Bilan global du voyage en Amérique centrale et latine (2014)

Ultime article reprenant cette période de notre vie : un bilan, pour les gros points qui nous ont marqués, et ce qu’on a pu placer nulle part ailleurs !

Quelques Chiffres

Budget
Pour 5 mois (hors équipements, avions et pharmacie)

  • prévisionnel : 4200€/personne
  • dépensé : 3900€/personne

-Voir l’article “Budget dépensé en Amérique Latine” pour les détails-

Divers

  • 234h de bus d’Ushuaia à Lima
  • 15 GO de photos et vidéos
  • 4000 photos
  • 5 mois d’aventure en mode routard
Tulum, Mexique

Tulum, Mexique

Points positifs et négatifs par pays

Mexique
– Les plus :

  • les gens souriants, sympathiques et attachants
  • les sites archéologiques
  • le coût de la vie

– Les moins :

  • la chaleur parfois étouffante à certains endroits
  • les moustiques

Jamaïque
– Les plus :

  • la plage de Longbay gratuite, désertique mais surtout magnifique
  • les belles montagnes recouvertes de jungle
  • coût de la nourriture

– Les moins :

  • population pauvre qui nous voit comme des portes monnaie sur pattes
  • excursions hors de prix
  • nourriture très épicées
  • conduite rapide et dangereuse, routes mal entretenues
  • moustiques
Ushuaia, Argentine

Ushuaia, Argentine

Argentine/Chili
– Les plus :

  • les paysages fabuleux
  • la nourriture (Dulce de leche/Manjar, Empanadas)
  • échanger des pesos chiliens en argentins fait gagner de l’argent

– Les moins :

  • manque de chauffage et d’eau chaude quand il fait très froid
  • problèmes pour retirer de l’argent en Argentine (retraits limités à 100€)
  • pourboire de 10% casi obligatoire au Chili
Perito Moreno, Argentine

Glacier Perito Moreno, Argentine

Bolivie
– Les plus :

  • le coût de la vie
  • quelques beaux paysages

– Les moins :

  • la mentalité des boliviens (froids, distants, menteurs)
  • manque de chauffage et d’eau chaude
  • nourriture peu digeste sûrement lié à un manque d’hygiène général
  • haute altitude (=mal des montagnes)
  • routes en très mauvais état sur certaines parties et manque de communication de la part des chauffeurs
  • pas ou peu Internet

Pérou
– Les plus :

  • les paysages fabuleux
  • les gens sympathiques
  • le coût de la vie

– Les moins :

  • attention aux voleurs
  • Huaraz trop bruyant (coups de klaxon perpétuels)
  • excursions chères
Près de Potrerillos, Argentine

Près de Potrerillos, Argentine

Rencontres et couchsurfing
Le Mexique a été le pays ayant la population la plus accueillante et chaleureuse. Avec casiment un mois de couchsurfing, c’était le pays des nombreuses rencontres.
Le Pérou se classe tout de suite après. Moins de couchsurfings mais des gens généralement très sympathiques.
Au Chili et en Argentine, y’a des gens sympas, le couchsurfing est possible mais y’a aussi des gens froids.
Les jamaïcains sont souriants mais il y a toujours un rapport à l’argent qui rend difficile les relations amicales.
Les boliviens sont froids et distants, impossible d’échanger avec eux (en dehors de rares exceptions).

Près de Potrerillos (mais quand même plus loin que l'autre), Argentine

Près de Potrerillos (mais quand même plus loin que l’autre), Argentine

Paysages
On a vu énormément de belles choses mais ce qui nous a le plus émerveillé, dans l’ordre croissant :

  • la Patagonie (Ushuaia, Torres del Paine, el glaciar Moreno) avec ses immenses glaciers et montagnes enneigées se reflétant dans les étendues d’eaux calmes
  • Huaraz (au Pérou) avec ses lagunes bleues turquoises et ses monts enneigés
  • le Machu Picchu (au Pérou), site Inca au milieu de montagnes verdoyantes
  • le désert de l’Atacama (au Chili) avec son sable orangé et ses grands geysers
Geysers del Tatio, Chili

Geysers del Tatio, Chili

Nourriture

  • Respect des végétariens
  • Épicé au Mexique et en Jamaïque
  • Tortillas
  • Empanadas
  • Dulce de leche
  • Milanesas
  • Lamas
  • Cochon d’Inde grillé dans le sud du Pérou (on n’a pas goûté, ça nous dégoutait et attristait visuellement)
  • Bons jus de fruits naturels avec des vrais fruits pleins de pépins et surement sans OGM
  • Poulet à toutes les sauces !

Coutume et habitude commune aux pays
Une seule bise, pas 2, pas 3 (comme en Ardèche du sud 😉 )

Machu Picchu, Pérou

Machu Picchu, Pérou

Nos galères
Le voyage s’est passé sans gros problèmes : pas d’agression, de grave maladie ou de vol (en fait si mais ça compte qu’à moitié vu qu’on a tout récupéré). On a tout de même eu notre lot de petites galères tel que :

  • La journée de Blue Mountain : gravir une montagne sans avoir à manger pendant une journée sous un soleil brûlant et attendre notre chauffeur jusqu’à la nuit
  • Des nuits froides sans chauffage (dormir avec veste, bonnet, chaussettes…)
  • Ne pas avoir d’eau chaude (très nombreuses douches froides ) ou pas d’eau tout court
  • Une nuit blanche et toute la journée dans un terminal de bus en souffrant du froid
  • Le mal de l’altitude
  • Pas manger pendant 24h (pourtant on voulait manger nous !)
  • Pas prendre de douche pendant plusieurs jours
  • Dormir parterre (avec le lot d’insectes que ça inclut), sur des chaises ou dans des bus (pas des bus couchettes bien sûr)
  • Rester dans un bus pendant plus de 24h
  • Être malade au milieu d’un salar dans le froid
  • Retirer de l’argent et ne pas avoir les billets (on a récupéré notre argent 1 semaine avant de rentrer en France)
  • Louper notre ville de destination à cause du chauffeur de bus et se retrouver 3h trop loin
  • Être malade à cause de la nourriture avec pas toujours de toilettes à disposition
  • Se retenir de pisser pendant des heures à en avoir mal au ventre
  • Laver ses vêtements à la main (souvent à l’eau gelée, ou la technique à Kévin : laver sous l’eau tiède pendant sa douche !)
  • Subir la désorganisation des excursions
  • Se faire fouiller nos sacs, voler des vêtements, passer la nuit au commissariat, faire une déposition en espagnol
Huaraz, Pérou

Vue depuis la Laguna Churup, Pérou

Ce que ça nous a apporté

  • La découverte culturelle
  • Ça nous a enlevé les préjugés qu’on avait tels que penser que l’Amérique latine est sous développée au point qu’ils vivent comme en Europe il y a vingt ans : ceci est totalement faux, ils vivent comme nous en France, ils ont des iPads, Internet haut débit et tous les équipements usuels et ménagers courants en Europe.
  • Apres avoir enduré toutes ces petites galères, toutes ces aventures font qu’aujourd’hui on arrive à apprécier les choses les plus simples comme avoir un lit pour dormir, des toilettes ou de l’eau chaude. Et on peut traverser la France entière sans que le trajet nous paraisse long ! (Enfin… Manon a surtout écrit ça car c’est Kévin qui conduit ! hein ? ^^)
  • Un plus gros coeur. Généralement on parle plutôt de gain en endurance (après toutes ces grandes randonnées en haute altitude)
  • De s’être amélioré en espagnol (c’est agréable de passer de “notion” à “courant” *sentiment de fierté*)
  • Des paysages fabuleux pleins la tête, que les photos nous rappellent, mais croyez-nous, les photos, c’est vraiment que des photos
  • De nombreuses bonnes rencontres qu’on n’oubliera jamais, car l’aventure aurait été tellement différente sans eux : Jorge notre premier couchsurfing, Alexandro de Villahermosa, Gerry et Magaly, Melissa et Sarah, Alejandro de Puerto Maya et Eliana, Mariela, Joel le petit con qui nous a fait pleurer au moment des aurevoirs, Rastaman, Diego de Rio Grande et Ana ainsi que leurs amis Marcos de Rio Grande et sa femme Yumi, Matthieu le québécois, Andrés et Teresa, Diego et Marcos de Córdoba, Tifany la mexicaine baroudeuse sans appareil photo (tout dans la tête !), Paul le français croisé dans l’Atacama, les espagnols David et Rachel, Marion et Halim du sud de la France, Justine, Kevin (AQP rocks !), Maria l’hollandaise, les lituanniennes Gintė et Ieva, Aude, Cathia (sosie de toi Magali !) et Julien encore 2 français, Florian le roux tout fou de Lyon, Edgardo… Et tout ceux dont on n’a pas su le nom, sans qui ce voyage n’aurait pas pu être aussi enrichissant.
Laguna 69, Pérou

Laguna 69, Pérou

Cette aventure fut donc extrêmement enrichissante (qui l’eut cru !), beaucoup de personnes nous ont suivis via ce blogue (ce qui nous a fait vraiment très plaisir !), on a rencontré plein de gens de tous les horizons, on s’est ouvert l’esprit encore plus qu’il ne l’était, bref, une page se tourne, mais le côté positif (parce qu’être positif, c’est mieux quand même dans la vie), c’est qu’une nouvelle page est déjà en cours d’écriture, sûrement plus courte, mais tout aussi excitante que celle-là le fut. Comme on l’a énormément entendu durant le voyage, rien de tel que clôturer sur un précieux mais puissant émotionnellement : ¡ Que le vaya bien !

