Bilan global du voyage en Amérique centrale et latine (2014)

Ultime article reprenant cette période de notre vie : un bilan, pour les gros points qui nous ont marqués, et ce qu’on a pu placer nulle part ailleurs !

Quelques Chiffres

Budget
Pour 5 mois (hors équipements, avions et pharmacie)

  • prévisionnel : 4200€/personne
  • dépensé : 3900€/personne

-Voir l’article “Budget dépensé en Amérique Latine” pour les détails-

Divers

  • 234h de bus d’Ushuaia à Lima
  • 15 GO de photos et vidéos
  • 4000 photos
  • 5 mois d’aventure en mode routard
Tulum, Mexique

Tulum, Mexique

Points positifs et négatifs par pays

Mexique
– Les plus :

  • les gens souriants, sympathiques et attachants
  • les sites archéologiques
  • le coût de la vie

– Les moins :

  • la chaleur parfois étouffante à certains endroits
  • les moustiques

Jamaïque
– Les plus :

  • la plage de Longbay gratuite, désertique mais surtout magnifique
  • les belles montagnes recouvertes de jungle
  • coût de la nourriture

– Les moins :

  • population pauvre qui nous voit comme des portes monnaie sur pattes
  • excursions hors de prix
  • nourriture très épicées
  • conduite rapide et dangereuse, routes mal entretenues
  • moustiques
Ushuaia, Argentine

Ushuaia, Argentine

Argentine/Chili
– Les plus :

  • les paysages fabuleux
  • la nourriture (Dulce de leche/Manjar, Empanadas)
  • échanger des pesos chiliens en argentins fait gagner de l’argent

– Les moins :

  • manque de chauffage et d’eau chaude quand il fait très froid
  • problèmes pour retirer de l’argent en Argentine (retraits limités à 100€)
  • pourboire de 10% casi obligatoire au Chili
Perito Moreno, Argentine

Glacier Perito Moreno, Argentine

Bolivie
– Les plus :

  • le coût de la vie
  • quelques beaux paysages

– Les moins :

  • la mentalité des boliviens (froids, distants, menteurs)
  • manque de chauffage et d’eau chaude
  • nourriture peu digeste sûrement lié à un manque d’hygiène général
  • haute altitude (=mal des montagnes)
  • routes en très mauvais état sur certaines parties et manque de communication de la part des chauffeurs
  • pas ou peu Internet

Pérou
– Les plus :

  • les paysages fabuleux
  • les gens sympathiques
  • le coût de la vie

– Les moins :

  • attention aux voleurs
  • Huaraz trop bruyant (coups de klaxon perpétuels)
  • excursions chères
Près de Potrerillos, Argentine

Près de Potrerillos, Argentine

Rencontres et couchsurfing
Le Mexique a été le pays ayant la population la plus accueillante et chaleureuse. Avec casiment un mois de couchsurfing, c’était le pays des nombreuses rencontres.
Le Pérou se classe tout de suite après. Moins de couchsurfings mais des gens généralement très sympathiques.
Au Chili et en Argentine, y’a des gens sympas, le couchsurfing est possible mais y’a aussi des gens froids.
Les jamaïcains sont souriants mais il y a toujours un rapport à l’argent qui rend difficile les relations amicales.
Les boliviens sont froids et distants, impossible d’échanger avec eux (en dehors de rares exceptions).

Près de Potrerillos (mais quand même plus loin que l'autre), Argentine

Près de Potrerillos (mais quand même plus loin que l’autre), Argentine

Paysages
On a vu énormément de belles choses mais ce qui nous a le plus émerveillé, dans l’ordre croissant :

  • la Patagonie (Ushuaia, Torres del Paine, el glaciar Moreno) avec ses immenses glaciers et montagnes enneigées se reflétant dans les étendues d’eaux calmes
  • Huaraz (au Pérou) avec ses lagunes bleues turquoises et ses monts enneigés
  • le Machu Picchu (au Pérou), site Inca au milieu de montagnes verdoyantes
  • le désert de l’Atacama (au Chili) avec son sable orangé et ses grands geysers
Geysers del Tatio, Chili

Geysers del Tatio, Chili

Nourriture

  • Respect des végétariens
  • Épicé au Mexique et en Jamaïque
  • Tortillas
  • Empanadas
  • Dulce de leche
  • Milanesas
  • Lamas
  • Cochon d’Inde grillé dans le sud du Pérou (on n’a pas goûté, ça nous dégoutait et attristait visuellement)
  • Bons jus de fruits naturels avec des vrais fruits pleins de pépins et surement sans OGM
  • Poulet à toutes les sauces !

Coutume et habitude commune aux pays
Une seule bise, pas 2, pas 3 (comme en Ardèche du sud 😉 )

Machu Picchu, Pérou

Machu Picchu, Pérou

Nos galères
Le voyage s’est passé sans gros problèmes : pas d’agression, de grave maladie ou de vol (en fait si mais ça compte qu’à moitié vu qu’on a tout récupéré). On a tout de même eu notre lot de petites galères tel que :

  • La journée de Blue Mountain : gravir une montagne sans avoir à manger pendant une journée sous un soleil brûlant et attendre notre chauffeur jusqu’à la nuit
  • Des nuits froides sans chauffage (dormir avec veste, bonnet, chaussettes…)
  • Ne pas avoir d’eau chaude (très nombreuses douches froides ) ou pas d’eau tout court
  • Une nuit blanche et toute la journée dans un terminal de bus en souffrant du froid
  • Le mal de l’altitude
  • Pas manger pendant 24h (pourtant on voulait manger nous !)
  • Pas prendre de douche pendant plusieurs jours
  • Dormir parterre (avec le lot d’insectes que ça inclut), sur des chaises ou dans des bus (pas des bus couchettes bien sûr)
  • Rester dans un bus pendant plus de 24h
  • Être malade au milieu d’un salar dans le froid
  • Retirer de l’argent et ne pas avoir les billets (on a récupéré notre argent 1 semaine avant de rentrer en France)
  • Louper notre ville de destination à cause du chauffeur de bus et se retrouver 3h trop loin
  • Être malade à cause de la nourriture avec pas toujours de toilettes à disposition
  • Se retenir de pisser pendant des heures à en avoir mal au ventre
  • Laver ses vêtements à la main (souvent à l’eau gelée, ou la technique à Kévin : laver sous l’eau tiède pendant sa douche !)
  • Subir la désorganisation des excursions
  • Se faire fouiller nos sacs, voler des vêtements, passer la nuit au commissariat, faire une déposition en espagnol
Huaraz, Pérou

Vue depuis la Laguna Churup, Pérou

Ce que ça nous a apporté

  • La découverte culturelle
  • Ça nous a enlevé les préjugés qu’on avait tels que penser que l’Amérique latine est sous développée au point qu’ils vivent comme en Europe il y a vingt ans : ceci est totalement faux, ils vivent comme nous en France, ils ont des iPads, Internet haut débit et tous les équipements usuels et ménagers courants en Europe.
  • Apres avoir enduré toutes ces petites galères, toutes ces aventures font qu’aujourd’hui on arrive à apprécier les choses les plus simples comme avoir un lit pour dormir, des toilettes ou de l’eau chaude. Et on peut traverser la France entière sans que le trajet nous paraisse long ! (Enfin… Manon a surtout écrit ça car c’est Kévin qui conduit ! hein ? ^^)
  • Un plus gros coeur. Généralement on parle plutôt de gain en endurance (après toutes ces grandes randonnées en haute altitude)
  • De s’être amélioré en espagnol (c’est agréable de passer de “notion” à “courant” *sentiment de fierté*)
  • Des paysages fabuleux pleins la tête, que les photos nous rappellent, mais croyez-nous, les photos, c’est vraiment que des photos
  • De nombreuses bonnes rencontres qu’on n’oubliera jamais, car l’aventure aurait été tellement différente sans eux : Jorge notre premier couchsurfing, Alexandro de Villahermosa, Gerry et Magaly, Melissa et Sarah, Alejandro de Puerto Maya et Eliana, Mariela, Joel le petit con qui nous a fait pleurer au moment des aurevoirs, Rastaman, Diego de Rio Grande et Ana ainsi que leurs amis Marcos de Rio Grande et sa femme Yumi, Matthieu le québécois, Andrés et Teresa, Diego et Marcos de Córdoba, Tifany la mexicaine baroudeuse sans appareil photo (tout dans la tête !), Paul le français croisé dans l’Atacama, les espagnols David et Rachel, Marion et Halim du sud de la France, Justine, Kevin (AQP rocks !), Maria l’hollandaise, les lituanniennes Gintė et Ieva, Aude, Cathia (sosie de toi Magali !) et Julien encore 2 français, Florian le roux tout fou de Lyon, Edgardo… Et tout ceux dont on n’a pas su le nom, sans qui ce voyage n’aurait pas pu être aussi enrichissant.
Laguna 69, Pérou

Laguna 69, Pérou

Cette aventure fut donc extrêmement enrichissante (qui l’eut cru !), beaucoup de personnes nous ont suivis via ce blogue (ce qui nous a fait vraiment très plaisir !), on a rencontré plein de gens de tous les horizons, on s’est ouvert l’esprit encore plus qu’il ne l’était, bref, une page se tourne, mais le côté positif (parce qu’être positif, c’est mieux quand même dans la vie), c’est qu’une nouvelle page est déjà en cours d’écriture, sûrement plus courte, mais tout aussi excitante que celle-là le fut. Comme on l’a énormément entendu durant le voyage, rien de tel que clôturer sur un précieux mais puissant émotionnellement : ¡ Que le vaya bien !

Ushuaia

Ushuaia

PS : une petite surprise en 360°, juste >> là <<

Les chiens errants

En France, on ne voit pas beaucoup de chiens errants. Les toutous qui n’ont pas de foyer sont en général envoyés à la SPA ou dans des refuges.

En Jamaïque, il y a tellement de pauvreté, tellement de personnes qui vivent dans la rue que les chiens sont loin d’être leur préoccupation. Du coup, ils vivent dans la rue également et tentent de survivre. Survivre est le mot approprié. Ils sont si maigres qu’on voit leurs côtes, les femelles ont les tétines qui pendent, ils sont sans cesse à la recherche de nourriture, à fouiller dans les déchets et ils ont tous ce regard triste dans lequel on devine leur détresse. Ils ne sont pas agressifs pour autant. Ils cherchent du réconfort auprès des Hommes et une caresse suffit à les rendre heureux, au moins pour quelques instants.

En Argentine et au Chili, il y a autant de chiens errants qu’en Jamaïque. Il y en a partout : dans les grandes villes, les petits villages, les arrêts de bus isolés, les lieux publiques…
Mais nous avons constaté une grande différence : ils ne sont pas maigres et n’ont pas ce regard triste qui nous faisait tant de peine. Ils sont même plutôt bien portants, avec une épaisse fourrure pour se protéger du froid, de vraies peluches vivantes !
Le sujet m’a beaucoup intrigué, j’ai donc mené ma petite enquête.

chiens errants 3Il y a des associations qui tentent de s’en occuper mais il y en a tellement que ce n’est pas demain la veille que le “problème” sera réglé. J’ai mis problème entre guillemets car après avoir pris du recul sur la situation, je ne suis plus certaine que ce soit un réel problème. En effet, les chiens n’ont pas de foyer fixe mais ils ne sont pas malheureux pour autant. Ils vivent parmi les hommes sans poser de soucis. Ils ne sont pas agressifs et même au contraire, assez câlins. Ils sont solidaires entre eux. C’est assez beau de voir un groupe de 5-6 chiens de races complètement différentes qui partagent leur quotidien.
Ils n’ont pas une famille attitrée, leur famille c’est tout le monde. Les gens les nourrissent, les câlinent, les aiment et les soignent ! Ils ne laissent pas un chien malade agoniser, ils amènent les chiens en difficulté dans un centre vétérinaire où ils sont soignés.

Bon, on n’est pas dans le monde des Bisounours non plus (ou de Oui-Oui comme dirait mon oncle) ! Il y a des chiens malheureux et je préférerais les voir dormir dans un endroit chaud et recevoir tout l’amour dont ils ont besoin et qu’ils n’ont pas forcément dans la rue.

Au final, qu’en pensez-vous ?

Personnellement, je trouve que ce n’est pas agréable de voir des animaux sans famille sous nos yeux mais je pense que ce n’est pas mieux de nier le problème en les enfermant dans de toutes petites cages dans des refuges de type SPA, où ils finiront par être euthanasiés ! En plus, les SPA ont besoin d’argent et de bénévoles pour s’en occuper, alors qu’en Argentine et au Chili les chiens vivent parmi les hommes dans la rue : le “problème” s’auto-gère, avec moins de moyens qu’en France et avec un meilleur bien-être animal. (Petite parenthèse : on n’a pas vu de chiots, je pense qu’ils ne survivent pas forcément tous dans ces conditions et que de ce fait, le nombre de chiens errants n’est pas en train d’augmenter exponentiellement : on a à nouveau une autorégulation.)

