Bilan global du voyage en Amérique centrale et latine (2014)

Ultime article reprenant cette période de notre vie : un bilan, pour les gros points qui nous ont marqués, et ce qu’on a pu placer nulle part ailleurs !

Quelques Chiffres

Budget
Pour 5 mois (hors équipements, avions et pharmacie)

  • prévisionnel : 4200€/personne
  • dépensé : 3900€/personne

-Voir l’article “Budget dépensé en Amérique Latine” pour les détails-

Divers

  • 234h de bus d’Ushuaia à Lima
  • 15 GO de photos et vidéos
  • 4000 photos
  • 5 mois d’aventure en mode routard
Tulum, Mexique

Tulum, Mexique

Points positifs et négatifs par pays

Mexique
– Les plus :

  • les gens souriants, sympathiques et attachants
  • les sites archéologiques
  • le coût de la vie

– Les moins :

  • la chaleur parfois étouffante à certains endroits
  • les moustiques

Jamaïque
– Les plus :

  • la plage de Longbay gratuite, désertique mais surtout magnifique
  • les belles montagnes recouvertes de jungle
  • coût de la nourriture

– Les moins :

  • population pauvre qui nous voit comme des portes monnaie sur pattes
  • excursions hors de prix
  • nourriture très épicées
  • conduite rapide et dangereuse, routes mal entretenues
  • moustiques
Ushuaia, Argentine

Ushuaia, Argentine

Argentine/Chili
– Les plus :

  • les paysages fabuleux
  • la nourriture (Dulce de leche/Manjar, Empanadas)
  • échanger des pesos chiliens en argentins fait gagner de l’argent

– Les moins :

  • manque de chauffage et d’eau chaude quand il fait très froid
  • problèmes pour retirer de l’argent en Argentine (retraits limités à 100€)
  • pourboire de 10% casi obligatoire au Chili
Perito Moreno, Argentine

Glacier Perito Moreno, Argentine

Bolivie
– Les plus :

  • le coût de la vie
  • quelques beaux paysages

– Les moins :

  • la mentalité des boliviens (froids, distants, menteurs)
  • manque de chauffage et d’eau chaude
  • nourriture peu digeste sûrement lié à un manque d’hygiène général
  • haute altitude (=mal des montagnes)
  • routes en très mauvais état sur certaines parties et manque de communication de la part des chauffeurs
  • pas ou peu Internet

Pérou
– Les plus :

  • les paysages fabuleux
  • les gens sympathiques
  • le coût de la vie

– Les moins :

  • attention aux voleurs
  • Huaraz trop bruyant (coups de klaxon perpétuels)
  • excursions chères
Près de Potrerillos, Argentine

Près de Potrerillos, Argentine

Rencontres et couchsurfing
Le Mexique a été le pays ayant la population la plus accueillante et chaleureuse. Avec casiment un mois de couchsurfing, c’était le pays des nombreuses rencontres.
Le Pérou se classe tout de suite après. Moins de couchsurfings mais des gens généralement très sympathiques.
Au Chili et en Argentine, y’a des gens sympas, le couchsurfing est possible mais y’a aussi des gens froids.
Les jamaïcains sont souriants mais il y a toujours un rapport à l’argent qui rend difficile les relations amicales.
Les boliviens sont froids et distants, impossible d’échanger avec eux (en dehors de rares exceptions).

Près de Potrerillos (mais quand même plus loin que l'autre), Argentine

Près de Potrerillos (mais quand même plus loin que l’autre), Argentine

Paysages
On a vu énormément de belles choses mais ce qui nous a le plus émerveillé, dans l’ordre croissant :

  • la Patagonie (Ushuaia, Torres del Paine, el glaciar Moreno) avec ses immenses glaciers et montagnes enneigées se reflétant dans les étendues d’eaux calmes
  • Huaraz (au Pérou) avec ses lagunes bleues turquoises et ses monts enneigés
  • le Machu Picchu (au Pérou), site Inca au milieu de montagnes verdoyantes
  • le désert de l’Atacama (au Chili) avec son sable orangé et ses grands geysers
Geysers del Tatio, Chili

Geysers del Tatio, Chili

Nourriture

  • Respect des végétariens
  • Épicé au Mexique et en Jamaïque
  • Tortillas
  • Empanadas
  • Dulce de leche
  • Milanesas
  • Lamas
  • Cochon d’Inde grillé dans le sud du Pérou (on n’a pas goûté, ça nous dégoutait et attristait visuellement)
  • Bons jus de fruits naturels avec des vrais fruits pleins de pépins et surement sans OGM
  • Poulet à toutes les sauces !

Coutume et habitude commune aux pays
Une seule bise, pas 2, pas 3 (comme en Ardèche du sud 😉 )

Machu Picchu, Pérou

Machu Picchu, Pérou

Nos galères
Le voyage s’est passé sans gros problèmes : pas d’agression, de grave maladie ou de vol (en fait si mais ça compte qu’à moitié vu qu’on a tout récupéré). On a tout de même eu notre lot de petites galères tel que :

  • La journée de Blue Mountain : gravir une montagne sans avoir à manger pendant une journée sous un soleil brûlant et attendre notre chauffeur jusqu’à la nuit
  • Des nuits froides sans chauffage (dormir avec veste, bonnet, chaussettes…)
  • Ne pas avoir d’eau chaude (très nombreuses douches froides ) ou pas d’eau tout court
  • Une nuit blanche et toute la journée dans un terminal de bus en souffrant du froid
  • Le mal de l’altitude
  • Pas manger pendant 24h (pourtant on voulait manger nous !)
  • Pas prendre de douche pendant plusieurs jours
  • Dormir parterre (avec le lot d’insectes que ça inclut), sur des chaises ou dans des bus (pas des bus couchettes bien sûr)
  • Rester dans un bus pendant plus de 24h
  • Être malade au milieu d’un salar dans le froid
  • Retirer de l’argent et ne pas avoir les billets (on a récupéré notre argent 1 semaine avant de rentrer en France)
  • Louper notre ville de destination à cause du chauffeur de bus et se retrouver 3h trop loin
  • Être malade à cause de la nourriture avec pas toujours de toilettes à disposition
  • Se retenir de pisser pendant des heures à en avoir mal au ventre
  • Laver ses vêtements à la main (souvent à l’eau gelée, ou la technique à Kévin : laver sous l’eau tiède pendant sa douche !)
  • Subir la désorganisation des excursions
  • Se faire fouiller nos sacs, voler des vêtements, passer la nuit au commissariat, faire une déposition en espagnol
Huaraz, Pérou

Vue depuis la Laguna Churup, Pérou

Ce que ça nous a apporté

  • La découverte culturelle
  • Ça nous a enlevé les préjugés qu’on avait tels que penser que l’Amérique latine est sous développée au point qu’ils vivent comme en Europe il y a vingt ans : ceci est totalement faux, ils vivent comme nous en France, ils ont des iPads, Internet haut débit et tous les équipements usuels et ménagers courants en Europe.
  • Apres avoir enduré toutes ces petites galères, toutes ces aventures font qu’aujourd’hui on arrive à apprécier les choses les plus simples comme avoir un lit pour dormir, des toilettes ou de l’eau chaude. Et on peut traverser la France entière sans que le trajet nous paraisse long ! (Enfin… Manon a surtout écrit ça car c’est Kévin qui conduit ! hein ? ^^)
  • Un plus gros coeur. Généralement on parle plutôt de gain en endurance (après toutes ces grandes randonnées en haute altitude)
  • De s’être amélioré en espagnol (c’est agréable de passer de “notion” à “courant” *sentiment de fierté*)
  • Des paysages fabuleux pleins la tête, que les photos nous rappellent, mais croyez-nous, les photos, c’est vraiment que des photos
  • De nombreuses bonnes rencontres qu’on n’oubliera jamais, car l’aventure aurait été tellement différente sans eux : Jorge notre premier couchsurfing, Alexandro de Villahermosa, Gerry et Magaly, Melissa et Sarah, Alejandro de Puerto Maya et Eliana, Mariela, Joel le petit con qui nous a fait pleurer au moment des aurevoirs, Rastaman, Diego de Rio Grande et Ana ainsi que leurs amis Marcos de Rio Grande et sa femme Yumi, Matthieu le québécois, Andrés et Teresa, Diego et Marcos de Córdoba, Tifany la mexicaine baroudeuse sans appareil photo (tout dans la tête !), Paul le français croisé dans l’Atacama, les espagnols David et Rachel, Marion et Halim du sud de la France, Justine, Kevin (AQP rocks !), Maria l’hollandaise, les lituanniennes Gintė et Ieva, Aude, Cathia (sosie de toi Magali !) et Julien encore 2 français, Florian le roux tout fou de Lyon, Edgardo… Et tout ceux dont on n’a pas su le nom, sans qui ce voyage n’aurait pas pu être aussi enrichissant.
Laguna 69, Pérou

Laguna 69, Pérou

Cette aventure fut donc extrêmement enrichissante (qui l’eut cru !), beaucoup de personnes nous ont suivis via ce blogue (ce qui nous a fait vraiment très plaisir !), on a rencontré plein de gens de tous les horizons, on s’est ouvert l’esprit encore plus qu’il ne l’était, bref, une page se tourne, mais le côté positif (parce qu’être positif, c’est mieux quand même dans la vie), c’est qu’une nouvelle page est déjà en cours d’écriture, sûrement plus courte, mais tout aussi excitante que celle-là le fut. Comme on l’a énormément entendu durant le voyage, rien de tel que clôturer sur un précieux mais puissant émotionnellement : ¡ Que le vaya bien !