Ushuaia

Ushuaia

PS : une petite surprise en 360°, juste >> là <<

Les chiens errants

En France, on ne voit pas beaucoup de chiens errants. Les toutous qui n’ont pas de foyer sont en général envoyés à la SPA ou dans des refuges.

En Jamaïque, il y a tellement de pauvreté, tellement de personnes qui vivent dans la rue que les chiens sont loin d’être leur préoccupation. Du coup, ils vivent dans la rue également et tentent de survivre. Survivre est le mot approprié. Ils sont si maigres qu’on voit leurs côtes, les femelles ont les tétines qui pendent, ils sont sans cesse à la recherche de nourriture, à fouiller dans les déchets et ils ont tous ce regard triste dans lequel on devine leur détresse. Ils ne sont pas agressifs pour autant. Ils cherchent du réconfort auprès des Hommes et une caresse suffit à les rendre heureux, au moins pour quelques instants.

En Argentine et au Chili, il y a autant de chiens errants qu’en Jamaïque. Il y en a partout : dans les grandes villes, les petits villages, les arrêts de bus isolés, les lieux publiques…
Mais nous avons constaté une grande différence : ils ne sont pas maigres et n’ont pas ce regard triste qui nous faisait tant de peine. Ils sont même plutôt bien portants, avec une épaisse fourrure pour se protéger du froid, de vraies peluches vivantes !
Le sujet m’a beaucoup intrigué, j’ai donc mené ma petite enquête.

chiens errants 3Il y a des associations qui tentent de s’en occuper mais il y en a tellement que ce n’est pas demain la veille que le “problème” sera réglé. J’ai mis problème entre guillemets car après avoir pris du recul sur la situation, je ne suis plus certaine que ce soit un réel problème. En effet, les chiens n’ont pas de foyer fixe mais ils ne sont pas malheureux pour autant. Ils vivent parmi les hommes sans poser de soucis. Ils ne sont pas agressifs et même au contraire, assez câlins. Ils sont solidaires entre eux. C’est assez beau de voir un groupe de 5-6 chiens de races complètement différentes qui partagent leur quotidien.
Ils n’ont pas une famille attitrée, leur famille c’est tout le monde. Les gens les nourrissent, les câlinent, les aiment et les soignent ! Ils ne laissent pas un chien malade agoniser, ils amènent les chiens en difficulté dans un centre vétérinaire où ils sont soignés.

Bon, on n’est pas dans le monde des Bisounours non plus (ou de Oui-Oui comme dirait mon oncle) ! Il y a des chiens malheureux et je préférerais les voir dormir dans un endroit chaud et recevoir tout l’amour dont ils ont besoin et qu’ils n’ont pas forcément dans la rue.

Au final, qu’en pensez-vous ?

Personnellement, je trouve que ce n’est pas agréable de voir des animaux sans famille sous nos yeux mais je pense que ce n’est pas mieux de nier le problème en les enfermant dans de toutes petites cages dans des refuges de type SPA, où ils finiront par être euthanasiés ! En plus, les SPA ont besoin d’argent et de bénévoles pour s’en occuper, alors qu’en Argentine et au Chili les chiens vivent parmi les hommes dans la rue : le “problème” s’auto-gère, avec moins de moyens qu’en France et avec un meilleur bien-être animal. (Petite parenthèse : on n’a pas vu de chiots, je pense qu’ils ne survivent pas forcément tous dans ces conditions et que de ce fait, le nombre de chiens errants n’est pas en train d’augmenter exponentiellement : on a à nouveau une autorégulation.)

Ça ne règle pas le problème de les laisser vivre dans la rue où ils continuent de se reproduire. D’ailleurs, je ne dis pas que c’est LA solution ni même une solution ; mais je pense qu’ils ont une vie meilleure dans la rue, à être libre de se promener, courir, sentir, manger, boire, aimer, bref vivre plutôt que dans une petite cage à attendre la mort ou que quelqu’un, peut être, vienne les adopter.

chiens errants 2

(Des chiens errants également en Bolivie et au Pérou, dans les mêmes conditions qu’en Argentine et au Chili, peut être en nombre moins important, à moins qu’on se soit habitué à les voir).

Jamaïque, le bilan

Après ces deux semaines en Jamaïque, voici ce que nous en retenons, sachant que nous avons passé la majorité de notre temps du côté non touristique de l’île, le nord-est.

Les gens, la mentalité
C’est un pays pauvre, il y a beaucoup de SDF dans les rues et de chiens errants n’ayant que la peau sur les os… Ça fait peine à voir.
Les touristes blancs comme nous se font vite repérer, avec le grand cliché blanc=argent… Du coup pour nous les prix sont autant élevés que dans un pays riche. Les gens peuvent être gentils mais derrière leurs sourires, ils espèrent obtenir de l’argent. À la moindre occasion, ils gonflent les prix ce qui nous donne l’impression de se faire arnaquer. Rien n’est gratuit, même leur gentillesse. Ce qui est le plus énervant, c’est qu’ils n’annoncent pas à l’avance le montant qu’on va leur devoir. Plusieurs fois on a insisté, on a bien demandé, même fait écrire sur un papier le détail et à la fin le montant annoncé est finalement doublé.

Le contraste avec le Mexique est énorme, quand on repense à Alejandro qui a passé son dimanche à nous balader gratuitement et qui a insisté pour nous payer le restau, alors qu’il nous hébergeait déjà gratuitement chez lui…

Heureusement, on a fait une bonne rencontre, notre Rastaman (qui se fait vraiment appeler comme ça), qui a illuminé notre séjour.

Hébergement
– Vous l’aurez compris, en Jamaïque, le couchsurfing ça n’existe pas ! Les gens ne sont pas accueillants mais vénals, ce qui ne correspond pas à la mentalité couchsurfers.
– Pour les rencontres, nous avons préférés les “guest house” (maisons d’hôtes) plutôt que les hôtels, on en trouve à de très bon prix tant que vous n’êtes pas exigeants. Point important : avoir une moustiquaire pour le lit !

Les transports
– Aucune compagnie de bus sur l’île, uniquement des minibus. Sinon vous avez aussi les taxis mais ces derniers sont facilement hors de prix pour de grandes distances. Tout ce petit monde fait des trajets dont seul les locaux connaissent où ils s’arrêtent et vers quelle heure.
– Conduite quasi toujours rapide et dangereuse
– Des taxis officiels (=plaque d’immatriculation rouge) et non officiels.
– Routes mal entretenues, en piteux états. En montagne, manque de visibilité sur des petites routes car la végétation est laissée telle qu’elle (ce qui ne les empêchent pas de conduire vite et déborder sur la route d’en face à la sortie du virage)
– On roule à gauche ici

Les paysages/la nature
– Ils trouvent exceptionnels leurs paysages et activités, alors que pour la plupart ils ne sont jamais sortis de la Jamaïque. Du coup beaucoup de déception car les paysages n’ont rien d’exceptionnel : une cascade qui ne vaut pas le coup de marcher 1h à se péter une jambe, un pic nul, un lagon bleu … vert. Bref. On ne se risquera pas à leur rafting (balade sur l’eau qu’ils ont tous voulus nous vendre)
– On retient néanmoins la paradisiaque plage de Long Bay et les belles montagnes recouvertes de jungles

La nourriture
– Repas épicés dans 95% des cas et sans avertissement : du coup malade souvent, nos intestins ont souffert
– Peu de diversité. Plat que servent tous les restaurants : poulet, riz, crudité

Le climat
– Chaud mais gérable, sauf quand le soleil est au Zénith : cachez-vous.
– Les températures descendaient pas mal la nuit, plutôt agréable pour rafraîchir !
– Beaucoup de pluie la nuit et le matin à Port Antonio

Le coût de la vie en bref
– 1L d’essence = 1€
– Au Burger King (on n’a pas croisé de Mac Do cette fois 😉 ), menu le moins cher (burger de poulet+frites+boisson) : 3€
Généralement on mangeait le midi ou le soir pour 2 pour 6€ (1000JMC), ou 10€ dans les restaurants, très bonne surprise ! -sauf que c’était trop épicé…-

Notre budget
En ce qui concerne notre budget, on aurait pu l’exploser mais on a vite changé nos plans et grâce à notre nouvel objectif (ne pas voyager du côté touristique, limiter les arnaques et activités décevantes), on a réussi à économiser 20% du budget prévisionnel :

– budget prévisionnel : 588€ soit 42€/j/personne
– budget dépensé : 460€ soit 30,61€/j/personne

Les petits plus
– “Yeah man”, à toutes les sauces
– Dans le ciel, la Grande Ourse est à l’envers – si si, je vous jure, et on n’était pas sous l’emprise de drogue !-
– Les moustiques, agressifs nuits et jours. Les anti moustiques n’y feront rien, on aura en permanence 5-6 boutons éparpillés ; en quittant la Jamaïque, Kévin aura 26 boutons sur les pieds. Ça pique !

