Anecdotes et bilan du Maroc

Tout ce que je n’ai pas pu placer ailleurs pour éviter d’alourdir les articles est ici !

Ça ajoute des éléments et sensations expliquant parfois mieux mon ressenti, et ce que j’ai pu vivre. Y’a des trucs amusants, et d’autres pas amusants du tout, bref, chacun fait son tri !

  • En tant qu’étranger, on est la cible des commerçants dans certaines villes (pas forcément les grandes, Chefchaouen en est l’exemple) où j’ai eu la sensation qu’une personne sur trois voulait m’arnaquer.
  • L’attitude commerciale : même le petit Assat (9 ans environ) au Ryad où je devais séjourner initialement à Fès. “Non mais tu ne comprend pas, je t’explique, voilà ce qu’il faut faire ici”, il voulait m’imposer que faire, et de prendre un guide qu’ils fournissaient ici.
  • Le whisky berbère : ce breuvage délicieux et entendu par plusieurs personne n’est autre que du Thé jaune (genre Lipton) additionné de sucre et de feuilles de menthe (dans la tasse ou la teillère)
  • Le chaos de la circulation, une orchestration majestueuse des klaxonnes, une imbrications fonctionnelles des voitures pourtant dans tous les sens.
  • Les ceintures de sécurité c’est pour les tapettes ! Je n’ai vu que la coréenne dans le bus de nuit pour Fès la mettre (vu la conduite du chauffeur c’était compréhensible), sinon jamais personne dans les bus, taxi, ou voitures personnelles. En montant dans le dernier taxi pour me rendre à l’aéroport, réflexe : je mets ma ceinture. Le chauffeur me lance : “Oh vous savez c’est pas obligatoire ici”.
  • Porter un casque sur un 2 roues c’est pour les gamines ! Et encore, même les gamines n’en avaient pas sur les 2 roues, alors vous pensez bien qu’ouvrir un magasin de combis moto au Maroc c’est un coup à faire faillite.
  • Je me rappelle en Égypte avoir pris une photo avec 7 personnes sur une mobylette : les parents et 5 enfants. Au Maroc j’ai vu jusqu’à 4 personnes, déjà pas mal, non ?
  • Une photo des prix du gasoil et du sans plomb (divisez par 10 pour avoir le prix en euros)

meknes IMG_20170531_222959

  • Les longues lignes droites sans une bande d’arrêt d’urgence, bossues, avec nids de poules, et parfois tout ça cumulé. Ce n’est pas rare, je dirais même, c’était fréquent sur les routes que j’ai empruntées.
  • Ahmid, le taxi Marocain loué à Meknès. En route vers Volubilis, il me lance d’un coup, hors sujet : “Hey la fille qui marche là, on la prend ?”. Bref, pris au dépourvu, la fille ne faisant pas de stop et ne se retournant même pas à la seule voiture en approche, je lui dis “ben, non ? Je sais pas ?”. Il essaiera de me faire culpabiliser de ne pas l’avoir prise en me disant que je ne fais que le louer, c’est pas lui qui prend ces décisions, c’est moi le chef.
  • Dans le bus de nuit pour Chefchaouen, vers les 2 h du matin je décide d’écouter un peu de musique, je branche les écouteurs, pas certains si je mets bien l’écouteur droit dans mon oreille droite, je lance le son et effectivement le son est bizarre, je retire un écouteur pour les inverser et… J’entends toujours le son, et tout le bus également. Je panique, je ne sais plus comment couper mon son. Bref, mes écouteurs étaient mals branchés.
  • A Meknès je suis allé 3 fois au Mac Donald ! (Et peut être aussi 3 fois à Marrakesh). Raison principale : seul restaurant où je pouvais avoir un truc pas cher et payer avec la CB. Le classique menu Best of Big Mac ou Mac Chicken : 49 dh, soit moins de 5€.
  • Tanger est la seule ville où j’ai trouvé des amas de personnes noirs, culture qui paraît pas mal représentée dans cette ville. Je suis tombé notamment sur un restaurant nommé “Restaurant Africain” rempli de black. Une explication fournie par Yassir (couchsurfing à Marrakesh) serait qu’il y a une grosse communauté noire en rapport avec la migration en Europe.

Bilan

J’ai aimé le Maroc ! Le fait d’y être pendant la période de Ramadan a ajouté une complexité à ce séjour, mais cela n’a été que plus intéressant. J’ai été énormément frustré par la perte de mes repères, mais ces 2 semaines furent enrichissantes culturellement et humainement.

En détaillant, et sous forme de points :

Ce que je n’ai pas aimé :
– me faire agresser moralement, être sur le qui-vive
– la mauvaise foi
– les tarifs à la tête du client
– l’absence de points d’informations à l’arrivée dans une ville (gare, bus, aéroport)
– les conduites à risques (bus, taxi, 2 roues, bref, tout le monde)
– ne pas trouver des auberges / des prix bas en dehors des médinas
– la complexité de certaines médinas, lié à l’absence d’indications pour se repérer et s’orienter
– les couchsurfeurs qui invitent par intérêt commercial (pour vendre des cours de surf, des expéditions …)
– l’influence et le détournement de la religion sur (et par) les institutions

Ce que j’ai aimé :
– la communication : pouvoir parler français anglais et espagnol
– pouvoir aborder la religion facilement
– manger très bien, local et pour pas cher
– les décomptes sur les feux tricolores
– les médinas et leur côté humain
– les souks et les marchés des médinas
– la sensation d’être moins encadré par des règles que dans d’autre pays
– la facilité de contact avec les Marocains
– le désert d’Hassi Labied (dont y voir un fennec !) et son ciel étoilé
– les belles rencontres

Une pensée à ceux qui ont participé à ce beau séjour au Maroc, Aaron le canadien, Lhoussin le berbère, Yassir le voyageur, Soumia la tarée, Batoul et sa sœur Khadija, Amin, Redouane de Thingir, José du terminal CTM, le tchèque les belges et l’instit’ française à Hassi Labied, et sûrement pleins d’autres que je n’ai que croisé brièvement.

Parmi les meilleurs instants du voyage, : passer la nuit dans le Sahara

Parmi les meilleurs instants du voyage, : passer la nuit dans le Sahara

On y retourne ?

À retourner au Maroc pendant minimum 2 semaines il y a 3 choses que je ferais :
– louer une voiture, car certaines régions comme Meknès, Chefchaouen sont beaucoup plus intéressantes (et certains site plus accessible) en voiture
– retourner dans le désert, voire y passer plusieurs jours (en évitant les mois de mai à septembre !)
– visiter les alentours de Chefchaouen, notamment en faisant des randonnées, il y a de quoi faire

En route vers le Nord : Chefchaouen et Tanger

Suite à ma première experience en bus de nuit je m’étais dit : plus jamais au Maroc. En ce Samedi 4 juin, aux alentours de 4h 4min et 4 sec du matin, je descends du bus frais comme un gardon, mais alors que je pensais tomber sur une station de bus où je pourrais pioncer un peu, ben non. Y’a rien, pas un chat (et pourtant c’est pas ce qu’il manque ici !). Du coup, ben je vais visiter la ville de nuit !
Je croise dans les rues beaucoup d’enfants qui jouent, soit au foot, soit à balancer des oranges sur un garde d’une grande place. Ah j’avais oublié un détail important : il fait froid, moins de 15 degrés, et je n’ai pas pris de blouson pour ce voyage. Si je m’arrête plus de 5 minutes je commence à cailler. J’arrive enfin dans la médina. Poua ! Magnifique, ce bleu est magnifique, tout est bleu, c’est une ville pour les Schtroumpfs ! Les rues, les maisons, époustouflants !

Chefchaouen tout en bleu

Chefchaouen tout en bleu

Après 1h30 de marche j’ai fais le tour de la ville tout en contemplant le lever de soleil sur les montagnes environnantes (grosse sensation de l’ascension du Machu Picchu !) je décide de dormir un peu sur un banc. Le froid n’est pas d’accord, et j’abandonne quand des gamins commencent à venir m’emmerder. Il est environ 7h du matin et je vais tomber sur mon boulet du coin. Il me proposera cannabis, tapis, sacs, babouches au cours des 2 prochaines heures. Il faut savoir que Chefchaouen est la capitale du cannabis au Maroc, donc réputé certes pour ses maisons bleues mais également pour ses cultures. Le gars et un de ses potes ne reculent devant rien :

Une rue de Schtroumpfée

Une rue de Schtroumpfée

“T’es jeune faut en profiter, ça te fera du bien”
“Déjà tu sais pas mon âge, j’ai pas dormi de la nuit et repars dans quelques heures, j’ai pas envie d’être encore plus HS avec ta résine, non merci”
“Mais ici c’est légal, les gens en fument partout. Regarde, t’en veux combien ? Les français en prennent tous le temps ! Un petit 400 dh ?”
Bref, autant parler à un mur qu’à ce marchand de la quarantaine.

Après un petit déjeuner costaud je repasse par les rues bleues en direction de la gare routière, cette fois ouverte, prête à m’accueillir pour dormir de 10 à 13h !

Cette ville avait l’air très agréable, et y séjourner plus longtemps à une autre occasion pourrait sonner comme un petit havre de paix, tout comme Hassi Labied (ceci est un message à peine masquée destiné à ma bien-aimée). Beaucoup de randonnées à faire dans les montagnes environnantes, de quoi y séjourner 4-5 jours minimum. A 15h passé, avec un gros retard, mon bus fait voile vers Tanger !

Dodo, l'enfant do, l'enfant ... Se les cailles !

Dodo, l’enfant do, l’enfant … Se les cailles !

On est toujours le 4 juin, la journée est longue ! J’arrive à Tanger vers 18h30 et trouve rapidement une auberge nommée Bayt Aline dans la médina. Le personnel est super gentil. Je rencontre Youn, copain de chambre, un Coréen qui vient de faire une année Erasmus en France, ne parle pas un mot de francais et… je n’en saurai pas plus car il a le nez plongé dans son téléphone et se couchera à 20h30.

L’auberge est assez atypique (surtout ma chambre, je suis sur un lit superposé à 2m50 au-dessus de la douche !). La propriétaire, une française, la cinquantaine, me procure rapidement 2-3 conseils et une CARTE DE LA MÉDINA. Je vois vraiment ça comme un objet sacré, ma joie est immense quand Fabienne ouvre le coffre contenant ce précieux photocopié et me le présente. La vue sur le port, la méditerranée et la médina depuis le toit de l’auberge est très sympa. Je me couche tôt, c’est tellement rare qu’il faut le souligner : 22h30, et enquille sur une grosse nuit de 12h. A mon réveil, plus aucune courbature aux jambes, reposé, il est midi, je vais explorer la médina de Tanger.

Le royaume du matou

Le royaume du matou

Personne (ou presque) pour me quémander quoi que ce soit, je me repère dans toute la médina (forcément avec un plan, même sans être ultra précis, ça aide), je fais un tour par une vue sur le port, puis vais au petit Socco, un lieu d’activité et de marché ou je prends un thé à la menthe en observant la vie du quartier se dérouler. Ensuite je vais au grand Socco (comme le petit, mais en dix fois plus grand) puis au musée de la Kasbah, conseillé par un guide, gentil, et non intrusif. Premier musée que je me fais au Maroc ! Gars pas très accueillant à l’entrée, je dis bonjour, il répond pas, j’avance, et là “Monsieur il faut payer, c’est 20dh”. Ben commence par être poli déjà. Il est 16h05, ça fait 25 minutes que je suis dans le musée et j’en ai fait 50 pourcents, mais je me fais virer comme un mal propre par un garde parce que “c’est Ramadan”. Ce blaireau ne parle ni anglais, ni francais, ni espagnol, et ne comprend donc pas mon mécontentement. Enfin si, il le comprend vu qu’il entend mon intonation et

Cour Intérieure du musée de la Kasbah

Cour Intérieure du musée de la Kasbah

mon regard tente de le tuer. Je prévois d’y retourner le lendemain pour demander des explications, car ne pas prévenir et faire entrer les gens ne me paraît pas très correct. C’est le pays de la frustration !

Le soir j’ai un nouveau pote de chambre, un espagnol qui est venu en moto. Y’a pas à dire on repère tout de suite l’accent espagnol : ils débitent à une vitesse phénoménale !

En ce lundi 5 juin mon planning est plutôt léger. Je retourne au petit Socco pour déguster un jus d’orange, je retourne voir un commerçant de la veille avec lequel j’avais bien accroché près de la Kasbah et je vais au musée. Le gars à l’entrée semble me reconnaître, semble me comprendre, et semble me laisser entrer pour finir ma visite. Le seul musée que j’aurais fait est franchement pas très grand, mais très sympa pour peu qu’on lise toutes les informations présentées. D’autant plus qu’il est DANS une Kasbah. Ensuite je retraverse toute la médina pour aller au grand Socco, y manger et observer la vie. Je vous avais prévenu : journée légère, journée d’observation ! Et encore je fais court, j’ai vraiment passé ma journée à m’imprégner de l’atmosphère, la médina de Tanger est la plus sympa que j’ai faite, ni trop grande, ni trop petite, et celle où je me suis le plus senti en sécurité. J’y aurais dégusté tajine et couscous à une adresse recommandée par l’auberge. En 2 jours pas un seul type ne m’a suivi pour me forcer à entrer dans son magasin, les directions indiquées par les gens étaient toujours les bonnes. Que du bonheur ! J’ai ensuite passé du temps dans un cybercafé ne vendant pas de café et me suis présenté à la gare avec 5h30 d’avance. Ouch ! Mon train partira vers 23h45, direction Marrakesh, et ce sera ma première fois dans un train couchette 🙂
(Enfin, là je souris car je pense que ça va être sympa. Mais en réalité je publie cet article avant de monter dans le train…). C’est parti pour 9h de voyage !

Des escaliers vus depuis la hauteur d'un chat

Des escaliers vus depuis la hauteur d’un chat

Hassi Labied et les portes du Sahara

La route fut longue en ce vendredi 26 mai 2017, les premières heures contiennent de nombreux virages ce qui fera vomir la femme derrière moi à plusieurs reprises.

L’avantage d’être seul c’est qu’on est beaucoup plus enclin à aborder les autres, le Berber à côté de moi m’invitera d’ailleurs à dormir chez lui à Thingir si jamais je passe par sa ville en revenant du désert. Après qu’il soit parti, je ressens les inconvénients de la solitude, ou plutôt, une nostalgie s’empare de moi et me bouleverse profondément quand je me rends compte que 3 personnes devant moi sont des espagnols d’une part, et d’autre part que j’ai posé sur le siège vide à mes côtés le petit sac à dos de Manon que j’ai emprunté pour ce voyage, posé là comme si elle allait revenir d’un moment à l’autre. Les 6 dernières heures de ce voyage de 13h furent donc difficiles émotionnellement.

J’arrive à 21h30 à Hassi Labied, là où m’attend Lhoussin, un jeune berbère de 26 ans. On monte avec un de ses amis et après avoir déposé une asiatique en passant par des rues sombres, j’ai une poussée d’angoisse. La sensation que tout peu basculer d’un moment à l’autre, et tout basculera, dans un bon sens.

On récupère Aaron, un canadien qui était dans un cyber café. Puis on file vers la maison de Lhoussin, toute une partie est réservé aux hôtes. On partage de bonnes conversation avec Aaron, on est sur la même longueur d’onde c’est impressionnant. On mange ensemble un melon délicieux et des oranges que Aaron a acheté dans la journée. Lhoussin me montre la terrasse sur la maison d’hôtes, les étoiles sont justes impressionnantes. On décide au même instant avec Aaron de dormir sur le toit, où l’on s’installera rapidement. On échangera sur quelques pensées philosophiques pour s’endormir en contemplant la voie lactée se déplacer lentement.

Pendant ce temps, le Ramadan débute.

Le lendemain matin à 6h j’entends Aaron se lever pour partir prendre son bus, ce sera un bel au revoir à la personne qui aura su me montrer que je ne suis pas seul finalement.

Sur le coup des midi, alors qu’à l’ombre on affiche 41°C, je rencontre une française dans le seul restaurant ouvert dans cette petite ville. Elle revient tout juste d’une nuit dans le désert et on se rend compte qu’en fait c’est ma voisine de chambre. Nos échanges forts intéressants couplés à mes derniers retours de parts et d’autres me dessinent la suite du voyage : partir au nord du Maroc, à Fès. Au passage je goûte une spécialité : l’omelette berbère : oignon, œufs, tomates, épices. Simple et efficace.
(🎤 C’est la MAAF !)

Sur le coup des 17h, Lhoussin me prête un touareg (pas le monsieur, la tenue) et un turban, et voilà que j’embarque sur le dos d’un dromadaire (les chameaux, c’est en Asie).

Victoire ! Poutou président !

Victoire ! Poutou président !

