Bilan global du voyage en Amérique centrale et latine (2014)

Ultime article reprenant cette période de notre vie : un bilan, pour les gros points qui nous ont marqués, et ce qu’on a pu placer nulle part ailleurs !

Quelques Chiffres

Budget
Pour 5 mois (hors équipements, avions et pharmacie)

  • prévisionnel : 4200€/personne
  • dépensé : 3900€/personne

-Voir l’article “Budget dépensé en Amérique Latine” pour les détails-

Divers

  • 234h de bus d’Ushuaia à Lima
  • 15 GO de photos et vidéos
  • 4000 photos
  • 5 mois d’aventure en mode routard
Tulum, Mexique

Tulum, Mexique

Points positifs et négatifs par pays

Mexique
– Les plus :

  • les gens souriants, sympathiques et attachants
  • les sites archéologiques
  • le coût de la vie

– Les moins :

  • la chaleur parfois étouffante à certains endroits
  • les moustiques

Jamaïque
– Les plus :

  • la plage de Longbay gratuite, désertique mais surtout magnifique
  • les belles montagnes recouvertes de jungle
  • coût de la nourriture

– Les moins :

  • population pauvre qui nous voit comme des portes monnaie sur pattes
  • excursions hors de prix
  • nourriture très épicées
  • conduite rapide et dangereuse, routes mal entretenues
  • moustiques
Ushuaia, Argentine

Ushuaia, Argentine

Argentine/Chili
– Les plus :

  • les paysages fabuleux
  • la nourriture (Dulce de leche/Manjar, Empanadas)
  • échanger des pesos chiliens en argentins fait gagner de l’argent

– Les moins :

  • manque de chauffage et d’eau chaude quand il fait très froid
  • problèmes pour retirer de l’argent en Argentine (retraits limités à 100€)
  • pourboire de 10% casi obligatoire au Chili
Perito Moreno, Argentine

Glacier Perito Moreno, Argentine

Bolivie
– Les plus :

  • le coût de la vie
  • quelques beaux paysages

– Les moins :

  • la mentalité des boliviens (froids, distants, menteurs)
  • manque de chauffage et d’eau chaude
  • nourriture peu digeste sûrement lié à un manque d’hygiène général
  • haute altitude (=mal des montagnes)
  • routes en très mauvais état sur certaines parties et manque de communication de la part des chauffeurs
  • pas ou peu Internet

Pérou
– Les plus :

  • les paysages fabuleux
  • les gens sympathiques
  • le coût de la vie

– Les moins :

  • attention aux voleurs
  • Huaraz trop bruyant (coups de klaxon perpétuels)
  • excursions chères
Près de Potrerillos, Argentine

Près de Potrerillos, Argentine

Rencontres et couchsurfing
Le Mexique a été le pays ayant la population la plus accueillante et chaleureuse. Avec casiment un mois de couchsurfing, c’était le pays des nombreuses rencontres.
Le Pérou se classe tout de suite après. Moins de couchsurfings mais des gens généralement très sympathiques.
Au Chili et en Argentine, y’a des gens sympas, le couchsurfing est possible mais y’a aussi des gens froids.
Les jamaïcains sont souriants mais il y a toujours un rapport à l’argent qui rend difficile les relations amicales.
Les boliviens sont froids et distants, impossible d’échanger avec eux (en dehors de rares exceptions).

Près de Potrerillos (mais quand même plus loin que l'autre), Argentine

Près de Potrerillos (mais quand même plus loin que l’autre), Argentine

Paysages
On a vu énormément de belles choses mais ce qui nous a le plus émerveillé, dans l’ordre croissant :

  • la Patagonie (Ushuaia, Torres del Paine, el glaciar Moreno) avec ses immenses glaciers et montagnes enneigées se reflétant dans les étendues d’eaux calmes
  • Huaraz (au Pérou) avec ses lagunes bleues turquoises et ses monts enneigés
  • le Machu Picchu (au Pérou), site Inca au milieu de montagnes verdoyantes
  • le désert de l’Atacama (au Chili) avec son sable orangé et ses grands geysers
Geysers del Tatio, Chili

Geysers del Tatio, Chili

Nourriture

  • Respect des végétariens
  • Épicé au Mexique et en Jamaïque
  • Tortillas
  • Empanadas
  • Dulce de leche
  • Milanesas
  • Lamas
  • Cochon d’Inde grillé dans le sud du Pérou (on n’a pas goûté, ça nous dégoutait et attristait visuellement)
  • Bons jus de fruits naturels avec des vrais fruits pleins de pépins et surement sans OGM
  • Poulet à toutes les sauces !

Coutume et habitude commune aux pays
Une seule bise, pas 2, pas 3 (comme en Ardèche du sud 😉 )

Machu Picchu, Pérou

Machu Picchu, Pérou

Nos galères
Le voyage s’est passé sans gros problèmes : pas d’agression, de grave maladie ou de vol (en fait si mais ça compte qu’à moitié vu qu’on a tout récupéré). On a tout de même eu notre lot de petites galères tel que :

  • La journée de Blue Mountain : gravir une montagne sans avoir à manger pendant une journée sous un soleil brûlant et attendre notre chauffeur jusqu’à la nuit
  • Des nuits froides sans chauffage (dormir avec veste, bonnet, chaussettes…)
  • Ne pas avoir d’eau chaude (très nombreuses douches froides ) ou pas d’eau tout court
  • Une nuit blanche et toute la journée dans un terminal de bus en souffrant du froid
  • Le mal de l’altitude
  • Pas manger pendant 24h (pourtant on voulait manger nous !)
  • Pas prendre de douche pendant plusieurs jours
  • Dormir parterre (avec le lot d’insectes que ça inclut), sur des chaises ou dans des bus (pas des bus couchettes bien sûr)
  • Rester dans un bus pendant plus de 24h
  • Être malade au milieu d’un salar dans le froid
  • Retirer de l’argent et ne pas avoir les billets (on a récupéré notre argent 1 semaine avant de rentrer en France)
  • Louper notre ville de destination à cause du chauffeur de bus et se retrouver 3h trop loin
  • Être malade à cause de la nourriture avec pas toujours de toilettes à disposition
  • Se retenir de pisser pendant des heures à en avoir mal au ventre
  • Laver ses vêtements à la main (souvent à l’eau gelée, ou la technique à Kévin : laver sous l’eau tiède pendant sa douche !)
  • Subir la désorganisation des excursions
  • Se faire fouiller nos sacs, voler des vêtements, passer la nuit au commissariat, faire une déposition en espagnol
Huaraz, Pérou

Vue depuis la Laguna Churup, Pérou

Ce que ça nous a apporté

  • La découverte culturelle
  • Ça nous a enlevé les préjugés qu’on avait tels que penser que l’Amérique latine est sous développée au point qu’ils vivent comme en Europe il y a vingt ans : ceci est totalement faux, ils vivent comme nous en France, ils ont des iPads, Internet haut débit et tous les équipements usuels et ménagers courants en Europe.
  • Apres avoir enduré toutes ces petites galères, toutes ces aventures font qu’aujourd’hui on arrive à apprécier les choses les plus simples comme avoir un lit pour dormir, des toilettes ou de l’eau chaude. Et on peut traverser la France entière sans que le trajet nous paraisse long ! (Enfin… Manon a surtout écrit ça car c’est Kévin qui conduit ! hein ? ^^)
  • Un plus gros coeur. Généralement on parle plutôt de gain en endurance (après toutes ces grandes randonnées en haute altitude)
  • De s’être amélioré en espagnol (c’est agréable de passer de “notion” à “courant” *sentiment de fierté*)
  • Des paysages fabuleux pleins la tête, que les photos nous rappellent, mais croyez-nous, les photos, c’est vraiment que des photos
  • De nombreuses bonnes rencontres qu’on n’oubliera jamais, car l’aventure aurait été tellement différente sans eux : Jorge notre premier couchsurfing, Alexandro de Villahermosa, Gerry et Magaly, Melissa et Sarah, Alejandro de Puerto Maya et Eliana, Mariela, Joel le petit con qui nous a fait pleurer au moment des aurevoirs, Rastaman, Diego de Rio Grande et Ana ainsi que leurs amis Marcos de Rio Grande et sa femme Yumi, Matthieu le québécois, Andrés et Teresa, Diego et Marcos de Córdoba, Tifany la mexicaine baroudeuse sans appareil photo (tout dans la tête !), Paul le français croisé dans l’Atacama, les espagnols David et Rachel, Marion et Halim du sud de la France, Justine, Kevin (AQP rocks !), Maria l’hollandaise, les lituanniennes Gintė et Ieva, Aude, Cathia (sosie de toi Magali !) et Julien encore 2 français, Florian le roux tout fou de Lyon, Edgardo… Et tout ceux dont on n’a pas su le nom, sans qui ce voyage n’aurait pas pu être aussi enrichissant.
Laguna 69, Pérou

Laguna 69, Pérou

Cette aventure fut donc extrêmement enrichissante (qui l’eut cru !), beaucoup de personnes nous ont suivis via ce blogue (ce qui nous a fait vraiment très plaisir !), on a rencontré plein de gens de tous les horizons, on s’est ouvert l’esprit encore plus qu’il ne l’était, bref, une page se tourne, mais le côté positif (parce qu’être positif, c’est mieux quand même dans la vie), c’est qu’une nouvelle page est déjà en cours d’écriture, sûrement plus courte, mais tout aussi excitante que celle-là le fut. Comme on l’a énormément entendu durant le voyage, rien de tel que clôturer sur un précieux mais puissant émotionnellement : ¡ Que le vaya bien !

Ushuaia

Ushuaia

PS : une petite surprise en 360°, juste >> là <<

Les chiens errants

En France, on ne voit pas beaucoup de chiens errants. Les toutous qui n’ont pas de foyer sont en général envoyés à la SPA ou dans des refuges.

En Jamaïque, il y a tellement de pauvreté, tellement de personnes qui vivent dans la rue que les chiens sont loin d’être leur préoccupation. Du coup, ils vivent dans la rue également et tentent de survivre. Survivre est le mot approprié. Ils sont si maigres qu’on voit leurs côtes, les femelles ont les tétines qui pendent, ils sont sans cesse à la recherche de nourriture, à fouiller dans les déchets et ils ont tous ce regard triste dans lequel on devine leur détresse. Ils ne sont pas agressifs pour autant. Ils cherchent du réconfort auprès des Hommes et une caresse suffit à les rendre heureux, au moins pour quelques instants.

En Argentine et au Chili, il y a autant de chiens errants qu’en Jamaïque. Il y en a partout : dans les grandes villes, les petits villages, les arrêts de bus isolés, les lieux publiques…
Mais nous avons constaté une grande différence : ils ne sont pas maigres et n’ont pas ce regard triste qui nous faisait tant de peine. Ils sont même plutôt bien portants, avec une épaisse fourrure pour se protéger du froid, de vraies peluches vivantes !
Le sujet m’a beaucoup intrigué, j’ai donc mené ma petite enquête.

chiens errants 3Il y a des associations qui tentent de s’en occuper mais il y en a tellement que ce n’est pas demain la veille que le “problème” sera réglé. J’ai mis problème entre guillemets car après avoir pris du recul sur la situation, je ne suis plus certaine que ce soit un réel problème. En effet, les chiens n’ont pas de foyer fixe mais ils ne sont pas malheureux pour autant. Ils vivent parmi les hommes sans poser de soucis. Ils ne sont pas agressifs et même au contraire, assez câlins. Ils sont solidaires entre eux. C’est assez beau de voir un groupe de 5-6 chiens de races complètement différentes qui partagent leur quotidien.
Ils n’ont pas une famille attitrée, leur famille c’est tout le monde. Les gens les nourrissent, les câlinent, les aiment et les soignent ! Ils ne laissent pas un chien malade agoniser, ils amènent les chiens en difficulté dans un centre vétérinaire où ils sont soignés.

