En route vers le Nord : Chefchaouen et Tanger

Suite à ma première experience en bus de nuit je m’étais dit : plus jamais au Maroc. En ce Samedi 4 juin, aux alentours de 4h 4min et 4 sec du matin, je descends du bus frais comme un gardon, mais alors que je pensais tomber sur une station de bus où je pourrais pioncer un peu, ben non. Y’a rien, pas un chat (et pourtant c’est pas ce qu’il manque ici !). Du coup, ben je vais visiter la ville de nuit !
Je croise dans les rues beaucoup d’enfants qui jouent, soit au foot, soit à balancer des oranges sur un garde d’une grande place. Ah j’avais oublié un détail important : il fait froid, moins de 15 degrés, et je n’ai pas pris de blouson pour ce voyage. Si je m’arrête plus de 5 minutes je commence à cailler. J’arrive enfin dans la médina. Poua ! Magnifique, ce bleu est magnifique, tout est bleu, c’est une ville pour les Schtroumpfs ! Les rues, les maisons, époustouflants !

Chefchaouen tout en bleu

Chefchaouen tout en bleu

Après 1h30 de marche j’ai fais le tour de la ville tout en contemplant le lever de soleil sur les montagnes environnantes (grosse sensation de l’ascension du Machu Picchu !) je décide de dormir un peu sur un banc. Le froid n’est pas d’accord, et j’abandonne quand des gamins commencent à venir m’emmerder. Il est environ 7h du matin et je vais tomber sur mon boulet du coin. Il me proposera cannabis, tapis, sacs, babouches au cours des 2 prochaines heures. Il faut savoir que Chefchaouen est la capitale du cannabis au Maroc, donc réputé certes pour ses maisons bleues mais également pour ses cultures. Le gars et un de ses potes ne reculent devant rien :

Une rue de Schtroumpfée

Une rue de Schtroumpfée

“T’es jeune faut en profiter, ça te fera du bien”
“Déjà tu sais pas mon âge, j’ai pas dormi de la nuit et repars dans quelques heures, j’ai pas envie d’être encore plus HS avec ta résine, non merci”
“Mais ici c’est légal, les gens en fument partout. Regarde, t’en veux combien ? Les français en prennent tous le temps ! Un petit 400 dh ?”
Bref, autant parler à un mur qu’à ce marchand de la quarantaine.

Après un petit déjeuner costaud je repasse par les rues bleues en direction de la gare routière, cette fois ouverte, prête à m’accueillir pour dormir de 10 à 13h !

Cette ville avait l’air très agréable, et y séjourner plus longtemps à une autre occasion pourrait sonner comme un petit havre de paix, tout comme Hassi Labied (ceci est un message à peine masquée destiné à ma bien-aimée). Beaucoup de randonnées à faire dans les montagnes environnantes, de quoi y séjourner 4-5 jours minimum. A 15h passé, avec un gros retard, mon bus fait voile vers Tanger !

Dodo, l'enfant do, l'enfant ... Se les cailles !

Dodo, l’enfant do, l’enfant … Se les cailles !

On est toujours le 4 juin, la journée est longue ! J’arrive à Tanger vers 18h30 et trouve rapidement une auberge nommée Bayt Aline dans la médina. Le personnel est super gentil. Je rencontre Youn, copain de chambre, un Coréen qui vient de faire une année Erasmus en France, ne parle pas un mot de francais et… je n’en saurai pas plus car il a le nez plongé dans son téléphone et se couchera à 20h30.

L’auberge est assez atypique (surtout ma chambre, je suis sur un lit superposé à 2m50 au-dessus de la douche !). La propriétaire, une française, la cinquantaine, me procure rapidement 2-3 conseils et une CARTE DE LA MÉDINA. Je vois vraiment ça comme un objet sacré, ma joie est immense quand Fabienne ouvre le coffre contenant ce précieux photocopié et me le présente. La vue sur le port, la méditerranée et la médina depuis le toit de l’auberge est très sympa. Je me couche tôt, c’est tellement rare qu’il faut le souligner : 22h30, et enquille sur une grosse nuit de 12h. A mon réveil, plus aucune courbature aux jambes, reposé, il est midi, je vais explorer la médina de Tanger.

Le royaume du matou

Le royaume du matou

Personne (ou presque) pour me quémander quoi que ce soit, je me repère dans toute la médina (forcément avec un plan, même sans être ultra précis, ça aide), je fais un tour par une vue sur le port, puis vais au petit Socco, un lieu d’activité et de marché ou je prends un thé à la menthe en observant la vie du quartier se dérouler. Ensuite je vais au grand Socco (comme le petit, mais en dix fois plus grand) puis au musée de la Kasbah, conseillé par un guide, gentil, et non intrusif. Premier musée que je me fais au Maroc ! Gars pas très accueillant à l’entrée, je dis bonjour, il répond pas, j’avance, et là “Monsieur il faut payer, c’est 20dh”. Ben commence par être poli déjà. Il est 16h05, ça fait 25 minutes que je suis dans le musée et j’en ai fait 50 pourcents, mais je me fais virer comme un mal propre par un garde parce que “c’est Ramadan”. Ce blaireau ne parle ni anglais, ni francais, ni espagnol, et ne comprend donc pas mon mécontentement. Enfin si, il le comprend vu qu’il entend mon intonation et

Cour Intérieure du musée de la Kasbah

Cour Intérieure du musée de la Kasbah

mon regard tente de le tuer. Je prévois d’y retourner le lendemain pour demander des explications, car ne pas prévenir et faire entrer les gens ne me paraît pas très correct. C’est le pays de la frustration !

Le soir j’ai un nouveau pote de chambre, un espagnol qui est venu en moto. Y’a pas à dire on repère tout de suite l’accent espagnol : ils débitent à une vitesse phénoménale !

En ce lundi 5 juin mon planning est plutôt léger. Je retourne au petit Socco pour déguster un jus d’orange, je retourne voir un commerçant de la veille avec lequel j’avais bien accroché près de la Kasbah et je vais au musée. Le gars à l’entrée semble me reconnaître, semble me comprendre, et semble me laisser entrer pour finir ma visite. Le seul musée que j’aurais fait est franchement pas très grand, mais très sympa pour peu qu’on lise toutes les informations présentées. D’autant plus qu’il est DANS une Kasbah. Ensuite je retraverse toute la médina pour aller au grand Socco, y manger et observer la vie. Je vous avais prévenu : journée légère, journée d’observation ! Et encore je fais court, j’ai vraiment passé ma journée à m’imprégner de l’atmosphère, la médina de Tanger est la plus sympa que j’ai faite, ni trop grande, ni trop petite, et celle où je me suis le plus senti en sécurité. J’y aurais dégusté tajine et couscous à une adresse recommandée par l’auberge. En 2 jours pas un seul type ne m’a suivi pour me forcer à entrer dans son magasin, les directions indiquées par les gens étaient toujours les bonnes. Que du bonheur ! J’ai ensuite passé du temps dans un cybercafé ne vendant pas de café et me suis présenté à la gare avec 5h30 d’avance. Ouch ! Mon train partira vers 23h45, direction Marrakesh, et ce sera ma première fois dans un train couchette 🙂
(Enfin, là je souris car je pense que ça va être sympa. Mais en réalité je publie cet article avant de monter dans le train…). C’est parti pour 9h de voyage !

Des escaliers vus depuis la hauteur d'un chat

Des escaliers vus depuis la hauteur d’un chat

Hassi Labied et les portes du Sahara

La route fut longue en ce vendredi 26 mai 2017, les premières heures contiennent de nombreux virages ce qui fera vomir la femme derrière moi à plusieurs reprises.

L’avantage d’être seul c’est qu’on est beaucoup plus enclin à aborder les autres, le Berber à côté de moi m’invitera d’ailleurs à dormir chez lui à Thingir si jamais je passe par sa ville en revenant du désert. Après qu’il soit parti, je ressens les inconvénients de la solitude, ou plutôt, une nostalgie s’empare de moi et me bouleverse profondément quand je me rends compte que 3 personnes devant moi sont des espagnols d’une part, et d’autre part que j’ai posé sur le siège vide à mes côtés le petit sac à dos de Manon que j’ai emprunté pour ce voyage, posé là comme si elle allait revenir d’un moment à l’autre. Les 6 dernières heures de ce voyage de 13h furent donc difficiles émotionnellement.

J’arrive à 21h30 à Hassi Labied, là où m’attend Lhoussin, un jeune berbère de 26 ans. On monte avec un de ses amis et après avoir déposé une asiatique en passant par des rues sombres, j’ai une poussée d’angoisse. La sensation que tout peu basculer d’un moment à l’autre, et tout basculera, dans un bon sens.

On récupère Aaron, un canadien qui était dans un cyber café. Puis on file vers la maison de Lhoussin, toute une partie est réservé aux hôtes. On partage de bonnes conversation avec Aaron, on est sur la même longueur d’onde c’est impressionnant. On mange ensemble un melon délicieux et des oranges que Aaron a acheté dans la journée. Lhoussin me montre la terrasse sur la maison d’hôtes, les étoiles sont justes impressionnantes. On décide au même instant avec Aaron de dormir sur le toit, où l’on s’installera rapidement. On échangera sur quelques pensées philosophiques pour s’endormir en contemplant la voie lactée se déplacer lentement.

Pendant ce temps, le Ramadan débute.

Le lendemain matin à 6h j’entends Aaron se lever pour partir prendre son bus, ce sera un bel au revoir à la personne qui aura su me montrer que je ne suis pas seul finalement.

Sur le coup des midi, alors qu’à l’ombre on affiche 41°C, je rencontre une française dans le seul restaurant ouvert dans cette petite ville. Elle revient tout juste d’une nuit dans le désert et on se rend compte qu’en fait c’est ma voisine de chambre. Nos échanges forts intéressants couplés à mes derniers retours de parts et d’autres me dessinent la suite du voyage : partir au nord du Maroc, à Fès. Au passage je goûte une spécialité : l’omelette berbère : oignon, œufs, tomates, épices. Simple et efficace.
(🎤 C’est la MAAF !)

Sur le coup des 17h, Lhoussin me prête un touareg (pas le monsieur, la tenue) et un turban, et voilà que j’embarque sur le dos d’un dromadaire (les chameaux, c’est en Asie).

Victoire ! Poutou président !

Victoire ! Poutou président !

1h environ pour rejoindre notre campement. On y dort, et le lendemain on est revenu. Voilà la version courte où vous loupez l’essentiel, mais honnêtement, même dans une version plus longue, l’essentiel est fait de sensation, et comme évoqué avec Aaron la veille “A same person in a same place at a different time will feel it differently”, alors vous pensez bien que des personnes différentes…

Le désert que j’ai vu était magnifique, la couleur n’est pas celle à laquelle je m’attendais, elle tirait sur l’ocre ici. Les courbures des dunes, la pureté du sable d’un lisse impeccable, le calme, d’un apaisement total.

La sensation d’être sur le chameau avec un berbère devant moi, sans personne d’autres autour. Magique.

Habillé en Touareg en haut d’une dune tout en regardant le soleil se coucher et ressentir un léger vent chaud passant sur le turban devant mon visage, indescriptible émotionnellement, je touchais presque le Nirvâna.