Ça ne règle pas le problème de les laisser vivre dans la rue où ils continuent de se reproduire. D’ailleurs, je ne dis pas que c’est LA solution ni même une solution ; mais je pense qu’ils ont une vie meilleure dans la rue, à être libre de se promener, courir, sentir, manger, boire, aimer, bref vivre plutôt que dans une petite cage à attendre la mort ou que quelqu’un, peut être, vienne les adopter.

chiens errants 2

(Des chiens errants également en Bolivie et au Pérou, dans les mêmes conditions qu’en Argentine et au Chili, peut être en nombre moins important, à moins qu’on se soit habitué à les voir).

Bolivie : le bilan

Voici notre (triste) bilan après 25 jours en Bolivie :

Le pays même
Beaucoup de villes en altitude, l’altiplano c’est haut ! De 2000m à 4500m.
Concernant l’avortement, la contraception, le mariage gay, les indemnités diverses… On n’en sait rien, vu qu’on n’a pas rencontré de boliviens à proprement dit, et qu’on se voyait mal en aborder dans la rue : “Hey au fait la capote et la pilule c’est facile d’accès pour toi ?”

On ne peut quasiment jamais payer en CB, on a seulement pu dans un supermarché et 2 restaurants à Sucre.

Certains systèmes “rigides” aussi insupportables qu’en France tel que les banques (cf. notre problème à Sucre).

Comme en Argentine et au Chili, il y a des chiens errants, majoritairement bien nourris visiblement.

Les gens, la mentalité
Nous sommes arrivés en Bolivie sans aprioris -en dehors de : “c’est un super pays typique, les gens sont adorables” ce que beaucoup de personnes en France en durant le voyage nous avaient vendu, et nous on est arrivé-, souriants et ouverts aux gens comme à notre habitude. Malheureusement, pendant tout notre séjour, nous n’avons pas pu échanger avec les boliviens. Leur mentalité nous a énormément déçue :
– Ne sourient jamais et pire, ils font la gueule.
– Ne sont pas accueillants, tournent le dos quand on arrive dans les commerces, ne disent pas bonjour/au revoir  à moins que l’on insiste.
– Ne nous regardent pas dans les yeux quand on leur parle, regards fuyants.
– Peu serviables.
– Peu compatissants quand on est malade.
– Font mine de ne pas comprendre quand ça les arrange.
– N’assument pas leurs erreurs.
– Ce sont les rois du mensonge (nos amis français confirme ce point). Ils te disent ce que tu veux entendre : il y a du chauffage, de l’eau chaude, Internet, le bus va faire une pause pour manger, demain la poste sera ouverte… Mais c’est faux !
– Au Mexique, on avait l’habitude que les réponses à nos questions soient toujours “síííí”, tout était possible. En Bolivie, quand ils ne mentent pas, ils répondent “noooo” le regard tourné vers le sol.
– Ils sont lents, très mous ! Les bus sont souvent en retard et dans les restaurants -tous les restaurants même les restaus rapides- attente d’au moins 30 minutes (souvent plus), même si on est les seuls clients et qu’on commande un simple plat de pâtes.
– Les SDF gémissent de façon exagérée.
– Ils te font tout payer, même pour prendre des photos de lamas.
– Ils n’ont pas l’esprit écologique : jettent les déchets dans la rue, sorte de déchèteries au bord des routes, jettent sacs plastiques et mouchoirs naturellement par la fenêtre de la voiture ou du bus.
– Ils dégagent souvent une odeur incommodante… Manque d’hygiène ?

Tous ces points représentent 90% de nos interactions. Les 10 autres pourcents étaient soit normaux, soit le contraire donc très gentils et accueillants :  mais ce dernier cas fut extrêmement rare.

Les boliviens sont petits et bronzés ; les boliviennes sont aussi hautes que larges, coiffées de deux longues nattes brunes, habillées avec des robes et un chapeau. Elles ont toutes un tissu en guise de sac à dos pour porter leur courses ou leur bébé.

Hébergement
– Pas beaucoup de couchsurfing, deux propositions pour la même ville (Cochabamba, où on est arrivé à 1h du matin et reparti à midi), qu’on ne pourra pas honorer car pas Internet pour les prévenir et pas de téléphone (carte sim bolivienne à la ramasse).
– Hôtels souvent sans chauffage alors qu’il fait très froid dans l’altiplano.
– 7€ par personne pour une chambre matrimoniale, salle de bain privée, petit déjeuner compris.
– 4,50€ chacun pour une chambre matrimoniale avec salle de bain partagée.
– Système de douche particulier et assez difficile à décrire. Fonctionnant à l’électricité : plus votre débit est faible plus c’est chaud, mais du coup vous avez le choix entre un filet d’eau chaude ou un jet glacé. On a aussi retrouvé le même système qu’au Mexique, avec une résistance chauffant directement dans la poire fixée au mur.
– Le papier toilette n’est quasiment jamais fourni.

Les transports
– Aucune communication dans les bus : les arrêts ne sont pas signalés, le chauffeur fait une pause : on ne sait pas où et ni pourquoi on s’arrête (le chauffeur voulait pisser ? Et nous ? Ben on est enfermé et on attend).
– Bus ou taxi, pas cher.
– Routes en très mauvais état sur certaines parties, notamment près de Samaipata.

Les paysages/La nature
– Le salar d’Uyuni blanc, qu’on a vu un peu sableux à notre grand malheur (donc un peu marron). Mais ça vaut le coup. En revanche on conseille de ne faire la visite que sur 1 journée. (Ça vous évitera d’avoir la tourista dans le trou du cul du monde, isolé de tout, et vous coûtera moins cher !)
– Les villes sont différentes et atypiques : de Samaipata, petite ville comme San Pedro de Atacama (Chili), tranquille, maisons basse, ensoleillée, très agréable à Sucre, avec ses bâtiments coloniaux très blancs, en passant par les hauteurs de Potosi et le dénivelé de fou de La Paz. On n’est pas fan des villes, mais leur diversité nous a surpris, et ça, on a aimé.
– Le Parc Amboro, coin préservé permettant d’admirer la Bolivie en mode nature, loin des routes et des bus.
– Le Lac Titicaca. On nous a déconseillé de perdre notre temps sur l’île de la lune, qui est petite et n’a qu’une seule ruine, en revanche l’île du soleil permet de voir de beaux paysages qui nous ont émerveillés. Malheureusement, l’île n’est pas top côté ruines : ce sera une déception globale sur la Bolivie les ruines étant souvent pauvres. Peut-être étions nous trop habitués aux grands sites du Mexique.

La nourriture
– Lama, quinoa et plats classiques (pizzas, omelettes, pâtes et bien sûr POULET).
– Menus végétariens toujours proposés.
– Manque d’hygiène général, difficile d’avoir une bonne digestion même en faisant attention et en bannissant les stands de rues où la nourriture reste des heures au soleil.

Le climat
– Plus t’es haut plus t’as froid ! L’Altiplano est très froid du coup.
– Sucre à Santa Cruz déjà plus chaud, merci le soleil.
– Titicaca froid à l’ombre avec du vent, chaud au soleil : ce type de climat fut d’ailleurs rencontré très souvent (Samaipata aussi). C’est très embêtant de trouver comment s’habiller et gérer ce type de temps.
– En altitude (donc à peu près partout !) l’air est très sec, conséquence : bouche sèche (la nuit notamment), saignements de nez fréquents quand on se mouche (les parois étant sèches les vaisseaux éclatent facilement).

Le coût de la vie en bref
– 1L d’essence = 0,4€
– Un repas au restau coûte 4,5€, parfois 2,5€
– Repas type Macdo 2€
– Hot dog 0,4€
– Glaces à l’eau 0,2€
– Une nuit dans un bon hôtel 7€
– Hôtel bof 3€
– 15 minutes de taxi 1€
– 11h de bus : de 4€ à 12€ (dépend du bus et le confort proposé)
– Bus de ville 0,15€
– Coiffeur 2€ (et elle m’a pas trop raté !)

Notre budget
– budget prévisionnel : 24€/j/personne
– budget dépensé : 18€/j/personne

Les petits plus
– Toilettes quasiment toujours payants (sauf quand vous esquivez le guichet).
– Jamais de PQ dans les toilettes, publics ou autres (payant compris). Parfois il y a un stand à l’entrée, où il font payer l’entrée aux toilettes et donne un peu de papier qu’ils se sont amusés à soigneusement plier.
– Connexion Internet de merde (Manon a écrit ça en étant un peu énervée je crois ^^).

Petite conclusion
On a enchainé les galères pendant tout le séjour :
– On a eu froid à Uyuni, jour et nuit pendant 3 jours.
– Kévin a été malade au milieu du salar.
– Mal de l’altitude à Potosi (accentué par le manque d’appétit et donc d’alimentation pour Kévin).
– Problème au distributeur à Sucre, on espère un jour récupérer nos 215€.
– Problème pour avoir une sim de téléphone qui fonctionne.
– Bus qui ne nous arrête pas à la bonne ville, 7h de trajet en plus, dur d’obtenir dédommagement
– Douches tièdes à froides et mauvais hôtels : ça coûte pas cher, et ça vaut vraiment son prix parfois.
– Nourriture non adaptée à notre organisme (manque d’hygiène probable et généralisé, il suffit de voir les stands de nourriture toute la journée sous le soleil).
– Pas ou peu Internet.
– Trajets de bus allongés. Y’a l’heure réelle, et l’heure bolivienne !
Ajoutez à cela la mentalité des boliviens !

Le bilan de la Bolivie est donc plutôt négatif. Ce qui est le plus embêtant c’est la mentalité des boliviens. Les mêmes galères au Mexique auraient été moins difficiles à vivre. En plus, ce qui nous plait le plus c’est rencontrer des gens et partager avec eux mais ils sont trop fermés à l’échange.
Dans le bilan de l’Argentine et du Chili on disait qu’il y avait toujours quelques cons comme partout. Et bien là on peut dire qu’il y a toujours des gens sympas mais ils sont difficiles à trouver.

Le positif de la Bolivie : quelques beaux paysages et le coût de la vie.

Ça nous fait mal au cœur d’avoir vécu une expérience comme ça avec la Bolivie. On en avait sûrement trop entendu parler en bien, et on s’attendait à trop de bonnes choses. Les pays d’avant avait été de bonnes surprises généralement, là ce fut d’autant plus une grosse déception. On s’est dit pendant un moment qu’il fallait se remettre en question et se rappeler que c’est l’un des pays les plus pauvres d’Amérique latine. La culture des gens, leurs coutumes, habitudes, la mentalité sont sûrement différents. Mais leur mauvaise foi et caractères fuyants nous font poser une question : c’est le touriste le problème, ou alors ils sont vraiment dans leur monde ? Ce gouffre, on a encore du mal à le comprendre et l’expliquer, d’un côté on a de la pitié, et de l’autre de la haine pour leur inhumanité.

Copacabana et la beauté du lac Titicaca

Le trajet la Paz Copacabana est marqué par un passage en bateau. Mais ce n’est pas le bus qui monte sur un gros bateau, non non, c’est nous qui montons dans un petit bateau à moteur. On est ainsi une quinzaine de personnes par bateau à traverser le lac Titicaca. 20 minutes de trajet, et on attend de l’autre côté le bus, qui lui est seul sur une embarcation à laquelle je ne ferai personnellement pas très confiance ! Mais bon, les boliviens si, et tant mieux, le bus arrive -avec nos sacs !-. Les paysages sont très beaux avec cette eau de la même couleur que la méditerranée mais au pied des collines.

On trouve rapidement un hôtel très sympa, chambre spacieuse, confortable, waouuuuu, ça fait du bien une bonne surprise ! Petit balcon avec vu sur le lac, et …. Hey, le coucher de soleil c’est pour bientôt ! On paye directement 2 nuits, et on descend voir le coucher de soleil. On tombe ensuite sur une femme d’agence d’excursion très gentille (c’est rare, donc assez important pour être souligné), qui nous expliquera que faire et que voir dans la ville et aux alentours.
En allant trouver un endroit pour manger, une française nous aborde, Justine, 25 ans, qui voyage depuis 9 mois en Amérique latine et cherche désespérément avec son copain, Vincent, un endroit pour dormir. Après une bonne demie heure à papoter, ils nous donnent terriblement envie d’aller au Costa Rica ! Le temps de s’échanger nos contacts, et ils iront dans le même hôtel que nous -mais ça, on le saura que 2 jours plus tard, quand ils partiront ! Dommage.-
Alors que l’on mange, on constate que pour une ville très touristique, les boliviens ne sont pas du tout dans la même mentalité que nous côté restauration : 40 minutes pour un plat de pâte quand vous êtes les seuls dans le restaurant. Et on le vivra ainsi à chaque restaurant. Ah et aussi, le chauffage est une option dans les restaurants ici, ne comptez pas vous sentir bercer par une douce musique et la chaleur d’un feu, au mieux vous aurez un petit peu moins froid que dehors, et vous aurez la télé allumée avec une série alacon genre “les feux de l’amour” version espagnol.

