Anecdotes et bilan du Maroc

Tout ce que je n’ai pas pu placer ailleurs pour éviter d’alourdir les articles est ici !

Ça ajoute des éléments et sensations expliquant parfois mieux mon ressenti, et ce que j’ai pu vivre. Y’a des trucs amusants, et d’autres pas amusants du tout, bref, chacun fait son tri !

  • En tant qu’étranger, on est la cible des commerçants dans certaines villes (pas forcément les grandes, Chefchaouen en est l’exemple) où j’ai eu la sensation qu’une personne sur trois voulait m’arnaquer.
  • L’attitude commerciale : même le petit Assat (9 ans environ) au Ryad où je devais séjourner initialement à Fès. “Non mais tu ne comprend pas, je t’explique, voilà ce qu’il faut faire ici”, il voulait m’imposer que faire, et de prendre un guide qu’ils fournissaient ici.
  • Le whisky berbère : ce breuvage délicieux et entendu par plusieurs personne n’est autre que du Thé jaune (genre Lipton) additionné de sucre et de feuilles de menthe (dans la tasse ou la teillère)
  • Le chaos de la circulation, une orchestration majestueuse des klaxonnes, une imbrications fonctionnelles des voitures pourtant dans tous les sens.
  • Les ceintures de sécurité c’est pour les tapettes ! Je n’ai vu que la coréenne dans le bus de nuit pour Fès la mettre (vu la conduite du chauffeur c’était compréhensible), sinon jamais personne dans les bus, taxi, ou voitures personnelles. En montant dans le dernier taxi pour me rendre à l’aéroport, réflexe : je mets ma ceinture. Le chauffeur me lance : “Oh vous savez c’est pas obligatoire ici”.
  • Porter un casque sur un 2 roues c’est pour les gamines ! Et encore, même les gamines n’en avaient pas sur les 2 roues, alors vous pensez bien qu’ouvrir un magasin de combis moto au Maroc c’est un coup à faire faillite.
  • Je me rappelle en Égypte avoir pris une photo avec 7 personnes sur une mobylette : les parents et 5 enfants. Au Maroc j’ai vu jusqu’à 4 personnes, déjà pas mal, non ?
  • Une photo des prix du gasoil et du sans plomb (divisez par 10 pour avoir le prix en euros)

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  • Les longues lignes droites sans une bande d’arrêt d’urgence, bossues, avec nids de poules, et parfois tout ça cumulé. Ce n’est pas rare, je dirais même, c’était fréquent sur les routes que j’ai empruntées.
  • Ahmid, le taxi Marocain loué à Meknès. En route vers Volubilis, il me lance d’un coup, hors sujet : “Hey la fille qui marche là, on la prend ?”. Bref, pris au dépourvu, la fille ne faisant pas de stop et ne se retournant même pas à la seule voiture en approche, je lui dis “ben, non ? Je sais pas ?”. Il essaiera de me faire culpabiliser de ne pas l’avoir prise en me disant que je ne fais que le louer, c’est pas lui qui prend ces décisions, c’est moi le chef.
  • Dans le bus de nuit pour Chefchaouen, vers les 2 h du matin je décide d’écouter un peu de musique, je branche les écouteurs, pas certains si je mets bien l’écouteur droit dans mon oreille droite, je lance le son et effectivement le son est bizarre, je retire un écouteur pour les inverser et… J’entends toujours le son, et tout le bus également. Je panique, je ne sais plus comment couper mon son. Bref, mes écouteurs étaient mals branchés.
  • A Meknès je suis allé 3 fois au Mac Donald ! (Et peut être aussi 3 fois à Marrakesh). Raison principale : seul restaurant où je pouvais avoir un truc pas cher et payer avec la CB. Le classique menu Best of Big Mac ou Mac Chicken : 49 dh, soit moins de 5€.
  • Tanger est la seule ville où j’ai trouvé des amas de personnes noirs, culture qui paraît pas mal représentée dans cette ville. Je suis tombé notamment sur un restaurant nommé “Restaurant Africain” rempli de black. Une explication fournie par Yassir (couchsurfing à Marrakesh) serait qu’il y a une grosse communauté noire en rapport avec la migration en Europe.

Bilan

J’ai aimé le Maroc ! Le fait d’y être pendant la période de Ramadan a ajouté une complexité à ce séjour, mais cela n’a été que plus intéressant. J’ai été énormément frustré par la perte de mes repères, mais ces 2 semaines furent enrichissantes culturellement et humainement.

