Jamaïque, le bilan

Après ces deux semaines en Jamaïque, voici ce que nous en retenons, sachant que nous avons passé la majorité de notre temps du côté non touristique de l’île, le nord-est.

Les gens, la mentalité
C’est un pays pauvre, il y a beaucoup de SDF dans les rues et de chiens errants n’ayant que la peau sur les os… Ça fait peine à voir.
Les touristes blancs comme nous se font vite repérer, avec le grand cliché blanc=argent… Du coup pour nous les prix sont autant élevés que dans un pays riche. Les gens peuvent être gentils mais derrière leurs sourires, ils espèrent obtenir de l’argent. À la moindre occasion, ils gonflent les prix ce qui nous donne l’impression de se faire arnaquer. Rien n’est gratuit, même leur gentillesse. Ce qui est le plus énervant, c’est qu’ils n’annoncent pas à l’avance le montant qu’on va leur devoir. Plusieurs fois on a insisté, on a bien demandé, même fait écrire sur un papier le détail et à la fin le montant annoncé est finalement doublé.

Le contraste avec le Mexique est énorme, quand on repense à Alejandro qui a passé son dimanche à nous balader gratuitement et qui a insisté pour nous payer le restau, alors qu’il nous hébergeait déjà gratuitement chez lui…

Heureusement, on a fait une bonne rencontre, notre Rastaman (qui se fait vraiment appeler comme ça), qui a illuminé notre séjour.

Hébergement
– Vous l’aurez compris, en Jamaïque, le couchsurfing ça n’existe pas ! Les gens ne sont pas accueillants mais vénals, ce qui ne correspond pas à la mentalité couchsurfers.
– Pour les rencontres, nous avons préférés les “guest house” (maisons d’hôtes) plutôt que les hôtels, on en trouve à de très bon prix tant que vous n’êtes pas exigeants. Point important : avoir une moustiquaire pour le lit !

Les transports
– Aucune compagnie de bus sur l’île, uniquement des minibus. Sinon vous avez aussi les taxis mais ces derniers sont facilement hors de prix pour de grandes distances. Tout ce petit monde fait des trajets dont seul les locaux connaissent où ils s’arrêtent et vers quelle heure.
– Conduite quasi toujours rapide et dangereuse
– Des taxis officiels (=plaque d’immatriculation rouge) et non officiels.
– Routes mal entretenues, en piteux états. En montagne, manque de visibilité sur des petites routes car la végétation est laissée telle qu’elle (ce qui ne les empêchent pas de conduire vite et déborder sur la route d’en face à la sortie du virage)
– On roule à gauche ici

Les paysages/la nature
– Ils trouvent exceptionnels leurs paysages et activités, alors que pour la plupart ils ne sont jamais sortis de la Jamaïque. Du coup beaucoup de déception car les paysages n’ont rien d’exceptionnel : une cascade qui ne vaut pas le coup de marcher 1h à se péter une jambe, un pic nul, un lagon bleu … vert. Bref. On ne se risquera pas à leur rafting (balade sur l’eau qu’ils ont tous voulus nous vendre)
– On retient néanmoins la paradisiaque plage de Long Bay et les belles montagnes recouvertes de jungles

La nourriture
– Repas épicés dans 95% des cas et sans avertissement : du coup malade souvent, nos intestins ont souffert
– Peu de diversité. Plat que servent tous les restaurants : poulet, riz, crudité

Le climat
– Chaud mais gérable, sauf quand le soleil est au Zénith : cachez-vous.
– Les températures descendaient pas mal la nuit, plutôt agréable pour rafraîchir !
– Beaucoup de pluie la nuit et le matin à Port Antonio

Le coût de la vie en bref
– 1L d’essence = 1€
– Au Burger King (on n’a pas croisé de Mac Do cette fois 😉 ), menu le moins cher (burger de poulet+frites+boisson) : 3€
Généralement on mangeait le midi ou le soir pour 2 pour 6€ (1000JMC), ou 10€ dans les restaurants, très bonne surprise ! -sauf que c’était trop épicé…-

Notre budget
En ce qui concerne notre budget, on aurait pu l’exploser mais on a vite changé nos plans et grâce à notre nouvel objectif (ne pas voyager du côté touristique, limiter les arnaques et activités décevantes), on a réussi à économiser 20% du budget prévisionnel :

– budget prévisionnel : 588€ soit 42€/j/personne
– budget dépensé : 460€ soit 30,61€/j/personne

Les petits plus
– “Yeah man”, à toutes les sauces
– Dans le ciel, la Grande Ourse est à l’envers – si si, je vous jure, et on n’était pas sous l’emprise de drogue !-
– Les moustiques, agressifs nuits et jours. Les anti moustiques n’y feront rien, on aura en permanence 5-6 boutons éparpillés ; en quittant la Jamaïque, Kévin aura 26 boutons sur les pieds. Ça pique !

En bref
Grosse déception de la mentalité des gens, mais toute expérience est bonne à prendre, et on s’est fait notre propre avis sur la Jamaïque : nous n’y retournerons pas !

Si vous y passez, allez voir le fameux Rastaman à Port Antonio, ça vaut le coup !

Port Antonio, changement de plans

On arrive à Port Antonio, il est 17h15, nous sommes le dimanche 4 mai 2014. Notre cher Courtney nous présente plusieurs maisons d’hôtes (guest house), mais elles ne conviennent pas pour X raisons, non pas que nous soyons exigeants, mais on prend note de nos précédentes erreurs, et si ça ne nous dérange pas d’être dans une chambre pourrie, en revanche ça nous dérange quand y’a ni moustiquaire, ni wifi, et qu’on est à 1h à pied du centre ville. Bref, après 1h à tourner en rond, à attendre le Courtney qui ne peut pas s’empêcher de parler à tout le monde, voyant qu’il ne dénichera pas notre bonheur, je lui dis qu’avant de partir de Kingston j’avais noté juste le nom d’une rue pour une guest house qui pourrait convenir, car à 5 min à pied du centre.
Courtney prend alors fièrement son GPS et me lance “il n’y a rien que ce GPS ne trouve pas”. Mais il ne trouva pas mon adresse. Hé hé.
Assez débrouillard il trouve l’adresse, puis on déniche la guest house avec un gros coup de bol : maison blanche devenue verte, et le contact que j’avais eu qui était parti en Australie, mais bon, le maître des lieux, nommé sobrement Rastaman, était là, fièrement planté avec un chapeau de dreadlocks sur la tête (les dreadlocks c’est les grosses nattes que font les rastas avec leurs cheveux).