On a parfois laissé le guide partir loin devant pour profiter du lieu, que du bonheur !

On a parfois laissé le guide partir loin devant pour profiter du lieu, que du bonheur !

Le lendemain matin à 11h le réceptionniste frappe à la porte pour nous dire qu’il y a le check-out. Euh, on reste 2 nuits, t’es vachement organisé toi ! Visite de la ville, de l’énorme église sur la place principale, et de Calvario, un mirador au sentier très catholique inspiré du chemin du christ, avec des croix à plusieurs étapes. C’est haut, c’est dur, mais la vue sur la ville est vraiment belle.

La fameuse Isla del sol -“Île du soleil” pour le néophyte !- sera pour le lendemain, le jeudi 24 juillet. Deux heures trente de petit bateau pour atteindre l’île, en même temps le trajet est pas cher, 4€ chacun aller-retour. Le bateau nous dépose au nord de l’île, d’où on marchera jusqu’au sud. Un guide fait son apparition dans le bateau, il pue, mais vraiment -c’est assez fréquent ici, mais je comptais tout de même le souligner pour que vous vous imprégniez de l’ambiance-. En descendant on se fait taxer chacun 2€ pour accéder à l’île. On arrive alors aux ruines ! Enfin, on a tellement été habitué à voir de beaux vestiges, que là on est très déçu : une table type camping français faisant office de table de sacrifice, quelques restes de maisons à moitié enfouis, et…. Ce sera tout, on part en direction pour le sud de l’île. Avant cela le guide demande une contribution de 1€ chacun. On ne sait pas si on va le suivre, et de toute façon on préfère payer ce type de prestation après, et non en avance.

Le groupe part sur le chemin, on les suit de visu. Le guide s’arrête de temps en temps pour expliquer des choses, des anecdotes, l’histoire de son peuple. Quand il nous a abordé dans le bateau il l’a joué genre “il y a 2 ans je ne parlais pas un mot d’espagnol, et je fuyais les touristes.” Mais ça passe moyen désolé, il semble juste essayer d’attirer la sympathie et la pitié, et ça on n’aime pas !

Si nous sommes déçus par les 2 ruines qui se battent en duel, en revanche les paysages seront somptueux durant tout le trajet. On atteindra les 4500 mètres sauf erreur de ma part, c’est haut pour faire une rando de 3h, mais on gérera plutôt bien physiquement. Sur le trajet on échange quelques mots avec des français. L’un deux, ou plutôt l’une, nous raconte qu’elle est habituée à la Bolivie, mais qu’une semaine plus tôt, 2 jours après être arrivée à la Paz, elle s’est fait embarquer par un faux flic, avec un autre touriste et un taxi complice qui lui ont volé argent et téléphone. Quelques jours plus tard, c’est son sac à main dans un restau qui disparaît. Que du bonheur ! On se dit qu’on a de la chance, d’autant plus qu’on baissait notre garde récemment. Apparemment ce sont souvent des péruviens qui ferait ça en Bolivie…. En tout cas c’est ce que disent les boliviens (et menteurs comme ils sont… Qui croire ?).

Le chemin sur l'Isla del Sol me faisait penser à la muraille de Chine, bien que je ne l'ai jamais vu de mes propres yeux ! -pour l'instant-

Le chemin sur l’Isla del Sol me faisait penser à la muraille de Chine, bien que je ne l’ai jamais vu de mes propres yeux ! -pour l’instant-

Plus loin sur le chemin, le guide fait une pause pour nous demander ses 2€. Si c’est pas une raclure sérieux. Encore plus loin des gamins font barage devant nous pour nous demander de l’argent, un gamin insistant pose la main sur mon sac, je l’expulse ; pendant ce temps Manon pousse une gamine sur le côté du sentier car trop insistante et invasive. Vous comprendrez que c’est pas à eux qu’on lâche des bonbons 😉
Encore plus loin, juste avant d’arriver au village Sud, là où on reprendra le bateau, on nous retaxe 1€ pour 2. Le groupe est un peu loin devant, on prend du retard à force de flâner, mais on les voit au loin. On les rattrape dans la ville juste avant pleins de zigzagues en précisant au guide qu’il y a 2 vieux argentins qui sont du groupe et qu’il a dû oublier derrière vu qu’on ne les voit plus. Il fait le signe de “Mince alors”. 20 minutes plus tard on retrouvera ces 2 argentins retraités furieux au bateau, ils n’ont jamais revu le guide. Bref, la journée se termine, tout le monde est HS dans le bateau, les filets de baves vont et viennent avec la houle.

Le vendredi sera du repos, en dehors d’un fait marquant et choquant. Dans une boutique du marché, qu’elle ne fut pas la surprise de voir en guise de jouets des bébés lamas empaillés (ou en décomposition ?), à l’apparence cadavérique. Ça nous a glacé le sang. Ce peuple est certes très différent culturellement, mais entre des affiches de momies à Uyuni et des jouets morbides, on a vraiment du mal avec les boliviens et leurs petits plaisirs !

14h, le samedi 26 juillet on va en direction de Pachataka, ou “Horca del Inca”. Des ruines Inca à côté de la ville, donc faisons-le à pieds. On se lance, ça monte sec, “10 bolivianos pour passer” est affiché sur une pancarte, mais il n’y a personne, à la bonheur ! Ça monte de plus en plus sec, et la vue derrière nous se profil sur la ville et le lac. On arrive sur ce qu’on pense être les ruines, je dis bien “on pense” car c’est pas flagrant, on dirait juste que la montagne a été un peu taillée à certains endroits, à moins que ce soit une forte érosion. On voit tout de même l’arche “Horca del Inca”. On continue de grimper, cette fois ce n’est plus des marches, on escalade la montagne pour se trouver un endroit tranquille, sans personne -bien qu’il n’y avait que peu de fous pour monter ici-. On admire alors la vue, qui franchement vaut le coup ! Le temps de prendre quelques photos, vidéos, et 20 minutes plus tard on redescend.

On arrive devant une poste -pour envoyer du courrier bien sûr-, personne. Deux français sont aussi là, ils voulaient des enveloppes. Une femme nous voit tous les 4 et dit que le lendemain il y aura quelqu’un. Manon sent bien le “je me débarrasse de vous”, et ne préfère pas dégoûter les autres français en leur expliquant ce qu’elle ressent, ils auront bien le temps de le découvrir ! En attendant, on leur montre où trouver des enveloppes (on a mis 30 minutes à en trouver la veille, autant leur faire gagner du temps).

Grimper c'est dur, avec l'altitude c'est amplifié, donc dur dur -Copacabana en fond, durant l'ascension à Horca del Inca-

Grimper c’est dur, avec l’altitude c’est amplifié, donc dur dur
-Copacabana en fond, durant l’ascension à Horca del Inca-

Dimanche 27 juillet 2014. La journée s’annonçait cool sur le papier : une visite pépère à faire, passer à la poste et écrire le bilan de la Bolivie, mais c’était sans compter sur nos amis boliviens ! “Plus de place dans l’hôtel”, on ne peut pas rester cette nuit nous annonce le réceptionniste à 8h50 du matin, alors qu’on est bien frais durant le petit déj. Un détail que j’ai omis de préciser, mais ici l’air est très sec, on se réveille 4-5 fois par nuit avec la bouche complètement sèche -pourtant on est au bord d’un lac, comme quoi…-. On trouve un autre hôtel où on ne peut se poser qu’à 13h. Pendant ce temps on essaie d’accéder à la poste, personne, et impossible de trouver des timbres dans la ville. Trois jours sans poste malgré les heures d’ouvertures affichées, vive les villes touristiques boliviennes ! Même la “Mairie” et les policiers qu’on est allé voir ne savaient pas le pourquoi du comment. Avant 14h on repasse, toujours les mêmes lettres derrière la vitre, des choses ont été déplacées, mais toujours personne. Pendant qu’on cherchait des timbres on est passé dans une librairie, personne dedans. On patiente 2 minutes, toujours personne. Bon. Il faut savoir que c’est jour de fête ici les dimanches, toute la ville est bouchée par les voitures, elles font la queue. Pour quoi ? Pour passer devant la cathédrale de la ville et se faire bénir, eux et leur voiture -sans déconner !-. Les voitures sont d’ailleurs toutes décorées avant d’arriver devant l’église et se faire bénir, les gens y placent des fleurs, un chapeau bolivien scotché sur le toit, beaucoup de couleurs ressortent de tout ça. Au passage les gens s’amusent à balancer des pétards par-ci par-là :
“Attention Manon le gars…” *PAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPA*
Même pas le temps de la prévenir qu’un gars en fait péter juste à nos côtés. Des fous ces boliviens, déjà qu’habituellement… Alors en liesse !

Pour le dernier après-midi en Bolivie, il ne nous reste qu’une chose à voir et également accessible à pieds : El Asiento del Inca (le siège de l’Inca). C’est pas loin du tout. En arrivant sur le site, de loin on se dit que c’est vraiment des ruines, en effet. Un gars nous accoste, il paraît bourré et était précédemment posé avec sa petite famille. Il nous demande des sous, je lui filerai des bonbons. Et hop, on passe. Plus loin on tombe sur des gamins, genre 5 et 7 ans. Ils commencent par nous montrer des vers avec lesquels ils jouent, on les questionne donc :
“Ils viennent d’où ?”
“Du caca juste là”.
Ah oui, effectivement… Puis ils proposent de nous expliquer l’histoire des ruines moyennant quelques bolivianos. 3 bonbons et ça passe. Avouez que c’est cool de tout payer avec des bonbons que vous aimez pas, non ? Le plus grand parle vraiment comme un guide, impressionnant ! Mais au bout de 5 min il dérive de plus en plus sur sa nature d’enfant. Après leur avoir dit d’arrêter de massacrer tout les arbres que l’on rencontre (leurs fleurs contenaient du jus, mais ils les massacraient et les balançaient …), on les laisse et retourne flâner dans les rues de Copacabana. On demande à une jeune commerçante le pourquoi du comment de la fête autour de l’église, on aura des bribes de réponse entre son air détaché et son regard fuyant, classique quoi.

Le soir on aura encore quelques emmerdes au restau : 20 min après la commande une femme nous dit que le chef est pas là et qu’on doit partir….. OK ! Et pour changer dans le second restau on a eu l’impression que je le jeune qui nous servait allait se suicider devant nous vu la gueule qu’il tirait. Classique quoi ! Bref, une bonne journée remplie de petites contrariétés, histoire de bien nous remontrer ce que c’est la Bolivie, la vraie telle qu’on l’a vécue durant ces 3 semaines et demi.

Lundi 28 juillet, tchao les boliviens. Dernière tentative à la poste, ils tentent de nous faire tourner en rond une fois de plus. Non merci. Manon n’enverra pas de carte depuis la Bolivie. On espère laisser leurs odeurs, leurs maladies, leurs visages suicidaires et leurs morbidités ici, vive le Pérou ! Enfin, on s’attend à tout. Mais le dernier pays de notre voyage nous ouvre ses portes, et nous on lui tend les bras, on a toujours la patate, alors ¡ Vamos !

La Paz et une bonne rencontre

Samedi 19 juillet 2014, on se réveille donc dans un hôtel tout pourri à Cochabamba. On avait un éventuel couchsurfing ici, mais la connexion internet quasi inexistante de Samaipata ne nous a pas permis de le prévenir. On décide donc de partir au plus vite pour La Paz, siège du gouvernement de la Bolivie.

On trouve le terminal de bus, prend nos billets, et on retourne dans le centre ville avec nos gros sacs pour retirer au guichet d’une banque, de peur de revivre notre mésaventure de Sucre. On fera 4 banques mais aucune ne peut satisfaire notre besoin ! Bref, on refile au terminal et on embarque dans un merveilleux bus, oui merveilleux, les mêmes qu’en Argentine et au Chili, confortables et spacieux. D’ailleurs on peine à le trouver car dessus c’est marqué “Bariloche” (une ville que nous avions traversée en Argentine), heureusement un papier scotché sur la vitre indique “La Paz, 14h”. Bilan : les seuls bus potables de Bolivie c’est ceux qu’ils piquent aux argentins, et encore ils savent pas bien s’en servir : ils mettent la clim froide au lieu du chauffage, ne savent pas allumer les lumières “douces” de l’étage et la télé servira de cadre.
Durant le voyage le bus prend des boliviens qui s’assoiront sur les marches par-ci par-là dans le bus. Je vais subir durant une longue heure le type de bolivienne qui nous avait marqué à notre arrivée en Bolivie : elle pue et tente de se coller à moi. Le trajet passe, la nuit tombe, on est de plus en plus crevé, mais bon, faut juste tenir jusqu’à 22h, heure d’arrivée à notre destination. 00h30, le bus arrive à La Paz. Ah ces horaires boliviens !