La nuit tombée, je montre aux autres touristes du groupe la voie lactée qui se dessine. On s’amusera avec l’une d’elle (ce n’était que des chinoises), ayant emmené tout son équipement photo à capturer de très beaux clichés. Du coup je reviendrai avec mon matos rien que pour ca 🙂

Un Kévin posé

Un Kévin posé

Une nuit avec la tête dans la voie lactée, un Tajin, de la musique berbère, j’ai pu tester mes talents au djembé et être filmé par nos chinoiseries : épique. J’échange pas mal avec un des berbères, Zafira (un homme) qui a la particularité de ne pas faire le ramadan, tout simplement car il veut “rester libre et n’avoir aucune religion”. Couché à 1h30, debout à 4h pour contempler le soleil se lever, à nouveau en haut d’une dune, seul avec ce désert au sable désormais glacé.

Dans la foulée nous rentrons à dos de chameau, et je petit déjeune avec Lhoussin… Enfin, pas “avec” au sens propre, plutôt en face de lui, Ramadan…

Good morning Morocco

Good morning Morocco

Sinon, le dromadaire, ça fait mal au cul, comme le cheval vous me direz, et vous avez raison. L’avantage est qu’en chameau il m’a paru facile de mettre les jambes du même côté pour éviter des douleurs post-équestre (post-dromadestre ?)

Je fais quelques rencontres Couchsurfing (Ingarr le Tchèque, 2 Belges me conseillant un CS a Fès). Le soir du 28 mai, je pars pour Fès avec un bus de nuit. Mon programme approximatif des 2 semaines vient officiellement de complètement changer !

Huaraz, émerveillement dans la Cordillère Blanche

Le mardi 12 août, on arrive sur le coup des 8h30 du matin à Huaraz, frais comme des gardons. On choppe un taxi. Il nous dépose dans un hôtel en nous disant qu’il est près de la place des armes, cool ! Mais on se rendra compte de la supercherie que quelques heures plus tard. Tant pis, on est à 20 minutes du centre, mais dans un hôtel, ou plutôt auberge, non, un truc pas cher.

Le gérant de l’hôtel appelle un de ses potes faisant des excursions dans la Cordillère blanche, mais on le sent pas, on fera donc quelques agences dans le centre pour voir ce qui s’offre à nous, car l’activité principale en partance de Huaraz, ce sont des treks de un à TRENTE jours dans la Cordillère blanche, une immense chaîne de montagnes (blanche à ses sommets). Face à la blanche, y’a la noire, offrant une belle vue sur la blanche justement. Ce sera notre premier trek d’ailleurs.

Le mercredi 13 on part avec un guide à quelques 20 minutes de Huaraz, et on grimpe. 2h de montée en théorie, mais ils avaient du voir large car on atteindra la lagune de Wilcacocha au sommet en 1h30. On en a bien chié quand même, soyons honnête ! Pause déjeuner à côté de la lagune, en admirant la vue panoramique sur la cordillère blanche. Malheureusement le temps est nuageux, du coup, soyons encore honnête, la lagune est moche et le panorama est pas super top.

huaraz pano blanc

Côté positif, on ne brûle pas sous le soleil, et ça c’est cool car y’a pas de zone ombragée ici. La cordillère noire est plutôt jaune sur ses flancs, car en cette période d’été, tout est cramé. En hiver, il paraît que c’est vert. Pour la descente on demande au guide de prendre un autre chemin que pour la montée, le chemin est assez difficile car constitué de pierre. Mais bon, on voulait le rentabiliser car on a vite compris que payer chacun 15€ pour l’avoir on s’est fait un peu entuber, soyons zonètes (décidément !). Julio, le guide, a 27 ans et a vécu les 10 premières années de sa vie avec sa grand mère, dans la campagne, bénéfice : il connaît super bien les plantes, et sait se soigner avec. Il nous raconte notamment l’histoire d’une fille que la médecine contemporaine n’arrivait pas à soigner, qu’ils ont emmené au bord d’une lagune, puis recouverte de certaines plantes, et hop, elle était debout en moins de temps qu’il n’en faut pour prononcer “c’est une histoire vraie ?”. À 14h on est de retour à Huaraz.

Le lendemain on se repose -vous avez l’habitude maintenant qu’on fasse des journées pauses !- et on change d’hôtel, d’auberge, enfin de lieu quoi. Pourquoi ? Parce que le lieu en lui-même est éloigné du centre, la cuisine qu’on devait pouvoir utiliser est quasi inexistante puisque résumée en terme de vaisselle à une casserole dégueulasse qu’on nous a filé le premier soir -limite on devait aller acheter une éponge pour la nettoyer : LOL ! Filez-nous une éponge, et encore heureux qu’on te demande pas de la nettoyer !- On n’a pas confiance en la sécurité des chambres (un cadenas pour fermer… mouais), et l’environnement est plutôt crade globalement. Ah et aussi on attend toujours les petits-déjeuners prévus. Donc voilà, outre les moults autres détails négatifs, on change, parce que le changement, c’est maintenant, (François si tu nous lis, tu vois, nous, on agit 😉 ) et on arrive dans un hôtel dont nous avait parlé Florian. Quoi ? Vous ne vous rappelez pas de lui ? C’est le français rencontré au Machu Picchu, qui est également à Huaraz actuellement.

On profite un peu de la ville en cette journée de repos, enfin profiter est un grand mot, car la ville a beau compter 150.000 habitants, elles est pourrie, je m’explique. Un ruisseau traverse la ville, des ordures le longent et s’y promènent, les bâtiments sont inachevés, sales, les commerces sont majoritairement inutiles (énormément de magasins pour faire des photocopies. Je comprends pas trop ce délire honnêtement. Mais bon), et le truc le plus stressant et énervant : les gens ici ont la foutu habitude de klaxonner tout le temps, mais vraiment tout le temps. “Oh, un passant, TUUUT. Oh, un croisement où je suis prioritaire TUUUT. Oh, TUUUUT”. C’est simple, les gars ici conduisent avec la main au dessus du klaxon. Un truc de fou. Et pour info, ici également c’est interdit de klaxonner pour x raisons, comme en France. Mais que fait la police ? Ben elle fait la circulation apparemment.

Avec ce temps gris, nous ne fûmes pas séduit au premier coup d'oeil à 4450m

Avec ce temps gris, nous ne fûmes pas séduit au premier coup d’oeil à 4450m

Le vendredi 15 août, on prévoit de se taper l’ascension jusqu’à la lagune Churup avec Florian. Bon alors les guides en papier et sur Internet conseillent de ne pas s’aventurer seul, ça tombe bien, on y va à trois ! Ils conseillent également de partir tôt le matin. Vous nous connaissez. On décolle à 9h45 de Huaraz, tous les 3. Les guides parlaient de 15 minutes pour atteindre le début du chemin, mais le chauffeur nous dit 45, et il a raison le coquin !

Bref, on se retrouve à Llupa pour attaquer le trek. Ça commence tranquille, la première heure et demie on s’économise. On arrive à Pitec, pseudo ville où on paye 10 soles pour commencer les choses sérieuses. Ça grimpe beaucoup, c’est assez hardu, soyons honnêtes, on peine, on piétine avec Manon, et on commence à s’essouffler énormément. L’altitude nous pèse de plus en plus et nous emmerde littéralement sur des passages difficiles où on doit utiliser des cordes en métal -parfois bien usées- pour escalader certaines parties. On fait beaucoup de pauses car en plus d’une migraine naissante, j’ai des vertiges et Manon la nausée. Pas cool pour escalader. Quand je dis escalader c’est vraiment escalader, certains passages nécessiteraient d’avoir du matos d’escalade car c’est vraiment dangereux. On est à bien 4000m à ce moment, et c’est fou que mon corps qui semble bien acclimaté à 3000 (altitude de Huaraz) soit complètement HS ici. Je dis “mon” corps, car Manon a toujours des difficultés avec l’altitude, son cœur s’emballe très facilement à chaque fois qu’on se trouve à plus de 3000 mètres (Huaraz comprit. Pour info le Machu Picchu qui ne lui avait pas posé de problème est à “seulement” 2500).

La lagune est en fait de l'autre côté, mais la vue nous plaisait plus ici !

La lagune est en fait de l’autre côté, mais la vue nous plaisait plus ici !

2h30 nous seront nécessaires pour faire Pitec-La lagune de Churup. 2h30 c’est le temps informatif donné, on est pile dedans, et vu comment on a peiné, je peux vous dire qu’on est heureux d’arriver à la lagune, les derniers mètres de pente raide furent un calvaire. Il est 14h30. On a donc mit au total 4h pour arriver là. Je pensais que le trek durerait 2h30, j’avais rien compris en fait ! On se pose 1h le temps de se reposer, et surtout manger, s’hydrater, prendre des photos du site. Durant la montée on a eu des gouttes de pluie, et surtout vu arriver de gros nuages noirs, ce qui nous a bien fait flipper. Car outre la pluie, une étendue d’eau avec des nuages au dessus c’est généralement plus moche qu’avec un ciel bleu dans laquelle il se reflète -mais c’est qu’on  deviendrait exigeant avec la météo maintenant !-. Pendant notre déjeuner, on a le droit à de la neige fondue, de la petite grêle, en plus du vent glacial, et entre temps il arrive que l’on ait des éclaircies, nous faisant bouillir sous nos vestes. Durant ce trek on a connu un peu toutes les saisons ! Même les rafales de vent latérales qui vous obligent à marcher penché d’un côté pour y résister ! Bref, les quelques éclaircies nous permettent de profiter des lieux, et ma foi, ça vaut le coup d’avoir souffert pour arriver là !

A gauche de la cascade le chemin en mode "escalade avec les cordes en métal", à droite, notre descente en mode "AAAAAaaaaaah !"

A gauche de la cascade le chemin en mode “escalade avec les cordes en métal”, à droite, notre descente en mode “AAAAAaaaaaah !”

Après 1h de pause on entame la descente. Il nous reste pile 3h pour rejoindre le point initial d’où partira le dernier collectif -petit bus- pour Huaraz. En tout cas c’est ce que nous a dit le chauffeur du matin : “18h30”.

On ne redescend visiblement pas exactement par le même chemin, on ne se tape pas les cordes usées en métal, et on s’aperçoit qu’on est du mauvais côté du fleuve ! Enfin “mauvais” c’est exagéré, de ce côté là aussi on peux passer, faut juste être un peu sportif et un peu foufou. L’escalade est abrupte, un passage particulièrement délicat nous oblige à être collé à la paroi et redoubler de vigilance pour ne pas glisser, car ce serait la catastrophe assurée. Pendant que j’aide Manon à traverser certains passages difficiles, ce couillon de Florian filme nos exploits. Après 30 minutes de descente dangereuse, on arrive sur la zone de camping. Le plus dur est fait, et on ressent déjà les bienfaits d’avoir descendu 400 bons mètres, nausée et mal de tête se calment, on respire mieux, ouf.

Durant la descente on croise 2 français qui vont camper cette nuit, bon courage avec tout ce matos pour grimper à la lagune ! Le soleil qui poursuit son déclin laisse apparaître des paysages merveilleux, de toute beauté, les mêmes qu’à la montée, mais en même temps différents, dont nous profiterons tout en descendant aussi vite que possible.

Si tu glisses, tu tombes... très bas !

Si tu glisses, tu tombes… très bas !