En détaillant, et sous forme de points :

Ce que je n’ai pas aimé :
– me faire agresser moralement, être sur le qui-vive
– la mauvaise foi
– les tarifs à la tête du client
– l’absence de points d’informations à l’arrivée dans une ville (gare, bus, aéroport)
– les conduites à risques (bus, taxi, 2 roues, bref, tout le monde)
– ne pas trouver des auberges / des prix bas en dehors des médinas
– la complexité de certaines médinas, lié à l’absence d’indications pour se repérer et s’orienter
– les couchsurfeurs qui invitent par intérêt commercial (pour vendre des cours de surf, des expéditions …)
– l’influence et le détournement de la religion sur (et par) les institutions

Ce que j’ai aimé :
– la communication : pouvoir parler français anglais et espagnol
– pouvoir aborder la religion facilement
– manger très bien, local et pour pas cher
– les décomptes sur les feux tricolores
– les médinas et leur côté humain
– les souks et les marchés des médinas
– la sensation d’être moins encadré par des règles que dans d’autre pays
– la facilité de contact avec les Marocains
– le désert d’Hassi Labied (dont y voir un fennec !) et son ciel étoilé
– les belles rencontres

Une pensée à ceux qui ont participé à ce beau séjour au Maroc, Aaron le canadien, Lhoussin le berbère, Yassir le voyageur, Soumia la tarée, Batoul et sa sœur Khadija, Amin, Redouane de Thingir, José du terminal CTM, le tchèque les belges et l’instit’ française à Hassi Labied, et sûrement pleins d’autres que je n’ai que croisé brièvement.

Parmi les meilleurs instants du voyage, : passer la nuit dans le Sahara

Parmi les meilleurs instants du voyage, : passer la nuit dans le Sahara

On y retourne ?

À retourner au Maroc pendant minimum 2 semaines il y a 3 choses que je ferais :
– louer une voiture, car certaines régions comme Meknès, Chefchaouen sont beaucoup plus intéressantes (et certains site plus accessible) en voiture
– retourner dans le désert, voire y passer plusieurs jours (en évitant les mois de mai à septembre !)
– visiter les alentours de Chefchaouen, notamment en faisant des randonnées, il y a de quoi faire

Hassi Labied et les portes du Sahara

La route fut longue en ce vendredi 26 mai 2017, les premières heures contiennent de nombreux virages ce qui fera vomir la femme derrière moi à plusieurs reprises.

L’avantage d’être seul c’est qu’on est beaucoup plus enclin à aborder les autres, le Berber à côté de moi m’invitera d’ailleurs à dormir chez lui à Thingir si jamais je passe par sa ville en revenant du désert. Après qu’il soit parti, je ressens les inconvénients de la solitude, ou plutôt, une nostalgie s’empare de moi et me bouleverse profondément quand je me rends compte que 3 personnes devant moi sont des espagnols d’une part, et d’autre part que j’ai posé sur le siège vide à mes côtés le petit sac à dos de Manon que j’ai emprunté pour ce voyage, posé là comme si elle allait revenir d’un moment à l’autre. Les 6 dernières heures de ce voyage de 13h furent donc difficiles émotionnellement.

J’arrive à 21h30 à Hassi Labied, là où m’attend Lhoussin, un jeune berbère de 26 ans. On monte avec un de ses amis et après avoir déposé une asiatique en passant par des rues sombres, j’ai une poussée d’angoisse. La sensation que tout peu basculer d’un moment à l’autre, et tout basculera, dans un bon sens.

On récupère Aaron, un canadien qui était dans un cyber café. Puis on file vers la maison de Lhoussin, toute une partie est réservé aux hôtes. On partage de bonnes conversation avec Aaron, on est sur la même longueur d’onde c’est impressionnant. On mange ensemble un melon délicieux et des oranges que Aaron a acheté dans la journée. Lhoussin me montre la terrasse sur la maison d’hôtes, les étoiles sont justes impressionnantes. On décide au même instant avec Aaron de dormir sur le toit, où l’on s’installera rapidement. On échangera sur quelques pensées philosophiques pour s’endormir en contemplant la voie lactée se déplacer lentement.

Pendant ce temps, le Ramadan débute.

Le lendemain matin à 6h j’entends Aaron se lever pour partir prendre son bus, ce sera un bel au revoir à la personne qui aura su me montrer que je ne suis pas seul finalement.