On visite les lieux, vu le prix ($2000JMC, soit 14€ la nuit pour 2) c’est impeccable (comprenez, moins de 2 bestioles au mètre carré) . On est donc proche du centre ville. Ici, pas de wifi, ni d’eau chaude, mais ça, c’est pas le plus important. J’avoue qu’à ce stade du périple notre occupation principale c’est de ne pas éclater le budget (Antho, petite pensée pour ton périple en Asie 😉 ), et là, on peut encore rattraper le coup de l’addition salé (“salé” au second degrés bien sûr) de l’autre burne de Courtney. Ce dernier nous paiera un coup à boire au bar juste à côté de la guest house de Rastaman. C’est pas qu’on insistait un peu, mais quand même, on restait à côté de lui au bar à ne rien commander, tout était dit :p
Grâce à nous il tenta de draguer la serveuse du bar, tenta de se faire pote avec Rastaman et visita sa maison, puis glanda dans le bar jusqu’à bien 23h.

Le lendemain, on prévoit de visiter les lieux -pas la chambre hein, la ville-, puis faire du repérage pour nos excursions à venir. Mais la journée va beuguer à cause d’un voleur.

A 10h30 on se lève -toujours aussi matinaux- et qu’elle bonne surprise de voir que notre Rastaman nous a préparé des petits déjeuners salés (au premier degrés cette fois) et laissé un petit mot, la journée commence bien ! À 11h00 l’eau se coupe, nous obligeant à finalement migrer sous une chaleur accablante.

On traine un peu, beaucoup nous proposent de nous emmener par-ci, ou par-là. On est sur la défensive, puis un gars que l’on croise nous propose de nous aider, méfiant, je refuse. Il paraît sympa et insiste un peu, je lui demande alors où je peux trouver un centre de plongée, il nous l’indique, en nous disant qu’on n’a pas à s’inquiéter, les gens sont sympa ici. Bon ok c’était juste un renseignement, mais je sais pas, je sentais chez lui un truc louche, type commercial. Le centre est fermé, on cherche donc un cybercafé pour vider nos appareils numériques, on tombe alors par hasard sur un gars qui nous propose de nous y guider, allez !
Ce gars est très important pour la suite de l’histoire, il s’appelle Mickaël. En 2 minutes on arrive à ce cyber. Il reviendra 1h plus tard pour nous demander si il peut aider, il nous emmène alors dans un restau vraiment pas cher -c’est ce qu’on avait demandé-, bien placé, où on se ravitaille comme il faut. Là il nous dit qu’il peut nous emmener à “Blue lagoon”, c’est vraiment top pour faire du snorkeling (de la plongée sans bouteille en fait, comme on avait fait à Cozumel). On lui expose clairement notre budget, on voyage en mode “le moins cher possible”, donc pour la journée : pas plus de 3000$JMC. On lui demande d’écrire clairement sur papier ce qu’il pense donner comme prix, 4900 tout compris. Ça dépasse mais on se dit que si ça vaut le coup, allez hop ! On est là pour en profiter aussi, au pire le lendemain on amortira l’excès en se reposant.

On trouve rapidement un taxi, 700 par tête aller-retour au Blue-Lagoon, si c’est les prix, pourquoi pas, on a été habitué à pire depuis qu’on est là. Sur la route quelques arrêts pour prendre des photos des paysages. Dix minutes plus tard, on arrive sur place, c’est pas très loin en fait. Le tarif pour le snorkeling n’est plus le même qu’annoncé, on passe de 3500 à 5500. 3500 pour le bateau qui nous emmène sur un îlot et 2000 pour louer palme masque et tuba. En négociant, Mickaël nous fait descendre ça à 4500 apparemment, divisant par 2 la location des équipements.
On monte dans le bateau, 5 minutes plus tard on arrive sur un petit îlot à 300m des côtes. Lancés dans l’eau plutôt bonne (plus de 24°C certainement) on nagera une petite heure. C’est sympa, on voit une raie passer à 5-7 mètres de nous, j’en n’avais jamais vu ailleurs que dans un aquarium ! Le bateau revient nous chercher à l’heure prévue -ils ne nous ont pas abandonnés, ouf-
3500 (environ 27€) pour un tour en bateau de deux fois cinq minutes ça paraît cher tout de même. On reprend le taxi, direction la maison de Rastaman.

La burne qui pose

La burne qui pose

Devant la guest house il demande ses honoraires, ben écoute on va te rembourser 700 quoique t’as du payer moins et que t’as servi à rien là-bas, en plus tu t’es promené gratis en bateau, et 100 de plus pour la peine. Pas content, il nous suit jusqu’à l’entrée de la maison, en voulant 2500 à 3000. Je lui redis pour la ixième fois qu’il fallait exposer clairement dès le début qu’il comptait demander de l’argent, qu’il n’est pas honnête, et qu’en ayant voyagé 1 mois au Mexique on est tombé sur des gens qui nous aidaient, parfois toute la journée, et gratuitement, eux. On lui remontre les tarifs qu’il avait lui même écrit noir sur blanc, de ce que l’on aurait dû payer. Rastaman arrive et avance les 1000 que la burne réclame. En apprenant après coup qu’on lui avait déjà remboursé 700, Rastaman nous dit que ce type est juste un voleur, une mauvaise personne ; en effet, le taxi pour Blue lagoon coûte 600 pour 3 personnes aller-retour. Au final, je pense que le Mickaël s’est mis plus de 2000 dans la poche, incluant taxi et bateau avec lesquels il avait sûrement une combine. Alors ? Ça donne envie d’aller en Jamaïque, non ?

À ce stade du “périple Jamaïque” on décide de sérieusement prendre du recul avec Manon. Je comprends que le pays soit touché par plus de 50% de chômage, que les gens fassent tout et n’importe quoi pour tirer de l’argent, mais là c’est trop. On a l’impression d’être des putains de porte-monnaies ambulants, montés sur 2 échasses.
Notre but du voyage est de découvrir la culture, les gens. Faut-il forcément aller à l’autre bout de l’île, l’ouest, hyper touristique, aux prix doublés voire triplés, pour faire ces découvertes ? On pense honnêtement que non. Les gens seront encore plus habitués à leurrer le touriste. Déjà qu’on n’est pas des habitués au pays, à tout le système, on décide donc d’arrêter l’achat de vaseline, de se trouver un endroit bien sympa pour se poser, et y glander. Objectif : Long Bay, à 45min d’ici, du côté non touristique de l’île. Réputé pour ses belles plages, on y jettera un œil le lendemain, avec l’aide de Rastaman qui désormais nous guidera tout le temps pour ne plus qu’on se fasse avoir, en tout cas ici. On ne fait pour le moment pas grand chose en Jamaïque, pourtant notre budget journalier (environ 90€/j pour 2) est dépassé !

Notre vieux rasta, 100% authentique, Yeah Man !

Notre vieux rasta, 100% authentique, Yeah Man !