On arrive au lieu de rendez-vous dans les temps, 18h10. Les gars sur place nous disent qu’il n’y a plus de bus à cette heure là. Panique ? Non, un 4×4 vient ramener ces travailleurs à Huaraz, et nous embarquerons avec eux, enfin, pas tout à fait avec eux, nous on est dans le coffre extérieur, dans les pots de peinture et les échelles. Le trajet est rigolo, pour moi, beaucoup moins pour Manon qui a peur d’être éjectée à chaque dos d’âne. On arrive vivant à Huaraz 40 minutes plus tard, et le petit vieux dans le coffre avec nous nous accompagne jusqu’à la place des armes.

Florian nous fait goûter une spécialité qu’il a trouvé ici, des churros fourrés de manjar (manjar=Dulce de leche péruvien=confiture de lait en France. Le nom est différent mais c’est la même chose.). J’adore ! Mais c’est hyper bourratif.

Le samedi ce sera un repos bien mérité, on a des courbatures un peu partout. En fin d’après-midi on rejoint Florian pour se rendre ensemble à quelques 20 minutes de la ville, Anta, en direction de Yungay, pour admirer un coucher de soleil sur les montagnes. Le soir même Florian prend un bus pour aller plus au nord du Pérou et entamer son 5ème et dernier mois de voyage. De notre côté on planifie la journée suivante : ce sera la fameuse Laguna 69. Il paraît que c’est le lieu le plus beau autour de Huaraz, du coup, on se l’ai gardé pour la fin, dernier trek de notre voyage, et peut-être un endroit idyllique.

Ce dimanche debout à 5h30 -du matin bien entendu. Quelques courbatures de Churup sont encore là, mais on va encaisser hein, c’est notre dernière activité péruvienne !

Gardez-bien à l'esprit que c'est encore plus beau de nos propres yeux

Gardez-bien à l’esprit que c’est encore plus beau de nos propres yeux

Sur le trajet, le bus s’arrête notamment aux Lacs de Llaganuco pour une pause photo. Le premier de ces 2 lacs est d’un bleu magique, au pied de ces montagnes immenses, on en prend pleins les yeux. Dix minutes plus tard le bus arrive à destination avec 1h de retard, il a mis 4h au lieu de 3, en partie de sa faute, mais aussi au groupe d’allemands qui ont retardé le bus à plusieurs moments. C’est important de souligner ce retard, car le temps que l’on a pour faire le trek, lui, ne change pas, et pourtant on doit être de retour ici dans exactement 6h. Bon, le trek est prévu en 3h aller et 2h30/3h retour. Ça devrait le faire !

Certains partent comme des balles, nous on se met de la crème solaire, Manon ajuste son chapeau, et patati, et patata, bref, on part les derniers, il est 10h pile.
Ça commence cool, on descend ! On arrive rapidement sur du plat, puis légère montée. Le paysage est vraiment beau. Se baladent chevaux et vaches par-ci par-là. On remonte la rivières parcourant cette plaine. On marche bien et on commence à doubler des gens. Au bout de 10 minutes on en voit qui font déjà des pauses, et ben c’est mal parti pour vous les petits loups !
En 40 minutes on a doublé quasi tous ceux de notre bus, m’enfin c’est pas très dur : on est les seuls à ne pas s’arrêter pour reprendre notre souffle. Une bonne montée arrive, 30 minutes d’ascension où on double les premiers de notre bus, et on commence à rattraper des gens du bus précédent. Les paysages sont à nouveaux magnifiques, plus beaux que Churup ! Une cascade, une vue sur les montagnes enneigées des environs, la plaine que l’on a traversée en contre-bas. Histoire de, on fait une pause d’une minute pour boire. On double un jeune, la vingtaine, bien musclé et faisant une pause. En nous voyant passer il enquille derrière moi. 20 secondes plus tard je me retourne, hop, 10 mètres derrière le jeunot. Une minute plus tard, je ne le vois plus ! On arrive à nouveau sur du plat et passe devant un petit lac. Pas spécialement beau, on avance. Nouvelle plaine, décors de géant, on est ridiculement petit ! Mais on voit déjà ce qui se profilera devant nous 5 minutes plus tard, la deuxième grosse montée. Jusque là on trouve honnêtement ce trek facile. Churup a dû nous renforcer !
Cette dernière montée est un peu plus difficile, mais quand on commence à peiner, on arrive au sommet. Quelques mètres de plat et, PUNAISE !

huaraz laguna69 kevin

S’étend sous nos yeux la lagune 69, surmontée d’une montagne tout simplement magnifique. La lagune est d’un pur bleu turquoise intense. L’eau est transparente. Le soleil provoque des scintillement dans la lagune. La montagne en face de nous est enneigée, ou glacée, enfin on ne sait pas trop, ça brille tellement et l’aspect est particulier, on dirait du plastique blanc ! Il est 12h15. On est donc monté en 2h15 au lieu de 3. On calcule rapidement, ouais, on peut se permettre de glander ici 2h ! Enfin, je ne vais pas beaucoup glander. Alors que Manon se pose à l’entrée du site avec d’autre personnes, je pars en solo pendant près de 1h à crapahuter autour de la lagune pour la voir sous différents angles. Je reviens vers Manon, mis hors service par l’altitude (4500 mètres, ça fait haut pour faire le con pendant 1h). J’ai un mal de tête évoluant plutôt mal, et aucun appétit. Je profite un peu de cette vue du lac beaucoup plus classique, mais qui est honnêtement la plus belle, puis on redescend. À ce moment je me sens vraiment mal, ne pas avoir beaucoup mangé ne m’aide sûrement pas, mais au moins je bois ! Après la première descente, ajouté au mal des montagnes, j’ai les intestins, stimulés par la randonnée qui me font vivre un enfer. À ce stade une seule solution : “Comment chier dans les bois ?”. Encore merci de m’avoir offert ce best-sellers Magali, ça aura été utile ! Je me rappelle d’un passage où ils disaient quelque chose comme “prenez votre temps de choisir l’endroit idéal, quitte à chier, autant en profiter pour avoir un beau paysage”, et avouez que devant une montagne gigantesque à la cime enneigée, une vallée verdoyante sublime, et sous un ciel bleu, on se rapproche de l’idéal non ?

On serait allé encore vachement plus vite en montant les chevaux !

On serait allé encore vachement plus vite en montant les chevaux !

Manon a ce phénomène étrange qui se reproduit : son mal de tête s’accentue durant la descente.   Entre nos pauses diverses et nos douleurs diverses, on mettra 2h pour rentrer, et on arrivera devant le bus à exactement 16h, l’heure de retour indiquée par le chauffeur. On décolle ? Ah, non, c’est sans compter sur ces foutus allemands. Les derniers arriveront avec 1h30 de retard. L’un d’eux ayant sorti son petit réchau et faisant du café ne se presse pas à tout remballer, bref, on part avec 1h45 de retard. Honnêtement on avait espoir que le chauffeur abandonne ici les plus lents ! C’est pas qu’on est pressé, mais ce soir on a une tonne de choses à faire avant de quitter Huaraz -donc en fait, SI, on est pressé !-.

Petite parenthèse pour exprimer ô combien les allemands entre 20 et 30 ans qui voyagent ici sont des emmerdeurs. Tous les groupes que nous avons croisés étaient irrespectueux vis à vis du silence de l’auberge, de laver leur vaisselle, mettre en retard les autres dans les transports en commun, et donc globalement impoli -dire bonjour c’est pour les tapettes ! Bref, si j’étais vulgaire je dirai que ce sont des vrais connards. Oups. Si encore leur langue était belle, mais le contraste avec l’espagnol est tellement énorme, les pauvres ne cumulent que des défauts. Fin de la parenthèse.

On arrive à Huaraz à 20h30, le bus nous lâche en plein centre ville, on retrouve le chemin de l’auberge, et c’est heureux -et sale- que l’on rentre de ce dernier trek, des images pleins la tête -et pleins le numérique. “MERVEILLEUX” décrit parfaitement cette ultime randonnée dont les paysages rivalisent clairement avec ceux rencontrés à Ushuaia. On a été ébloui avec notre premier trek sur le continent, et avec le dernier, le pied !

Cusco et son fameux Machu Picchu

L’heure péruvienne semble aussi approximative que l’heure bolivienne, on arrive à Cusco à 8h30 au lieu de 7h du matin. Pour une fois tant mieux, j’ai pu dormir un petit peu plus !

Le programme est simple : petit déjeuner, trouver un hôtel, se renseigner sur les excursions. Bizarrement on trouvera un hôtel avant de petit déjeuner, mais c’est pas plus mal ! On se renseigne ensuite dans cinq ou six agences différentes afin de comparer les prix et les façons d’accéder au fameux site du Machu Picchu. Le train à prendre pour accéder au site est très cher, ça double facilement les prix, mais on ne met que 3h pour y aller. On a notre temps, donc on opte pour le contournement des montagnes, soit 6h de trajet en bus auxquelles il faut ajouter deux heures de marche pour accéder à la ville la plus proche du Machu Picchu, qui a le doux nom de Aguas Calientes (les eaux chaudes).

Nos 24 prochaines heures seront ponctuées de retrouvailles fortuites. On retombe sur Gintè et Ieva, les 2 lituaniennes, sur la place des armes, puis sur les 2 français le lendemain (rencontrés dans le bus entre Copacabana et Arequipa) : le monde est petit ! On fera entre temps une excursion pseudo-gratuite de la ville afin de s’imprégner de son histoire et ses anecdotes. “Pseudo” car quand je donne un pourboire au guide, il me lance : “Ah mais non, la participation minimale est de 10 soles”. Ben gratte-toi, 6 ça ira.

Dimanche 3 août 2014, 7h45, c’est parti pour le Machu ! Enfin 7h45 c’est sur le papier, on est censé attendre devant l’hôtel qu’on nous prenne. En réalité on dépose nos gros sacs dans un local sécurisé à l’hôtel, puis on se rend directement à l’agence en ville. Je vous épargne les détails, mais l’organisation est surprenante. On quitte Cusco avec plus de 1h de retard.

Discrimination évidente : vieux avec cannes ou fauteuils roulants ne peuvent franchir certains obstacles

Discrimination évidente : vieux avec cannes ou fauteuils roulants ne peuvent franchir certains obstacles

Malgré la fatigue de la petite nuit qu’on a faite, mes yeux restent scotchés aux paysages qui s’offrent à nous : SU-BLIMES. Les montagnes paraissent gigantesques, le cours d’eau que nous longeons apporte un petit plus, tout comme les cascades que nous croiserons. La route se fait ensuite plus terreuse, à flanc de montagne, les bus doivent s’arrêter si ils se croisent, on ne voit pas le fond du canyon qui nous nargue, on ose à peine regarder. On passe par un pont en bois, large comme le bus, à se demander comment il tient encore. On a bien les boules quoi ! Du coup, on essaie de dormir pour ne pas regarder notre potentielle mort arriver.

Le bus arrive à ce que l’on appelle l’ “hydroélectrica”, notre destination, avec 1h30 de retard. On change de guide. Enfin, on n’a pas trop la même notion de guide, car en fait il nous indique où aller avec des explications, puis se barre en train. On mange puis on enquille avec le groupe (environ 10 personnes) sur le chemin nous menant à Aguas Calientes, la ville touristique la plus proche du Machu Picchu. Il s’agit principalement de suivre les rails, c’est pas trop dur, mais surtout, le paysage qui s’étend devant nos yeux est à nouveau sublime ! Les roches dans le lit du fleuve sont très particulières : énormes, lisses et blanches. Tout parait démesuré ici. On se sent perdu dans la nature (bon y’a quand même la voie ferrée hein) et c’est carrément agréable.