Bon, on n’est pas dans le monde des Bisounours non plus (ou de Oui-Oui comme dirait mon oncle) ! Il y a des chiens malheureux et je préférerais les voir dormir dans un endroit chaud et recevoir tout l’amour dont ils ont besoin et qu’ils n’ont pas forcément dans la rue.

Au final, qu’en pensez-vous ?

Personnellement, je trouve que ce n’est pas agréable de voir des animaux sans famille sous nos yeux mais je pense que ce n’est pas mieux de nier le problème en les enfermant dans de toutes petites cages dans des refuges de type SPA, où ils finiront par être euthanasiés ! En plus, les SPA ont besoin d’argent et de bénévoles pour s’en occuper, alors qu’en Argentine et au Chili les chiens vivent parmi les hommes dans la rue : le “problème” s’auto-gère, avec moins de moyens qu’en France et avec un meilleur bien-être animal. (Petite parenthèse : on n’a pas vu de chiots, je pense qu’ils ne survivent pas forcément tous dans ces conditions et que de ce fait, le nombre de chiens errants n’est pas en train d’augmenter exponentiellement : on a à nouveau une autorégulation.)

Ça ne règle pas le problème de les laisser vivre dans la rue où ils continuent de se reproduire. D’ailleurs, je ne dis pas que c’est LA solution ni même une solution ; mais je pense qu’ils ont une vie meilleure dans la rue, à être libre de se promener, courir, sentir, manger, boire, aimer, bref vivre plutôt que dans une petite cage à attendre la mort ou que quelqu’un, peut être, vienne les adopter.

chiens errants 2

(Des chiens errants également en Bolivie et au Pérou, dans les mêmes conditions qu’en Argentine et au Chili, peut être en nombre moins important, à moins qu’on se soit habitué à les voir).

Pérou : le bilan

Le Pérou c’est le pays des contrastes. On passe de l’extrême chaleur au vent glacé, du désert aux plaines verdoyantes, des plaines aux montagnes enneigées, mais les contrastes sont également culturels. On trouve des personnes chaudes et adorables comme les mexicains, et d’autres froides et en attente de leur mort prochaine comme des boliviens. Bref, le Pérou ça nous a plu, et voilà ce qu’on en a retenu après ces 23 jours principalement dans le sud.

Le pays même
Ici pas d’avortement, sauf en cas de viol. Étonnant pour ce pays assez évolué côté mœurs. D’ailleurs il y a un système de sécurité sociale et un système de chômage, bien qu’il y ait peu de chômeurs. Prochainement le mariage gay devrait être autorisé.

Les gens, la mentalité
Les péruviens sont petits et bronzés. On retrouve des femmes qui, comme les boliviennes, se servent d’un tissu pour porter leur bébé ou leurs courses dans le dos.

On a rencontré beaucoup de péruviens chaleureux, souriants, super gentils, tactiles… Les réceptionnistes d’hôtel : on se connaît à peine mais on a droit à un câlin en guise d’aurevoir. Les chauffeurs de taxis qui nous indiquent les endroits dangereux pour ne pas qu’il nous arrive quelque chose. Le couchsurfing est un bon indicatif. Quand des personnes nous invitent c’est que les gens sont ouverts et accueillants. On s’est fait deux amis péruviens (et beaucoup d’étrangers, quand on voyage pendant les vacances d’été, c’est normal). Bref, certains péruviens ont la même mentalité que les mexicains.

“Certains” seulement car d’autres au contraire sont plutôt froids comme les boliviens.
On avait également entendu dire à plusieurs reprises que les péruviens étaient voleurs, il doit effectivement en avoir au moins un à Cusco !

Il y a aussi les péruviens qui essaient de vendre des excursions. Ceux-là sont envahissants et insistants. Difficile de circuler calmement sur la place de Cusco sans se faire aborder tous les mètres.

Les péruviens conduisent la main sur le klaxonne à Huaraz, ils l’utilisent tout le temps et c’est assez pénible.

Hébergement
– 2 couchsurfings qui se sont très bien passés (1 annulé à Lima)
– Hôtels ou auberges : souvent confortables, environ 18€ pour une chambre matrimoniale avec salle de bain privée, eau chaude, Internet et petit déjeuner.

Les transports
– Confortables tout comme en Argentine et Chili, en général à l’heure.

Les paysages/La nature
– Le fameux Machu Picchu, des ruines incas au milieu de grandes montagnes verdoyantes, un site à voir absolument, ça vous coûtera minimum 70€ pour le visiter (transport, entrée sur le site et hébergement compris).
– Les lignes de Nasca au milieu du désert. Les photos sur Google nous paraissent mieux que ce qu’on a vu de nos propres yeux.
– Huacachina, une oasis entourée d’immenses dunes de sable, une journée maximum suffit pour la découvrir.
– Les îles Ballestas remplies d’oiseaux et otaries, une sorte d’île Galápagos américaine !
– Paracas, un parc national désertique au bord de l’océan, qui ne nous a pas vraiment séduit.
– Huaraz, ville en altitude entre la cordillère noir et de la cordillère blanche. Des paysages fabuleux de lagunes bleues turquoises au milieu de montagnes enneigées : la Laguna 69 est notre coup de cœur du Pérou ! Et rivalise en beauté avec Ushuaia.

La nourriture
– L’alcool du coin, le Pisco, est plutôt doux, ça se boit sans soif.
– Vers Cusco notamment, une spécialité : un hamster grillé. Nous n’avons pas goûté par soucis d’éthique.
– Sinon comme d’habitude : de tout ! Beaucoup de poulet, pizzas…
– Lima, capitale gastronomique, a des choses intéressantes. On n’a fait que 2 repas, c’est donc peu représentatif, mais si vous allez à Lima, testez tout ce que vous pouvez, ça vaut le coup. Faut juste connaître les bonnes adresses pour ne pas se faire gonfler les prix.

Le climat
Grande amplitude : chaud la journée, froid la nuit. La journée des grosses fraîcheurs à l’ombre et quand il y a du vent. Plus jamais on ne dira quand on a chaud : “raaaa je voudrais trop du vent frais”. C’est très chiant a gérer dans la réalité, et ça a été comme ça très souvent ici !

Le coût de la vie en bref
– 1L d’essence = 1€. Mais attention, au Pérou on parle en galons ! (1 galon = 3,79L)
– Un menu au restaurant (entrée, plat, dessert, boisson) : 2€ à 7€
– Menu Macdo : 3,5€
– Chambre matrimoniale avec salle de bain privée, eau chaude, Internet et petit déjeuner : 18-20€, soit le pays le plus cher que nous ayons fait dans cette partie du continent.

Notre budget

– Budget prévisionnel : 27€/j/personne

– Budget dépensé : 31,5€/j/personne
Les excursions nous ont coulés ! Sûrement le manque de couchsurfing également, et les transports étaient assez dispendieux mine de rien. Il nous aurait fallu plus de temps pour amortir notre léger excès.

Les petits plus
– Les terminaux de bus ne sont pas tous regroupés aux mêmes endroits dans les villes, c’est donc toujours très brouillon : on sait que l’on ne va sûrement pas repartir de là où on est arrivé.
– Les constructions ne sont jamais terminées, à croire qu’ils prévoient toujours de rajouter un étage à chaque bâtiment !

Lima, dernière étape de cette aventure 2014

On arrive à Lima le 18 août 2014 à 20h30.
On décolle le 20 août à 9h25.

Entre temps, on a nagé avec des dauphins, fait un trek en pleine nature, et fait du sandboarding ! Non je déconne, bien sûr on n’a rien fait de tout ça, Lima c’est une méga grosse énorme capitale où on n’a pas vu le ciel une seule fois, juste une nappe grisâtre nuit et jour, je crois qu’on appelle ça la pollution, bien que le taxi auquel j’ai lancé “hey c’est trop pollué ici” ait répondu que c’était comme ça que l’hiver, que c’était normal, que c’était pas la pollution. Et mon cul hein ? Non il avait peut-être raison, mais bon.

On est arrivé avec 3h de retard en réalité, histoire de ne pas changer les bonnes habitudes. Vu qu’il était tard on a préféré annuler notre ultime couchsurfing prévu pour une raison évidente : on n’aurait pas pu profiter de lui, or le couch on le fait plus pour profiter des gens que profiter de leur lit gratuit.

Déguisé en péruvien, je me fond même dans le décors

Déguisé en péruvien, je me fond même dans le décors

On galère ensuite à trouver un hôtel, mais bon, vous vous doutez bien qu’on en a trouvé un. Plutôt cher, enfin, 100 soles la nuit, soit 29€. Oui, à peu près le même prix que notre premier hôtel au Mexique, que l’on avait trouvé pas cher. C’est fou comment notre sens de la valeur de l’hébergement a changé en quasi 5 mois. Mais bon, on est dans un hôtel plutôt cool, on a l’impression d’être limite dans le luxe : eau chaude à volonté et wifi fonctionnant impec !

Le lendemain est notre seule journée pour profiter de Lima. Après 12h de sommeil, je me lève ; j’avoue que j’ai un peu entaché cette journée, de toute façon le temps est “nuageux”. Manon elle est réveillé depuis déjà 4h, trop excitée de rentrer en France. On sort faire un tour à la place des armes. Le taxi qui nous dépose nous dit de redoubler de prudence. On redouble donc de prudence. Les péruviens sont voleurs, et apparemment c’est pire ici. Je vous rassure tout de suite, on ne s’est rien fait piquer !

On passera la journée autour de la place des armes avec des activités reposantes et gastronomiques. Une partie d’échecs, quelques boutiques (j’ai trouvé tes bonnets Julien, tu vas être content ! Par contre ils me plaisent, donc pas sûr que je te les donne, tu vas être moins content !), et on a goûté des spécialités culinaires midi et soir, Lima étant réputée pour sa bouffe. L’idée était plutôt bonne à la base, mais débuter sur une entrée qui vous arrache la bouche en était une moins bonne, mais bon, on est là pour tester !

Le lendemain on doit se lever à 5h du matin, du coup, il faut se coucher tôt. À 1h30 je m’endors profondément, on se lève, on arrive à l’aéroport et… tout se passe bien ! Quoi, l’article est bâclé ? Meuh non, y’a juste pas grand chose à raconter, Lima fut calme, couchsurfing annulé, l’aéroport se passe à peu près bien, on rentre en France et on est content, oui, content ! Enfin, les 5€ le sandwiche nous ramènent à la triste réalité des prix français et de l’euro. De plus on revient avec tous nos vêtements ! Tous ? Non, en fait Manon a oublié des chaussettes qui séchaient dans le dernier hôtel… La haine ! Une fois en France on demandera peut-être à l’hôtel si ils acceptent gracieusement de nous les renvoyer. Manon imagine déjà qu’il vont répondre : “Des chaussettes ? Ah non, on n’a rien vu !”