En bref
Grosse déception de la mentalité des gens, mais toute expérience est bonne à prendre, et on s’est fait notre propre avis sur la Jamaïque : nous n’y retournerons pas !

Si vous y passez, allez voir le fameux Rastaman à Port Antonio, ça vaut le coup !

Jamaïque : préjugés versus réalité

On a classé en 2 catégories VRAI ou FAUX tous les préjugés fréquemment rencontrés, que les français ont, ou que nous avions, sur la Jamaïque et ses habitants.

VRAI

– Le cannabis n’est pas cher : minimum 5 à 10 fois moins cher qu’en France.
– Tout le monde fume du cannabis : vous en sentez partout, en passant dans des quartiers, dans des villes, dans la rue, et 9 personnes sur 10 que nous avons croisé était un consommateur régulier.
– Les gens sont tellement cool qu’il disent “Yeah man” : c’est juste un toc de langage mais employé par tout le monde envers tout le monde.
– Ils n’écoutent que du reggae : 80% de ce qu’on entendait en était. Mais les hits mondiaux et rock des années 80 étaient également bien présents.
– Il fait chaud : effectivement, 25-30° pendant notre passage au mois de mai

FAUX

– Le cannabis est légal : pas du tout.
– La majorité sont des rastas et ont donc des dreadlocks : beaucoup sont rastafariens, mais peu ont des dreadlocks.
– Philosophie cool : à les entendre oui. Dans les faits, la notion d’argent est omniprésente et ils réclameront tout le temps un pourboire par-ci par-là, au cas où vous cèderiez.
– Hyper sociables et accueillants : tout comme la philosophie, c’est à double tranchant, y’a un intérêt derrière si vous êtes repérés comme touriste. Nous n’avons pu faire aucun couchsurfing, personne ne nous a accueilli -une hôte nous a proposé de venir… mais de payer pour rester, nous avons refusé puisque cela sort du cadre du couchsurfing-
– Que des belles plages aux eaux transparentes (normal, c’est la mer des Caraïbes) : seulement quelques-unes en réalité. Beaucoup de littoraux ne sont pas aménagés, ou sont des plages de cailloux, ou encore du sable noir/de la terre. L’eau n’est pas claire partout non plus.
– C’est super beau : bien que la beauté soit somme toute relative à chacun, nous avons trouvé que les paysages n’avaient rien d’exceptionnel. Il y a quelques belles plages, quelques belles montagnes, mais ce n’est pas d’après nous “super beau” ou un lieu à voir absolument avant de mourir.

Suite et fin à Port Antonio

Dimanche 11 mai 2014

Rastaman nous a parlé d’une randonnée sympa à faire dans le coin. Sauf que le mot “randonnée” nous rappelle direct Blue Mountains (pour ceux qui ont lu l’article, vous comprendrez que ça nous fait peur). Rastaman nous affirme que c’est tranquille et pas aussi dur que Blue Mountains (qu’il connaît bien, pour l’avoir fait plusieurs fois). Plus qu’un détail à vérifier, le prix : 40€ pour nous deux… Un peu cher mais ça rentre dans notre budget et comme on ne dépense pas beaucoup depuis quelques jours, pourquoi pas ! Direction donc “Treager falls clear spring”.

Rastaman appelle son frère qui va nous accompagner. On fait donc la rencontre de “Spaceman” (il se présente sous ce nom), un peu plus jeune que son frère et rasta également. Ils nous font rire avec leurs surnoms. J’avais envie de dire “et nous on s’appelle Spiderman et Catwoman”, non sérieusement, c’est étonnant de se faire appeler Spaceman.

Mais revenons à la balade : 1h de marche à travers la jungle, passant par un ruisseau dont les pierres sont extrêmement glissantes. On ne s’attendait pas du tout à ça. Ce n’est pas une balade tranquille. Pas de sentier, Rastaman nous fraye un chemin avec l’aide de sa machette. On escalade, on enjambe des troncs d’arbres, on glisse sur des rochers. On avance lentement parce que chaque pas est dangereux. Même en faisant attention, Rastaman est tombé deux fois et moi une fois, ouille ! Mais rien de cassé.

On croise un énorme cochon qui se baigne dans la boue dans le lit de la rivière, des tout petits oiseaux verts (exactement le même vert que les feuilles des arbres, faut avoir l’œil pour les voir) et des araignées.

On atteint finalement le but de la balade : une cascade. Pas très impressionnante. Quand il pleut beaucoup, le débit est plus fort mais là elle est très petite. C’est beau mais on a vu mieux et tout comme Blue Mountains, ça nous embête de payer pour voir ce genre de chose. Se balader dans la nature c’est sympa mais ça devrait être gratuit…chutes rasta

On se pose au bord de l’eau, Rastaman nous coupe un fruit avec sa machette, je trouve ça bon mais Kévin n’aime pas, trop acide pour lui. Au niveau du goût, ça se rapproche de la mangue, fruit très présent en Jamaïque et au Mexique, tout comme la banane. (J’adore les fruits… sauf les bananes et les mangues…Tant pis pour moi.)

Pendant que Kévin tente de crapahuter de l’autre côté de la cascade (qu’il n’atteindra pas à cause de la présence d’un trop grand nombre d’araignées), Rastaman me dit -en traduisant mot à mot- : ” quand vous serez mariés, il faudra que tu donnes des enfants à Kévin”. Oui… Déjà qu’il a expliqué à Kévin ce qu’il faut me donner à manger et quand me faire l’amour pour avoir plus de chance d’avoir des enfants, je crois qu’on a reçu le message, faisons des enfants (c’est prévu mais pas en Jamaïque). Ensuite je n’ai pas trop compris (j’ai toujours du mal avec l’anglais et j’étais seule avec lui), il m’a demandé la pointure de chaussures de Kévin, ce à quoi j’ai répondu “42” et suite à cette réponse, il m’a dit que c’était très bien, qu’il fera un bon mari pour moi… Ai-je bien compris la question ?! Bref, conversation un peu tordue…

Après une demie heure de pause, on fait le chemin inverse mais Rastaman nous fait passer un peu plus dans la montagne pour éviter la rivière trop “patinoire”. Du coup, c’est un peu plus facile mais toujours aussi sportif.

On attend un moment pour trouver un taxi. En fait, il faut attendre au bord de la route et espérer qu’il y en ait un qui passe… Et il y a très peu de voitures qui circulent. On se retrouve dans un mini bus, serré ou plutôt écrasé les uns contre les autres.

Le prix de cette journée : on a payé la part de taxi pour nous et les deux frères (5€); et 40€ pour eux, pour avoir été nos guides. Rastaman le mérite, il m’a souvent aidée et nous a ouvert la route. Heureusement qu’il était là. Mais son frère en revanche ne nous a pas parlé, a emprunté son propre chemin à l’allée et au retour, on ne l’a pas vu ! À la pause, il s’est assis loin de nous. En gros, on ne s’est pas rendu compte qu’il était là, il s’est fait balader et on doit le payer… Au final, un peu cher la balade qui n’en valait pas tant la peine.

Lundi 12 mai 2014

C’est l’anniversaire d’une personne qui lit régulièrement notre blogue, elle se reconnaîtra 🙂

Ça fait un moment qu’on parle de Long Bay, à chaque fois qu’on devait y aller, l’un de nous était malade, on a perdu 3 jours et finalement on y a passé la meilleure journée de notre séjour. Du coup, on aurait voulu y retourner plusieurs fois. Si on pouvait remonter le temps, on irait à Long Bay plutôt que faire la randonnée de la veille mais bon… Il nous reste aujourd’hui pour en profiter une dernière fois.

Tout est contre nous : on est lundi et le lundi en Jamaïque, coupure d’eau à partir de 19h donc ne pas rentrer trop tard pour les douches. On pense y aller tôt mais il pleut tout le matin. Ensuite mal au ventre pour moi puis au tour de Kévin et finalement encore moi. Tant pis je n’écoute pas mon corps, j’ai décidé d’y aller, rien ne nous y empêchera… ni la pluie, ni le mal de ventre, ni même le taxi qui n’arrive pas à démarrer (pendant 10 minutes) ! Re mal de ventre rapide quand on arrive à Long Bay puis la poisse disparaît.

1h de baignade à s’amuser avec les énormes vagues, parfois un peu trop fortes… Je me suis fait peur plusieurs fois, à me retrouver emportée, à rouler dans la vague. Certaines nous claquent violemment le dos et tentent de nous deshabiller. Mais j’avais anticipé ce dernier point et mis un maillot de bain une pièce.

À peine sortis de l’eau, un gars qui avait dû nous repérer, vient nous accoster pour qu’on vienne manger dans son restau. Mais nous on s’en fout, il nous reste 20min avant de rentrer, on a retrouvé nos âmes d’enfants, on veut faire un château de sable. Bon, en 20min il n’est pas top, je suis sûre que je me débrouillais mieux petite, le manque d’habitude sûrement, des capacités qu’on ne pense pas à entretenir…

On arrive à temps pour la douche et le repas que Rastaman nous a préparé.