On se fait accoster direct par un taxi, qui nous trouvera en deux temps trois mouvements un hôtel bon marché. Les courses de taxi ne sont pas chers ici, 15 bolivianos, soit 1,5€. Le chauffeur super avenant se renseigne auprès de l’hôtel devant lequel nous sommes, et nous confirme qu’il y a le minimum qu’on voulait : eau chaude et chauffage. Il repart, on pose nos affaires et règle la paperasse avec le réceptionniste, bizarrement long à vérifier la chambre, nous demander de patienter ; on se dit qu’il doit la nettoyer c’est pas possible ! Et ben pas du tout. D’ailleurs y’a pas de chauffage, et “l’eau chaude” est moins que tiède, Manon criera pendant 5 min pour résister à la torture qu’elle s’inflige. Il est 2h du mat quand on se couche, on est HS et gelé, la chambre est pourrie, la salle de bain est inondée d’eau car ça fuit… Deux hôtels de suite pourris : ça commence à nous dégoûter un peu, on ne restera clairement pas dans cet hôtel durant notre séjour à La Paz. On n’a pas mangé depuis un bon moment, et à cette heure tardive on ne trouvera que des hots dogs à 40 centimes l’un.

Cette photo ne nécessite pas de commentaire particulier en dehors de celui-ci

Cette photo ne nécessite pas de commentaire particulier en dehors de celui-ci

Dimanche 20 juillet lors de mon réveil je me rappelle qu’on doit payer l’hôtel, mais déjà retirer de l’argent car il nous reste pile poil 70 bolivianos, ce qui est peu. Et puis en regardant sur Internet  où nous pouvons retirer en guichet, cherchant les banques les plus proches de nous, je vois les horaires d’ouvertures et forcément : “lundi – samedi”, punaise on est Dimanche ! Bref, au pire on tentera un distributeur et on serrera les fesses en espérant que les billets sortent cette fois !

On descend à l’accueil, personne, porte de la réception verrouillée, un gars à l’entrée de l’hôtel met son petit stand de bouffe, bref. On réfléchit 2 secondes, je pose les clés de la chambre pourrie devant la réception, et on sort, tranquillement… et en serrant un peu les fesses (!) quand même !

On vagabonde alors dans les rues, le ventre vide à la recherche d’une auberge ou un hôtel. Au passage on pioche des infos, une carte de la ville, et des lieux d’auberges potentiellement intéressantes. Mais aucun n’a de place. Après 1h de marche, Manon souffre beaucoup de l’altitude, la Paz est à 3600m tout de même, c’est la plus haute capitale au monde, et qui dit capitale, dit pollution malheureusement, ce qui n’aide pas à respirer. HS, elle se pose devant l’ultime auberge complète, et je pars seul dans les environs. Après 15 minutes je rentre broucouille (bredouille pour les incultes 😉 ), rien de dispo, Manon toujours HS. Je la motive pour aller 400m plus loin, il y a une longue pente à monter, mais il y a pleins d’auberges dans le secteur. Alors qu’on monte cette pente, difficilement, j’entends à ma droite : “Vous aussi vous cherchez un hôtel ?”. Des français.

Halim nous accoste, suivi de sa copine Marion. Ils sont partis il y a un mois et demi de la France pour un tour du monde de 1 an, et là, maintenant, tout de suite, ils sont dans la même galère que nous. On fait connaissance, longuement, puis on se pose devant un hôtel. Le gérant semble être parti manger, au bout de 15 minutes toujours personne. Avec Halim on laisse les filles se reposer et garder nos sacs pendant qu’on fait le tour de toutes les maisons d’hôtes, auberges et hôtels du coin. 20 minutes plus tard on revient, sans grand chose de glorieux, le gérant de l’hôtel où nous avions laissé les filles revient également. Finalement on reste tous les 4 dans ce premier hôtel.

Petite pause physique dans la chambre, mais on a la dalle, alors on se motive, et tous les 4 on décide de manger un bout. On fait encore un peu plus connaissance, et après ces 2 semaines en Bolivie, et bien ça fait plaisir de pouvoir partager nos anecdotes, malheurs et bonheurs ! Et visiblement, même si ils ne sont que depuis 3 jours en Bolivie (ils viennent du Pérou et font le trajet contraire de nous), les boliviens ne les enchantent pas vraiment, il les trouvent assez menteurs d’ailleurs. On en profite pour s’échanger nos adresses pour garder contact, puis chaque couple part faire sa petite visite de la ville.

On passe dans le centre animé de la ville, de belles églises, des rues pourries, des marchés, tout est assez typique de ce que l’on voit dans les villes Boliviennes. En dehors de la pollution, la ville est agréable, bien que parfois les rues soient en pentes assez hardues, mais bon, on marche calmement, on a notre temps ! Les rues prolifèrent de stands, comme bien souvent en Bolivie, ce genre de stands où ils vendent généralement des gâteaux, boissons, mais parfois aussi pâtisseries, glaces, bref, il y a des stands pour tout, mais souvent pour la même chose, la diversité n’est pas leur fort ici. -Alors que je relis ce texte j’ai l’impression d’être un peu dur en parlant de la Bolivie, mais pourtant, j’essaie d’être le plus honnête et objectif possible, mais c’est sûrement plus difficile qu’il n’y paraît !- Le soir commence à tomber et nous regagnons l’hôtel. On ne veut pas retirer en guichet automatique et préférons attendre demain pour aller dans un vrai guichet. Du coup, pour manger ce soir il nous reste exactement 2€. Manon est assez perplexe, mais le croirez-vous, en achetant à l’un des stands pain et jambon, on s’en sortira pour 1€ ! Comme quoi on peut manger pour des prix ridiculement bas si on veut. Et hop, le dernier euro passera en biscuits.

Admirant les maisons grimpant sur la colline

Admirant les maisons grimpant sur la colline

Alors que l’on se couche, on entend la sonnette de l’hôtel à plusieurs reprises. Je lance à Manon : “T’inquiète ma puce, si c’est un gars bloqué dehors alors qu’il est de l’hôtel, il laissera son doigt longtemps !”. 20 minutes plus tard : “DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING”. Apparemment personne à la réception de l’hôtel, le gars s’est barré.
On descends avec la lampe torche car il est 1h du matin et l’hôtel est plongé dans la pénombre. On ouvre prudemment, armé de la lampe. Un jeune apparaît, frigorifié sous son poncho, nous dit qu’il est parti chercher du beurre et que depuis 1h il attend, personne ne lui ouvre. Ben rentre mon gars ! Bref, on a fait notre BA, ça aurait pu nous arriver aussi, on n’a jamais été prévenu qu’il y avait une heure limite à laquelle il n’y avait plus de réception.

Le lundi on est au taquet, mission banque ! SUCCÈS TOTAL ! On y a passé une heure, mais on a pris assez pour ne pas avoir à retirer à nouveau en Bolivie. La suite de la journée, on continue notre balade en ville : 2 miradors au programme. Le premier est facile d’accès. Petite anecdote, en sortant du “parc pour enfant mirador”, on voit un marchant de glace :
– On voudrait deux glaces à l’eau à la fraise.
– Ok, une seule ?
– Non deux.
Il fouille.
– Vous en voulez à la canelle ?
– Non, à la fraise.
– Une seule ?
– Non deux !
Il nous sort les glaces, on paye, on les ouvre : elles sont à l’orange.
Le second mirador nous épuise complètement car beaucoup plus haut, mais la vue sur la ville et les environs vaut vraiment le coup d’y aller !

Le soir on se dit qu’on pourrait se faire un truc avec les 2 français, manque de bol, le matin Marion a mangé une pâtisserie auprès d’un stand de rue -ces trucs qui stagnent au soleil toute la journée, et dont les produits restent probablement d’un jour à l’autre- et elle revient tout juste de 4h à l’hôpital : tourista, perfusion. Elle a une petite mine et se repose donc. Je compatis en me rappelant de moi il y a 2 semaines…

Le lendemain, on est le mardi 22 juillet 2014, et en début d’après-midi on file au terminal de bus. On prend un petit en cas, mais les assiettes ne sont pas fameuses, et on en laisse pas mal -vous vous demandez pourquoi je parle de ça hein ? Ça arrive !-. En parallèle une SDF nous demande des sous, comme d’habitude, hop je sors des bonbons, elle a l’air d’avoir des dents, donc ça va -au pire elle a sûrement des petits enfants-. Et chose à laquelle on n’avait bêtement pas pensé, mais elle si : nos assiettes ! -on y vient !-. Hop, elle sort un petit sac et récupère tout, à la main, comme au bâillon du limousin ! On préfère que ça finisse comme ça. En sortant du fast-food (on devrait plutôt appeler ça des slow-food d’ailleurs), des gamins nous abordent, hop, encore des bonbons. J’en lâche tous les jours ! Souvent à des enfants, du coup en rentrant en France je pense me reconvertir en tant que dealer à la sortie des collèges. A étudier. Bref, on monte dans le bus, direction Copacabana sur le lac Titicaca (et non au Brésil hein !), à la frontière avec le Pérou.

Samaipata et le parc Amboro

Le 16 juillet 2014, après la course folle pour récupérer le blouson de Kévin, on arrive enfin à l’hôtel qu’on avait réservé. Samaipata nous fait penser à San Pedro de Atacama. Une ville calme, très jolie, avec des maisons basses sans bâtiment, ambiance village, beau temps… Ville très bien entretenue, pas de papiers qui traînent !

On est exténué, on s’écroule un moment sur le lit mais pas trop, on a faim ! Le petit café restaurant sur la place principale, avec l’une des rares connexions wifi de la ville, sera un bon endroit pour manger. Les repas sont délicieux surtout le dessert, brownies avec glace vanille, mmh !

Bon, et sinon, pourquoi est-on venu à Samaipata ? Essentiellement pour visiter le parc national Amboro. À Sucre, on nous avait dit qu’on pouvait se balader seul dans le parc, que les chemins sont balisés. C’était donc ce qu’on voulait faire. Sans compter le fait que c’est moins cher si on n’a pas à payer de guide, on aime se sentir libre, comme à Ushuaia ou à Potrerillos dans la cordillère des Andes. Mais il semblerait que ce ne sera pas possible ici. Plusieurs personnes différentes nous disent qu’il est obligatoire d’avoir un guide car il y a de nombreux chemins et qu’il est très facile de se perdre. De toute façon, on ne nous laissera pas entrer sans guide, soit disant, pour des raisons de sécurité. Bon, renseignons-nous auprès des agences d’excursion. Toutes proposent une journée intéressante au parc mais pour plus de 20€ chacun, c’est cher. Plus il y a de personnes inscrites pour une journée, plus le prix baisse, enfin, pas tant que ça ! De seulement 1,5€ par personne.
Réfléchissons. On est venu pour voir ce parc, on s’est acharné malgré les difficultés pour être ici, on va donc payer une excursion. Petit soucis, en Bolivie on ne peut casiment jamais payer en CB. On calcule les frais essentiels qu’on va avoir : l’hôtel, la nourriture, le bus pour repartir… On n’a pas assez pour payer l’excursion. Il y a deux banques dans cette petite ville, aucune des deux ne veut de notre carte de crédit.

samaipata_manon

Dans la jungle du parc Amboro

On retourne à l’hôtel, je redemande le prix de notre chambre pour être sûre de nos calculs. J’exprime en même temps notre soucis au gérant de l’hôtel qui s’empresse de me conseiller une autre agence d’excursion, moins chère, si d’autres personnes font la journée avec nous. Un couple d’espagnol qui écoute discrètement la conversion nous rejoint. Ils sont intéressés par l’excursion et voudraient partager le prix avec nous. Kévin est exténué, il n’a pas fermé l’œil depuis plus de 24h. Je le laisse donc se reposer et pars avec les espagnols vers cette agence. Sur le chemin, je leur raconte notre galère de la veille puis notre voyage en général. À 39 et 34 ans, David et Rachel sont tous deux professeurs, d’éducation physique pour lui et de danse contemporaine pour elle, et voyagent durant un mois en Bolivie. Ce sont de grands vadrouilleurs, ils ont visité et travaillé dans beaucoup de pays.
On arrive tous les trois devant l’agence. Le gars nous demande ce que l’on veut et devinez quoi ? Les deux espagnols font leur timides et me laissent tout demander. Pourtant c’est leur langue maternelle contrairement à moi mais ils ne semblent pas avoir remarqués ce détail puisque dans une autre conversation, Rachel me dira que je parle très bien espagnol. Revenons au sujet principal, l’excursion. Le viel homme de l’agence nous propose une journée au parc pour 40€, à diviser par le nombre de personne. Ha ben tout de suite le prix baisse et pas que de 1,5€. Ça nous fait donc 10€ chacun, ça rentre dans nos frais, excursion acceptée.