La faute à la fatigue, Manon à des baisses de tension ce qui devient handicapant, d’autant plus que le chemin est parfois assez limite côté sécurité : l’absence de pont nous oblige à traverser des parties de rivières en passant sur les rails, entre-coupés de vide.
Au bout d’un peu plus de 2h de marche et de pauses on arrive à Aguas Calientes. Il fait déjà nuit depuis 30 minutes, j’ai la frontale sur moi depuis lors.

Le guide nous avait dit qu’il nous attendrait dès 18h sur la place principale. Pourtant à 18h30 toujours personne. Pendant ce temps on retrouve petit à petit ceux du groupe. Le guide arrive enfin, et nous explique que vu qu’on est dimanche ils n’ont pas pu acheter nos billets à Cusco. Du coup c’est à nous de faire la queue ici. Étonnement il demande à certaines personnes du groupe de prendre les passeports des autres et faire la queue. Plus étonnant, je me retrouve avec 4 passeports dans les mains, dont 2 Coréens, et à faire la queue pendant 30 minutes. Je suis HS au fait. J’avais oublié de le préciser ! Manon reprend doucement et n’a plus de baisses de tensions.

Se lever tôt vaut le coup ! L'aube durant notre ascension...

Se lever tôt vaut le coup ! L’aube durant notre ascension…

Une fois les billets pour le Machu Picchu en poche, nous voilà en route pour l’hôtel. Il est 19h20 quand on y arrive, on fonce prendre une douche, enfin, ça c’est ce qu’on espérait, on est les seuls à avoir une salle de bain où le système d’eau chaude ne fonctionne pas, le robinet semble bloqué. Le problème ne paraît pas récent, contrairement à ce qu’affirme le personnel de l’hôtel.
19h50, ça traine. On leur demande à changer de chambre car à 20h le guide doit nous emmener au restau, et on veut prendre une douche, mais vraiment, ça devient vital : on n’est pas des boliviens nous ! 🙂 Hop hop hop, nouvelle chambre, douche qui fonctionne, puis restau. On notera l’humour des péruviens au restaurant : “Poulet avec frites, salade composée et riz”. On est 3 à notre table à ne demander que des frites. Les plats arriveront sans prendre en compte notre requête, et la salade composée pour eux c’est : une rondelle de concombre et une de tomate, véridique.

On fonce à l’hôtel se coucher, il est 22h30. Dans 5h30, debout pour voir le lever du soleil sur le site.
Lundi matin, 4h, debout tout le monde ! Équipés des lampes frontales, on se dirige à 20 minutes d’Aguas Calientes au petit village de Machu Picchu Pueblo. Il y a déjà une longue queue. 5h, ça ouvre, on montre passeport et billet d’entrée, et à 5h15 on commence l’ascension pour accéder au site. La veille le guide nous avait prévenu que monter durait environ 1h30. 45 minutes à 1h pour les sportifs, et pour les autres, 2 bonnes heures, voire la journée (petit plaisantin !). La montée est rude, pire que Blue Mountain en Jamaïque -et oui, on en parle encore régulièrement de cette journée de m**de-, tout simplement parce que c’est assez raide et surtout qu’il n’y a que des SALOPERIES DE MARCHES ! Monter une pente est beaucoup plus facile que donner des acoups à chaque marche. La fatigue et la montée ont un effet synergique assez puissant qui nous oblige à faire des pauses toutes les 5-8 minutes. Pendant nos micro-pauses on admire les premières couleurs de l’aube, et les montagnes qui se découvrent derrière nous. C’est magique.

On enchaine, beaucoup de personnes font des pauses, on se dépasse les uns les autres régulièrement, puis on croise lors d’une pause l’ami chilien de Gintè et Ieva ! Il monte comme une furie, pied nus ( !!!! ) et se permettra avec élégance de jouer de la flûte lors d’une de ses rares pauses.

Photo classique du site, mais avec un Kévin devant, ce qui est déja plus rare

Photo classique du site, mais avec un Kévin devant, ce qui est déja plus rare

6h20, soit 1h05 après notre départ, je suis sur le point de faire une pause, je vois un abri et lance à Manon :
“1 minute ici et on repart”
“Hey regarde, on est arrivé !”, s’extasie Manon.
Punaise, le con, je me serai arrêté à 15 mètres du but !

Nouvelle file d’attente, cette fois pour entrer sur le site même. Sauf que là, il n’y a pas que les warriors (guerriers) qui ont gravi les marches, y’a aussi ceux qui ont payé 10€ pour monter en bus : FAIGNIASSES ! :p

Gintè et Ieva nous rejoignent dans la file, on passe les contrôles avec succès (c’est pas les boîtes Lyonnaise ici !), et pendant qu’on cherche le guide qui nous fera découvrir le site pendant les 2 prochaines heures, on commence à être ébloui par ledit site. Y aller aussi tôt n’était pas pour rien : alors que l’on attend que la visite guidée démarre, les montagnes au loin laissent le soleil s’échapper et inonder progressivement le Machu Picchu de sa lumière matinale. C’est fabuleux, vraiment. Pour moi, la beauté de ce que je vois, le site, les montagnes autour, tout ça n’est certes pas 100% naturel comme Ushuaia, mais ça rivalise énormément, on en prend plein les mirettes. C’est pas possible de quitter ce monde sans avoir vu ça.

La visite guidée se déroule tranquillement, la fatigue revient de plein fouet : nos jambes flanches, c’est chaud patate ! À 9h la visite est finie, le site est à nous (et à quelques centaines de touristes), on s’y promène et on prend des photos par-ci par-là. Je suis vraiment admiratif de ce peuple : arriver ici il y a plus de 500 ans et aller construire (tailler), élaborer, un site aussi énorme, aussi haut et loin de tout. Impressionnant, comment faisaient-ils ? Si seulement on pouvait voyager dans le passé et observer les Incas.

Pivotez votre tête sur la droite, puis admirez les montagnes de derrière ayant la forme d'un visage Inca. Pas mal hein ? Le nez correspond au Wayna Pichu

Pivotez votre tête sur la droite, puis admirez les montagnes de derrière ayant la forme d’un visage Inca. Pas mal hein ? Le nez correspond au Wayna Pichu

Sur le coup des 11h, après presque 2h à barouder et apprécier les lieux, on les quitte après avoir tamponné nous-même MACHUPICCHU sur nos passeports.. Les touristes commencent à affluer en masse, la circulation devient presque désagréable à certains endroits du Machu. C’est parti pour 40 minutes de descente (les marches sont toujours aussi peu agréables), suivi de deux heures pile poil pour rejoindre hydroelectrica, le point de rendez-vous.

Les guides n’arrêtaient pas de nous briefer pour dire d’être absolument à 14 heures au point de rendez-vous, sinon on pouvait rester bloquer ici. Seulement si nous nous sommes à l’heure ; le guide qui nous place dans les bus arrive bien plus tard. l’organisation paraît à nouveau très aléatoire mais au final on est chanceux on part dans les premiers, vers 15h.

Le trajet est censé durer à nouveau 6h, ne changeons pas les bonnes habitudes, il en mettra 7. Le trajet ne sera pas de tout repos : entre la pause bouffe, où on descend puis on voit le bus se barrer et ne revenir qu’après 20 minutes (il est parti sans prévenir pour prendre de l’essence), la pause “lavage de bus” où ce dernier se fait arroser alors qu’on est à l’intérieur et les joints de vitre ne sont pas de première jeunesse, la “pause pipi en haut d’une bute uniquement pour le chauffeur, les autres peuvent se faire dessus” et le français, Florian, avec lequel on parlera pendant tout le trajet, on arrive à destination totalement HS. Et malheureusement, on n’est pas encore couché vu ce que l’on va bientôt découvrir.

machu panorama

—- QUELQUES INFORMATIONS PRATIQUES SUR LE MACHU PICCHU —-
Cette partie est destinée uniquement à ceux qui souhaitent des informations sur “comment ça se passe, que faire, et comment ?” car pour nous ça a été un vrai bordel de comprendre. Chaque personne que nous rencontrions avait fait le Machu Picchu d’une façon différente et nous ne comprenions pas très bien comment tout cela se passait. On va donc vous donner quelques pistes 🙂

Le mieux est un petit plan pour comprendre ce qu’il y a entre Cusco et le Machu Picchu.

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Tout d’abord, l’entrée au Machu Picchu est d’environ 35€, et est inclu dans le prix des 3 premières options que je détaille ci-dessous.
Plusieurs solutions suivant le temps et l’argent dont on dispose. Nous on a fait le plus économique, soit le premier cas présenté.

Option 1 – Machu Economique en 2 jours
Budget approximatif (car tout est toujours négociable ici): 100€/personne
(Le budget comprend : le transport, le déjeuner, le dîner, une nuit d’hôtel, le petit déjeuner, le guide et l’entrée au Machu.)
Le trajet vert : 7h de bus jusqu’à l’hydroélectrica, et de là 2h de marche jusqu’à Aguas Calientes le long du chemin de fer. Le lendemain ascension d’une heure pour aller jusqu’au Machu Picchu. Environ 2h de visite guidée puis temps libre sur le site. Ensuite on a tout refait en sens contraire. C’est l’option la plus fatigante physiquement.

Alternativement, vous pouvez aussi prendre un bus au lieu de faire l’ascension le matin, puis la descente. Chaque trajet coûtera 8€ environ pour 20 minutes de bus.
Vous pouvez également prendre le train entre hydroelectrica et Aguas Calientes. Rajoutez au moins 25€ par trajet.

Option 2 – Machu en train sur 2 jours
Budget approximatif : 170€/ personne
Cusco – Ollantaytambo en bus, ça prend 1h30
Ollantaytambo – Agua Calientes en train, ça prend 1h30
Dormir à Aguas. Puis le lendemain au choix comme précédemment (ascension en bus ou bien à pied). Retour en train puis bus comme pour l’aller.
Comme vous pouvez le constater, le train est très cher.

Notons que dans ces 2 options vous ne passez qu’une nuit à Aguas Calientes.

Options 3 – Rando sur plusieurs jours
Les budgets peuvent éclater ici. Il s’agit de prendre le bus jusqu’à Ollantaytambo, ensuite d’emprunter le train jusqu’au km 82 puis descendre et débuter le chemin de l’Inca. Vous en aurez pour 3-4 jours au total, dormirez en tente, et vous aurez un guide. Les prix, à titre d’information, dépassaient les 350€/personne.

Alternativement, vous pouvez plutôt descendre au km 104 pour rejoindre une parti du chemin de l’Inca. Mais il faudra que vous aillez au préalable (plusieurs semaines avant) acheté le billet autorisant l’accès au chemin. Le nombre de visiteurs par jour étant limité.

Option 4
Démerdez-vous ! Non sérieusement, il est tout à fait possible de tout planifier soit même, faire le chemin de l’Inca sans guide, ce qui est sûrement très intéressant si vous êtes un randonneur expérimenté. Ça prend du temps, et beaucoup de choses sont à anticiper, tel que le billet pour emprunter le chemin de l’Inca, à acheter plusieurs semaines avant votre expédition, ainsi que tout billet de train ou d’hôtel que vous voudriez.