Sur le coup des midi, alors qu’à l’ombre on affiche 41°C, je rencontre une française dans le seul restaurant ouvert dans cette petite ville. Elle revient tout juste d’une nuit dans le désert et on se rend compte qu’en fait c’est ma voisine de chambre. Nos échanges forts intéressants couplés à mes derniers retours de parts et d’autres me dessinent la suite du voyage : partir au nord du Maroc, à Fès. Au passage je goûte une spécialité : l’omelette berbère : oignon, œufs, tomates, épices. Simple et efficace.
(🎤 C’est la MAAF !)

Sur le coup des 17h, Lhoussin me prête un touareg (pas le monsieur, la tenue) et un turban, et voilà que j’embarque sur le dos d’un dromadaire (les chameaux, c’est en Asie).

Victoire ! Poutou président !

Victoire ! Poutou président !

1h environ pour rejoindre notre campement. On y dort, et le lendemain on est revenu. Voilà la version courte où vous loupez l’essentiel, mais honnêtement, même dans une version plus longue, l’essentiel est fait de sensation, et comme évoqué avec Aaron la veille “A same person in a same place at a different time will feel it differently”, alors vous pensez bien que des personnes différentes…

Le désert que j’ai vu était magnifique, la couleur n’est pas celle à laquelle je m’attendais, elle tirait sur l’ocre ici. Les courbures des dunes, la pureté du sable d’un lisse impeccable, le calme, d’un apaisement total.

La sensation d’être sur le chameau avec un berbère devant moi, sans personne d’autres autour. Magique.

Habillé en Touareg en haut d’une dune tout en regardant le soleil se coucher et ressentir un léger vent chaud passant sur le turban devant mon visage, indescriptible émotionnellement, je touchais presque le Nirvâna.

La nuit tombée, je montre aux autres touristes du groupe la voie lactée qui se dessine. On s’amusera avec l’une d’elle (ce n’était que des chinoises), ayant emmené tout son équipement photo à capturer de très beaux clichés. Du coup je reviendrai avec mon matos rien que pour ca 🙂

Un Kévin posé

Un Kévin posé

Une nuit avec la tête dans la voie lactée, un Tajin, de la musique berbère, j’ai pu tester mes talents au djembé et être filmé par nos chinoiseries : épique. J’échange pas mal avec un des berbères, Zafira (un homme) qui a la particularité de ne pas faire le ramadan, tout simplement car il veut “rester libre et n’avoir aucune religion”. Couché à 1h30, debout à 4h pour contempler le soleil se lever, à nouveau en haut d’une dune, seul avec ce désert au sable désormais glacé.

Dans la foulée nous rentrons à dos de chameau, et je petit déjeune avec Lhoussin… Enfin, pas “avec” au sens propre, plutôt en face de lui, Ramadan…

Good morning Morocco

Good morning Morocco

Sinon, le dromadaire, ça fait mal au cul, comme le cheval vous me direz, et vous avez raison. L’avantage est qu’en chameau il m’a paru facile de mettre les jambes du même côté pour éviter des douleurs post-équestre (post-dromadestre ?)

Je fais quelques rencontres Couchsurfing (Ingarr le Tchèque, 2 Belges me conseillant un CS a Fès). Le soir du 28 mai, je pars pour Fès avec un bus de nuit. Mon programme approximatif des 2 semaines vient officiellement de complètement changer !

Huacachina, Islas Ballestas et Paracas

Les transports s’enchaînent bien et on arrive à Huacachina vers 16h30 le dimanche 10 août. Il n’y a pas beaucoup d’hôtels, peut-être deux. On est super bien installé : une belle chambre luxueuse et de l’eau bien chaude pour la douche (ce dernier point est rare ces derniers temps). On ne s’attendait pas à ça. Il a fallu aller au milieu du désert pour retrouver un peu de confort, c’est fou. On se trouve au milieu de gigantesques dunes de sable ! Huacachina est une toute petite ville entourant une étendue d’eau. On est bel et bien dans une oasis.