1h environ pour rejoindre notre campement. On y dort, et le lendemain on est revenu. Voilà la version courte où vous loupez l’essentiel, mais honnêtement, même dans une version plus longue, l’essentiel est fait de sensation, et comme évoqué avec Aaron la veille “A same person in a same place at a different time will feel it differently”, alors vous pensez bien que des personnes différentes…

Le désert que j’ai vu était magnifique, la couleur n’est pas celle à laquelle je m’attendais, elle tirait sur l’ocre ici. Les courbures des dunes, la pureté du sable d’un lisse impeccable, le calme, d’un apaisement total.

La sensation d’être sur le chameau avec un berbère devant moi, sans personne d’autres autour. Magique.

Habillé en Touareg en haut d’une dune tout en regardant le soleil se coucher et ressentir un léger vent chaud passant sur le turban devant mon visage, indescriptible émotionnellement, je touchais presque le Nirvâna.

La nuit tombée, je montre aux autres touristes du groupe la voie lactée qui se dessine. On s’amusera avec l’une d’elle (ce n’était que des chinoises), ayant emmené tout son équipement photo à capturer de très beaux clichés. Du coup je reviendrai avec mon matos rien que pour ca 🙂

Un Kévin posé

Un Kévin posé

Une nuit avec la tête dans la voie lactée, un Tajin, de la musique berbère, j’ai pu tester mes talents au djembé et être filmé par nos chinoiseries : épique. J’échange pas mal avec un des berbères, Zafira (un homme) qui a la particularité de ne pas faire le ramadan, tout simplement car il veut “rester libre et n’avoir aucune religion”. Couché à 1h30, debout à 4h pour contempler le soleil se lever, à nouveau en haut d’une dune, seul avec ce désert au sable désormais glacé.

Dans la foulée nous rentrons à dos de chameau, et je petit déjeune avec Lhoussin… Enfin, pas “avec” au sens propre, plutôt en face de lui, Ramadan…

Good morning Morocco

Good morning Morocco

Sinon, le dromadaire, ça fait mal au cul, comme le cheval vous me direz, et vous avez raison. L’avantage est qu’en chameau il m’a paru facile de mettre les jambes du même côté pour éviter des douleurs post-équestre (post-dromadestre ?)

Je fais quelques rencontres Couchsurfing (Ingarr le Tchèque, 2 Belges me conseillant un CS a Fès). Le soir du 28 mai, je pars pour Fès avec un bus de nuit. Mon programme approximatif des 2 semaines vient officiellement de complètement changer !

Cusco et son fameux Machu Picchu

L’heure péruvienne semble aussi approximative que l’heure bolivienne, on arrive à Cusco à 8h30 au lieu de 7h du matin. Pour une fois tant mieux, j’ai pu dormir un petit peu plus !

Le programme est simple : petit déjeuner, trouver un hôtel, se renseigner sur les excursions. Bizarrement on trouvera un hôtel avant de petit déjeuner, mais c’est pas plus mal ! On se renseigne ensuite dans cinq ou six agences différentes afin de comparer les prix et les façons d’accéder au fameux site du Machu Picchu. Le train à prendre pour accéder au site est très cher, ça double facilement les prix, mais on ne met que 3h pour y aller. On a notre temps, donc on opte pour le contournement des montagnes, soit 6h de trajet en bus auxquelles il faut ajouter deux heures de marche pour accéder à la ville la plus proche du Machu Picchu, qui a le doux nom de Aguas Calientes (les eaux chaudes).

Nos 24 prochaines heures seront ponctuées de retrouvailles fortuites. On retombe sur Gintè et Ieva, les 2 lituaniennes, sur la place des armes, puis sur les 2 français le lendemain (rencontrés dans le bus entre Copacabana et Arequipa) : le monde est petit ! On fera entre temps une excursion pseudo-gratuite de la ville afin de s’imprégner de son histoire et ses anecdotes. “Pseudo” car quand je donne un pourboire au guide, il me lance : “Ah mais non, la participation minimale est de 10 soles”. Ben gratte-toi, 6 ça ira.

Dimanche 3 août 2014, 7h45, c’est parti pour le Machu ! Enfin 7h45 c’est sur le papier, on est censé attendre devant l’hôtel qu’on nous prenne. En réalité on dépose nos gros sacs dans un local sécurisé à l’hôtel, puis on se rend directement à l’agence en ville. Je vous épargne les détails, mais l’organisation est surprenante. On quitte Cusco avec plus de 1h de retard.

Discrimination évidente : vieux avec cannes ou fauteuils roulants ne peuvent franchir certains obstacles

Discrimination évidente : vieux avec cannes ou fauteuils roulants ne peuvent franchir certains obstacles

Malgré la fatigue de la petite nuit qu’on a faite, mes yeux restent scotchés aux paysages qui s’offrent à nous : SU-BLIMES. Les montagnes paraissent gigantesques, le cours d’eau que nous longeons apporte un petit plus, tout comme les cascades que nous croiserons. La route se fait ensuite plus terreuse, à flanc de montagne, les bus doivent s’arrêter si ils se croisent, on ne voit pas le fond du canyon qui nous nargue, on ose à peine regarder. On passe par un pont en bois, large comme le bus, à se demander comment il tient encore. On a bien les boules quoi ! Du coup, on essaie de dormir pour ne pas regarder notre potentielle mort arriver.

Le bus arrive à ce que l’on appelle l’ “hydroélectrica”, notre destination, avec 1h30 de retard. On change de guide. Enfin, on n’a pas trop la même notion de guide, car en fait il nous indique où aller avec des explications, puis se barre en train. On mange puis on enquille avec le groupe (environ 10 personnes) sur le chemin nous menant à Aguas Calientes, la ville touristique la plus proche du Machu Picchu. Il s’agit principalement de suivre les rails, c’est pas trop dur, mais surtout, le paysage qui s’étend devant nos yeux est à nouveau sublime ! Les roches dans le lit du fleuve sont très particulières : énormes, lisses et blanches. Tout parait démesuré ici. On se sent perdu dans la nature (bon y’a quand même la voie ferrée hein) et c’est carrément agréable.

La faute à la fatigue, Manon à des baisses de tension ce qui devient handicapant, d’autant plus que le chemin est parfois assez limite côté sécurité : l’absence de pont nous oblige à traverser des parties de rivières en passant sur les rails, entre-coupés de vide.
Au bout d’un peu plus de 2h de marche et de pauses on arrive à Aguas Calientes. Il fait déjà nuit depuis 30 minutes, j’ai la frontale sur moi depuis lors.

Le guide nous avait dit qu’il nous attendrait dès 18h sur la place principale. Pourtant à 18h30 toujours personne. Pendant ce temps on retrouve petit à petit ceux du groupe. Le guide arrive enfin, et nous explique que vu qu’on est dimanche ils n’ont pas pu acheter nos billets à Cusco. Du coup c’est à nous de faire la queue ici. Étonnement il demande à certaines personnes du groupe de prendre les passeports des autres et faire la queue. Plus étonnant, je me retrouve avec 4 passeports dans les mains, dont 2 Coréens, et à faire la queue pendant 30 minutes. Je suis HS au fait. J’avais oublié de le préciser ! Manon reprend doucement et n’a plus de baisses de tensions.

Se lever tôt vaut le coup ! L'aube durant notre ascension...

Se lever tôt vaut le coup ! L’aube durant notre ascension…

Une fois les billets pour le Machu Picchu en poche, nous voilà en route pour l’hôtel. Il est 19h20 quand on y arrive, on fonce prendre une douche, enfin, ça c’est ce qu’on espérait, on est les seuls à avoir une salle de bain où le système d’eau chaude ne fonctionne pas, le robinet semble bloqué. Le problème ne paraît pas récent, contrairement à ce qu’affirme le personnel de l’hôtel.
19h50, ça traine. On leur demande à changer de chambre car à 20h le guide doit nous emmener au restau, et on veut prendre une douche, mais vraiment, ça devient vital : on n’est pas des boliviens nous ! 🙂 Hop hop hop, nouvelle chambre, douche qui fonctionne, puis restau. On notera l’humour des péruviens au restaurant : “Poulet avec frites, salade composée et riz”. On est 3 à notre table à ne demander que des frites. Les plats arriveront sans prendre en compte notre requête, et la salade composée pour eux c’est : une rondelle de concombre et une de tomate, véridique.

On fonce à l’hôtel se coucher, il est 22h30. Dans 5h30, debout pour voir le lever du soleil sur le site.
Lundi matin, 4h, debout tout le monde ! Équipés des lampes frontales, on se dirige à 20 minutes d’Aguas Calientes au petit village de Machu Picchu Pueblo. Il y a déjà une longue queue. 5h, ça ouvre, on montre passeport et billet d’entrée, et à 5h15 on commence l’ascension pour accéder au site. La veille le guide nous avait prévenu que monter durait environ 1h30. 45 minutes à 1h pour les sportifs, et pour les autres, 2 bonnes heures, voire la journée (petit plaisantin !). La montée est rude, pire que Blue Mountain en Jamaïque -et oui, on en parle encore régulièrement de cette journée de m**de-, tout simplement parce que c’est assez raide et surtout qu’il n’y a que des SALOPERIES DE MARCHES ! Monter une pente est beaucoup plus facile que donner des acoups à chaque marche. La fatigue et la montée ont un effet synergique assez puissant qui nous oblige à faire des pauses toutes les 5-8 minutes. Pendant nos micro-pauses on admire les premières couleurs de l’aube, et les montagnes qui se découvrent derrière nous. C’est magique.

On enchaine, beaucoup de personnes font des pauses, on se dépasse les uns les autres régulièrement, puis on croise lors d’une pause l’ami chilien de Gintè et Ieva ! Il monte comme une furie, pied nus ( !!!! ) et se permettra avec élégance de jouer de la flûte lors d’une de ses rares pauses.

Photo classique du site, mais avec un Kévin devant, ce qui est déja plus rare

Photo classique du site, mais avec un Kévin devant, ce qui est déja plus rare

6h20, soit 1h05 après notre départ, je suis sur le point de faire une pause, je vois un abri et lance à Manon :
“1 minute ici et on repart”
“Hey regarde, on est arrivé !”, s’extasie Manon.
Punaise, le con, je me serai arrêté à 15 mètres du but !

Nouvelle file d’attente, cette fois pour entrer sur le site même. Sauf que là, il n’y a pas que les warriors (guerriers) qui ont gravi les marches, y’a aussi ceux qui ont payé 10€ pour monter en bus : FAIGNIASSES ! :p

Gintè et Ieva nous rejoignent dans la file, on passe les contrôles avec succès (c’est pas les boîtes Lyonnaise ici !), et pendant qu’on cherche le guide qui nous fera découvrir le site pendant les 2 prochaines heures, on commence à être ébloui par ledit site. Y aller aussi tôt n’était pas pour rien : alors que l’on attend que la visite guidée démarre, les montagnes au loin laissent le soleil s’échapper et inonder progressivement le Machu Picchu de sa lumière matinale. C’est fabuleux, vraiment. Pour moi, la beauté de ce que je vois, le site, les montagnes autour, tout ça n’est certes pas 100% naturel comme Ushuaia, mais ça rivalise énormément, on en prend plein les mirettes. C’est pas possible de quitter ce monde sans avoir vu ça.

La visite guidée se déroule tranquillement, la fatigue revient de plein fouet : nos jambes flanches, c’est chaud patate ! À 9h la visite est finie, le site est à nous (et à quelques centaines de touristes), on s’y promène et on prend des photos par-ci par-là. Je suis vraiment admiratif de ce peuple : arriver ici il y a plus de 500 ans et aller construire (tailler), élaborer, un site aussi énorme, aussi haut et loin de tout. Impressionnant, comment faisaient-ils ? Si seulement on pouvait voyager dans le passé et observer les Incas.

Pivotez votre tête sur la droite, puis admirez les montagnes de derrière ayant la forme d'un visage Inca. Pas mal hein ? Le nez correspond au Wayna Pichu

Pivotez votre tête sur la droite, puis admirez les montagnes de derrière ayant la forme d’un visage Inca. Pas mal hein ? Le nez correspond au Wayna Pichu

Sur le coup des 11h, après presque 2h à barouder et apprécier les lieux, on les quitte après avoir tamponné nous-même MACHUPICCHU sur nos passeports.. Les touristes commencent à affluer en masse, la circulation devient presque désagréable à certains endroits du Machu. C’est parti pour 40 minutes de descente (les marches sont toujours aussi peu agréables), suivi de deux heures pile poil pour rejoindre hydroelectrica, le point de rendez-vous.

Les guides n’arrêtaient pas de nous briefer pour dire d’être absolument à 14 heures au point de rendez-vous, sinon on pouvait rester bloquer ici. Seulement si nous nous sommes à l’heure ; le guide qui nous place dans les bus arrive bien plus tard. l’organisation paraît à nouveau très aléatoire mais au final on est chanceux on part dans les premiers, vers 15h.

Le trajet est censé durer à nouveau 6h, ne changeons pas les bonnes habitudes, il en mettra 7. Le trajet ne sera pas de tout repos : entre la pause bouffe, où on descend puis on voit le bus se barrer et ne revenir qu’après 20 minutes (il est parti sans prévenir pour prendre de l’essence), la pause “lavage de bus” où ce dernier se fait arroser alors qu’on est à l’intérieur et les joints de vitre ne sont pas de première jeunesse, la “pause pipi en haut d’une bute uniquement pour le chauffeur, les autres peuvent se faire dessus” et le français, Florian, avec lequel on parlera pendant tout le trajet, on arrive à destination totalement HS. Et malheureusement, on n’est pas encore couché vu ce que l’on va bientôt découvrir.

machu panorama

—- QUELQUES INFORMATIONS PRATIQUES SUR LE MACHU PICCHU —-
Cette partie est destinée uniquement à ceux qui souhaitent des informations sur “comment ça se passe, que faire, et comment ?” car pour nous ça a été un vrai bordel de comprendre. Chaque personne que nous rencontrions avait fait le Machu Picchu d’une façon différente et nous ne comprenions pas très bien comment tout cela se passait. On va donc vous donner quelques pistes 🙂

Le mieux est un petit plan pour comprendre ce qu’il y a entre Cusco et le Machu Picchu.

Cliquez l'image pour l'agrandir

Cliquez l’image pour l’agrandir

Tout d’abord, l’entrée au Machu Picchu est d’environ 35€, et est inclu dans le prix des 3 premières options que je détaille ci-dessous.
Plusieurs solutions suivant le temps et l’argent dont on dispose. Nous on a fait le plus économique, soit le premier cas présenté.

Option 1 – Machu Economique en 2 jours
Budget approximatif (car tout est toujours négociable ici): 100€/personne
(Le budget comprend : le transport, le déjeuner, le dîner, une nuit d’hôtel, le petit déjeuner, le guide et l’entrée au Machu.)
Le trajet vert : 7h de bus jusqu’à l’hydroélectrica, et de là 2h de marche jusqu’à Aguas Calientes le long du chemin de fer. Le lendemain ascension d’une heure pour aller jusqu’au Machu Picchu. Environ 2h de visite guidée puis temps libre sur le site. Ensuite on a tout refait en sens contraire. C’est l’option la plus fatigante physiquement.

Alternativement, vous pouvez aussi prendre un bus au lieu de faire l’ascension le matin, puis la descente. Chaque trajet coûtera 8€ environ pour 20 minutes de bus.
Vous pouvez également prendre le train entre hydroelectrica et Aguas Calientes. Rajoutez au moins 25€ par trajet.

Option 2 – Machu en train sur 2 jours
Budget approximatif : 170€/ personne
Cusco – Ollantaytambo en bus, ça prend 1h30
Ollantaytambo – Agua Calientes en train, ça prend 1h30
Dormir à Aguas. Puis le lendemain au choix comme précédemment (ascension en bus ou bien à pied). Retour en train puis bus comme pour l’aller.
Comme vous pouvez le constater, le train est très cher.

Notons que dans ces 2 options vous ne passez qu’une nuit à Aguas Calientes.

Options 3 – Rando sur plusieurs jours
Les budgets peuvent éclater ici. Il s’agit de prendre le bus jusqu’à Ollantaytambo, ensuite d’emprunter le train jusqu’au km 82 puis descendre et débuter le chemin de l’Inca. Vous en aurez pour 3-4 jours au total, dormirez en tente, et vous aurez un guide. Les prix, à titre d’information, dépassaient les 350€/personne.

Alternativement, vous pouvez plutôt descendre au km 104 pour rejoindre une parti du chemin de l’Inca. Mais il faudra que vous aillez au préalable (plusieurs semaines avant) acheté le billet autorisant l’accès au chemin. Le nombre de visiteurs par jour étant limité.

Option 4
Démerdez-vous ! Non sérieusement, il est tout à fait possible de tout planifier soit même, faire le chemin de l’Inca sans guide, ce qui est sûrement très intéressant si vous êtes un randonneur expérimenté. Ça prend du temps, et beaucoup de choses sont à anticiper, tel que le billet pour emprunter le chemin de l’Inca, à acheter plusieurs semaines avant votre expédition, ainsi que tout billet de train ou d’hôtel que vous voudriez.