Le lendemain, c’est le depart. Pendant qu’on savoure le dernier petit déjeuner que Rastaman nous a préparé, il nous tend deux belles ceintures aux couleurs rasta qu’il a fabriqué lui même et qu’il nous offre. Quelle surprise, dans un pays ou rien est gratuit… il doit bien nous aimer et c’est réciproque… On n’a rien à lui offrir en retour mais on compte lui envoyer des photos quand notre voyage sera terminé. Ce qui n’est pas pour tout de suite !

Un bus de 2 heures et un taxi plus tard, nous voilà de retour à Kingston, plus précisément à Kingsworth, le même hôtel que pour notre arrivée, perdu dans les montagnes et rempli de chats 😀

2 nuits et une bonne journée pour nous ressourcer dans ce petit coin de paradis avant de nous envoler vers notre prochaine destination, la Terre de feu… Ushuaïa !

Les SDF et la ville de Port Antonio

Le soir, on a pris l’habitude de se balader en ville, manger un bout -à 7€ pour 2 ça vaut le coup- faire un tour dans un cybercafé, mais également de se taper les SDF et autres racauleurs.

Si au début ils sont toujours gentils à parler de tout et n’importe quoi, au bout de 5-10minutes ils deviennent vite insistants à nous demander subitement de l’argent. S’en débarrasser nécessite de la spontanéité et de l’originalité. Mais ça fonctionne plutôt bien. Un soir on retombe sur un “jeune physiquement” (on lui donnerait 23 mais il a 35 en réalité) que l’on avait déjà vu un autre jour. Après lui avoir répété que nous n’étions pas des portes-monnaies percés ambulants, on va au cyber café du coin, et en ressortant on se dirige vers un snack pour combler notre faim. À peine posé, voilà que j’entends “Hey doctor, hey french, hey France”, le jeune “vieux” est à la porte du snack. Je lui fais signe de venir. Il dit qu’il ne peut pas entrer, qu’il n’a pas le droit, alors je lui fais signe de nous laisser tranquille car là on mange, mais il insiste et continue de nous appeler. Je dis à Manon de l’ignorer. Au bout de 2 min, c’est une femme du snack qui le vire de devant la porte.

Si je raconte ça, c’est parce que ce genre de situation n’est pas facile à gérer. D’ailleurs on le vit différemment avec Manon. D’un côté Manon serait plutôt sur la pitié, à lui donner un bout de notre nourriture. Car un minimum d’empathie nous prend et sur le fond il fait de la peine, on est humain. D’un autre côté, on n’est pas mère Thérèsa, je ne viens pas ici pour filer de la bouffe et claquer notre argent à tout ceux que je croise, car soyons cohérent, soit on donne à tous, soit aucun. Car comment faire du favoritisme, pourquoi donner à l’un et pas à l’autre ? Ce soir là je me dis qu’on est à Port Antonio depuis 4j et pour encore autant, il est 22h, y’a des SDF tous les 20 mètres dehors, la pauvreté est présente partout, et si je lui donne quoique ce soit, demain lui et 2 de ses potes reviendront. On était une dizaine dans le restau, il ne nous demande qu’à nous, pas aux autres -aux jamaïcains-, seulement aux 2 blancs, qui ne passent d’ailleurs pas inaperçus sur ce côté de l’île où l’on ne croise aucun touriste. Bref, le gars on lui dit qu’on travaille dans la biologie, et j’insiste volontairement en disant qu’on est des simples techniciens de base, tout pourris, et qu’on voyage avec le moins d’argent possible, et il résume ça à “docteur, blancs, argent”.

Plus haut je vous disais qu’on se baladait en ville, mais à quoi ressemble t-elle ? Car ça vaut le coup d’œil.
Je ne sais même pas par où commencer. Ah si. Déjà, Port Antonio c’est la plus grande ville du Nord-Est de la Jamaïque, yeah man ! C’est aussi les rues les plus pourries qu’on n’a jamais vues pour une ville, yeah man ! C’est également une ville où à chaque coin de rue y’a une voiture, un bar, ou une maison qui a la sono à fond pour nous faire partager sa musique, yeah man ! Manon a été pas mal choquée par l’effet bidonville, route pourries que dégage la ville. Les toits sont du style à s’envoler à la prochaine tempête. Les façades sont pourries, bref, une photo parle très bien pour ce qui est du visuel du centre ville -en-tête de l’article compris-

une allée typique du centre ville de port Antonio

une allée typique du centre ville de port Antonio

Personnellement, je trouve juste cette ville typique, c’est le côté jamaïcain, le vrai, non développé pour accueillir des tonnes de touristes, ce qui explique que l’on puisse être déconcerté si on s’attend à trouver des rues bitumées en centre ville, des trottoirs et des bâtiments non vétustes aux couleurs assorties. Le côté ordures qui traînent et les odeurs d’égouts sont parfois gênantes. Pour vous transporter pas le choix : taxi ou minibus que vous appelez depuis le bord de la route. Les prix sont aléatoires, donc si vous arrivez tout juste ici, vous vous ferez avoir si personne ne vous prépare aux tarifs approximatifs pratiqués habituellement pour telle ou telle destination -notre exemple pour aller à Blue Lagoon le premier jour est parlant, payer 350 chacun au lieu de 100-

Port Antonio est au bord de la mer des Caraïbes, pourtant, ses seules plages sont minuscules et soit rocheuses, à cailloux, soit à sable noir avec des ordures flottantes. Seule exception : la petite plage qu’on a trouvé par hasard à la périphérie est de la ville ; et encore, au bout de 3 mètres dans l’eau on avait des roches sous les pieds, et au bout de 10 mètres des algues. On est loin des plages idylliques comme celle de Long Bay.

Néanmoins, il faut préciser que Port Antonio est une ville paisible. Sûrement le fait qu’il y ait le poste de police en plein centre, c’est pourquoi on se permettait d’y passer le soir -je rappelle qu’il fait nuit à 19h15 ici !-

Si vous voulez vous faire votre propre idée de la Jamaïque, au delà des livres, reportages et blogues, je vous conseille vraiment de passer quelques temps dans cette ville, cette atmosphère, très différente des grosses capitales de type Kingston.

Port Antonio et nos petits plaisirs

Enfin des bons moments qu vont s’enchaîner en Jamaïque !  Yeah Man !

Tout d’abord les eaux chaudes sortant de la montagne. La voiture se gare et se fait immédiatement entourée d’une dizaine de personnes. Comme d’habitude ils parlent en argo, donc on comprend rien, ce qui crée une ambiance assez gênante et invasive. Mais bon, je les ignore pour ne pas me disperser, et fixe Rastaman pour comprendre le comment du pourquoi. Il nous dit de suivre l’un des gars, le groupe en fait, ok. On marche alors 2-3 minutes sur des sentiers relativement crados, on se met alors en maillot de bain, prenant sous le bras notre serviette et nos sacs -ces détails ne sont pas inutiles vous verrez-. Deux minutes plus tard on arrive dans un ruisseau, argh, c’est froid. Soudain, argh, c’est chaud. Trop chaud ! On dépose nos affaires sur le côté, un gars s’occupent de Manon -grrr- l’autre de moi. Un autre nous demande si on a un appareil numérique pour nous prendre en photo. Il me demande ensuite si j’ai ma propre serviette, ben non, on en a une pour 2… erreur !

port bainIls nous disent de s’asseoir sur des roches se trouvant sur le ruisseau. C’est pas confortable, mais c’est relativement atypique tout de même ! On se fera plus ou moins masser sur ces roches dans un lit de ruisseau, où régulièrement on nous verse de l’eau chaude -limite brûlante-  sur le corps. Soudain j’aperçois qu’ils balancent sur Manon notre serviette censé nous essuyer ! En fait elle est imbibée d’eau chaude. Bon, ben on ne s’essuiera pas à la fin. On nous met ensuite de l’argile sur tout le corps, mais je sens une discrimination, le type qui s’occupe de Manon lui en met sur le visage, alors que moi il me laisse m’en mettre -re-grrrr-. Peut-être que le type qui s’occupait de moi avait des pulsions homosexuelles qu’il peinait à contrôler, je n’en saurai pas plus. Quelques lavages eaux chaudes/eaux froides plus tard, et nous voilà repartis. Le gars qui a fait les photos demande un pourboire, il aura un euro, -Manon est trop généreuse, je n’aurais rien laissé- faut pas déconner non plus, la moitié des photos sont floues car il a modifié les réglages que j’avais mis quand je lui ai confié.

Cette petite séance d’environ 30 minutes coûte tout de même 15€ chacun ($2000JMC). On apprend alors que le taxi nous coûte 40€ pour la journée. J’ai vraiment du mal avec ça. Un transport qui coûte plus que l’activité même. D’autant que le chauffeur a profité aussi des eaux chaudes… En plus il conduit comme un pied, vous voyez souvent des gens qui visent les nids de poules au lieu de les éviter ? On a trouvé cet homme, il est ici. Cependant, sans lui et Rastaman, l’escapade en taxi nous aurait coûté plutôt 65€. Vous vous dites, non mais y’a sûrement des bus ou quoi pour y aller pour moins cher, mais pas du tout. C’est comme ça que vous voyez qu’il est très facile d’exploser notre budget de 90€/j pour 2 très facilement ! … et en ne faisant pas grand chose, soyons honnêtes ! (Ajoutez le prix de la nourriture et le logement pour exploser cette journée).

