien, nos gros sacs sont fouillés très grossièrement (ils n’ouvrent même pas toutes les poches). Je passe avec une poire dans mon sac et on a toujours du chocolat qu’on a fait en Jamaïque (produits à signaler qu’on n’a pas signalés, nos débuts en tant que trafiquants).

calafate bus paysage

Les paysages entre chaque ville d’Argentine

On ne connaîtra d’Osorno que le terminal de bus durant la nuit, on arrive à enchaîner directement avec un bus qui nous dépose au bout d’une heure à Puerto Montt. A 19h30, on est arrivé à destination, plus qu’à trouver un endroit pour passer la nuit. Au point d’information pour les hôtels, on se fait accoster par une vielle dame qui nous propose une chambre à un prix raisonnable, Internet et petit déjeuner compris. On décide de la suivre. Pourquoi elle et pas le gars à Bariloche ? Question de feeling… Une vieille dame ça fait tout de suite moins peur et pourtant… Elle nous égorgea pendant notre sommeil ! Finalement pas de violence mais quelques déceptions : pas d’eau chaude le soir, impossible de se laver avec cette eau glacée et le petit déjeuner avec du pâté de jambon non merci. Mais bon, la chambre est grande, le lit est confortable et on y reste seulement une nuit.
Qu’y a t’il à Puerto Montt ? Et bien on ne saura pas, il pleut tout le temps et le vent est assez violent. D’après la météo, il devrait pleuvoir toute la semaine sur l’île de Chiloe… C’est le moment de tester nos équipements de pluie.

Finalement, après 4 jours de voyage, on arrive sur l’île de Chiloe. Il fait nuit, il pleut, les toilettes sont payants, pas de point d’information pour nous renseigner, on ne sait pas où on va dormir et il n’y a pas d’électricité… i Bienvenidos !

Puerto Natales, nos premiers pas au Chili

Les argentins nous ont laissé prendre le bus sans payer (nous ne pouvions pas payer car notre carte de crédit ne fonctionne pas dans les villes non touristiques d’Argentine, cf l’article précédent). Après environ 5h de bus et 1h de ferry, on arrive à Punta Arenas, au Chili. Aucun soucis pour passer la frontière et ici, notre carte de crédit fonctionne, ouf ! Au Chili, tout est moins cher qu’en Argentine. Du coup, notre trajet en bus qui aurait dû nous coûter 90€ en Argentine, nous coûte seulement 60€ ici.
On ne verra pas grand chose à Punta Arenas, on y reste seulement 2h pour attendre notre prochain bus, direction Puerto Natales.

3h plus tard, nous y sommes. Il fait nuit et nous avons seulement une adresse où vit une famille prête à nous accueillir gratuitement. On trouve facilement la maison. On fait la rencontre des parents et des deux adolescents, une famille qui s’est inscrite en couchsurfing depuis 7ans et qui a la particularité d’accueillir beaucoup de personnes à la fois. Nous sommes arrivés à 21h et ils attendent un groupe de 10 étudiants mexicains pour 22h. On ne sera pas seul bien longtemps ! La maison n’est pas très grande, on est reparti dans deux chambres et le salon. Avec Kévin on dort dans une chambre avec 3 autres personnes. Ce groupe de 10 est composé de 7 filles et 3 garçons dont un québécois, Mathieu, avec qui on pourra parler français. Gloria, la maîtresse de maison, a préparé à manger pour tout le monde ! L’ambiance est agréable, on est content de retrouver des mexicains et Mathieu est très sympa. Petits soucis : il fait froid, on n’a pas d’intimité et il y a une salle de bain (contenant les toilettes) pour 16 personnes. Mais bon, c’est une expérience intéressante !

Souvenez-vous de Kanaan ? Le garçon qui voyage depuis 2 ans et qu’on a rencontré à Rio Grande. Il a été hébergé par cette famille quelques semaines avant nous. On comprend mieux pourquoi il nous avait dit “ce sont des fous”, ce n’était pas humoristique ! Une présentation de cette famille folle dingue s’impose :
– Le père obsédé pervers : qui vient régulièrement nous parler de caca et de sexe (les deux séparément quand même).
– La mère gémissante : elle parle avec une voix cassée parce qu’elle est malade (pas mentalement, elle a mal à la gorge).
– Le fils lunatique : qui nous ignore ou se met à nous parler des heures ou demande à Kévin d’aller couper du bois avec lui.
– La fille extravagante : avec ses cheveux bouclés et très volumineux, elle ressemble à une sorcière et ricane de la même façon avec une voix grave. Elle a souvent des coups de folie avec son caniche blanc aussi foufou qu’elle.
Bref, une famille très atypique !

Nous n’avons pas beaucoup dormi la nuit précédente à cause du bus que nous devions prendre le matin et ce sera pire cette nuit. On s’est couché tard, on n’arrive pas à dormir à cause du froid et on se lève tôt pour la journée du lendemain.
Après environ 5h de sommeil, on se prépare tous (nous et les 10 étudiants) pour une journée de visite. De 8h30 à 19h, nous sommes dans un mini bus qui nous balade et nous arrête aux points les plus intéressants où il nous laisse libre un certain temps, d´un quart d’heure à 1 heure suivant le lieu. On découvre ainsi un parc national du Chili : Torres del paines.puerto natales montagne

Je ne dirai pas que les paysages sont plus beaux qu’à Ushuaia mais la compétition est serrée… C’est magnifique. On n’avait jamais entendu parler de Puerto Natales. Et bien, ça vaut la peine d’y aller ! Encore une fois, l’hiver ne nous permettra pas de tout faire. On évite les grandes randonnées où l’on doit passer une nuit dehors dans ce froid glacial. Cette journée en bus est idéale en cette saison. Ça nous permet de voir un maximum de choses sans marcher des heures. Comme à Ushuaia, les montagnes enneigées sont impressionnantes. Mais le reste est différent. On roule sur des chemins entourés de collines. La végétation est pauvre. On aperçoit beaucoup de vaches, moutons, lamas et même des flamants roses. La lagune “amarga” est d’un joli bleu turquoise, on découvre une chute d’eau et quelques iceberg. Le vent est très fort à certains endroits mais puerto natales lacles paysages sont grandioses.

Quand nous sommes partis le matin, nous étions environ 18 dans le bus. Les 10 étudiants, nous et d’autres personnes (dont trois français). Nous avons laissé des personnes en chemin, des aventureux qui vont beaucoup marcher et affronter le froid de la nuit avant de continuer leur randonnée le lendemain. Bon courage à eux. On ne les envie pas… Au dernier point de rendez-vous avec le bus, on vérifie que tout le monde est présent et on repart direction la ville, à 2h30 du parc national où nous sommes. Au bout d’une demie heure, le chauffeur sursaute en voyant que l’on a oublié une personne ! Une française qui voyage seule et qui est restée tellement discrète qu’on ne s’est pas rendu compte qu’elle n’était plus là… Oups. On repart la chercher (voilà comment perdre une heure). Mais elle n’est plus là. En voyant qu’on l’avait oubliée, elle est partie en voiture avec d’autres personnes. On repart dans le bon sens jusqu’à ce qu’on aperçoive sur la route un couple qui nous fait de grands signes. Un couple qui était avec nous le matin mais qu’on a laissé en chemin et qui n’ont pas l’air content de nous avoir attendu dans le froid.