20h, Rastaman nous guide vers un restaurant pas cher. On profitera de cette occasion pour échanger avec lui, notamment sur ce qui est religion et philosophie de vie. Ainsi il différencie “confiance” et “confident”, considérant que la confiance c’est lorsque l’on avance par exemple de l’argent à quelqu’un, alors que le confident est une personne avec laquelle on partage de l’amour. Il a une philosophie basée sur “faire le bien”, Dieu serait en chacun de nous et la méditation permettrait de l’écouter et faire les bons choix. Si sa copine est attirée par un autre homme, il ne cherche pas à la garder, il la quitte et la laisse à l’autre. Petit détail, Rastaman, on lui donne 40 ans en le voyant, mais en fait, il en a 55, et 2 enfants, l’aîné ayant l’âge de Manon.

De retour à l’appart on a le droit à ses talents de black chantant bien. Rastaman a écrit des chansons, des rythmiques, mais tout ça, c’est uniquement dans sa tête, rien sur papier. On a droit à un concert en direct, à capella, puis à une session de jumbé où il nous fait découvrir les basiques. Yeah man !

Nos gourdes sont vides, mais Rastaman nous montre qu’il a plein de bouteilles d’eau, prudent, on demande si c’est bien de l’eau minéral, il nous dit que oui.
Le lendemain matin, toilettes, liquide. Bon, re-confirmation : l’eau vient-elle de la maison ? Ah ben oui en fait, nous affirme Rastaman, bon, ben ça vient de là. Yeah man. Plouf.
Après avoir un peu plus étudié le truc, il semblerait que ce soit le jambon de la pizza qui aurait pu me faire ça, par prudence on ne boira plus que l’eau que l’on achète nous même…

Cozumel, l’île pas belle aux touristes

Pour résumer cette île au large des côtes, le mieux est une suite de mots-clés représentatifs de ce que l’on a vécu et vu :
Moche, plages de récifs, pas de transports publiques, tarifs de pays riches, arnaque organisée.

On est resté 5j à Cozumel, donc l’article est long, accrochez-vous !

Mais revenons au fameux bâteau que l’on doit prendre pour aller de Playa del Carmen à Cozumel : 180 pesos (9,5€) pour une personne pour un trajet. Ça nous paraissait cher compte tenu de la vie que l’on a au Mexique depuis 3 semaines. Mais bon, pourquoi pas ! On est venu sur cette île uniquement parcequ’on a un hôte qui nous y a invité, et plusieurs personnes durant ces dernières semaines on dit que c’était beau (si vous avez bien lu les mots-clés plus haut, vous vous dites qu’il y a sûrement une couille dans le potage ! On y viendra !)

Le voyage est accompagné d’un groupe musical qui joue très fort, mais aussi très bien des rythmes latinos, ce qui nous fait passer rapidement les 30 minutes de ballotage. Arrivée à terre, on retrouve nos bagages en bon état, et on file casser la croûte. C’est bof, et c’est cher. On sent le truc arriver. On prend un taxi pour rejoindre la maison de notre hôte, mais l’adresse est assez approximative. Le taxi nous laisse là où ça nous paraît être bon. Sans demander le prix je donne 40 pesos, ça me paraît correct -retenez bien ça aussi-. En cherchant le bâtiment, un gars nous aborde, petit (Mexicain quoi :D), travaillant dans le bâtiment vu son état, et super sympa. Il nous aide à le trouver, et je préviens nos hôtes que nous sommes là. Pendant ce temps, le petit mexicain nous parle de plein de choses, il nous propose de la cocaïne, et nous dit que le quartier est dangereux, il y a beaucoup de vols, l’autre jour il entendit même “pan pan”. Ce qui est génial, c’est que j’étais tellement concentré sur le “nos hôtes arrivent” et à guetter les environs que a rien entendu de ce que disait ce petit bonhomme. Manon flippait un peu vu l’avancée de la conversation, mais 2 gars arrivent vers nous et me tendent la main, le coloc de notre hôte, Yvan et un de ses potes, Nacho. Comme d’habitude (ça fait classe de dire ça) ils sont contents que nous préférions parler espagnol, et nous dise qu’en fait on ne va pas dormir à l’endroit prévu, car il n’y a que 2 lits simples, c’est pourquoi on va aller chez Nacho, qui nous prête son appart pour que l’on ait un grand lit et un appart pour nous. Non sérieux ?

Bon l’appart n’est pas qu’à nous, y’a le coloc de Nacho qui est là, et il s’appelle Joel (si le papa de Manon me lit : “Coucou, je prends soin de ta fille, sois rassuré, bisous Joël”). Ils bossent tous dans l’armée de l’air, ont entre 22-24 ans et sont pilotes d’avions. Ça claque non ?

Parmi ce groupe de 4 amis, nous ne verrons jamais en 4 jours celui qui nous avait invité initialement chez lui, et que deux fois 2 de ses potes. En revanche nous passeront beaucoup de temps à parler avec Joel -le genre de moment où on est sur le point de sortir de l’appart, on se croise, on échange 2 mots, et 2h plus tard on prend racine-. On est content de l’avoir rencontré à la fin de notre périple au Mexique, car malgré nos nombreuses sollicitations, il parle très très vite, et beaucoup. Notre prodigieuse maîtrise de la langue nous permet d’avoir des conversations un peu plus poussées. Mais faut quand même pas déconner, on rame parfois beaucoup, surtout moi.

Cozumel... Tout au fond en petit. Là c'est Playa del Carmen

Cozumel… Tout au fond en petit. Là c’est Playa del Carmen

Revenons à l’objet de cet article.
Le second jour à Cozumel, on décide de recueillir plusieurs infos pour organiser nos prochaines journées : les sites à voir, les activités, les prix, comment se déplacer, etc. En sortant de l’appart, on a aucun plan de la ville, Joel est parti au taf pour un service de 24h non stop, et on ne sait pas comment regagner le centre. On décolle un peu au pif (enfin pas totalement, la boussole et le soleil sont de bons guides pour regagner la mer), à pied, et ce sera ça toute la journée. On passe dans des rues qui n’ont rien de très agréables, dans le quartier des hôtels, du matériel de plongée, des hôtels, du matériel de plongée, des hôtels, du matériel de …. Bref, c’est un peu redondant. On tombe sur des plages avec uniquement des récifs. Mais où sont les belles plages ? (Certains répondront DTC, mais non), on atteint enfin le centre ville, et on se fait aborder par les vendeurs pour nous attirer dans leur magasins. Y’a plein de magasin, mais avec assez peu de diversité : magasin de masques, magasin de vêtements, magasin de bijoux, magasin de masques, magasin de vêtements, magasin de bijoux, bref, vous avez compris l’idée. On mettra 1h pour trouver un magasin vendant des serviettes de bain, et 2h pour en trouver un les vendant moins de 15€. On ne trouvera durant notre séjour ici qu’une seule boutique vendant des cartes postales moches. Un magasin vendait des photos collés sur des pages blanches cartonnées en guise de cartes postales. Les photos étaient belles, mais pas sûr que la photo survive à la poste locale.
On continue le long du bord de mer en espérant tomber sur une plage avec autre chose que des récifs, mais au bout d’une heure on rebrousse chemin. Les plages sont justes inexistantes de ce côté de l’île.