Pour économiser au maximum les billets qui nous reste, on se fait à manger à l’hôtel. On file se coucher rapidement parce qu’il faut qu’on se remette de notre nuit casi blanche dans le bus et du stress qu’on a subi.

Le lendemain, après une course rapide pour notre repas de midi et le petit déjeuner servi par l’hôtel, nous voilà dans un 4×4 avec nos nouveaux amis espagnols.
Toute la journée nous rappellera la Jamaïque : les secousses violentes dans le 4×4 sur des chemins de terre sinueux passant par des rivières ; les montagnes ennuagées ; la végétation (les même plantes préhistoriques, des sortes de palmiers, de la barbe sur les arbres et des tiges enroulées en escargot) et enfin notre guide nous frayant un chemin à travers la jungle avec sa machette.

samaipata guide

Comme il fait de grands gestes avec sa machette, mieux vaut ne pas rester trop près de lui !

La journée est très agréable, temps idéal et bonne ambiance avec notre guide, un vieil homme de petite taille (comme tous les boliviens) très en forme pour son âge, qui donne de bons coups de machettes aux arbres et se lance dans de grands discours qu’on ne comprend pas toujours. Il ouvre la marche mais sa petite taille fait qu’il ne nous enlève pas toutes les toiles d’araignées au niveau de nos têtes. On alterne entre petits chemins improvisés dans la jungle, chemin de terre et vues sur les montagnes. Soudain, notre guide s’arrête. Après nous avoir mis en garde contre les serpents qu’il ne faut pas tenter de caresser (ça paraît évident mais il a déjà eu une touriste qui s’est fait mordre de cette façon, “hooo le mignon serpent”… couïque la main), il regarde le sol et de ses yeux avisés, il a repéré les traces d’un puma. Mais ne nous inquiétons pas, nous ne sommes pas dans ses horaires de repas, on n’en croisera pas d’après notre expert. Par contre, on entend les singes qui s’agittent, les oiseaux qui piaillent et on a la chance d’observer de mignons petits animaux qu’on ne connaît pas, des peluches vivantes qu’on ne peut pas toucher bien sûr mais ce sera un régale pour les yeux. Toute cette végétation et ces odeurs de champignons : une bouffée de nature comme on aime.

Une balade de 5h qui n’aurait effectivement pas été possible sans guide, un vrai labyrinthe dans la forêt !

samaipata vaches

Trajet en 4×4 souvent ralenti par les nids de poules, les rivières et les vaches !

C’est reparti pour 1h de 4×4 direction l’hôtel. On donne l’adresse de nos précédents bons hôtels aux espagnols qui vont aux mêmes villes que nous précédemment. Cette rencontre nous a fait extrêmement du bien au moral. On abandonne l’idée d’une bonne connexion Internet dans la ville. On serait bien resté une journée de plus mais on va manquer d’argent liquide.

Le lendemain, le vendredi 18 juillet, on décide donc de prendre un bus direction Cochabamba. Après un bon mal de ventre et un long passage au toilette pour nous deux -sûrement lié aux nombreux soucis, stress et contrariétés des derniers jours- on arrive à ne pas louper le bus et à acheter les dernières places, tout au fond. Les 7h qu’on nous avait dit et qui nous auraient fait arriver vers 22h sont en réalité 11h… Donc pas avant 2h du matin à notre destination mais c’est le terminus, on ne risque pas de louper l’arrêt cette fois.

samaipata papillon

Papillons en réunion sur une feuille au milieu de la jungle

On observe une dernière fois ces paysages de roche rouge au milieu de la verdure des montagnes. C’est magnifique. En fait, la montagne est vraiment rouge. Dès qu’elle est dépourvue de végétation et un peu creusée, la couleur vive ressort. Il y a également des champs d’énormes cactus impressionnants, comme de petits arbustes avec un énorme tronc et pleins de branches biscornues mais ce sont bien des cactus. Difficile de faire des photos à travers les vitres. Par contre, on a oublié de faire des photos de Samaipata et pour ça, aucune excuse, juste un oubli… Tout est dans nos têtes.

Le trajet n’est pas des plus confortable. On repasse par des chemins cabossés, balloté dans tous les sens, le bus rempli de boliviens partout, les enfants qui dorment parterre dans le couloir, pas que des enfants d’ailleurs. Au fond, à côté de nous, des mamas boliviennes avec leurs bébés. On est serré, l’une d’entre elles s’endort sur l’épaule de Kévin ! La nuit tombe emmenant avec elle le froid, les secousses qui ne s’arrêtent pas…  Bref, difficile de dormir. Les bébés pleurent de temps en temps. Mais franchement, je suis impressionnée. Les bébés en Bolivie sont extrêmement calmes. Ils passent des demies-journées dans les bus sans ronchonner, sans manger et sans être changés ! En même temps, s’ils ne mangent pas, je suppose qu’ils ne font pas caca O_o.

On arrive à 2h du matin comme prévu, à Cochabamba, fatigué. On met un moment avant de réaliser qu’on est bien arrivé car personne ne descend du bus. En fait, la plupart des gens comptent finir leur nuit dans le bus. Ce n’est pas notre cas, un taxi nous trouve un hôtel ouvert et pas cher : 6€ la nuit pour nous deux. Faut pas s’attendre à du grand luxe, on ne prendra pas de douche mais on a un lit pour dormir avant de repartir le lendemain direction La Paz.

La mauvaise foi des Boliviens pour atteindre Samaipata

Les 24 prochaines heures vont être remplies d’aventures, mais le genre que vous ne voulez pas vivre.

On est donc toujours à Sucre, le mardi 15 juillet, milieu d’après-midi. Un tour chez le coupe-tiff, et on demande à l’auberge de nous prendre un taxi. Il est censé arriver à 16h15. 16h25 personne, tchao l’auberge, on va se démerder ! On charge les sacs et fonce à 2 pâtés de maisons prendre un petit bus de ville.
Arrivé au terminal, les billets en poche, le gars nous dit que dans 2 minutes il nous emmène jusqu’au bus, soudain, plus de gars. Le mec est parti en trombe sans nous prévenir. Course dans le terminal pour trouver le bus, un gars ne veut pas me laisser passer sur le quai car on n’a pas payé la taxe du terminal. La file est hyper rapide -heureusement- je file un bonbon à la SDF sans dent devant le guichet, et après avoir couru sur la moitié du quai je trouve enfin ce bus. Au moment de charger nos bagages, on dit bien au chauffeur qu’on descend à Samaipata.
“Ok, alors vos bagages ici”, cool, une place spéciale, avec le mode poussière visiblement.
Samaipata est un arrêt 3h avant le terminus : Santa Cruz de la Sierra. Le vendeur du guichet de la compagnie de bus le dit également au chauffeur. Les 2 chauffeurs sont au courant. Et y’a intérêt car l’arrêt se fera entre 2 et 5h du matin, et les gars de l’auberge nous avaient prévenus que parfois les chauffeurs oubliaient de s’arrêter ! À 17h le bus décolle, pile poil à l’heure.

Les paysages sont beaux, la lune orangée est énorme, magique, les étoiles éparpillées dans le ciel sont magnifiques, le trajet de bus se déroule plus ou moins tranquillement car la Bolivie, ça tourne ! Toutes les routes sont à flancs de montagne, les lignes droites n’existent pas. Au bout de 2 heures de bus, ce sont les routes bitumées qui n’existent plus, que de la terre, un brouhaha d’enfer, le pied pour se reposer. À l’arrêt “bouffe” -qui nous est inutile car on avait prévu des sandwichs, marre de se faire avoir sur le “si si, on s’arrêtera” et puis finalement non, bref, à l’arrêt bouffe, Manon demande à l’un des chauffeurs si il sait vers quelle heure on arrivera à Samaipata :
– “Non, je peux pas dire”
– “Non ? mais genre aucune approximation ?”
Bref, visiblement on le fait chier puisqu’on a l’impression de parler à un mur qui détourne le regard. Hallucinant. Le bus repart. On tente de dormir, se reposer jusqu’à minuit, 1h du mat’, pour ensuite être vigilant. Arrive alors des arrêts, le gars allume les lumières et annonce l’arrêt. Ça va le faire ! Par moment des gens descendent. Par moment on fait des pauses, notamment une “toilette”, dans un champ, tout le monde cul nu. Normal ici. Encore plus normal de voir les gens qui partent avec leur rouleau PQ dans les champs pendant 10 min et revenir les mains vides. On comprendra que l’écologie c’est pas leur truc ici. A l’arrêt bouffe les gens achetaient des gâteaux, et jetaient les papiers sur la route. C’est normal en Bolivie. Pauvre nature. Ça me fait également penser lorsqu’on a quitté Sucre aux nombreuses collines desquelles il y a visiblement très régulièrement des lâchers de contenu de bennes à ordures. Malheureux.

1h, 2h, 3h, 5h, 5h30. toujours pas d’arrêt. Dehors je crois voir un nom de ville “Mairana” ou un truc du genre. Je vais voir le chauffeur, il ne m’entend pas derrière sa vitre. Manon y va et arrive à se faire entendre. Je la vois parler un peu et rentrer subitement dans la cabine, putain ça pue : je fonce la rejoindre. Les gars disent que le bled est passé depuis 2h.

Je vous laisse imaginer l’état dans lequel on se met dans ce genre de situation. On s’énerve, vraiment. Et les mots en espagnol sortent très bien cette fois :
– “On avait réservé un hôtel, c’est vous qui allez le payer ? Faites demi tour !”
– “C’est trop loin”, lance l’un des chauffeur avec un air négligeant, genre tête à clac, que vous avez vraiment envie de faire claquer sur le volant.
Il enchaine :
– “Une fille est descendue à Samaipata en plus”
– “Ah ouais et pourquoi vous avez pas fait d’annonce et allumé les lumières comme pour les autres arrêts hein ?” lui rétorquais-je. Bien entendu je vous fais grâce des noms d’oiseaux français qui se sont envolés dans tous ces échanges.
Ils font ensuite mine de ne pas comprendre ce qu’on dit, de nous ignorer. Mais c’est ne pas nous connaître. On décide de rester planté dans la cabine pour leur mettre une certaine pression psychologique, malgré les sollicitations de l’un des chauffeurs pour qu’on aille se rasseoir. En même temps des sollicitations où le gars continue de regarder soit ses pieds soit la route… Hein, vous savez ce qu’on en pense. Les gars font donc mine de nous ignorer. Le soleil se lève.
“Et c’est vous qui allez payer l’hôtel à Santa Cruz ?”
– “J’ai pas de sous” mime l’un deux, le plus gros, le seul des 2 qui ose nous répondre, en regardant la route toujours, faut pas déconner non plus.
Manon demande combien de temps avant d’arriver à Santa Cruz. 2h. QUOI ? Ça fait 1h qu’on est planté à côté d’eux ! La ville était à 3h de Santa Cruz. C’est quoi ce bordel ! Ils font encore mine de ne pas comprendre.

Ceci est un bolivien de mauvaise foi au regard fuyant.

Ceci est un bolivien de mauvaise foi au regard fuyant. Ce type d’énergumène semble être capable de se reproduire malheureusement.

Je sais pas ce que vous en pensez, mais à ce stade de l’aventure, ça pue quand même pas mal cette journée non ? Alors soyez rassuré, c’est presque fini…. Enfin, j’aimerais pouvoir dire ça, mais pas du tout.

Vers 8h30 le bus arrive à Santa Cruz. Entre temps le bus à fait des arrêts, et ils ont bien ANNONCÉ à tous les passagers les arrêts. Le bus accroche une voiture dans un rond point. LoL.
Ça fait perdre 10 minutes, et nous permet d’exprimer avec plusieurs passagers notre soucis, ils sont sur le cul. Arrivé au terminal on descend pour récupérer nos bagages… On ne les trouve pas ! Puis je les discerne, cachés et isolés des autres, et surtout DEGUELASSES !
On suit les 2 chauffeurs, on remonte dans le bus en disant qu’on veut être remboursé car on n’a jamais voulu être là, c’est pas notre destination, et c’est leur faute. Ce dernier point sera mon fil directeur à partir de maintenant.
Le gros évite la question et me demande de me pousser car à cause de mon gros sac il ne voit pas le rétro droit. Et ben tant mieux. Je suis collé ! Il semble abandonner, descend du bus et laisse son autre pote prendre le volant. On lui redit la même chose. Mais voyant qu’il commence à limite sortir du terminal, j’envisage les choses autrement : qui et où peut-on se faire rembourser, le bureau de ta compagnie est là bas ? Ok, et ton nom ? Carlos, ok. On descend et rejoint le terminal en direction du bureau de l’agence. En plein milieu de la rue que voit-on, le gros qui revient. BLOCAGE !