On rentre sans oublier d’autres personnes cette fois. Les douches s’enchaînent bien, le repas est convivial, préparé par les mexicaines.
On sympathise avec tout le monde et le père revient nous parler dès qu’on est seul. On en profite pour lui poser des questions sur le Chili. Il nous apprend que l’avortement n’est pas autorisé et qu’il n’y a pas de moyen de contraception. D’après lui, c’est aux filles de faire attention à ce qu’elles font… Ben voyons ! On aborde ensuite le mariage gai, pas autorisé non plus. D’ailleurs il n’aime pas les homosexuels, ce n’est pas “naturel”… Ben voyons ! Il n’était déjà pas haut dans notre estime mais là il s’enfonce. “Comment réagirais-tu si tu avais un fils homo ?” lui lance Kévin. “J’en ai un” nous répond-il. Il l’accepte, c’est déjà ça. Apprenant qu’on travaille dans la microbiologie, il nous fait un cours sur les bactéries… Ben voyons !

Le lendemain, vendredi 23 mai 2014, grasse matinée pour nous, ça fait du bien ! On visite un peu la ville et on décide de changer nos pesos chiliens en pesos argentins pour notre prochaine destination. Et quelle bonne surprise de voir que l’on gagne de l’argent en faisant cet échange. On a donné l’équivalent de 300€ et on se retrouve avec l’équivalent de 360€ ! Une très bonne alternative à nos soucis de CB en Argentine !

3 colombiennes sont arrivées à la maison. On est maintenant 19 sous le même toit. Le groupe des 10 étudiants repart le lendemain, tout comme nous, mais nos chemins se séparent ici.

Ushuaia, une VRAIE merveille du monde

Le réveil sonne à 8h, il est l’heure de partir à la découverte de la terre de feu. Chacun enfile son collant doublé polaire, ses grosses chaussettes, un pantalon et en haut tee shirt, sous pull polaire, polaire, grosse veste doublée… polaire bien sûr ! Sans oublier le tour de coup, le bonnet et les gants. On est prêt à affronter le froid. Et on n’aura pas froid de la journée 😀

À cause de la Jamaïque, on reste méfiant dès qu’on nous propose quelque chose, spontanément on demande “combien ça coûte”. Mais les argentins ressemblent plus aux mexicains, ils sont gentils et n’attendent pas d’argent en retour. Eduardo nous a offert des gâteaux la veille et nous dépose gratuitement devant l’embarquement du Catamaran. 40€ pour 2 heures de bateau, c’est cher mais ça en vaut la peine. On imaginait se retrouver à greloter sur le pont du Catamaran mais en fait, on est bien au chaud dans une grande cabine, sur des sièges confortables. On navigue sur le canal de Beagle.

ushuaia phare

Le phare “Les Eclaireurs”

Ce n’est pas la meilleure période pour visiter Ushuaia. On est en hiver et il y a des activités que l’on ne peut pas faire. Par exemple, le tour en bateau dure 5h en été alors qu’en hiver seulement 2h, on va beaucoup moins loin. Mais bon, ça ne va pas nous empêcher de profiter ! Mon seul regret : en hiver, les pingouins ont fini leur reproduction et sont partis au Brésil… On ne les verra donc pas.

Mais revenons à ce qu’on a vu : des paysages magnifiques de montagnes enneigées, des lions de mer, des oiseaux ressemblant à des pingouins, le phare “Les Eclaireurs” (le nom est vraiment en français) et on s’est baladé sur l’île Bridges.

Quand je dis magnifique, c’est plus que ça… Et aucune photo ne pourra vous donner la sensation qu’on éprouve face à ces montagnes. Vous n’avez pas la choix, il va falloir venir voir par vous même ! J’ai rarement été autant émerveillée.

L’après midi, nous avons fait une randonnée dans les montagnes, au glacier Martial. Rien à voir avec Blue Mountains et là, c’est gratuit ! Ça fait plaisir de marcher dans la neige et encore une fois, c’est trop beau !

2h plus tard, on est de retour. Il n’y a pas de taxi en vue pour nous ramener en ville. Notre chauffeur pour l’allée nous avait dit de demander aux gens du restaurant d’en appeler un mais ils sont tous partis en congés annuels ! Il n’y a personne à part un groupe de trois personnes qui reviennent des montagnes. Je les vois se diriger vers leur voiture. C’est notre seule chance, je les suis et leur demande comment retourner en ville. “Pas de problème, on vous ramène”. Et voilà comment on retourne en ville, gratuitement. Ça fait du bien de retrouver des gens serviables.

Quand on se promène en ville, on se croirait presque en France. On s’y sent bien et en sécurité. Ambiance vacances à la montagne.

ushuaia oiseaux

Au 1er plan : nos deux amis rencontrés sur le chemin et pas du tout sauvages !

Le lendemain, on décide d’aller se promener au parc national. Il fait froid mais très beau : ciel bleu et soleil. Le bus nous dépose à 12h30. On a 4h30 avant le dernier bus qui pourra nous ramener et qui se trouve à 8km. On nous a dit qu’il fallait compter 3h de marche, on est large ! Et bien pas tant que ça… Avec nos pauses par ci par là et le fait qu’il faut finalement plus de 3h de marche… On arrivera pile à l’heure, avec une fin un peu stressante à courir à travers la forêt.

Une longue balade donc, plus de 3h de marche sur des jolis sentiers de forêt longeant le canal de Beagle.

Mais surtout, des paysages à nous couper le souffle ! Que d’émotion ! On en reste sans voix… Des vues panoramiques exceptionnelles.
Ça ne peut se décrire avec des mots, ça se vit. Si vous ne savez pas où passer vos prochaines vacances… Bon, c’est vrai, c’est un peu loin…

Les photos sont belles mais ce n’est rien à côté de la réalité. On ne peut pas se rendre compte de l’immensité des montagnes et de toute la beauté du cadre. Même les couleurs sont plus fades. A croire qu’on ne peut capturer ces paysages ! D’habitude les cartes postales sont plus jolies que la réalité mais là c’est l’inverse.

On ne peut qu’admirer de ses propres yeux. C’est ce qu’on a fait et on repart avec des images merveilleuses plein la tête.

Arrivée à Ushuaia, la ville du bout du monde

Le 15 mai on se lève plutôt contents de quitter la Jamaïque, ce n’est pas qu’on regrette notre séjour mais 2 semaines auront été suffisantes pour connaître ce pays.

On a prévenu Courtney (pour ceux qui ne se souviennent pas, c’est le gérant de l’hôtel) qu’on voulait qu’il nous emmène à l’aéroport à 11h. Même en lui mettant la pression, il ne décollera pas avant 12h. Il nous aura fait ch*er jusqu’au bout (un petit rappel : c’est le même gars qui nous a emmené à Blue Mountains). Lors de notre arrivée en Jamaïque, il devait venir nous chercher à l’aéroport gratuitement mais les choses ne s’étaient pas bien enchaînées et on n’avait dû payer un taxi. On lui a donc proposé de se rattraper et de nous emmener gratuitement à l’aéroport mais il a refusé. On a insisté jusqu’au bout car en plus, on a dû retirer de l’argent uniquement pour payer ce transport… Et quand on a des frais pour faire des retraits, c’est embêtant. Bref, c’est sans grande émotion qu’on lui fait nos adieux à l’aéroport.

Comme s’ils s’étaient passés le mot, la dame qui enregistre nos bagages est bigleuse et pas efficace, une demie-heure à la regarder se dépatouiller.
Heureusement, la suite s’enchaîne plutôt bien et cette fois on a le temps de manger avant de décoller. D’ailleurs, en 24h de voyage, on a mangé 4 fois (avant l’avion puis dans l’avion, pour être sûr de manger et ne pas revivre l’arrivée en Jamaïque).