On espérait un coin perdu, tranquille mais en fait c’est une ville touristique. Pédalo, kayak pour faire le tour de l’étendue d’eau, un mec qui fait semblant d’être une statue, les vendeurs, les restaurants, l’ambiance… On se croirait presque sur la côte d’azur. Malgré tout, ça n’enlève rien au charme du lieu. On a rarement l’occasion de voir de tels paysages. Après avoir contourné l’oasis (2 minutes en prenant notre temps), on décide de faire l’ascension d’une des dunes de sable. On ne vise pas la plus haute, on est un peu fatigué. Kévin me dit “allez, dans 5 minutes on est en haut”. C’est ce qu’on verra ! Après 5 minutes à patauger dans le sable, on n’en peut plus, on fait une pause, même pas à la moitié. À chaque pas, le sable s’écroule et nous fait redescendre, difficile d’avancer ! On arrive finalement en haut, bien installé sur le sable chaud. On se croirait sur une plage mais sans la mer. Les gens pique-niquent, font du cerf volant… Mais la grande activité ici c’est le sandboarding, c’est à dire du snowboard sur du sable. Il y a beaucoup de buggy, des véhicules qui emmènent les gens en haut des dunes sans se fatiguer. Et ensuite, la descente se fait en glissant. Pour les débutants, rester debout n’est pas chose facile. Je préfère la technique des enfants qui s’assoient et s’en servent comme une luge. On observe toute ces activités autour de nous mais on est surtout admiratif de l’immensité des dunes. Les huacachina soleilgens en haut de la dune en face semblent minuscules. On assiste à un superbe coucher de soleil, avec un angle de vue parfait car le soleil s’emboîte derrière une dune en forme de volcan. On a choisi le bon endroit sans le savoir. Après les derniers rayons, l’air commence à se rafraîchir. Il est temps de redescendre. On voit les gens sur la dune en face dévaler la pente à une vitesse incroyable. On décide de courir aussi. À chaque pas, on avance d’une grande distance. On se sent tout léger. La descente se fait beaucoup plus facilement que la montée.

Musique dans les restaurants, dans les bars, c’est la fête dans toute l’oasis. La musique atteint même notre chambre. Il faut pourtant que l’on dorme car la journée du lendemain s’annonce chargée.

islas oiseauxDépart à 6h30 dans un van rempli de touristes, une majorité de français. Vers 9h, on embarque dans un bateau, avec un gilet de sauvetage orange fluo. C’est parti pour une heure au milieu des îles Ballestas. C’est un archipel d’îles où cohabitent un grand nombre d’otaries et de multiples espèces d’oiseaux marins : manchots, cormorans, pélicans, pingouins… On apercevra seulement 3 ou 4 pingouins perdus au milieu du flot des autres oiseaux. On profitera d’avantage des otaries. Ces îles sont l’équivalent des Îles Galápagos. Le temps est plutôt gris et l’air frais. Il est parfois possible d’apercevoir des dauphins mais nous n’auront pas cette chance aujourd’hui.

paracas

La plage rouge

On enchaine ensuite par la visite du parc national de Paracas. Sur la carte du Pérou, ce parc était représenté par une grande zone verte. On s’attendait donc à un grand parc très nature mais pas du tout, c’est un désert au bord de l’océan ! Suivant les zones, le sable est de différente couleur. On a droit à tous les dégradés d’ocre à orange. On s’arrête pour admirer différentes plages mais la plus belle sera la plage rouge, au sable… rouge. Pause d’une heure pour manger dans un restaurant perdu au milieu de tout ce sable. Des pélicans sont attirés par l’odeur du poisson dans les cuisines. Leur numéro est inhabituel pour nous. Ces gros oiseaux sont impressionnants (voir la vidéo). On termine notre visite par un musée sur l’histoire du parc. Je ne sais pas trop quoi en dire. Je viens de demander à Kévin ce qu’il en a retenu. Sa réponse : “la glace était bonne”. Voilà !

Le van nous dépose à un terminal de bus. Pour gagner un peu de temps, on aimerait aller à Lima et si possible enchaîner directement jusqu’à Huaraz. Les deux prochains bus pour Lima sont complets. Ne nous décourageons pas, un taxi nous emmène jusqu’à un autre terminal et on arrive juste à temps pour prendre un bus au départ imminent. On arrive dans cette grande capitale vers 20h. Commence alors une course dans la ville, avec l’aide d’un chauffeur de taxi, pour trouver un bus pour Huaraz. Notre souhait est finalement exaucé, départ prévu à 22h50 ce qui nous laisse du temps pour manger. On préfère ne pas s’aventurer trop loin du terminal et on se pose dans le premier restau qu’on voit. Les frites baignent dans l’huile, la viande de Kévin est périmée… On en sort écœuré.