En plus :
Le Wayna Pichu est une montagne en face du site du Machu Picchu (c’est le nez de l’Inca quand vous faite pivoter les photos du site sur votre droite). Il faut acheter son billet plusieurs mois à l’avance car là aussi il n’y a qu’un nombre de visiteurs limités par jour. Elle est très haute, et les escaliers pour arriver à son sommet sont raides (après ce qu’on s’était tapé on était content de ne pas avoir à le gravir !)

Et voilà, il existe bien entendu d’inombrables autres possibilités : vous pouvez faire du vélo, ou bien d’autres randos autour du Machu Picchu. En espérant que ces quelques informations puissent être utiles à des curieux 🙂

Copacabana et la beauté du lac Titicaca

Le trajet la Paz Copacabana est marqué par un passage en bateau. Mais ce n’est pas le bus qui monte sur un gros bateau, non non, c’est nous qui montons dans un petit bateau à moteur. On est ainsi une quinzaine de personnes par bateau à traverser le lac Titicaca. 20 minutes de trajet, et on attend de l’autre côté le bus, qui lui est seul sur une embarcation à laquelle je ne ferai personnellement pas très confiance ! Mais bon, les boliviens si, et tant mieux, le bus arrive -avec nos sacs !-. Les paysages sont très beaux avec cette eau de la même couleur que la méditerranée mais au pied des collines.

On trouve rapidement un hôtel très sympa, chambre spacieuse, confortable, waouuuuu, ça fait du bien une bonne surprise ! Petit balcon avec vu sur le lac, et …. Hey, le coucher de soleil c’est pour bientôt ! On paye directement 2 nuits, et on descend voir le coucher de soleil. On tombe ensuite sur une femme d’agence d’excursion très gentille (c’est rare, donc assez important pour être souligné), qui nous expliquera que faire et que voir dans la ville et aux alentours.
En allant trouver un endroit pour manger, une française nous aborde, Justine, 25 ans, qui voyage depuis 9 mois en Amérique latine et cherche désespérément avec son copain, Vincent, un endroit pour dormir. Après une bonne demie heure à papoter, ils nous donnent terriblement envie d’aller au Costa Rica ! Le temps de s’échanger nos contacts, et ils iront dans le même hôtel que nous -mais ça, on le saura que 2 jours plus tard, quand ils partiront ! Dommage.-
Alors que l’on mange, on constate que pour une ville très touristique, les boliviens ne sont pas du tout dans la même mentalité que nous côté restauration : 40 minutes pour un plat de pâte quand vous êtes les seuls dans le restaurant. Et on le vivra ainsi à chaque restaurant. Ah et aussi, le chauffage est une option dans les restaurants ici, ne comptez pas vous sentir bercer par une douce musique et la chaleur d’un feu, au mieux vous aurez un petit peu moins froid que dehors, et vous aurez la télé allumée avec une série alacon genre “les feux de l’amour” version espagnol.

On a parfois laissé le guide partir loin devant pour profiter du lieu, que du bonheur !

On a parfois laissé le guide partir loin devant pour profiter du lieu, que du bonheur !

Le lendemain matin à 11h le réceptionniste frappe à la porte pour nous dire qu’il y a le check-out. Euh, on reste 2 nuits, t’es vachement organisé toi ! Visite de la ville, de l’énorme église sur la place principale, et de Calvario, un mirador au sentier très catholique inspiré du chemin du christ, avec des croix à plusieurs étapes. C’est haut, c’est dur, mais la vue sur la ville est vraiment belle.

La fameuse Isla del sol -“Île du soleil” pour le néophyte !- sera pour le lendemain, le jeudi 24 juillet. Deux heures trente de petit bateau pour atteindre l’île, en même temps le trajet est pas cher, 4€ chacun aller-retour. Le bateau nous dépose au nord de l’île, d’où on marchera jusqu’au sud. Un guide fait son apparition dans le bateau, il pue, mais vraiment -c’est assez fréquent ici, mais je comptais tout de même le souligner pour que vous vous imprégniez de l’ambiance-. En descendant on se fait taxer chacun 2€ pour accéder à l’île. On arrive alors aux ruines ! Enfin, on a tellement été habitué à voir de beaux vestiges, que là on est très déçu : une table type camping français faisant office de table de sacrifice, quelques restes de maisons à moitié enfouis, et…. Ce sera tout, on part en direction pour le sud de l’île. Avant cela le guide demande une contribution de 1€ chacun. On ne sait pas si on va le suivre, et de toute façon on préfère payer ce type de prestation après, et non en avance.

Le groupe part sur le chemin, on les suit de visu. Le guide s’arrête de temps en temps pour expliquer des choses, des anecdotes, l’histoire de son peuple. Quand il nous a abordé dans le bateau il l’a joué genre “il y a 2 ans je ne parlais pas un mot d’espagnol, et je fuyais les touristes.” Mais ça passe moyen désolé, il semble juste essayer d’attirer la sympathie et la pitié, et ça on n’aime pas !

Si nous sommes déçus par les 2 ruines qui se battent en duel, en revanche les paysages seront somptueux durant tout le trajet. On atteindra les 4500 mètres sauf erreur de ma part, c’est haut pour faire une rando de 3h, mais on gérera plutôt bien physiquement. Sur le trajet on échange quelques mots avec des français. L’un deux, ou plutôt l’une, nous raconte qu’elle est habituée à la Bolivie, mais qu’une semaine plus tôt, 2 jours après être arrivée à la Paz, elle s’est fait embarquer par un faux flic, avec un autre touriste et un taxi complice qui lui ont volé argent et téléphone. Quelques jours plus tard, c’est son sac à main dans un restau qui disparaît. Que du bonheur ! On se dit qu’on a de la chance, d’autant plus qu’on baissait notre garde récemment. Apparemment ce sont souvent des péruviens qui ferait ça en Bolivie…. En tout cas c’est ce que disent les boliviens (et menteurs comme ils sont… Qui croire ?).

Le chemin sur l'Isla del Sol me faisait penser à la muraille de Chine, bien que je ne l'ai jamais vu de mes propres yeux ! -pour l'instant-

Le chemin sur l’Isla del Sol me faisait penser à la muraille de Chine, bien que je ne l’ai jamais vu de mes propres yeux ! -pour l’instant-

Plus loin sur le chemin, le guide fait une pause pour nous demander ses 2€. Si c’est pas une raclure sérieux. Encore plus loin des gamins font barage devant nous pour nous demander de l’argent, un gamin insistant pose la main sur mon sac, je l’expulse ; pendant ce temps Manon pousse une gamine sur le côté du sentier car trop insistante et invasive. Vous comprendrez que c’est pas à eux qu’on lâche des bonbons 😉
Encore plus loin, juste avant d’arriver au village Sud, là où on reprendra le bateau, on nous retaxe 1€ pour 2. Le groupe est un peu loin devant, on prend du retard à force de flâner, mais on les voit au loin. On les rattrape dans la ville juste avant pleins de zigzagues en précisant au guide qu’il y a 2 vieux argentins qui sont du groupe et qu’il a dû oublier derrière vu qu’on ne les voit plus. Il fait le signe de “Mince alors”. 20 minutes plus tard on retrouvera ces 2 argentins retraités furieux au bateau, ils n’ont jamais revu le guide. Bref, la journée se termine, tout le monde est HS dans le bateau, les filets de baves vont et viennent avec la houle.

Le vendredi sera du repos, en dehors d’un fait marquant et choquant. Dans une boutique du marché, qu’elle ne fut pas la surprise de voir en guise de jouets des bébés lamas empaillés (ou en décomposition ?), à l’apparence cadavérique. Ça nous a glacé le sang. Ce peuple est certes très différent culturellement, mais entre des affiches de momies à Uyuni et des jouets morbides, on a vraiment du mal avec les boliviens et leurs petits plaisirs !

14h, le samedi 26 juillet on va en direction de Pachataka, ou “Horca del Inca”. Des ruines Inca à côté de la ville, donc faisons-le à pieds. On se lance, ça monte sec, “10 bolivianos pour passer” est affiché sur une pancarte, mais il n’y a personne, à la bonheur ! Ça monte de plus en plus sec, et la vue derrière nous se profil sur la ville et le lac. On arrive sur ce qu’on pense être les ruines, je dis bien “on pense” car c’est pas flagrant, on dirait juste que la montagne a été un peu taillée à certains endroits, à moins que ce soit une forte érosion. On voit tout de même l’arche “Horca del Inca”. On continue de grimper, cette fois ce n’est plus des marches, on escalade la montagne pour se trouver un endroit tranquille, sans personne -bien qu’il n’y avait que peu de fous pour monter ici-. On admire alors la vue, qui franchement vaut le coup ! Le temps de prendre quelques photos, vidéos, et 20 minutes plus tard on redescend.

On arrive devant une poste -pour envoyer du courrier bien sûr-, personne. Deux français sont aussi là, ils voulaient des enveloppes. Une femme nous voit tous les 4 et dit que le lendemain il y aura quelqu’un. Manon sent bien le “je me débarrasse de vous”, et ne préfère pas dégoûter les autres français en leur expliquant ce qu’elle ressent, ils auront bien le temps de le découvrir ! En attendant, on leur montre où trouver des enveloppes (on a mis 30 minutes à en trouver la veille, autant leur faire gagner du temps).

Grimper c'est dur, avec l'altitude c'est amplifié, donc dur dur -Copacabana en fond, durant l'ascension à Horca del Inca-

Grimper c’est dur, avec l’altitude c’est amplifié, donc dur dur
-Copacabana en fond, durant l’ascension à Horca del Inca-

Dimanche 27 juillet 2014. La journée s’annonçait cool sur le papier : une visite pépère à faire, passer à la poste et écrire le bilan de la Bolivie, mais c’était sans compter sur nos amis boliviens ! “Plus de place dans l’hôtel”, on ne peut pas rester cette nuit nous annonce le réceptionniste à 8h50 du matin, alors qu’on est bien frais durant le petit déj. Un détail que j’ai omis de préciser, mais ici l’air est très sec, on se réveille 4-5 fois par nuit avec la bouche complètement sèche -pourtant on est au bord d’un lac, comme quoi…-. On trouve un autre hôtel où on ne peut se poser qu’à 13h. Pendant ce temps on essaie d’accéder à la poste, personne, et impossible de trouver des timbres dans la ville. Trois jours sans poste malgré les heures d’ouvertures affichées, vive les villes touristiques boliviennes ! Même la “Mairie” et les policiers qu’on est allé voir ne savaient pas le pourquoi du comment. Avant 14h on repasse, toujours les mêmes lettres derrière la vitre, des choses ont été déplacées, mais toujours personne. Pendant qu’on cherchait des timbres on est passé dans une librairie, personne dedans. On patiente 2 minutes, toujours personne. Bon. Il faut savoir que c’est jour de fête ici les dimanches, toute la ville est bouchée par les voitures, elles font la queue. Pour quoi ? Pour passer devant la cathédrale de la ville et se faire bénir, eux et leur voiture -sans déconner !-. Les voitures sont d’ailleurs toutes décorées avant d’arriver devant l’église et se faire bénir, les gens y placent des fleurs, un chapeau bolivien scotché sur le toit, beaucoup de couleurs ressortent de tout ça. Au passage les gens s’amusent à balancer des pétards par-ci par-là :
“Attention Manon le gars…” *PAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPA*
Même pas le temps de la prévenir qu’un gars en fait péter juste à nos côtés. Des fous ces boliviens, déjà qu’habituellement… Alors en liesse !

Pour le dernier après-midi en Bolivie, il ne nous reste qu’une chose à voir et également accessible à pieds : El Asiento del Inca (le siège de l’Inca). C’est pas loin du tout. En arrivant sur le site, de loin on se dit que c’est vraiment des ruines, en effet. Un gars nous accoste, il paraît bourré et était précédemment posé avec sa petite famille. Il nous demande des sous, je lui filerai des bonbons. Et hop, on passe. Plus loin on tombe sur des gamins, genre 5 et 7 ans. Ils commencent par nous montrer des vers avec lesquels ils jouent, on les questionne donc :
“Ils viennent d’où ?”
“Du caca juste là”.
Ah oui, effectivement… Puis ils proposent de nous expliquer l’histoire des ruines moyennant quelques bolivianos. 3 bonbons et ça passe. Avouez que c’est cool de tout payer avec des bonbons que vous aimez pas, non ? Le plus grand parle vraiment comme un guide, impressionnant ! Mais au bout de 5 min il dérive de plus en plus sur sa nature d’enfant. Après leur avoir dit d’arrêter de massacrer tout les arbres que l’on rencontre (leurs fleurs contenaient du jus, mais ils les massacraient et les balançaient …), on les laisse et retourne flâner dans les rues de Copacabana. On demande à une jeune commerçante le pourquoi du comment de la fête autour de l’église, on aura des bribes de réponse entre son air détaché et son regard fuyant, classique quoi.

Le soir on aura encore quelques emmerdes au restau : 20 min après la commande une femme nous dit que le chef est pas là et qu’on doit partir….. OK ! Et pour changer dans le second restau on a eu l’impression que je le jeune qui nous servait allait se suicider devant nous vu la gueule qu’il tirait. Classique quoi ! Bref, une bonne journée remplie de petites contrariétés, histoire de bien nous remontrer ce que c’est la Bolivie, la vraie telle qu’on l’a vécue durant ces 3 semaines et demi.

Lundi 28 juillet, tchao les boliviens. Dernière tentative à la poste, ils tentent de nous faire tourner en rond une fois de plus. Non merci. Manon n’enverra pas de carte depuis la Bolivie. On espère laisser leurs odeurs, leurs maladies, leurs visages suicidaires et leurs morbidités ici, vive le Pérou ! Enfin, on s’attend à tout. Mais le dernier pays de notre voyage nous ouvre ses portes, et nous on lui tend les bras, on a toujours la patate, alors ¡ Vamos !

La Paz et une bonne rencontre

Samedi 19 juillet 2014, on se réveille donc dans un hôtel tout pourri à Cochabamba. On avait un éventuel couchsurfing ici, mais la connexion internet quasi inexistante de Samaipata ne nous a pas permis de le prévenir. On décide donc de partir au plus vite pour La Paz, siège du gouvernement de la Bolivie.

On trouve le terminal de bus, prend nos billets, et on retourne dans le centre ville avec nos gros sacs pour retirer au guichet d’une banque, de peur de revivre notre mésaventure de Sucre. On fera 4 banques mais aucune ne peut satisfaire notre besoin ! Bref, on refile au terminal et on embarque dans un merveilleux bus, oui merveilleux, les mêmes qu’en Argentine et au Chili, confortables et spacieux. D’ailleurs on peine à le trouver car dessus c’est marqué “Bariloche” (une ville que nous avions traversée en Argentine), heureusement un papier scotché sur la vitre indique “La Paz, 14h”. Bilan : les seuls bus potables de Bolivie c’est ceux qu’ils piquent aux argentins, et encore ils savent pas bien s’en servir : ils mettent la clim froide au lieu du chauffage, ne savent pas allumer les lumières “douces” de l’étage et la télé servira de cadre.
Durant le voyage le bus prend des boliviens qui s’assoiront sur les marches par-ci par-là dans le bus. Je vais subir durant une longue heure le type de bolivienne qui nous avait marqué à notre arrivée en Bolivie : elle pue et tente de se coller à moi. Le trajet passe, la nuit tombe, on est de plus en plus crevé, mais bon, faut juste tenir jusqu’à 22h, heure d’arrivée à notre destination. 00h30, le bus arrive à La Paz. Ah ces horaires boliviens !

On se fait accoster direct par un taxi, qui nous trouvera en deux temps trois mouvements un hôtel bon marché. Les courses de taxi ne sont pas chers ici, 15 bolivianos, soit 1,5€. Le chauffeur super avenant se renseigne auprès de l’hôtel devant lequel nous sommes, et nous confirme qu’il y a le minimum qu’on voulait : eau chaude et chauffage. Il repart, on pose nos affaires et règle la paperasse avec le réceptionniste, bizarrement long à vérifier la chambre, nous demander de patienter ; on se dit qu’il doit la nettoyer c’est pas possible ! Et ben pas du tout. D’ailleurs y’a pas de chauffage, et “l’eau chaude” est moins que tiède, Manon criera pendant 5 min pour résister à la torture qu’elle s’inflige. Il est 2h du mat quand on se couche, on est HS et gelé, la chambre est pourrie, la salle de bain est inondée d’eau car ça fuit… Deux hôtels de suite pourris : ça commence à nous dégoûter un peu, on ne restera clairement pas dans cet hôtel durant notre séjour à La Paz. On n’a pas mangé depuis un bon moment, et à cette heure tardive on ne trouvera que des hots dogs à 40 centimes l’un.

Cette photo ne nécessite pas de commentaire particulier en dehors de celui-ci

Cette photo ne nécessite pas de commentaire particulier en dehors de celui-ci

Dimanche 20 juillet lors de mon réveil je me rappelle qu’on doit payer l’hôtel, mais déjà retirer de l’argent car il nous reste pile poil 70 bolivianos, ce qui est peu. Et puis en regardant sur Internet  où nous pouvons retirer en guichet, cherchant les banques les plus proches de nous, je vois les horaires d’ouvertures et forcément : “lundi – samedi”, punaise on est Dimanche ! Bref, au pire on tentera un distributeur et on serrera les fesses en espérant que les billets sortent cette fois !