En revenant sur nos pas on s’arrête dans un centre de plongée. Santos nous sera de bon conseil, il nous montre une carte de l’île avec les plages où aller, qui se situent de l’autre côté de l’île. Le seul moyen d’y aller c’est en taxi, environ 250 pesos (14€) l’aller. Idem pour se déplacer où que ce soit d’ailleurs. Il nous conseille de louer un scooter à la journée pour 1000 pesos (55€), ce serait le plus économique pour se balader partout. Pour faire de la plongée sans bouteilles et louer l’équipement pas cher il nous conseille un endroit précis, le Money Bar, il nous indique également les tarifs pour plonger avec eux. Avec mon Padi advanced je peux faire 2 plongées avec eux pour 1200 pesos (70€). Bref, des infos plein la tête, mais les réponses à toutes nos interrogations. Va-t-on enfin pouvoir nager dans une eau délicieusement claire inondant du sable et non des roches ?

La journée se finira en rentrant à pied via les ruelles sombres, on veut éviter de payer un taxi, et le restau du soir nous a visiblement encore gonflé l’addition.

Le lendemain on est chaud pour se faire de la plage le matin, puis visiter le site archéologique principal de l’île, et enfin se rafraîchir avec de la plongée sans bouteille. Ô desillusion.
On chope facilement un taxi, il nous annonce 150 pesos pour aller à la plage où on lui dit vouloir se baigner. Ok, c’est moins que ce qu’on pensait. Arrivés devant la plage, des roches et un drapeau rouge car trop de vent. Ah ah. J’adore cette île. Le chauffeur nous dit qu’il y a une plage sans récifs à 3km. Il sort sa petite grille des tarifs et nous dit que ça fera 50 pesos de plus.
– “En même temps, si à ce moment on fait demi tour tu nous refais payer 150 pesos non ? Tu nous prends pas un peu pour des cons ? Tu comprends pas le français j’espère ?
Arrivé à la plage susdite, -nouvelle blague- il nous dit qu’ici y’a pas de taxis qui passent. Pour revenir en ville ensuite faut le “réserver” en lui payant une avance sur le trajet de retour, et il reviendra à l’heure qu’on veut.
– “Tu pouvais pas le dire avant ? Tu comprends vraiment pas le français espèce de sombre ***** ?
Mais encore mieux, au retour on voulait s’arrêter visiter le site archéologique, mais c’est un peu le même soucis. Faut réserver. Si on veut faire tout notre plan, faut lâcher au bas mot 700 pesos (40€). C’est beaucoup plus cher que ce qu’on vit depuis 3 semaines dans ce pays, et 10 fois plus cher pour des petits trajets comme ça de 10min. C’est autant dispendieux (amis québécois 😉 ) que les 8h de bus pour faire Veracruz-Villahermosa ! On a l’impression d’être pris en otage par ces personnes qui font tout payer, cher, au dernier moment, à gonfler les notes, à nous mettre dans des situations sans échappatoire.
Du coup on lâche au manipulateur 100 pesos pour qu’il revienne 1h30 plus tard et nous ramène direct en ville. On aura donc 100 de plus à lui donner.

Bref, on va sur cette plage, qui est entourée de récifs, ce qui la protége des courants violents. Bof bof bof. Akumal c’était mieux. On fait une découverte intéressante, les grains de sable sont très gros comparé à ceux en France, ce qui fait qu’ils ne restent jamais en suspension dans l’eau, ils retombent rapidement, et l’eau n’est jamais trouble. Voilà, c’était la seule chose intéressante ici, car la surface pour se baigner est enclavée, on a plus l’impression d’être dans une énorme patogeoire, où on a perpétuellement pied, et avec des gamins partout.

Au retour je me dis : “Et si on tentait de faire les touristes ruinés, et qui n’ont pas bien compris combien il fallait payer ?”. Du coup arrivé en ville je fais l’air surpris genre
– “Ah mais les 100 pesos déjà payé c’était pas suffisant ? Le soucis c’est qu’on a plus de liquide là, sauf en pièces ces 27 pesos”. Et franchement, ça serait passé, mais pas ici. -ne remettez pas mes talents de comédiens en jeu !-
– “Non ça fait une trop grosse différence désolé”
Du coup on est allé retirer du cash pour payer cet homme vénal se faisant déjà des couilles en or. Il nous a suivi jusqu’au distributeur, de loin, mais suivi. On aurait pu piquer un sprint dans une rue (ça me rappel un certain resto-basket à Lyon ^^), mais bon, on voulait seulement tester leur réaction, tenter, mais pas faire les putes. On est gentil quand même, non ? Bon, Manon avait des claquettes aux pieds aussi.

On mange sur le pouce, puis décide d’aller faire la plongée. À un coin de rue on trouve un gars, vieux, taxi, super sympa, qui nous explique tout le système de taxi et de prix qui fonctionne ici, notamment que pour un trajet en interne de la ville ça coûte 30/35 pesos – cf. notre arrivée sur l’île, ô desespoir -. Il nous confirme également que la location du matériel est d’environ 80 pesos.

On arrive et profite du site de plongée, c’est sympa ! Mais ça n’a rien d’exceptionnel. On chope nos premiers coups de soleil, légers, et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, le prix de la location du matos : 170 pesos par personne. On est au moins content d’avoir vu des jolis poissons, c’est notre premier vrai bonheur ici en terme d’activité ! En parlant ensuite avec les loueurs de matériels, ils nous avouent que pour eux c’est de l’argent facile en travaillant sur cette île, il suffit de parler anglais pour accueillir l’énorme masse de touristes états-uniens ; dont on a croisé déjà plusieurs spécimens à moitié bourrés et beuglant ; et leur soutirer leurs dollars. Ils nous aiment bien, et nous proposent ainsi de demander à l’un de leurs amis de nous faire un prix “mexicains” pour louer un scoot 100 pesos la journée au lieu de 1000. Cette piste ne donnera malheureusement rien.

Le lendemain je me résignais : “Bon, si le site de plongée en bouteille est vraiment exceptionnel, je veux le voir ! Sinon je crierai partout que Cozumel c’est vraiment une île de merde”. Manon préfère passer son tour. Nacho débarque alors à l’improviste à l’appart et nous invite à passer la soirée avec lui et ses potes, go ! Il insiste pour nous inviter ET payer le restau. On tente de résister, mais c’est peine perdue.