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Famille d’otaries dans les îles Ballestas

Avant de monter dans le bus, les gens passent par un détecteur et les bagages sont fouillés. Enfin, ça, c’est la théorie ! En vrai, c’est assez comique à observer. Tous les gens qui passent au détecteur bippent rouge ce qui n’est sûrement pas bon. Le gars qui s’occupe du contrôle les tapote rapidement et fait semblant de contrôler leur sac. Grâce à son pouvoir, il n’a pas besoin d’ouvrir les bagages, il pose ses mains dessus et connaît instantanément tout son contenu. D’ailleurs il n’a pas besoin de contrôler tout le monde, il fait des pauses durant lesquelles des dixaines de personnes passent, bippent rouge et montent dans le bus avec leur sac. Sur une cinquantaine de personne, une seule personne ne bippe pas, n’est-ce pas elle qui est étrange finalement… ?
Nous on bippe rouge. Avec un couteau dans ma poche ça me paraît normal. Le gars pose ses mains divines sur mon sac, rien à signaler. Ses mains divines ne détecteront pas plus le couteau suisse dans le sac de Kévin.

Après cette longue journée, on s’endort plutôt facilement dans le bus qui nous emmène à Huaraz.

San Pedro de Atacama, une perle au bord du désert

En ce Samedi 28 juin 2014, on descend du bus avec un mal de tête assez puissant à cause de l’altitude. La maman française nous trouve un taxi qu’elle connaît afin que l’on rejoigne facilement  l’auberge qui nous avait été conseillé par Andres (cf. l’article sur Santiago du Chili).

Nos premières visions de San Pedro sont assez magiques car au loin -mais pas tant que ça- la ville est surplombée du volcan Licancabur (cf. la photo plus haut). La ville, perchée à 2430m, est minuscule -on pourrait parler de village- mais pourtant très animée, en fait nous sommes un weekend-end de fête religieuse. Les maisons sont basses, aucun étage nulle part à priori, les rues sont vraiment atypiques, il fait toujours beau, bref, en court : il y fait bon vivre ! San Pedro est paumée au milieu du désert de l’Atacama : le plus vieux et aride sur notre terre, et c’est pas les 3cm annuel de pluie qui y changeront grand chose ! On repartira dans 4 jours d’ici.

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Une rue typique de San Pedro de Atacama

La première soirée, ce sera du repérage rapide, et du repos, idem pour le dimanche. Faut bien s’acclimater à l’altitude quoi. L’auberge où nous nous trouvons a un côté sympa et en même temps pas sympa, genre règles à la con, je développe.
Interdiction de laver son linge à la main, il faut obligatoirement utiliser leur service de lingerie, facturée 1,5€ le kilo, utilisation d’un kilo minimum. Si on est pris en flague, amende (et non amande, ce qui serait tout de même plus sympa) de 10€ (ce qui serait cher pour une amande, sauf si elle était énorme). Mouais, ben si ils veulent leur kilo de fringues je vais devoir me balader tout nu ! Du coup on outrepassera les règles, et avec succès.
Il y a aussi eu ceux qui font les lits, qui décidèrent de rentrer dans la chambre pour faire les 2 autres de la chambre alors qu’on somnolait, ils n’avaient clairement rien à foutre ici. Et également un matin le gars qui ouvre la porte de chambre avec un double à 10h15 en nous rappelant que le check-out est à 10h30 : “mais on part demain… Espèce de branguignole” ! Paye ton intimité tiens. Bref, une équipe un peu, voire beaucoup, voire totalement à côté de la plaque.
Dans les trucs pas cool y’a aussi le fait que tous les voyageurs qui passeront ici parleront strictement anglais, seront froids, et ne diront pas bonjour, voilà l’ambiance de merde ! Heureusement, les 2 premiers jours dans notre chambre on avait un état-unien et un français supers sympas, Charly et Paul. Paul, si tu me lis, manifeste toi 🙂
On prendra d’ailleurs quelques infos à Paul sur les activités du coin, notamment faire du vélo dans la “Valle de la muerte”, autrement dit en français : la “Vallée de la mort”, pour ceux qui ne sont vraiment pas perspicaces. Plus tard on visitera également la Valle de la Luna, je laisse votre perspicacité opérer cette fois.

Cherchez Charly !

Cherchez Charly !

Dans les choses positives sur l’auberge, y’a notamment le fait de pouvoir réserver les excursions directement via la réception, un bus se charge ensuite de passer nous prendre à l’heure indiquée. Et venons-y à “l’heure indiquée”.