En plus :
Le Wayna Pichu est une montagne en face du site du Machu Picchu (c’est le nez de l’Inca quand vous faite pivoter les photos du site sur votre droite). Il faut acheter son billet plusieurs mois à l’avance car là aussi il n’y a qu’un nombre de visiteurs limités par jour. Elle est très haute, et les escaliers pour arriver à son sommet sont raides (après ce qu’on s’était tapé on était content de ne pas avoir à le gravir !)

Et voilà, il existe bien entendu d’inombrables autres possibilités : vous pouvez faire du vélo, ou bien d’autres randos autour du Machu Picchu. En espérant que ces quelques informations puissent être utiles à des curieux 🙂

Copacabana et la beauté du lac Titicaca

Le trajet la Paz Copacabana est marqué par un passage en bateau. Mais ce n’est pas le bus qui monte sur un gros bateau, non non, c’est nous qui montons dans un petit bateau à moteur. On est ainsi une quinzaine de personnes par bateau à traverser le lac Titicaca. 20 minutes de trajet, et on attend de l’autre côté le bus, qui lui est seul sur une embarcation à laquelle je ne ferai personnellement pas très confiance ! Mais bon, les boliviens si, et tant mieux, le bus arrive -avec nos sacs !-. Les paysages sont très beaux avec cette eau de la même couleur que la méditerranée mais au pied des collines.

On trouve rapidement un hôtel très sympa, chambre spacieuse, confortable, waouuuuu, ça fait du bien une bonne surprise ! Petit balcon avec vu sur le lac, et …. Hey, le coucher de soleil c’est pour bientôt ! On paye directement 2 nuits, et on descend voir le coucher de soleil. On tombe ensuite sur une femme d’agence d’excursion très gentille (c’est rare, donc assez important pour être souligné), qui nous expliquera que faire et que voir dans la ville et aux alentours.
En allant trouver un endroit pour manger, une française nous aborde, Justine, 25 ans, qui voyage depuis 9 mois en Amérique latine et cherche désespérément avec son copain, Vincent, un endroit pour dormir. Après une bonne demie heure à papoter, ils nous donnent terriblement envie d’aller au Costa Rica ! Le temps de s’échanger nos contacts, et ils iront dans le même hôtel que nous -mais ça, on le saura que 2 jours plus tard, quand ils partiront ! Dommage.-
Alors que l’on mange, on constate que pour une ville très touristique, les boliviens ne sont pas du tout dans la même mentalité que nous côté restauration : 40 minutes pour un plat de pâte quand vous êtes les seuls dans le restaurant. Et on le vivra ainsi à chaque restaurant. Ah et aussi, le chauffage est une option dans les restaurants ici, ne comptez pas vous sentir bercer par une douce musique et la chaleur d’un feu, au mieux vous aurez un petit peu moins froid que dehors, et vous aurez la télé allumée avec une série alacon genre “les feux de l’amour” version espagnol.

On a parfois laissé le guide partir loin devant pour profiter du lieu, que du bonheur !

On a parfois laissé le guide partir loin devant pour profiter du lieu, que du bonheur !

Le lendemain matin à 11h le réceptionniste frappe à la porte pour nous dire qu’il y a le check-out. Euh, on reste 2 nuits, t’es vachement organisé toi ! Visite de la ville, de l’énorme église sur la place principale, et de Calvario, un mirador au sentier très catholique inspiré du chemin du christ, avec des croix à plusieurs étapes. C’est haut, c’est dur, mais la vue sur la ville est vraiment belle.

La fameuse Isla del sol -“Île du soleil” pour le néophyte !- sera pour le lendemain, le jeudi 24 juillet. Deux heures trente de petit bateau pour atteindre l’île, en même temps le trajet est pas cher, 4€ chacun aller-retour. Le bateau nous dépose au nord de l’île, d’où on marchera jusqu’au sud. Un guide fait son apparition dans le bateau, il pue, mais vraiment -c’est assez fréquent ici, mais je comptais tout de même le souligner pour que vous vous imprégniez de l’ambiance-. En descendant on se fait taxer chacun 2€ pour accéder à l’île. On arrive alors aux ruines ! Enfin, on a tellement été habitué à voir de beaux vestiges, que là on est très déçu : une table type camping français faisant office de table de sacrifice, quelques restes de maisons à moitié enfouis, et…. Ce sera tout, on part en direction pour le sud de l’île. Avant cela le guide demande une contribution de 1€ chacun. On ne sait pas si on va le suivre, et de toute façon on préfère payer ce type de prestation après, et non en avance.

Le groupe part sur le chemin, on les suit de visu. Le guide s’arrête de temps en temps pour expliquer des choses, des anecdotes, l’histoire de son peuple. Quand il nous a abordé dans le bateau il l’a joué genre “il y a 2 ans je ne parlais pas un mot d’espagnol, et je fuyais les touristes.” Mais ça passe moyen désolé, il semble juste essayer d’attirer la sympathie et la pitié, et ça on n’aime pas !

Si nous sommes déçus par les 2 ruines qui se battent en duel, en revanche les paysages seront somptueux durant tout le trajet. On atteindra les 4500 mètres sauf erreur de ma part, c’est haut pour faire une rando de 3h, mais on gérera plutôt bien physiquement. Sur le trajet on échange quelques mots avec des français. L’un deux, ou plutôt l’une, nous raconte qu’elle est habituée à la Bolivie, mais qu’une semaine plus tôt, 2 jours après être arrivée à la Paz, elle s’est fait embarquer par un faux flic, avec un autre touriste et un taxi complice qui lui ont volé argent et téléphone. Quelques jours plus tard, c’est son sac à main dans un restau qui disparaît. Que du bonheur ! On se dit qu’on a de la chance, d’autant plus qu’on baissait notre garde récemment. Apparemment ce sont souvent des péruviens qui ferait ça en Bolivie…. En tout cas c’est ce que disent les boliviens (et menteurs comme ils sont… Qui croire ?).

Le chemin sur l'Isla del Sol me faisait penser à la muraille de Chine, bien que je ne l'ai jamais vu de mes propres yeux ! -pour l'instant-

Le chemin sur l’Isla del Sol me faisait penser à la muraille de Chine, bien que je ne l’ai jamais vu de mes propres yeux ! -pour l’instant-

Plus loin sur le chemin, le guide fait une pause pour nous demander ses 2€. Si c’est pas une raclure sérieux. Encore plus loin des gamins font barage devant nous pour nous demander de l’argent, un gamin insistant pose la main sur mon sac, je l’expulse ; pendant ce temps Manon pousse une gamine sur le côté du sentier car trop insistante et invasive. Vous comprendrez que c’est pas à eux qu’on lâche des bonbons 😉
Encore plus loin, juste avant d’arriver au village Sud, là où on reprendra le bateau, on nous retaxe 1€ pour 2. Le groupe est un peu loin devant, on prend du retard à force de flâner, mais on les voit au loin. On les rattrape dans la ville juste avant pleins de zigzagues en précisant au guide qu’il y a 2 vieux argentins qui sont du groupe et qu’il a dû oublier derrière vu qu’on ne les voit plus. Il fait le signe de “Mince alors”. 20 minutes plus tard on retrouvera ces 2 argentins retraités furieux au bateau, ils n’ont jamais revu le guide. Bref, la journée se termine, tout le monde est HS dans le bateau, les filets de baves vont et viennent avec la houle.

Le vendredi sera du repos, en dehors d’un fait marquant et choquant. Dans une boutique du marché, qu’elle ne fut pas la surprise de voir en guise de jouets des bébés lamas empaillés (ou en décomposition ?), à l’apparence cadavérique. Ça nous a glacé le sang. Ce peuple est certes très différent culturellement, mais entre des affiches de momies à Uyuni et des jouets morbides, on a vraiment du mal avec les boliviens et leurs petits plaisirs !

14h, le samedi 26 juillet on va en direction de Pachataka, ou “Horca del Inca”. Des ruines Inca à côté de la ville, donc faisons-le à pieds. On se lance, ça monte sec, “10 bolivianos pour passer” est affiché sur une pancarte, mais il n’y a personne, à la bonheur ! Ça monte de plus en plus sec, et la vue derrière nous se profil sur la ville et le lac. On arrive sur ce qu’on pense être les ruines, je dis bien “on pense” car c’est pas flagrant, on dirait juste que la montagne a été un peu taillée à certains endroits, à moins que ce soit une forte érosion. On voit tout de même l’arche “Horca del Inca”. On continue de grimper, cette fois ce n’est plus des marches, on escalade la montagne pour se trouver un endroit tranquille, sans personne -bien qu’il n’y avait que peu de fous pour monter ici-. On admire alors la vue, qui franchement vaut le coup ! Le temps de prendre quelques photos, vidéos, et 20 minutes plus tard on redescend.

On arrive devant une poste -pour envoyer du courrier bien sûr-, personne. Deux français sont aussi là, ils voulaient des enveloppes. Une femme nous voit tous les 4 et dit que le lendemain il y aura quelqu’un. Manon sent bien le “je me débarrasse de vous”, et ne préfère pas dégoûter les autres français en leur expliquant ce qu’elle ressent, ils auront bien le temps de le découvrir ! En attendant, on leur montre où trouver des enveloppes (on a mis 30 minutes à en trouver la veille, autant leur faire gagner du temps).

Grimper c'est dur, avec l'altitude c'est amplifié, donc dur dur -Copacabana en fond, durant l'ascension à Horca del Inca-

Grimper c’est dur, avec l’altitude c’est amplifié, donc dur dur
-Copacabana en fond, durant l’ascension à Horca del Inca-

Dimanche 27 juillet 2014. La journée s’annonçait cool sur le papier : une visite pépère à faire, passer à la poste et écrire le bilan de la Bolivie, mais c’était sans compter sur nos amis boliviens ! “Plus de place dans l’hôtel”, on ne peut pas rester cette nuit nous annonce le réceptionniste à 8h50 du matin, alors qu’on est bien frais durant le petit déj. Un détail que j’ai omis de préciser, mais ici l’air est très sec, on se réveille 4-5 fois par nuit avec la bouche complètement sèche -pourtant on est au bord d’un lac, comme quoi…-. On trouve un autre hôtel où on ne peut se poser qu’à 13h. Pendant ce temps on essaie d’accéder à la poste, personne, et impossible de trouver des timbres dans la ville. Trois jours sans poste malgré les heures d’ouvertures affichées, vive les villes touristiques boliviennes ! Même la “Mairie” et les policiers qu’on est allé voir ne savaient pas le pourquoi du comment. Avant 14h on repasse, toujours les mêmes lettres derrière la vitre, des choses ont été déplacées, mais toujours personne. Pendant qu’on cherchait des timbres on est passé dans une librairie, personne dedans. On patiente 2 minutes, toujours personne. Bon. Il faut savoir que c’est jour de fête ici les dimanches, toute la ville est bouchée par les voitures, elles font la queue. Pour quoi ? Pour passer devant la cathédrale de la ville et se faire bénir, eux et leur voiture -sans déconner !-. Les voitures sont d’ailleurs toutes décorées avant d’arriver devant l’église et se faire bénir, les gens y placent des fleurs, un chapeau bolivien scotché sur le toit, beaucoup de couleurs ressortent de tout ça. Au passage les gens s’amusent à balancer des pétards par-ci par-là :
“Attention Manon le gars…” *PAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPA*
Même pas le temps de la prévenir qu’un gars en fait péter juste à nos côtés. Des fous ces boliviens, déjà qu’habituellement… Alors en liesse !