Mon dernier trek, en pleine capitale et en solo svp ! Récompense : un train.

Mon dernier trek, en pleine capitale et en solo svp ! Récompense : un train.

Longtemps j’ai eu un peu peur de ne plus apprécier les derniers moments que nous allions vivre loin de la France, un peu comme quand on apprécie plus les derniers jours de nos 2 semaines de congés d’été, mais là on a très bien profité jusqu’au dernier trekking !

Une conclusion sur le Pérou, puis une conclusion globale sur ces 5 mois en Amérique latine et enfin le budget total dépensé par catégorie (on a été rigoureux ^^) seront prochainement publiés. Ah, et il y aura aussi un article bonus !

Huaraz, émerveillement dans la Cordillère Blanche

Le mardi 12 août, on arrive sur le coup des 8h30 du matin à Huaraz, frais comme des gardons. On choppe un taxi. Il nous dépose dans un hôtel en nous disant qu’il est près de la place des armes, cool ! Mais on se rendra compte de la supercherie que quelques heures plus tard. Tant pis, on est à 20 minutes du centre, mais dans un hôtel, ou plutôt auberge, non, un truc pas cher.

Le gérant de l’hôtel appelle un de ses potes faisant des excursions dans la Cordillère blanche, mais on le sent pas, on fera donc quelques agences dans le centre pour voir ce qui s’offre à nous, car l’activité principale en partance de Huaraz, ce sont des treks de un à TRENTE jours dans la Cordillère blanche, une immense chaîne de montagnes (blanche à ses sommets). Face à la blanche, y’a la noire, offrant une belle vue sur la blanche justement. Ce sera notre premier trek d’ailleurs.

Le mercredi 13 on part avec un guide à quelques 20 minutes de Huaraz, et on grimpe. 2h de montée en théorie, mais ils avaient du voir large car on atteindra la lagune de Wilcacocha au sommet en 1h30. On en a bien chié quand même, soyons honnête ! Pause déjeuner à côté de la lagune, en admirant la vue panoramique sur la cordillère blanche. Malheureusement le temps est nuageux, du coup, soyons encore honnête, la lagune est moche et le panorama est pas super top.

huaraz pano blanc

Côté positif, on ne brûle pas sous le soleil, et ça c’est cool car y’a pas de zone ombragée ici. La cordillère noire est plutôt jaune sur ses flancs, car en cette période d’été, tout est cramé. En hiver, il paraît que c’est vert. Pour la descente on demande au guide de prendre un autre chemin que pour la montée, le chemin est assez difficile car constitué de pierre. Mais bon, on voulait le rentabiliser car on a vite compris que payer chacun 15€ pour l’avoir on s’est fait un peu entuber, soyons zonètes (décidément !). Julio, le guide, a 27 ans et a vécu les 10 premières années de sa vie avec sa grand mère, dans la campagne, bénéfice : il connaît super bien les plantes, et sait se soigner avec. Il nous raconte notamment l’histoire d’une fille que la médecine contemporaine n’arrivait pas à soigner, qu’ils ont emmené au bord d’une lagune, puis recouverte de certaines plantes, et hop, elle était debout en moins de temps qu’il n’en faut pour prononcer “c’est une histoire vraie ?”. À 14h on est de retour à Huaraz.

Le lendemain on se repose -vous avez l’habitude maintenant qu’on fasse des journées pauses !- et on change d’hôtel, d’auberge, enfin de lieu quoi. Pourquoi ? Parce que le lieu en lui-même est éloigné du centre, la cuisine qu’on devait pouvoir utiliser est quasi inexistante puisque résumée en terme de vaisselle à une casserole dégueulasse qu’on nous a filé le premier soir -limite on devait aller acheter une éponge pour la nettoyer : LOL ! Filez-nous une éponge, et encore heureux qu’on te demande pas de la nettoyer !- On n’a pas confiance en la sécurité des chambres (un cadenas pour fermer… mouais), et l’environnement est plutôt crade globalement. Ah et aussi on attend toujours les petits-déjeuners prévus. Donc voilà, outre les moults autres détails négatifs, on change, parce que le changement, c’est maintenant, (François si tu nous lis, tu vois, nous, on agit 😉 ) et on arrive dans un hôtel dont nous avait parlé Florian. Quoi ? Vous ne vous rappelez pas de lui ? C’est le français rencontré au Machu Picchu, qui est également à Huaraz actuellement.

On profite un peu de la ville en cette journée de repos, enfin profiter est un grand mot, car la ville a beau compter 150.000 habitants, elles est pourrie, je m’explique. Un ruisseau traverse la ville, des ordures le longent et s’y promènent, les bâtiments sont inachevés, sales, les commerces sont majoritairement inutiles (énormément de magasins pour faire des photocopies. Je comprends pas trop ce délire honnêtement. Mais bon), et le truc le plus stressant et énervant : les gens ici ont la foutu habitude de klaxonner tout le temps, mais vraiment tout le temps. “Oh, un passant, TUUUT. Oh, un croisement où je suis prioritaire TUUUT. Oh, TUUUUT”. C’est simple, les gars ici conduisent avec la main au dessus du klaxon. Un truc de fou. Et pour info, ici également c’est interdit de klaxonner pour x raisons, comme en France. Mais que fait la police ? Ben elle fait la circulation apparemment.

Avec ce temps gris, nous ne fûmes pas séduit au premier coup d'oeil à 4450m

Avec ce temps gris, nous ne fûmes pas séduit au premier coup d’oeil à 4450m

Le vendredi 15 août, on prévoit de se taper l’ascension jusqu’à la lagune Churup avec Florian. Bon alors les guides en papier et sur Internet conseillent de ne pas s’aventurer seul, ça tombe bien, on y va à trois ! Ils conseillent également de partir tôt le matin. Vous nous connaissez. On décolle à 9h45 de Huaraz, tous les 3. Les guides parlaient de 15 minutes pour atteindre le début du chemin, mais le chauffeur nous dit 45, et il a raison le coquin !

Bref, on se retrouve à Llupa pour attaquer le trek. Ça commence tranquille, la première heure et demie on s’économise. On arrive à Pitec, pseudo ville où on paye 10 soles pour commencer les choses sérieuses. Ça grimpe beaucoup, c’est assez hardu, soyons honnêtes, on peine, on piétine avec Manon, et on commence à s’essouffler énormément. L’altitude nous pèse de plus en plus et nous emmerde littéralement sur des passages difficiles où on doit utiliser des cordes en métal -parfois bien usées- pour escalader certaines parties. On fait beaucoup de pauses car en plus d’une migraine naissante, j’ai des vertiges et Manon la nausée. Pas cool pour escalader. Quand je dis escalader c’est vraiment escalader, certains passages nécessiteraient d’avoir du matos d’escalade car c’est vraiment dangereux. On est à bien 4000m à ce moment, et c’est fou que mon corps qui semble bien acclimaté à 3000 (altitude de Huaraz) soit complètement HS ici. Je dis “mon” corps, car Manon a toujours des difficultés avec l’altitude, son cœur s’emballe très facilement à chaque fois qu’on se trouve à plus de 3000 mètres (Huaraz comprit. Pour info le Machu Picchu qui ne lui avait pas posé de problème est à “seulement” 2500).

La lagune est en fait de l'autre côté, mais la vue nous plaisait plus ici !

La lagune est en fait de l’autre côté, mais la vue nous plaisait plus ici !

2h30 nous seront nécessaires pour faire Pitec-La lagune de Churup. 2h30 c’est le temps informatif donné, on est pile dedans, et vu comment on a peiné, je peux vous dire qu’on est heureux d’arriver à la lagune, les derniers mètres de pente raide furent un calvaire. Il est 14h30. On a donc mit au total 4h pour arriver là. Je pensais que le trek durerait 2h30, j’avais rien compris en fait ! On se pose 1h le temps de se reposer, et surtout manger, s’hydrater, prendre des photos du site. Durant la montée on a eu des gouttes de pluie, et surtout vu arriver de gros nuages noirs, ce qui nous a bien fait flipper. Car outre la pluie, une étendue d’eau avec des nuages au dessus c’est généralement plus moche qu’avec un ciel bleu dans laquelle il se reflète -mais c’est qu’on  deviendrait exigeant avec la météo maintenant !-. Pendant notre déjeuner, on a le droit à de la neige fondue, de la petite grêle, en plus du vent glacial, et entre temps il arrive que l’on ait des éclaircies, nous faisant bouillir sous nos vestes. Durant ce trek on a connu un peu toutes les saisons ! Même les rafales de vent latérales qui vous obligent à marcher penché d’un côté pour y résister ! Bref, les quelques éclaircies nous permettent de profiter des lieux, et ma foi, ça vaut le coup d’avoir souffert pour arriver là !

A gauche de la cascade le chemin en mode "escalade avec les cordes en métal", à droite, notre descente en mode "AAAAAaaaaaah !"

A gauche de la cascade le chemin en mode “escalade avec les cordes en métal”, à droite, notre descente en mode “AAAAAaaaaaah !”

Après 1h de pause on entame la descente. Il nous reste pile 3h pour rejoindre le point initial d’où partira le dernier collectif -petit bus- pour Huaraz. En tout cas c’est ce que nous a dit le chauffeur du matin : “18h30”.

On ne redescend visiblement pas exactement par le même chemin, on ne se tape pas les cordes usées en métal, et on s’aperçoit qu’on est du mauvais côté du fleuve ! Enfin “mauvais” c’est exagéré, de ce côté là aussi on peux passer, faut juste être un peu sportif et un peu foufou. L’escalade est abrupte, un passage particulièrement délicat nous oblige à être collé à la paroi et redoubler de vigilance pour ne pas glisser, car ce serait la catastrophe assurée. Pendant que j’aide Manon à traverser certains passages difficiles, ce couillon de Florian filme nos exploits. Après 30 minutes de descente dangereuse, on arrive sur la zone de camping. Le plus dur est fait, et on ressent déjà les bienfaits d’avoir descendu 400 bons mètres, nausée et mal de tête se calment, on respire mieux, ouf.

Durant la descente on croise 2 français qui vont camper cette nuit, bon courage avec tout ce matos pour grimper à la lagune ! Le soleil qui poursuit son déclin laisse apparaître des paysages merveilleux, de toute beauté, les mêmes qu’à la montée, mais en même temps différents, dont nous profiterons tout en descendant aussi vite que possible.

Si tu glisses, tu tombes... très bas !

Si tu glisses, tu tombes… très bas !

On arrive au lieu de rendez-vous dans les temps, 18h10. Les gars sur place nous disent qu’il n’y a plus de bus à cette heure là. Panique ? Non, un 4×4 vient ramener ces travailleurs à Huaraz, et nous embarquerons avec eux, enfin, pas tout à fait avec eux, nous on est dans le coffre extérieur, dans les pots de peinture et les échelles. Le trajet est rigolo, pour moi, beaucoup moins pour Manon qui a peur d’être éjectée à chaque dos d’âne. On arrive vivant à Huaraz 40 minutes plus tard, et le petit vieux dans le coffre avec nous nous accompagne jusqu’à la place des armes.