Le lundi 30, on est devant la porte de l’hôtel à 4h00 du matin pétante. Oui vous avez bien lu, 4h du MATIN ! -je pense à ceux qui nous connaissent bien et savent que c’est plutôt les heures auxquelles on vient de se coucher !- Inutile de vous dire qu’on est frais comme des gardons. Mais j’oublie le principal : on n’est pas ici pour le plaisir, quoique la voie lactée est en partie visible parmi cette farandole d’étoiles, ce qui est tout simplement sublime. Un bus doit passer nous prendre pour aller voir des Geysers. On s’alterne à faire le gaie pendant que l’autre est au chaud, on est efficace pour éviter de se geler. Oui se “geler”, car on est dans un désert, certes, mais la journée si il fait 20°C, la nuit c’est plutôt du 2°C. D’ailleurs dire 20° la journée est une moyenne, car en réalité on avait très chaud au soleil, et très froid à l’ombre, très grand contraste. L’usage du “très” dans la phrase précédente est très important. Bref, le bus arrive…. à 5h05 ! L’auberge nous avait dit n’importe quoi, le guide nous confirme qu’ils passent toujours vers 4h30/5h. Mouais, ben c’est 5h05 quand même -mode emmerdeur/gelé/fatigué activé-.

Après 2h de route on arrive sur le site des “Geysers del Tatio”, à environ 4300m. On n’en avait jamais vu. C’est magnifique. On voit le soleil se lever tout en marchant entre les geysers et petit déjeunant pour se réchauffer, oui se réchauffer, car là il ne fait pas 2°, mais -10° ! On ne sent plus trop nos pieds, mais c’est pas grave, c’est beau. Du geysers qui est constant, à celui rythmé comme une horloge : chaque minute il expulse pendant 14 secondes. Au tic tac près. J’avais toujours voulu en voir, je suis pas mécontent ! Manon commence à avoir tellement froid qu’elle en devient nauséeuse et fonce dans le bus. Je prends quelques photos, croise un renard, et on file sur un autre site, où une source d’eau chaude attirera des fous qui s’y baigneront en caleçon. Y entrer est facile, mais en sortir… On préfère faire le tour des geysers du coin, c’est beaucoup plus prudent.

Une fabrique à nuage naturelle.

Une fabrique à nuages naturelle.

Sur le chemin du retour on s’arrêtera à plusieurs points intéressants : lac gelé, col à 4700m, nourriture typique… Bref, tout ce qu’on n’a pas pu voir à l’aller vu qu’il faisait, si vous avez bien suivi : nuit ! On somnolera aussi pas mal, les effets de l’altitude me donne une migraine assez forte, pas d’autres moyens que se calmer pour diminuer la pression sanguine, pas le moment de faire le foufou quoi.

Le lendemain le programme est : Vallée de la mort le midi à vélo, et une excursion Vallée de la mort et de la lune en milieu d’après midi. Pour info les 2 se situent dans la Cordillère del Sal, qui porte très bien son nom, vous comprendrez rapidement.

La Valle de la muerte

La Valle de la muerte

Manon n’est pas top côté forme, mais après l’avoir bien motivée -ou “forcée à venir”, c’est selon le point de vue, mais avouez que le premier est quand même plus joyeux- on loue des vélos et on se tape quelques centaines de mètres dans la vallée de la mort – à seulement 4km de San Pedro- c’est beau, la roche est rouge ferreux, parfois recouverte de blanc : du sel. Alors que Manon rebrousse chemin, je continue encore un peu, jusqu’à me retrouver dans une cuvette ensablée, où après 5 minutes de poussette je vois des dunes qui s’étendent devant moi. Deux minutes de réflexion, et je prends mon vélo à 2 mains pour me lancer héroïquement sur le chemin du retour en poussette. Mais déjà, sans vous en rendre compte j’ai évoqué 2 choses importantes à souligner. Premièrement la vallée de la mort ça n’a rien du type “les incas sacrifiaient des vierges et des enfants aux crânes ronds”, c’est une erreur de transcription toute bête. Deuxièmement, toutes les roches ici ne sont pas des roches au sens auquel on l’entend, c’est juste du sable très très très compacté, mais ça, en fait, on ne l’a appris qu’avec notre guide de l’après midi, et on y vient.

Avant de partir pour notre excursion de l’aprèm, on s’enfile quelques sandwichs chez la maman française, qui nous fait cadeau des desserts d’ailleurs. C’est ti pas mignon ? On se régale à manger du pain français ! (Ce qui nous manque affreusement.) Bref, on rejoint le guide de l’aprèm.
On est en petit comité cette fois, l’ambiance sera très chaleureuse, surtout qu’il y a des mexicaines. Ce que je veux dire par là, c’est que quasi tous les mexicains que l’on croise sont très amicaux et avenants. Le guide n’est pas un con du tout, il est également ingénieur (en plus d’être guide hein, et non en plus d’être con, je disais donc, il est ingénieur) dans le domaine de l’environnement, du coup il connaît très bien comment se forme les cordillères, pourquoi le salar est là où il est, etc. Il nous parle également rapidement des tribus indigènes du coin, et la signification de leurs emblèmes carrés, tel que les Whipala. On se balade dans une grotte dans la vallée de la Luna, et c’est là que l’on apprend que les roches n’en sont pas ; d’ailleurs, en les touchant, effectivement tout s’effrite très facilement.