Je lui lance “Allez viens, tu vas assumer tes erreurs et on va aller ensemble au bureau de ta boîte pour se faire rembourser. Tu t’appelles comment ?”
– “José”, semble t-il bafouiller
– “Et ton pote ?”
– “Jésus”
– “Oui bien sûr, c’est marrant il a pas dit pareil.”
Il commence à vouloir continuer d’avancer, prétextant qu’il doit y aller, qu’on l’attend, Manon lui prend le bras. Il se débat et continue, je me mets sur son trajet et le bloque délicatement, tout se fait en douceur pour le retenir. On est au beau milieu du parking du terminal, et notre manège ne passe pas inaperçu, 2 hommes approchent. L’un fait parti d’une sorte de “atención de los turístos”, et en comprenant la situation il dit clairement au gros : “Ce sont des touristes, il faut en prendre soin, vous agissez mal”. L’autre est un policier. On leur explique la situation, le gros s’empresse de se défendre : “ils dormaient quand on a signalé l’arrêt”. Ben voyons mon con ! Bref, au final, sous la pression de tout ce monde, le gros lâchera 70 bolivianos, somme apparemment nécessaire pour que l’on retourne à Samaipata.
Le gars de la défense des touristes nous conduira à un taxi qu’il paiera pour nous emmener à un endroit pour prendre un bus rapidement. Oui, “rapidement” car sinon les prochains bus pour Samaipata sont à 17h. On n’est pas mécontent de quitter le gros, quoiqu’on aurait bien voulu exposer ses torts devant son boss.

Ouf, à ce stade on a tout de même la présence d’esprit de se rendre compte qu’on est tombé sur 2 boliviens sympas. C’est pas de trop !

Le taxi nous trouve au second essai une sorte d’agence dont la navette part dès qu’elle est complète. On attendra seulement 45 minutes, le temps de se rafraîchir, et on décolle vers 11h pour Samaipata dans le combi. Tout cela nous coûtera 70 bolivianos, pile poil, et encore heureux.

2h plus tard, on arrive, le taxi collectif nous dépose, ouf, nous voilà enfin où on aurait dû être cette nuit ! Hey mais attends, Manon, mon blouson ! Putain il est resté dans le coffre du taxi. Et oui, faute de la fatigue, manque d’attention, le gars gentiment nous a déposé nos sacs, et j’ai complètement zappé que mon blouson était dans son coffre.

En 1 minute de temps c’est la panique, mais un taxi passe et on lui lance le fameux “il faut suivre cette voiture” ouais, sauf qu’on la voit déjà plus ! Bref, 20 minutes pour atteindre la ville suivante, qui s’appelle, tadaaaaaaaaaa : Mairana (ça vous rappelle quelque chose non ?). Le gars conduit bien et vite, en arrivant sur la ville, on voit la voiture de devant tourner à gauche, c’est notre ancien taxi. Shlac, il se gare à côté. Je récupère mon blouson, ouf. La journée est sympa non ? Ah j’ai oublié de préciser quelque chose de capital. Depuis ce matin, 8h on crève de chaud. Les -15°C des Geysers del Tatio, ou les 2°C d’Uyuni sont loin, là on est en T-shirt : 25°C au soleil, minimum.

Si vous avez bien suivi, vous avez remarqué que la ville que j’avais aperçue avant qu’on aille demander au chauffeur était Mairena. Et bien il venait probablement de la passer depuis à peine 30 minutes, donc on venait tout juste de dépasser Samaipata, cela ne faisait pas 2h comme il l’avait dit ! Cette mauvaise foi transpirante et leurs airs fuyants nous ont vraiment dégoûtés des boliviens, bien que certains tentent de rattraper le coup. On sait qu’il ne faut pas faire de quelques cas une généralité, mais on accumule une quantité assez impressionnante de galères depuis notre arrivée dans ce pays. Au final on aura fait le trajet Sucre – Samaipata en 17h et beaucoup de stress au lieu de 10h. Next.

La blancheur de Sucre garde nos billets

Le vendredi 11 juillet 2014 le bus nous dépose -en avance, si si- au terminal de la ville de Sucre. C’est important de préciser “la ville de” Sucre, sinon vous n’allez rien comprendre à ce que j’écris. Bref, on avait pas mal entendu parler de cette belle ville, pourtant malgré avoir traversé la ville pour atteindre le terminal, ça paraissait relativement moche, mais ne nous arrêtons pas sur la première impression, on a déjà été étonné !

On trouve rapidement un taxi qui, pour 1€, nous dépose à l’auberge conseillée par la précédente auberge -on aime bien se faire conseiller, ça porte ses fruits pour le moment-.
– “y’a le chauffage ?”
– ” non, mais vous aurez pas froid”

Arf, on s’est fait enfler ! On se barre ? Allez testons ! Et effectivement, dans le Sucre il ne fait pas si froid, avec une couverture ! L’auberge est remplie de français. Jusqu’à présent dans chaque endroit où on dort on en croise, un envahissement ! Ah mais c’est les grandes vacances c’est vrai… Ça doit pas aider !

Bon et sinon, y’a quoi à faire ici ? On passe notre samedi à visiter la ville, grande nouvelle, le Sucre, c’est blanc.
– “Ouais Kévin mais en fait le sucre à la base c’est roux et il faut le purif…”
– “BLA BLA BLA !”
La ville a de beaux monuments de l’époque coloniale qui sont très blancs. Vu la fumée noire dégagée par les bus de ville à chaque démarrage, on comprend pas trop comment ils peuvent rester aussi blanc d’ailleurs. À sucre on ne trouvera pas d’office du tourisme, entre ceux indiqués qui sont fermés, et ceux qui n’existent simplement plus, heureusement l’auberge sera de bon conseil. On repère une petite expédition pour notamment voir les plus grandes traces de dinosaures de la planète. Ça paraît cool, mais le dimanche ils ne la font pas car l’excursion inclue un passage vers une cascade, or le week end, je cite “c’est dangereux car les gens qui y vont boivent” et visiblement pas l’eau de la cascade. Bref, on est censé repartir le dimanche, donc on abandonne l’idée.

Ma blancheur histoire de me camoufler. Le sac rouge me perdra...

Ma blancheur histoire de me camoufler. Le sac rouge me perdra…

On se dirige vers un distributeur de billets, ceux de la banque nationale de la Bolivie. Vous vous dites que si je donne autant de détails c’est que ça sent pas bon. Et en effet. On entend les billets s’agiter. Un gamin rentre avec une glace dans la cabine *coup de pied au cul*.
“Vous pouvez retirer votre carte et prendre les billets et le reçu”. Je prends la carte.
Euh Manon, tu vois les billets ? Ils sont transparents ? Et le reçu ?
“Merci de votre visite.”

PUTAIIIIIIIIIIIIIIIN !

On sort, le gars juste après nous subit le même problème, mais a un reçu qui confirme que son compte à bien été débité malgré l’absence de billets. Le gars appelle le numéro d’urgence sur la cabine, ces derniers lui disent d’aller en agence lundi pour régler ça.

Ouais mais nous on voulait partir demain (dimanche) ! Or on ne peut plus retirer en banque, on a testé et on a atteint notre limite hebdomadaire et quotidienne. PUT@!N !

La soirée on fera des pieds est des mains pour avoir plus d’infos mais on devra se résoudre à patienter jusqu’à lundi !

Le dimanche on glande. Enfin, j’exagère, on décharge nos appareils de photos et vidéos, et vu la connexion ici, c’est long. En parallèle, on assistera à la finale de foot, et oui, nous c’était l’après midi 😉 Étonnant pour des non footeux comme nous : on aura vu par pure coïncidence le premier et dernier match de ces comédiens.

Lundi, au taquet, on attaque la banque. On est des acharnés croyez moi. Nous occuperons l’hôtesse d’accueil pendant plus de 30 minutes. Elle veut des preuves du débit, et quand bien même nous explique qu’il faut aller voir ATC, ceux qui gère les automates, et que notre banque parle avec eux. MAIS PUTAIN C’EST VOTRE AUTOMATE À VOUS QUI GARDE NOTRE TUNE EN OTAGE ! Bref, elle veut des preuves, on repart, le temps de choper un wifi, charger le relevé de compte, et hop, on repart à l’attaque. “Et ça, ça le fait ? Numéro de transaction, numéro de carte de crédit, montant en bolivianos et en euros de l’argent tant désiré”. Bon, dépassée, elle va voir sa supérieure, celle-ci nous explique un peu la même chose, mais nous dit qu’un tel problème se passe régulièrement ( LOL ?) et qu’il se règle en environ 30 jours… minimum (RE-LOL ?). Manon tente la carte du “On est bloqué ici, on a plus de tune, on doit payer l’hôtel qui n’accepte pas les CB etc..”. De mon côté je suis plus insistant sur le “Vous reconnaissez que c’est un problème régulier, on a les preuves du compte débité, vous savez que l’automate, ou plutôt la BOLIVIE à un soucis, et vous pouvez pas nous aider là maintenant ?”. Entre temps, le gars ayant eu le même soucis juste après nous au distributeur passe, et pour lui forcément, bolivien et de cette banque, ça se règle en 2 temps 3 mouvements.

Bref, on retire au guichet les derniers bolivianos que l’on peut tirer, puis on fonce juste en face au fameux ATC, ceux qui gèrent les distributeurs.
5 minutes pour trouver cette enseigne, dissimulée dans une ruelle. C’est vicieux. On frappe, ça répond pas. Je m’impatiente et frappe encore et encore. J’entends quelqu’un derrière la porte. Ça m’énerve, mais c’est peut être la pause déjeuner vu qu’il est 13h50, ils peuvent pas le dire ? Bon, on va faire preuve de patience et aller manger également. On revient à 14h45, frappe, porte fermée, mais j’entends toujours quelqu’un derrière. Je peux vous dire qu’à ce moment on a sérieusement envie de défoncer la porte. “HOLAAAAA, POR FAVOR !” Non ? Tu m’entends pas ?  Dix secondes pour se ressourcer, et je bombarde la porte, BOM BOM BOM BOM BOM BOM BOM BOM. Clic. ENFIN !
La femme nous annonce qu’elle n’ouvre qu’à 15h et que [blablabla] et demande quel est notre problème. Elle nous fait entrer car nous voit bien assez insistants et paniqués, bien que paradoxalement la voix posée et calme. N’allez pas vous imaginer que durant nos insistances ont était énervé, on est toujours resté très courtois et calme, il paraît que c’est mieux pour être écouté, et de toute façon si on s’énerve on n’arrive plus à parler espagnol !

Si seulement trop de câbles pouvait tuer les câbles...

Si seulement trop de câbles pouvait tuer les câbles…

Bref, la femme prend notre CB, appelle un de ses collègues qui lui confirme que point d’argent ne fut délivré, et que tous les retraits ont été rejetés. Mais alors pourquoi notre compte fut débité ? La femme nous explique que c’est dû aux problèmes de connexions en Bolivie (suffit de voir la lenteur d’Internet pour comprendre). Inimaginable qu’une telle erreur puisse se produire. Au pire dans l’autre sens : on a de l’argent mais le compte n’est pas débité ! On peut rêver non ?

On ressort à moitié soulagé, j’envoie un message à notre banque pour régler ça au plus vite (on y croit en tout cas). Le problème majeur ici, c’est que ce retrait tape dans notre limite hebdomadaire sans qu’on ait pu avoir l’argent. Et ça, ça va nous suivre pour la suite de la Bolivie.

Il est 15h et on a remarqué entre temps que le site archéologique Carl Orcko -les empruntes de dinosaures- était à 5km du centre. Inutile de prendre une excursion pour ça, on prend un bus de ville et on s’y rend. Au début ça nous impressionne un peu, on commence à être émerveillé, et puis en fait c’est déjà la fin. Le parc est très petit, ce qui engendre une grosse déception, et les empruntes sont lointaines, sur un mur vertical situé à 150m. Donc obligé de regarder avec des jumelles, et encore, on ne se rend plus compte de la véritable taille ! Bref, moi qui suis un peu fanatique de ce genre de parc et lieu, je suis déçu. Manon qui n’était pas très chaude pour y aller s’attendait à un truc moyen, mais sans plus : elle est encore plus déçue ! Au moins on n’aura pas de regret, on l’a vu de nos yeux.

Il faut savoir qu’il y a dans la ville de Sucre énormément de SDF qui mendient. Ceci pourrait être triste, et ça l’est en réalité, mais la première fois qu’on a croisé une femme assise on a explosé de rire, intérieurement. Pourquoi ? Parce qu’elle ne nous a pas interpellés genre “une petite pièce svp” mais plutôt “aaaaaaaeuuuuuuuuaaaaaaaa”. Véridique. Ici, ils se font passer pour des gros bébés. Après, ils parlaient peut être une langue obscure (le bébé ?) d’où notre incompréhension. Tous les SDF -ou presque- qu’on croisera ici feront de même.
Ça nous fait sur le fond toujours de la peine de voir des SDF, alors le dernier jour ici, j’ai l’idée de leur donner des bonbons. J’en mets dans la poche, et à chaque fois que je croise un SDF qui quémande, hop, un bonbon. Jusqu’au moment où j’aperçois une femme qui n’a pas de dents. Euh… Bon… Ça ferait vraiment gros con de lui filer un bonbon -type RÉGALAD- à mâcher, non ? Dorénavant je vérifierai si ils en ont !