Florian nous fait goûter une spécialité qu’il a trouvé ici, des churros fourrés de manjar (manjar=Dulce de leche péruvien=confiture de lait en France. Le nom est différent mais c’est la même chose.). J’adore ! Mais c’est hyper bourratif.

Le samedi ce sera un repos bien mérité, on a des courbatures un peu partout. En fin d’après-midi on rejoint Florian pour se rendre ensemble à quelques 20 minutes de la ville, Anta, en direction de Yungay, pour admirer un coucher de soleil sur les montagnes. Le soir même Florian prend un bus pour aller plus au nord du Pérou et entamer son 5ème et dernier mois de voyage. De notre côté on planifie la journée suivante : ce sera la fameuse Laguna 69. Il paraît que c’est le lieu le plus beau autour de Huaraz, du coup, on se l’ai gardé pour la fin, dernier trek de notre voyage, et peut-être un endroit idyllique.

Ce dimanche debout à 5h30 -du matin bien entendu. Quelques courbatures de Churup sont encore là, mais on va encaisser hein, c’est notre dernière activité péruvienne !

Gardez-bien à l'esprit que c'est encore plus beau de nos propres yeux

Gardez-bien à l’esprit que c’est encore plus beau de nos propres yeux

Sur le trajet, le bus s’arrête notamment aux Lacs de Llaganuco pour une pause photo. Le premier de ces 2 lacs est d’un bleu magique, au pied de ces montagnes immenses, on en prend pleins les yeux. Dix minutes plus tard le bus arrive à destination avec 1h de retard, il a mis 4h au lieu de 3, en partie de sa faute, mais aussi au groupe d’allemands qui ont retardé le bus à plusieurs moments. C’est important de souligner ce retard, car le temps que l’on a pour faire le trek, lui, ne change pas, et pourtant on doit être de retour ici dans exactement 6h. Bon, le trek est prévu en 3h aller et 2h30/3h retour. Ça devrait le faire !

Certains partent comme des balles, nous on se met de la crème solaire, Manon ajuste son chapeau, et patati, et patata, bref, on part les derniers, il est 10h pile.
Ça commence cool, on descend ! On arrive rapidement sur du plat, puis légère montée. Le paysage est vraiment beau. Se baladent chevaux et vaches par-ci par-là. On remonte la rivières parcourant cette plaine. On marche bien et on commence à doubler des gens. Au bout de 10 minutes on en voit qui font déjà des pauses, et ben c’est mal parti pour vous les petits loups !
En 40 minutes on a doublé quasi tous ceux de notre bus, m’enfin c’est pas très dur : on est les seuls à ne pas s’arrêter pour reprendre notre souffle. Une bonne montée arrive, 30 minutes d’ascension où on double les premiers de notre bus, et on commence à rattraper des gens du bus précédent. Les paysages sont à nouveaux magnifiques, plus beaux que Churup ! Une cascade, une vue sur les montagnes enneigées des environs, la plaine que l’on a traversée en contre-bas. Histoire de, on fait une pause d’une minute pour boire. On double un jeune, la vingtaine, bien musclé et faisant une pause. En nous voyant passer il enquille derrière moi. 20 secondes plus tard je me retourne, hop, 10 mètres derrière le jeunot. Une minute plus tard, je ne le vois plus ! On arrive à nouveau sur du plat et passe devant un petit lac. Pas spécialement beau, on avance. Nouvelle plaine, décors de géant, on est ridiculement petit ! Mais on voit déjà ce qui se profilera devant nous 5 minutes plus tard, la deuxième grosse montée. Jusque là on trouve honnêtement ce trek facile. Churup a dû nous renforcer !
Cette dernière montée est un peu plus difficile, mais quand on commence à peiner, on arrive au sommet. Quelques mètres de plat et, PUNAISE !

huaraz laguna69 kevin

S’étend sous nos yeux la lagune 69, surmontée d’une montagne tout simplement magnifique. La lagune est d’un pur bleu turquoise intense. L’eau est transparente. Le soleil provoque des scintillement dans la lagune. La montagne en face de nous est enneigée, ou glacée, enfin on ne sait pas trop, ça brille tellement et l’aspect est particulier, on dirait du plastique blanc ! Il est 12h15. On est donc monté en 2h15 au lieu de 3. On calcule rapidement, ouais, on peut se permettre de glander ici 2h ! Enfin, je ne vais pas beaucoup glander. Alors que Manon se pose à l’entrée du site avec d’autre personnes, je pars en solo pendant près de 1h à crapahuter autour de la lagune pour la voir sous différents angles. Je reviens vers Manon, mis hors service par l’altitude (4500 mètres, ça fait haut pour faire le con pendant 1h). J’ai un mal de tête évoluant plutôt mal, et aucun appétit. Je profite un peu de cette vue du lac beaucoup plus classique, mais qui est honnêtement la plus belle, puis on redescend. À ce moment je me sens vraiment mal, ne pas avoir beaucoup mangé ne m’aide sûrement pas, mais au moins je bois ! Après la première descente, ajouté au mal des montagnes, j’ai les intestins, stimulés par la randonnée qui me font vivre un enfer. À ce stade une seule solution : “Comment chier dans les bois ?”. Encore merci de m’avoir offert ce best-sellers Magali, ça aura été utile ! Je me rappelle d’un passage où ils disaient quelque chose comme “prenez votre temps de choisir l’endroit idéal, quitte à chier, autant en profiter pour avoir un beau paysage”, et avouez que devant une montagne gigantesque à la cime enneigée, une vallée verdoyante sublime, et sous un ciel bleu, on se rapproche de l’idéal non ?

On serait allé encore vachement plus vite en montant les chevaux !

On serait allé encore vachement plus vite en montant les chevaux !

Manon a ce phénomène étrange qui se reproduit : son mal de tête s’accentue durant la descente.   Entre nos pauses diverses et nos douleurs diverses, on mettra 2h pour rentrer, et on arrivera devant le bus à exactement 16h, l’heure de retour indiquée par le chauffeur. On décolle ? Ah, non, c’est sans compter sur ces foutus allemands. Les derniers arriveront avec 1h30 de retard. L’un d’eux ayant sorti son petit réchau et faisant du café ne se presse pas à tout remballer, bref, on part avec 1h45 de retard. Honnêtement on avait espoir que le chauffeur abandonne ici les plus lents ! C’est pas qu’on est pressé, mais ce soir on a une tonne de choses à faire avant de quitter Huaraz -donc en fait, SI, on est pressé !-.

Petite parenthèse pour exprimer ô combien les allemands entre 20 et 30 ans qui voyagent ici sont des emmerdeurs. Tous les groupes que nous avons croisés étaient irrespectueux vis à vis du silence de l’auberge, de laver leur vaisselle, mettre en retard les autres dans les transports en commun, et donc globalement impoli -dire bonjour c’est pour les tapettes ! Bref, si j’étais vulgaire je dirai que ce sont des vrais connards. Oups. Si encore leur langue était belle, mais le contraste avec l’espagnol est tellement énorme, les pauvres ne cumulent que des défauts. Fin de la parenthèse.

On arrive à Huaraz à 20h30, le bus nous lâche en plein centre ville, on retrouve le chemin de l’auberge, et c’est heureux -et sale- que l’on rentre de ce dernier trek, des images pleins la tête -et pleins le numérique. “MERVEILLEUX” décrit parfaitement cette ultime randonnée dont les paysages rivalisent clairement avec ceux rencontrés à Ushuaia. On a été ébloui avec notre premier trek sur le continent, et avec le dernier, le pied !

Huacachina, Islas Ballestas et Paracas

Les transports s’enchaînent bien et on arrive à Huacachina vers 16h30 le dimanche 10 août. Il n’y a pas beaucoup d’hôtels, peut-être deux. On est super bien installé : une belle chambre luxueuse et de l’eau bien chaude pour la douche (ce dernier point est rare ces derniers temps). On ne s’attendait pas à ça. Il a fallu aller au milieu du désert pour retrouver un peu de confort, c’est fou. On se trouve au milieu de gigantesques dunes de sable ! Huacachina est une toute petite ville entourant une étendue d’eau. On est bel et bien dans une oasis.

On espérait un coin perdu, tranquille mais en fait c’est une ville touristique. Pédalo, kayak pour faire le tour de l’étendue d’eau, un mec qui fait semblant d’être une statue, les vendeurs, les restaurants, l’ambiance… On se croirait presque sur la côte d’azur. Malgré tout, ça n’enlève rien au charme du lieu. On a rarement l’occasion de voir de tels paysages. Après avoir contourné l’oasis (2 minutes en prenant notre temps), on décide de faire l’ascension d’une des dunes de sable. On ne vise pas la plus haute, on est un peu fatigué. Kévin me dit “allez, dans 5 minutes on est en haut”. C’est ce qu’on verra ! Après 5 minutes à patauger dans le sable, on n’en peut plus, on fait une pause, même pas à la moitié. À chaque pas, le sable s’écroule et nous fait redescendre, difficile d’avancer ! On arrive finalement en haut, bien installé sur le sable chaud. On se croirait sur une plage mais sans la mer. Les gens pique-niquent, font du cerf volant… Mais la grande activité ici c’est le sandboarding, c’est à dire du snowboard sur du sable. Il y a beaucoup de buggy, des véhicules qui emmènent les gens en haut des dunes sans se fatiguer. Et ensuite, la descente se fait en glissant. Pour les débutants, rester debout n’est pas chose facile. Je préfère la technique des enfants qui s’assoient et s’en servent comme une luge. On observe toute ces activités autour de nous mais on est surtout admiratif de l’immensité des dunes. Les huacachina soleilgens en haut de la dune en face semblent minuscules. On assiste à un superbe coucher de soleil, avec un angle de vue parfait car le soleil s’emboîte derrière une dune en forme de volcan. On a choisi le bon endroit sans le savoir. Après les derniers rayons, l’air commence à se rafraîchir. Il est temps de redescendre. On voit les gens sur la dune en face dévaler la pente à une vitesse incroyable. On décide de courir aussi. À chaque pas, on avance d’une grande distance. On se sent tout léger. La descente se fait beaucoup plus facilement que la montée.

Musique dans les restaurants, dans les bars, c’est la fête dans toute l’oasis. La musique atteint même notre chambre. Il faut pourtant que l’on dorme car la journée du lendemain s’annonce chargée.

islas oiseauxDépart à 6h30 dans un van rempli de touristes, une majorité de français. Vers 9h, on embarque dans un bateau, avec un gilet de sauvetage orange fluo. C’est parti pour une heure au milieu des îles Ballestas. C’est un archipel d’îles où cohabitent un grand nombre d’otaries et de multiples espèces d’oiseaux marins : manchots, cormorans, pélicans, pingouins… On apercevra seulement 3 ou 4 pingouins perdus au milieu du flot des autres oiseaux. On profitera d’avantage des otaries. Ces îles sont l’équivalent des Îles Galápagos. Le temps est plutôt gris et l’air frais. Il est parfois possible d’apercevoir des dauphins mais nous n’auront pas cette chance aujourd’hui.

paracas

La plage rouge

On enchaine ensuite par la visite du parc national de Paracas. Sur la carte du Pérou, ce parc était représenté par une grande zone verte. On s’attendait donc à un grand parc très nature mais pas du tout, c’est un désert au bord de l’océan ! Suivant les zones, le sable est de différente couleur. On a droit à tous les dégradés d’ocre à orange. On s’arrête pour admirer différentes plages mais la plus belle sera la plage rouge, au sable… rouge. Pause d’une heure pour manger dans un restaurant perdu au milieu de tout ce sable. Des pélicans sont attirés par l’odeur du poisson dans les cuisines. Leur numéro est inhabituel pour nous. Ces gros oiseaux sont impressionnants (voir la vidéo). On termine notre visite par un musée sur l’histoire du parc. Je ne sais pas trop quoi en dire. Je viens de demander à Kévin ce qu’il en a retenu. Sa réponse : “la glace était bonne”. Voilà !