Après cette journée de repos, nous sommes le 29 avril 2014, il est 9h30 du matin, et j’ai une petite appréhension moyennement grande de retourner m’immerger après 2 ans sans pratiquer ! Le stress m’a pas mal gagné car on a prit une heure de retard car un plongeur était manquant, et les temps d’attente, ça fait encore plus monter la pression ! Histoire de bien replacer le contexte perso, j’ai fait une dizaine de plongées, mais seulement des entraînements pour débloquer le second niveau de plongée français et le PADI ADVANCED. Et tout ça uniquement en piscine ou en lac.

Joel, au milieu

Joel, au milieu

Le contexte bien re-situé, j’avais donc des appréhensions de me lancer dans une vraie mer : plus profond, des courants… Arrivés au premier point de plongée, je regarde ma bouteille, équipée, juste en face de moi, et tente de me rappeler les bases genre : ah ouais c’est là qu’on tire pour vider le gilet en haut, là en bas, là pour gonfler. Tout me revient.
– “Hey tu veux bien être mon coéquipier de plongée ?”, me lance l’un des plongeurs
– “Ben vu qu’on est les 2 derniers j’ai vraiment le choix du coup ? Pas de soucis mais j’ai pas plongé depuis 2 ans !”
Quelques instant plus tard, le chef de palanquée :
– “Bon les gars, vous 3 vous plongez en premier, une main pour maintenir masquée et détendeur, une derrière la tête et vous vous laissez tomber en arrière”
Bien sûr dans mon lac on n’avait pas de bateau. Et j’ai jamais fait une plongée comme ça. Et mieux, je suis le premier désigné pour plonger. Faisant totale union avec mon petit corps, ni une ni deux je me lance, plouf.

Tout se passe bien, j’adore la sensation, ça me fait beaucoup penser aux sorties d’avion en chute libre. La descente se passe niquel, je me stabilise très bien tout le long de la balade. On voit des beaux poissons, mais côté flore rien de très coloré, pas très magique. Certains commencent à manquer d’oxygène au bout de 40 minutes et remontent, je remonterai en dernier avec le chef. Si ça, c’est pas la classe pour une première fois en mer ! Et j’avais encore de la marge, oui Monsieur !

Le bateau enquille sur le second site, Paraiso. Je suis encore désigné pour plonger en premier, Goooo ! Cette fois la flore est un peu plus colorée, la diversité des poissons encore plus grande, mais pas exceptionnelle, une fois de plus. Du coup par moment je me mets dos au sol pour admirer toutes nos bulles pointant vers la surface, tellement beau !
La chose très intéressante et nouvelle pour moi ici c’est le courant marin. Du coup je me place à 1m50 du fond, me mets en boule, et me laisse porter tranquillement en gérant ma flottaison. Une petite balade quoi, mais à force ne de pas bouger, j’ai un peu froid ! Il faut savoir qu’en attendant le dernier plongeur au centre, je me suis enfilé pas mal de verres d’eau… Du coup l’envie de pisser en 3h n’a fait qu’augmenter au point qu’à ce stade de la plongée je ne puisse plus déplier mes jambes sans avoir une ÉNORME envie ! Bref, je me suis réchauffé tout seul dans la mer 🙂 ce qui m’a permis d’enfin déplier mes jambes !

Bilan plutôt positif d’avoir fait une bonne plongée dans un environnement que je n’avais jamais testé. Même d’autres plongeurs me disaient que je gérais bien et étaient surpris de ma faible expérience ! Donc, à refaire, avec de plus beaux lieux ! Ça m’a boosté tout ça.

Après un au revoir chaleureux au centre de plongée, je rentre et retrouve Manon ayant pu faire une grosse nuit. Cool, elle pourra veiller sur moi ce soir ! Car ce soir, on a prévu de pioncer à l’aéroport, on y reviendra rapidement.
La suite fut un peu speed, Joel nous invita au resto, Yvan et Nacho qui devaient nous emmener au ferry nous plantèrent au dernier moment, Joel nous accompagna sur le pas de la porte pour prendre un taxi. Puis nous accompagna pour prendre nos billets de ferry, puis finalement jusqu’à la zone d’embarquement. A chaque fois qu’on se retournait on le voyait nous faire coucou. Cet enfoiré nous aura ému ! C’est avec lui qu’on aura le plus parlé et échangé. Oui je l’ai déjà dit, mais c’était au début de l’article, j’avais peur que vous ayez oublié, et c’est clairement un point marquant de notre fin de voyage au Mexique. Oui fin de voyage, déjà un pays que nous allons quitter dans 12h à peine ! La journée sera pleine de rebondissements, la suite dans le prochain article, par Manon.

Bravo aux courageux qui ont tout lu !

Tulum, l’approche des Caraïbes

Le bus nous dépose à Tulum.
On récupère nos gros sacs dans la soute. Des casiers cadenacés se louent à la journée, on y dépose nos sacs et on reprend un bus direction le site archéologique.
Plus on se rapproche de Cancun, plus les prix augmentent… Ça sent les coins touristiques.
6ème site archéologique que nous visitons. Celui-ci a la particularité d’être au bord de la mer des Caraïbes, du coup mes yeux cherchent les belles eaux claires, plus que les constructions qui sont finalement moins belles et impressionnantes que les sites précédents. Mais l’ensemble vaut le coup d’œil. Quand je découvre enfin une vue dégagée sur la mer, je m’émerveille, en silence, contrairement à l’anglophone à côté de moi qui répète sans cesse “oh my god !” avec cet accent anglais que je ne supporte pas…Tulum plages
Les gens se baignent, ça fait envie mais ce n’est pas prévu pour nous. Demain par contre, à nous la mer des Caraïbes !

En attendant ce moment tant attendu où on pourra plonger dans cette mer si belle et qui a l’air si bonne… Nous voilà répartis tout transpirants sous le soleil brûlant.
Oh des taxis, ce n’est pas un mirage et le prix est bien réel. Réellement bien plus cher que dans les autres villes. N’essayez pas de nous convaincre, si c’est comme ça, on reprend un bus. Sauf que ce ne sont pas des bus, ce sont des camionnettes avec environ 14 places assises à l’intérieur mais on peut faire rentrer bien plus de personnes, tant qu’on peut fermer les portes. Si vous avez la chance d’être contorsionniste, vous vous adapterez facilement. Mais ce n’est pas notre cas et la position debout-tête baissée-bras tordus n’est pas facile à tenir.
On ne sait pas si la camionnette passe par le centre de bus que l’on veut. Le garçon qui est monté en même tant que nous et à qui j’ai posé rapidement la question en espagnol, m’a répondu en espagnol mais avec le même accent à la française que moi. 2 français qui se parlent en espagnol, c’est balo ! En plus il ne sait pas donc on finit par descendre et céder au groupe de mexicains qui nous crient en cœur “taxi ?”. Avec le trajet que l’on vient de faire gratuitement (on a “oublié” de payer en descendant), le prix du taxi baisse, on a gagné environ 3€. Ok ça vous paraît peut mais ici c’est beaucoup. Avec 3€ soit 60 pesos, on peut manger 10 Panuchos ou faire 5 allers-retours en bus dans Campeche ou 2 trajets en taxi. Bref, on a économisé 3€.