Ushuaia

Ushuaia

PS : une petite surprise en 360°, juste >> là <<

Les chiens errants

En France, on ne voit pas beaucoup de chiens errants. Les toutous qui n’ont pas de foyer sont en général envoyés à la SPA ou dans des refuges.

En Jamaïque, il y a tellement de pauvreté, tellement de personnes qui vivent dans la rue que les chiens sont loin d’être leur préoccupation. Du coup, ils vivent dans la rue également et tentent de survivre. Survivre est le mot approprié. Ils sont si maigres qu’on voit leurs côtes, les femelles ont les tétines qui pendent, ils sont sans cesse à la recherche de nourriture, à fouiller dans les déchets et ils ont tous ce regard triste dans lequel on devine leur détresse. Ils ne sont pas agressifs pour autant. Ils cherchent du réconfort auprès des Hommes et une caresse suffit à les rendre heureux, au moins pour quelques instants.

En Argentine et au Chili, il y a autant de chiens errants qu’en Jamaïque. Il y en a partout : dans les grandes villes, les petits villages, les arrêts de bus isolés, les lieux publiques…
Mais nous avons constaté une grande différence : ils ne sont pas maigres et n’ont pas ce regard triste qui nous faisait tant de peine. Ils sont même plutôt bien portants, avec une épaisse fourrure pour se protéger du froid, de vraies peluches vivantes !
Le sujet m’a beaucoup intrigué, j’ai donc mené ma petite enquête.

chiens errants 3Il y a des associations qui tentent de s’en occuper mais il y en a tellement que ce n’est pas demain la veille que le “problème” sera réglé. J’ai mis problème entre guillemets car après avoir pris du recul sur la situation, je ne suis plus certaine que ce soit un réel problème. En effet, les chiens n’ont pas de foyer fixe mais ils ne sont pas malheureux pour autant. Ils vivent parmi les hommes sans poser de soucis. Ils ne sont pas agressifs et même au contraire, assez câlins. Ils sont solidaires entre eux. C’est assez beau de voir un groupe de 5-6 chiens de races complètement différentes qui partagent leur quotidien.
Ils n’ont pas une famille attitrée, leur famille c’est tout le monde. Les gens les nourrissent, les câlinent, les aiment et les soignent ! Ils ne laissent pas un chien malade agoniser, ils amènent les chiens en difficulté dans un centre vétérinaire où ils sont soignés.

Bon, on n’est pas dans le monde des Bisounours non plus (ou de Oui-Oui comme dirait mon oncle) ! Il y a des chiens malheureux et je préférerais les voir dormir dans un endroit chaud et recevoir tout l’amour dont ils ont besoin et qu’ils n’ont pas forcément dans la rue.

Au final, qu’en pensez-vous ?

Personnellement, je trouve que ce n’est pas agréable de voir des animaux sans famille sous nos yeux mais je pense que ce n’est pas mieux de nier le problème en les enfermant dans de toutes petites cages dans des refuges de type SPA, où ils finiront par être euthanasiés ! En plus, les SPA ont besoin d’argent et de bénévoles pour s’en occuper, alors qu’en Argentine et au Chili les chiens vivent parmi les hommes dans la rue : le “problème” s’auto-gère, avec moins de moyens qu’en France et avec un meilleur bien-être animal. (Petite parenthèse : on n’a pas vu de chiots, je pense qu’ils ne survivent pas forcément tous dans ces conditions et que de ce fait, le nombre de chiens errants n’est pas en train d’augmenter exponentiellement : on a à nouveau une autorégulation.)

Ça ne règle pas le problème de les laisser vivre dans la rue où ils continuent de se reproduire. D’ailleurs, je ne dis pas que c’est LA solution ni même une solution ; mais je pense qu’ils ont une vie meilleure dans la rue, à être libre de se promener, courir, sentir, manger, boire, aimer, bref vivre plutôt que dans une petite cage à attendre la mort ou que quelqu’un, peut être, vienne les adopter.

chiens errants 2

(Des chiens errants également en Bolivie et au Pérou, dans les mêmes conditions qu’en Argentine et au Chili, peut être en nombre moins important, à moins qu’on se soit habitué à les voir).

Argentine et Chili : le bilan

On avait prévu de passer environ 28 jours en Argentine et 21 au Chili. Finalement, on a passé 24 jours en Argentine et 24 jours au Chili (une égalité parfaite pas du tout préméditée), et voici ce que nous en retenons :

Le pays même : Chili
– Pas d’avortement sauf en cas de viol ou risque vital pour la mère
– Contraception : au sud ils disent non, au centre oui, au nord ils ne s’expriment pas
– Sécurité social : plus tu gagnes moins tu es indemnisé
– Chômage jusqu’à 5-6 mois, aides diverses
– Pas de mariage gay

Le pays même : Argentine
– Avortement autorisé
– Pas de sécu, pourtant hôpitaux gratuits parfois
– Pas de chômage ou d’aides sociales apparemment
– Mariage gay

Les gens, la mentalité
En Argentine, les gens parlent un espagnol un peu différent ce qui nous a dérouté au début. En effet, ils disent “vos” à la place de “tú” et surtout, ils prononcent tous les “ll” en “ch”. Il font aussi péter des diphtongues “tú tenes” et non “tienes”.

Que ce soit au Chili ou en Argentine, les gens sont blancs, on ne se fait pas remarquer comme en Jamaïque ! Exception pour San Pedro de Atacama, au nord du Chili.

La pauvreté est présente comme en France, quelques SDF surtout dans les grandes villes. Par contre, comme en Jamaïque, il y a des chiens errants partout. La différence c’est qu’ils ne sont pas maigres et mourants. Manon écrira un article sur ce sujet qui lui tient à cœur, donc on ne développe pas plus ici.

En ce qui concerne la mentalité, il y a des gens très sympas et accueillants mais également des cons, comme partout. Les règles ne sont pas aussi souples qu’au Mexique, on se croirait parfois en France, avec des règles stupides et des gens qui les appliquent sans réfléchir, négligeant le côté humain.

Hébergement
– Argentine : Seulement 2 Couchsurfings sur 6 villes (1 annulé à Buenos Aires à cause de notre changement d’itinéraire)
– Chili : 3 Couchsurfings sur 7 villes
– Environ 10€-15€ chacun pour dormir, en auberge ou hôtel.

Les transports
– 24h de bus en Argentine : 100€/personne. Au Chili c’est plutôt du 30€/personne pour le même service.
– Bus confortables pour les longs trajets… enfin, parfois ! Beaucoup de mauvaises surprises avec la compagnie Andesmar. Manque total de communication dans toutes les compagnies chiliennes ou argentines : “Quand arrive t-on ? Pourquoi on s’arrête là ? Quoi, le chauffeur regarde un match de foot ?”

Les paysages/La nature
– Sud : Patagonie. Un total émerveillement face à ces paysages naturels. On pourrait passer des années à découvrir toute la Patagonie.
– Centre/Nord : l’île de Chiloé est vraiment atypique, et ça vaut le coup d’y aller. La Cordillère des Andes, là encore des paysages à couper le souffle, de part leur immensité notamment. Les paysages sont très diversifiés, de la verdure du centre jusqu’au désert du nord (Atacama au Chili).

La nourriture
– Dulce de leche = leur confiture en Argentine. Connu en France sous “confiture de lait”. Il porte un autre nom au Chili (manjar), mais c’est la même chose !
– Le Maté, une sorte d’infusion dont les pays semblent parfois se disputer l’origine, mais l’Argentine l’emporte apparemment.
– Les Milanesas (escalope panée, de viande de veau, de porc ou de poulet), on trouve beaucoup de cette viande en Argentine.
– Chili : Empanadas (chausson farci de viande, de poisson, d’œuf, de pomme de terre ou d’autres ingrédients –> voir la photo en haut de l’article), une grosse nous fait un repas entier, en revanche en Argentine elles sont toutes petites, plus pour des apéros (et moins bonnes aussi, mais ça c’est sûrement une histoire de goût).

Le climat
Extrême sud (Argentine/Chili), environ 5°C mi mai.
Nord (Chili), environ 15°C fin juin

Le coût de la vie en bref

Argentine :
– 1L d’essence = 1€ au sud, 1,2€ en grandes villes du nord
– Un menu big mac : 6€

Chili :
– Comme en Argentine du sud
– Un menu big mac : 5€

Notre budget

Argentine
– Budget prévisionnel : 33,85€/j/personne
– Budget dépensé : 32,73€/j/personne

Chili
– Budget prévisionnel : 33,68€/j/personne
– Budget dépensé : 28,17€/j/personne

Les petits plus

Argentine
– Plein de grandes surfaces Carrefour
– Problèmes pour retirer de l’argent. 100€ max, parfois moins, et toujours 5€ de frais. MasterCard pas toujours reconnu, pour payer ou bien retirer, bref, la galère !

Chili
– Un pourboire de 10% est casi obligatoire dans tous les restaurants et cafés. Tout le monde le paie sans réfléchir. Il faut vraiment que le service soit très mauvais pour ne pas le payer. On n’a pas la même conception en France, un pourboire ça se mérite sinon il ne veut plus rien dire. Du coup on l’a payé quand il était mérité ce qui n’a pas été toujours bien vu.

Retirer de l’argent au Chili puis l’échanger en pesos argentins dans des maisons de change (au Chili ou en Argentine peu importe) nous a fait gagner 1/3 du montant initial. Concrètement, on retirait l’équivalent de 260€ et on se retrouvait avec l’équivalent de 350€ en pesos argentins.

L’inaccessible Désert de l’Atacama

72h pour faire 1800km, c’est ce qui nous attend. Heureusement, on ne le sait pas encore. Voilà ce qu’on a prévu : faire Córdoba – Salta, puis Salta – San Pedro de Atacama. Tout ça doit prendre 29h, en comptant les 2 heures de correspondance.