Sur le chemin du retour on s’arrête manger à Long Bay. Bon, c’est vraiment trop beau, c’est clair : le lendemain, on y va !

Le lendemain, vendredi 9 mai, Manon est malade -probablement une ruse pour avoir de l’attention-. À ce stade on se dit qu’il faut arrêter de prévoir d’aller à Long Bay, à chaque planification on tombe malade. Pendant que Manon commate et se fait chouchouter, Rastaman m’explique quoi lui faire à manger et quand faire l’amour pour avoir des bébés plus facilement. Bon, c’est pas que c’est un peu tordu comme conversation, mais bon, je m’y attendais pas quoi.

Manon se sent mieux en fin de journée. En marchant un bon 3/4 d’heure sur le bord de mer, on tombe à l’extérieur de la ville, sur une pancarte : “Kingos stress free park”. Ooooooh un truc gratuit en Jamaïque ! En même temps , nous on ne fait que se balader le long de la mer là, nulle envie de se faire racketter. On avance à tâtons, et en levant les yeux, waou, un arbre géant et…. indescriptible. Du coup, photo :
 port arbre
Un type avance alors vers nous. C’est un canadien bénévole pour entretenir le site. Il baragouine quelques mots de français au passage, et tout ça pour au final nous dire de ne pas hésiter à laisser une petite contribution. Mouais. Derrière l’arbre on aperçoit une petite plage, toute mimi, un petit coin reposant. Ah mais j’oubliais !!Pendant tout ce temps le long de la mer on a eu de la compagnie, une chienne qui nous suit, se laisse caresser, nous regardera nous baigner, vient quand on l’appelle. On se demande si elle aussi nous demandera quelque chose, elle est sûrement jamaïcaine, et ne fait donc rien gratuitement. Elle nous suivra jusqu’à ce qu’on retourne en ville, mais contrairement aux Hommes, elle, comprendra qu’on n’a rien à lui donner et n’insistera pas lourdement.

Petite devinette : le soir même, allongés dans le lit, dans le noir, une lumière se déplace au plafond de la chambre… Devinez ce que c’était 🙂 on en n’avait jamais vu, et il a fallu venir ici pour ça !

Après une nuit à somnoler à cause d’un con de coq qui fait le fanfaron dès 3h du mat, on se lève à 11h bien tapé, nous sommes le samedi 10 mai, 2014 bien sûr. Et aujourd’hui, on est chanceux ! On a réussi à mixer Long Bay et le fait de ne pas avoir mal au bide !

Vous le croirez ou non, mais cette journée, on ne se fera ni emmerder ni arnaquer -juste une bouteille d’eau a 200JMC, alors que ça coûte 50-, presque une première en Jamaïque. Le taxi pour aller et celui pour revenir ne nous font pas d’extra à la mort moi l’noeud. Long Bay en une photo, c’est ça :
avec moi devant, histoire de montrer que j'y étais...

avec moi devant, histoire de montrer que j’y étais…

C’est juste ce qu’on imagine VRAIMENT de la Jamaïque en terme de glandouille, non ? Grosses vagues, eau tiède, et…. personne ! Vive les plages hors sentiers touristiques, et gratuites. On aura bien un vieux reggae man qui se balade avec son poste CD sur la plage et “Oh putain des blancs !” tente de nous vendre son album de quand il avait 24 ans (maintenant 51). Bon son, mais vu notre voyage, on prend son adresse courriel uniquement (bonne technique pour se débarrasser des relous).

Cet article s’arrête ici, car la suite, ça n’a pas été un petit plaisir…

Le repos à Port Antonio

Nous sommes mardi 6 mai, je passerai la journée au lit, à dormir et somnoler, non pas que j’apprécie énormément d’être une loque, mais je suis malade (pour ceux qui auraient zappé l’article précédent). Rastaman et Manon sont aux petits soins ! C’est là que vous êtes content de ne pas voyager tout seul !

Petite pensée pour mon géniteur, c’est son anniversaire, mais j’ai aucun moyen de communication ici, pas grave, je lui envoie des pensées positives. Ça fonctionne sûrement -on y croit en tout cas-.

Bref, journée repos. Le lendemain, Manon est crevée. Elle s’est battue toute la nuit avec un moustique qui s’était immiscé DANS la moustiquaire, et nous a bien éclaté. En revanche, la journée sera beaucoup plus intéressante que la précédente.

Rastaman a son propre jardin, et n’a besoin d’aller en ville que pour acheter viande ou poisson. Tout le reste (ou presque), ça vient de chez lui. Ainsi, on goûtera une noix de coco toute fraîche, piochée de son cocotier. A ce moment j’eue une petite pensée pour nous, français, quand on se retrouve face à une noix de coco, et qu’on n’arrive pas à l’ouvrir. Rastaman vous fait ça en 3-4 coups de machette !
Dans l’après-midi notre vieux rasta nous emmène à travers les broussailles derrière sa maison. On a alors une petite vue de la ville. En continuant on tombe sur des chocolatiers, on prend l’un des fruits, et on retourne à la maison, esquivant de peu la pluie.

Graines blanches : toutes justes sorties du fruit. Graines marrons : séchage d'une semaine à l'air libre

Graines blanches : toutes justes sorties du fruit. Graines marrons : séchage d’une semaine à l’air libre

Là on assistera au traitement du chocolat depuis sa cueillette jusqu’à son utilisation ! Tout d’abord il fout quelques bons coups de machettes sur le fruit. Il en extrait la grosse grappe contenant les graines complètement blanches, et les laisse sécher environ une semaine à l’extérieur, sur une simple grille. Voilà, c’est fini pour aujourd’hui… Non je déconne ! Heureusement il a un tas datant d’une semaine pour nous montrer la suite du traitement 🙂

Sèches, les graines deviennent marrons. Il les met ensuite dans une casserole vide et chauffe, à sec, en les agitant. Une fois que c’est bien cramé, qu’un beau nuage gris rempli la pièce -comptez 10 à 15 minutes-, l’écorce s’enlève facilement (tant que vos doigts résistent à la chaleur !).

Manon et Rastaman épluchent pendant que j'immortalise ce moment

Manon et Rastaman épluchent pendant que j’immortalise ce moment

Ensuite on va piler. Vas-y Tintin qu’on écrase tout ça pendant 30 bonnes minutes à tour de rôle. J’aurais pensé que les graines broyées donneraient de la poudre. Mais pas du tout, pauvre de moi ! C’est pas du Poulain ou du Nesquick qu’on fait ! Ça donne une pâte suintante d’huile. Rastaman se badigeonne alors le corps (ça aurait été rigolo… et flippant aussi) les mains d’huile de coco, puis prend ces résidus de chocolat pour en faire des petites boules et les laisser sécher à l’air libre. Le lendemain matin, c’est prêt ! On a des boules de chocolat 100% naturelles et faites maison ! Il suffit ensuite de râper une boule, puis placer les morceaux dans de l’eau chaude additionnée de pelures d’orange pour en faire, vous l’aurez peut être deviné : du thé. Yeah man !

Il faut savoir qu’ici on entend TOUT LE TEMPS “Yeah man”. Pas à chaque minute non plus, mais genre 50-60 fois par jour, car c’est un tic de langage ici, tout le monde le dit, à tout le monde, femme ou homme -on aurait pu penser à un : “Yeah woman”, mais non-. Même les flics qui circulent avec des hauts parleurs commencent leurs phrases par “Yeah man, today…”.

Le lendemain, jeudi 8 mai, fête nationale ! … Mais nous on s’en fout, on est en “jour férié” depuis plus d’un mois, petite pensée aux français qui se sont battus pour avoir leur pont 😉

Ça pile sec !

Ça pile sec !

À Port Antonio il pleut des cordes depuis la veille au soir, or toutes nos activités possibles sont à l’extérieur. On aurait bien demandé conseil à Rastaman mais on ne l’a toujours pas vu -en revanche tous les matins on a un petit déjeuner salé qui nous attend-. On se motive à descendre sous les trombes d’eau pour voir si il traine dans la rue, mais pas de rasta en vue et personne ne l’a vu. Alors qu’on veut rentrer à la maison, la pluie nous oblige à nous abriter dans un commerce le temps que ça se calme. 15 min plus tard, on rentre et décide de partir en ville pour glandouiller, quand soudain, POUF, notre rasta rentre. Bon, changement de plan de dernière minute : on décide d’aller dans des eaux chauffées par la terre. Il paraît que c’est relaxant, Rastaman nous a vendu du rêve, alors testons ! 10 minutes plus tard on est tous prêt. “Tous” car Rastaman nous accompagnera pour que personne ne nous gonfle les prix. Les sources d’eaux chaudes sont en fait à 2h d’ici à l’est. Mais ça, on n’le savais pas !
On passe par Long Bay pour y aller, vous vous rappelez de Long Bay ? C’est la destination qu’on n’a pas encore explorée car j’étais malade. Coup d’œil rapide en voiture. Et ben franchement, les plages sont juste magiques ! J’avais vu tantôt un blog qui recensait les plus belles plages jamaïcaines, Long Bay en faisait partie, et y’a de quoi ! Mais Rastaman nous déconseille d’aller dormir dans cette ville car il y a apparemment beaucoup de vols le soir, et la zone n’est pas du tout sécurisée, aucun flic à moins de 30 minutes.