Et nos 3€ on ne les dépensera pas car même les glaces sont plus chères et on n’en avait pas tellement envie, c’était surtout pour passer le temps en attendant notre bus qui va nous emmener à Puerto Aventuras, à côté de Puerto Maya où nous attend notre prochain hôte.
Le bus nous dépose sur le bord d’une route, à côté d’une station essence. Il fait nuit, les voitures roulent vite, on a nos gros sacs sur le dos et il n’y a pas de taxis en vu. Dans cette situation, même cher j’en veux un, je suis prête à dépenser mes 3€, ne nous laissez pas ici ! Même si deux personnes nous font peur à nous dire qu’il n’y a pas de taxis, c’est faux, on en a trouvé et on en veut juste un. Bon, on en aurait préféré un avec un conducteur qui ne se perd pas mais bon… On ne peut pas tout avoir et après 10 grosses minutes à balayer tout le village, Kévin trouve enfin la maison. Oui, Kévin, parce que le chauffeur de taxi est toujours perdu et n’a pas l’esprit vif de mon Titange (parce que mon chéri c’est le meilleur, le plus intelligent, le plus beau, le plus plus plus…). – Je précise également pour ceux qui se posent la question que, malgré le fait qu’on soit tout le temps ensemble, on ne se dispute pas (pour le moment) et on est toujours autant amoureux. –

On est accueilli par Beto, un jeune garçon de 13 ans, suivi d’Alejandro (encore un, y’en a beaucoup au Mexique), 31 ans. Il nous fait visiter sa grande maison : l’entrée, la chambre d’amis, la bibliothèque, la cuisine, la salle de bain, sa chambre… Non, en fait c’est un comique et il nous avait prévenu qu’il n’avait rien car il a emménagé depuis peu. Du coup y’a 2 étages avec 1 piece chacun. C’est petit et vide, on va dormir sur de très fins matelas par terre avec les araignées et un petit ventilateur mais c’est ce qu’on avait imaginé en faisant du couchsurfing. On a eu beaucoup de chance jusqu’à présent d’avoir une chambre d’amis confortable.

Il nous emmène dans la maison d’à côté où vit sa petite amie Mariela. Mariela vit avec sa sœur Eliana et son frère Beto qui nous a accueilli, leurs parents qui sont là pour les vacances (je ne me souviens pas de leurs prénoms, trop compliqués) et le fils de 5 ans de Mariela, Santiago.
On ne les connaît pas mais on est accueilli comme de bons amis. Ils nous proposent de manger avec eux et bien évidemment on accepte.
Détail important : Eliana parle français ! Elle a passé 3 mois en France, non, en fait en Corse (c’est différent quand même). Elle a travaillé comme fille au pair dans une famille apparemment peu aimable, qui ne la payait pas beaucoup et qui avait un fils mal élevé qui l’appelait “conasse”. Elle ne parlait pas très bien français à l’époque mais elle a bien compris l’insulte. Vive l’image des français… Heureusement elle a ensuite rencontré son petit ami et a pu vivre avec lui.
On a beaucoup parlé. À peine on quitte des personnes attachantes qu’on en retrouve des nouvelles. Pour le lendemain, ils nous conseillent une plage pas loin, exactement ce qu’on cherche.

Chose dite chose faite, le lendemain, jeudi 24 avril, direction la plage d’Akumal. Comme moyen de transport, toujours ces petites camionnettes. La plage est magnifique et l’eau n’est pas froide, un petit coin de paradis. Quand on dit “mer des Caraïbes” on imagine que c’est magnifique et ben… c’est vrai !

On repasse la soirée avec nos nouveaux amis, à parler pendant des heures. On apprend encore quelques expressions familières. “Chinga” pour dire “putain” (tu vois Eliana je m’en souviens 😉 ).
Déjà le moment de se dire au revoir. Le lendemain on part direction l’île de Cozumel.

On reste en contact, comme toujours. Et comme toujours, on les a invités en France. Mais on n’a pas de maison ou d’appartement pour le moment, ni d’argent. Donc si jamais l’un d’entre eux vient avant qu’on se soit refait une situation, maman, papa, tenez-vous prêts à les accueillir parce que j’ai dit que vous aviez une chambre d’amis 😀

Merida, Melissa et son York

Lundi 21 avril, 23h00, on est à la rue. Bon, j’exagère un peu, en fait on est posé devant l’auberge de jeunesse, et on attend Melissa (sans accent sur le “e” en espagnol, vous aurez peut être remarqué que j’écris toujours les vrais prénoms, et non une adaptation francisée, bref, on attend Melissa), une amie de l’hôte qui n’a pas pu nous recevoir. Melissa ne connaît pas -encore- le principe du couchsurfing, pourtant elle a accepté de nous héberger pour les 2 prochains jours, on ne sait encore pas trop sur qui on va réellement tomber, et où on sera dans une heure.

Une heure plus tard, on est toujours devant l’auberge, oui, les Mexicains ne sont pas toujours. très ponctuels. Arrivée d’une voiture avec 3 filles dedans, smack (= le bruit des bisous), Melissa, Sarah et Kelly.
Elles ont 18-19 ans, nous en donne 23-24 (j’ai bien fait de me raser la veille, ça rajeunit de 5 ans voyez-vous !), sont heureuses de constater qu’on préfère parler en espagnol et qu’apparemment on ne se démerde pas trop mal (j’en suis moyennement convaincu de ça, mais bon).

Maya le york

Maya le york

Les premiers contacts sont chaleureux, le contact passe bien. Étant fatigués, Melissa nous dépose chez elle puis repart pour aller manger avec ses amies, nous laissant seuls dans sa grande maison. Seuls ? Pas tout à fait, un village d’irréductibles gaulois une carpette noire bouge, c’est Maya, une Yorkshire naine de 1 an (grosse pensée à Roméo, elle lui ressemble beaucoup quand il était petit et sautait partout !). Elle est très vive, adore courir partout, ça ne sera que du bonheur de la voir pendant ces quelques temps ici ; sauf qu’elle pisse et chie partout, mais bon, ça, c’est les Yorks, hein maman ?