Jamaïque–> Panama –2h
—-5h d’attente—-
Panama –> Buenos Aires –7h
—-2h d’attente—-
Buenos Aires –> Ushuaia –4h

Trois avions et 24h plus tard, on atterrit à Ushuaia. On n’a pas beaucoup dormi. Et petit détail : les contrôles qu’on a passés ne sont pas très strictes… On aurait pu ramener du cannabis (mais on ne l’a pas fait, quelle idée !). De la fenêtre de l’avion, on aperçoit un homme bien emmitouflé, ça sent le froid ! Pour ceux qui pensaient qu’Ushuaia c’est comme dans la pub du gel douche, oubliez tout de suite ces images ! Ushuaia c’est froid et enneigée. Et les gens sont blancs ! On va enfin pouvoir passer inaperçus.

Une dame nous attend avec mon nom marqué sur une pancarte. Elle nous dirige vers un taxi que nous a envoyé l’hôtel qu’on a réservé (on est organisé). Après 2 semaines anglophones, on se remet à l’espagnol, quelle bonheur ! Ça nous avait manqué !

On sort de l’aéroport et là… Quelle émerveillement… C’est magnifique ! J’avais envie de prendre pleins de photos des montagnes enneigées mais ce sera pour plus tard. La priorité c’est de retirer de l’argent… et quelle galère ! Le taxi nous balade dans toute la ville, on essaye tous les distributeurs et finalement on doit faire face à la réalité : on ne peut pas retirer plus de 100€ et pour chaque retrait, on a 10€ de frais… Ça s’annonce difficile.

Le taxi nous dépose à l’adresse de l’hôtel. On est accueilli par un homme souriant, Eduardo. Il nous montre notre “chez nous”. En fait, on a un petit chalet tout mignon rien que pour nous avec cuisine équipée, télé, salle de bain et à l’étage, la chambre. Tout ça pour 25€/j. On s’y sent déjà bien.

Premier repérage en ville pour aller faire des courses : on trouve un Carrefour ! La ville est mignonne, pleine de petites maisons colorées aux toits pointus. Les premiers contacts avec les argentins sont chaleureux et accueillants.

Le froid n’est pas désagréable, plutôt vivifiant et ça nous fait du bien après 1 mois et demi de grosse chaleur. En plus, on aime bien l’ambiance montagne-neige-chalet. C’est aussi la fin des moustiques et des autres insectes.

Au milieu de ce décors fabuleux, je comprends mieux la phrase que j’avais lue dans le routard : Ushuaia est l’un des endroits les plus fascinant du monde.

ushuaia manon

Suite et fin à Port Antonio

Dimanche 11 mai 2014

Rastaman nous a parlé d’une randonnée sympa à faire dans le coin. Sauf que le mot “randonnée” nous rappelle direct Blue Mountains (pour ceux qui ont lu l’article, vous comprendrez que ça nous fait peur). Rastaman nous affirme que c’est tranquille et pas aussi dur que Blue Mountains (qu’il connaît bien, pour l’avoir fait plusieurs fois). Plus qu’un détail à vérifier, le prix : 40€ pour nous deux… Un peu cher mais ça rentre dans notre budget et comme on ne dépense pas beaucoup depuis quelques jours, pourquoi pas ! Direction donc “Treager falls clear spring”.

Rastaman appelle son frère qui va nous accompagner. On fait donc la rencontre de “Spaceman” (il se présente sous ce nom), un peu plus jeune que son frère et rasta également. Ils nous font rire avec leurs surnoms. J’avais envie de dire “et nous on s’appelle Spiderman et Catwoman”, non sérieusement, c’est étonnant de se faire appeler Spaceman.

Mais revenons à la balade : 1h de marche à travers la jungle, passant par un ruisseau dont les pierres sont extrêmement glissantes. On ne s’attendait pas du tout à ça. Ce n’est pas une balade tranquille. Pas de sentier, Rastaman nous fraye un chemin avec l’aide de sa machette. On escalade, on enjambe des troncs d’arbres, on glisse sur des rochers. On avance lentement parce que chaque pas est dangereux. Même en faisant attention, Rastaman est tombé deux fois et moi une fois, ouille ! Mais rien de cassé.

On croise un énorme cochon qui se baigne dans la boue dans le lit de la rivière, des tout petits oiseaux verts (exactement le même vert que les feuilles des arbres, faut avoir l’œil pour les voir) et des araignées.

On atteint finalement le but de la balade : une cascade. Pas très impressionnante. Quand il pleut beaucoup, le débit est plus fort mais là elle est très petite. C’est beau mais on a vu mieux et tout comme Blue Mountains, ça nous embête de payer pour voir ce genre de chose. Se balader dans la nature c’est sympa mais ça devrait être gratuit…chutes rasta

On se pose au bord de l’eau, Rastaman nous coupe un fruit avec sa machette, je trouve ça bon mais Kévin n’aime pas, trop acide pour lui. Au niveau du goût, ça se rapproche de la mangue, fruit très présent en Jamaïque et au Mexique, tout comme la banane. (J’adore les fruits… sauf les bananes et les mangues…Tant pis pour moi.)

Pendant que Kévin tente de crapahuter de l’autre côté de la cascade (qu’il n’atteindra pas à cause de la présence d’un trop grand nombre d’araignées), Rastaman me dit -en traduisant mot à mot- : ” quand vous serez mariés, il faudra que tu donnes des enfants à Kévin”. Oui… Déjà qu’il a expliqué à Kévin ce qu’il faut me donner à manger et quand me faire l’amour pour avoir plus de chance d’avoir des enfants, je crois qu’on a reçu le message, faisons des enfants (c’est prévu mais pas en Jamaïque). Ensuite je n’ai pas trop compris (j’ai toujours du mal avec l’anglais et j’étais seule avec lui), il m’a demandé la pointure de chaussures de Kévin, ce à quoi j’ai répondu “42” et suite à cette réponse, il m’a dit que c’était très bien, qu’il fera un bon mari pour moi… Ai-je bien compris la question ?! Bref, conversation un peu tordue…

Après une demie heure de pause, on fait le chemin inverse mais Rastaman nous fait passer un peu plus dans la montagne pour éviter la rivière trop “patinoire”. Du coup, c’est un peu plus facile mais toujours aussi sportif.

On attend un moment pour trouver un taxi. En fait, il faut attendre au bord de la route et espérer qu’il y en ait un qui passe… Et il y a très peu de voitures qui circulent. On se retrouve dans un mini bus, serré ou plutôt écrasé les uns contre les autres.

Le prix de cette journée : on a payé la part de taxi pour nous et les deux frères (5€); et 40€ pour eux, pour avoir été nos guides. Rastaman le mérite, il m’a souvent aidée et nous a ouvert la route. Heureusement qu’il était là. Mais son frère en revanche ne nous a pas parlé, a emprunté son propre chemin à l’allée et au retour, on ne l’a pas vu ! À la pause, il s’est assis loin de nous. En gros, on ne s’est pas rendu compte qu’il était là, il s’est fait balader et on doit le payer… Au final, un peu cher la balade qui n’en valait pas tant la peine.

Lundi 12 mai 2014

C’est l’anniversaire d’une personne qui lit régulièrement notre blogue, elle se reconnaîtra 🙂

Ça fait un moment qu’on parle de Long Bay, à chaque fois qu’on devait y aller, l’un de nous était malade, on a perdu 3 jours et finalement on y a passé la meilleure journée de notre séjour. Du coup, on aurait voulu y retourner plusieurs fois. Si on pouvait remonter le temps, on irait à Long Bay plutôt que faire la randonnée de la veille mais bon… Il nous reste aujourd’hui pour en profiter une dernière fois.