La devise bolivienne, digne des 3 mousquetaires

La devise bolivienne, digne des 3 mousquetaires

Revenons sur ce dernier jour à Sucre. Nous sommes le mardi 15 juillet 2014 et nous allons commencer cette journée avec un événement de plus en plus récurrent ici, les gens qui font semblant de ne pas nous comprendre.
Au petit déjeuner, la serveuse apporte des crêpes avec du Dulce de Leche dessus, sauf qu’elles sont à base de banane, ce que Manon n’aime pas. Elle demande donc à en avoir sans banane.
– “Pas de soucis, si vous voulez je vous en apporte avec des pommes”
– “Parfait merci !”, s’enthousiasme mon amoureuse.
Elle revient 5 minutes plus tard avec une crêpe à la banane sans Dulce de Leche. Manon lâche prise. La femme avait très bien compris que le problème c’était la banane. Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, où ce n’est clairement pas une faute d’attention, et pas une incompréhension, je vous l’assure.

La suite de la matinée on va voir notre opérateur local, car la sim qu’on a acheté ne fonctionne toujours pas. L’opératrice pense d’abord que c’est la faute au téléphone qui n’est pas enregistré sur leur réseau, elle le fait donc, ça ne change rien. Après 30 minutes on a le verdict : notre téléphone ne supporte pas la carte 4G. C’est balo dit donc. Du coup elle nous en donne une 2G, mais nous dit qu’il faut revenir en fin d’après midi pour l’activer. Pas possible poulette, on part vers 17h de la ville !
– “D’accord, alors je vais vous l’activer dès que possible mais j’ai besoin de vous contacter ensuite pour vérifier qu’elle est bien active, et que votre crédit et numéro est bien transféré sur cette puce, à quelle numéro je peux vous joindre ?”
– “Ben si vous transférez tout sur la nouvelle puce, quand vous allez appeler ça va fonctionner non ?”
– “Ah oui, que je suis sotte”

Bref, j’écris ces lignes 48h plus tard et rien ne fonctionne. Jamais vu un tel bordel pour avoir un téléphone. M’enfin bon dans 2 semaines on ne sera plus en Bolivie, ne nous cassons pas -plus- la tête !

La suite va être une course à la montre, et ça arrive très vite ! 😉

Potosi, un long repos nécessaire

Le bus nous dépose à Potosi sans avoir fait de pause. A Uyuni, la dame qui nous a réservé le bus et notre chauffeur de 4×4 nous avaient dit qu’il y avait une pause pour manger. La femme au terminal de bus nous l’a confirmé. Et bien les boliviens sont des petits menteurs. Heureusement les déceptions s’arrêteront là pour aujourd’hui. Un taxi nous dépose à notre hôtel. La chambre est confortable, chauffée, la salle de bain est privée avec de l’eau chaude : enfin un endroit où l’on va pouvoir se refaire une santé. Un chaton s’est faufilé entre les jambes de la réceptionniste et s’est caché discrètement dans la chambre, notre petit rayon de soleil de la journée.

Le lendemain, le lundi 7 juillet, on se réveille avec un énorme mal de tête. La faute au chauffage au gaz dans la chambre ? Ou à l’altitude ? On est à 4 070 mètres. Kévin se sent très faible, il n’a toujours pas d’appétit et pour corcer un peu plus la situation, on a le mal de l’altitude. Même au repos, mon cœur s’emballe comme si je venais de faire un marathon. Alors dès que je bouge, même pour me baisser ramasser quelque chose, j’ai la tête qui tourne et dois reprendre mon souffle. Niveau confort, l’hôtel est parfait. Seul inconvénient : on est au deuxième étage, beaucoup de marches d’escalier pour arriver à la chambre. Je vous laisse imaginer la difficulté. Chaque aller-retour en bas est calculé.

potosi mia

Notre bébé

On ne descend que pour aller se faire à manger. L’hôtel est rempli de français. On passe nos journées à se reposer et caresser les chatons. “Les” parce qu’on en a découvert un deuxième. Les deux chipies squattent souvent notre chambre pour notre plus grand plaisir. Rien de tel que l’amour des chats pour se sentir déjà mieux. Au bout de deux jours, Kévin retrouve l’appétit. On décide de sortir pour aller manger en ville. C’est parti, en pas de tortue pour éviter de s’essoufler.

On trouve notre bonheur, un petit restau qui fait également cybercafé. Bon, les ordinateurs sont deux étages plus haut, le dernier effort avant de s’écrouler à une table. Je tourne le dos aux toilettes. Une fille en sort. J’aurais pu ne pas la remarquer mais j’ai la tête tournée vers elle à ce moment là, juste à temps pour la voir passer rapidement de profil et là… “Laëtitia” ! Elle se retourne, c’est bien elle ! Une copine de la fac qui ouvre de grands yeux en me voyant. Quelle était la probabilité pour qu’on se croise ce jour là, à Potosi, dans un petit restau à 14h ? On passe des fois une journée entière sans croiser personne alors qu’on connaît plein de gens et parfois il suffit d’une seule personne et d’une bonne dose de chance.

On retourne à l’hôtel, avec l’impression d’avoir marché toute la journée.
Après une bonne nuit de sommeil, le mal de l’altitude s’est enfin calmé. On ne se sent pas de courir non plus mais on peut marcher normalement. C’est donc le 4ème jour (et le dernier) qu’on visite un peu Potosi. Pas trop non plus mais il n’y a en fait pas beaucoup de chose à voir, c’est surtout une ville étape avant Sucre. Dans un petit marché, je trouve des boucles d’oreilles discrètes, la même paire que j’ai mais que je ne mets plus depuis que j’ai perdu le fermoir de l’une. Ça m’est égal d’avoir des bijoux mais je veux éviter que mes trous se bouchent. 1€ la paire en argent. Le gars me les désinfecte et m’arrache l’oreille en essayant de me les mettre. Moi qui voulais éviter de me les refaire percer, je viens pourtant de le revivre. Plus loin, on achète une montre pour remplacer celle qu’on avait et qui nous a lâché, 5€. Un repas au restau coûte 4,5€, une nuit dans un bon hôtel 7€, 15 minutes de taxi 1€, les bus collectifs 0,15€… Bref, la Bolivie est le pays le moins cher de notre voyage.

potosi feteDe la musique attire notre attention. C’est le jour d’une fête. On a droit à un très joli défilé. Une bonne fin après ces 4 jours ici.
Le lendemain, on quitte l’hôtel vers 14h. Le réceptionniste a oublié de nous appeler un taxi. Pas grave, on en trouve un rapidement dans la rue, direction le terminal de bus.

À peine le temps de descendre de voiture qu’une jeune fille nous aborde pour nous vendre des tickets de bus pour aller à Sucre, notre destination. Elle me demande nos noms. Je trouve ça louche, acheter des tickets dans la rue et pas dans le terminal de bus, au guichet. Kévin me sort de mes réflexions, “ben alors, dis-lui nos noms”. Pas le temps d’exprimer mes craintes dans le feu de l’action, je commence à donner un nom et là, une dame intervient “ne l’écoutez pas, elle ment, y’a pas de bus, venez dans le terminal pour en acheter des vrais”. La jeune fille insiste “amigos, achetez mes tickets” ; et la dame “elle ment, venez avec moi”. On regarde la scène quelques secondes, les deux qui tentent de nous convaincre, l’ange et le démon. Kévin ne sait qui écouter mais moi je n’ai aucun doute. Je remercie la dame et la suis, ignorant la jeune fille qui insiste derrière nous. On achète nos tickets à un guichet, voilà un procédé qui me convient.

Le bus part à 14h30 et il est… 14h30 ! La dame appelle avec son portable le chauffeur pour lui dire de nous attendre. On court avec nos gros sacs, on decend des escaliers, on cherche la sortie. On sort, une vieille dame nous suit et veut nous faire payer une taxe pour l’accès au terminal de bus. “Non mais nous on cherche notre bus et on ne le voit pas.” On ignore la vieille bolivienne, on retourne à l’intérieur, tente une autre sortie, une autre veille nous tient le même discours. On ne paye pas tant qu’on n’a pas trouvé notre bus et en plus elle ne nous aide pas. Un homme nous informe que notre bus est parti mais qu’il attend à la sortie du terminal. On retourne à l’intérieur, on monte les escaliers, on court jusqu’au bus. Le mal de l’altitude a diminué mais il ne faut pas exagérer. Kévin est énervé et moi je suis morte ! Après ce sprint, on est dans le bus et sans avoir payé leur taxe d’accès au terminal.

C’est parti pour 4h de bus sensation 4×4 en Jamaïque vu l’état des routes et les dos d’ânes. On redescend en altitude. Sucre est à 2 700 mètres, on va pouvoir respirer !

Découverte d’Uyuni, son salar et la tourista

Le 4 juillet on se réveille en Bolivie, à Uyuni, dans une chambre glacée. Bon, on se motive pour aller prendre une douche. On arrive à avoir de l’eau chaude mais l’air ambiant est froid. Dehors le vent est froid mais heureusement il y a du soleil. Il est 13h et on a bien faim, il est donc tant de sortir de l’hôtel à la recherche d’un restaurant. On n’est pas encore dans la rue qu’on voit une foule de manifestants boliviens. Apparemment ils sont contre la construction d’un nouveau terminal de bus. On n’est pas sûr d’avoir tout compris mais il semblerait qu’ils n’aiment pas recevoir des milliers de touristes. Uyuni est une ville très calme avec de grands espaces pour circuler. Est-ce en rapport avec la manifestation que tout est fermé ? Peut être ! Au bout d’un long moment, on finit par trouver un restaurant ouvert, juste à tant pour voir sur l’écran de télévision que la France a perdu contre l’Allemagne. On s’en fout bien sûr mais bon, mieux vaut ne pas crier qu’on est français à ce moment là. Les deux serveuses du restaurant sont deux jeunes filles peu souriantes et pas du tout serviables. C’est un comble pour des serveuses ! On a l’impression que c’est un restaurant familial et qu’elles ne sont pas très enthousiastes pour occuper ce poste. Enfin bon, on a attendu nos plats pendant un long moment mais on a bien mangé, c’est le principal.

Dans chaque pays, on achète une carte SIM pour pouvoir passer des appels locaux (au cas où on ait un couchsurfing, ce qui n’est pas certain du tout en Bolivie pour le moment). On trouve un magasin qui en vend, tenu par une jeune fille qui ne sait pas sourire non plus et qui parle tout doucement. Elle nous vend une carte mais ne sait pas comment l’activer. On ne capte même pas un réseau, notre achat ne sert pour le moment à rien. Dans un autre centre téléphonique, une dame un peu plus compétente nous l’active, une bonne chose de faite. On rencontre une française d’origine hongroise (d’où son accent) qui voyage seule pendant trois semaines seulement car elle a laissé ses deux enfants en France avec leur papa et se culpabilise de ne pas être présente pour les grandes vacances. Pas mal de gens parlent français dans la rue (des français, des quebecquois, des suisses).

Le soir, on décide d’aller manger au restau le plus près. Personne ne vient nous accueillir, ha si, un adolescent se lève du fond de la salle. On lui dit bonjour avec un grand sourire mais il fait clairement la gueule. Il ne nous décrochera pas un sourire de la soirée et restera devant la télé, un ado quoi !
On ne veut pas juger trop vite mais pour le moment les boliviens sont froids et peu souriants…

uyuni 4x4On passe la nuit dans notre frigo avant notre excursion du lendemain. D’ailleurs venons-y. On part en excursion deux jours en 4×4. Après avoir attendu une bonne demie heure, on voit notre chauffeur, qui tire la gueule. Décidément c’est la mode ici. Kévin lui lance un premier “holà”-pas de réponse- puis un deuxième “HOLÀ” bien insistant, au cas où il n’ait pas entendu… cette fois un faible “holà” sort de sa bouche, toujours pas de sourire mais on fera avec. On voyage avec deux autres couples et un coréen (ce dernier ne parlant pas espagnol, seulement anglais, aura du mal à comprendre ce que notre chauffeur nous explique. Les excursions étaient annoncées dans les deux langues mais notre chauffeur ne parle pas anglais). En descendant du 4×4 au premier arrêt, notre chauffeur nous demande si on parle espagnol, ce à quoi on lui répond que oui et qu’on préfère l’espagnol à l’anglais. Suite à cette réponse, devinez quoi, il nous a souris ! Je me doutais bien que quand il saurait qu’on parle espagnol, le courant passerait mieux.

uyuni trainRevenons à l’excursion. Première journée qu’a t’on vu : des vieux trains d’origines anglaise et française et le fameux salar d’Uyuni qui s’étend sur 10 582 km carré, le plus grand qui existe. Pour ceux qui veulent plus de détails sur sa formation, lisez le paragraphe en italique : l’altiplano bolivien comptait deux grands lacs: le lac Ballivian au nord (emplacement de l’actuel lac Titicaca) et le lac Minchin au sud. Il y a environ 15 000 ans, les eaux du lac Minchin se sont évaporées lentement laissant une succession de dépôts de sédiments lacustres et minéraux drainés depuis les montagnes environnantes. Le Salars d’Uyuni s’est ainsi formé au cours des millénaires avec des couches calcaires en profondeur recouvertes d’une croûte de gypse et halite (sel) en surface. Cette étendue de sel est située à 3 658 m d’altitude.