Le lendemain matin on rencontre sa propriétaire et colocataire, Beatriz, maman de Melissa. A-do-rable. Elle nous fit d’ailleurs beaucoup penser à la maman de Jorge, notre premier hôte. Pas vraiment de mots pour les décrire en dehors d’adorable : des mamans très ouvertes, gentilles, attentionnées, affectueuses alors qu’elles ne nous connaissaient pas 30min plus tôt. Sur conseil de la famille on décide d’aller à la plage. Mine de rien, on n’avait toujours pas eu l’occasion de mettre nos pieds dans les mers caraïbéennes : à Veracruz pas pris le temps, à Campeche pas de plage (le bord de mer était surélevé pour être piéton).
Sarah arrive chez Melissa, elles sont souvent collées l’une à l’autre car en pleines révisions pour passer le concours de médecine le mois prochain -concours visiblement aussi compliqué qu’en France-, puis elles nous emmènent gentiment jusqu’au terminal de bus, où nous en prendrons un pour aller à la playa. Rien d’exceptionnel ici, on se serait cru sur une plage de -je tire au sort une ville de France- Antibes, avec un drapeau Mexicain et des gens très bronzés partout (mais genre bronzage naturel quoi… Bref, des Mexicains). Ah si, une grosse différence, les gens qu’on croise nous font des sourires. Je vois déjà certains se dire qu’ils se foutaient de nos gueules d’européens, mais non. Honnêtement, on commence à bien cerner la mentalité générale ici, et les gens sont juste sympathiques et accueillants (ou alors c’est un Truman Show !). Même si ils ne font pas le meilleur boulot du monde, même si on ne leur achète pas leurs colliers ou leurs statuts, ils n’essaient pas d’arnaquer ou de snober le touriste qui leur demande une info en parlant un espagnol approximatif, ils restent accueillants, souriants, et humains. Après y’a des cons partout, certes ! Mais vraiment très peu depuis 3 semaines ici, comparé à ce dont j’étais habitué jusqu’à présent dans ma vie quotidienne.

Après une bonne grosse glace pas chère et un petit tour au planétarium local, nous rejoignions la maison de Melissa afin de profiter de notre dernière soirée à Merida, avec elle et son amie Sarah.
Détail toujours amusant pour nous : on entre dans le planétarium à 19h05, il fait pleinement jour, sortie à 19h45, il fait totalement nuit.

hg Melissa, bg Sarah, mb Kelly

hg Melissa, bg Sarah, mb Kelly

Soirée pizza tranquille, très enrichissante, à parler de la culture mexicaine (les insultes locales, quelques mots Mayas, tout ça quoi !), la vie ici, petit cours de français aussi , car Melissa commence à apprendre le vocabulaire de base. J’ai du mal à rouler les “r”, mais utilise le fameux subterfuge de les remplacer par des “L”, mais je ne pensais pas que pour des mexicains certains sons pourraient être difficiles, pauvre de moi ! Ainsi, quasi impossible pour les 2 miss de sortir le son “on”, que vous veniez tout juste de prononcer dans “son” d’ailleurs. Pire, on l’entend très bien dans “Manon”, ce qui transforme ce magnifique prénom en “Manou”, plutôt niais. Difficile aussi le son “e” comme dans “deux”. Le “u” devient bien évidemment chez elles “ou”, et difficile également de prononcer notre “r”. Bref, je me sentais moins seul à peiner côté prononciation d’une langue non maternelle ! Après 2h à parler, Sarah s’en alla après nous avoir fais un gros câlin, il est déjà minuit, et le lendemain on se lève à 8h pour quitter Merida. Mais les conversations s’enchaînent avec Melissa, religion, vie en générale, délire… quand nos yeux se repenchèrent sur la montre, il était déjà 2h ! -et pendant ce temps en France, il était 9h et beaucoup d’entre vous alliez travailler… Hum-

Courte nuit -moins de 9h c’est court pour nous, alors 5h vous pensez !-, nos derniers échanges avec Beatriz avant qu’elle parte au boulot. Nous avions déjà remarqué avec nos hôtes précédents que les Mexicains sont très tactiles, et comme toujours, ça nous fait un petit pincement au cœur au moment de quitter un hôte, une famille, quelqu’un qu’on a apprécié. On est deux personnes émotives, et on s’attache sûrement trop vite. Deux câlins plus tard, nous nous retrouvions dans le bus. Nous sommes mercredi 23 avril 2014, et en direction de Tulum, un site archéologique apparemment extraordinaire, au pied de la mer. Ça fait 3 semaines qu’on est parti de France, l’aventure continue !

Pendant ce temps là, à Veracruz…

Veracruz ! Je me rappelle quand lors de notre préparation de l’itinéraire j’ai vu cette ville et me suis dis : “Et pendant ce temps, à Veracruz”, texte incontournable du film des Nuls “La cité de la peur” – précision ajoutée pour les incultes, que vous n’êtes certainement pas, ou plus –

Bref, on arrive à Veracruz le mercredi 9, posé dans une salle en attendant notre prochain hôte, l’annonceuse a une sorte d’accent du Sud, elle appuie toutes ses fins de phrases : “El autobuuuuuuuuus”. Si tout le monde parle comme ça, ça va être marrant ! Mais non. Tant pis !

Posé à un coin de rue, notre hôte ne va pas tarder à arriver. Une voiture un peu crasseuse arrive, je jette un coup d’œil au conducteur, il me regarde, je le regarde, il me fait un signe de tête, je lui en fais un en retour genre “yeah baby”, c’est Gerry. Look jeune, en mode anglais/espagnol, vivant très modestement, mais avec une télé de 130cm, des basses partout, une Apple TV, bref : il adore le bon son et les belles images, et ça, c’est plutôt cool, car moi aussi.
Quand je disais modestement, c’est genre il a toujours son frigo vide, pas d’eau chaude chez lui, son pare brise de voiture avec une dizaine d’impacts, mais honnêtement, je kiffe son mode de vie, même si certains ont d’autres priorités à 31 ans.

Avec sa copine ils nous emmèneront chaque soir dans un bar ou restau pour goûter des spécialités, plutôt d’alcool que culinaires d’ailleurs. Enfin côté culinaire on s’améliore, le premier soir on a mangé plein d’ailes de poulet… épicées bien sûr – pour nous -. D’ailleurs Manon ressentait beaucoup plus que moi ce côté épicé, sûrement parceque les bières belges à 11° me plongent dans des états nébuleux où les sensations sont moindres. Autre détail, l’effet alcool nous rend plus lent à parler et comprendre espagnol, et eux plus rapides, le bordel quoi – es desmadre !- , mais c’est marrant à vivre 🙂

Bref, on s’habitue aux épices globalement. Par contre pas aux moustiques, qui ont fait leur apparition ici, au bord des Caraïbes. Notons également qu’il a fallu venir ici pour découvrir la raquette anti moustique – avec laquelle s’amuse Manon à 2h du mat – C’est sympa, on en prendra une en France ! – si on revient –
Petit clin d’œil à Valérie : ton anti-moustique pour vêtements sent vraiment la gerbe. Et maintenant la couette de Gerry aussi.