Notre pâte de chocolat faite maison

Notre pâte de chocolat faite maison

1h30 plus tard, entre zigzagues et routes à chèvres -où on croisera quelques motards en 125cc chevronnés, sans casques, normal ici-, on atteint enfin le lieu suscité, les sources d’eaux chaudes. Et comme je suis un salopard, vous connaîtrez la suite dans le prochain article ! -la vraie raison : celui-ci commence à être un peu trop long ;-)-

Port Antonio, changement de plans

On arrive à Port Antonio, il est 17h15, nous sommes le dimanche 4 mai 2014. Notre cher Courtney nous présente plusieurs maisons d’hôtes (guest house), mais elles ne conviennent pas pour X raisons, non pas que nous soyons exigeants, mais on prend note de nos précédentes erreurs, et si ça ne nous dérange pas d’être dans une chambre pourrie, en revanche ça nous dérange quand y’a ni moustiquaire, ni wifi, et qu’on est à 1h à pied du centre ville. Bref, après 1h à tourner en rond, à attendre le Courtney qui ne peut pas s’empêcher de parler à tout le monde, voyant qu’il ne dénichera pas notre bonheur, je lui dis qu’avant de partir de Kingston j’avais noté juste le nom d’une rue pour une guest house qui pourrait convenir, car à 5 min à pied du centre.
Courtney prend alors fièrement son GPS et me lance “il n’y a rien que ce GPS ne trouve pas”. Mais il ne trouva pas mon adresse. Hé hé.
Assez débrouillard il trouve l’adresse, puis on déniche la guest house avec un gros coup de bol : maison blanche devenue verte, et le contact que j’avais eu qui était parti en Australie, mais bon, le maître des lieux, nommé sobrement Rastaman, était là, fièrement planté avec un chapeau de dreadlocks sur la tête (les dreadlocks c’est les grosses nattes que font les rastas avec leurs cheveux).

On visite les lieux, vu le prix ($2000JMC, soit 14€ la nuit pour 2) c’est impeccable (comprenez, moins de 2 bestioles au mètre carré) . On est donc proche du centre ville. Ici, pas de wifi, ni d’eau chaude, mais ça, c’est pas le plus important. J’avoue qu’à ce stade du périple notre occupation principale c’est de ne pas éclater le budget (Antho, petite pensée pour ton périple en Asie 😉 ), et là, on peut encore rattraper le coup de l’addition salé (“salé” au second degrés bien sûr) de l’autre burne de Courtney. Ce dernier nous paiera un coup à boire au bar juste à côté de la guest house de Rastaman. C’est pas qu’on insistait un peu, mais quand même, on restait à côté de lui au bar à ne rien commander, tout était dit :p
Grâce à nous il tenta de draguer la serveuse du bar, tenta de se faire pote avec Rastaman et visita sa maison, puis glanda dans le bar jusqu’à bien 23h.

Le lendemain, on prévoit de visiter les lieux -pas la chambre hein, la ville-, puis faire du repérage pour nos excursions à venir. Mais la journée va beuguer à cause d’un voleur.

A 10h30 on se lève -toujours aussi matinaux- et qu’elle bonne surprise de voir que notre Rastaman nous a préparé des petits déjeuners salés (au premier degrés cette fois) et laissé un petit mot, la journée commence bien ! À 11h00 l’eau se coupe, nous obligeant à finalement migrer sous une chaleur accablante.

On traine un peu, beaucoup nous proposent de nous emmener par-ci, ou par-là. On est sur la défensive, puis un gars que l’on croise nous propose de nous aider, méfiant, je refuse. Il paraît sympa et insiste un peu, je lui demande alors où je peux trouver un centre de plongée, il nous l’indique, en nous disant qu’on n’a pas à s’inquiéter, les gens sont sympa ici. Bon ok c’était juste un renseignement, mais je sais pas, je sentais chez lui un truc louche, type commercial. Le centre est fermé, on cherche donc un cybercafé pour vider nos appareils numériques, on tombe alors par hasard sur un gars qui nous propose de nous y guider, allez !
Ce gars est très important pour la suite de l’histoire, il s’appelle Mickaël. En 2 minutes on arrive à ce cyber. Il reviendra 1h plus tard pour nous demander si il peut aider, il nous emmène alors dans un restau vraiment pas cher -c’est ce qu’on avait demandé-, bien placé, où on se ravitaille comme il faut. Là il nous dit qu’il peut nous emmener à “Blue lagoon”, c’est vraiment top pour faire du snorkeling (de la plongée sans bouteille en fait, comme on avait fait à Cozumel). On lui expose clairement notre budget, on voyage en mode “le moins cher possible”, donc pour la journée : pas plus de 3000$JMC. On lui demande d’écrire clairement sur papier ce qu’il pense donner comme prix, 4900 tout compris. Ça dépasse mais on se dit que si ça vaut le coup, allez hop ! On est là pour en profiter aussi, au pire le lendemain on amortira l’excès en se reposant.

On trouve rapidement un taxi, 700 par tête aller-retour au Blue-Lagoon, si c’est les prix, pourquoi pas, on a été habitué à pire depuis qu’on est là. Sur la route quelques arrêts pour prendre des photos des paysages. Dix minutes plus tard, on arrive sur place, c’est pas très loin en fait. Le tarif pour le snorkeling n’est plus le même qu’annoncé, on passe de 3500 à 5500. 3500 pour le bateau qui nous emmène sur un îlot et 2000 pour louer palme masque et tuba. En négociant, Mickaël nous fait descendre ça à 4500 apparemment, divisant par 2 la location des équipements.
On monte dans le bateau, 5 minutes plus tard on arrive sur un petit îlot à 300m des côtes. Lancés dans l’eau plutôt bonne (plus de 24°C certainement) on nagera une petite heure. C’est sympa, on voit une raie passer à 5-7 mètres de nous, j’en n’avais jamais vu ailleurs que dans un aquarium ! Le bateau revient nous chercher à l’heure prévue -ils ne nous ont pas abandonnés, ouf-
3500 (environ 27€) pour un tour en bateau de deux fois cinq minutes ça paraît cher tout de même. On reprend le taxi, direction la maison de Rastaman.

La burne qui pose

La burne qui pose

Devant la guest house il demande ses honoraires, ben écoute on va te rembourser 700 quoique t’as du payer moins et que t’as servi à rien là-bas, en plus tu t’es promené gratis en bateau, et 100 de plus pour la peine. Pas content, il nous suit jusqu’à l’entrée de la maison, en voulant 2500 à 3000. Je lui redis pour la ixième fois qu’il fallait exposer clairement dès le début qu’il comptait demander de l’argent, qu’il n’est pas honnête, et qu’en ayant voyagé 1 mois au Mexique on est tombé sur des gens qui nous aidaient, parfois toute la journée, et gratuitement, eux. On lui remontre les tarifs qu’il avait lui même écrit noir sur blanc, de ce que l’on aurait dû payer. Rastaman arrive et avance les 1000 que la burne réclame. En apprenant après coup qu’on lui avait déjà remboursé 700, Rastaman nous dit que ce type est juste un voleur, une mauvaise personne ; en effet, le taxi pour Blue lagoon coûte 600 pour 3 personnes aller-retour. Au final, je pense que le Mickaël s’est mis plus de 2000 dans la poche, incluant taxi et bateau avec lesquels il avait sûrement une combine. Alors ? Ça donne envie d’aller en Jamaïque, non ?

À ce stade du “périple Jamaïque” on décide de sérieusement prendre du recul avec Manon. Je comprends que le pays soit touché par plus de 50% de chômage, que les gens fassent tout et n’importe quoi pour tirer de l’argent, mais là c’est trop. On a l’impression d’être des putains de porte-monnaies ambulants, montés sur 2 échasses.
Notre but du voyage est de découvrir la culture, les gens. Faut-il forcément aller à l’autre bout de l’île, l’ouest, hyper touristique, aux prix doublés voire triplés, pour faire ces découvertes ? On pense honnêtement que non. Les gens seront encore plus habitués à leurrer le touriste. Déjà qu’on n’est pas des habitués au pays, à tout le système, on décide donc d’arrêter l’achat de vaseline, de se trouver un endroit bien sympa pour se poser, et y glander. Objectif : Long Bay, à 45min d’ici, du côté non touristique de l’île. Réputé pour ses belles plages, on y jettera un œil le lendemain, avec l’aide de Rastaman qui désormais nous guidera tout le temps pour ne plus qu’on se fasse avoir, en tout cas ici. On ne fait pour le moment pas grand chose en Jamaïque, pourtant notre budget journalier (environ 90€/j pour 2) est dépassé !

Notre vieux rasta, 100% authentique, Yeah Man !

Notre vieux rasta, 100% authentique, Yeah Man !