On en avait vu des photos qui nous avaient fait rêver, peut être un peu trop rêver… Une grande partie du salar n’est pas aussi blanc que ce que l’on s’était imaginé, la faute au vent qui a déposé du sable il y a moins d’un mois. Le salar redeviendra bien blanc après les pluies en août. Il y a beaucoup de touristes, on est loin de se sentir seul au monde en communion avec la nature comme à Ushuaia. On s’arrête plusieurs fois dans le salar et bon, quand même, il y a de grandes étendues blanches de sel comme on l’espérait. Il y a un hôtel au milieu du salar où le chauffeur nous arrête pour nous servir un repas équilibré (légumes, viande, féculents, fruits). Nous repartons à bord du 4×4 dans ce désert de sel. Prochain arrêt : les yeux du salar. Ce sont en fait des trous dans lesquels de l’eau bout, en tout cas c’est l’impression qu’on a en voyant les bulles qui en ressortent mais l’eau est gelée. En quelques mots, c’est moche. L’aspect est répugnant faisant penser à des égouts. Le décors autour accentue cette image de déchèterie avec un vieux pneu. Bref, on n’est pas conquis !
Plus loin, le salar apparaît comme une banquise craquelée de dalles hexagonales. Voilà un endroit qui vaut le coup d’œil ! C’est magnifique.

uyuni salar

A 15h30, notre chauffeur nous dépose à l’hôtel où l’on va passer la nuit, au pied du volcan Tunupa. En fait il nous dépose avec le coréen mais repart avec les autres qui ne font l’excursion que sur une journée. Il n’y avait pas assez de monde faisant la même chose que nous ce jour là, on devra donc s’incruster avec d’autres personnes le lendemain pour faire le retour. Mais on en n’est pas là, et même loin de là !

L’hôtel se trouve dans un hameau au milieu du salar où vivent une vingtaine de personnes. On se balade aux alentours pour voir les ruines d’un village en pierre, un lit d’eau abritant des flamants roses, des lamas et le coucher du soleil. On retourne à l’hôtel frigorifié. Bien sûr l’hôtel n’est pas chauffé et les toilettes sont dehors. On nous sert un repas à 18h30. On mange à la même table que le coréen et on échange quelques mots avec trois personnes de la table à côté de nous. Le froid nous oblige à filer sous les couvertures. La femme à Uyuni qui nous a vendu l’excursion nous avait dit qu’on nous donnerait des bouillottes. Je demande au personnel de l’hôtel. Ils me répondent qu’il n’y en a pas -j’insiste- ils me disent de demander à la gérante. Elle me confirme qu’il n’y a ni chauffage ni bouillottes et me donne des couvertures en plus. À ce moment là, j’en veux à la femme d’Uyuni. Qu’on vive des situations difficiles c’était prévu mais quand on paye pour quelque chose et que finalement ce n’est pas ce qui a été annoncé, on a de quoi s’énerver. (On a payé 50€ chacun.) J’arrive à me calmer mais à peine je commence à me réchauffer dans le lit que Kévin se sent mal. Et là c’est le drame.

Kévin observant les flamants roses avec des jumelles, en pleine forme, sans se douter de ce qui l'attend quelques heures plus tard...

Kévin observant les flamants roses avec des jumelles sans se douter de ce qui l’attend quelques heures plus tard…

Il file aux toilettes et part en diarrhées et vomissements. Je cours demander une serviette pour qu’il se nettoie et du papier toilette. J’aurais beau expliquer la situation, la gérante finira par me donner une serviette parce que j’ai vraiment beaucoup insisté et me VENDRA du PQ, oui VENDRE. Dans la panique de voir Kévin aussi mal, dans un endroit perdu avec des gens peu compatissants, j’aborde des touristes en train de manger. Physiquement ils pourraient être français, je tente le tout pour le tout et leur parle français. Dans notre malheur, on aura un vrai coup de chance : c’est un groupe de suisses dont une médecin ! Elle tente de faire un diagnostic, il est fort possible que ce soit alimentaire. Elle nous remplit une de nos gourdes d’eau chaude et nous donne des médicaments en plus de ceux qu’on a déjà. Des médicaments efficaces et appropriés mais le soucis c’est que Kévin ne s’arrête pas de vomir. Être malade ce n’est jamais un moment de plaisir mais en plus quand on est au milieu d’un désert de sel et enfermé dans des WC à l’extérieur où souffle un vent glacial… Pour ça aussi la femme nous a menti. Elle nous avait dit qu’il ferait plus chaud qu’à Uyuni. Le guide des suisses qui parle espagnol et français demande une bassine pour que Kévin puisse vomir dans la chambre où il fait un peu plus chaud. Il devra insister pour l’avoir. Tout le monde file se coucher, sauf nous. Je n’arriverai pas à me procurer un verre auprès des gens de l’hôtel : “Demandez à la gérante” est leur seule réponse, ils ne seront pas capables d’assumer de prêter un verre ! Lamentable ! Je trouve ça scandaleux qu’ils se foutent de l’état de santé de Kévin et qu’en plus ils ne me donnent même pas des choses simples. Puisque plus personne n’est là, je décide de me servir en PQ et bouteilles d’eau minérale au comptoir.

Je suis très inquiète. Kévin passe son temps au toilette. Je reste avec lui, j’ai froid, je suis fatiguée, je ne sais pas quoi faire. J’ai repéré le numéro pour appeler notre assurance mais de toute évidence on va devoir passer la nuit ici. Kévin me dit qu’il a peur, moi aussi…
Après plusieurs heures, il finit par s’endormir sans avoir vomi les derniers médicaments. Je m’endors à ses côtés peu rassurée et avec la chaire de poule (pas de peur mais de froid).

Au réveil, Kévin est très faible, toujours balonné et sans appétit. Il prend des médicaments en se forçant à manger un peu du petit déjeuner qu’on nous a préparé et retourne au lit. De mon côté, je me balade un peu dans le hameau sous un beau soleil, fait connaissance avec la petite fille qui vit ici et bien sûr, je prends soin de mon Titange malade.
A 13h30, notre 4×4 arrive. Je me précipite vers le chauffeur pour lui expliquer l’état de santé de Kévin. Enfin une personne compréhensive et sympathique. On mange sur place avec le nouveau groupe de la journée. Une polonaise et un couple de péruviens avec leur adolescent, tous très sympathiques. Je comprends tout ce qu’ils me disent et ne réfléchis plus à mes mots pour m’exprimer. Comme quoi on s’est bien amélioré depuis avril sans s’en rendre compte. Kévin participe beaucoup moins à la conversation mais tout le monde sera au petit soin à demander comment il va et à donner des conseils. Il mange quelques bouchées de poulet et de riz et retourne somnoler avant notre départ.

uyuni ile cactusL’après midi, on revoit pas mal de lieux déjà visités la veille, seule nouveauté : l’île des pêcheurs, au milieu du salar. Une île qui n’est plus entourée d’eau puisque tout s’est évaporé. Elle n’est pas du tout remplie de poissons mais de grands et nombreux cactus. Son nom vient de sa forme. Kévin se repose dans le 4×4. Je pars donc seule à la découverte de cette île piquante. Dans cette partie du salar, la couche de sel est plus épaisse, j’ai l’impression de marcher dans la neige.

On retourne à tant à Uyuni pour prendre le bus qu’on nous a réservé et qui nous conduit à Potosi. Bien sûr, on avait réservé sans savoir que Kévin se sentirait mal. On n’est pas à 7€ près mais il préfère faire le trajet. Nous voilà donc partis pour 4h de bus. Un hôtel avec chauffage, salle de bain privée et petit déjeuner copieux nous attend… normalement !

La Bolivie, un début difficile

Jeudi 3 juillet 2014, à Calama, 7h du matin, notre bus est à l’heure direction Uyuni en Bolivie. 8h de route ce n’est pas si long et pourtant quand les ennuies s’accumulent ça passe tout de suite moins vite. Une vieille dame assise à côté de nous dégage une forte odeur qui nous incommode tout le trajet. Au bout de 2h c’est une envie de pisser qui commence à me gêner. Les toilettes du bus ne fonctionnent pas, on n’y a pas accès. Je demande au gars qui nous encadre dans combien de temps on s’arrêtera. Il me répond 1h mais en voyant ma grimace, il demande au chauffeur de s’arreter au bout de 10 minutes. C’est gentil mais on est en plein milieu du désert, pas d’arbres pour se cacher et une dixaine de personnes qui sont descendues pour pisser également. Pour les hommes c’est pratique. Pour les mamies boliviennes également : avec leur grande robe, elles font ça en toute discrétion. J’abandonne la possibilité de me soulager ici, à moins de montrer mes fesses à tout le monde. Je remonte dans le bus et c’est là que commence ma torture. L’envie est trop grande, je suis obligée de rester contracter mais au bout de 30 minutes c’est difficile de me retenir, ça me fait mal au ventre à chaque secousse – oui parce qu’on n’emprunte pas une route mais plutôt un chemin de terre sinueux au milieu du désert. Au bout d’une heure, on arrive à la douane, enfin ! Le bus tourne encore 5 bonnes minutes histoire de bien me faire souffrir puis je descends et me retrouve devant des toilettes fermés. Heureusement, on me laissera l’accès à un WC privé. Je me sens beaucoup mieux contrairement à d’autres filles qui ont l’air de chercher un coin à l’abris des regards.

Un tampon par ci, un tampon par là (sur le passeport hein, j’ai fini de parler de toilette !). Nous voilà en Bolivie, encore 4h de route avant Uyuni, perchée à 3700 mètres. Il fait très chaud dans le bus contrairement à la température extérieure. Le chauffeur nous dépose au début de la ville et non au terminal de bus. Il parachute tous les touristes ici, à nous de nous débrouiller avec nos gros sacs pour rejoindre le centre ville. On se retrouve à marcher avec une japonaise un peu perdue également, d’autant plus qu’elle ne parle pas un mot d’espagnol et que son anglais est très approximatif. Elle a réservé un hôtel et on décide d’aller y jeter un œil, histoire de l’accompagner. Une femme nous aborde juste devant l’hôtel recherché. Elle travaille pour une agence de tourisme, nous propose des excursions et nous offre une nuit à l’hôtel si on s’engage avec elle. Bon, une nuit ici c’est 4€ par personne mais ce qu’elle propose nous intéresse donc on accepte.

On nous a dit -et Internet nous le confirme- qu’en Bolivie on n’aurait pas de problème pour retirer de l’argent, pas comme en Argentine ! Premier distributeur, notre carte est refusée. Le deuxième, au bout de 4 essais, l’écran devient tout bleu, la carte ne ressort pas, grand moment de panique où l’on pense que le distributeur vient de manger notre CB et finalement, au bout de 3 secondes interminables… La carte ressort avec pleins de billets, retrait réussi ! Ouf.

Elle n'a pas le chapeau de paille avec la fleur mais on n'a pas d'autre photo pour le moment.

Elle n’a pas le chapeau de paille avec la fleur mais on n’a pas d’autre photo pour le moment.

On se balade un peu dans la ville plutôt animée. Il y a un très grand marché qui attire une foule de gens. On remarque tout de suite qu’on se fera facilement repérer comme touriste. Les boliviens sont bronzés et petits ; les boliviennes sont petites, aussi hautes que larges, habillées avec de grandes robes jusqu’aux pieds, un chapeau de paille avec une fleur derrière, la peau bronzée et coiffées de deux grandes nattes brunes. De jolies petites poupées.

On décide d’aller manger, on est affamé et le froid nous torture. On commande des spécialités boliviennes, du lama et du quinoa. La serveuse, bien typique, n’est pas très efficace et se trompe un peu dans nos commandes. On n’aura pas de quinoa mais on a tout le temps d’en manger. Je garde mon manteau même à l’intérieur, je suis gelée.

De retour à l’hôtel, on se rend à l’évidence : il nous est impossible de nous laver, il fait trop froid et les douches sont loin de notre chambre, à l’extérieur. L’eau qui sort des robinets est glacée, tellement qu’on se fait mal aux mains en se nettoyant rapidement les aisselles. La chambre n’est pas chauffée, les boliviens ne semblent pas autant accueillants que ce que l’on nous avait dit… Il ne nous reste qu’une chose à faire : dormir en attendant un nouveau jour.