Une nouvelle fois on avait des signes avant coureurs dès Córdoba : le bus a plus de 1h de retard au départ. L’organisation est très mauvaise, et ce qui nous fout les boules, c’est qu’on n’a pas pu profiter des délicieuses crêpes toutes justes préparées. Mais bon, on positive, on peut en refaire où on veut 🙂

Le bus arrive à Salta avec 1h50 de retard, soit à 00h50, 10 minutes avant notre correspondance pour San Pedro. Le bus pour San Pedro n’est toujours pas là, il nous reste 20 pesos argentins en poche, ils passeront en bricole. Alors que Manon revient vers moi toute contente d’avoir pu dépenser nos derniers pesos, je lui annonce une mauvaise nouvelle que des anglais viennent de me lancer : notre bus pour San Pedro n’arrivera jamais. La confirmation de cette annonce vient d’un chauffeur d’un autre bus de la même compagnie. Sur le coup des 2h du mat’, ça nous fait froid dans le dos.. Aucune annonce n’est faite, ici, faut aller à la pêche aux infos. Du coup, on dort dans le terminal afin de sauter sur l’ouverture des guichets à 8h. On n’est pas les seul à dormir ici, la température ambiante est de 10°C, on dormira peu, et mal, vous vous en doutez !

on roule à 15km/h, mais vu la route ça nous va !

On roule à 15km/h, mais vu la route ça nous va !

On sera au taquet toute la journée pour savoir quand on peut partir, le problème étant que la frontière Chilio-Argentine est fermée à cause de la neige. Accessoirement y’a aussi le problème qu’on n’a plus de liquide -et dire qu’on était tellement content d’avoir tout dépensé jusqu’au dernier peso !-, heureusement, le seul café-restau du terminal accepte les CB -et elle fonctionne surtout, ô joie-, ça nous permettra de nous nourrir.

On alterne entre prises d’infos et somnolence, car on est littéralement HS. Le froid de la nuit précédente lié à la fatigue nous a épuisé, et le froid de la journée n’y arrange rien ! J’aborde deux françaises que j’entends se poser derrière moi. La mère et la fille, cette dernière étant une vraie pile (Valérie 😉 ). Elles sont bloquées ici depuis 3 jours et doivent retourner au Chili car elles y bossent. Les compagnies de bus refusent d’ailleurs de vendre des billets tant qu’ils n’ont pas de certitude quand à l’ouverture de la frontière. Un vendeur d’une agence comprend notre situation et nous propose de garder gratuitement nos sacs, et nous donne un numéro -réservé aux entreprises- pour appeler la frontière afin de connaître l’état de la neige et donc ouverture éventuelle de la frontière. On ne fera pas appel à ce numéro car les 2 françaises viennent d’avoir la certitude que le bus de 1h du mat’ partira. Il est 17h. Le temps est d’un long quand vous avez froid, seuls les boissons et aliments chauds nous feront planer sur un nuage de chaleur. Manon voit les quarts d’heure défiler. In-ter-mi-nable. Enfin si, ça se termine rassurez-vous. Je redemande une ultime fois sur le coup des 22h si c’est sûr et certain que le bus partira -car on a moyennement envie de se retaper une nuit ici-, “Pas de soucis c’est sûr et certain”.

Minuit trente, au taquet, le bus est là et décolle à 1h, comme prévu -en dehors des 24h en rabe-. On est censé arriver vers 7h à la frontière, et 10h30 à notre destination. A 9h j’ouvre les yeux, le bus est arrêté depuis plus de 3h. C’est beau mais c’est con de ne pas avancer. Les multiples routes sinueuses et gelées de la cordillère feront flancher plusieurs camions qui se mettent en travers de ces routes aux bords abruptes. Le bus redémarre et slalom entre les bus arrêtés, les camions qui patinent et ceux accidentés, tout cela en frôlant les fossés. A ce moment il ne faut SURTOUT PAS regarder par la vitre, on voit juste : le vide. En se penchant au ras de la fenêtre : la roue à 50cm du vide. A côté de moi : Manon me regardant, sans doute voulant immortaliser une potentielle probable ultime vision agréable.

Lonnnnnnngue file de camions suite à un travers de l'un des leurs un peu plus bas

Lonnnnnnngue file de camions suite à un travers de l’un des leurs un peu plus bas

On arrive à la frontière à 15h. Il fait chaud au soleil, genre 18 degrés, mais le vent, lui, tourne plutôt vers les 3°C. Histoire d’augmenter les contrastes, dans le bus c’est une fournaise, 28 minimum, le soleil tape fort. On arrive à la douane argento-chilienne -perchée à environ 3500 mètres quand même-, jamais les gars n’ont tamponnés nos passeports aussi rapidement ! Mais pourquoi donc ? Car c’est la mi temps du match de foot Chili-Brésil ! On remonte dans le bus rapidement et là…. Attente. Je commence à avoir pas mal de douleurs à la tête, l’altitude sûrement.

Après une heure on n’a toujours pas décollé. La pile française, Julie, va à la pêche aux infos : le chauffeur est allé se planquer pour regarder le match de foot ! J’imagine que ça en fait rigoler plus d’un lisant ces lignes, mais entre Julie qui a du boulot urgent pour le lendemain -elle à une boîte de voyage de luxe-, et moi qui commence à avoir des débuts de malaises dû à l’altitude du col où on est : on a bien les boules. Putain de footeux, une vraie religion ici. Julie me donne de la caféine pour me booster, car voir des étoiles blanches partout commence à craindre quand même. Manon et d’autres passagers ont également mal à la tête. Le bus démarre, je suis pas au bout de mes sensations puisqu’on passe par un col à plus de 4000 mètres. Respirer calmement et essayer de dormir en ayant les pieds surélevés seront quasi mes seules préoccupations désormais. Julie donne également un cachet de caféine, son dernier, à Manon qui se sent un peu plus mal : bienvenue dans le monde des nauséeux !

Deux heures après avoir quitté la frontière on arrive enfin à destination. Entre les différences de température, le mal de l’altitude et la fatigue, je ne sais pas trop lequel nous accable le plus, mais dans mon coeur une chose me fait énormément plaisir : on est arrivé dans le désert le plus aride au monde, San Pedro de Atacama.

Salar du Desert de l'Atacama

Salar du Désert de l’Atacama

Córdoba, dernière étape de l’Argentine… Ou presque

On n’a pas encore quitté Mendoza que je me fais enfermée dans les toilettes publiques du terminal de bus. Une porte blindée bien épaisse, pas de lumière, pas de portable, Kévin qui m’attend tranquillement dans un petit restau et qui ne va pas s’inquiéter dans l’immédiat. Bref, j’enclenche mon mode panique ! “Hé hoooo ! Por favooor !”, je me tue les mains à essayer de taper pour que quelqu’un m’entende. J’aperçois à travers une légère fente les gens qui se pressent pour aller prendre leur bus mais aucun ne semble me remarquer. Je pense à mon plat qui va refroidir, à Kévin qui va s’inquiéter, à notre bus que l’on doit prendre… et si personne n’avait la clé ?

On en pense des choses en 10 minutes et pourtant je ne resterai pas plus longtemps dans ma prison. Un homme m’a entendue. Une dame vient me libérer, c’est la femme de ménage qui m’a enfermée et qui se retrouve bien désolée. Ce n’est rien, j’ai vécu bien pire ! Je file retrouver Kévin qui me voit arriver essoufflée et les mains rougies. J’ai été poursuivie par 3 argentins qui voulaient me piquer ma virginité, j’ai dû les assommer à coups de poing mais tout va bien mon ange. Avouez que cette version est un peu plus pimentée.
Bref, petite frayeur de la soirée passée, on essaye de dormir pendant nos 12h de bus mais c’est assez difficile. On ne nous fournit pas de couvertures et il fait froid… On arrive fatigué mais entier à Córdoba.

Notre hôte, Marcos, est l’un des fondateurs du couchsurfing. Il a l’habitude de recevoir beaucoup de gens et c’est un grand voyageur. Il revient tout juste d’un voyage de 5 mois en Amérique latine. Nous sommes logés dans un de ses appartements, à 25 minutes du centre de Córdoba. Il habite ici en attendant que son appartement en centre ville soit fini de restaurer. Il n’aime pas du tout vivre loin des bruits continus de la ville, le calme le déprime, il est désolé de nous accueillir dans ces conditions mais il ne faut pas, loin de la pollution = pas de mal de gorge. Il vit avec un de ses amis de l’Uruguay (Diego) qui attend que sa moto soit réparée pour continuer son voyage de 2 ans, et une mexicaine en couchsurfing (Tifany), grande voyageuse également. Ils ont tous autour de 35 ans.

Le soir, on se retrouve parachuté dans un autre appartement en ville pour manger avec pleins de gens. On était juste sorti pour faire des courses à la base ! Sacré Marcos, il avait tout calculé mais on n’était pas au courant. Ce n’est pas qu’on est sauvage, mais on aurait préféré une soirée tranquille pour se coucher tôt et pouvoir prendre une douche -après 48h dans les mêmes vêtements, c’est pas de trop-. Notre odeur s’infiltre dans les narines de nos hôtes qui commencent à s’évanouir un par un. Je sais que vous ne me croyez pas et vous avez bien raison, on ne pue pas du tout !

cordoba tableau

L’art d’un Monteiro

Deux frères habitent ici. On fait connaissance avec Tifany qui est déjà là. D’autres nous rejoignent au compte goutte : la petite amie d’un des frères, une collègue de boulot à Marcos (Natalia), Diego et sa petite amie (Carmen), un garçon à l’allure efféminée, encore un autre garçon et une coréenne (Jiang) ; on essaiera tous de bien prononcer son prénom mais c’est difficile. Je sais ce qu’elle endure, personne n’arrive à prononcer Manon correctement non plus, j’ai l’habitude à force. Du coup je m’appelle Manone ou Manou, au choix. Et Kévin se transforme souvent en Kébine.