Entrée d'une grotte dans la Valle de la Luna, un homme y a même perdu un bras selon la légende

Entrée d’une grotte dans la Valle de la Luna, un homme y a même perdu un bras selon la légende

C’est également dans la grotte que Manon décide de s’écorcher le dos et moi la tête. Il paraît que ça donne un côté aventureux de revenir avec des cicatrices, donc on teste, vous nous direz à notre retour. Les dépôts de sel de parts et d’autres se voient très bien : les traces blanches donne un côté unique à ce lieu, laissées par le lac lorsqu’il s’est retiré jusqu’au point le plus bas -là où il y a le salar- . Il y en a sûrement d’autres, mais vu que c’est la première fois qu’on en voit, ça reste unique pour nous. Après s’être baladé dans cette vallée, on contemplera le coucher de soleil depuis une vue panoramique depuis la vallée de la muerte, où les couleurs rouges des terres seront encore plus marquées avec le déclin du soleil. Dernière petite explication culturelle sur les apachetas, des petits tas de pierres que l’on a trouvé un peu partout dans le coin. Chaque pierre empilée indique une information pour s’orienter dans le désert, et ce que l’on rencontrera sur le trajet. La première pierre en forme de triangle indique la direction à prendre, la seconde renseigne sur le niveau de difficulté jusqu’à la prochaine apacheta, la troisième s’il y aura de l’eau sur le trajet… Et vous l’aurez compris, plus il y a de pierres, plus il y a d’informations. Ça fait énormément penser aux inukshuks au Canada.

Le lendemain, mercredi 2 juillet, on ira à Calama, point intermédiaire obligatoire pour rejoindre la Bolivie.

On aurait pu rester plus longtemps à San Pedro, soit pour faire du vélo dans les alentours, ou encore visiter d’autres sites. Cependant les points à visiter faisaient un peu doublons avec d’autres déjà vu, ou bien que nous verrons, tel que le gigantesque salar d’Uyuni. En attendant, direction Calama, à seulement 2h de route d’ici ! -durée qui est, il faut l’avouer, ridicule pour nous désormais !-

L’inaccessible Désert de l’Atacama

72h pour faire 1800km, c’est ce qui nous attend. Heureusement, on ne le sait pas encore. Voilà ce qu’on a prévu : faire Córdoba – Salta, puis Salta – San Pedro de Atacama. Tout ça doit prendre 29h, en comptant les 2 heures de correspondance.

Une nouvelle fois on avait des signes avant coureurs dès Córdoba : le bus a plus de 1h de retard au départ. L’organisation est très mauvaise, et ce qui nous fout les boules, c’est qu’on n’a pas pu profiter des délicieuses crêpes toutes justes préparées. Mais bon, on positive, on peut en refaire où on veut 🙂

Le bus arrive à Salta avec 1h50 de retard, soit à 00h50, 10 minutes avant notre correspondance pour San Pedro. Le bus pour San Pedro n’est toujours pas là, il nous reste 20 pesos argentins en poche, ils passeront en bricole. Alors que Manon revient vers moi toute contente d’avoir pu dépenser nos derniers pesos, je lui annonce une mauvaise nouvelle que des anglais viennent de me lancer : notre bus pour San Pedro n’arrivera jamais. La confirmation de cette annonce vient d’un chauffeur d’un autre bus de la même compagnie. Sur le coup des 2h du mat’, ça nous fait froid dans le dos.. Aucune annonce n’est faite, ici, faut aller à la pêche aux infos. Du coup, on dort dans le terminal afin de sauter sur l’ouverture des guichets à 8h. On n’est pas les seul à dormir ici, la température ambiante est de 10°C, on dormira peu, et mal, vous vous en doutez !

on roule à 15km/h, mais vu la route ça nous va !

On roule à 15km/h, mais vu la route ça nous va !

On sera au taquet toute la journée pour savoir quand on peut partir, le problème étant que la frontière Chilio-Argentine est fermée à cause de la neige. Accessoirement y’a aussi le problème qu’on n’a plus de liquide -et dire qu’on était tellement content d’avoir tout dépensé jusqu’au dernier peso !-, heureusement, le seul café-restau du terminal accepte les CB -et elle fonctionne surtout, ô joie-, ça nous permettra de nous nourrir.