Tout est contre nous : on est lundi et le lundi en Jamaïque, coupure d’eau à partir de 19h donc ne pas rentrer trop tard pour les douches. On pense y aller tôt mais il pleut tout le matin. Ensuite mal au ventre pour moi puis au tour de Kévin et finalement encore moi. Tant pis je n’écoute pas mon corps, j’ai décidé d’y aller, rien ne nous y empêchera… ni la pluie, ni le mal de ventre, ni même le taxi qui n’arrive pas à démarrer (pendant 10 minutes) ! Re mal de ventre rapide quand on arrive à Long Bay puis la poisse disparaît.

1h de baignade à s’amuser avec les énormes vagues, parfois un peu trop fortes… Je me suis fait peur plusieurs fois, à me retrouver emportée, à rouler dans la vague. Certaines nous claquent violemment le dos et tentent de nous deshabiller. Mais j’avais anticipé ce dernier point et mis un maillot de bain une pièce.

À peine sortis de l’eau, un gars qui avait dû nous repérer, vient nous accoster pour qu’on vienne manger dans son restau. Mais nous on s’en fout, il nous reste 20min avant de rentrer, on a retrouvé nos âmes d’enfants, on veut faire un château de sable. Bon, en 20min il n’est pas top, je suis sûre que je me débrouillais mieux petite, le manque d’habitude sûrement, des capacités qu’on ne pense pas à entretenir…

On arrive à temps pour la douche et le repas que Rastaman nous a préparé.

Le lendemain, c’est le depart. Pendant qu’on savoure le dernier petit déjeuner que Rastaman nous a préparé, il nous tend deux belles ceintures aux couleurs rasta qu’il a fabriqué lui même et qu’il nous offre. Quelle surprise, dans un pays ou rien est gratuit… il doit bien nous aimer et c’est réciproque… On n’a rien à lui offrir en retour mais on compte lui envoyer des photos quand notre voyage sera terminé. Ce qui n’est pas pour tout de suite !

Un bus de 2 heures et un taxi plus tard, nous voilà de retour à Kingston, plus précisément à Kingsworth, le même hôtel que pour notre arrivée, perdu dans les montagnes et rempli de chats 😀

2 nuits et une bonne journée pour nous ressourcer dans ce petit coin de paradis avant de nous envoler vers notre prochaine destination, la Terre de feu… Ushuaïa !

Blue Mountains, journée de m*rde

Première journée en Jamaïque : glandouille. Même après une bonne nuit de sommeil, on préfère se reposer encore. En plus le cadre est idéal : la nature, les montagnes, les chats… Et on a de quoi manger avec les courses que l’on a faites la veille. On fera juste une petite balade autour de l’hôtel pour admirer la vue sur les montagnes.

Deuxième jour : re-glandouille. En fait on avait prévu une balade proposée par le gérant de l’hôtel mais la journée a été reportée au lendemain. Du coup, on décide d’aller faire un tour en ville pour manger et visiter le musée de Bob Marley qui n’est nul autre que sa maison. L’entrée nous coûte 15€ chacun, c’est cher, les Jamaïcains paient 4 fois moins cher. On n’est pas de grands fans de ce rastaman mais il nous intrigue.

Troisième jour, samedi 3 mai 2014, on se lève tôt pour aller au pic de Blue Mountains, une célèbre montagne en Jamaïque parce que c’est le plus haut sommet. Départ prévu à 6h30. A 6h40, Courtney vient toquer à notre porte pour nous signaler qu’on est en retard (détail à retenir pour la suite).
1 heure à bord d’une jeep, c’est mieux pour ces petites routes de montagnes pleines de bosses et crevasses. J’ai l’impression d’être dans un manège à sensation, le danger en plus. On a dormi environ 5h30 mais impossible de somnoler dans ces conditions, il faut s’accrocher. Quand il nous dépose, j’ai l’impression d’avoir déjà fait du sport. Son frère sera notre guide. Courtney nous dit qu’il revient nous chercher dans 7 heures. Quoi ?! On pensait que dans les 7 heures qu’il nous avait dit, il comptait le trajet en voiture, mais non.

L’ascension commence. Lee, le frère de Courtney, commence par nous dire qu’il n’aime pas son frère, qu’il se fait exploiter, qu’il n’est pas heureux et que ça le fait chier de faire cette balade. Ok… Heureusement il sera sympa avec nous malgré tout. Au bout de 15 minutes, on arrive à un panneau. Lee nous explique que Courtney aurait dû nous arrêter ici mais comme il avait un invité à aller chercher, il nous a déposé avant. Donc c’est ici le départ de la grande torture qui va suivre.
La première demie heure est dure, il fait chaud et on ne fait que de la montée. Au bout d’1h30, on arrive dans une petite clairière où se repose un groupe de randonneurs (on n’avait encore croisé personne). Je me dis qu’on est peut être vers l’arrivée… Pauvre de moi ! C’est juste l’endroit où on nous fait payer, 4000 dollars Jamaïcains (JMC) soit environ 30€ pour nous deux, plus cher que ce que nous avait dit Courtney mais bon, on n’a pas vraiment le choix, on n’a pas fait tout ce chemin pour rien.

Notre calvaire continue, à chaque fois on pense être bientôt au sommet mais ce n’est qu’un leurre. On souffre beaucoup, surtout moi. Le chemin est tout de même plus agréable que la première partie, un petit chemin à l’ombre à travers la forêt. Au final, on mettra 2h depuis qu’on a payé. Donc, je vous fais le calcul (pour ceux qui blue mountains peakn’aiment pas les mathématiques), 3h30 de montée ! C’est facile d’écrire ça, tout se résume à “3h30 de montée”… Ouais ben plus jamais ça ! On est à 2 243 mètres et le pire, c’est qu’il n’y a rien à voir ! Le pic c’est simplement un bout de ferraille en forme de pic, aucune vue, juste des petites fleurs bleues, des insectes et le soleil qui tape fort. Il y a également les nuages qu’on voit se déplacer très vite, c’est beau mais tous ces efforts n’en valent pas la peine. Le pire (je peux commencer toute mes phrases comme ça), c’est qu’on n’a emporté que 2 barres de céréales chacun, qu’on a mangé en route et Courtney ne nous a pas prévenu que la balade était aussi longue et qu’il ne nous avait rien prévu à manger.
Une demie heure de pause et nous voilà répartis pour la descente, plus facile en terme d’effort physique mais qui accentuera nos courbatures. Kévin s’était légèrement tordu la cheville à la montée et finit de se faire mal alors que l’on n’a pas encore fait la moitié de la descente.
On ralentit le rythme mais il devra supporter sa douleur jusqu’à la fin. Je m’arrête quelques fois pour prendre des photos, on a parfois des points de vue (voir la photo plus bas), meilleurs qu’au sommet mais qui ne valent pas la vue que l’on a autour de l’hôtel…

2h20 plus tard, on est à l’endroit où nous a déposé Courtney, 7h avant. On est pile dans les temps, parfait ! Courtney n’est pas encore là et Lee veut continuer. On le suit lentement, on s’arrête pour manger des sortes de framboises sauvages. On commence à en avoir marre, on est fatigué, on a faim et Kévin a mal à sa cheville. On arrive devant une maison isolée. Il semblerait que l’on puisse manger de la nourriture typiquement jamaïcaine, ce serait parfait. La femme nous propose des boissons et des petits gâteaux secs industriels. On prend 1 bouteille d’eau et un paquet de gâteaux. Lee prend une boisson et une sorte de brioche. Lee nous dit que cela coûte 500 dollars, on prend l’air étonné, c’est cher. En fait, c’est le tout qui coûte 500 dollars mais notre part n’en coûte que 100. On n’a malheureusement qu’un billet de 500, on ne nous rendra pas la monnaie, Lee nous fait payer sa part sans gène. On regrette d’avoir acheter quelque chose, il nous restait un peu d’eau et les gâteaux n’ont aucun goût, c’est vraiment parce qu’on a faim. Lee discute avec les gens qui vivent ici mais ils ne nous font pas participer à la conversation et parlent un jargon qu’on ne comprend pas.