On descend à l’accueil, personne, porte de la réception verrouillée, un gars à l’entrée de l’hôtel met son petit stand de bouffe, bref. On réfléchit 2 secondes, je pose les clés de la chambre pourrie devant la réception, et on sort, tranquillement… et en serrant un peu les fesses (!) quand même !

On vagabonde alors dans les rues, le ventre vide à la recherche d’une auberge ou un hôtel. Au passage on pioche des infos, une carte de la ville, et des lieux d’auberges potentiellement intéressantes. Mais aucun n’a de place. Après 1h de marche, Manon souffre beaucoup de l’altitude, la Paz est à 3600m tout de même, c’est la plus haute capitale au monde, et qui dit capitale, dit pollution malheureusement, ce qui n’aide pas à respirer. HS, elle se pose devant l’ultime auberge complète, et je pars seul dans les environs. Après 15 minutes je rentre broucouille (bredouille pour les incultes 😉 ), rien de dispo, Manon toujours HS. Je la motive pour aller 400m plus loin, il y a une longue pente à monter, mais il y a pleins d’auberges dans le secteur. Alors qu’on monte cette pente, difficilement, j’entends à ma droite : “Vous aussi vous cherchez un hôtel ?”. Des français.

Halim nous accoste, suivi de sa copine Marion. Ils sont partis il y a un mois et demi de la France pour un tour du monde de 1 an, et là, maintenant, tout de suite, ils sont dans la même galère que nous. On fait connaissance, longuement, puis on se pose devant un hôtel. Le gérant semble être parti manger, au bout de 15 minutes toujours personne. Avec Halim on laisse les filles se reposer et garder nos sacs pendant qu’on fait le tour de toutes les maisons d’hôtes, auberges et hôtels du coin. 20 minutes plus tard on revient, sans grand chose de glorieux, le gérant de l’hôtel où nous avions laissé les filles revient également. Finalement on reste tous les 4 dans ce premier hôtel.

Petite pause physique dans la chambre, mais on a la dalle, alors on se motive, et tous les 4 on décide de manger un bout. On fait encore un peu plus connaissance, et après ces 2 semaines en Bolivie, et bien ça fait plaisir de pouvoir partager nos anecdotes, malheurs et bonheurs ! Et visiblement, même si ils ne sont que depuis 3 jours en Bolivie (ils viennent du Pérou et font le trajet contraire de nous), les boliviens ne les enchantent pas vraiment, il les trouvent assez menteurs d’ailleurs. On en profite pour s’échanger nos adresses pour garder contact, puis chaque couple part faire sa petite visite de la ville.

On passe dans le centre animé de la ville, de belles églises, des rues pourries, des marchés, tout est assez typique de ce que l’on voit dans les villes Boliviennes. En dehors de la pollution, la ville est agréable, bien que parfois les rues soient en pentes assez hardues, mais bon, on marche calmement, on a notre temps ! Les rues prolifèrent de stands, comme bien souvent en Bolivie, ce genre de stands où ils vendent généralement des gâteaux, boissons, mais parfois aussi pâtisseries, glaces, bref, il y a des stands pour tout, mais souvent pour la même chose, la diversité n’est pas leur fort ici. -Alors que je relis ce texte j’ai l’impression d’être un peu dur en parlant de la Bolivie, mais pourtant, j’essaie d’être le plus honnête et objectif possible, mais c’est sûrement plus difficile qu’il n’y paraît !- Le soir commence à tomber et nous regagnons l’hôtel. On ne veut pas retirer en guichet automatique et préférons attendre demain pour aller dans un vrai guichet. Du coup, pour manger ce soir il nous reste exactement 2€. Manon est assez perplexe, mais le croirez-vous, en achetant à l’un des stands pain et jambon, on s’en sortira pour 1€ ! Comme quoi on peut manger pour des prix ridiculement bas si on veut. Et hop, le dernier euro passera en biscuits.

Admirant les maisons grimpant sur la colline

Admirant les maisons grimpant sur la colline

Alors que l’on se couche, on entend la sonnette de l’hôtel à plusieurs reprises. Je lance à Manon : “T’inquiète ma puce, si c’est un gars bloqué dehors alors qu’il est de l’hôtel, il laissera son doigt longtemps !”. 20 minutes plus tard : “DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING”. Apparemment personne à la réception de l’hôtel, le gars s’est barré.
On descends avec la lampe torche car il est 1h du matin et l’hôtel est plongé dans la pénombre. On ouvre prudemment, armé de la lampe. Un jeune apparaît, frigorifié sous son poncho, nous dit qu’il est parti chercher du beurre et que depuis 1h il attend, personne ne lui ouvre. Ben rentre mon gars ! Bref, on a fait notre BA, ça aurait pu nous arriver aussi, on n’a jamais été prévenu qu’il y avait une heure limite à laquelle il n’y avait plus de réception.

Le lundi on est au taquet, mission banque ! SUCCÈS TOTAL ! On y a passé une heure, mais on a pris assez pour ne pas avoir à retirer à nouveau en Bolivie. La suite de la journée, on continue notre balade en ville : 2 miradors au programme. Le premier est facile d’accès. Petite anecdote, en sortant du “parc pour enfant mirador”, on voit un marchant de glace :
– On voudrait deux glaces à l’eau à la fraise.
– Ok, une seule ?
– Non deux.
Il fouille.
– Vous en voulez à la canelle ?
– Non, à la fraise.
– Une seule ?
– Non deux !
Il nous sort les glaces, on paye, on les ouvre : elles sont à l’orange.
Le second mirador nous épuise complètement car beaucoup plus haut, mais la vue sur la ville et les environs vaut vraiment le coup d’y aller !

Le soir on se dit qu’on pourrait se faire un truc avec les 2 français, manque de bol, le matin Marion a mangé une pâtisserie auprès d’un stand de rue -ces trucs qui stagnent au soleil toute la journée, et dont les produits restent probablement d’un jour à l’autre- et elle revient tout juste de 4h à l’hôpital : tourista, perfusion. Elle a une petite mine et se repose donc. Je compatis en me rappelant de moi il y a 2 semaines…

Le lendemain, on est le mardi 22 juillet 2014, et en début d’après-midi on file au terminal de bus. On prend un petit en cas, mais les assiettes ne sont pas fameuses, et on en laisse pas mal -vous vous demandez pourquoi je parle de ça hein ? Ça arrive !-. En parallèle une SDF nous demande des sous, comme d’habitude, hop je sors des bonbons, elle a l’air d’avoir des dents, donc ça va -au pire elle a sûrement des petits enfants-. Et chose à laquelle on n’avait bêtement pas pensé, mais elle si : nos assiettes ! -on y vient !-. Hop, elle sort un petit sac et récupère tout, à la main, comme au bâillon du limousin ! On préfère que ça finisse comme ça. En sortant du fast-food (on devrait plutôt appeler ça des slow-food d’ailleurs), des gamins nous abordent, hop, encore des bonbons. J’en lâche tous les jours ! Souvent à des enfants, du coup en rentrant en France je pense me reconvertir en tant que dealer à la sortie des collèges. A étudier. Bref, on monte dans le bus, direction Copacabana sur le lac Titicaca (et non au Brésil hein !), à la frontière avec le Pérou.

San Pedro de Atacama, une perle au bord du désert

En ce Samedi 28 juin 2014, on descend du bus avec un mal de tête assez puissant à cause de l’altitude. La maman française nous trouve un taxi qu’elle connaît afin que l’on rejoigne facilement  l’auberge qui nous avait été conseillé par Andres (cf. l’article sur Santiago du Chili).

Nos premières visions de San Pedro sont assez magiques car au loin -mais pas tant que ça- la ville est surplombée du volcan Licancabur (cf. la photo plus haut). La ville, perchée à 2430m, est minuscule -on pourrait parler de village- mais pourtant très animée, en fait nous sommes un weekend-end de fête religieuse. Les maisons sont basses, aucun étage nulle part à priori, les rues sont vraiment atypiques, il fait toujours beau, bref, en court : il y fait bon vivre ! San Pedro est paumée au milieu du désert de l’Atacama : le plus vieux et aride sur notre terre, et c’est pas les 3cm annuel de pluie qui y changeront grand chose ! On repartira dans 4 jours d’ici.

spa ville

Une rue typique de San Pedro de Atacama

La première soirée, ce sera du repérage rapide, et du repos, idem pour le dimanche. Faut bien s’acclimater à l’altitude quoi. L’auberge où nous nous trouvons a un côté sympa et en même temps pas sympa, genre règles à la con, je développe.
Interdiction de laver son linge à la main, il faut obligatoirement utiliser leur service de lingerie, facturée 1,5€ le kilo, utilisation d’un kilo minimum. Si on est pris en flague, amende (et non amande, ce qui serait tout de même plus sympa) de 10€ (ce qui serait cher pour une amande, sauf si elle était énorme). Mouais, ben si ils veulent leur kilo de fringues je vais devoir me balader tout nu ! Du coup on outrepassera les règles, et avec succès.
Il y a aussi eu ceux qui font les lits, qui décidèrent de rentrer dans la chambre pour faire les 2 autres de la chambre alors qu’on somnolait, ils n’avaient clairement rien à foutre ici. Et également un matin le gars qui ouvre la porte de chambre avec un double à 10h15 en nous rappelant que le check-out est à 10h30 : “mais on part demain… Espèce de branguignole” ! Paye ton intimité tiens. Bref, une équipe un peu, voire beaucoup, voire totalement à côté de la plaque.
Dans les trucs pas cool y’a aussi le fait que tous les voyageurs qui passeront ici parleront strictement anglais, seront froids, et ne diront pas bonjour, voilà l’ambiance de merde ! Heureusement, les 2 premiers jours dans notre chambre on avait un état-unien et un français supers sympas, Charly et Paul. Paul, si tu me lis, manifeste toi 🙂
On prendra d’ailleurs quelques infos à Paul sur les activités du coin, notamment faire du vélo dans la “Valle de la muerte”, autrement dit en français : la “Vallée de la mort”, pour ceux qui ne sont vraiment pas perspicaces. Plus tard on visitera également la Valle de la Luna, je laisse votre perspicacité opérer cette fois.

Cherchez Charly !

Cherchez Charly !

Dans les choses positives sur l’auberge, y’a notamment le fait de pouvoir réserver les excursions directement via la réception, un bus se charge ensuite de passer nous prendre à l’heure indiquée. Et venons-y à “l’heure indiquée”.

Le lundi 30, on est devant la porte de l’hôtel à 4h00 du matin pétante. Oui vous avez bien lu, 4h du MATIN ! -je pense à ceux qui nous connaissent bien et savent que c’est plutôt les heures auxquelles on vient de se coucher !- Inutile de vous dire qu’on est frais comme des gardons. Mais j’oublie le principal : on n’est pas ici pour le plaisir, quoique la voie lactée est en partie visible parmi cette farandole d’étoiles, ce qui est tout simplement sublime. Un bus doit passer nous prendre pour aller voir des Geysers. On s’alterne à faire le gaie pendant que l’autre est au chaud, on est efficace pour éviter de se geler. Oui se “geler”, car on est dans un désert, certes, mais la journée si il fait 20°C, la nuit c’est plutôt du 2°C. D’ailleurs dire 20° la journée est une moyenne, car en réalité on avait très chaud au soleil, et très froid à l’ombre, très grand contraste. L’usage du “très” dans la phrase précédente est très important. Bref, le bus arrive…. à 5h05 ! L’auberge nous avait dit n’importe quoi, le guide nous confirme qu’ils passent toujours vers 4h30/5h. Mouais, ben c’est 5h05 quand même -mode emmerdeur/gelé/fatigué activé-.

Après 2h de route on arrive sur le site des “Geysers del Tatio”, à environ 4300m. On n’en avait jamais vu. C’est magnifique. On voit le soleil se lever tout en marchant entre les geysers et petit déjeunant pour se réchauffer, oui se réchauffer, car là il ne fait pas 2°, mais -10° ! On ne sent plus trop nos pieds, mais c’est pas grave, c’est beau. Du geysers qui est constant, à celui rythmé comme une horloge : chaque minute il expulse pendant 14 secondes. Au tic tac près. J’avais toujours voulu en voir, je suis pas mécontent ! Manon commence à avoir tellement froid qu’elle en devient nauséeuse et fonce dans le bus. Je prends quelques photos, croise un renard, et on file sur un autre site, où une source d’eau chaude attirera des fous qui s’y baigneront en caleçon. Y entrer est facile, mais en sortir… On préfère faire le tour des geysers du coin, c’est beaucoup plus prudent.

Une fabrique à nuage naturelle.

Une fabrique à nuages naturelle.

Sur le chemin du retour on s’arrêtera à plusieurs points intéressants : lac gelé, col à 4700m, nourriture typique… Bref, tout ce qu’on n’a pas pu voir à l’aller vu qu’il faisait, si vous avez bien suivi : nuit ! On somnolera aussi pas mal, les effets de l’altitude me donne une migraine assez forte, pas d’autres moyens que se calmer pour diminuer la pression sanguine, pas le moment de faire le foufou quoi.

Le lendemain le programme est : Vallée de la mort le midi à vélo, et une excursion Vallée de la mort et de la lune en milieu d’après midi. Pour info les 2 se situent dans la Cordillère del Sal, qui porte très bien son nom, vous comprendrez rapidement.

La Valle de la muerte

La Valle de la muerte

Manon n’est pas top côté forme, mais après l’avoir bien motivée -ou “forcée à venir”, c’est selon le point de vue, mais avouez que le premier est quand même plus joyeux- on loue des vélos et on se tape quelques centaines de mètres dans la vallée de la mort – à seulement 4km de San Pedro- c’est beau, la roche est rouge ferreux, parfois recouverte de blanc : du sel. Alors que Manon rebrousse chemin, je continue encore un peu, jusqu’à me retrouver dans une cuvette ensablée, où après 5 minutes de poussette je vois des dunes qui s’étendent devant moi. Deux minutes de réflexion, et je prends mon vélo à 2 mains pour me lancer héroïquement sur le chemin du retour en poussette. Mais déjà, sans vous en rendre compte j’ai évoqué 2 choses importantes à souligner. Premièrement la vallée de la mort ça n’a rien du type “les incas sacrifiaient des vierges et des enfants aux crânes ronds”, c’est une erreur de transcription toute bête. Deuxièmement, toutes les roches ici ne sont pas des roches au sens auquel on l’entend, c’est juste du sable très très très compacté, mais ça, en fait, on ne l’a appris qu’avec notre guide de l’après midi, et on y vient.

Avant de partir pour notre excursion de l’aprèm, on s’enfile quelques sandwichs chez la maman française, qui nous fait cadeau des desserts d’ailleurs. C’est ti pas mignon ? On se régale à manger du pain français ! (Ce qui nous manque affreusement.) Bref, on rejoint le guide de l’aprèm.
On est en petit comité cette fois, l’ambiance sera très chaleureuse, surtout qu’il y a des mexicaines. Ce que je veux dire par là, c’est que quasi tous les mexicains que l’on croise sont très amicaux et avenants. Le guide n’est pas un con du tout, il est également ingénieur (en plus d’être guide hein, et non en plus d’être con, je disais donc, il est ingénieur) dans le domaine de l’environnement, du coup il connaît très bien comment se forme les cordillères, pourquoi le salar est là où il est, etc. Il nous parle également rapidement des tribus indigènes du coin, et la signification de leurs emblèmes carrés, tel que les Whipala. On se balade dans une grotte dans la vallée de la Luna, et c’est là que l’on apprend que les roches n’en sont pas ; d’ailleurs, en les touchant, effectivement tout s’effrite très facilement.

Entrée d'une grotte dans la Valle de la Luna, un homme y a même perdu un bras selon la légende

Entrée d’une grotte dans la Valle de la Luna, un homme y a même perdu un bras selon la légende

C’est également dans la grotte que Manon décide de s’écorcher le dos et moi la tête. Il paraît que ça donne un côté aventureux de revenir avec des cicatrices, donc on teste, vous nous direz à notre retour. Les dépôts de sel de parts et d’autres se voient très bien : les traces blanches donne un côté unique à ce lieu, laissées par le lac lorsqu’il s’est retiré jusqu’au point le plus bas -là où il y a le salar- . Il y en a sûrement d’autres, mais vu que c’est la première fois qu’on en voit, ça reste unique pour nous. Après s’être baladé dans cette vallée, on contemplera le coucher de soleil depuis une vue panoramique depuis la vallée de la muerte, où les couleurs rouges des terres seront encore plus marquées avec le déclin du soleil. Dernière petite explication culturelle sur les apachetas, des petits tas de pierres que l’on a trouvé un peu partout dans le coin. Chaque pierre empilée indique une information pour s’orienter dans le désert, et ce que l’on rencontrera sur le trajet. La première pierre en forme de triangle indique la direction à prendre, la seconde renseigne sur le niveau de difficulté jusqu’à la prochaine apacheta, la troisième s’il y aura de l’eau sur le trajet… Et vous l’aurez compris, plus il y a de pierres, plus il y a d’informations. Ça fait énormément penser aux inukshuks au Canada.