Le van nous dépose à un terminal de bus. Pour gagner un peu de temps, on aimerait aller à Lima et si possible enchaîner directement jusqu’à Huaraz. Les deux prochains bus pour Lima sont complets. Ne nous décourageons pas, un taxi nous emmène jusqu’à un autre terminal et on arrive juste à temps pour prendre un bus au départ imminent. On arrive dans cette grande capitale vers 20h. Commence alors une course dans la ville, avec l’aide d’un chauffeur de taxi, pour trouver un bus pour Huaraz. Notre souhait est finalement exaucé, départ prévu à 22h50 ce qui nous laisse du temps pour manger. On préfère ne pas s’aventurer trop loin du terminal et on se pose dans le premier restau qu’on voit. Les frites baignent dans l’huile, la viande de Kévin est périmée… On en sort écœuré.

islas otaries

Famille d’otaries dans les îles Ballestas

Avant de monter dans le bus, les gens passent par un détecteur et les bagages sont fouillés. Enfin, ça, c’est la théorie ! En vrai, c’est assez comique à observer. Tous les gens qui passent au détecteur bippent rouge ce qui n’est sûrement pas bon. Le gars qui s’occupe du contrôle les tapote rapidement et fait semblant de contrôler leur sac. Grâce à son pouvoir, il n’a pas besoin d’ouvrir les bagages, il pose ses mains dessus et connaît instantanément tout son contenu. D’ailleurs il n’a pas besoin de contrôler tout le monde, il fait des pauses durant lesquelles des dixaines de personnes passent, bippent rouge et montent dans le bus avec leur sac. Sur une cinquantaine de personne, une seule personne ne bippe pas, n’est-ce pas elle qui est étrange finalement… ?
Nous on bippe rouge. Avec un couteau dans ma poche ça me paraît normal. Le gars pose ses mains divines sur mon sac, rien à signaler. Ses mains divines ne détecteront pas plus le couteau suisse dans le sac de Kévin.

Après cette longue journée, on s’endort plutôt facilement dans le bus qui nous emmène à Huaraz.

Les mystérieuses lignes de Nasca et Edgardo

Samedi 9 août, à 8h15, le bus nous dépose à Nasca. La nuit a été difficile. Nous étions à côté des toilettes du bus. Les va-et-vient des gens, les odeurs, les nombreux virages nous donnant la nausée, la perte d’altitude nous faisant mal aux oreilles (on est passé de 3000m à 500m)… Bref, difficile de dormir profondément.

On se pose dans un café pour prendre un petit déjeuner en attendant notre hôte. Edgardo nous a été recommandé par Kevin (notre précédent couchsurfing) et on ne va pas être déçu. C’est un homme à qui il est difficile de donner un âge, la 40aine passée, peut être plus. Souriant, chaleureux, il n’hésite pas à nous présenter aux autres comme étant ses amis alors qu’on vient à peine de se rencontrer. Il a une grande maison avec 3 étages, une grande terrasse, 3 chambres d’amis, 3 salles de bain… On apprendra qu’ici les prix sont dérisoires. Il a acheté son terrain 1000€. Des voisins louent leur maison pour 9€/mois. Les prix ont un peu augmenté depuis que l’électricité dans la rue a été installée mais ça reste très accessible. En plus, ce n’est pas le travail qui manque apparemment. Bref, on est installé comme des rois dans une des chambres d’amis en attendant notre future maison. Je plaisante, ou pas…

Qu’y a t’il à faire à Nasca ? Une seule chose : voir les mystérieuses lignes faites par les Incas il y a plus de 1500 ans. Pour la petite histoire, le sol est couvert de cailloux que l’oxyde de fer a coloré en rouge. En ôtant les cailloux, les Incas ont fait apparaître un sol grisâtre et c’est ainsi qu’ils ont réalisé leurs figures. Ces dernières représentent souvent des animaux (singe, colibri, condor, jaguar, araignée, orque, héron, pélican) et parfois de simples lignes de plusieurs kilomètres.

On a longuement hésité à venir, des personnes nous disant que ça ne valait pas la peine, les petits avions qui peuvent être dangereux, le prix élevé… Mais Kévin ne voulait pas avoir de regrets. De mon côté, j’ai hésité jusqu’à la dernière minute à le faire. Sur les conseils d’Edgardo qui nous a accompagné et nous a sûrement aidé à avoir une réduction, nous avons acheté nos billets, départ prévu à 13h45. 60€ pour une demie heure de vol (au lieu de 90€ pour la plupart des touristes). On n’a pas mangé depuis 4h mais on préfère suivre les conseils d’Edgardo et on prend une pastille censée nous éviter de vomir.

On est pesé, nos affaires sont contrôlées, on passe au détecteur de métaux et nous voilà prêts à embarquer -avec un couteau dans le sac d’ailleurs. Nous sommes cinq touristes et deux pilotes. Les personnes les plus lourdes vers l’avant. Nous sommes donc à l’arrière. Un casque pour entendre les explications des pilotes, une carte de ce que l’on va voir et le petit sac plastique pour vomir… Prêts au décollage, avec le sourire, pas pour bien longtemps. L’avion vire à droite, vire à gauche, on se rapproche du sol, on fait des looping… Non, c’est faux pour les looping mais c’est désagréable. Je DÉCONSEILLE à toute personne qui n’aime pas les manèges à sensations de monter dans ces avions, une horreur ! Je suis restée crispée, agrippée à mon siège pendant une demie heure. Deuxièment, 3 personnes sur 5 ont été malades. La fille devant nous a vomi dès les 5 premières minutes. Kévin, qui a l’habitude de ces avions (avec la chute libre), a fini par vomir 5 minutes avant l’atterrissage. Et moi, je me suis concentrée tout le long sur ma respiration, usant d’une grande force psychologique pour ne pas vomir. Je n’ai finalement pas vomi mais la forte nausée est restée un bon moment après l’atterrissage, désagréable sensation !

nasca dessin

Les photos ne sont pas très réussites, celle-ci est l’une des meilleures… Verrez-vous l’oiseau ?

Et sinon, les dessins ? Oui parce qu’au final, on n’a pas payé pour prendre l’avion mais pour voir les lignes et les dessins Incas. Et bien, regardez sur Internet, vous verrez la même chose et ne vous rendrez pas mieux compte de la taille. Pour ma part, si c’était à refaire, je ne le referai pas. Tranquillement posé dans un restaurant, Kévin m’a dit “j’ai rarement payé 60€ pour vomir !”. Peut être que la pastille nous aurait mieux aidée si nous l’avions prise une heure avant le vol, au lieu d’une demie heure. Mais bon, même sans la nausée, voir les lignes ne valait pas un prix aussi élevé, selon nous. Libre à vous de venir vous faire votre propre avis !

Pas besoin de rester plus à Nasca, à moins que vous ayez un couchsurfing. Il y aura au moins quelque chose de positif dans cet article. Edgardo est un homme super sympa, intéressant, avec qui on peut discuter des heures. Nous avons passé une agréable soirée pleine de conversations sur sa terrasse, d’où l’on peut voir la plus grande dune de sable du monde, Cerro blanco (2078 mètres). Après une bonne nuit de sommeil, un petit déjeuner préparé par notre nouvel ami, de nouvelles conversations, la visite de différents oiseaux dont les “pechos colorados” au plumage rouge vif et noir sur le dos… il est temps pour nous de continuer notre route. Nous n’avons malheureusement plus beaucoup de temps avant notre retour et encore plein de choses à voir. Edgardo est le genre de personne que vous quittez après un gros câlin, la gorge serrée et que vous espérez revoir un jour. Il voyage beaucoup, en Europe environ tous les deux ans. La possibilité de le revoir n’est donc pas impossible. C’est dans cet état d’esprit que nous quittons Nasca, direction Huacachina, une oasis qui nous fait déjà rêver.

Le vol de nos vêtements et les alentours de Cusco

À 22h on rentre du Machu Picchu, bien crevé. On laisse Florian puis on fonce récupérer nos sacs dans l’ancien hôtel pour se diriger vers le nouveau. Au passage on prend des trucs à manger, (Florian a eu la bonne idée de nous indiquer que le Mac Do était sur notre trajet !). Le nouvel hôtel est un peu perché, y accéder n’est pas chose facile. Ouf, nous voilà enfin posé : manger et DODO !

On ouvre nos sacs, je lance à Manon : “hey, mon T-shirt marron était sur le dessus, j’en suis certain vu qu’il était encore humide je l’avais mis ainsi, et je le vois plus.”

“Attends Kévin je sais pourquoi”, s’exclame Manon. Je m’enthousiasme à l’idée qu’il soit dans le sien.
Elle bondit : “Mon sac a été fouillé, tout est en bordel jusqu’à la moitié, ils ont tout touché, et il me manque mon autre pantalon”.

Ô desespoir. Le repas passe moyen dans nos estomacs resserrés, on retourne directement à l’ancien hôtel, à 10 minutes d’ici.
Le gardien de nuit nous ouvre (il est déjà 23h). On lui explique le problème, il affirme que ce n’est pas possible la nuit, il est tout seul ici. Bref, il fait le gentil, rassurant, tout le contraire de 2 jours plus tôt quand il m’a croisé dans la cuisine en train de faire des pâtes et qu’il ne savait pas qu’on avait l’autorisation. Il nous dit de revenir le lendemain matin car les autres réceptionnistes ont les accès pour visionner les vidéos, car oui, dans notre malheur c’est un hôtel où il y a des caméras partout. Sur ce, on part, mais j’aime bien les choses carrées, et le gars ne m’inspire pas, on interpelle donc la police depuis la place des armes de Cusco.
On leur explique l’histoire, et on retourne avec eux à l’hôtel. L’attitude du gars de la sécurité change. Il est beaucoup plus gêné, stressé, mais leur débite le même discours.
Les flics nous emmènent faire une déposition au poste. Ils écrivent tout à la main, c’est long, on rentrera à l’hôtel à seulement 2h du matin, après avoir conclu qu’on retourne à l’ancien à 7h pour visionner les vidéos avec la police. Après cette énorme journée petit moment de bonheur : prendre une douche ; mais ça ne sera pas possible car la pression d’eau n’est pas assez puissante à certaines heures -dont la nuit- pour atteindre le 3ème étage de l’auberge. Du coup, petit dodo, sale.