20h, Rastaman nous guide vers un restaurant pas cher. On profitera de cette occasion pour échanger avec lui, notamment sur ce qui est religion et philosophie de vie. Ainsi il différencie “confiance” et “confident”, considérant que la confiance c’est lorsque l’on avance par exemple de l’argent à quelqu’un, alors que le confident est une personne avec laquelle on partage de l’amour. Il a une philosophie basée sur “faire le bien”, Dieu serait en chacun de nous et la méditation permettrait de l’écouter et faire les bons choix. Si sa copine est attirée par un autre homme, il ne cherche pas à la garder, il la quitte et la laisse à l’autre. Petit détail, Rastaman, on lui donne 40 ans en le voyant, mais en fait, il en a 55, et 2 enfants, l’aîné ayant l’âge de Manon.

De retour à l’appart on a le droit à ses talents de black chantant bien. Rastaman a écrit des chansons, des rythmiques, mais tout ça, c’est uniquement dans sa tête, rien sur papier. On a droit à un concert en direct, à capella, puis à une session de jumbé où il nous fait découvrir les basiques. Yeah man !

Nos gourdes sont vides, mais Rastaman nous montre qu’il a plein de bouteilles d’eau, prudent, on demande si c’est bien de l’eau minéral, il nous dit que oui.
Le lendemain matin, toilettes, liquide. Bon, re-confirmation : l’eau vient-elle de la maison ? Ah ben oui en fait, nous affirme Rastaman, bon, ben ça vient de là. Yeah man. Plouf.
Après avoir un peu plus étudié le truc, il semblerait que ce soit le jambon de la pizza qui aurait pu me faire ça, par prudence on ne boira plus que l’eau que l’on achète nous même…

Blue Mountains, journée de m*rde

Première journée en Jamaïque : glandouille. Même après une bonne nuit de sommeil, on préfère se reposer encore. En plus le cadre est idéal : la nature, les montagnes, les chats… Et on a de quoi manger avec les courses que l’on a faites la veille. On fera juste une petite balade autour de l’hôtel pour admirer la vue sur les montagnes.

Deuxième jour : re-glandouille. En fait on avait prévu une balade proposée par le gérant de l’hôtel mais la journée a été reportée au lendemain. Du coup, on décide d’aller faire un tour en ville pour manger et visiter le musée de Bob Marley qui n’est nul autre que sa maison. L’entrée nous coûte 15€ chacun, c’est cher, les Jamaïcains paient 4 fois moins cher. On n’est pas de grands fans de ce rastaman mais il nous intrigue.

Troisième jour, samedi 3 mai 2014, on se lève tôt pour aller au pic de Blue Mountains, une célèbre montagne en Jamaïque parce que c’est le plus haut sommet. Départ prévu à 6h30. A 6h40, Courtney vient toquer à notre porte pour nous signaler qu’on est en retard (détail à retenir pour la suite).
1 heure à bord d’une jeep, c’est mieux pour ces petites routes de montagnes pleines de bosses et crevasses. J’ai l’impression d’être dans un manège à sensation, le danger en plus. On a dormi environ 5h30 mais impossible de somnoler dans ces conditions, il faut s’accrocher. Quand il nous dépose, j’ai l’impression d’avoir déjà fait du sport. Son frère sera notre guide. Courtney nous dit qu’il revient nous chercher dans 7 heures. Quoi ?! On pensait que dans les 7 heures qu’il nous avait dit, il comptait le trajet en voiture, mais non.

L’ascension commence. Lee, le frère de Courtney, commence par nous dire qu’il n’aime pas son frère, qu’il se fait exploiter, qu’il n’est pas heureux et que ça le fait chier de faire cette balade. Ok… Heureusement il sera sympa avec nous malgré tout. Au bout de 15 minutes, on arrive à un panneau. Lee nous explique que Courtney aurait dû nous arrêter ici mais comme il avait un invité à aller chercher, il nous a déposé avant. Donc c’est ici le départ de la grande torture qui va suivre.
La première demie heure est dure, il fait chaud et on ne fait que de la montée. Au bout d’1h30, on arrive dans une petite clairière où se repose un groupe de randonneurs (on n’avait encore croisé personne). Je me dis qu’on est peut être vers l’arrivée… Pauvre de moi ! C’est juste l’endroit où on nous fait payer, 4000 dollars Jamaïcains (JMC) soit environ 30€ pour nous deux, plus cher que ce que nous avait dit Courtney mais bon, on n’a pas vraiment le choix, on n’a pas fait tout ce chemin pour rien.

Notre calvaire continue, à chaque fois on pense être bientôt au sommet mais ce n’est qu’un leurre. On souffre beaucoup, surtout moi. Le chemin est tout de même plus agréable que la première partie, un petit chemin à l’ombre à travers la forêt. Au final, on mettra 2h depuis qu’on a payé. Donc, je vous fais le calcul (pour ceux qui blue mountains peakn’aiment pas les mathématiques), 3h30 de montée ! C’est facile d’écrire ça, tout se résume à “3h30 de montée”… Ouais ben plus jamais ça ! On est à 2 243 mètres et le pire, c’est qu’il n’y a rien à voir ! Le pic c’est simplement un bout de ferraille en forme de pic, aucune vue, juste des petites fleurs bleues, des insectes et le soleil qui tape fort. Il y a également les nuages qu’on voit se déplacer très vite, c’est beau mais tous ces efforts n’en valent pas la peine. Le pire (je peux commencer toute mes phrases comme ça), c’est qu’on n’a emporté que 2 barres de céréales chacun, qu’on a mangé en route et Courtney ne nous a pas prévenu que la balade était aussi longue et qu’il ne nous avait rien prévu à manger.
Une demie heure de pause et nous voilà répartis pour la descente, plus facile en terme d’effort physique mais qui accentuera nos courbatures. Kévin s’était légèrement tordu la cheville à la montée et finit de se faire mal alors que l’on n’a pas encore fait la moitié de la descente.
On ralentit le rythme mais il devra supporter sa douleur jusqu’à la fin. Je m’arrête quelques fois pour prendre des photos, on a parfois des points de vue (voir la photo plus bas), meilleurs qu’au sommet mais qui ne valent pas la vue que l’on a autour de l’hôtel…

2h20 plus tard, on est à l’endroit où nous a déposé Courtney, 7h avant. On est pile dans les temps, parfait ! Courtney n’est pas encore là et Lee veut continuer. On le suit lentement, on s’arrête pour manger des sortes de framboises sauvages. On commence à en avoir marre, on est fatigué, on a faim et Kévin a mal à sa cheville. On arrive devant une maison isolée. Il semblerait que l’on puisse manger de la nourriture typiquement jamaïcaine, ce serait parfait. La femme nous propose des boissons et des petits gâteaux secs industriels. On prend 1 bouteille d’eau et un paquet de gâteaux. Lee prend une boisson et une sorte de brioche. Lee nous dit que cela coûte 500 dollars, on prend l’air étonné, c’est cher. En fait, c’est le tout qui coûte 500 dollars mais notre part n’en coûte que 100. On n’a malheureusement qu’un billet de 500, on ne nous rendra pas la monnaie, Lee nous fait payer sa part sans gène. On regrette d’avoir acheter quelque chose, il nous restait un peu d’eau et les gâteaux n’ont aucun goût, c’est vraiment parce qu’on a faim. Lee discute avec les gens qui vivent ici mais ils ne nous font pas participer à la conversation et parlent un jargon qu’on ne comprend pas.

Courtney a déjà plus d’une heure de retard. Lee veut continuer plus loin sur le chemin mais on refuse de le suivre. On attend, assis sur un banc, mis à l’écart. Pas tout à fait, il y a un chien adorable qui vient nous réconforter. On entend le bêlement continu d’un bouc et celui d’un petit garçon qui lui répond en l’imitant. Un autre enfant joue ou plutôt se torture à faire rouler une roue de 4×4 trop lourde pour lui. Il s’en plaint beaucoup mais continue. Et nous on attend, encore et encore. Quand on décide de rejoindre Lee, on le voit revenir. Il a oublié son téléphone portable à l’hôtel mais il a pu joindre son frère en empruntant le téléphone d’une maison un peu plus loin. Courtney a plus de 2h de retard mais il semblerait qu’il soit sur la route donc dans moins d’une heure il devrait être là. Lee lui a donné comme point de rendez-vous la maison un peu plus loin. On est donc obligé de marcher encore un peu.

blue mountains

On a vu des montagnes beaucoup plus belles mais qu’on n’a pas pu prendre en photo…

On passe le temps à caresser le chat, les chiens, les chiots mais toujours pas de Courtney en vue. Au bout d’une heure, le vieux rasta qui habite ici nous informe qu’il vient d’avoir Courtney au téléphone et qu’il est sur la route… Sauf qu’on nous a déjà dit ça y’a une heure, c’est louche ! On a froid depuis un bon moment, heureusement qu’on a pris nos polaires. Courtney nous avait dit de ne pas les prendre, on a bien fait de ne pas l’écouter. La nuit finit par tomber et on est toujours coincé ici, sans avoir mangé de la journée (à part nos barres de céréales et nos gâteaux secs, pour ceux qui suivent). On finit la brioche de Lee, enfin, la brioche qu’on lui a payée ! Je commence à me demander si on ne va pas passer la nuit ici…