Le lendemain, mercredi 2 juillet, on ira à Calama, point intermédiaire obligatoire pour rejoindre la Bolivie.

On aurait pu rester plus longtemps à San Pedro, soit pour faire du vélo dans les alentours, ou encore visiter d’autres sites. Cependant les points à visiter faisaient un peu doublons avec d’autres déjà vu, ou bien que nous verrons, tel que le gigantesque salar d’Uyuni. En attendant, direction Calama, à seulement 2h de route d’ici ! -durée qui est, il faut l’avouer, ridicule pour nous désormais !-

Viña del mar, Valparaiso et l’autre, Con-Con

Le Samedi 14 juin, on rencontre notre hôte de la soirée sur la place de Viña del Mar, une ville balnéaire collée à Valparaiso et donnant sur l’océan Pacifique. Première surprise, il fait chaud. Enfin…15°C, ce qui est déjà pas mal pour nous !
Notre hôte, Jaime (prononcez Raïmé) Daniel, il a 2 prénoms, ça nous laisse le choix ! Il a une bonne tête, mais il me fait rapidement penser à ces personnes sur Facebook qui ont une photo qui ne les représente pas du tout ! Bref, il vient de finir son footing et avant de nous ramener chez lui on va dans un supermarché pour faire quelques courses pour les 2-3 jours que nous resterons chez lui. Les sacs à dos sont lourds et c’est vraiment pas pratique de faire les courses dans ces conditions mais bon.

Daniel nous parle rapidement de sa grand-mère dont il était le chouchou parmi ses 3 frères, mais elle est décédée et il lui a laissé la maison qu’il occupe à Viña. Il nous dit avoir un diplôme dans le génie civil, et à la base il est brésilien, mais on ne comprend pas ce qu’il fait dans la vie.
Sur le trajet on croise une animation assez sympa. Un gars déguisé en une sorte de clown -mais pas comme ceux qui font peur à ma génération à cause d’un certain film !- s’amuse à taquiner les voitures bloquées à un feux rouge. Un conducteur jouant le jeu cède même sa place, le clown commence à se barrer avec la femme et les enfants ! Bien marrant, mais on continue notre chemin. Des courses et un taxi plus tard, on arrive avec Daniel devant chez lui. Deux filles attendent déjà, Eva et Ingrid. A 22 et 23 ans elles sont étudiantes, et coincées comme pas possible, limite froides. On ne comprendra pas exactement pourquoi elles sont chez lui, l’une d’elle semble venir d’arriver à l’instant, accompagnée par l’autre déjà dans ses quartiers.

Daniel qui s'étire avant de réaliser des exploits

Daniel qui s’étire avant de réaliser des exploits

Daniel nous montre là où nous pouvons dormir, il y a un lit une place TOUT NEUF, et il a un autre matelas qu’il propose de mettre dans sa chambre pour que j’y dorme “ça va aller si vous êtes séparés 2 nuits” me dit-il. Ah mais non mon Loulou, on va dormir ensemble en fait ! Et vu que le matelas est plus grand, on le mets dans la chambre à part, et on s’y installe. De toute façon il ne veut pas qu’on dorme à 2 sur le lit, car “il est vieux” -quand je disais neuf plus haut, je ne déconnais pas-.
On aide Daniel à faire la cuisine, on apprend un peu à le connaître. Enfin vraiment qu’un peu car on ne comprend toujours pas ce qu’il fait dans la vie, pourtant il ne fait que parler de lui. Il parle du Brésil, des maisons de sa grand mère et qu’il est en conflit avec ses frères pour l’héritage. Puis soudain il lance : “et vous qu’est-ce que vous avez à raconter ?”. Euh… Ben je sais pas là comme ça à froid, on fait un entretien en fait ? Nous on n’a pas de maison, et tout notre argent est dans ce voyage, quand on reviendra en France on sera ruiné et pourtant on est heureux, et sinon ? Sérieusement, on lui raconte que dernièrement on a eu pas mal d’hébergements où il faisait froid car pas de chauffage, ou bien où on n’avait qu’une minute d’eau chaude top chrono, il s’horrifie et nous dit qu’ici, pas ce type de problème ! Mais on le trouve un peu bizarre, tant dans son comportement que son rire enfantin exagéré (je vous laisse imaginer), mais il ne faut pas se fier aux apparences, et on décide le lendemain de l’accompagner pour le voir faire du surf et le connaître un peu mieux. Ça a l’air cool !

On mange tous ensemble, les filles sont d’un calme olympien, l’une rougit même quand Manon lui parle, elle est littéralement intimidée. Ingrid (ou Eva, on a un doute, mais vous avez raison, sur le fond, on s’en fout, donc : l’une des filles) a un petit chat de 5 mois, du doux nom de RICHARD (hum…). Daniel le prend, l’air empoté, pour faire genre “j’aime les animaux”, mais ça ne trompe pas, nous on les aime vraiment et ça se voit qu’il n’est pas doué. Pour vous aider à imaginer, c’est un peu comme si une mère tenait son nouveau né la tête en bas par les pieds. Mouais, il redonne le chat à Manon en lui avouant “c’est pas trop mon truc les animaux”.

Daniel nous apporte gentiment un chauffage d’appoint pour la chambre, et nous prévient que le lendemain il décolle pour la plage vers 9h. On lui dit ok, mais si on dort “vas-y sans nous” ! A 11h20 on ouvre les yeux, il est toujours là -pas dans la chambre hein, dans la maison- et n’a pas l’air bien motivé à bouger ! On lui demande ce qu’il prévoit, et prit d’une soudaine énergie “allez on va à la plage”. On l’accompagne, mais il est… Comment dire… On a du mal à comprendre son attitude, son comportement, il semble lunatique, et pédant à la fois. Sur le trajet il demandera à une voisine si sa maison est à vendre, et combien, et ira adresser la parole à un conducteur d’une BMW stationnée pour finalement -après 3 longues minutes à l’attendre- nous dire qu’il va en acheter une. Il se plaint également d’être le plus pauvre de ses frères. C’est assez rigolo quand on apprend qu’il est resté 8 mois en France et 4 mois en Italie, tout frais payé par feu sa grand mère. Quand on arrive près de la plage il me lance “regarde celle là ! C’est bien ! Et les Audi c’est [blablabla]”, je l’interrompts : “tu sais pour moi une voiture c’est un moyen de transport pour aller d’un point A à un point B, rien de plus”. Il ne nous parlera plus de voiture. 🙂

Les alentours de Valparaiso...

Les alentours de Valparaiso…

On apprend au passage que la ville où Con-con fait du surf s’appelle Daniel. Ou le contraire.
Il lance : “Raaaa je peine à rentrer dans ma combi, je suis trop gros hein”
Je réponds spontanément : “Oui, c’est clair” (l’habitude de dire : “Sí, claro !”)
On se pose pour manger et regarder tous les surfeurs dans une ambiance chaude -car il fait un bon 25°C au soleil, ça change d’il y a 2 jours !-. Il nous avait dit qu’il n’était pas très bon -et paradoxalement s’était beaucoup vanté d’en faire depuis qu’il était très petit- et effectivement, il surfera sur aucune vague en 1h. Il préférera ensuite rester à Con-con pendant que nous irons faire un tour à Valparaiso.

L’article est très grand, je vais beaucoup moins détailler la suite, ne partez pas !

Les transports ici c’est la galère, on peine à trouver où descendre, rien n’est jamais indiqué, il faut demander en permanence. On se retrouve dans des coins du type “décharge publique”, mais finalement on arrivera à faire un tour sur Valparaiso en début de soirée. Pour une ville dite animée, on tombera sur une fête foraine sans une seule musique, c’est d’un triste ! On retourne -en galérant à nouveau- devant la maison de Daniel. Il est 21h30. Je sonne, je vois sa tête mais il ne nous ouvre pas. Je recommence, il me voit bien, mais retourne dans la maison. Troisième fois. Bref, au bout de 3 minutes il daigne nous ouvrir. Poliment je lui demande comment ça va, il répond qu’il ne va pas bien du tout, et que demain matin il faut qu’on parte avec lui, à 7h du matin. On lui demande qu’est-ce qu’il se passe, mais il reste évasif, on insistera plusieurs fois dans la soirée, mais on n’en saura pas vraiment plus. En entrant dans la chambre, nos sacs ont été déplacés, on n’aime pas ça. Ambiance tendue.

Alors que Manon est sous la douche il me dit “il faut couper l’eau, dis-le à Manon”, à peine le temps de la prévenir qu’elle devra se rincer avec de l’eau glacée. Y’avait pas de problème d’eau chaude ici, juste un con qui la coupe. Avant de se coucher on va faire un tour vers lui et les filles parlant dans le salon, pour retâter l’ambiance. Pour quelqu’un qui n’est “pas bien”, il use bien trop de son rire débile et semble bien s’amuser aux cartes. La France met une raclée aux 3 autres puis on décide d’aller se coucher -sans chauffage cette fois-, il nous marmonne les yeux baissés que c’est sa tante qu’il doit aider le lendemain.

Valparaiso by night... ou presque !

Valparaiso by night… ou presque !

6h plus tard le réveille sonne, on passe une nuit courte et assez difficile avec Manon car on a des restes allergiques dû à la pollution de Santiago. À 7h10, vêtu d’une tenue de footing il nous accompagne dans la rue pour trouver un taxi mais aucun ne veut s’arrêter, il commence à pester en portugais. Après 10 minutes d’échecs, il nous dit qu’il faudra marcher 20 bonnes minutes pour rejoindre un grand axe et trouver un transport. Bref, tchao ! Il retourne chez lui, sûrement pour aider sa tante imaginaire qui va arriver en hélicoptère. On ne s’éloigne que de 200m de la maison et on trouve un taxi collectif qui nous emmènera au terminal de bus. Trente minutes plus tard voilà qu’on décolle pour Mendoza, en Argentine !

On a vraiment été sur le cul de tomber sur un type comme ça. Pas du tout la mentalité d’un voyageur, un pur matérialiste. Je me suis remis en question à savoir si lors de la sélection du couchsurfing je n’avais pas été un peu laxiste et accepté trop rapidement, mais honnêtement non, rien montrant qu’on tomberait sur un tel énergumène. On a tenté de rester une nuit de plus sur Valparaiso en couchsurfing mais l’autre personne (je prévois souvent un “secours”) n’était malheureusement pas dispo. Valparaiso est surtout connu pour sa vie nocturne, et Viña pour… rien (hors le vin de la région), donc pas grave si on ne reste pas plus longtemps dans le coin, on n’est sûrement pas passé à côté de grand chose.

Les 9h nous séparant de Mendoza seront magiques pour nos yeux, nous traverserons la Cordillère des Andes…

Rencontre d’une famille typique à Coñimó

Jeudi 5 juin 2014 on quitte Castro pour retourner à Ancud, où nous retrouvons cette fameuse odeur de feu de bois qui rempli la ville. On prend un bus rural -qui part depuis un terminal de bus différent de celui pour naviguer entre les grandes villes du pays- pour se rendre à Coñimó, un village paumé sur la côte est de l’île de Chiloe. Mais que va t-on y faire ? Et bien quelques jours plus tôt à l’office du tourisme d’Ancud on avait trouvé des cartes indiquant des familles typiques habitant dans l’arrière pays, faisant partager leur quotidien, leur culture.

Sur cette carte il était écrit qu’ils habitaient à “Koñimó”, orthographe différente de ce que l’on voit sur le panneau du village approchant. On commence à se demander si on ne s’est pas planté, s’il ne fallait pas descendre plus tôt ! Au bout d’une heure trente on est les derniers dans le bus, à l’avant, puis je vois un homme monter et parler au chauffeur. Je chuchote -et on se demande bien pourquoi vu que personne ne parle français dans ce coin du Chili, bref, je chuchote- à Manon : “Hey regarde, on dirait le vieux qui est sur la carte de l’office du tourisme !”. Et effectivement, c’est bien lui !

Laura et Segmundo sont des artisans-paysans qui vivent de ce qu’ils produisent et se soignent eux mêmes avec des plantes -tant que c’est possible ! Si ils se coupent un bras il ne vont pas le recoudre non plus !-. Ils sont donc naturellement entourés d’animaux, et vu qu’on arrive tard mine de rien -17h30- on va faire des tortillas -le pain local-. On arrive dans une grande cabane au sol terreux avec un feu central -idéal pour se réchauffer, car oui, ça caille- entouré de chaises recouvertes de laine moelleuse. On apprendra à se connaître durant 2h autour de ce gros feu, tout en faisant en parallèle cuir les tortillas dans le sable réchauffé par les braises, puis en en mangeant quelques unes. Laura fait également leurs vêtements -les ponchos et les pulls- grâce à un métier à tisser la laine. L’une de leur fille, la trentaine, et la fille de cette femme nous rejoignent entre temps. La petite se nomme Millalen (qui signifie “lune qui brille” dans une langue ancienne de la région, le Mapuche je crois). Comme beaucoup de petites, elle déborde d’énergie.

Notre seule photo de l'intérieur malheureusement

Notre seule photo de l’intérieur, malheureusement

On pense qu’on ne va manger que du pain et vu qu’il n’y a pas d’autres pièces à part une petite salle de bain, on se voit déjà passer la nuit par terre ! Ça serait typique….et flippant vu le froid qui nous enlace lorsque le feu s’atténue. Mais en fin de compte on sort de la cabane pour aller dans la vraie maison, beaucoup plus chauffée, en bois, sur pilotis, à 2 pas d’ici. La maison est chaleureuse, sauf la chambre et la salle de bain où il règne la même température qu’à l’extérieur. On est trop frileux pour prendre une douche avec les 2°C ambiant de la salle de bain. On mange ensuite un bon merlu pêché par Segmundo, puis on en apprend un peu plus sur les mythes de l’île -Pincoya par exemple-, auxquels ils croient tous en plus de leurs croyances catholiques et leurs origines indigènes dont ils sont fiers. Contrairement à Oscar de Puerto Natales, eux nous disent que l’accès à la contraception existe bien ici. Manon lit “La belle au bois dormant” -en espagnol bien sûr- à la petite, je leur fais un petit dépannage de PC -Segmundo ne sait pas trop utiliser Excel, or il a besoin de faire plein de calculs- et on file ensuite se coucher dans une chambre glacée : bonnet obligatoire pour ne pas geler de la tête !

Réveil à 7h30, on retourne à Ancud avec eux en bus, car Segmundo a une réunion concernant la communauté dont il est le président ici. Le couple nous a conseillé d’aller à Puerto Varas plutôt que de se poser à Puerto Montt, plus beau, moins dangereux. Arrivé à Ancud, on décollera direct pour Puerto Varas. Sur le ticket de bus Manon s’appelle bien Manon. Mais la femme du guichet pense que ce qui est écrit en dessous du nom de Manon sur la CB est mon nom, je m’appelle donc désormais LYON BROTTEAUX. Ça amuse encore Manon 4 jours plus tard !

Au final, l’échange avec cette famille a été agréable, on ne regrette clairement pas de l’avoir fait, mais il est vrai que depuis plusieurs temps on ne rencontre pas de personnes de nos âges, qui sont clairement celles avec lesquelles on accroche le plus depuis le début de notre voyage. Le manque social se faisant un peu pesant, et un peu fatigué par le fait de ne pas se poser plus de 2 jours au même endroit depuis plusieurs semaines, on commence à avoir un peu les nerfs en compote et le moral qui prend un coup. Heureusement qu’on est deux, et heureusement que l’on restera plus de deux jours à Puerto Varas, la suite très bientôt.

PS : En vérifiant l’orthographe de Coñimó, on a trouvé sur youtube nos hôtes Segmundo et Laura, regardez plutôt : >> ici <<

Ancud, première étape de Chiloe

En sortant du terminal de bus on tombe sur un gars peu rassurant à l’arrêt de bus :
– “Faites attention, la ville est dangereuse. Pas pour les habitants, mais pour les touristes.”
Je me rappelle d’Oscar, le père de famille à Puerto Natales disant que tout le Chili était sécuritaire. Qui croire ? Dans le doute, nous redoublerons de vigilance.

Un taxi nous dépose sur la place principale d’Ancud, lieu apparemment rempli de part et d’autre d’auberges et d’hôtels. Le premier hôtel devant lequel nous sommes est fermé. Chargé comme des bœufs, on fait les alentours de la place, mais on ne trouve rien d’ouvert, la poisse !
On s’aventure dans une rue sur conseils de passants et de panneaux qu’on croise. On finit par tomber devant une auberge qui semble ouverte. On sonne, rien. Deux minutes s’écoulent, on insiste car il y a de la lumière à l’intérieur. Soudain, frayeur, “Aaaaah !”. Une vieille nous regarde par la fenêtre collée à moi. On entre, on est enfin au chaud. Au chaud ? Pas totalement.