Courtney a déjà plus d’une heure de retard. Lee veut continuer plus loin sur le chemin mais on refuse de le suivre. On attend, assis sur un banc, mis à l’écart. Pas tout à fait, il y a un chien adorable qui vient nous réconforter. On entend le bêlement continu d’un bouc et celui d’un petit garçon qui lui répond en l’imitant. Un autre enfant joue ou plutôt se torture à faire rouler une roue de 4×4 trop lourde pour lui. Il s’en plaint beaucoup mais continue. Et nous on attend, encore et encore. Quand on décide de rejoindre Lee, on le voit revenir. Il a oublié son téléphone portable à l’hôtel mais il a pu joindre son frère en empruntant le téléphone d’une maison un peu plus loin. Courtney a plus de 2h de retard mais il semblerait qu’il soit sur la route donc dans moins d’une heure il devrait être là. Lee lui a donné comme point de rendez-vous la maison un peu plus loin. On est donc obligé de marcher encore un peu.

blue mountains

On a vu des montagnes beaucoup plus belles mais qu’on n’a pas pu prendre en photo…

On passe le temps à caresser le chat, les chiens, les chiots mais toujours pas de Courtney en vue. Au bout d’une heure, le vieux rasta qui habite ici nous informe qu’il vient d’avoir Courtney au téléphone et qu’il est sur la route… Sauf qu’on nous a déjà dit ça y’a une heure, c’est louche ! On a froid depuis un bon moment, heureusement qu’on a pris nos polaires. Courtney nous avait dit de ne pas les prendre, on a bien fait de ne pas l’écouter. La nuit finit par tomber et on est toujours coincé ici, sans avoir mangé de la journée (à part nos barres de céréales et nos gâteaux secs, pour ceux qui suivent). On finit la brioche de Lee, enfin, la brioche qu’on lui a payée ! Je commence à me demander si on ne va pas passer la nuit ici…

On s’assoupit dehors sur un banc. Les polaires ne suffisent plus, on a très froid et toujours faim. Le vieux rasta nous propose à manger, ça nous coûte 800 dollars chacun. On lui dit qu’on n’a pas d’argent (on essaye de lui faire pitié), il nous dit qu’il s’arrangera avec Courtney. Il nous doit bien ça, non ?! Pendant qu’on mange des légumes et des racines de plantes qu’on ne connaît pas, Courtney arrive enfin. Score final : 4h30 de retard. Pas d’excuses, pas d’explication et en plus il nous presse pour finir nos assiettes en tapotant sa montre, genre on le retarde, comme ce matin ? Alors nous on n’est pas à 4-5h près, par contre lui il est à 10 minutes près. On remonte dans la voiture énervé mais surtout exténué. Courtney aggrave son cas en nous reprochant d’avoir payé trop cher l’entrée pour se rendre au pic, on n’aurait dû négocier au prix qu’il nous avait dit. Le prix était indiqué sur un panneau, comment aurait-on pu deviner qu’on pouvait négocier et ce n’est pas son frère, planté à côté de nous à ce moment là qui nous l’aurait dit ! Au bout d’une heure, quand la route s’améliore un peu, je commence à somnoler. Kévin me chuchote qu’on n’a pas pris la direction de l’hôtel. Mais où va t’on bordel de m…. ! On passe chercher un états-unien qui va loger à l’hôtel (tout comme il aurait dû venir nous chercher à l’aéroport). On se serre à 3 à l’arrière de la voiture, je continue à dormir dans les bras de Kévin. On arrive à l’hôtel à 22h, plus de 15h qu’on est parti depuis ce matin. Je pense qu’on aurait mieux vécu les choses si on avait eu à manger. Ce n’est pas les quelques légumes qui nous auront suffis mais on tiendra jusqu’à demain.

On file à la douche malgré la fatigue. Comme on n’a pas beaucoup de vêtements, je décide de fournir un dernier effort pour en laver quelques uns. Mais impossible, on n’a plus d’eau. En Jamaïque, il y a des soucis d’eau donc ils coupent l’eau régulièrement pour l’économiser. On vivra pas mal d’autres restrictions d’eau.

On se couche énervé, Courtney n’a pas intérêt à venir nous demander de l’argent ce soir. Oui, parce qu’en plus on va devoir payer pour ça !

Le lendemain matin, comme prévu, les courbatures sont bien là, surtout les fesses et les chevilles. J’ai également de gros coups de soleil aux bras.
Courtney nous annonce ce qu’on lui doit pour les nuits et la journée d’hier. Après réflexion, il reprend sa feuille et nous rajoute le repas qu’il nous a payé la veille. Là s’en est trop, même si je n’arrive pas bien à m’exprimer en anglais, je lui fais comprendre avec l’aide de Kévin qu’on ne voulait pas manger là bas mais qu’il ne nous avait pas prévenu qu’on n’aurait pas à manger et qu’il aurait 4h30 de retard ! Voilà pourquoi on s’est dit qu’il paierait. Sur le coup il prend l’air surpris, limite à rigoler et puis comme on insiste et qu’il voit qu’on n’est pas content, il finit par barrer le repas. Au final, on paye cette randonnée 15 000 dollars jamaïcains soit 100€ ! Pas la peine de vous dire ce qu’on en pense…

Programme de la journée : on veut partir pour aller à Port Antonio. Courtney nous propose de nous y emmener pour 60€, bien plus cher que les bus mais il nous fera une visite des côtes. Sur le coup, je n’ai pas envie de me retrouver encore avec lui mais après réflexion, on se dit que ce sera plus simple que d’aller chercher un bus on ne sait où avec nos gros sacs, les courbatures et la chaleur. Nous voilà partis, on passe encore sur de très mauvaises routes mais la vue est extraordinaire. Au milieu des montagnes à perte de vue, la végétation est impressionnante, il y a de très grands palmiers qui dépassent par endroit. J’essaye d’immortaliser ces images dans ma tête, frustrée de ne pas pouvoir prendre de photos.
Finalement, on a payé 45€ de plus qu’un bus pour seulement s’arrêter une fois pendant 5 secondes, sans descendre de la voiture, pour faire une photo de la mer… Ça fait cher la photo !

On arrive bientôt à Port Antonio, la suite déjà écrite par Kévin. On n’a pas souvent Internet donc on a pleins d’articles de retard… Le côté positif c’est que si vous lisez ces lignes, c’est qu’on est toujours vivant plusieurs jours après.