Pour le dernier après-midi en Bolivie, il ne nous reste qu’une chose à voir et également accessible à pieds : El Asiento del Inca (le siège de l’Inca). C’est pas loin du tout. En arrivant sur le site, de loin on se dit que c’est vraiment des ruines, en effet. Un gars nous accoste, il paraît bourré et était précédemment posé avec sa petite famille. Il nous demande des sous, je lui filerai des bonbons. Et hop, on passe. Plus loin on tombe sur des gamins, genre 5 et 7 ans. Ils commencent par nous montrer des vers avec lesquels ils jouent, on les questionne donc :
“Ils viennent d’où ?”
“Du caca juste là”.
Ah oui, effectivement… Puis ils proposent de nous expliquer l’histoire des ruines moyennant quelques bolivianos. 3 bonbons et ça passe. Avouez que c’est cool de tout payer avec des bonbons que vous aimez pas, non ? Le plus grand parle vraiment comme un guide, impressionnant ! Mais au bout de 5 min il dérive de plus en plus sur sa nature d’enfant. Après leur avoir dit d’arrêter de massacrer tout les arbres que l’on rencontre (leurs fleurs contenaient du jus, mais ils les massacraient et les balançaient …), on les laisse et retourne flâner dans les rues de Copacabana. On demande à une jeune commerçante le pourquoi du comment de la fête autour de l’église, on aura des bribes de réponse entre son air détaché et son regard fuyant, classique quoi.

Le soir on aura encore quelques emmerdes au restau : 20 min après la commande une femme nous dit que le chef est pas là et qu’on doit partir….. OK ! Et pour changer dans le second restau on a eu l’impression que je le jeune qui nous servait allait se suicider devant nous vu la gueule qu’il tirait. Classique quoi ! Bref, une bonne journée remplie de petites contrariétés, histoire de bien nous remontrer ce que c’est la Bolivie, la vraie telle qu’on l’a vécue durant ces 3 semaines et demi.

Lundi 28 juillet, tchao les boliviens. Dernière tentative à la poste, ils tentent de nous faire tourner en rond une fois de plus. Non merci. Manon n’enverra pas de carte depuis la Bolivie. On espère laisser leurs odeurs, leurs maladies, leurs visages suicidaires et leurs morbidités ici, vive le Pérou ! Enfin, on s’attend à tout. Mais le dernier pays de notre voyage nous ouvre ses portes, et nous on lui tend les bras, on a toujours la patate, alors ¡ Vamos !

San Pedro de Atacama, une perle au bord du désert

En ce Samedi 28 juin 2014, on descend du bus avec un mal de tête assez puissant à cause de l’altitude. La maman française nous trouve un taxi qu’elle connaît afin que l’on rejoigne facilement  l’auberge qui nous avait été conseillé par Andres (cf. l’article sur Santiago du Chili).

Nos premières visions de San Pedro sont assez magiques car au loin -mais pas tant que ça- la ville est surplombée du volcan Licancabur (cf. la photo plus haut). La ville, perchée à 2430m, est minuscule -on pourrait parler de village- mais pourtant très animée, en fait nous sommes un weekend-end de fête religieuse. Les maisons sont basses, aucun étage nulle part à priori, les rues sont vraiment atypiques, il fait toujours beau, bref, en court : il y fait bon vivre ! San Pedro est paumée au milieu du désert de l’Atacama : le plus vieux et aride sur notre terre, et c’est pas les 3cm annuel de pluie qui y changeront grand chose ! On repartira dans 4 jours d’ici.

spa ville

Une rue typique de San Pedro de Atacama

La première soirée, ce sera du repérage rapide, et du repos, idem pour le dimanche. Faut bien s’acclimater à l’altitude quoi. L’auberge où nous nous trouvons a un côté sympa et en même temps pas sympa, genre règles à la con, je développe.
Interdiction de laver son linge à la main, il faut obligatoirement utiliser leur service de lingerie, facturée 1,5€ le kilo, utilisation d’un kilo minimum. Si on est pris en flague, amende (et non amande, ce qui serait tout de même plus sympa) de 10€ (ce qui serait cher pour une amande, sauf si elle était énorme). Mouais, ben si ils veulent leur kilo de fringues je vais devoir me balader tout nu ! Du coup on outrepassera les règles, et avec succès.
Il y a aussi eu ceux qui font les lits, qui décidèrent de rentrer dans la chambre pour faire les 2 autres de la chambre alors qu’on somnolait, ils n’avaient clairement rien à foutre ici. Et également un matin le gars qui ouvre la porte de chambre avec un double à 10h15 en nous rappelant que le check-out est à 10h30 : “mais on part demain… Espèce de branguignole” ! Paye ton intimité tiens. Bref, une équipe un peu, voire beaucoup, voire totalement à côté de la plaque.
Dans les trucs pas cool y’a aussi le fait que tous les voyageurs qui passeront ici parleront strictement anglais, seront froids, et ne diront pas bonjour, voilà l’ambiance de merde ! Heureusement, les 2 premiers jours dans notre chambre on avait un état-unien et un français supers sympas, Charly et Paul. Paul, si tu me lis, manifeste toi 🙂
On prendra d’ailleurs quelques infos à Paul sur les activités du coin, notamment faire du vélo dans la “Valle de la muerte”, autrement dit en français : la “Vallée de la mort”, pour ceux qui ne sont vraiment pas perspicaces. Plus tard on visitera également la Valle de la Luna, je laisse votre perspicacité opérer cette fois.

Cherchez Charly !

Cherchez Charly !

Dans les choses positives sur l’auberge, y’a notamment le fait de pouvoir réserver les excursions directement via la réception, un bus se charge ensuite de passer nous prendre à l’heure indiquée. Et venons-y à “l’heure indiquée”.

Le lundi 30, on est devant la porte de l’hôtel à 4h00 du matin pétante. Oui vous avez bien lu, 4h du MATIN ! -je pense à ceux qui nous connaissent bien et savent que c’est plutôt les heures auxquelles on vient de se coucher !- Inutile de vous dire qu’on est frais comme des gardons. Mais j’oublie le principal : on n’est pas ici pour le plaisir, quoique la voie lactée est en partie visible parmi cette farandole d’étoiles, ce qui est tout simplement sublime. Un bus doit passer nous prendre pour aller voir des Geysers. On s’alterne à faire le gaie pendant que l’autre est au chaud, on est efficace pour éviter de se geler. Oui se “geler”, car on est dans un désert, certes, mais la journée si il fait 20°C, la nuit c’est plutôt du 2°C. D’ailleurs dire 20° la journée est une moyenne, car en réalité on avait très chaud au soleil, et très froid à l’ombre, très grand contraste. L’usage du “très” dans la phrase précédente est très important. Bref, le bus arrive…. à 5h05 ! L’auberge nous avait dit n’importe quoi, le guide nous confirme qu’ils passent toujours vers 4h30/5h. Mouais, ben c’est 5h05 quand même -mode emmerdeur/gelé/fatigué activé-.

Après 2h de route on arrive sur le site des “Geysers del Tatio”, à environ 4300m. On n’en avait jamais vu. C’est magnifique. On voit le soleil se lever tout en marchant entre les geysers et petit déjeunant pour se réchauffer, oui se réchauffer, car là il ne fait pas 2°, mais -10° ! On ne sent plus trop nos pieds, mais c’est pas grave, c’est beau. Du geysers qui est constant, à celui rythmé comme une horloge : chaque minute il expulse pendant 14 secondes. Au tic tac près. J’avais toujours voulu en voir, je suis pas mécontent ! Manon commence à avoir tellement froid qu’elle en devient nauséeuse et fonce dans le bus. Je prends quelques photos, croise un renard, et on file sur un autre site, où une source d’eau chaude attirera des fous qui s’y baigneront en caleçon. Y entrer est facile, mais en sortir… On préfère faire le tour des geysers du coin, c’est beaucoup plus prudent.

Une fabrique à nuage naturelle.

Une fabrique à nuages naturelle.

Sur le chemin du retour on s’arrêtera à plusieurs points intéressants : lac gelé, col à 4700m, nourriture typique… Bref, tout ce qu’on n’a pas pu voir à l’aller vu qu’il faisait, si vous avez bien suivi : nuit ! On somnolera aussi pas mal, les effets de l’altitude me donne une migraine assez forte, pas d’autres moyens que se calmer pour diminuer la pression sanguine, pas le moment de faire le foufou quoi.

Le lendemain le programme est : Vallée de la mort le midi à vélo, et une excursion Vallée de la mort et de la lune en milieu d’après midi. Pour info les 2 se situent dans la Cordillère del Sal, qui porte très bien son nom, vous comprendrez rapidement.

La Valle de la muerte

La Valle de la muerte

Manon n’est pas top côté forme, mais après l’avoir bien motivée -ou “forcée à venir”, c’est selon le point de vue, mais avouez que le premier est quand même plus joyeux- on loue des vélos et on se tape quelques centaines de mètres dans la vallée de la mort – à seulement 4km de San Pedro- c’est beau, la roche est rouge ferreux, parfois recouverte de blanc : du sel. Alors que Manon rebrousse chemin, je continue encore un peu, jusqu’à me retrouver dans une cuvette ensablée, où après 5 minutes de poussette je vois des dunes qui s’étendent devant moi. Deux minutes de réflexion, et je prends mon vélo à 2 mains pour me lancer héroïquement sur le chemin du retour en poussette. Mais déjà, sans vous en rendre compte j’ai évoqué 2 choses importantes à souligner. Premièrement la vallée de la mort ça n’a rien du type “les incas sacrifiaient des vierges et des enfants aux crânes ronds”, c’est une erreur de transcription toute bête. Deuxièmement, toutes les roches ici ne sont pas des roches au sens auquel on l’entend, c’est juste du sable très très très compacté, mais ça, en fait, on ne l’a appris qu’avec notre guide de l’après midi, et on y vient.

Avant de partir pour notre excursion de l’aprèm, on s’enfile quelques sandwichs chez la maman française, qui nous fait cadeau des desserts d’ailleurs. C’est ti pas mignon ? On se régale à manger du pain français ! (Ce qui nous manque affreusement.) Bref, on rejoint le guide de l’aprèm.
On est en petit comité cette fois, l’ambiance sera très chaleureuse, surtout qu’il y a des mexicaines. Ce que je veux dire par là, c’est que quasi tous les mexicains que l’on croise sont très amicaux et avenants. Le guide n’est pas un con du tout, il est également ingénieur (en plus d’être guide hein, et non en plus d’être con, je disais donc, il est ingénieur) dans le domaine de l’environnement, du coup il connaît très bien comment se forme les cordillères, pourquoi le salar est là où il est, etc. Il nous parle également rapidement des tribus indigènes du coin, et la signification de leurs emblèmes carrés, tel que les Whipala. On se balade dans une grotte dans la vallée de la Luna, et c’est là que l’on apprend que les roches n’en sont pas ; d’ailleurs, en les touchant, effectivement tout s’effrite très facilement.