Isabel et Ernesto sont un vieux couple qui font maison d’hôte. Leur capacité d’accueil doit être de bien 15-20 personnes, la maison est très grande mais eux, ils n’utilisent qu’une partie de l’étage supérieur. Leur cuisine fait office de salle à manger et est collée à leur chambre. Cette pièce est d’ailleurs la seule chauffée par un poêle central.
Nous sommes les seuls hôtes, pas étonnant car en saison creuse. Ils sont adorables, bien qu’on ait du mal à les comprendre par moment, surtout quand Ernesto part dans un monologue de 20 minutes sur l’économie du pays, les problèmes avec l’Argentine, une sorte de guerre froide en Amérique du Sud etc. Le soucis c’est qu’il parle trop doucement et mâche ses mots, sans compter qu’on ne peut pas en placer une. Il nous a pourtant demandé juste avant de débuter son discours si on parlait espagnol : “oui, un peu” lui a t-on répondu. Ce sera d’ailleurs sa seule curiosité à notre propos. Difficile de le suivre, mais on comprendra tout de même 2 ou 3% de ce qu’il raconte. C’est pas que l’économie chilienne nous ennuit, mais on voudrait diminuer d’un cran le niveau de discours, Manon lui demande si il a des enfants, ce à quoi il répond affirmativement puis sort de la pièce en nous disant qu’il revient, sûrement avec des photos. Mais non, il rapporte des cartes de visite de l’auberge et repart dans son interminable discours économico-historique. Bref, on arrive à fuir poliment au rez-de-chaussée et retourner à la chambre.

Aucune idée de la température dans la chambre et la salle de bain que nous utilisons, mais à la vue de la fumée provoquée par notre simple expiration, je dirai 10°C maximum. Bref, on s’est bien gelé sous la douche et dans la chambre.

Un petit coin de Paradis... en été !

Un petit coin de Paradis… en été !

Le lendemain matin au petit déjeuner (à 11h30, classique), devant la télé nos 2 petits vieux s’endorment assis, pendant que nous mangeons le plus silencieusement possible pour ne pas les brusquer. On visite ensuite la ville sous une fine pluie, ce qui n’enlève à première vue rien à sa beauté. L’office du tourisme nous contredit l’homme de la veille : Ancud n’est pas dangereux du tout. On visite des ruines d’un fort nommé San Antonio (encore un avec ce nom ! Pour ceux qui se rappellent de Campeche au Mexique). Les maisons sont particulières ici, très colorées, la ville est mignonne et agréable. Durant tout ce trajet on fait le tour des auberges et hôtels à la recherche de chauffage pour la prochaine nuit et on s’aperçoit qu’il n’y a JAMAIS de chauffage dans les chambres ou les maisons ! Seule une pièce, avec un poêle central. En fait les maisons ne sont pas vraiment équipée, et ils n’ont pas -forcément- de chauffage d’appoint. On commence à repérer au premier coup d’œil si il y a du chauffage ou non : l’hôte qui nous accueille porte t-il ou non un blouson ?

Après avoir fait un bon tour de la ville, on finira par trouver notre chambre chauffée : l’hôtel devant lequel nous avait déposé le taxi la veille est désormais ouvert, ce sera notre lieu de migration.

On profite de cette journée pour goûter des empanadas, nourriture plutôt typique dont on tombera amoureux rapidement. C’est bon, ça cale, et c’est pas cher !

La nuit sera réparatrice, “de quoi” me direz-vous ? Et bien disons que bouger chaque jour depuis presque une semaine, ne pas avoir de stabilité ne serait-ce que 2 nuits de suite nous fatigue pas mal. Ajoutez à cela le manque de certaines choses clés de type : avoir chaud -indispensable non seulement pour le moral, mais aussi pour sécher nos vêtements !-, avoir un vrai lit, rencontrer des gens sympas, voir le soleil, faire de vraies nuits, bref, un ensemble de chose que nous apporte cette journée, cette soirée à Ancud.

La vue admirée grâce au petit vieux bizarrre et adorable de l'hôtel, Sergio

La vue admirée grâce au petit vieux bizarrre et adorable de l’hôtel, Sergio

Le lendemain matin midi, je vais pour payer l’hôtel quand un vieux en face de la réception demande de l’aide à Manon. Puis elle me lance : “Kévin, problème ordinateur”, j’y vais et aide le papi en 2 temps 3 mouvements.

Il nous montre -peut être en guise de remerciement- quelques objets saugrenus et naturels -genre des œufs d’insectes enfermés dans une coquille de terre qu’il agite- et nous propose de nous montrer une belle vue depuis une colline, proche d’ici en voiture. On le suit, et il nous montre, effectivement, une très belle vue. Gros plus : aujourd’hui le ciel est dégagé et le soleil est de la partie (soleil + gens sympas = moral +++). Toujours aussi adorable, tout en nous racontant quelques légendes de l’île, et qu’un de ses amis est un extra-terrestre -je déconne pas quand je raconte ça, et lui non plus quand il le disait !- il nous déposera au terminal de bus, où on s’enfilera chacun une nouvelle empanada avant de prendre le bus en direction de Castro, la capitale de l’île.

Rio Grande et les premiers vrais échanges Argentins

Nous sommes le lundi 19 mai 2014, et nous partons en directions de Rio Grande ! Cette ville au nom sulfureux est en fait aussi grande qu’Ushuaia, sauf que c’est une ville paisible -comprenez, il n’y a rien à y faire-. On y va parce qu’initialement c’est sur notre trajet, mais surtout on s’y arrête car un couple de jeunes mariés nous a invités chez eux. Sur le trajet j’aperçois à nouveaux de très beaux paysages, et même des lamas, les premiers que je vois dans la nature, et non en zoo ou en cirque, yes !

Nos hôtes, Ana et Diego se connaissent depuis presque 2 ans et sont déjà mariés depuis 3 mois -ce qui donne des idées à Manon-, ils ont environ nos âges, comme d’ailleurs la majorité des hôtes nous invitant.
À peine Ana nous dépose chez eux, nous rencontrons Diego, son mari, et ils filent chercher un autre couchsurfer : Kanaan.

S’annonce une soirée pleine de souvenirs, Kanaan vient d’Alaska, mais pas en avion ou en bus, non : en vélo ! Il est parti avec 5 potes de chez lui il y a 2 ans pour atteindre Ushuaia, certains ont préféré enquiller plus rapidement, d’autres sont retournés en Alaska, du coup il est tout seul, mais presque à destination ! Ils ont même un blogue, en anglais bien sûr : http://www.atripsouth.com/

Il parle doucement, et reste humble sur son espagnol, trop humble car en réalité il se débrouille mieux que nous ! On apprend donc à se connaître les uns les autres, alternant entre anglais et espagnol.

Entre temps Kanaan m’apprend ce qu’il sait de l’art du maté, une sorte de thé typique de l’Argentine, entourée de plusieurs règles de conduite :
– “Vas-y tu peux goûter mais c’est un peu chaud”
*slurp*
– “AAAAAAH c’est brûlant !”, souffrais-je.
Bref, un garçon adorable, qui est bien content d’atteindre des régions froides après s’être tapé 2 ans d’été !

Nos hôtes nous font une pizza maison, de la pâte à la sauce ce fut en un mot : délicieux !

Le lendemain matin je mets mon réveil à 9h pour dire un au revoir à Kanaan qui m’avait confié qu’il partirait tôt -et on a visiblement la même définition de tôt : avant 11h-
Journée repos, car depuis notre arrivée en Argentine impossible de faire de vraies nuits, on a toujours des choses à faire, et donc des nuits écourtées. Ne nous dites pas qu’on est en “vacances” ! Je vous assure -pour ceux qui en douteraient- que ce n’est pas de tout repos de voyager en changeant d’endroit tous les 2/3 jours.

On s'impose !

On s’impose !

Le soir, on rencontre Marco et Yami, 2 amis fort sympathiques de nos hôtes. Eux aussi ont dans nos âges, mais sont mariés depuis 6 ans ! -Manon bondit-
La rencontre se fait au bowling, où les français (donc nous) s’imposeront en mettant clairement une raclée aux argentins : mes 3 strikes d’affilé en fin de partie les achèveront, histoire de montrer qui est le patron ici -petite référence à Rémi Gaillard et le poker-. Diego nous quitte ensuite car chez eux, avec les amis, ils jouent au foot de 23h à minuit. Un peu tard non ?

Une petite visite de Rio Grande en voiture by night nous confirmera qu’il n’y a rien dans cette ville.
Entre temps, nos hôtes nous ont énormément aidé à planifier notre départ pour notre prochaine destination, et modifier quelques points de notre itinéraire dans leur pays.

Vient le lendemain matin, mercredi 21. Ils nous déposent à la station de bus, la guichetière n’est toujours pas là mais ils doivent partir car ils bossent -eux-.
Il faut à ce stade savoir que la veille on a testé 3-4 distributeurs dans la ville, et aucun ne voulait nous donner de l’argent. D’après Diego, c’est parce que la ville n’est pas touristique. Tant qu’on peut payer par carte, on peut s’en sortir, mais voilà, la guichetière n’a pas l’appareil pour les CB. Argh. Je fonce au distributeur du coin, “no functiona”, je pique ensuite un sprint, 600m plus loin : “no functiona”. Bref, pendant 45 minutes je tombe sur des gens qui m’aident comme ils le peuvent, mais au final impossible de trouver du liquide, quand soudain, le distributeur devant le bus fonctionne ! Mais il ne sera pas d’accord pour nous aider non plus… Fausse joie.
En revenant -bredouille- vers Manon, on nous fait remplir les papiers d’immigration pour le Chili, et à force de négocier, on nous dit qu’on pourra payer une fois au Chili, à Punta Arenas, destination intermédiaire du bus. De là, on espère pourvoir poursuivre le trajet jusqu’à Puerto Natales…

Port Antonio, changement de plans

On arrive à Port Antonio, il est 17h15, nous sommes le dimanche 4 mai 2014. Notre cher Courtney nous présente plusieurs maisons d’hôtes (guest house), mais elles ne conviennent pas pour X raisons, non pas que nous soyons exigeants, mais on prend note de nos précédentes erreurs, et si ça ne nous dérange pas d’être dans une chambre pourrie, en revanche ça nous dérange quand y’a ni moustiquaire, ni wifi, et qu’on est à 1h à pied du centre ville. Bref, après 1h à tourner en rond, à attendre le Courtney qui ne peut pas s’empêcher de parler à tout le monde, voyant qu’il ne dénichera pas notre bonheur, je lui dis qu’avant de partir de Kingston j’avais noté juste le nom d’une rue pour une guest house qui pourrait convenir, car à 5 min à pied du centre.
Courtney prend alors fièrement son GPS et me lance “il n’y a rien que ce GPS ne trouve pas”. Mais il ne trouva pas mon adresse. Hé hé.
Assez débrouillard il trouve l’adresse, puis on déniche la guest house avec un gros coup de bol : maison blanche devenue verte, et le contact que j’avais eu qui était parti en Australie, mais bon, le maître des lieux, nommé sobrement Rastaman, était là, fièrement planté avec un chapeau de dreadlocks sur la tête (les dreadlocks c’est les grosses nattes que font les rastas avec leurs cheveux).

On visite les lieux, vu le prix ($2000JMC, soit 14€ la nuit pour 2) c’est impeccable (comprenez, moins de 2 bestioles au mètre carré) . On est donc proche du centre ville. Ici, pas de wifi, ni d’eau chaude, mais ça, c’est pas le plus important. J’avoue qu’à ce stade du périple notre occupation principale c’est de ne pas éclater le budget (Antho, petite pensée pour ton périple en Asie 😉 ), et là, on peut encore rattraper le coup de l’addition salé (“salé” au second degrés bien sûr) de l’autre burne de Courtney. Ce dernier nous paiera un coup à boire au bar juste à côté de la guest house de Rastaman. C’est pas qu’on insistait un peu, mais quand même, on restait à côté de lui au bar à ne rien commander, tout était dit :p
Grâce à nous il tenta de draguer la serveuse du bar, tenta de se faire pote avec Rastaman et visita sa maison, puis glanda dans le bar jusqu’à bien 23h.

Le lendemain, on prévoit de visiter les lieux -pas la chambre hein, la ville-, puis faire du repérage pour nos excursions à venir. Mais la journée va beuguer à cause d’un voleur.

A 10h30 on se lève -toujours aussi matinaux- et qu’elle bonne surprise de voir que notre Rastaman nous a préparé des petits déjeuners salés (au premier degrés cette fois) et laissé un petit mot, la journée commence bien ! À 11h00 l’eau se coupe, nous obligeant à finalement migrer sous une chaleur accablante.

On traine un peu, beaucoup nous proposent de nous emmener par-ci, ou par-là. On est sur la défensive, puis un gars que l’on croise nous propose de nous aider, méfiant, je refuse. Il paraît sympa et insiste un peu, je lui demande alors où je peux trouver un centre de plongée, il nous l’indique, en nous disant qu’on n’a pas à s’inquiéter, les gens sont sympa ici. Bon ok c’était juste un renseignement, mais je sais pas, je sentais chez lui un truc louche, type commercial. Le centre est fermé, on cherche donc un cybercafé pour vider nos appareils numériques, on tombe alors par hasard sur un gars qui nous propose de nous y guider, allez !
Ce gars est très important pour la suite de l’histoire, il s’appelle Mickaël. En 2 minutes on arrive à ce cyber. Il reviendra 1h plus tard pour nous demander si il peut aider, il nous emmène alors dans un restau vraiment pas cher -c’est ce qu’on avait demandé-, bien placé, où on se ravitaille comme il faut. Là il nous dit qu’il peut nous emmener à “Blue lagoon”, c’est vraiment top pour faire du snorkeling (de la plongée sans bouteille en fait, comme on avait fait à Cozumel). On lui expose clairement notre budget, on voyage en mode “le moins cher possible”, donc pour la journée : pas plus de 3000$JMC. On lui demande d’écrire clairement sur papier ce qu’il pense donner comme prix, 4900 tout compris. Ça dépasse mais on se dit que si ça vaut le coup, allez hop ! On est là pour en profiter aussi, au pire le lendemain on amortira l’excès en se reposant.

On trouve rapidement un taxi, 700 par tête aller-retour au Blue-Lagoon, si c’est les prix, pourquoi pas, on a été habitué à pire depuis qu’on est là. Sur la route quelques arrêts pour prendre des photos des paysages. Dix minutes plus tard, on arrive sur place, c’est pas très loin en fait. Le tarif pour le snorkeling n’est plus le même qu’annoncé, on passe de 3500 à 5500. 3500 pour le bateau qui nous emmène sur un îlot et 2000 pour louer palme masque et tuba. En négociant, Mickaël nous fait descendre ça à 4500 apparemment, divisant par 2 la location des équipements.
On monte dans le bateau, 5 minutes plus tard on arrive sur un petit îlot à 300m des côtes. Lancés dans l’eau plutôt bonne (plus de 24°C certainement) on nagera une petite heure. C’est sympa, on voit une raie passer à 5-7 mètres de nous, j’en n’avais jamais vu ailleurs que dans un aquarium ! Le bateau revient nous chercher à l’heure prévue -ils ne nous ont pas abandonnés, ouf-
3500 (environ 27€) pour un tour en bateau de deux fois cinq minutes ça paraît cher tout de même. On reprend le taxi, direction la maison de Rastaman.

La burne qui pose

La burne qui pose

Devant la guest house il demande ses honoraires, ben écoute on va te rembourser 700 quoique t’as du payer moins et que t’as servi à rien là-bas, en plus tu t’es promené gratis en bateau, et 100 de plus pour la peine. Pas content, il nous suit jusqu’à l’entrée de la maison, en voulant 2500 à 3000. Je lui redis pour la ixième fois qu’il fallait exposer clairement dès le début qu’il comptait demander de l’argent, qu’il n’est pas honnête, et qu’en ayant voyagé 1 mois au Mexique on est tombé sur des gens qui nous aidaient, parfois toute la journée, et gratuitement, eux. On lui remontre les tarifs qu’il avait lui même écrit noir sur blanc, de ce que l’on aurait dû payer. Rastaman arrive et avance les 1000 que la burne réclame. En apprenant après coup qu’on lui avait déjà remboursé 700, Rastaman nous dit que ce type est juste un voleur, une mauvaise personne ; en effet, le taxi pour Blue lagoon coûte 600 pour 3 personnes aller-retour. Au final, je pense que le Mickaël s’est mis plus de 2000 dans la poche, incluant taxi et bateau avec lesquels il avait sûrement une combine. Alors ? Ça donne envie d’aller en Jamaïque, non ?