Après à peine 5h de sommeil, la fatigue accumulée se ressent, les courbatures des jours précédents nous disent “Coucou !”, mais à 7h on est bien à l’hôtel, beaucoup trop stressé, angoissé et énervé pour dormir. Sur le fond c’est qu’un T-shirt et un pantalon. Mais l’acte même de se faire voler, se faire fouiller la seule maison que l’on a depuis 4 mois, c’est pas facile à encaisser, je dirais même plus, c’est assez difficile.

La belle place sans ombre de Cusco

La belle place des armes sans ombre de Cusco

Bref, à l’hôtel la femme de la réception, qui est la seconde du propriétaire, affirme que seul ce dernier a le mot de passe pour accéder aux vidéos. Déjà la veille le gardien avait essayé de le joindre, mais ça paraît mission impossible car il est en vacances à Lima, et ils ne savent pas quand il revient. C’est fou. Propriétaire de plusieurs hôtels et le gars est injoignable. La femme de la police judiciaire nous explique qu’il n’y a pas grand chose à faire tant que le propriétaire ne coopére pas. Il est d’ailleurs connu pour ne pas coopérer facilement. C’est plutôt balo.
“Et si il meurt, y’a aucune solution de secours pour visionner ces vidéos ?” lui lance t-on exaspéré.
La femme de la réception dit qu’elle va convoquer tout le personnel et nous tenir au courant.

On rentre à l’hôtel, et vous vous doutez que notre journée est très très moyennement productive, physiquement parlant en tout cas, car le cerveau lui, il fuse. En réfléchissant on se dit que le coupable est très certainement un employé, et qu’il devrait rendre les affaires en espérant qu’on retire la plainte. En effet, un touriste n’a pas accès à cette salle et n’aurait pas volé juste 2 vêtements, n’aurait pas pris le temps de tout enlever du sac et tout remettre correctement. Seul un membre du personnel de l’hôtel a pu prendre ce temps, un personnel qui a les clés, et qui pensait qu’on partait de la ville vu qu’on n’avait pas réservé d’autres nuits, un personnel qui ne pensait pas qu’on s’en rendrait compte et pensait qu’on ne reviendrait pas pour ça et encore moins avec la police. Quelqu’un comme le personnel de ménage qui manque d’argent alors qu’il a un travail prendrait-il le risque de le perdre ? Ou plutôt le type de nuit qui aurait voulu se venger de notre présence dans la cuisine et le ton froid avec lequel je le remballais, qui avait le temps vu que la nuit il n’y a pas beaucoup de passages et qui paraissait stressé devant les policiers ? Nos soupcons portent sur lui, mais on garde ça pour nous.
On retourne au lit, exténué. Anecdote classique ici, il ne faut pas lâcher ses affaires dans n’importe quelle lingerie. On récupérera les nôtres en fin de journée lavées uniquement à l’eau, résultat, ça sert pas à grand chose, mais ça coûte 3€. Cette première fois en laverie sera donc une dernière, mieux vaut continuer à tout laver à la main.

Le mercredi 6 août 2014, on toque à notre porte dans la matinée. C’est la femme de l’ancien hôtel qui cherche à nous joindre et a donc appelé le nouvel hôtel. Elle voudrait que l’on vienne. Hop hop hop, on sort du lit et 15 minutes plus tard on se retrouve devant elle, nous expliquant que les personnes faisant le ménage ont dit avoir trouvé des vêtements dans la chambre 301.
“On sait tous les 3 que c’est faux n’est-ce pas ?”.
Elle nous montre un premier sac avec un pantalon qui n’est pas à nous. Serait-ce un test qu’elle nous fait passer ? Mon cœur bat la chamade, au deuxième sac : mon t-shirt suivi du pantalon de Manon, explosion de joie intérieur !
Elle nous demande de retirer la plainte pour l’image de l’hôtel, qu’elle va s’occuper du coupable et qu’il ne travaillera plus ici dès demain.
Elle dit que le coupable est une personne qui a besoin d’argent, et qui n’est là que depuis 2 semaines. D’un air désintéressé je demande si c’est un garçon ou une femme. En réalité je sais très bien que seul UN garçon travaille ici 🙂
Elle s’embrouille un peu, semble incertaine, puis répond qu’elle ne sait pas qui est le coupable, elle n’a que des suppositions, qui seront confirmées quand elle verra les vidéos. Manon semble ok pour retirer la plainte, en revanche la femme voit bien que je ne suis pas chaud du tout. Il y a un voleur dans cet hôtel et je veux être certain qu’il ne recommencera pas. La femme a beau être gentille, on pense aux futurs touristes, on laissera donc la plainte afin que la police poursuive la procédure judiciaire, visionne la vidéo et coupe les mains du voleur pour que justice soit faite.

Bon et sinon Cusco c’est comment ? La ville est plutôt jolie -commentaire très objectif bien sûr-, bien que lors de notre passage, des axes principaux du centre ville soient en GRAND CHANTIER. Autour de la place des armes on se fait littéralement emmerder chaque mètre pour des excursions par-ci par-là, mais surtout pour aller faire le Machu Picchu. Bizzarement, les racoleurs ne nous ont plus proposé d’excursions pour le Machu Picchu après qu’on y soit allé. Nous devions probablement suite à notre trek, dégager des essences spirituelles que seul le peuple de Cusco peut ressentir. On tente aussi de nous vendre des tas de bricoles inutiles, mais ceci est assez redondant dans les grandes villes peruviennes apparemment -c’était pareil à Arequipa.

Soulagé d’avoir récupéré nos vêtements, on se sent déjà plus apaisé et on ne sera pas laxiste aujourd’hui. Programme de cette journée qui commence bien : visiter les ruines les plus proches de la ville, et en mode “sans excursions”. On profite du petit déjeuner de l’hôtel à volonté avec vue sur la ville histoire de prendre des forces ! En début d’après-midi, après avoir vérifié avec l’office du tourisme comment s’organiser, on choppe un bus de ville allant à la ruine la plus lointaine (à 30 minutes de là), elle s’appelle Tambomachay. Pour accéder aux sites de la journée, on achète dès le premier un ticket dit “partiel” à 70 soles (20€) chacun. Le billet “total” à 130 soles permet de visiter encore plus de ruines, plus lointaines, mais on se dit qu’on manquera de temps les jours suivants.

Une rue de Cusco avec son vendeur. Une vue classique ici

Une rue de Cusco avec son vendeur. Une vue classique ici

Ce premier site, Tambomachay -photo tout en haut de cette article-, c’était une sorte de station balnéaire Inca. On se sent déjà fatiguė en montant la bute permettant de découvrir tout le site, il semblerait qu’on ait encore du Machu Picchu dans les pattes ! En même temps quelle idée d’aller se percher à chaque fois !
A 10 minutes d’ici en marchant, on découvre le second site, une place forte Inca nommée Pukapukara. Tout ça se visite très vite, les sites sont assez petits. En s’attardant : 10 minutes et le tour est fait.

À la sortie, un gars nous aborde, très sympa, et nous confirme comment rejoindre le prochain site : soit marcher 1h, soit prendre un bus. Le choix est vite fait, et 10 minutes plus tard on est à Q’enqo. A l’entrée, un guide propose ses services : “Ce site est très important et intéressant, les incas y faisaient des sacrifices pour les dieux, sur la pierre centrale”. Bon, ben du coup on sait l’essentiel non ? Merci ! Ce site est encore plus petit, on en sort et une femme du parc archéologique débauchant nous propose de nous accompagner vers le prochain site. Elle nous montre la voie, on continue seul, passant sur de grandes plaines avec moults personnes jouant aux cerfs-volants. D’un côté le site que nous cherchons, de l’autre la statue San Cristobal, comme celle de Rio de Janeiro. L’accès est gratuit ? Et ben petite boucle pour la voir de plus près, et admirer la vue sur la ville de Cusco puis nous recoupons à travers champs pour accéder au dernier site prévu : Saqsayhuamán.
Des blocs de pierres impressionnants, mais les derniers jours de fatigue se ressentent, et on fait l’impasse sur le fait de monter sur une quelconque bute pour admirer le site entier. D’autant plus que ce site, contrairement aux autres, est très grand, mais surtout envahi de touristes ! On se contente de marcher sur du plat dans ce dernier lieu Inca, puis nous regagnons Cusco en contrebas. Pour info, faire cette journée de visite par nous même plutôt qu’en excursion nous a coûté (hors billet d’entrée) 1€ à 2 au lieu de 20€.

Petite anecdote du soir. En remontant la longue pente menant à l’hôtel, dépité de ne pas avoir trouvé de pain, on apercoit une femme avec plein de pain, rentrant probablement chez elle. On lui demande où elle l’a trouvé, elle nous répondra que tout est fermé à cette heure là et nous donnera gracieusement un des siens. Les petits gestes qui nous surprennent, les Peruviens sont parfois louches, et d’autres fois très adorables. 🙂

Le 7 août sera une journée de repos, histoire de se remettre physiquement et de toute façon, ça pleut ! On a bien fait de pas aller visiter les ruines encore plus lointaines. Le lendemain, on recroise une ultime fois Katia et Julien, les 2 français qui nous avaient conseillé l’hôtel où nous sommes. Avant de partir de l’hôtel, (ou plutôt l’auberge d’ailleurs) le personnel qui s’en occupe est une fois de plus adorable. Ils nous conseilleront pour notre prochaine destination, Nasca, quelle compagnie prendre si on veut survoler les lignes, et ils nous conseilleront également des lieux d’hébergement pour les villes suivantes de notre périple. “La Casa Del Inca” est clairement une superbe auberge, tant pour la vue sur la ville -que nous avions en sortant de la chambre et au petit déjeuner- que pour ses propriétaires qui nous feront des câlins avant que nous partions.

Sur le coup des 18h, nous quittons Cusco en bus de nuit. Manon ne sait toujours pas si elle va vouloir survoler les mystérieuses lignes de Nasca, moi je suis chaud. C’est parti mon kiki !

Cusco et son fameux Machu Picchu

L’heure péruvienne semble aussi approximative que l’heure bolivienne, on arrive à Cusco à 8h30 au lieu de 7h du matin. Pour une fois tant mieux, j’ai pu dormir un petit peu plus !

Le programme est simple : petit déjeuner, trouver un hôtel, se renseigner sur les excursions. Bizarrement on trouvera un hôtel avant de petit déjeuner, mais c’est pas plus mal ! On se renseigne ensuite dans cinq ou six agences différentes afin de comparer les prix et les façons d’accéder au fameux site du Machu Picchu. Le train à prendre pour accéder au site est très cher, ça double facilement les prix, mais on ne met que 3h pour y aller. On a notre temps, donc on opte pour le contournement des montagnes, soit 6h de trajet en bus auxquelles il faut ajouter deux heures de marche pour accéder à la ville la plus proche du Machu Picchu, qui a le doux nom de Aguas Calientes (les eaux chaudes).

Nos 24 prochaines heures seront ponctuées de retrouvailles fortuites. On retombe sur Gintè et Ieva, les 2 lituaniennes, sur la place des armes, puis sur les 2 français le lendemain (rencontrés dans le bus entre Copacabana et Arequipa) : le monde est petit ! On fera entre temps une excursion pseudo-gratuite de la ville afin de s’imprégner de son histoire et ses anecdotes. “Pseudo” car quand je donne un pourboire au guide, il me lance : “Ah mais non, la participation minimale est de 10 soles”. Ben gratte-toi, 6 ça ira.