Dans la soirée, le garçon un peu efféminée nous accoste et tout fière il nous chante : “j’ai la quéquette qui colle…”. Les autres sont impressionnés qu’il connaisse une chanson en français mais ils n’ont aucune idée de ce qu’elle signifie ! On aura dû mal à leur traduire exactement mais bon, quelle importance ! Chante mon garçon, le ridicule ne tue pas ! Quoique…
Bref, le temps passe et à 1h30 du matin, enfin, on… Non on ne rentre pas se coucher, on mange ! On ne rentrera qu’à plus de 3h… Une grasse matinée jusqu’à 13h30 et glandouille toute la journée s’impose.

Le soir, on reste manger dans le même appartement dans lequel on est logé. Natalia, la collègue de boulot de Marcos, nous rejoint avec sa fille de 11ans, Mickaella, et son bébé de 5 mois, Maximo. Natalia s’est récemment séparée du père de son bébé, elle a pas mal de soucis et Marcos veut lui changer les idées. Il a préparé un très bon repas et essaye de plaisanter un peu avec Mickaella mais rien n’y fait. La gamine ne décrochera pas un mot de la soirée. Natalia mange avec son bébé dans les bras… essayant de couper du jambon cru avec une seule main ! Impossible, même pour elle. C’est comme Édouard aux mains d’argent essayant de manger des petits pois ! Elle ne mangera presque rien, sa fille non plus et Marcos ne se mettra même pas une assiette prétextant qu’il n’a pas faim. On est les seul à faire honneur à son plat qui le mérite énormément ! Même les glaces en dessert n’auront pas plus de succès. L’ambiance n’est pas mauvaise pour autant.

cordoba parc

Voilà comment Kévin porte sa veste quand il alterne entre le chaud et le froid.

Le lendemain, dimanche 22 juin 2014, on prend un bus à 8h30 pour se rendre au parc national Quebrada del Condorito.
Le bus tombe en panne, on en prend un autre, on perd une heure et on arrive à 12h30, au milieu de nulle part. On marche pendant 2h dans un décors particulier, de buissons et montagnes. On arrive à un mirador d’où il est possible de voir des condors. On en voit mais de très loin en train de voler. On est un peu déçu de ne pas en voir de plus près sachant que cela est possible. On se fera quelques amis, des “zorzal amigo”, des oiseaux peu sauvages qui viennent manger avec nous.

Puis on repart dans l’autre sens, on n’a plus d’eau et j’ai énormément soif. On n’en avait pas prévu assez, quelle galère ! J’ai l’impression d’être au milieu du désert, la gorge sèche et la tête qui tourne. Au bout d’1h30, je trouve mon oasis qui n’est autre qu’une maison d’information avec de l’eau potable.
On arrive à l’arrêt de bus (enfin, au bord de la route), 20 minutes en avance. Deux autres couples sont déjà là depuis un bon moment. Les minutes passent, la nuit tombe et toujours pas de bus. Il fait froid, un des couples tente de faire du stop mais personne ne les prend. On se réchauffe chacun dans les bras de sa moitié comme on peut. Le bus arrive finalement avec 40 minutes de retard et il n’y a plus de places assises. On arrive à Córdoba, il est 21h. Marcos nous a dit qu’il viendrait nous chercher pour éviter qu’on perde trop de temps à prendre un bus à cette heure là. On attend Marcos pendant 45 minutes, ensuite il passe chercher Diego, il s’arrête faire des courses, prendre du gaz pour la voiture (une hybride), décharger des choses dans un appartement… Bref, on arrive à 23h30 à l’appartement et le bus de ville serait allé bien plus vite. Ce n’est pas grave dans le fond mais le soucis c’est que je me sens vraiment extenuée. Je me couche ou plutôt je m’évanouis sur le lit et tombe dans un profond coma…

Je me réveille au bout de quelques heures. Je me sens fiévreuse, j’ai une forte nausée, une grosse migraine et des douleurs musculaires dans tout le corps. Un doliprane me permettra de finir la nuit mais au réveil je suis toujours dans le même état. Je passe la journée dans le lit à lutter contre je ne sais quoi. Les symptômes ne sont pas exceptionnels mais quand on voyage dans plusieurs pays, qu’on se fait piquer par des moustiques et qu’on mange la nourriture locale : un tas de suppositions nous traversent l’esprit et nous inquiètent.

Kévin envoie un message à médecins direct, un site qui nous a été proposé par mon assurance où l’on peut décrire ses symptômes et des médecins nous répondent dans les 48h. Je comate toute la journée sans manger. Le soir je me lève quelques heures mais je suis très faible. Heureusement je passe la nuit à bien dormir. Au réveil, ma fièvre est tombée et je me sens plutôt bien. Un médecin nous a répondu. Nous ne sommes pas passés dans des zones critiques pour le paludisme, si ça ne passe pas, il faudra faire des examens pour s’assurer que ce n’est pas la dengue. À la fin de son message, il me dit “je vous rappelle que ces symptômes peuvent également survenir à la suite d’une déshydratation.” Je n’ai plus de doutes, vu la soif que j’ai eu la veille pendant 1h30 de marche, je sais que je m’étais beaucoup déshydratée. J’avais mis du temps à m’en remettre. Bref, que personne ne s’affole, je n’ai pas la dengue. J’imagine l’hystérie de Valérie, notre infirmière en France, en lisant ce paragraphe. Ne t’inquiète pas, on a bien géré, les anti-nauséeux ont été efficaces et dans le doute, j’ai pris de la doxycycline.

Nous sommes le mardi 24 juin 2014, c’est notre 5ème jour ici et nous n’avons toujours pas visité Córdoba. C’est parti ! Il y a beaucoup de jolies églises, une belle basilique et de beaux monuments. On remarque que pas mal de gens font le signe de croix lorsqu’ils passent devant une église. Avec toutes les églises qu’il y a, ils n’ont pas fini ! On en visite quelques unes, Kévin s’agenouille dans l’une pour faire une prière ou pour se reposer, je n’ai pas trop su !
La nuit, Córdoba est encore plus jolie. Beaucoup de bâtiments sont éclairés de couleurs vives. On se croirait un peu à une fête des lumières. On rejoint Diego et Tifany à une fête qu’on aura énormément de mal à trouver et dans laquelle il y a une foule de monde qui boit des bières ou du vin directement à la bouteille mais pas grand chose d’autre.

cordoba musee

Kévin en pleine contemplation ou somnolence

Le lendemain, on décide en fin d’après midi d’aller visiter le musée de sciences naturelles et celui des Beaux Arts. Nous sommes mercredi et les mercredis les musées sont gratuits (comme à Mendoza). Mais comme on a un peu trop trainé, à 17h30, le musée de sciences naturelles est fermé. On visite celui des Beaux Arts. On n’a pas la même notion du mot “beaux” mais il y a des choses intéressantes. Je ne comprends toujours pas comment quelqu’un peut se faire connaître en peignant des toiles entières d’une seule couleur basique ou en dessinant comme quand il avait 3 ans (et encore il y a mieux comme dessins d’enfants). Mais bon, disons qu’on n’est pas réceptif à l’art moderne ! (Je préfère de loin les tableaux d’une peintre en Ardèche.) On est également tombé sur un peintre du nom de Monteiro, mais Kévin a préféré renier ce côté là de sa famille.

Le soir, on se retrouve à 6 pour manger (Marcos, Diego, Carmen, Tifany et nous). Tifany nous a préparé des tacos typiques de chez elle, donc si vous suivez, des tacos mexicains. Ce n’est pas une découverte pour nous mais on apprécie jusqu’à se faire péter le ventre. En fait, elle en avait préparé pour d’autres personnes qui ne sont finalement pas venues. Du coup on a beaucoup trop à manger.

Le lendemain, jeudi 26 juin, nous avons un bus à 10h. On se lève un peu plus tôt que prévu pour préparer de délicieuses crêpes aux autres, notre cadeau de départ. On n’est jamais resté aussi longtemps chez un hôte. 6 jours qui nous ont permis de nous reposer avant la suite. En effet, nous partons définitivement de Córdoba et de l’Argentine… enfin, c’est ce qu’on avait prévu mais les imprévus font partie du voyage, n’est-ce pas ?

La beauté de Mendoza et de la Cordillère des Andes

Mendoza se situe à l’est de Valparaiso et Santiago, mais en Argentine. Pour y aller on traversera donc la Cordillère des Andes, mais cette fois de jour, sous un beau ciel bleu. Point important, on avait choisi nos places de bus à l’étage supérieur, devant la baie vitrée. Nickel chrome ! Être aux pieds de ces gigantesques montagnes nous émerveillera ! Entre celles enneigées, celles à la roche rouge genre “paysage de Grand Canyon”, les fleuves passant parfois, bref, vraiment merveilleux et l’impression de traverser plusieurs pays d’un coup ! (Ce qui n’est pas totalement faux d’ailleurs !) Je suis fatigué mais ne peux pas m’empêcher de rester éveillé pour contempler le décor qui s’offre à nous, enfin… surtout à moi car ma voisine voyage surtout avec Morphée 😉

On arrive à Mendoza le lundi 16 juin 2014 sur le coup des 16h (on oubliera d’ailleurs qu’il y a un changement d’heure, c’est ça d’être resté trop longtemps au Chili !). Un gars m’accoste à la descente du bus pour nous proposer un hôtel, il a l’air sympa mais on lui dit qu’on ne va pas s’affoler et prendre notre temps pour choisir, il est compréhensif et nous indique même où changer nos pesos chiliens : très bonne affaire. Sérieusement il y a un vrai trafic à faire ici ! On avait retiré en pesos chiliens pour 280€. Après les avoir échangé en pesos argentins, on a l’équivalent de 380€. On comprend pas trop comment fonctionne ces histoires de change, de taux et tout ça. Mais bon, on a trouvé en fin de compte de bons moyens de gérer nos problèmes d’argent en Argentine !