À ce stade du “périple Jamaïque” on décide de sérieusement prendre du recul avec Manon. Je comprends que le pays soit touché par plus de 50% de chômage, que les gens fassent tout et n’importe quoi pour tirer de l’argent, mais là c’est trop. On a l’impression d’être des putains de porte-monnaies ambulants, montés sur 2 échasses.
Notre but du voyage est de découvrir la culture, les gens. Faut-il forcément aller à l’autre bout de l’île, l’ouest, hyper touristique, aux prix doublés voire triplés, pour faire ces découvertes ? On pense honnêtement que non. Les gens seront encore plus habitués à leurrer le touriste. Déjà qu’on n’est pas des habitués au pays, à tout le système, on décide donc d’arrêter l’achat de vaseline, de se trouver un endroit bien sympa pour se poser, et y glander. Objectif : Long Bay, à 45min d’ici, du côté non touristique de l’île. Réputé pour ses belles plages, on y jettera un œil le lendemain, avec l’aide de Rastaman qui désormais nous guidera tout le temps pour ne plus qu’on se fasse avoir, en tout cas ici. On ne fait pour le moment pas grand chose en Jamaïque, pourtant notre budget journalier (environ 90€/j pour 2) est dépassé !

Notre vieux rasta, 100% authentique, Yeah Man !

Notre vieux rasta, 100% authentique, Yeah Man !

20h, Rastaman nous guide vers un restaurant pas cher. On profitera de cette occasion pour échanger avec lui, notamment sur ce qui est religion et philosophie de vie. Ainsi il différencie “confiance” et “confident”, considérant que la confiance c’est lorsque l’on avance par exemple de l’argent à quelqu’un, alors que le confident est une personne avec laquelle on partage de l’amour. Il a une philosophie basée sur “faire le bien”, Dieu serait en chacun de nous et la méditation permettrait de l’écouter et faire les bons choix. Si sa copine est attirée par un autre homme, il ne cherche pas à la garder, il la quitte et la laisse à l’autre. Petit détail, Rastaman, on lui donne 40 ans en le voyant, mais en fait, il en a 55, et 2 enfants, l’aîné ayant l’âge de Manon.

De retour à l’appart on a le droit à ses talents de black chantant bien. Rastaman a écrit des chansons, des rythmiques, mais tout ça, c’est uniquement dans sa tête, rien sur papier. On a droit à un concert en direct, à capella, puis à une session de jumbé où il nous fait découvrir les basiques. Yeah man !

Nos gourdes sont vides, mais Rastaman nous montre qu’il a plein de bouteilles d’eau, prudent, on demande si c’est bien de l’eau minéral, il nous dit que oui.
Le lendemain matin, toilettes, liquide. Bon, re-confirmation : l’eau vient-elle de la maison ? Ah ben oui en fait, nous affirme Rastaman, bon, ben ça vient de là. Yeah man. Plouf.
Après avoir un peu plus étudié le truc, il semblerait que ce soit le jambon de la pizza qui aurait pu me faire ça, par prudence on ne boira plus que l’eau que l’on achète nous même…

Mexique : Le bilan

Après un mois passé au Mexique, voici ce qui nous a le plus marqué :

– Les gens : chaleureux et attachants
Certains nous ont contredit en disant que nous étions touristes, donc forcément les gens seraient gentils avec nous pour que l’on donne une bonne image du pays, ce qui attirera de nouveaux touristes et fera tourner les affaires. C’est tout a fait possible. D’ailleurs regardez cette affiche trouvée dans un musée de Villahermosa :

villahermosa accueil touristes

Bonne traduction 😉

Mais beaucoup de rencontres hasardeuses et hors des sentiers touristiques nous ont également donné l’impression d’une mentalité profondément chaleureuse.

– La chaleur parfois étouffante, voir même mêlée à l’humidité
Poza Rica et Villahermosa furent des villes torture, où nous ne cherchions pas seulement l’ombre, mais aussi la climatisation. Chaque pas à l’extérieur était un calvaire. Les nuits sans clim affreuses.

– Les sites archéologiques
On en a visité 6 et ceux que l’on trouve les plus beaux sont ceux de Palenque et El Tajin. Pourquoi ? La végétation présente sur ces sites donnant la sensation de nature mêlée au côté archéologique, les points de vues permettant d’admirer ledit site. Ou encore l’architecture même.

– La vie pas chère par rapport à la France, notamment les taxis. 1 menu MacDo ici = 3 en France -l’exemple est juste pour comparer facilement vu qu’il y a des MacDo dans énormément de pays du monde, n’allez pas croire qu’on est allé au Mexique pour se faire des MacDo ! C’est faux, on y est allé qu’une seule fois, promis juré-

L’un des buts principaux de notre voyage est le contact avec la population locale. Grâce au couchsurfing et aux gens avenants, on est plus que satisfait !

Quelques chiffres :
– On a fait 7 couchsurfings différents
– 17 nuits en couchsurfing, 6 nuits à l’hôtel, 3 nuits dans une auberge de jeunesse et 1 nuit par terre à l’aéroport
– On garde contact avec 9 personnes
– Budget prévisionnel : 723€/personne soit environ 26€/jour/p
– Budget réel : 765€/personne soit environ 27€/jour/p

Un des autres objectifs est d’améliorer notre espagnol. On a encore 4 mois pour nous perfectionner mais on arrive à converser pendant toute une soirée en comprenant la majorité des choses. C’est rassurant pour la suite, quoique… On nous a prévenu que les accents et certains mots sont très différents dans les autres pays et qu’ils ont du mal à se comprendre entre eux. Sûrement comme les français et les quebecquois ? Nous verrons !
Et puis avant cela, 2 semaines en Jamaïque avec comme langue locale l’anglais, de quoi nous perturber un peu.

Nous avons fait un petit tableau pour comparer ce que l’on préfère en France par rapport au Mexique et vice-versa.

France

Mexique

Climats/saisons

+

Aides (logement, chômage, bourses…)

+

Possibilités de voyages (nombre de jours de vacances + l’argent gagné)

+

Gens/mentalités

+

Règles souples (vente dans la rue, arrêts de bus, passer son permis)

+

Boire l’eau du robinet

+

Hygiène toilettes, eau chaude pour la douche

+

Au Mexique, les gens sont vraiment sympas (je pense que vous l’avez déjà compris), les règles sont plus souples : ils achètent leur permis de conduire à 18 ans (pas d’examens à passer), ils ne respectent pas toujours les limitations de vitesse ; pas besoin d’autorisation pour vendre des choses dans la rue ; les bus peuvent s’arrêter à l’endroit exact où tu veux descendre…

Par contre, il fait vraiment trop chaud ; il y a beaucoup de chômage comme en France, mais eux ils n’ont pas d’aide au chômage, d’aide au logement, de bourses pour les études ou d’aides pour la naissance d’un enfant ; ils ont droit à seulement 3 semaines de vacances par an et ne gagnent pas assez d’argent pour se permettre de voyager longtemps dans un pays plus riche (les enfants ont également moins de vacances) ; l’eau du robinet n’est pas potable ; il n’y a pas toujours d’eau chaude…

Conclusion : la France gagne, on ne s’installera pas au Mexique. On imagine déjà le visage de certains de nos parents s’illuminer à cette annonce 😉 .

Néanmoins, ce mois au Mexique s’est déroulé sans problème (pas de soucis de santé et pas de vol d’affaires ou d’argent) et nous laisse plein de souvenirs et de merveilleuses rencontres.

Ce qui va le plus nous manquer : les mexicains même, et notamment leur façon de dire “Síííí” en guise de “mais oui pas de problème, tout est possible”.

Tulum, l’approche des Caraïbes

Le bus nous dépose à Tulum.
On récupère nos gros sacs dans la soute. Des casiers cadenacés se louent à la journée, on y dépose nos sacs et on reprend un bus direction le site archéologique.
Plus on se rapproche de Cancun, plus les prix augmentent… Ça sent les coins touristiques.
6ème site archéologique que nous visitons. Celui-ci a la particularité d’être au bord de la mer des Caraïbes, du coup mes yeux cherchent les belles eaux claires, plus que les constructions qui sont finalement moins belles et impressionnantes que les sites précédents. Mais l’ensemble vaut le coup d’œil. Quand je découvre enfin une vue dégagée sur la mer, je m’émerveille, en silence, contrairement à l’anglophone à côté de moi qui répète sans cesse “oh my god !” avec cet accent anglais que je ne supporte pas…Tulum plages
Les gens se baignent, ça fait envie mais ce n’est pas prévu pour nous. Demain par contre, à nous la mer des Caraïbes !

En attendant ce moment tant attendu où on pourra plonger dans cette mer si belle et qui a l’air si bonne… Nous voilà répartis tout transpirants sous le soleil brûlant.
Oh des taxis, ce n’est pas un mirage et le prix est bien réel. Réellement bien plus cher que dans les autres villes. N’essayez pas de nous convaincre, si c’est comme ça, on reprend un bus. Sauf que ce ne sont pas des bus, ce sont des camionnettes avec environ 14 places assises à l’intérieur mais on peut faire rentrer bien plus de personnes, tant qu’on peut fermer les portes. Si vous avez la chance d’être contorsionniste, vous vous adapterez facilement. Mais ce n’est pas notre cas et la position debout-tête baissée-bras tordus n’est pas facile à tenir.
On ne sait pas si la camionnette passe par le centre de bus que l’on veut. Le garçon qui est monté en même tant que nous et à qui j’ai posé rapidement la question en espagnol, m’a répondu en espagnol mais avec le même accent à la française que moi. 2 français qui se parlent en espagnol, c’est balo ! En plus il ne sait pas donc on finit par descendre et céder au groupe de mexicains qui nous crient en cœur “taxi ?”. Avec le trajet que l’on vient de faire gratuitement (on a “oublié” de payer en descendant), le prix du taxi baisse, on a gagné environ 3€. Ok ça vous paraît peut mais ici c’est beaucoup. Avec 3€ soit 60 pesos, on peut manger 10 Panuchos ou faire 5 allers-retours en bus dans Campeche ou 2 trajets en taxi. Bref, on a économisé 3€.

Et nos 3€ on ne les dépensera pas car même les glaces sont plus chères et on n’en avait pas tellement envie, c’était surtout pour passer le temps en attendant notre bus qui va nous emmener à Puerto Aventuras, à côté de Puerto Maya où nous attend notre prochain hôte.
Le bus nous dépose sur le bord d’une route, à côté d’une station essence. Il fait nuit, les voitures roulent vite, on a nos gros sacs sur le dos et il n’y a pas de taxis en vu. Dans cette situation, même cher j’en veux un, je suis prête à dépenser mes 3€, ne nous laissez pas ici ! Même si deux personnes nous font peur à nous dire qu’il n’y a pas de taxis, c’est faux, on en a trouvé et on en veut juste un. Bon, on en aurait préféré un avec un conducteur qui ne se perd pas mais bon… On ne peut pas tout avoir et après 10 grosses minutes à balayer tout le village, Kévin trouve enfin la maison. Oui, Kévin, parce que le chauffeur de taxi est toujours perdu et n’a pas l’esprit vif de mon Titange (parce que mon chéri c’est le meilleur, le plus intelligent, le plus beau, le plus plus plus…). – Je précise également pour ceux qui se posent la question que, malgré le fait qu’on soit tout le temps ensemble, on ne se dispute pas (pour le moment) et on est toujours autant amoureux. –

On est accueilli par Beto, un jeune garçon de 13 ans, suivi d’Alejandro (encore un, y’en a beaucoup au Mexique), 31 ans. Il nous fait visiter sa grande maison : l’entrée, la chambre d’amis, la bibliothèque, la cuisine, la salle de bain, sa chambre… Non, en fait c’est un comique et il nous avait prévenu qu’il n’avait rien car il a emménagé depuis peu. Du coup y’a 2 étages avec 1 piece chacun. C’est petit et vide, on va dormir sur de très fins matelas par terre avec les araignées et un petit ventilateur mais c’est ce qu’on avait imaginé en faisant du couchsurfing. On a eu beaucoup de chance jusqu’à présent d’avoir une chambre d’amis confortable.

Il nous emmène dans la maison d’à côté où vit sa petite amie Mariela. Mariela vit avec sa sœur Eliana et son frère Beto qui nous a accueilli, leurs parents qui sont là pour les vacances (je ne me souviens pas de leurs prénoms, trop compliqués) et le fils de 5 ans de Mariela, Santiago.
On ne les connaît pas mais on est accueilli comme de bons amis. Ils nous proposent de manger avec eux et bien évidemment on accepte.
Détail important : Eliana parle français ! Elle a passé 3 mois en France, non, en fait en Corse (c’est différent quand même). Elle a travaillé comme fille au pair dans une famille apparemment peu aimable, qui ne la payait pas beaucoup et qui avait un fils mal élevé qui l’appelait “conasse”. Elle ne parlait pas très bien français à l’époque mais elle a bien compris l’insulte. Vive l’image des français… Heureusement elle a ensuite rencontré son petit ami et a pu vivre avec lui.
On a beaucoup parlé. À peine on quitte des personnes attachantes qu’on en retrouve des nouvelles. Pour le lendemain, ils nous conseillent une plage pas loin, exactement ce qu’on cherche.

Chose dite chose faite, le lendemain, jeudi 24 avril, direction la plage d’Akumal. Comme moyen de transport, toujours ces petites camionnettes. La plage est magnifique et l’eau n’est pas froide, un petit coin de paradis. Quand on dit “mer des Caraïbes” on imagine que c’est magnifique et ben… c’est vrai !

On repasse la soirée avec nos nouveaux amis, à parler pendant des heures. On apprend encore quelques expressions familières. “Chinga” pour dire “putain” (tu vois Eliana je m’en souviens 😉 ).
Déjà le moment de se dire au revoir. Le lendemain on part direction l’île de Cozumel.

On reste en contact, comme toujours. Et comme toujours, on les a invités en France. Mais on n’a pas de maison ou d’appartement pour le moment, ni d’argent. Donc si jamais l’un d’entre eux vient avant qu’on se soit refait une situation, maman, papa, tenez-vous prêts à les accueillir parce que j’ai dit que vous aviez une chambre d’amis 😀

Merida, Melissa et son York

Lundi 21 avril, 23h00, on est à la rue. Bon, j’exagère un peu, en fait on est posé devant l’auberge de jeunesse, et on attend Melissa (sans accent sur le “e” en espagnol, vous aurez peut être remarqué que j’écris toujours les vrais prénoms, et non une adaptation francisée, bref, on attend Melissa), une amie de l’hôte qui n’a pas pu nous recevoir. Melissa ne connaît pas -encore- le principe du couchsurfing, pourtant elle a accepté de nous héberger pour les 2 prochains jours, on ne sait encore pas trop sur qui on va réellement tomber, et où on sera dans une heure.

Une heure plus tard, on est toujours devant l’auberge, oui, les Mexicains ne sont pas toujours. très ponctuels. Arrivée d’une voiture avec 3 filles dedans, smack (= le bruit des bisous), Melissa, Sarah et Kelly.
Elles ont 18-19 ans, nous en donne 23-24 (j’ai bien fait de me raser la veille, ça rajeunit de 5 ans voyez-vous !), sont heureuses de constater qu’on préfère parler en espagnol et qu’apparemment on ne se démerde pas trop mal (j’en suis moyennement convaincu de ça, mais bon).

Maya le york

Maya le york

Les premiers contacts sont chaleureux, le contact passe bien. Étant fatigués, Melissa nous dépose chez elle puis repart pour aller manger avec ses amies, nous laissant seuls dans sa grande maison. Seuls ? Pas tout à fait, un village d’irréductibles gaulois une carpette noire bouge, c’est Maya, une Yorkshire naine de 1 an (grosse pensée à Roméo, elle lui ressemble beaucoup quand il était petit et sautait partout !). Elle est très vive, adore courir partout, ça ne sera que du bonheur de la voir pendant ces quelques temps ici ; sauf qu’elle pisse et chie partout, mais bon, ça, c’est les Yorks, hein maman ?

Le lendemain matin on rencontre sa propriétaire et colocataire, Beatriz, maman de Melissa. A-do-rable. Elle nous fit d’ailleurs beaucoup penser à la maman de Jorge, notre premier hôte. Pas vraiment de mots pour les décrire en dehors d’adorable : des mamans très ouvertes, gentilles, attentionnées, affectueuses alors qu’elles ne nous connaissaient pas 30min plus tôt. Sur conseil de la famille on décide d’aller à la plage. Mine de rien, on n’avait toujours pas eu l’occasion de mettre nos pieds dans les mers caraïbéennes : à Veracruz pas pris le temps, à Campeche pas de plage (le bord de mer était surélevé pour être piéton).
Sarah arrive chez Melissa, elles sont souvent collées l’une à l’autre car en pleines révisions pour passer le concours de médecine le mois prochain -concours visiblement aussi compliqué qu’en France-, puis elles nous emmènent gentiment jusqu’au terminal de bus, où nous en prendrons un pour aller à la playa. Rien d’exceptionnel ici, on se serait cru sur une plage de -je tire au sort une ville de France- Antibes, avec un drapeau Mexicain et des gens très bronzés partout (mais genre bronzage naturel quoi… Bref, des Mexicains). Ah si, une grosse différence, les gens qu’on croise nous font des sourires. Je vois déjà certains se dire qu’ils se foutaient de nos gueules d’européens, mais non. Honnêtement, on commence à bien cerner la mentalité générale ici, et les gens sont juste sympathiques et accueillants (ou alors c’est un Truman Show !). Même si ils ne font pas le meilleur boulot du monde, même si on ne leur achète pas leurs colliers ou leurs statuts, ils n’essaient pas d’arnaquer ou de snober le touriste qui leur demande une info en parlant un espagnol approximatif, ils restent accueillants, souriants, et humains. Après y’a des cons partout, certes ! Mais vraiment très peu depuis 3 semaines ici, comparé à ce dont j’étais habitué jusqu’à présent dans ma vie quotidienne.