Dimanche 3 août 2014, 7h45, c’est parti pour le Machu ! Enfin 7h45 c’est sur le papier, on est censé attendre devant l’hôtel qu’on nous prenne. En réalité on dépose nos gros sacs dans un local sécurisé à l’hôtel, puis on se rend directement à l’agence en ville. Je vous épargne les détails, mais l’organisation est surprenante. On quitte Cusco avec plus de 1h de retard.

Discrimination évidente : vieux avec cannes ou fauteuils roulants ne peuvent franchir certains obstacles

Discrimination évidente : vieux avec cannes ou fauteuils roulants ne peuvent franchir certains obstacles

Malgré la fatigue de la petite nuit qu’on a faite, mes yeux restent scotchés aux paysages qui s’offrent à nous : SU-BLIMES. Les montagnes paraissent gigantesques, le cours d’eau que nous longeons apporte un petit plus, tout comme les cascades que nous croiserons. La route se fait ensuite plus terreuse, à flanc de montagne, les bus doivent s’arrêter si ils se croisent, on ne voit pas le fond du canyon qui nous nargue, on ose à peine regarder. On passe par un pont en bois, large comme le bus, à se demander comment il tient encore. On a bien les boules quoi ! Du coup, on essaie de dormir pour ne pas regarder notre potentielle mort arriver.

Le bus arrive à ce que l’on appelle l’ “hydroélectrica”, notre destination, avec 1h30 de retard. On change de guide. Enfin, on n’a pas trop la même notion de guide, car en fait il nous indique où aller avec des explications, puis se barre en train. On mange puis on enquille avec le groupe (environ 10 personnes) sur le chemin nous menant à Aguas Calientes, la ville touristique la plus proche du Machu Picchu. Il s’agit principalement de suivre les rails, c’est pas trop dur, mais surtout, le paysage qui s’étend devant nos yeux est à nouveau sublime ! Les roches dans le lit du fleuve sont très particulières : énormes, lisses et blanches. Tout parait démesuré ici. On se sent perdu dans la nature (bon y’a quand même la voie ferrée hein) et c’est carrément agréable.

La faute à la fatigue, Manon à des baisses de tension ce qui devient handicapant, d’autant plus que le chemin est parfois assez limite côté sécurité : l’absence de pont nous oblige à traverser des parties de rivières en passant sur les rails, entre-coupés de vide.
Au bout d’un peu plus de 2h de marche et de pauses on arrive à Aguas Calientes. Il fait déjà nuit depuis 30 minutes, j’ai la frontale sur moi depuis lors.

Le guide nous avait dit qu’il nous attendrait dès 18h sur la place principale. Pourtant à 18h30 toujours personne. Pendant ce temps on retrouve petit à petit ceux du groupe. Le guide arrive enfin, et nous explique que vu qu’on est dimanche ils n’ont pas pu acheter nos billets à Cusco. Du coup c’est à nous de faire la queue ici. Étonnement il demande à certaines personnes du groupe de prendre les passeports des autres et faire la queue. Plus étonnant, je me retrouve avec 4 passeports dans les mains, dont 2 Coréens, et à faire la queue pendant 30 minutes. Je suis HS au fait. J’avais oublié de le préciser ! Manon reprend doucement et n’a plus de baisses de tensions.

Se lever tôt vaut le coup ! L'aube durant notre ascension...

Se lever tôt vaut le coup ! L’aube durant notre ascension…

Une fois les billets pour le Machu Picchu en poche, nous voilà en route pour l’hôtel. Il est 19h20 quand on y arrive, on fonce prendre une douche, enfin, ça c’est ce qu’on espérait, on est les seuls à avoir une salle de bain où le système d’eau chaude ne fonctionne pas, le robinet semble bloqué. Le problème ne paraît pas récent, contrairement à ce qu’affirme le personnel de l’hôtel.
19h50, ça traine. On leur demande à changer de chambre car à 20h le guide doit nous emmener au restau, et on veut prendre une douche, mais vraiment, ça devient vital : on n’est pas des boliviens nous ! 🙂 Hop hop hop, nouvelle chambre, douche qui fonctionne, puis restau. On notera l’humour des péruviens au restaurant : “Poulet avec frites, salade composée et riz”. On est 3 à notre table à ne demander que des frites. Les plats arriveront sans prendre en compte notre requête, et la salade composée pour eux c’est : une rondelle de concombre et une de tomate, véridique.

On fonce à l’hôtel se coucher, il est 22h30. Dans 5h30, debout pour voir le lever du soleil sur le site.
Lundi matin, 4h, debout tout le monde ! Équipés des lampes frontales, on se dirige à 20 minutes d’Aguas Calientes au petit village de Machu Picchu Pueblo. Il y a déjà une longue queue. 5h, ça ouvre, on montre passeport et billet d’entrée, et à 5h15 on commence l’ascension pour accéder au site. La veille le guide nous avait prévenu que monter durait environ 1h30. 45 minutes à 1h pour les sportifs, et pour les autres, 2 bonnes heures, voire la journée (petit plaisantin !). La montée est rude, pire que Blue Mountain en Jamaïque -et oui, on en parle encore régulièrement de cette journée de m**de-, tout simplement parce que c’est assez raide et surtout qu’il n’y a que des SALOPERIES DE MARCHES ! Monter une pente est beaucoup plus facile que donner des acoups à chaque marche. La fatigue et la montée ont un effet synergique assez puissant qui nous oblige à faire des pauses toutes les 5-8 minutes. Pendant nos micro-pauses on admire les premières couleurs de l’aube, et les montagnes qui se découvrent derrière nous. C’est magique.

On enchaine, beaucoup de personnes font des pauses, on se dépasse les uns les autres régulièrement, puis on croise lors d’une pause l’ami chilien de Gintè et Ieva ! Il monte comme une furie, pied nus ( !!!! ) et se permettra avec élégance de jouer de la flûte lors d’une de ses rares pauses.

Photo classique du site, mais avec un Kévin devant, ce qui est déja plus rare

Photo classique du site, mais avec un Kévin devant, ce qui est déja plus rare

6h20, soit 1h05 après notre départ, je suis sur le point de faire une pause, je vois un abri et lance à Manon :
“1 minute ici et on repart”
“Hey regarde, on est arrivé !”, s’extasie Manon.
Punaise, le con, je me serai arrêté à 15 mètres du but !

Nouvelle file d’attente, cette fois pour entrer sur le site même. Sauf que là, il n’y a pas que les warriors (guerriers) qui ont gravi les marches, y’a aussi ceux qui ont payé 10€ pour monter en bus : FAIGNIASSES ! :p

Gintè et Ieva nous rejoignent dans la file, on passe les contrôles avec succès (c’est pas les boîtes Lyonnaise ici !), et pendant qu’on cherche le guide qui nous fera découvrir le site pendant les 2 prochaines heures, on commence à être ébloui par ledit site. Y aller aussi tôt n’était pas pour rien : alors que l’on attend que la visite guidée démarre, les montagnes au loin laissent le soleil s’échapper et inonder progressivement le Machu Picchu de sa lumière matinale. C’est fabuleux, vraiment. Pour moi, la beauté de ce que je vois, le site, les montagnes autour, tout ça n’est certes pas 100% naturel comme Ushuaia, mais ça rivalise énormément, on en prend plein les mirettes. C’est pas possible de quitter ce monde sans avoir vu ça.

La visite guidée se déroule tranquillement, la fatigue revient de plein fouet : nos jambes flanches, c’est chaud patate ! À 9h la visite est finie, le site est à nous (et à quelques centaines de touristes), on s’y promène et on prend des photos par-ci par-là. Je suis vraiment admiratif de ce peuple : arriver ici il y a plus de 500 ans et aller construire (tailler), élaborer, un site aussi énorme, aussi haut et loin de tout. Impressionnant, comment faisaient-ils ? Si seulement on pouvait voyager dans le passé et observer les Incas.

Pivotez votre tête sur la droite, puis admirez les montagnes de derrière ayant la forme d'un visage Inca. Pas mal hein ? Le nez correspond au Wayna Pichu

Pivotez votre tête sur la droite, puis admirez les montagnes de derrière ayant la forme d’un visage Inca. Pas mal hein ? Le nez correspond au Wayna Pichu

Sur le coup des 11h, après presque 2h à barouder et apprécier les lieux, on les quitte après avoir tamponné nous-même MACHUPICCHU sur nos passeports.. Les touristes commencent à affluer en masse, la circulation devient presque désagréable à certains endroits du Machu. C’est parti pour 40 minutes de descente (les marches sont toujours aussi peu agréables), suivi de deux heures pile poil pour rejoindre hydroelectrica, le point de rendez-vous.

Les guides n’arrêtaient pas de nous briefer pour dire d’être absolument à 14 heures au point de rendez-vous, sinon on pouvait rester bloquer ici. Seulement si nous nous sommes à l’heure ; le guide qui nous place dans les bus arrive bien plus tard. l’organisation paraît à nouveau très aléatoire mais au final on est chanceux on part dans les premiers, vers 15h.

Le trajet est censé durer à nouveau 6h, ne changeons pas les bonnes habitudes, il en mettra 7. Le trajet ne sera pas de tout repos : entre la pause bouffe, où on descend puis on voit le bus se barrer et ne revenir qu’après 20 minutes (il est parti sans prévenir pour prendre de l’essence), la pause “lavage de bus” où ce dernier se fait arroser alors qu’on est à l’intérieur et les joints de vitre ne sont pas de première jeunesse, la “pause pipi en haut d’une bute uniquement pour le chauffeur, les autres peuvent se faire dessus” et le français, Florian, avec lequel on parlera pendant tout le trajet, on arrive à destination totalement HS. Et malheureusement, on n’est pas encore couché vu ce que l’on va bientôt découvrir.

machu panorama

—- QUELQUES INFORMATIONS PRATIQUES SUR LE MACHU PICCHU —-
Cette partie est destinée uniquement à ceux qui souhaitent des informations sur “comment ça se passe, que faire, et comment ?” car pour nous ça a été un vrai bordel de comprendre. Chaque personne que nous rencontrions avait fait le Machu Picchu d’une façon différente et nous ne comprenions pas très bien comment tout cela se passait. On va donc vous donner quelques pistes 🙂

Le mieux est un petit plan pour comprendre ce qu’il y a entre Cusco et le Machu Picchu.

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Tout d’abord, l’entrée au Machu Picchu est d’environ 35€, et est inclu dans le prix des 3 premières options que je détaille ci-dessous.
Plusieurs solutions suivant le temps et l’argent dont on dispose. Nous on a fait le plus économique, soit le premier cas présenté.

Option 1 – Machu Economique en 2 jours
Budget approximatif (car tout est toujours négociable ici): 100€/personne
(Le budget comprend : le transport, le déjeuner, le dîner, une nuit d’hôtel, le petit déjeuner, le guide et l’entrée au Machu.)
Le trajet vert : 7h de bus jusqu’à l’hydroélectrica, et de là 2h de marche jusqu’à Aguas Calientes le long du chemin de fer. Le lendemain ascension d’une heure pour aller jusqu’au Machu Picchu. Environ 2h de visite guidée puis temps libre sur le site. Ensuite on a tout refait en sens contraire. C’est l’option la plus fatigante physiquement.