L’arrivée éprouvante en Jamaïque

On arrive à l’aéroport à 21h15, tous les magasins ferment, on n’a pas mangé, impossible de trouver quelque chose à grignoter, il faudra qu’on se contente de 4 mini-cookies et la moitié d’un paquet de céréales.
Visiblement on n’est pas les seuls à passer la nuit dans l’aéroport, un couple de rastas s’est installé sur des couvertures, caché sous des escaliers. D’autres squattent les banquettes d’un bar. Et nous on est dans un coin, un peu cachés par un poteau. On arrivera à dormir environ 2h, couché par terre (dur de trouver une position sans avoir mal au dos).

On se lève à 3h du matin, on retire nos billets d’avion, on enregistre nos bagages et on passe le contrôle pour passer en zone internationale. Fatiguée, je n’ai pas retiré mes boucles d’oreilles, ni les pièces de monnaie dans ma poche, ni mon passeport mais je ne bipe pas. Par contre mon sac fait encore des siennes. Cette fois je sais que ce n’est pas ma gourde mais qu’est-ce que j’ai oublié ?! Le pot de crème solaire… i Chinga ! La femme veut me la jeter mais je refuse. Elle me propose de retourner la mettre dans mes bagages. J’y cours mais la femme qui nous a enregistré nos bagages ne tient pas le même discours et me dit que c’est impossible de les récupérer. Je reviens avec ma crème solaire que je refuse toujours de jeter (même fatiguée je peux me battre jusqu’au bout et gagner, nanmého !). On me propose d’enregistrer un 3ème bagage avec ma crème solaire dedans mais cela me coûtera un surplus, de combien ? Je ne sais pas. On transvase les affaires de Kévin dans mon sac à dos, on met la crème solaire dans le sien et me voilà repartie vers l’enregistrement des bagages. Je n’ai pas besoin de faire la queue, on commence à me connaître. Je prends quand même 2 minutes pour sympathiser avec un vieux mexicain, le dernier que je croiserai.
Tout en prenant le sac à dos pour l’enregistrer, la femme m’annonce que cela coûte 500 pesos (25€) mais que je ne dois pas m’en préoccuper. Je suis fatiguée, j’ouvre de grands yeux et lui demande de répéter : 500 pesos ?! C’est trop cher ! Elle voit mon inquiétude mais continue à étiqueter le sac et le mettre sur le tapis roulant. “Je ne comprends pas, quand est-ce que je vais payer ?” Elle me fait signe de partir en me faisant comprendre qu’elle ne me fait pas payer. i Muchas gracias !

Ça y est, on arrive à passer tous les contrôles et notre crème solaire est sauvée !
Les magasins ne sont pas encore ouverts, on s’écroule sur des chaises peu confortables où tout le monde dort, chacun adopte une position différente. Nous on opte pour la position “en sandwich”, Kévin la tête sur mes genoux et ma tête sur son dos… Je n’ai pas pu dormir bien longtemps. Départ de l’avion à 6h50. J’ai eu le temps d’acheter 2 petits cookies et une barre de cacahuètes. 1h30 de vol, pas le temps de bien dormir. On atterrit à Miami. J’appréhende que mon sac soit encore fouillé mais on récupère nos bagages entiers sans soucis (on avait mis des antivols cette fois et rien a bougé).
On passe la douane, on refait toutes les étapes et quelques files d’attente plus tard, on n’a plus qu’à attendre notre avion. 1h30 devant nous, on va pouvoir manger ! (Ça me fait rire d’écrire ça quand je connais la suite des événements…). Il nous reste l’équivalent de 10€ en pesos mais pour les changer, il y a une taxe de 7€ + le taux de change, bref, on garde nos pesos et on payera les dollars avec la carte bleue. On s’installe dans un restau, on commande deux hamburgers avec des frites et deux ice tea. On nous apporte les boissons. En fait c’est vraiment des ice tea, du thé glacé, le goût du thé, beurk ! On n’aime pas, au point de ne pas pouvoir le boire du tout. On attend nos hamburgers. L’attente est longue. Kévin sort son iPad pour patienter. Un peu pris de panique, il me demande à quelle heure est notre avion. 12h30, il est 11h, tout va bien, cool. Sauf qu’à Miami il n’est pas 11h mais 12h, merci l’iPad ! Sans cette mise à jour, on loupait notre avion. On se dépêche de payer les boissons qu’on n’a pas bues, tant pis pour les hamburgers, on arrive à tant pour embarquer. 1h30 de vol à côté d’un jamaïcain peu sympathique qui me donne des coups de coude régulier, me prend mon accoudoir et ne répond pas à mes sourires. On espérait qu’à cette heure on nous servirait à manger, mais non, le sort s’acharne sur nous. On arrive fatigué et affamé mais entier et avec tous nos bagages. Petite coupure d’électricité d’une seconde dans l’aéroport, bienvenu en Jamaïque.

Des chauffeurs de taxis nous abordent, un s’acharne vraiment. On lui dit qu’on va d’abord manger. On prend ce qu’on connaît le mieux : hamburger-frites. Depuis notre arrivée, on est les seuls blancs partout, ça fait bizarre. Une fois le ventre plein, le chauffeur de taxi se précipite sur nous. En fait, on a réservé 3 nuits à l’hôtel, exprès parce qu’à partir de 3 nuits le trajet aéroport-hôtel était gratuit. Mais on ne voit pas de navette. Le chauffeur connaît l’hôtel, il nous dit qu’on ne viendra pas nous chercher mais il nous propose gentiment d’appeler le gérant de l’hôtel avec son portable. Il ne répond pas et apparemment c’est habituel. Bon, on n’a pas vraiment le choix, on accepte de payer le taxi. Le gars est super gentil en mode “yeah man”. D’ailleurs tous les jamaïcains placent dans leurs phrases “yeah man”. Petit détail qu’on ne savait pas : en Jamaïque, on roule à gauche, c’est perturbant ! Autre chose qui me perturbe beaucoup, l’anglais. Je ne me sens pas à l’aise avec cette langue et en plus tout me vient naturellement en espagnol. Quand on a du mal à comprendre et se faire comprendre, ça devient vite handicapant et déprimant. Heureusement, Kévin gère bien ! C’était notre accord avant de partir, il assure en anglais et je gère l’espagnol. Mais bon, j’espère vite m’améliorer, en 2 semaines.

Le taxi nous dépose à une station essence, nous donne son numéro de téléphone si jamais on a besoin de ses services et nous laisse entre les mains d’un autre taxi, non officiel, pour nous conduire jusqu’à l’hôtel. On se retrouve à 9 dans une voiture dont une petite fille d’environ 3 ans qui s’endort sur moi.
On emprunte des petites routes de montagne mal entretenues. Le taxi nous arrête devant l’hôtel, perdu au milieu de la jungle. On a réservé un hôtel à Kingston, une grande ville, on ne s’attendait pas à se retrouver au milieu de nul part. Le chauffeur appelle le gérant de l’hôtel en criant. J’aperçois au loin un homme sortant de la jungle, les habits troués, une machette à la main. Je chuchote à Kévin “si c’est lui, ça craint”. C’est lui. Mais où sommes-nous tombés ?!

On grimpe des escaliers pour atteindre l’hôtel. En fait, c’est le frère du gérant. Il nous montre notre chambre, kingston chatgrande, lit confortable entouré d’une moustiquaire (le top), un canapé, une télé, beaucoup d’albums de musique genre reggae, une cuisine et une salle de bain communes avec une autre chambre. La porte de notre chambre donne sur l’extérieur. Il ne fait ni chaud ni froid, on est au milieu des montagnes, la vue est magnifique, loin de la pollution… Un coin de paradis où je vais être la plus heureuse du monde parce que j’ai omis un détail important : l’hôtel est rempli de chats (10 dont 3 chatons). Un endroit où je me verrai bien vivre.