Moi contemplant l'horizon

Moi contemplant l’horizon

On conclu avec le gars, Walter, que nous jetterons un œil à son hôtel, mais qu’ensuite nous irons explorer les auberges alentours, en ne lui cachant pas que son tarif est trop haut pour nous. Il nous emmène gratuitement jusqu’à l’hôtel, qui est ma foi, nickel.
– “Bon, on va faire un tour et on reviendra peut-être, mais la chambre est parfaite”, lui lance t-on.
– “Le prix est trop élevé c’est ça ? Écoutez, je vous fais une ristourne”, nous répond Walter.
Il rentre dans notre budget, on pose nos sacs !

On se balade ensuite dans la ville et consulte l’office du tourisme histoire de prendre nos marques. Le lendemain on se promène dans un parc sympa, près d’un lac, initialement pour faire un tour de vélo que l’on pouvait apparemment louer pour pas cher, mais 8€ de l’heure chacun, c’est cher ! Pas grave, on marche 🙂
La ville est vraiment belle, il y fait bon vivre. Je me rappelle que jusqu’à maintenant on a eu les personnes qui disaient “Mouais Mendoza ça vaut pas la peine, passez votre chemin”, genre Daniel de Viña, et les autres, genre le voyageur Kannan, ou encore notre futur hôte de Córdoba qui vient de voyager 5 mois en Amérique du Sud et nous conseille d’y rester au moins 3 jours !

Il faut savoir qu’en Argentine (et au Chili d’ailleurs), les bus de ville vous ne pouvez pas les prendre comme ça à l’arrache. Pour éviter les agressions de chauffeurs, il n’ont pas d’argent. Du coup il faut acheter une carte (1€) que l’on crédite dans les kiosques, et que l’on passe devant une borne lors de la montée dans le bus.

Ce soir là on se fait un restau type buffet à volonté histoire de se faire péter la panse. L’un des employés a, d’après moi, plus de 60 ans. Ça m’attriste réellement de voir ce petit papy, qui serait bien mieux ailleurs. Là il ne fait que nettoyer les tables. Probablement le seul poste qu’il peut réaliser correctement, trop vieux pour la réception, trop lent pour la cuisine, et un peu de tout ça pour ne pas être à la compta. Bref, histoire de ne pas avoir la larme à l’œil, on se dit qu’il a aussi été jeune, et que c’était peut-être même un Daniel ! (Cf. l’article précédent sur Viña.)

Pris en photo par un rocher. Merci Rocher !

Pris en photo par un rocher. Merci Rocher !

Le Mercredi 18 juin on se lève à 9h, une excellente journée nous attend. Plutôt que de passer par des excursions organisées pour faire un tour dans la Cordillère des Andes, vers “Alta Montaña”, on décide de se débrouiller nous même en prenant un bus au terminal. Sérieusement, c’est une excellente option. La journée nous coûtera 10 fois moins cher qu’en agence, on aura aucune pression, et surtout, on sera 100% libre, mais venons-y.

La journée est couverte, on décolle de Mendoza sur le coup des 10h15, destination : Potrerillos. On arrive vers midi, on est à environ 1500 mètres d’altitude ; ça, je l’apprendrai en parlant avec un autochtone ! Pendant qu’on se pose pour manger nos casse-croûtes deux chiens nous abordent : “Wouaf wouaf”. Globalement, ils avaient un peu la dalle, mais restèrent pour autant très respectueux et calmes.
La suite est le plus intéressant, et pourtant ce que je peux développer le moins. Les images parleront d’elles-mêmes. On décide de marcher le long du lac, puis on contourne la route inondée, les 2 chiens nous rejoignent et suivent, voire devancent. On poursuit notre promenade jusqu’à une petite colline, qui donne sur un magasin de rafting et qui est surplombée d’autres collines que l’on décide de gravir. On arrive sur le sommet le plus haut à notre portée, et là, putain que c’est beau ! Le seul hic c’est la route à 800m de là longeant la Cordillère : le bruit des véhicules casse un peu ce moment de nature et de “seul au monde”, mais ça n’en restera pas moins merveilleux de partager ça ensemble, Manon, moi, et nos 2 amis canidés.

A 17h45 on choppe un bus retournant à Mendoza, en en ayant pris plein les mirettes ! On ne regrettera définitivement pas cette journée nous ayant coûté à deux 11€ (transport et nourriture), bien loin des 80€ des agences avec seulement le transport à plusieurs points de vus, aucune véritable liberté, et une journée épuisante de 7h à 19h ! Après on ne peut pas comparer vu qu’on n’a pas tenté les excursions vous me direz ! On vous laissera nous faire un retour si vous en faites un jour 😉

Manon libre !

Manon libre !

Le soir alors qu’on passe par le parc principal de Mendoza tout en discutant, un homme qui nous dépasse, la quarantaine, se retourne et nous aborde :
– “Vous parlez français ?”, tout en continuant à marcher devant nous
– “Oui un peu, on débute
Visiblement on fera un heureux, car il travaille ici et parler français quelques minutes semblait lui manquer. Il nous invitera à toutes les fêtes de son entreprise sur Mendoza et Córdoba !

Le lendemain on fait une visite un peu plus approfondie de la ville : musée d’histoire de la ville, musée d’art moderne (on ne sait vraiment pas apprécier, y’a rien à faire !) et aquarium (très décevant car les animaux semblaient tristes, étaient dans des aquariums ou bassins trop petits et pauvres en flore. Petite pensée pour Manon Claire : y’avait des gros Axolotes.). Le truc sympa à savoir, c’est que pour visiter les 3 ça coûte seulement 2€.

Le soir nous prenons un bus de nuit à 23h, direction Córdoba, théoriquement notre dernier point en Argentine.
Je dis “théoriquement”, car la moitié de nos points argentins ont été modifiés depuis l’itinéraire de base, alors on ne part plus avec autant de certitude qu’avant ! Si au Mexique on avait l’habitude de se dire “dans 3 jours on sait pas exactement où on sera, mais ce sera près de tel endroit”, aujourd’hui c’est plutôt “on sera à plus ou moins 1000km de ce point dans plus ou moins 3 jours”.

Vue sur le lac de Potrerillos

Vue sur le lac de Potrerillos, avec une schtroumpfette noire devant.

En route pour l’île de Chiloe

Les 27 heures de bus pour rejoindre Bariloche passent assez vite. On nous apporte à manger régulièrement, on a dormi environ 11 heures sur des sièges confortables et on a regardé 7 films en anglais sous-titrés en espagnol. Le bus a fait des pauses la nuit quand on dormait (inutile pour nous) et pendant la journée, on n’a pas pu descendre prendre l’air pendant plus de 17h, puis on a pu sortir 5 minutes et c’est reparti. Les paysages sont toujours identiques : personne, seulement un immense désert de petits buissons qui me font penser à des oursins. Pas mal de kilomètres séparent chaque ville. Et quand je dis ville, ce n’est pas Lyon ou Paris, ce sont des maisons basses, très peu de bâtiments.

calafate bus kevin

Kévin en pleine concentration pour l’article précédent

On arrive à Bariloche, il est 20h. On achète directement nos tickets de bus pour le lendemain, direction Osorno au Chili (on se rapproche de l’île de Chiloe, notre but). Toujours au terminal de bus, un homme nous aborde. Il travaille pour un hôtel et essaye de nous convaincre d’y venir passer la nuit. L’hôtel n’est pas cher et nous semble parfait mais on n’aime pas trop ce genre de démarche, on ne sait pas si on peut lui faire confiance et on n’aime pas se sentir piégé… On décide de manger, toujours au terminal de bus. Le gars nous attend tout près. Kévin a récupéré quelques prospectus pour d’autres hôtels. J’en appelle un pour savoir s’il est ouvert et connaître les prix. On doit faire un choix : les deux hôtels nous paraissent bien. Le 2e est un peu plus cher mais ce sera finalement notre choix final pour apaiser nos craintes face au 1er que le gars veut nous vendre. D’ailleurs il est parti. La voix est libre pour prendre un taxi. On découvre une ville qui a l’air bien mignonne, avec une très jolie place entourée de belles maisons en bois. L’hôtel n’est pas mal non plus. On s’endort dans un lit aux couvertures moelleuses.

Le lendemain, samedi 31 mai 2014 : petit déjeuner, cyber café et courses (dès qu’on a une cuisine à disposition dans les hôtels, on en profite pour se faire à manger nous même, c’est tellement plus économique). Après un bon plat de pâtes à la sauce tomate, on essaye de trouver un bus de ville pour nous emmener au terminal de bus. On ne peut pas payer en espèce, seulement avec une carte d’abonnement. Heureusement, une gentille dame nous paye nos places avec sa carte puis on s’empresse de la rembourser en liquide. 0,80€ pour nous deux, contre 4€ pour un taxi : il n’y a pas de petites économies.