Alternativement, vous pouvez aussi prendre un bus au lieu de faire l’ascension le matin, puis la descente. Chaque trajet coûtera 8€ environ pour 20 minutes de bus.
Vous pouvez également prendre le train entre hydroelectrica et Aguas Calientes. Rajoutez au moins 25€ par trajet.

Option 2 – Machu en train sur 2 jours
Budget approximatif : 170€/ personne
Cusco – Ollantaytambo en bus, ça prend 1h30
Ollantaytambo – Agua Calientes en train, ça prend 1h30
Dormir à Aguas. Puis le lendemain au choix comme précédemment (ascension en bus ou bien à pied). Retour en train puis bus comme pour l’aller.
Comme vous pouvez le constater, le train est très cher.

Notons que dans ces 2 options vous ne passez qu’une nuit à Aguas Calientes.

Options 3 – Rando sur plusieurs jours
Les budgets peuvent éclater ici. Il s’agit de prendre le bus jusqu’à Ollantaytambo, ensuite d’emprunter le train jusqu’au km 82 puis descendre et débuter le chemin de l’Inca. Vous en aurez pour 3-4 jours au total, dormirez en tente, et vous aurez un guide. Les prix, à titre d’information, dépassaient les 350€/personne.

Alternativement, vous pouvez plutôt descendre au km 104 pour rejoindre une parti du chemin de l’Inca. Mais il faudra que vous aillez au préalable (plusieurs semaines avant) acheté le billet autorisant l’accès au chemin. Le nombre de visiteurs par jour étant limité.

Option 4
Démerdez-vous ! Non sérieusement, il est tout à fait possible de tout planifier soit même, faire le chemin de l’Inca sans guide, ce qui est sûrement très intéressant si vous êtes un randonneur expérimenté. Ça prend du temps, et beaucoup de choses sont à anticiper, tel que le billet pour emprunter le chemin de l’Inca, à acheter plusieurs semaines avant votre expédition, ainsi que tout billet de train ou d’hôtel que vous voudriez.

En plus :
Le Wayna Pichu est une montagne en face du site du Machu Picchu (c’est le nez de l’Inca quand vous faite pivoter les photos du site sur votre droite). Il faut acheter son billet plusieurs mois à l’avance car là aussi il n’y a qu’un nombre de visiteurs limités par jour. Elle est très haute, et les escaliers pour arriver à son sommet sont raides (après ce qu’on s’était tapé on était content de ne pas avoir à le gravir !)

Et voilà, il existe bien entendu d’inombrables autres possibilités : vous pouvez faire du vélo, ou bien d’autres randos autour du Machu Picchu. En espérant que ces quelques informations puissent être utiles à des curieux 🙂

Arequipa, premiers contacts péruviens

Le lundi 28 juillet, le bus nous dépose à la frontière de la Bolivie et du Pérou et nous attend de l’autre côté. On passe donc la frontière à pied. Les tampons sur le passeport s’obtiennent très vite. Aucun contrôle des affaires. On entre au Pérou comme dans un moulin.
Ça y est, on entame le dernier pays de notre aventure !

On arrive vers 19h à Arequipa. On a décalé notre montre d’une heure de moins, on a donc maintenant 7h de décalage avec la France.

On mange au terminal de bus tout en essayant de joindre notre hôte, Kevin. Oui parce qu’on a un couchsurfing, ça commence bien ! On arrive en bas de chez Kevin (vous comprendrez que sans accent sur le “e” c’est notre hôte). Deux personnes attendent également. Apparemment il y’a une fête chez lui, le lendemain est un jour férié. Kevin nous accueille. Il a 24 ans et parle très bien français parce qu’il est sorti avec sa professeur (de français bien sûr) pendant 4 ans. Il pensait pouvoir nous héberger dans une chambre d’ami mais aucune n’est disponible. Il vit en colocation avec un espagnol et une fille qu’il n’apprécie pas. On va dormir dans un petit espace qui sert de couloir, sur un matelas. Deux lituaniennes en couchsurfing également vont dormir sur deux canapés à côté de nous. Qui dit couloir dit nombreuses personnes qui passent, nous n’avons aucune intimité mais avoir un endroit pour dormir c’est déjà beaucoup. Je me coucherai bien tout de suite mais Kevin nous invite à sa fête à l’étage. On est une quinzaine de personnes. Je n’apprécie pas trop leurs jeux qui ont pour but de faire boire de l’alcool mais je comprends vite qu’ils font pratiquement tous semblant. Kevin ne met pas d’alcool dans ses cocktails à lui et une des invitées jette discrètement son verre dans l’évier. Moi je ne bois pas du tout parce que je me sens fatiguée et barbouillée. On fait connaissance avec les deux lituaniennes, Ginte et Ieva, et une hollandaise, Maria. Les heures passent et je suis exténuée. Mon ventre me torture un peu. Je préfère m’isoler dans notre couloir en bas.

Le lendemain, après une petite grasse matinée, mes douleurs au ventre m’obligent à me lever. J’evacue sûrement les restes de nourriture bolivienne. Mon état faible nous oblige à passer une journée repos. On en profite pour parler avec Maria qui ne se sentait pas en état de sortir non plus. Elle est professeur d’espagnol. En fin d’après midi, on sort dans le quartier pour acheter de la farine, du sucre… Ce qui nous manquait pour faire des crêpes ! On se régale, Maria aussi. Kevin rentre à tant pour profiter des dernières. Tant pis pour Ginte et Leva, on en refera le lendemain !

arequipa monastere bleuMercredi 30 juillet 2014, au programme : visite du monastère. Le couvent Santa Catalina est le plus grand couvent du monde et le plus important édifice religieux du Pérou. Plusieurs personnes nous ont dit que sa visite valait la peine. Petit point culturel : il a été construit en 1579, sa surface est de 20 462 m². Il hébergeait 450 religieuses qui n’avaient aucun contact avec le monde extérieur jusqu’en 1970. Aujourd’hui, il compte environ 40 sœurs.
Le couvent est si vaste qu’on a l’impression d’être dans une petite ville. Avec ses rues colorées en orange vif ou en bleu, ses jardins, ses cloîtres et ses parcs… On comprend qu’il soit classé au patrimoine mondial. L’extérieur est très vivant avec toutes ces plantes et ces couleurs vives, contrairement à l’intérieur où les chambres sont plutôt froides. Il y a de gros fours en terre cuite qui doivent servir parce qu’on sent encore le feu de bois. Les murs colorés déteignent sur nos mains. On repart avec les mains bleues pour Kévin et orange pour moi. Tous les péruviens qu’on croise sont accueillants et souriants, ça fait tellement plaisir !

Le soir, Kevin nous parle d’Ayahuasca, une boisson à base de cactus qui donne des hallucinations et qui rend malade (vomissements, diarrhée). Suivant les personnes cela peut durer des heures. On préfère s’abstenir. On souhaite bon voyage à Kevin et Maria mais ce soir là, la boisson ne leur fera aucun effet mis à part la nausée.

arequipa monastere orange

Les rues oranges du couvent

Le lendemain, jeudi 31 juillet, on se lève pour aller faire la visite gratuite de la ville organisée par l’office du tourisme. Sur la place des armes (toutes les places principales s’appellent comme ça au Pérou), une dame tente de nous vendre un tour de la ville. Elle baisse les prix, insiste mais comment peut-elle rivaliser avec un tour GRATUIT. La visite guidée se fera en anglais pour mon plus grand malheur, faute à la majorité de touristes qui ne parlent pas espagnol. La jeune étudiante péruvienne nous raconte l’histoire de certains monuments et nous fera goûter des spécialités culinaires : une glace au fromage, un thé au chocolat, des brochettes de poulet et le pisco, alcool répandu au Pérou, saupoudré de cacao.
Chacun laisse un petit pourboire à notre guide qui maîtrise bien son sujet et qui a tout de même passé 3h de son temps avec nous.

Après un Macdo (fallait bien qu’on continue notre enquête dans les différents pays pour comparer les goûts), Kévin est motivé pour aller faire le musée Santuarios Andinos où l’on peut voir la momie très bien conservée de Juanita. Conservée par la glace, la jeune fille est surnommée la Vierge de glace. Je n’étais pas excitée à l’idée de voir une momie mais la visite -en français- est vraiment intéressante. J’avais du mal à comprendre comment les Incas pouvaient sacrifier des enfants, je trouvais ça inhumain. Grace à cette visite, on a pu mieux comprendre comment se déroulaient ces rituels et dans quel état d’esprit ils étaient.

Plusieurs dépouilles d’enfants incas ont été retrouvées au sommet des montagnes. Celle de Juanita est la mieux conservée. Elle a encore des cheveux et de la peau sur les mains. C’est suite aux échappements de gaz chaud du volcan que la glace des sommets a fondu et que les corps, vieux de 500 ans, ont été découverts. Pour les curieux, cherchez momie Juanita dans Google et vous verrez ce qu’on a vu.

Les enfants étaient choisis dès leur naissance et vivaient ensemble. Lors des périodes de grands troubles (catastrophe naturelle par exemple), un enfant (ou plusieurs) était choisi. L’objectif était d’apaiser les dieux. Un long voyage de plusieurs mois débutait jusqu’au sommet d’une montagne. Plusieurs cérémonies ponctuaient leur périple. Les enfants étaient drogués avec de l’alcool, la chicha. Au sommet, les enfants arrivaient sûrement fatigués et entre le froid, l’altitude et l’alcool, ils étaient déjà à moitié inconscients. Juanita était âgée d’environ 13 ans (contrairement aux autres enfants retrouvés âgés de 4-5 ans). Elle a été sacrifiée au sommet du volcan Ampato, suite à une éruption qui avait dû inquiéter les incas. Elle a été tuée d’un coup sur la tempe droite. Les enfants étaient ensuite mis dans des tombeaux, creusés sur quelques mètres (1,4m pour Juanita, ce qui est peu profond) en position du fœtus, entourés d’offrandes.
Les incas pensaient que ces enfants allaient rejoindre directement les dieux et se transformeraient eux-même en dieux.
Ces histoires me donneront des frissons dans le dos pour le reste de la journée.

arequipa volcan

Vue sur le volcan Misti

De retour chez Kevin, on rencontre sa nouvelle colocataire, Aude, une française ! Elle a décidé de venir passer 6 mois au Pérou juste après ses études dans l’espoir de trouver sa voie, qui ne sera pas le droit malgré ses 5 ans d’études dans ce milieu. On profite intensément des derniers moments à Arequipa. En effet, quelques heures plus tard, il est l’heure pour nous de prendre un bus de nuit direction Cusco. Kevin part dans quelques semaines en France ! Il pense y rester 3 ans pour faire un Master et travailler un peu. On est donc amené à se revoir.

Avant de monter dans le bus, nos bagages sont étiquetés, on est filmé, une personne vérifie notre identité et prend nos empreintes digitales. Quelle rigueur !
Nous voilà en route vers Cusco d’où l’on pourra partir à la découverte de l’incroyable Machu Picchu !