On croise par hasard notre colocataire de la chambre d’à côté qui nous propose de prendre un taxi pour aller en ville. Le conducteur est un jeune (il a 35 ans mais ils font tous 10 ans de moins que leur âge !), des dreadlocks (classique ici), un vrai rasta-man comme la plupart des gens qu’on croise. Il roule vite et dangereusement sur ces routes cabossées. J’ai vraiment peur à chaque virage. On passe faire des courses pour pouvoir se faire à manger à l’hôtel les prochains jours, on retire un peu d’argent et notre chauffeur fait changer une de ses roues qui a crevé. On part ensuite manger, encore un fastfood. Notre chauffeur nous accompagne partout et mange avec nous.

On repart direction l’hôtel. J’ai toujours aussi peur, j’ai l’impression qu’on va rentrer dans les voitures d’en face… Et ben non, on n’est pas rentré dans les voitures d’en face mais dans un mur ! En voulant éviter une voiture justement, il a tourné sec et on a filé droit dans un mur. Heureusement le trottoir et un poteau ont ralenti le choc qui n’a pas été très violent. Le chauffeur sort en espérant trouver la voiture en faute mais elle est déjà loin. Il crie son desespoir dans une langue que je ne comprends pas, le créole. Avec Kévin on est assez empathique et il nous fait beaucoup de peine. Je ne sais par quel miracle la voiture redémarre et nous ramène jusqu’à l’hôtel. Avec cette route pleine de crevasses, je pensais qu’elle allait partir en morceaux. On re-crève une roue au passage mais ça, c’est la routine.
Il nous laisse son numéro, comme le 1er chauffeur, mais on n’en rappellera aucun.

Tranquille dans notre chambre, on entend quelqu’un ouvrir notre porte (qui était fermée à clé). C’est Courtney, le gérant de l’hôtel, qui n’est apparemment pas au courant qu’on est là puisqu’il pensait installer une autre personne dans notre chambre. Surpris, il nous salut et repart.

Petites caresses aux chats et repos bien mérité après cette longue journée sans dormir.
Ça y est, on est arrivé vivant en Jamaïque.

Tulum, l’approche des Caraïbes

Le bus nous dépose à Tulum.
On récupère nos gros sacs dans la soute. Des casiers cadenacés se louent à la journée, on y dépose nos sacs et on reprend un bus direction le site archéologique.
Plus on se rapproche de Cancun, plus les prix augmentent… Ça sent les coins touristiques.
6ème site archéologique que nous visitons. Celui-ci a la particularité d’être au bord de la mer des Caraïbes, du coup mes yeux cherchent les belles eaux claires, plus que les constructions qui sont finalement moins belles et impressionnantes que les sites précédents. Mais l’ensemble vaut le coup d’œil. Quand je découvre enfin une vue dégagée sur la mer, je m’émerveille, en silence, contrairement à l’anglophone à côté de moi qui répète sans cesse “oh my god !” avec cet accent anglais que je ne supporte pas…Tulum plages
Les gens se baignent, ça fait envie mais ce n’est pas prévu pour nous. Demain par contre, à nous la mer des Caraïbes !

En attendant ce moment tant attendu où on pourra plonger dans cette mer si belle et qui a l’air si bonne… Nous voilà répartis tout transpirants sous le soleil brûlant.
Oh des taxis, ce n’est pas un mirage et le prix est bien réel. Réellement bien plus cher que dans les autres villes. N’essayez pas de nous convaincre, si c’est comme ça, on reprend un bus. Sauf que ce ne sont pas des bus, ce sont des camionnettes avec environ 14 places assises à l’intérieur mais on peut faire rentrer bien plus de personnes, tant qu’on peut fermer les portes. Si vous avez la chance d’être contorsionniste, vous vous adapterez facilement. Mais ce n’est pas notre cas et la position debout-tête baissée-bras tordus n’est pas facile à tenir.
On ne sait pas si la camionnette passe par le centre de bus que l’on veut. Le garçon qui est monté en même tant que nous et à qui j’ai posé rapidement la question en espagnol, m’a répondu en espagnol mais avec le même accent à la française que moi. 2 français qui se parlent en espagnol, c’est balo ! En plus il ne sait pas donc on finit par descendre et céder au groupe de mexicains qui nous crient en cœur “taxi ?”. Avec le trajet que l’on vient de faire gratuitement (on a “oublié” de payer en descendant), le prix du taxi baisse, on a gagné environ 3€. Ok ça vous paraît peut mais ici c’est beaucoup. Avec 3€ soit 60 pesos, on peut manger 10 Panuchos ou faire 5 allers-retours en bus dans Campeche ou 2 trajets en taxi. Bref, on a économisé 3€.

Et nos 3€ on ne les dépensera pas car même les glaces sont plus chères et on n’en avait pas tellement envie, c’était surtout pour passer le temps en attendant notre bus qui va nous emmener à Puerto Aventuras, à côté de Puerto Maya où nous attend notre prochain hôte.
Le bus nous dépose sur le bord d’une route, à côté d’une station essence. Il fait nuit, les voitures roulent vite, on a nos gros sacs sur le dos et il n’y a pas de taxis en vu. Dans cette situation, même cher j’en veux un, je suis prête à dépenser mes 3€, ne nous laissez pas ici ! Même si deux personnes nous font peur à nous dire qu’il n’y a pas de taxis, c’est faux, on en a trouvé et on en veut juste un. Bon, on en aurait préféré un avec un conducteur qui ne se perd pas mais bon… On ne peut pas tout avoir et après 10 grosses minutes à balayer tout le village, Kévin trouve enfin la maison. Oui, Kévin, parce que le chauffeur de taxi est toujours perdu et n’a pas l’esprit vif de mon Titange (parce que mon chéri c’est le meilleur, le plus intelligent, le plus beau, le plus plus plus…). – Je précise également pour ceux qui se posent la question que, malgré le fait qu’on soit tout le temps ensemble, on ne se dispute pas (pour le moment) et on est toujours autant amoureux. –

On est accueilli par Beto, un jeune garçon de 13 ans, suivi d’Alejandro (encore un, y’en a beaucoup au Mexique), 31 ans. Il nous fait visiter sa grande maison : l’entrée, la chambre d’amis, la bibliothèque, la cuisine, la salle de bain, sa chambre… Non, en fait c’est un comique et il nous avait prévenu qu’il n’avait rien car il a emménagé depuis peu. Du coup y’a 2 étages avec 1 piece chacun. C’est petit et vide, on va dormir sur de très fins matelas par terre avec les araignées et un petit ventilateur mais c’est ce qu’on avait imaginé en faisant du couchsurfing. On a eu beaucoup de chance jusqu’à présent d’avoir une chambre d’amis confortable.

Il nous emmène dans la maison d’à côté où vit sa petite amie Mariela. Mariela vit avec sa sœur Eliana et son frère Beto qui nous a accueilli, leurs parents qui sont là pour les vacances (je ne me souviens pas de leurs prénoms, trop compliqués) et le fils de 5 ans de Mariela, Santiago.
On ne les connaît pas mais on est accueilli comme de bons amis. Ils nous proposent de manger avec eux et bien évidemment on accepte.
Détail important : Eliana parle français ! Elle a passé 3 mois en France, non, en fait en Corse (c’est différent quand même). Elle a travaillé comme fille au pair dans une famille apparemment peu aimable, qui ne la payait pas beaucoup et qui avait un fils mal élevé qui l’appelait “conasse”. Elle ne parlait pas très bien français à l’époque mais elle a bien compris l’insulte. Vive l’image des français… Heureusement elle a ensuite rencontré son petit ami et a pu vivre avec lui.
On a beaucoup parlé. À peine on quitte des personnes attachantes qu’on en retrouve des nouvelles. Pour le lendemain, ils nous conseillent une plage pas loin, exactement ce qu’on cherche.