13h45, notre bus est à l’heure. On nous sert à manger. Bon, ben on re-mange. Les contrôles pour passer la douane du Chili sont assez comiques. On pourrait passer avec des produits illicites assez facilement, j’ai bien repéré et j’ai pleins d’idées différentes. On ne nous fouille pas, les sacs à main sont reniflés rapidement par un chien, nos gros sacs sont fouillés très grossièrement (ils n’ouvrent même pas toutes les poches). Je passe avec une poire dans mon sac et on a toujours du chocolat qu’on a fait en Jamaïque (produits à signaler qu’on n’a pas signalés, nos débuts en tant que trafiquants).

calafate bus paysage

Les paysages entre chaque ville d’Argentine

On ne connaîtra d’Osorno que le terminal de bus durant la nuit, on arrive à enchaîner directement avec un bus qui nous dépose au bout d’une heure à Puerto Montt. A 19h30, on est arrivé à destination, plus qu’à trouver un endroit pour passer la nuit. Au point d’information pour les hôtels, on se fait accoster par une vielle dame qui nous propose une chambre à un prix raisonnable, Internet et petit déjeuner compris. On décide de la suivre. Pourquoi elle et pas le gars à Bariloche ? Question de feeling… Une vieille dame ça fait tout de suite moins peur et pourtant… Elle nous égorgea pendant notre sommeil ! Finalement pas de violence mais quelques déceptions : pas d’eau chaude le soir, impossible de se laver avec cette eau glacée et le petit déjeuner avec du pâté de jambon non merci. Mais bon, la chambre est grande, le lit est confortable et on y reste seulement une nuit.
Qu’y a t’il à Puerto Montt ? Et bien on ne saura pas, il pleut tout le temps et le vent est assez violent. D’après la météo, il devrait pleuvoir toute la semaine sur l’île de Chiloe… C’est le moment de tester nos équipements de pluie.

Finalement, après 4 jours de voyage, on arrive sur l’île de Chiloe. Il fait nuit, il pleut, les toilettes sont payants, pas de point d’information pour nous renseigner, on ne sait pas où on va dormir et il n’y a pas d’électricité… i Bienvenidos !

El Chaltén, le cul de sac hivernal

Mardi 27 mai, 8h, nous voilà en route pour El Chaltén, à 3h de route de là. Pas tout à fait 3h en réalité, car entre les pauses interminables du chauffeur, la roue crevée qu’il changera, et les chiens errants qui monteront dans le bus, on aura un peu de retard, mais beaucoup d’animation !

En arrivant sur ledit lieu, soyons honnête, le temps est plutôt pourri. Comme d’habitude on demande à l’office du tourisme quelques endroits pour se loger. La femme -vous remarquerez qu’on se fait souvent conseiller par des femmes- nous indique sur notre carte les auberges ouvertes. Après être passé devant 3 auberges ouvertes, en réalité fermées, on décide de ne pas se risquer dans l’auberge pas cher qui pue la pisse -au premier degrés- que l’on vient de visiter, et on tape dans un hôtel bon marché et nickel.

Moment planification : quand et comment repartir au point suivant ? On retourne au terminal de bus. Surprise, la route pour aller au nord est fermée durant l’hiver car il n’y a personne qui l’empreinte -sauf nous-. Il faut donc retourner à El Calafate -à 3h au sud si les roues ne crèvent pas- pour reprendre un autre bus qui contourne cette route. *respiration profonde* après avoir pesté contre ce système débile, on décide de profiter à fond jusqu’au lendemain après-midi.

Il est 14h, tout ce que l’on peut faire avant que la nuit tombe -d’après notre conseillère à l’hôtel- ce sont les miradors du coin, environ 2h de marche. Sauf que, rappelez-vous, le temps est pourri, mais pas pourri genre il pleut, mais genre la ville, enclavée de montagnes, est surplombée d’un nuage géant. Les miradors sont bien sûr plongés dans les nuages, mais c’est soit ça, soit… rien !

La superbe vue sur la ville de El Chaltén

La superbe vue sur la ville de El Chaltén

Et vas-y Tintin qu’on se tape deux heures de trek, on mettra moins de temps que prévu, en revanche on verra ce qui était prévu : rien. Au moins on aura tenté ! En redescendant -tel des gazelles- on s’arrête au centre d’info du parc national, là le gardien nous dit que vu l’heure on a le temps d’aller voir une cascade à environ 1h de marche, soit 4km, pour le reste c’est foutu, il sera 18h et il fera nuit ! Pourquoi pas, j’ai les pieds défoncés mais vu qu’on repart le lendemain, faut en profiter !

Pour atteindre cette cascade il faut en fait longer la route, ce qui n’est pas top en randonnée, mais toujours mieux qu’avoir des pierres dans tous les sens quand vous avez mal aux pieds. 16h20 on décolle, je souffre, puis Manon aussi, nos petits sacs de trek nous paraissent tel des boulets sur le dos, mais on arrivera à cette cascade 1h plus tard. Franchement, on doit pas avoir le même sens du “kilomètre” car quand vous voyez un panneau “1km” et marchez pendant 25min hein….. Bref, je pense honnêtement -et sans écouter mes pieds- qu’on a frôlé les 6km. La cascade n’était pas magnifique, contrairement à la vallée que nous voyons sur le trajet, avec son fleuve zigzaguant au milieu. Le retour sera douloureux, mais tel des Saint-Bernards, courageux et endurants, nous arriverons à destination sains et saufs, et juste avant la nuit.

Le lendemain matin, un petit déjeuner copieux nous attend, et tant mieux, car ensuite on décolle pour une randonnée de 4h -annoncée à 2h l’aller- pour admirer la Laguna Capri. La veille le gardien de parc nous avait vendu du rêve en nous disant que c’était assez plat, seulement un peu de pente au début. Dans la réalité, après 1h de pente nous rappelant parfois Blue Mountains en Jamaïque, on désespère.

Laguna Capri

Laguna Capri, cherchez Charli

La végétation est assez pauvre, ça donne un côté steppes arides aux montagnes, tout est très jaune, la saison y est pour beaucoup certes, mais il y a surtout beaucoup d’arbres morts, de zones dites en “récupération”. On croisera des cousins de Woody Woodpecker. Tel des loups chassant leurs proies, notre énergie fulgurante nous permis d’atteindre ladite lagune en moins de temps que prévu. Elle était mieux en photo -quand il fait beau- ! On en profite pour également admirer les glaciers environnants, ça vaut le coup, y’en a partout. Ça aurait été encore mieux de plus près, mais c’est à 3h “aller” de là où nous sommes. On prend le chemin du retour, sous la pluie. Sur le trajet aller, après une heure de marche nous avions inscrit dans la terre sur un côté du chemin “MK 1h”, indice précieux pour se rassurer durant le retour de “on arrive quand putain ?”. En repassant dans ce coin, d’autres randonneurs nous avaient copiés, mais eux, on n’arrivait pas à les lire. Rapides et agiles, tel des rapaces, nous parcourons le chemin inverse en moins de 1h30 -en même temps : en descente et sous la pluie, ça motive-.

Cousin de woody woodpecker

Cousin de woody woodpecker

A 17h on reprend un bus increvable direction El Calafate, où nous retournons dormir à la même auberge que précédemment, et dans la même chambre (et à nouveau seuls !). On est content car quand on quitte un lieu, on se dit qu’on ne le reverra pas de si tôt, mais retourner 36h plus tard dans un endroit qui nous a plu nous réchauffe le cœur, tel le ronron d’un gros matou tout doux.

Jeudi 29, nous quittons en fin d’après-midi El Calafate. On espère ne pas se retrouver dans un autre cul de sac, surtout qu’on part pour 27 heures de bus -j’ai bien écrit 27h, oui-. Je publie en réalité cette article juste avant qu’on parte. Oups, changement de plan. En se réveillant jeudi, à 9h, coupure d’électricité… Dans toute la ville ! Du coup impossible de décharger nos appareils numériques, impossible de publier cet article et le plus grave : impossible de prendre nos billets de bus.

En arrivant au terminal de bus, la femme du guichet nous annonce le prix des billets, la conversation ressemblait alors à ça :
– Ça fera donc 210€.
– On ne peut pas payer en CB bien sûr ?
– À cause du problème d’électricité, seulement en espèce.
*qui se balade avec autant d’espèce sur lui sérieux ?*
– Oui mais on n’a pas assez en espèce et forcément on ne peut pas retirer aux distributeurs, donc on pourrait payer à une ville intermédiaire ou bien à l’arrivée, on l’a déjà fait de Rio Grande à Punta Arenas.
– Mais ce n’était pas avec notre compagnie, avec nous ce n’est pas possible de monter dans le bus sans avoir payé, ceci pour des raisons de sécurité.
*ah ben oui c’est dangereux de monter sans payer, c’est sûr*
– Donc si il n’y a pas d’électricité pendant 3 jours on ne peut pas quitter la ville ?
– Je suis désolée ce n’est pas de notre faute.
*t’as raison, fuis le problème !*

Elle ne voulait rien entendre et repartit piailler avec ses collègues dans le bureau voisin. Avec Manon, on est en ébullition. On se voit déjà se foutre sous les roues du bus. 20 minutes plus tard, soit 15 minutes avant que le bus ne parte, une autre guichetière arrive, on lui saute dessus ! Elle nous baratine la même chose, puis on lui lance :
– Et sinon, on peut prendre en espèce un billet jusqu’à la prochaine ville, Rio Gallegos, à seulement 4h, et à ce moment payer un autre billet pour aller à Bariloche ? (Bariloche c’est le terminus du bus, à 27h de là, d’où on prendra un autre bus pour rejoindre l’île de Chiloé)
– Ah ben oui.
– Ben voilà, y’a une solution vous voyez.