On alterne entre prises d’infos et somnolence, car on est littéralement HS. Le froid de la nuit précédente lié à la fatigue nous a épuisé, et le froid de la journée n’y arrange rien ! J’aborde deux françaises que j’entends se poser derrière moi. La mère et la fille, cette dernière étant une vraie pile (Valérie 😉 ). Elles sont bloquées ici depuis 3 jours et doivent retourner au Chili car elles y bossent. Les compagnies de bus refusent d’ailleurs de vendre des billets tant qu’ils n’ont pas de certitude quand à l’ouverture de la frontière. Un vendeur d’une agence comprend notre situation et nous propose de garder gratuitement nos sacs, et nous donne un numéro -réservé aux entreprises- pour appeler la frontière afin de connaître l’état de la neige et donc ouverture éventuelle de la frontière. On ne fera pas appel à ce numéro car les 2 françaises viennent d’avoir la certitude que le bus de 1h du mat’ partira. Il est 17h. Le temps est d’un long quand vous avez froid, seuls les boissons et aliments chauds nous feront planer sur un nuage de chaleur. Manon voit les quarts d’heure défiler. In-ter-mi-nable. Enfin si, ça se termine rassurez-vous. Je redemande une ultime fois sur le coup des 22h si c’est sûr et certain que le bus partira -car on a moyennement envie de se retaper une nuit ici-, “Pas de soucis c’est sûr et certain”.

Minuit trente, au taquet, le bus est là et décolle à 1h, comme prévu -en dehors des 24h en rabe-. On est censé arriver vers 7h à la frontière, et 10h30 à notre destination. A 9h j’ouvre les yeux, le bus est arrêté depuis plus de 3h. C’est beau mais c’est con de ne pas avancer. Les multiples routes sinueuses et gelées de la cordillère feront flancher plusieurs camions qui se mettent en travers de ces routes aux bords abruptes. Le bus redémarre et slalom entre les bus arrêtés, les camions qui patinent et ceux accidentés, tout cela en frôlant les fossés. A ce moment il ne faut SURTOUT PAS regarder par la vitre, on voit juste : le vide. En se penchant au ras de la fenêtre : la roue à 50cm du vide. A côté de moi : Manon me regardant, sans doute voulant immortaliser une potentielle probable ultime vision agréable.

Lonnnnnnngue file de camions suite à un travers de l'un des leurs un peu plus bas

Lonnnnnnngue file de camions suite à un travers de l’un des leurs un peu plus bas

On arrive à la frontière à 15h. Il fait chaud au soleil, genre 18 degrés, mais le vent, lui, tourne plutôt vers les 3°C. Histoire d’augmenter les contrastes, dans le bus c’est une fournaise, 28 minimum, le soleil tape fort. On arrive à la douane argento-chilienne -perchée à environ 3500 mètres quand même-, jamais les gars n’ont tamponnés nos passeports aussi rapidement ! Mais pourquoi donc ? Car c’est la mi temps du match de foot Chili-Brésil ! On remonte dans le bus rapidement et là…. Attente. Je commence à avoir pas mal de douleurs à la tête, l’altitude sûrement.

Après une heure on n’a toujours pas décollé. La pile française, Julie, va à la pêche aux infos : le chauffeur est allé se planquer pour regarder le match de foot ! J’imagine que ça en fait rigoler plus d’un lisant ces lignes, mais entre Julie qui a du boulot urgent pour le lendemain -elle à une boîte de voyage de luxe-, et moi qui commence à avoir des débuts de malaises dû à l’altitude du col où on est : on a bien les boules. Putain de footeux, une vraie religion ici. Julie me donne de la caféine pour me booster, car voir des étoiles blanches partout commence à craindre quand même. Manon et d’autres passagers ont également mal à la tête. Le bus démarre, je suis pas au bout de mes sensations puisqu’on passe par un col à plus de 4000 mètres. Respirer calmement et essayer de dormir en ayant les pieds surélevés seront quasi mes seules préoccupations désormais. Julie donne également un cachet de caféine, son dernier, à Manon qui se sent un peu plus mal : bienvenue dans le monde des nauséeux !

Deux heures après avoir quitté la frontière on arrive enfin à destination. Entre les différences de température, le mal de l’altitude et la fatigue, je ne sais pas trop lequel nous accable le plus, mais dans mon coeur une chose me fait énormément plaisir : on est arrivé dans le désert le plus aride au monde, San Pedro de Atacama.

Salar du Desert de l'Atacama

Salar du Désert de l’Atacama