Après une bonne grosse glace pas chère et un petit tour au planétarium local, nous rejoignions la maison de Melissa afin de profiter de notre dernière soirée à Merida, avec elle et son amie Sarah.
Détail toujours amusant pour nous : on entre dans le planétarium à 19h05, il fait pleinement jour, sortie à 19h45, il fait totalement nuit.

hg Melissa, bg Sarah, mb Kelly

hg Melissa, bg Sarah, mb Kelly

Soirée pizza tranquille, très enrichissante, à parler de la culture mexicaine (les insultes locales, quelques mots Mayas, tout ça quoi !), la vie ici, petit cours de français aussi , car Melissa commence à apprendre le vocabulaire de base. J’ai du mal à rouler les “r”, mais utilise le fameux subterfuge de les remplacer par des “L”, mais je ne pensais pas que pour des mexicains certains sons pourraient être difficiles, pauvre de moi ! Ainsi, quasi impossible pour les 2 miss de sortir le son “on”, que vous veniez tout juste de prononcer dans “son” d’ailleurs. Pire, on l’entend très bien dans “Manon”, ce qui transforme ce magnifique prénom en “Manou”, plutôt niais. Difficile aussi le son “e” comme dans “deux”. Le “u” devient bien évidemment chez elles “ou”, et difficile également de prononcer notre “r”. Bref, je me sentais moins seul à peiner côté prononciation d’une langue non maternelle ! Après 2h à parler, Sarah s’en alla après nous avoir fais un gros câlin, il est déjà minuit, et le lendemain on se lève à 8h pour quitter Merida. Mais les conversations s’enchaînent avec Melissa, religion, vie en générale, délire… quand nos yeux se repenchèrent sur la montre, il était déjà 2h ! -et pendant ce temps en France, il était 9h et beaucoup d’entre vous alliez travailler… Hum-

Courte nuit -moins de 9h c’est court pour nous, alors 5h vous pensez !-, nos derniers échanges avec Beatriz avant qu’elle parte au boulot. Nous avions déjà remarqué avec nos hôtes précédents que les Mexicains sont très tactiles, et comme toujours, ça nous fait un petit pincement au cœur au moment de quitter un hôte, une famille, quelqu’un qu’on a apprécié. On est deux personnes émotives, et on s’attache sûrement trop vite. Deux câlins plus tard, nous nous retrouvions dans le bus. Nous sommes mercredi 23 avril 2014, et en direction de Tulum, un site archéologique apparemment extraordinaire, au pied de la mer. Ça fait 3 semaines qu’on est parti de France, l’aventure continue !

Pendant ce temps là, à Veracruz…

Veracruz ! Je me rappelle quand lors de notre préparation de l’itinéraire j’ai vu cette ville et me suis dis : “Et pendant ce temps, à Veracruz”, texte incontournable du film des Nuls “La cité de la peur” – précision ajoutée pour les incultes, que vous n’êtes certainement pas, ou plus –

Bref, on arrive à Veracruz le mercredi 9, posé dans une salle en attendant notre prochain hôte, l’annonceuse a une sorte d’accent du Sud, elle appuie toutes ses fins de phrases : “El autobuuuuuuuuus”. Si tout le monde parle comme ça, ça va être marrant ! Mais non. Tant pis !

Posé à un coin de rue, notre hôte ne va pas tarder à arriver. Une voiture un peu crasseuse arrive, je jette un coup d’œil au conducteur, il me regarde, je le regarde, il me fait un signe de tête, je lui en fais un en retour genre “yeah baby”, c’est Gerry. Look jeune, en mode anglais/espagnol, vivant très modestement, mais avec une télé de 130cm, des basses partout, une Apple TV, bref : il adore le bon son et les belles images, et ça, c’est plutôt cool, car moi aussi.
Quand je disais modestement, c’est genre il a toujours son frigo vide, pas d’eau chaude chez lui, son pare brise de voiture avec une dizaine d’impacts, mais honnêtement, je kiffe son mode de vie, même si certains ont d’autres priorités à 31 ans.

Avec sa copine ils nous emmèneront chaque soir dans un bar ou restau pour goûter des spécialités, plutôt d’alcool que culinaires d’ailleurs. Enfin côté culinaire on s’améliore, le premier soir on a mangé plein d’ailes de poulet… épicées bien sûr – pour nous -. D’ailleurs Manon ressentait beaucoup plus que moi ce côté épicé, sûrement parceque les bières belges à 11° me plongent dans des états nébuleux où les sensations sont moindres. Autre détail, l’effet alcool nous rend plus lent à parler et comprendre espagnol, et eux plus rapides, le bordel quoi – es desmadre !- , mais c’est marrant à vivre 🙂

Bref, on s’habitue aux épices globalement. Par contre pas aux moustiques, qui ont fait leur apparition ici, au bord des Caraïbes. Notons également qu’il a fallu venir ici pour découvrir la raquette anti moustique – avec laquelle s’amuse Manon à 2h du mat – C’est sympa, on en prendra une en France ! – si on revient –
Petit clin d’œil à Valérie : ton anti-moustique pour vêtements sent vraiment la gerbe. Et maintenant la couette de Gerry aussi.

Piscine avec une eau verte. C'est normal.... Au Mexique !

Piscine avec une eau verte. C’est normal…. Au Mexique !

Bon et sinon, y’a quoi à voir à Veracruz ?
– le fort San Antonio : on a fait une visite guidée en espagnol, c’était sympa, on a compris 50% de ce qu’il a raconté, puis on s’est aperçu que le guide parlait français. C’est balo. Le groupe de Mexicaines avec nous était d’ailleurs insupportable, de vraies touristes à se prendre en photo les unes les autres (voire toutes seules, à poser tranquillement pour faire leur “selfi” qu’elles ont dû s’empresser à facebooker/twitter/intagrammer), et pendant ce temps les 2 qui écoutaient le guide, c’était ceux qui le comprenaient le moins, nous quoi. Je me rappelle ce moment mémorable où elles m’ont sollicité pour les prendre en photo dans une salle de la prison du fort, faisant office de salle de torture et ne comprenaient pas pourquoi en retour on ne voulait pas être pris en photo :
Ben je sais pas, y’a eu des mecs massacrés ici non ? Et pas la peine de nous parler anglais, on n’est pas états-uniens.”
Le guide nous avoua qu’à notre accent il savait que nous n’étions pas États-uniens, je ne sais pas trop comment le prendre encore aujourd’hui, mais plutôt bien, enfin, je crois.
Ah, et un détail sympa (ou flippant, c’est selon), le bus nous emmenant depuis le centre ville au fort est en bois. Mais en bois au point qu’on a l’impression que ça va se péter de partout ! Ce qui était d’ailleurs le cas à plusieurs endroit. Pas très rassurant de le voir prendre des voies rapides comme ça ! J’imaginais (et l’imagination c’est bien) déjà l’un des taxis ou autre bus nous rentrer dedans et notre bus-en-bois s’écrouler comme un puzzle ! Mais ce n’est pas avec nous que cela arriva.
– les plages, ne sont pas à voir. Désolé. C’est plutôt moches autour du centre.
– le centre historique est jolie
– l’aquarium à visiter est sympa, mais petit. Bon, ça occupe 30-40 minutes quoi.

Petite anecdote comme ça, on était posé dans le centre historique à grignoter des cochonneries quand mon regard croise un groupe de jeunes qui commençait à partir, et soudain 3 d’entre eux font volte face, viennent vers nous – et m*rde, pourquoi je les ai regardés – puis ils nous disent que je suis grand et voudrait prendre une photo avec nous. Ils étaient encore plus contents en apprenant qu’on était français. Bref, j’ai cédé face à ces jeunes ne voyant que peu de touristes comme nous – et c’est vrai qu’on n’en croise pas -, du coup, il doit y avoir ma photo avec 2 mexicains qui traînent sur les réseaux sociaux.

Salsa ! Lors de notre dernière soirée à Veracruz, Gerry nous emmena à nouveau dans un bar avec des bières délicieuses, mais surtout dans 2 boîtes : une de salsa, et franchement pareil qu’en France : y’a des bons danseurs, et d’autres qui semblent s’être trompé de salle. Rien d’exceptionnel. L’autre boîte c’était de l’électro, classique aussi, mais toujours un bon moment !

Là où l’aventure a du rebondissement (vous n’avez pas lu tout cet article pour rien, tenez-bon !), c’est quand dans la seconde boîte, sur le coup des 3h du mat’, on est pris avec Manon d’une bonne douleur au ventre. Là vous vous dites : “ça sent la merde”, et vous avez pas tout à fait tort, mais surtout au second degrés.

Outre les quelques désagréments entériques qui survinrent et une nuit écourtée à 5 malheureuses petites heures, nous fonçames au terminal de bus. Il est 11h quand on arrive, le bus est à 11h30, on est large pour prendre nos billets ! Sauf que, ô désespoir, la file d’attente est énorme ! 11h24, c’est notre tour, tous les espoirs sont encore avec nous, mais le bus de 11h30 est plein. Fichtre. Le suivant, à 13h pile n’a plus qu’une place. Reste celui de 13h25, on croise les doigt, sinon ça décale à 18h. On est chanceux puisqu’il est quasi vide. La fille au guichet nous embrouille car on avait une réduction de 10% qui ne s’applique pas (c’est le genre de petit détail con qui vous met un peu en boule après coup, et vous maintient dans une forme de stress constant ; et encore, je vous en met très peu, j’aurai pu préciser qu’on est parti à la bourre de chez Gerry, que le taxi a fait un détour, qu’on s’est tapé TOUS les feux rouges, qu’il n’y avait que 3 guichets sur 7 d’ouverts, et j’en passe. Plaignez-nous, vous le pouvez… Non je déconne ! On est en vacances après tout 🙂 mais revenons à nos brebis : on a nos tickets pour le bus de 13h25).

13h20, nos oreilles discernent que le bus est en voie 4, on y fonce, mais quand je vais pour mettre les bagages en soute on me dit :
– “Non, c’est pas le bon, celui là c’est celui de 13h15, le votre 25”
– “… 13h15 ? Il vient d’être créé ? Et c’est 13h25 mon coco !”

On court alors partout pour comprendre ce qu’il se passe, et on navigue dans une brume de
– “On sait pas à quelle heure arrivera le votre, ni sur quelle voie. Peut être voie 4 vers 14h, peut être 15h, peut être…”
– “Non c’est bon chut !
Je vous avais dis que ça sentait mauvais cette journée. Pour vous la faire courte (parce que l’article est déjà énorme !), c’est les vacances scolaires depuis hier soir au Mexique, du coup c’est le bordel (ça explique la file d’attente à rallonge).

Sur le qui-vive, stratégiquement placé sur le quai même (la salle d’attente c’est pour les gens qui ne sont pas stressés), j’aperçois sur le coup des 14h40 notre bus en approche. Nous vîmes alors tour à tour tous les gens que nous avions sollicité dans notre pseudo-panique. Ils voulaient vérifier que nous avions bien vu le bus (tu penses, on était les premiers devant la soute), nos regards se croisaient, et certains nous lançaient clairement via leurs mimiques un :
– “Ça y est, il est arrivé votre putain de bus ! Yes !”

En bref, Veracruz est une ville où il fait bon vivre, on y est resté du 9 au 12 avril et ça vaut le coup d’y passer ! Prochaine étape, Villahermosa.

Premiers contacts avec les autochtones

Jeudi 3 avril

Premier repas au restau de l’hôtel : des fajitas délicieuses, pas du “old en Paso” (bien que les fajitas ne soient pas mexicaines du tout) ! Mais on laisse de côté la sauce et une substance verte forte beaucoup trop épicée/pimentée pour nos papilles gustatives occidentales.

On quitte l’hôtel, on a un couchsurfing prévu pour le soir.

Certains d’entre vous se demandent alors : “Couchsurfing ? Késaco ?”. Explication :

Le couchsurfing a pour ligne de conduite l’échange entre personnes de diverses cultures et nationalités (voir même votre voisin, pourquoi pas !) en hébergeant ou se faisant héberger, sans contre-partie explicite (mais vu qu’on est civilisé et pas des profiteurs, un geste une attention, des courses, ça fait toujours plaisir). C’est un échange humain quoi. Ça tombe bien, c’est la ligne de conduite (j’aurai pu mettre “guidelines” pour éviter la répétition, mais les personnes anti-anglicismes me tomberaient dessus ; je disais donc, c’est la ligne de conduite) de notre voyage. Dans la pratique, on s’est inscrit sur le site couchsurfing.org puis précisé notre itinéraire avec des dates de passage approximatives dans nos villes de passage. Les hôtes (ceux qui hébergent) nous envoient alors des invitations pour que nous couchions chez eux (nous, on est donc des couchsurfers : on squatte !). On s’envoie alors quelques messages pour voir si nous sommes sur la même longueur d’onde et voilà ! Mais revenons à nos moutons.

Après avoir acheté une carte sim locale (plus facile pour communiquer avec nos hôtes si aucune connexion Internet), on se dirige vers le métro pour se rapprocher du point de rendez-vous avec notre hôte.

Lorsque le métro arrive, les portes s’ouvrent 5 secondes seulement. C’est très dommage, car avec nos gros sacs et la foule, on se fait bloquer à 2 reprises entre les portes. Mais les Mexicains réagissent toujours au quart de tour pour tirer les portes du métro et nous débloquer.

Entre deux stations, on se fait accoster par deux jeunes garçons. On ne comprend pas grand chose, mais ils ont l’air sympa, puis à notre sortie de métro à notre point de rdv, Polanco, un jeune de 16 ans, Jovèn (prononcez “Robenne”, parlant espagnol et anglais nous accoste. Il est sympa et on se pose dans un bar avec lui. On arrive à discuter avec lui pendant plusieurs heures en mélangeant les deux langues. Très gentil et serviable, il prend son téléphone pour déterminer un lieu de rdv précis avec notre hôte et propose de nous y conduire. Ils ne sont pas adorables ces mexicains ?

On se balade pendant 30 bonnes minutes et finalement il nous dit qu’il vaut mieux qu’on prenne un taxi, qu’il appelle comme ça sur le côté de la route. On se place en retrait pour ne pas attirer des taxis opportunistes ayant envie de se faire des touristes (il est déconseillé de prendre des taxis de cette façon pour nous). Nos gros sacs nous font bien mal au dos, vive le taxi !

On arrive sans soucis au lieu voulu. Jovèn finit par nous laisser, on aurait bien voulu prendre une photo avec lui, mais dans l’émotion et l’action, on a préféré profiter du moment et complètement zappé de l’immortaliser ailleurs que dans nos cerveaux.

On rencontre notre hôte, Jorge, 27 ans, qui vit dans une maison à la périphérie de Mexico avec ses parents et ses 4 chiens. Après 10 minutes à parler en un mélange d’espagnol et anglais, on se rend compte qu’il comprend et parle très bien le français ! Il a passé 3 ans en France pour ses études.

Il a une course à faire d’une bonne heure, donc on laisse nos sacs dans sa voiture. On part manger des tacos en ville puis sa mère, Soco, nous rejoint puis nous amène chez eux. Une grande maison, super belle, et le must :  elle nous laisse le choix entre 2 chambres d’amis et nous laisse libre de nous servir à manger ou d’utiliser la machine à laver. “On vous fait confiance, faites comme chez vous” (mais en espagnol hein, car elle ne parle qu’espagnol, mais doucement, pour qu’on la comprenne. C’est ti pas adorable ?)

Le père nous rejoint, il est aussi adorable que sa femme, ils nous aident à programmer nos 2 prochains jours, nous proposent des endroits à visiter, appellent une compagnie de bus pour connaître les horaires et le prix. Son père nous chantent la marseillaise en espagnol, excellent !

“Arf, putain mais qu’est-ce qu’on fait là ? C’est trop bon”, vous reconnaîtrez que cette phrase viens de moi, Kévin, grâce au fameux “arf”., signe de stupéfaction, admiration, et surtout bonheur.

On est HS d’avoir crapahuté toute la journée avec nos sacs, et on commence à souffrir de la fatigue car notre hôte n’est toujours pas revenu chez lui au bout de 3h et il a nos sacs dans son coffre. Mais on lutte, on est des warriors quoi (warriors = guerriers. Mais ça fait mieux en anglais je trouve. Non ?). Notre kidnappeur de sac revient finalement, on fonce sous la douche et au lit. On ressent toujours le décalage dans nos têtes, mais bien heureusement, plus pour longtemps.

Un bon premier contact avec les mexicains qui ont été disponibles et chaleureux. On est tombé sur une super famille aussi. Le pied.