Ce qui nous a le plus gonflé, c’est qu’en plus d’être intransigeantes, de n’avoir aucun côté humain, elles n’ont même pas essayé de trouver une solution pour nous aider, alors qu’elles n’avaient que ça à faire, et préféreraient piailler entre elles. On se croyait presque en France ! 😉

Bref, au final, le croirez-vous, ça nous est revenu moins cher de payer en liquide le trajet jusqu’à la première ville et en CB la suite. Allez savoir le pourquoi du comment !

Et vous savez la meilleure ? Sur le trajet, on croise une femme ayant eu une panne de voiture au milieu de nulle part. Elle montera dans le bus et ils la feront payer ensuite… J’ai presque envie de dire : LoL.

El Calafate et son glacier géant

Les tampons des passages successifs de la frontière Chilio-argentine s’accumulent sur le passeport ! Se balader en Patagonie nous oblige à traverser la frontière : mais ça vaut le coup 🙂
Après plus ou moins 5h30 de bus -ce qui passe très vite quand vous avez la tête dans le… – on arrive à El Calafate. Bon apparemment ici y’a principalement un glacier à admirer : Perito Moreno. On descend du bus sur le coup des 14h et on vérifie les activités du coin avec l’office du tourisme, on en profite pour savoir où dormir ce soir. La femme nous met des petites croix sur la carte pour nous indiquer les hôtels dans nos prix, on charge nos gros sacs, et c’est parti !

Après 15 minutes de marche, on se demande si il n’y aurait pas eu une épidémie dans la ville, elle est vide ! On arrive devant le premier hôtel. Il est fermé car en rénovation. Next ! Second hôtel, fermé car en rénovation également ! 10 minutes plus tard, on arrive sur le troisième, et devinez quoi ? Non, il ne sera pas “fermé car en rénovation”, il sera “fermé” tout court. Bref, au bout d’un moment on tombe sur ça :calafate hotel

On trouve ce style “chalet” trop beau, on y pose donc nos (gros) sacs ! C’est en fait un hôtel restaurant, dont les chambres communes rentrent bien dans notre budget. Enfin “chambre commune”, il n’y a que 4 lits, et on est et sera tout seul. On retourne faire un tour pour contempler Laguna Nimez, une réserve naturelle à la périphérie de la ville, qui fait penser à la Camargue. L’ambiance de la ville est de type montagnard, chalets, maisons atypiques : un chocolat chaud s’impose à nous 🙂

Le lendemain on décide de prendre le dernier bus matinal allant au glacier (à 9h30), histoire d’être bien reposé : on nous a annoncé un gros trek de 4h. Manon flippe un peu car la femme nous ayant hébergés à Puerto Natales lui a refilé son mal de gorge. Mais cette journée sera une grosse surprise !

calafate lagunaSeuls les 40€ à payer pour accéder au parc naturel où se situe le glacier nous refroidiront. Sur le trajet les paysages sont sublimes. On aperçoit le glacier au loin, une femme du bus se précipite avec son téléphone pour le prendre en photo de façon très approximative, à croire qu’elle n’a pas bien compris le thème de la journée ! Les gens sont parfois si curieux !

Une petite fringale comblée et on fonce pour ce fameux trek, mais en fait, c’est pas du tout un trek devant le glacier : tous les chemins sont surélevés avec des plateformes de métal et entourés de grosses barrières en bois. Des parcours sont affichés à l’entrée, le plus difficile est annoncé à 1h, du coup, on se dit que là on tombera sûrement sur des paysages encore plus beaux et naturels ! Oui et non (clin d’oeil à Victor) : plus beaux car plus près du glacier, mais toujours des chemins barriérés et métallisés. Ça explique pourquoi on croise autant de familles, de gamins et de vieux ! On est loin du pic de Blue Mountains ou encore du parc naturel d’Ushuaia ! Bref, leur parcours d’une heure est fait en 30 minutes, on enchaîne donc avec d’autres pour admirer le glacier.

Y'a des gens en bas à gauche, si si, cliquez pour agrandir !

Y’a des gens en bas à gauche, si si, cliquez pour agrandir !

Le glacier (oui, je vais enfin en parler !) est gigantesque. Une cinquantaine de mètres de haut, et une profondeur de… en fait on ne voit même pas jusqu’où il s’étend (on apprendra qu’il fait 14km de long, pas étonnant de ne pas voir le bout !). On a essayé de capturer cela en photo, mais comme bien souvent avec de tels paysages, c’est difficile de se rendre compte. On aurait pris des glaçons dans une flaque d’eau avec un petit tas de terre derrière que vous pourriez croire que c’est pareil. Ce type de paysage est vraiment à voir de ses propres yeux, on se sent ridicule, tout petit fasse à ce monde de géant, on s’imagine bien voir arriver une grosse main d’un être gigantesque de par dessus les nuages ! Mais aucune main n’est arrivée bien sûr. En revanche, ce qui est arrivé, c’est plusieurs bruits de craquements provoqués par des morceaux de glace, parfois de la taille de plusieurs hommes, s’effondrant ensuite dans l’eau. Magique, bien que je trouve triste de voir un glacier reculer. On a quand même peiné à voir ces effondrements, on les entendait seulement, mais la faute à la vitesse du son, trop lente pour nous atteindre avant que la glace n’ait touché l’eau. On regrette tout de même de ne pas pouvoir approcher ce glacier à pied de plus près et librement -on aurait pu sauter les barrières, mais il y avait pas mal de gardes du parc qui se baladaient, on n’aurait pas fait long feu !-

Le lendemain, lundi 26 mai, on prend une journée pour se reposer de ce trek épuisant… Non sérieusement : Manon est un peu malade et nous avons besoin de réorganiser nos trajets et points d’arrêt en Argentine car nous avons dû supprimer tous nos points sur la côte est, ne présentant pas d’intérêt en cette saison. Une semaine à répartir ailleurs, basé sur les conseils des personnes rencontrées -ce qui est beaucoup plus pertinent qu’Internet-.

Prochaine étape : El Chaltén, 4h au nord de El Calafate. L’aventure en Patagonie continue !

Rio Grande et les premiers vrais échanges Argentins

Nous sommes le lundi 19 mai 2014, et nous partons en directions de Rio Grande ! Cette ville au nom sulfureux est en fait aussi grande qu’Ushuaia, sauf que c’est une ville paisible -comprenez, il n’y a rien à y faire-. On y va parce qu’initialement c’est sur notre trajet, mais surtout on s’y arrête car un couple de jeunes mariés nous a invités chez eux. Sur le trajet j’aperçois à nouveaux de très beaux paysages, et même des lamas, les premiers que je vois dans la nature, et non en zoo ou en cirque, yes !

Nos hôtes, Ana et Diego se connaissent depuis presque 2 ans et sont déjà mariés depuis 3 mois -ce qui donne des idées à Manon-, ils ont environ nos âges, comme d’ailleurs la majorité des hôtes nous invitant.
À peine Ana nous dépose chez eux, nous rencontrons Diego, son mari, et ils filent chercher un autre couchsurfer : Kanaan.

S’annonce une soirée pleine de souvenirs, Kanaan vient d’Alaska, mais pas en avion ou en bus, non : en vélo ! Il est parti avec 5 potes de chez lui il y a 2 ans pour atteindre Ushuaia, certains ont préféré enquiller plus rapidement, d’autres sont retournés en Alaska, du coup il est tout seul, mais presque à destination ! Ils ont même un blogue, en anglais bien sûr : http://www.atripsouth.com/

Il parle doucement, et reste humble sur son espagnol, trop humble car en réalité il se débrouille mieux que nous ! On apprend donc à se connaître les uns les autres, alternant entre anglais et espagnol.

Entre temps Kanaan m’apprend ce qu’il sait de l’art du maté, une sorte de thé typique de l’Argentine, entourée de plusieurs règles de conduite :
– “Vas-y tu peux goûter mais c’est un peu chaud”
*slurp*
– “AAAAAAH c’est brûlant !”, souffrais-je.
Bref, un garçon adorable, qui est bien content d’atteindre des régions froides après s’être tapé 2 ans d’été !

Nos hôtes nous font une pizza maison, de la pâte à la sauce ce fut en un mot : délicieux !

Le lendemain matin je mets mon réveil à 9h pour dire un au revoir à Kanaan qui m’avait confié qu’il partirait tôt -et on a visiblement la même définition de tôt : avant 11h-
Journée repos, car depuis notre arrivée en Argentine impossible de faire de vraies nuits, on a toujours des choses à faire, et donc des nuits écourtées. Ne nous dites pas qu’on est en “vacances” ! Je vous assure -pour ceux qui en douteraient- que ce n’est pas de tout repos de voyager en changeant d’endroit tous les 2/3 jours.

On s'impose !

On s’impose !

Le soir, on rencontre Marco et Yami, 2 amis fort sympathiques de nos hôtes. Eux aussi ont dans nos âges, mais sont mariés depuis 6 ans ! -Manon bondit-
La rencontre se fait au bowling, où les français (donc nous) s’imposeront en mettant clairement une raclée aux argentins : mes 3 strikes d’affilé en fin de partie les achèveront, histoire de montrer qui est le patron ici -petite référence à Rémi Gaillard et le poker-. Diego nous quitte ensuite car chez eux, avec les amis, ils jouent au foot de 23h à minuit. Un peu tard non ?

Une petite visite de Rio Grande en voiture by night nous confirmera qu’il n’y a rien dans cette ville.
Entre temps, nos hôtes nous ont énormément aidé à planifier notre départ pour notre prochaine destination, et modifier quelques points de notre itinéraire dans leur pays.