Chose dite chose faite, le lendemain, jeudi 24 avril, direction la plage d’Akumal. Comme moyen de transport, toujours ces petites camionnettes. La plage est magnifique et l’eau n’est pas froide, un petit coin de paradis. Quand on dit “mer des Caraïbes” on imagine que c’est magnifique et ben… c’est vrai !

On repasse la soirée avec nos nouveaux amis, à parler pendant des heures. On apprend encore quelques expressions familières. “Chinga” pour dire “putain” (tu vois Eliana je m’en souviens 😉 ).
Déjà le moment de se dire au revoir. Le lendemain on part direction l’île de Cozumel.

On reste en contact, comme toujours. Et comme toujours, on les a invités en France. Mais on n’a pas de maison ou d’appartement pour le moment, ni d’argent. Donc si jamais l’un d’entre eux vient avant qu’on se soit refait une situation, maman, papa, tenez-vous prêts à les accueillir parce que j’ai dit que vous aviez une chambre d’amis 😀

Villahermosa – Palenque

Après 7 heures de bus, nous voilà à Villahermosa. Il est 22h et il fait très chaud et humide, comme à Poza Rica. Notre nouvel hôte, Alejandro (31 ans), est venu nous chercher et nous emmène manger dans un restau. Premier hamburger-frites, très légèrement épicé (rien à côté de tout le reste), apprécié jusqu’à la dernière miette (mais je pense qu’on avait vraiment faim aussi).

Alejandro est souriant et trop sympa. Quand je dis trop c’est vraiment trop. On va dormir chez lui gratuitement et on n’a pas pu l’empêcher de nous payer le restau. Il trouve qu’on parle bien espagnol et c’est vrai que je me sens de plus en plus à l’aise avec la langue. J’ai réussi à suivre 2 films dans le bus (oui, il y a la télé dans les bus).
Il vit dans une maison à 10 minutes de Villahermosa. Une maison atypique, vide. Une pièce à vivre avec un évier et un frigo. A l’étage, une petite salle de bain, sa chambre et notre chambre. Pas Internet.

Nous n’avons dormi que 5h la nuit précédente (danser ou dormir, il a fallu choisir). Et ce sera pareil cette nuit car nous devons nous lever à 6h30 pour aller à Palenque car Alejandro dans sa plus grande amabilité nous a proposé de nous y emmener.

Dimanche 13 avril 2014

Alejandro a acheté des gâteaux, du jus de fruit, du lait… Rien que pour nous pour le petit déjeuner. C’est la première fois qu’il reçoit des personnes en couchsurfing (et ben on est ravi d’être tombé sur lui, il aura droit à un très bon avis positif).

2h de route pour aller à Palenque. Je ne sais pas si Xico était la région la plus verte du Mexique parce que là aussi c’est la nature à perte de vue. On retrouve les forêts de bananiers, de grands palmiers, beaucoup de verdure et de montagnes.

Mais qu’y a t’il à voir à Palenque ? Tout le monde nous a dit que c’était beau mais on n’en savait pas plus. Hé bien levons le mystère : il y a un énorme site archéologique d’origine Maya. Énorme et magnifique. Moins désertique que les autres, beaucoup plus de verdure, on peut marcher à l’ombre à travers une forêt, ça fait du bien quand il fait 39°C au soleil à 10h du matin !

Un site qui vaut vraiment la peine, à voir de ses propres yeux. Comme d’habitude, j’ai pris des photos mais impossible de tout prendre, surtout les paysages qu’on voit depuis la voiture. Dans le site, il y a beaucoup de constructions Mayas et également des cascades d’eau, une eau claire, j’avais envie de m’y plonger dedans.
Il y a également beaucoup de touristes. Les mexicains ne payent pas l’entrée mais on n’a pas pu se faire passer pour des mexicains… Vous n’avez jamais vu de mexicains blancs ?? Non ? Mince.
Parmis les touristes, on croise beaucoup de français, surprenant ! On suppose qu’il y’avait un groupe en voyage organisé.

La sortie du site n’est pas à côté de l’entrée. On se retrouve à marcher pendant 20 minutes en plein soleil et avec cette chaleur c’est de la torture. Heureusement la voiture est climatisée !
On mange tous les trois dans un petit restau (on a enfin réussi à lui payer quelque chose). Ensuite direction les cascades “Welib-Ha”. Une forêt, de l’eau claire, un paysage de rêve. Seul Alejandro décide de faire de la tyrolienne traversant toute l’étendue d’eau alors qu’il a le vertige ! Il a passé toute la matinée à ne pas regarder en bas des pyramides, à descendre tout doucement et là il se jette dans le vide, bravo.

Palenque etendue d´eau

On reprend la voiture pour aller voir une autre cascade “agua blanca”. Encore un coin merveilleux.

A la base, d’après notre itinéraire, on devait aller à Villahermosa et ensuite à Palenque. Sachant qu’on n’avait aucun couchsurfing de prévu, on aurait visité seulement le site Maya. Sans guide, on n’aurait pas pu trouver ces coins reculés sans touristes.
Voilà encore un avantage du couchsurfing. On est logé gratuitement, on rencontre des gens et en plus ils nous font visiter la région. Pour le moment, nos 4 couchsurfings se sont bien passés et nos hôtes ont toujours étaient super sympas pour nous emmener à divers endroits. On n’a pas donné grand chose en échange mais on les a tous invités en France. En plus, ils ont tous le projet d’y aller.

Palenque baignade

Tranquille la vie !

Alejandro a prévu un voyage en Europe, dont la France, en mai. Nous ne serons malheureusement pas revenus. 3 menus MacDo au Mexique c’est le prix d’un seul menu en France. Alejandro n’en revient toujours pas !

Lundi 14 avril 2014

Alejandro nous dépose en ville. On se fait accoster par un gardien de musée très sympathique. Les gens sont toujours surpris quand on dit que l’on vient de France. Ils pensent tous que nous sommes États-Uniens.

Nous nous sommes promenés autour d’un lac, on a vu des coatis et on a passé un moment à regarder des oiseaux pêchant des poissons. Il y a beaucoup d’espèces. Les plus mignons ressemblent à des canaris.

Aujourd’hui je suis certaine qu’on a dépassé les 40°C… C’est insoutenable ! Et pendant qu’on s’étouffe, certains mexicains font tranquillement leur footing ! D’ailleurs ils ne le font pas vraiment tranquillement, ils courent plutôt vite. Ce qui me surprend depuis le début du voyage c’est le fait que malgré cette chaleur, la majorité des gens porte des jeans, pas des vêtements amples comme je l’imaginais.

On ne s’est pas amusé à se balader en ville, impossible avec cette chaleur. On s’est réfugié 4h dans une imprimerie avec ordinateur et connexion Internet. Moi qui n’aime pas tellement visiter des musées, j’ai fini par céder pour être dans un endroit climatisé. On a donc fait le tour du musée d’histoire naturelle, finalement intéressant.

Alejandro est venu nous chercher après sa journée de boulot. Dernier repas ensemble. C’est fou comme on s’attache vite aux gens.
Déjà 3 personnes avec qui on garde contact et qu’on espère revoir un jour.