Piscine avec une eau verte. C'est normal.... Au Mexique !

Piscine avec une eau verte. C’est normal…. Au Mexique !

Bon et sinon, y’a quoi à voir à Veracruz ?
– le fort San Antonio : on a fait une visite guidée en espagnol, c’était sympa, on a compris 50% de ce qu’il a raconté, puis on s’est aperçu que le guide parlait français. C’est balo. Le groupe de Mexicaines avec nous était d’ailleurs insupportable, de vraies touristes à se prendre en photo les unes les autres (voire toutes seules, à poser tranquillement pour faire leur “selfi” qu’elles ont dû s’empresser à facebooker/twitter/intagrammer), et pendant ce temps les 2 qui écoutaient le guide, c’était ceux qui le comprenaient le moins, nous quoi. Je me rappelle ce moment mémorable où elles m’ont sollicité pour les prendre en photo dans une salle de la prison du fort, faisant office de salle de torture et ne comprenaient pas pourquoi en retour on ne voulait pas être pris en photo :
Ben je sais pas, y’a eu des mecs massacrés ici non ? Et pas la peine de nous parler anglais, on n’est pas états-uniens.”
Le guide nous avoua qu’à notre accent il savait que nous n’étions pas États-uniens, je ne sais pas trop comment le prendre encore aujourd’hui, mais plutôt bien, enfin, je crois.
Ah, et un détail sympa (ou flippant, c’est selon), le bus nous emmenant depuis le centre ville au fort est en bois. Mais en bois au point qu’on a l’impression que ça va se péter de partout ! Ce qui était d’ailleurs le cas à plusieurs endroit. Pas très rassurant de le voir prendre des voies rapides comme ça ! J’imaginais (et l’imagination c’est bien) déjà l’un des taxis ou autre bus nous rentrer dedans et notre bus-en-bois s’écrouler comme un puzzle ! Mais ce n’est pas avec nous que cela arriva.
– les plages, ne sont pas à voir. Désolé. C’est plutôt moches autour du centre.
– le centre historique est jolie
– l’aquarium à visiter est sympa, mais petit. Bon, ça occupe 30-40 minutes quoi.

Petite anecdote comme ça, on était posé dans le centre historique à grignoter des cochonneries quand mon regard croise un groupe de jeunes qui commençait à partir, et soudain 3 d’entre eux font volte face, viennent vers nous – et m*rde, pourquoi je les ai regardés – puis ils nous disent que je suis grand et voudrait prendre une photo avec nous. Ils étaient encore plus contents en apprenant qu’on était français. Bref, j’ai cédé face à ces jeunes ne voyant que peu de touristes comme nous – et c’est vrai qu’on n’en croise pas -, du coup, il doit y avoir ma photo avec 2 mexicains qui traînent sur les réseaux sociaux.

Salsa ! Lors de notre dernière soirée à Veracruz, Gerry nous emmena à nouveau dans un bar avec des bières délicieuses, mais surtout dans 2 boîtes : une de salsa, et franchement pareil qu’en France : y’a des bons danseurs, et d’autres qui semblent s’être trompé de salle. Rien d’exceptionnel. L’autre boîte c’était de l’électro, classique aussi, mais toujours un bon moment !

Là où l’aventure a du rebondissement (vous n’avez pas lu tout cet article pour rien, tenez-bon !), c’est quand dans la seconde boîte, sur le coup des 3h du mat’, on est pris avec Manon d’une bonne douleur au ventre. Là vous vous dites : “ça sent la merde”, et vous avez pas tout à fait tort, mais surtout au second degrés.

Outre les quelques désagréments entériques qui survinrent et une nuit écourtée à 5 malheureuses petites heures, nous fonçames au terminal de bus. Il est 11h quand on arrive, le bus est à 11h30, on est large pour prendre nos billets ! Sauf que, ô désespoir, la file d’attente est énorme ! 11h24, c’est notre tour, tous les espoirs sont encore avec nous, mais le bus de 11h30 est plein. Fichtre. Le suivant, à 13h pile n’a plus qu’une place. Reste celui de 13h25, on croise les doigt, sinon ça décale à 18h. On est chanceux puisqu’il est quasi vide. La fille au guichet nous embrouille car on avait une réduction de 10% qui ne s’applique pas (c’est le genre de petit détail con qui vous met un peu en boule après coup, et vous maintient dans une forme de stress constant ; et encore, je vous en met très peu, j’aurai pu préciser qu’on est parti à la bourre de chez Gerry, que le taxi a fait un détour, qu’on s’est tapé TOUS les feux rouges, qu’il n’y avait que 3 guichets sur 7 d’ouverts, et j’en passe. Plaignez-nous, vous le pouvez… Non je déconne ! On est en vacances après tout 🙂 mais revenons à nos brebis : on a nos tickets pour le bus de 13h25).

13h20, nos oreilles discernent que le bus est en voie 4, on y fonce, mais quand je vais pour mettre les bagages en soute on me dit :
– “Non, c’est pas le bon, celui là c’est celui de 13h15, le votre 25”
– “… 13h15 ? Il vient d’être créé ? Et c’est 13h25 mon coco !”

On court alors partout pour comprendre ce qu’il se passe, et on navigue dans une brume de
– “On sait pas à quelle heure arrivera le votre, ni sur quelle voie. Peut être voie 4 vers 14h, peut être 15h, peut être…”
– “Non c’est bon chut !
Je vous avais dis que ça sentait mauvais cette journée. Pour vous la faire courte (parce que l’article est déjà énorme !), c’est les vacances scolaires depuis hier soir au Mexique, du coup c’est le bordel (ça explique la file d’attente à rallonge).

Sur le qui-vive, stratégiquement placé sur le quai même (la salle d’attente c’est pour les gens qui ne sont pas stressés), j’aperçois sur le coup des 14h40 notre bus en approche. Nous vîmes alors tour à tour tous les gens que nous avions sollicité dans notre pseudo-panique. Ils voulaient vérifier que nous avions bien vu le bus (tu penses, on était les premiers devant la soute), nos regards se croisaient, et certains nous lançaient clairement via leurs mimiques un :
– “Ça y est, il est arrivé votre putain de bus ! Yes !”

En bref, Veracruz est une ville où il fait bon vivre, on y est resté du 9 au 12 avril et ça vaut le coup d’y passer ! Prochaine étape, Villahermosa.