Vient le lendemain matin, mercredi 21. Ils nous déposent à la station de bus, la guichetière n’est toujours pas là mais ils doivent partir car ils bossent -eux-.
Il faut à ce stade savoir que la veille on a testé 3-4 distributeurs dans la ville, et aucun ne voulait nous donner de l’argent. D’après Diego, c’est parce que la ville n’est pas touristique. Tant qu’on peut payer par carte, on peut s’en sortir, mais voilà, la guichetière n’a pas l’appareil pour les CB. Argh. Je fonce au distributeur du coin, “no functiona”, je pique ensuite un sprint, 600m plus loin : “no functiona”. Bref, pendant 45 minutes je tombe sur des gens qui m’aident comme ils le peuvent, mais au final impossible de trouver du liquide, quand soudain, le distributeur devant le bus fonctionne ! Mais il ne sera pas d’accord pour nous aider non plus… Fausse joie.
En revenant -bredouille- vers Manon, on nous fait remplir les papiers d’immigration pour le Chili, et à force de négocier, on nous dit qu’on pourra payer une fois au Chili, à Punta Arenas, destination intermédiaire du bus. De là, on espère pourvoir poursuivre le trajet jusqu’à Puerto Natales…

Ushuaia, une VRAIE merveille du monde

Le réveil sonne à 8h, il est l’heure de partir à la découverte de la terre de feu. Chacun enfile son collant doublé polaire, ses grosses chaussettes, un pantalon et en haut tee shirt, sous pull polaire, polaire, grosse veste doublée… polaire bien sûr ! Sans oublier le tour de coup, le bonnet et les gants. On est prêt à affronter le froid. Et on n’aura pas froid de la journée 😀

À cause de la Jamaïque, on reste méfiant dès qu’on nous propose quelque chose, spontanément on demande “combien ça coûte”. Mais les argentins ressemblent plus aux mexicains, ils sont gentils et n’attendent pas d’argent en retour. Eduardo nous a offert des gâteaux la veille et nous dépose gratuitement devant l’embarquement du Catamaran. 40€ pour 2 heures de bateau, c’est cher mais ça en vaut la peine. On imaginait se retrouver à greloter sur le pont du Catamaran mais en fait, on est bien au chaud dans une grande cabine, sur des sièges confortables. On navigue sur le canal de Beagle.

ushuaia phare

Le phare “Les Eclaireurs”

Ce n’est pas la meilleure période pour visiter Ushuaia. On est en hiver et il y a des activités que l’on ne peut pas faire. Par exemple, le tour en bateau dure 5h en été alors qu’en hiver seulement 2h, on va beaucoup moins loin. Mais bon, ça ne va pas nous empêcher de profiter ! Mon seul regret : en hiver, les pingouins ont fini leur reproduction et sont partis au Brésil… On ne les verra donc pas.

Mais revenons à ce qu’on a vu : des paysages magnifiques de montagnes enneigées, des lions de mer, des oiseaux ressemblant à des pingouins, le phare “Les Eclaireurs” (le nom est vraiment en français) et on s’est baladé sur l’île Bridges.

Quand je dis magnifique, c’est plus que ça… Et aucune photo ne pourra vous donner la sensation qu’on éprouve face à ces montagnes. Vous n’avez pas la choix, il va falloir venir voir par vous même ! J’ai rarement été autant émerveillée.

L’après midi, nous avons fait une randonnée dans les montagnes, au glacier Martial. Rien à voir avec Blue Mountains et là, c’est gratuit ! Ça fait plaisir de marcher dans la neige et encore une fois, c’est trop beau !

2h plus tard, on est de retour. Il n’y a pas de taxi en vue pour nous ramener en ville. Notre chauffeur pour l’allée nous avait dit de demander aux gens du restaurant d’en appeler un mais ils sont tous partis en congés annuels ! Il n’y a personne à part un groupe de trois personnes qui reviennent des montagnes. Je les vois se diriger vers leur voiture. C’est notre seule chance, je les suis et leur demande comment retourner en ville. “Pas de problème, on vous ramène”. Et voilà comment on retourne en ville, gratuitement. Ça fait du bien de retrouver des gens serviables.

Quand on se promène en ville, on se croirait presque en France. On s’y sent bien et en sécurité. Ambiance vacances à la montagne.

ushuaia oiseaux

Au 1er plan : nos deux amis rencontrés sur le chemin et pas du tout sauvages !

Le lendemain, on décide d’aller se promener au parc national. Il fait froid mais très beau : ciel bleu et soleil. Le bus nous dépose à 12h30. On a 4h30 avant le dernier bus qui pourra nous ramener et qui se trouve à 8km. On nous a dit qu’il fallait compter 3h de marche, on est large ! Et bien pas tant que ça… Avec nos pauses par ci par là et le fait qu’il faut finalement plus de 3h de marche… On arrivera pile à l’heure, avec une fin un peu stressante à courir à travers la forêt.

Une longue balade donc, plus de 3h de marche sur des jolis sentiers de forêt longeant le canal de Beagle.

Mais surtout, des paysages à nous couper le souffle ! Que d’émotion ! On en reste sans voix… Des vues panoramiques exceptionnelles.
Ça ne peut se décrire avec des mots, ça se vit. Si vous ne savez pas où passer vos prochaines vacances… Bon, c’est vrai, c’est un peu loin…

Les photos sont belles mais ce n’est rien à côté de la réalité. On ne peut pas se rendre compte de l’immensité des montagnes et de toute la beauté du cadre. Même les couleurs sont plus fades. A croire qu’on ne peut capturer ces paysages ! D’habitude les cartes postales sont plus jolies que la réalité mais là c’est l’inverse.

On ne peut qu’admirer de ses propres yeux. C’est ce qu’on a fait et on repart avec des images merveilleuses plein la tête.

Arrivée à Ushuaia, la ville du bout du monde

Le 15 mai on se lève plutôt contents de quitter la Jamaïque, ce n’est pas qu’on regrette notre séjour mais 2 semaines auront été suffisantes pour connaître ce pays.

On a prévenu Courtney (pour ceux qui ne se souviennent pas, c’est le gérant de l’hôtel) qu’on voulait qu’il nous emmène à l’aéroport à 11h. Même en lui mettant la pression, il ne décollera pas avant 12h. Il nous aura fait ch*er jusqu’au bout (un petit rappel : c’est le même gars qui nous a emmené à Blue Mountains). Lors de notre arrivée en Jamaïque, il devait venir nous chercher à l’aéroport gratuitement mais les choses ne s’étaient pas bien enchaînées et on n’avait dû payer un taxi. On lui a donc proposé de se rattraper et de nous emmener gratuitement à l’aéroport mais il a refusé. On a insisté jusqu’au bout car en plus, on a dû retirer de l’argent uniquement pour payer ce transport… Et quand on a des frais pour faire des retraits, c’est embêtant. Bref, c’est sans grande émotion qu’on lui fait nos adieux à l’aéroport.

Comme s’ils s’étaient passés le mot, la dame qui enregistre nos bagages est bigleuse et pas efficace, une demie-heure à la regarder se dépatouiller.
Heureusement, la suite s’enchaîne plutôt bien et cette fois on a le temps de manger avant de décoller. D’ailleurs, en 24h de voyage, on a mangé 4 fois (avant l’avion puis dans l’avion, pour être sûr de manger et ne pas revivre l’arrivée en Jamaïque).

Jamaïque–> Panama –2h
—-5h d’attente—-
Panama –> Buenos Aires –7h
—-2h d’attente—-
Buenos Aires –> Ushuaia –4h

Trois avions et 24h plus tard, on atterrit à Ushuaia. On n’a pas beaucoup dormi. Et petit détail : les contrôles qu’on a passés ne sont pas très strictes… On aurait pu ramener du cannabis (mais on ne l’a pas fait, quelle idée !). De la fenêtre de l’avion, on aperçoit un homme bien emmitouflé, ça sent le froid ! Pour ceux qui pensaient qu’Ushuaia c’est comme dans la pub du gel douche, oubliez tout de suite ces images ! Ushuaia c’est froid et enneigée. Et les gens sont blancs ! On va enfin pouvoir passer inaperçus.

Une dame nous attend avec mon nom marqué sur une pancarte. Elle nous dirige vers un taxi que nous a envoyé l’hôtel qu’on a réservé (on est organisé). Après 2 semaines anglophones, on se remet à l’espagnol, quelle bonheur ! Ça nous avait manqué !

On sort de l’aéroport et là… Quelle émerveillement… C’est magnifique ! J’avais envie de prendre pleins de photos des montagnes enneigées mais ce sera pour plus tard. La priorité c’est de retirer de l’argent… et quelle galère ! Le taxi nous balade dans toute la ville, on essaye tous les distributeurs et finalement on doit faire face à la réalité : on ne peut pas retirer plus de 100€ et pour chaque retrait, on a 10€ de frais… Ça s’annonce difficile.

Le taxi nous dépose à l’adresse de l’hôtel. On est accueilli par un homme souriant, Eduardo. Il nous montre notre “chez nous”. En fait, on a un petit chalet tout mignon rien que pour nous avec cuisine équipée, télé, salle de bain et à l’étage, la chambre. Tout ça pour 25€/j. On s’y sent déjà bien.

Premier repérage en ville pour aller faire des courses : on trouve un Carrefour ! La ville est mignonne, pleine de petites maisons colorées aux toits pointus. Les premiers contacts avec les argentins sont chaleureux et accueillants.

Le froid n’est pas désagréable, plutôt vivifiant et ça nous fait du bien après 1 mois et demi de grosse chaleur. En plus, on aime bien l’ambiance montagne-neige-chalet. C’est aussi la fin des moustiques et des autres insectes.

Au milieu de ce décors fabuleux, je comprends mieux la phrase que j’avais lue dans le routard : Ushuaia est l’un des endroits les plus fascinant du monde.

ushuaia manon