Entrée d'une grotte dans la Valle de la Luna, un homme y a même perdu un bras selon la légende

Entrée d’une grotte dans la Valle de la Luna, un homme y a même perdu un bras selon la légende

C’est également dans la grotte que Manon décide de s’écorcher le dos et moi la tête. Il paraît que ça donne un côté aventureux de revenir avec des cicatrices, donc on teste, vous nous direz à notre retour. Les dépôts de sel de parts et d’autres se voient très bien : les traces blanches donne un côté unique à ce lieu, laissées par le lac lorsqu’il s’est retiré jusqu’au point le plus bas -là où il y a le salar- . Il y en a sûrement d’autres, mais vu que c’est la première fois qu’on en voit, ça reste unique pour nous. Après s’être baladé dans cette vallée, on contemplera le coucher de soleil depuis une vue panoramique depuis la vallée de la muerte, où les couleurs rouges des terres seront encore plus marquées avec le déclin du soleil. Dernière petite explication culturelle sur les apachetas, des petits tas de pierres que l’on a trouvé un peu partout dans le coin. Chaque pierre empilée indique une information pour s’orienter dans le désert, et ce que l’on rencontrera sur le trajet. La première pierre en forme de triangle indique la direction à prendre, la seconde renseigne sur le niveau de difficulté jusqu’à la prochaine apacheta, la troisième s’il y aura de l’eau sur le trajet… Et vous l’aurez compris, plus il y a de pierres, plus il y a d’informations. Ça fait énormément penser aux inukshuks au Canada.

Le lendemain, mercredi 2 juillet, on ira à Calama, point intermédiaire obligatoire pour rejoindre la Bolivie.

On aurait pu rester plus longtemps à San Pedro, soit pour faire du vélo dans les alentours, ou encore visiter d’autres sites. Cependant les points à visiter faisaient un peu doublons avec d’autres déjà vu, ou bien que nous verrons, tel que le gigantesque salar d’Uyuni. En attendant, direction Calama, à seulement 2h de route d’ici ! -durée qui est, il faut l’avouer, ridicule pour nous désormais !-

La beauté de Mendoza et de la Cordillère des Andes

Mendoza se situe à l’est de Valparaiso et Santiago, mais en Argentine. Pour y aller on traversera donc la Cordillère des Andes, mais cette fois de jour, sous un beau ciel bleu. Point important, on avait choisi nos places de bus à l’étage supérieur, devant la baie vitrée. Nickel chrome ! Être aux pieds de ces gigantesques montagnes nous émerveillera ! Entre celles enneigées, celles à la roche rouge genre “paysage de Grand Canyon”, les fleuves passant parfois, bref, vraiment merveilleux et l’impression de traverser plusieurs pays d’un coup ! (Ce qui n’est pas totalement faux d’ailleurs !) Je suis fatigué mais ne peux pas m’empêcher de rester éveillé pour contempler le décor qui s’offre à nous, enfin… surtout à moi car ma voisine voyage surtout avec Morphée 😉

On arrive à Mendoza le lundi 16 juin 2014 sur le coup des 16h (on oubliera d’ailleurs qu’il y a un changement d’heure, c’est ça d’être resté trop longtemps au Chili !). Un gars m’accoste à la descente du bus pour nous proposer un hôtel, il a l’air sympa mais on lui dit qu’on ne va pas s’affoler et prendre notre temps pour choisir, il est compréhensif et nous indique même où changer nos pesos chiliens : très bonne affaire. Sérieusement il y a un vrai trafic à faire ici ! On avait retiré en pesos chiliens pour 280€. Après les avoir échangé en pesos argentins, on a l’équivalent de 380€. On comprend pas trop comment fonctionne ces histoires de change, de taux et tout ça. Mais bon, on a trouvé en fin de compte de bons moyens de gérer nos problèmes d’argent en Argentine !

Moi contemplant l'horizon

Moi contemplant l’horizon

On conclu avec le gars, Walter, que nous jetterons un œil à son hôtel, mais qu’ensuite nous irons explorer les auberges alentours, en ne lui cachant pas que son tarif est trop haut pour nous. Il nous emmène gratuitement jusqu’à l’hôtel, qui est ma foi, nickel.
– “Bon, on va faire un tour et on reviendra peut-être, mais la chambre est parfaite”, lui lance t-on.
– “Le prix est trop élevé c’est ça ? Écoutez, je vous fais une ristourne”, nous répond Walter.
Il rentre dans notre budget, on pose nos sacs !

On se balade ensuite dans la ville et consulte l’office du tourisme histoire de prendre nos marques. Le lendemain on se promène dans un parc sympa, près d’un lac, initialement pour faire un tour de vélo que l’on pouvait apparemment louer pour pas cher, mais 8€ de l’heure chacun, c’est cher ! Pas grave, on marche 🙂
La ville est vraiment belle, il y fait bon vivre. Je me rappelle que jusqu’à maintenant on a eu les personnes qui disaient “Mouais Mendoza ça vaut pas la peine, passez votre chemin”, genre Daniel de Viña, et les autres, genre le voyageur Kannan, ou encore notre futur hôte de Córdoba qui vient de voyager 5 mois en Amérique du Sud et nous conseille d’y rester au moins 3 jours !

Il faut savoir qu’en Argentine (et au Chili d’ailleurs), les bus de ville vous ne pouvez pas les prendre comme ça à l’arrache. Pour éviter les agressions de chauffeurs, il n’ont pas d’argent. Du coup il faut acheter une carte (1€) que l’on crédite dans les kiosques, et que l’on passe devant une borne lors de la montée dans le bus.

Ce soir là on se fait un restau type buffet à volonté histoire de se faire péter la panse. L’un des employés a, d’après moi, plus de 60 ans. Ça m’attriste réellement de voir ce petit papy, qui serait bien mieux ailleurs. Là il ne fait que nettoyer les tables. Probablement le seul poste qu’il peut réaliser correctement, trop vieux pour la réception, trop lent pour la cuisine, et un peu de tout ça pour ne pas être à la compta. Bref, histoire de ne pas avoir la larme à l’œil, on se dit qu’il a aussi été jeune, et que c’était peut-être même un Daniel ! (Cf. l’article précédent sur Viña.)

Pris en photo par un rocher. Merci Rocher !

Pris en photo par un rocher. Merci Rocher !

Le Mercredi 18 juin on se lève à 9h, une excellente journée nous attend. Plutôt que de passer par des excursions organisées pour faire un tour dans la Cordillère des Andes, vers “Alta Montaña”, on décide de se débrouiller nous même en prenant un bus au terminal. Sérieusement, c’est une excellente option. La journée nous coûtera 10 fois moins cher qu’en agence, on aura aucune pression, et surtout, on sera 100% libre, mais venons-y.

La journée est couverte, on décolle de Mendoza sur le coup des 10h15, destination : Potrerillos. On arrive vers midi, on est à environ 1500 mètres d’altitude ; ça, je l’apprendrai en parlant avec un autochtone ! Pendant qu’on se pose pour manger nos casse-croûtes deux chiens nous abordent : “Wouaf wouaf”. Globalement, ils avaient un peu la dalle, mais restèrent pour autant très respectueux et calmes.
La suite est le plus intéressant, et pourtant ce que je peux développer le moins. Les images parleront d’elles-mêmes. On décide de marcher le long du lac, puis on contourne la route inondée, les 2 chiens nous rejoignent et suivent, voire devancent. On poursuit notre promenade jusqu’à une petite colline, qui donne sur un magasin de rafting et qui est surplombée d’autres collines que l’on décide de gravir. On arrive sur le sommet le plus haut à notre portée, et là, putain que c’est beau ! Le seul hic c’est la route à 800m de là longeant la Cordillère : le bruit des véhicules casse un peu ce moment de nature et de “seul au monde”, mais ça n’en restera pas moins merveilleux de partager ça ensemble, Manon, moi, et nos 2 amis canidés.

A 17h45 on choppe un bus retournant à Mendoza, en en ayant pris plein les mirettes ! On ne regrettera définitivement pas cette journée nous ayant coûté à deux 11€ (transport et nourriture), bien loin des 80€ des agences avec seulement le transport à plusieurs points de vus, aucune véritable liberté, et une journée épuisante de 7h à 19h ! Après on ne peut pas comparer vu qu’on n’a pas tenté les excursions vous me direz ! On vous laissera nous faire un retour si vous en faites un jour 😉

Manon libre !

Manon libre !

Le soir alors qu’on passe par le parc principal de Mendoza tout en discutant, un homme qui nous dépasse, la quarantaine, se retourne et nous aborde :
– “Vous parlez français ?”, tout en continuant à marcher devant nous
– “Oui un peu, on débute
Visiblement on fera un heureux, car il travaille ici et parler français quelques minutes semblait lui manquer. Il nous invitera à toutes les fêtes de son entreprise sur Mendoza et Córdoba !

Le lendemain on fait une visite un peu plus approfondie de la ville : musée d’histoire de la ville, musée d’art moderne (on ne sait vraiment pas apprécier, y’a rien à faire !) et aquarium (très décevant car les animaux semblaient tristes, étaient dans des aquariums ou bassins trop petits et pauvres en flore. Petite pensée pour Manon Claire : y’avait des gros Axolotes.). Le truc sympa à savoir, c’est que pour visiter les 3 ça coûte seulement 2€.

Le soir nous prenons un bus de nuit à 23h, direction Córdoba, théoriquement notre dernier point en Argentine.
Je dis “théoriquement”, car la moitié de nos points argentins ont été modifiés depuis l’itinéraire de base, alors on ne part plus avec autant de certitude qu’avant ! Si au Mexique on avait l’habitude de se dire “dans 3 jours on sait pas exactement où on sera, mais ce sera près de tel endroit”, aujourd’hui c’est plutôt “on sera à plus ou moins 1000km de ce point dans plus ou moins 3 jours”.

Vue sur le lac de Potrerillos

Vue sur le lac de Potrerillos, avec une schtroumpfette noire devant.

Port Antonio et nos petits plaisirs

Enfin des bons moments qu vont s’enchaîner en Jamaïque !  Yeah Man !

Tout d’abord les eaux chaudes sortant de la montagne. La voiture se gare et se fait immédiatement entourée d’une dizaine de personnes. Comme d’habitude ils parlent en argo, donc on comprend rien, ce qui crée une ambiance assez gênante et invasive. Mais bon, je les ignore pour ne pas me disperser, et fixe Rastaman pour comprendre le comment du pourquoi. Il nous dit de suivre l’un des gars, le groupe en fait, ok. On marche alors 2-3 minutes sur des sentiers relativement crados, on se met alors en maillot de bain, prenant sous le bras notre serviette et nos sacs -ces détails ne sont pas inutiles vous verrez-. Deux minutes plus tard on arrive dans un ruisseau, argh, c’est froid. Soudain, argh, c’est chaud. Trop chaud ! On dépose nos affaires sur le côté, un gars s’occupent de Manon -grrr- l’autre de moi. Un autre nous demande si on a un appareil numérique pour nous prendre en photo. Il me demande ensuite si j’ai ma propre serviette, ben non, on en a une pour 2… erreur !

port bainIls nous disent de s’asseoir sur des roches se trouvant sur le ruisseau. C’est pas confortable, mais c’est relativement atypique tout de même ! On se fera plus ou moins masser sur ces roches dans un lit de ruisseau, où régulièrement on nous verse de l’eau chaude -limite brûlante-  sur le corps. Soudain j’aperçois qu’ils balancent sur Manon notre serviette censé nous essuyer ! En fait elle est imbibée d’eau chaude. Bon, ben on ne s’essuiera pas à la fin. On nous met ensuite de l’argile sur tout le corps, mais je sens une discrimination, le type qui s’occupe de Manon lui en met sur le visage, alors que moi il me laisse m’en mettre -re-grrrr-. Peut-être que le type qui s’occupait de moi avait des pulsions homosexuelles qu’il peinait à contrôler, je n’en saurai pas plus. Quelques lavages eaux chaudes/eaux froides plus tard, et nous voilà repartis. Le gars qui a fait les photos demande un pourboire, il aura un euro, -Manon est trop généreuse, je n’aurais rien laissé- faut pas déconner non plus, la moitié des photos sont floues car il a modifié les réglages que j’avais mis quand je lui ai confié.

Cette petite séance d’environ 30 minutes coûte tout de même 15€ chacun ($2000JMC). On apprend alors que le taxi nous coûte 40€ pour la journée. J’ai vraiment du mal avec ça. Un transport qui coûte plus que l’activité même. D’autant que le chauffeur a profité aussi des eaux chaudes… En plus il conduit comme un pied, vous voyez souvent des gens qui visent les nids de poules au lieu de les éviter ? On a trouvé cet homme, il est ici. Cependant, sans lui et Rastaman, l’escapade en taxi nous aurait coûté plutôt 65€. Vous vous dites, non mais y’a sûrement des bus ou quoi pour y aller pour moins cher, mais pas du tout. C’est comme ça que vous voyez qu’il est très facile d’exploser notre budget de 90€/j pour 2 très facilement ! … et en ne faisant pas grand chose, soyons honnêtes ! (Ajoutez le prix de la nourriture et le logement pour exploser cette journée).

Sur le chemin du retour on s’arrête manger à Long Bay. Bon, c’est vraiment trop beau, c’est clair : le lendemain, on y va !

Le lendemain, vendredi 9 mai, Manon est malade -probablement une ruse pour avoir de l’attention-. À ce stade on se dit qu’il faut arrêter de prévoir d’aller à Long Bay, à chaque planification on tombe malade. Pendant que Manon commate et se fait chouchouter, Rastaman m’explique quoi lui faire à manger et quand faire l’amour pour avoir des bébés plus facilement. Bon, c’est pas que c’est un peu tordu comme conversation, mais bon, je m’y attendais pas quoi.

Manon se sent mieux en fin de journée. En marchant un bon 3/4 d’heure sur le bord de mer, on tombe à l’extérieur de la ville, sur une pancarte : “Kingos stress free park”. Ooooooh un truc gratuit en Jamaïque ! En même temps , nous on ne fait que se balader le long de la mer là, nulle envie de se faire racketter. On avance à tâtons, et en levant les yeux, waou, un arbre géant et…. indescriptible. Du coup, photo :
 port arbre
Un type avance alors vers nous. C’est un canadien bénévole pour entretenir le site. Il baragouine quelques mots de français au passage, et tout ça pour au final nous dire de ne pas hésiter à laisser une petite contribution. Mouais. Derrière l’arbre on aperçoit une petite plage, toute mimi, un petit coin reposant. Ah mais j’oubliais !!Pendant tout ce temps le long de la mer on a eu de la compagnie, une chienne qui nous suit, se laisse caresser, nous regardera nous baigner, vient quand on l’appelle. On se demande si elle aussi nous demandera quelque chose, elle est sûrement jamaïcaine, et ne fait donc rien gratuitement. Elle nous suivra jusqu’à ce qu’on retourne en ville, mais contrairement aux Hommes, elle, comprendra qu’on n’a rien à lui donner et n’insistera pas lourdement.

Petite devinette : le soir même, allongés dans le lit, dans le noir, une lumière se déplace au plafond de la chambre… Devinez ce que c’était 🙂 on en n’avait jamais vu, et il a fallu venir ici pour ça !

Après une nuit à somnoler à cause d’un con de coq qui fait le fanfaron dès 3h du mat, on se lève à 11h bien tapé, nous sommes le samedi 10 mai, 2014 bien sûr. Et aujourd’hui, on est chanceux ! On a réussi à mixer Long Bay et le fait de ne pas avoir mal au bide !

Vous le croirez ou non, mais cette journée, on ne se fera ni emmerder ni arnaquer -juste une bouteille d’eau a 200JMC, alors que ça coûte 50-, presque une première en Jamaïque. Le taxi pour aller et celui pour revenir ne nous font pas d’extra à la mort moi l’noeud. Long Bay en une photo, c’est ça :
avec moi devant, histoire de montrer que j'y étais...

avec moi devant, histoire de montrer que j’y étais…

C’est juste ce qu’on imagine VRAIMENT de la Jamaïque en terme de glandouille, non ? Grosses vagues, eau tiède, et…. personne ! Vive les plages hors sentiers touristiques, et gratuites. On aura bien un vieux reggae man qui se balade avec son poste CD sur la plage et “Oh putain des blancs !” tente de nous vendre son album de quand il avait 24 ans (maintenant 51). Bon son, mais vu notre voyage, on prend son adresse courriel uniquement (bonne technique pour se débarrasser des relous).

Cet article s’arrête ici, car la suite, ça n’a pas été un petit plaisir…

Xalapa – la jungle et les quiproquos

Après 5h de bus, nous arrivons à Xalapa. La dame qui va nous héberger habite à Coatepec, une petite ville à côté. Un taxi nous y emmène. Nous sommes accueillis par Susan, âgée d’une soixante-dixaines d’années, une États-Unienne qui a décidé de venir passer sa retraite au Mexique et qui vit avec ses chiens, deux lévriers adorables. Nous pouvons donc lui parler anglais ou espagnol. Kévin choisit l’anglais, moi l’espagnol, on pourrait penser que ça va aller mais ça ne va pas être aussi simple… Nous sommes installés dans une chambre d’amis avec salle de bain, au top ! Il fait juste très chaud.

Elle nous propose à manger. Comme nous n’avons pas mangé depuis le repas léger de midi, on accepte. Elle propose du fromage mais je n’aime pas, elle sort ensuite des muffins (trop bien !), ils sont à la banane, le seul fruit que je n’aime pas, mince ! Comment se faire passer pour quelqu’un de compliquée… Je n’aurais finalement rien de plus consistant qu’une soupe mais avec la chaleur, je n’avais pas trop d’appétit. La communication s’annonce difficile, elle est un peu sourde et me demande souvent de répéter. Elle nous propose les choses à visiter dans la région puis se met à chanter avec l’un de ses chiens. Nous ré entendrons souvent Susan faire “waou awahouuu”.

Petite consigne à respecter : ne pas jeter de papier dans les toilettes. Kévin oublie et bouche les toilettes dès le premier soir, oups (et pas ceux de notre chambre mais ceux que Susan utilise, c’est plus marrant). Ça commence bien…

On file se coucher, demain petit déjeuner états-unien à 8h.

Mardi 8 avril 2014

On entend piailler beaucoup d’oiseaux différents dehors, j’adore !

Au petit déjeuner : café, jus d’orange, fruits, pan cakes (ratés, pas assez cuits), œufs, cookies, muffins… Plus consistant que le repas du soir.

Très gentille, Susan nous amène à Xico, un village à côté pour voir des chutes d’eau.

Cette région est mon premier coup de cœur, un coin de paradis ! La région la plus verte du Mexique. Je me sens frustrée de ne pas avoir pu immortaliser tous ces beaux paysages comme je l’aurais voulu…

Durant le trajet, on aperçoit au loin des volcans dans la brume, la vue est belle. Toutes les villes sont entourées d’une jungle à perte de vue, impressionnant ! On se retrouve sur une petite rue pavée bordée d’une forêt de bananiers, c’est magnifique. Elle nous laisse 2h avant de revenir nous chercher. On se retrouve à crapahuter à travers la jungle surplombant une belle cascade.

Xalapa jungle

Il y a énormément d’oiseaux divers, on aperçoit un écureuil et j’ai eu la chance de voir un énorme papillon bleu (au moins 4 fois plus grand que les plus courants). Il ne fait ni chaud ni froid.

Je serai restée des heures ici, je m’y sentais vraiment bien, la nature comme je l’aime !

Susan est malheureusement déjà là. Il se met à pleuvoir 5 minutes après mais nous sommes à l’abri dans la voiture. Elle nous fait voir le centre de Xico, de jolies maisons colorées. Elle nous dépose à Coatepec pour aller manger. Un petit restau très sympa. La pluie a cessé pendant qu’on mangeait.

L’après-midi direction Xalapa pour visiter le musée anthropologique. Il y a beaucoup de taxis mais aussi beaucoup de bus et quand on connaît les arrêts, c’est encore plus économique (0,50€/personne). Arrivés au centre de Xalapa, on aperçoit un panneau indiquant le musée. On descent vite du bus. On suit le panneau mais aucune autre indication ensuite. On se retrouve donc à demander la direction à des passants et à chaque fois, ce n’est “pas loin”… Au final, environ 30 minutes de marche pour rejoindre le musée.

1h30 pour le visiter. Il retrace l’histoire des civilisations de l’Amérique (aztèques, olmèques, mayas, …) et expose tous les objets, statuts, … qui ont été retrouvés. Très intéressant.

Dernier endroit que l’on veut visiter : le jardin botanique. On demande à une passante la direction, elle nous répond qu’il est vraiment très loin, qu’on ne peut pas y aller à pied. Pour une fois qu’on nous dit que c’est loin, on préfère reporter cette visite au lendemain. Pas mal de marche pour retrouver un arrêt de bus. Retour chez Susan. Repas avec elle. A chaque fois que je lui parle, elle ne me comprend pas ou elle ne m’entend pas ce qui ne m’encourage pas à communiquer. Heureusement elle parle beaucoup, surtout en anglais, et je suis contente de pratiquement tout comprendre. Au cours de la soirée, on se rend compte qu’il y a eu un quiproquo, elle pensait que nous partions le jeudi alors que nous partons le mercredi, c’est à dire le lendemain.

On a vraiment un problème de communication avec elle et on ne se sent pas à notre aise.

Mercredi 9 avril 2014

Après le petit déjeuner de 8h, nous partons en bus visiter le jardin botanique. Je m’attendais à un jardin bien carré, bien taillé mais pas du tout, plutôt une mini jungle bien sauvage avec pleins d’oiseaux, très bonne surprise !

Retour à Coatepec. Nous avions demandé à Susan si elle voulait manger avec nous (on voulait lui payer le restaurant) mais elle nous a répondu qu’elle partait faire des courses et qu’elle serait de retour vers 14h. Sachant que nous partions aujourd’hui, nous lui avons dit qu’on l’attendrait avant de nous en aller.

Après un petit restau, on arrive chez Susan. Elle est rentrée, assise à table avec le couvert mis pour 3. Elle nous attendait pour manger ! On se ré-explique, encore un quiproquo…

Même quand je dis des phrases toutes simples, elle ne comprend pas. J’abandonne. On rassemble rapidement nos affaires. On a du mal à cerner Susan, un côté stricte et pourtant chaleureuse juste avant notre départ. On a eu droit à un câlin.

Nous voilà dans le bus, direction Veracruz.

J’en profite pour faire un point sur l’un des objectifs de notre voyage : le contact avec la population locale.

Pour le moment, nous sommes satisfaits. Grace au couchsurfing, on communique déjà pas mal. Mais les mexicains sont très avenants, souriants, accueillants et serviables ; on a donc beaucoup de contacts également dehors : les réceptionnistes d’hôtels, les conducteurs de taxis, les passants qui nous aident à trouver notre chemin ou qui sont curieux de savoir d’où l’on vient…

Je trouve qu’on se débrouille plutôt bien pour comprendre et se faire comprendre en espagnol et ça n’ira que de mieux en mieux.