On s’assoupit dehors sur un banc. Les polaires ne suffisent plus, on a très froid et toujours faim. Le vieux rasta nous propose à manger, ça nous coûte 800 dollars chacun. On lui dit qu’on n’a pas d’argent (on essaye de lui faire pitié), il nous dit qu’il s’arrangera avec Courtney. Il nous doit bien ça, non ?! Pendant qu’on mange des légumes et des racines de plantes qu’on ne connaît pas, Courtney arrive enfin. Score final : 4h30 de retard. Pas d’excuses, pas d’explication et en plus il nous presse pour finir nos assiettes en tapotant sa montre, genre on le retarde, comme ce matin ? Alors nous on n’est pas à 4-5h près, par contre lui il est à 10 minutes près. On remonte dans la voiture énervé mais surtout exténué. Courtney aggrave son cas en nous reprochant d’avoir payé trop cher l’entrée pour se rendre au pic, on n’aurait dû négocier au prix qu’il nous avait dit. Le prix était indiqué sur un panneau, comment aurait-on pu deviner qu’on pouvait négocier et ce n’est pas son frère, planté à côté de nous à ce moment là qui nous l’aurait dit ! Au bout d’une heure, quand la route s’améliore un peu, je commence à somnoler. Kévin me chuchote qu’on n’a pas pris la direction de l’hôtel. Mais où va t’on bordel de m…. ! On passe chercher un états-unien qui va loger à l’hôtel (tout comme il aurait dû venir nous chercher à l’aéroport). On se serre à 3 à l’arrière de la voiture, je continue à dormir dans les bras de Kévin. On arrive à l’hôtel à 22h, plus de 15h qu’on est parti depuis ce matin. Je pense qu’on aurait mieux vécu les choses si on avait eu à manger. Ce n’est pas les quelques légumes qui nous auront suffis mais on tiendra jusqu’à demain.

On file à la douche malgré la fatigue. Comme on n’a pas beaucoup de vêtements, je décide de fournir un dernier effort pour en laver quelques uns. Mais impossible, on n’a plus d’eau. En Jamaïque, il y a des soucis d’eau donc ils coupent l’eau régulièrement pour l’économiser. On vivra pas mal d’autres restrictions d’eau.

On se couche énervé, Courtney n’a pas intérêt à venir nous demander de l’argent ce soir. Oui, parce qu’en plus on va devoir payer pour ça !

Le lendemain matin, comme prévu, les courbatures sont bien là, surtout les fesses et les chevilles. J’ai également de gros coups de soleil aux bras.
Courtney nous annonce ce qu’on lui doit pour les nuits et la journée d’hier. Après réflexion, il reprend sa feuille et nous rajoute le repas qu’il nous a payé la veille. Là s’en est trop, même si je n’arrive pas bien à m’exprimer en anglais, je lui fais comprendre avec l’aide de Kévin qu’on ne voulait pas manger là bas mais qu’il ne nous avait pas prévenu qu’on n’aurait pas à manger et qu’il aurait 4h30 de retard ! Voilà pourquoi on s’est dit qu’il paierait. Sur le coup il prend l’air surpris, limite à rigoler et puis comme on insiste et qu’il voit qu’on n’est pas content, il finit par barrer le repas. Au final, on paye cette randonnée 15 000 dollars jamaïcains soit 100€ ! Pas la peine de vous dire ce qu’on en pense…

Programme de la journée : on veut partir pour aller à Port Antonio. Courtney nous propose de nous y emmener pour 60€, bien plus cher que les bus mais il nous fera une visite des côtes. Sur le coup, je n’ai pas envie de me retrouver encore avec lui mais après réflexion, on se dit que ce sera plus simple que d’aller chercher un bus on ne sait où avec nos gros sacs, les courbatures et la chaleur. Nous voilà partis, on passe encore sur de très mauvaises routes mais la vue est extraordinaire. Au milieu des montagnes à perte de vue, la végétation est impressionnante, il y a de très grands palmiers qui dépassent par endroit. J’essaye d’immortaliser ces images dans ma tête, frustrée de ne pas pouvoir prendre de photos.
Finalement, on a payé 45€ de plus qu’un bus pour seulement s’arrêter une fois pendant 5 secondes, sans descendre de la voiture, pour faire une photo de la mer… Ça fait cher la photo !

On arrive bientôt à Port Antonio, la suite déjà écrite par Kévin. On n’a pas souvent Internet donc on a pleins d’articles de retard… Le côté positif c’est que si vous lisez ces lignes, c’est qu’on est toujours vivant plusieurs jours après.

L’arrivée éprouvante en Jamaïque

On arrive à l’aéroport à 21h15, tous les magasins ferment, on n’a pas mangé, impossible de trouver quelque chose à grignoter, il faudra qu’on se contente de 4 mini-cookies et la moitié d’un paquet de céréales.
Visiblement on n’est pas les seuls à passer la nuit dans l’aéroport, un couple de rastas s’est installé sur des couvertures, caché sous des escaliers. D’autres squattent les banquettes d’un bar. Et nous on est dans un coin, un peu cachés par un poteau. On arrivera à dormir environ 2h, couché par terre (dur de trouver une position sans avoir mal au dos).

On se lève à 3h du matin, on retire nos billets d’avion, on enregistre nos bagages et on passe le contrôle pour passer en zone internationale. Fatiguée, je n’ai pas retiré mes boucles d’oreilles, ni les pièces de monnaie dans ma poche, ni mon passeport mais je ne bipe pas. Par contre mon sac fait encore des siennes. Cette fois je sais que ce n’est pas ma gourde mais qu’est-ce que j’ai oublié ?! Le pot de crème solaire… i Chinga ! La femme veut me la jeter mais je refuse. Elle me propose de retourner la mettre dans mes bagages. J’y cours mais la femme qui nous a enregistré nos bagages ne tient pas le même discours et me dit que c’est impossible de les récupérer. Je reviens avec ma crème solaire que je refuse toujours de jeter (même fatiguée je peux me battre jusqu’au bout et gagner, nanmého !). On me propose d’enregistrer un 3ème bagage avec ma crème solaire dedans mais cela me coûtera un surplus, de combien ? Je ne sais pas. On transvase les affaires de Kévin dans mon sac à dos, on met la crème solaire dans le sien et me voilà repartie vers l’enregistrement des bagages. Je n’ai pas besoin de faire la queue, on commence à me connaître. Je prends quand même 2 minutes pour sympathiser avec un vieux mexicain, le dernier que je croiserai.
Tout en prenant le sac à dos pour l’enregistrer, la femme m’annonce que cela coûte 500 pesos (25€) mais que je ne dois pas m’en préoccuper. Je suis fatiguée, j’ouvre de grands yeux et lui demande de répéter : 500 pesos ?! C’est trop cher ! Elle voit mon inquiétude mais continue à étiqueter le sac et le mettre sur le tapis roulant. “Je ne comprends pas, quand est-ce que je vais payer ?” Elle me fait signe de partir en me faisant comprendre qu’elle ne me fait pas payer. i Muchas gracias !

Ça y est, on arrive à passer tous les contrôles et notre crème solaire est sauvée !
Les magasins ne sont pas encore ouverts, on s’écroule sur des chaises peu confortables où tout le monde dort, chacun adopte une position différente. Nous on opte pour la position “en sandwich”, Kévin la tête sur mes genoux et ma tête sur son dos… Je n’ai pas pu dormir bien longtemps. Départ de l’avion à 6h50. J’ai eu le temps d’acheter 2 petits cookies et une barre de cacahuètes. 1h30 de vol, pas le temps de bien dormir. On atterrit à Miami. J’appréhende que mon sac soit encore fouillé mais on récupère nos bagages entiers sans soucis (on avait mis des antivols cette fois et rien a bougé).
On passe la douane, on refait toutes les étapes et quelques files d’attente plus tard, on n’a plus qu’à attendre notre avion. 1h30 devant nous, on va pouvoir manger ! (Ça me fait rire d’écrire ça quand je connais la suite des événements…). Il nous reste l’équivalent de 10€ en pesos mais pour les changer, il y a une taxe de 7€ + le taux de change, bref, on garde nos pesos et on payera les dollars avec la carte bleue. On s’installe dans un restau, on commande deux hamburgers avec des frites et deux ice tea. On nous apporte les boissons. En fait c’est vraiment des ice tea, du thé glacé, le goût du thé, beurk ! On n’aime pas, au point de ne pas pouvoir le boire du tout. On attend nos hamburgers. L’attente est longue. Kévin sort son iPad pour patienter. Un peu pris de panique, il me demande à quelle heure est notre avion. 12h30, il est 11h, tout va bien, cool. Sauf qu’à Miami il n’est pas 11h mais 12h, merci l’iPad ! Sans cette mise à jour, on loupait notre avion. On se dépêche de payer les boissons qu’on n’a pas bues, tant pis pour les hamburgers, on arrive à tant pour embarquer. 1h30 de vol à côté d’un jamaïcain peu sympathique qui me donne des coups de coude régulier, me prend mon accoudoir et ne répond pas à mes sourires. On espérait qu’à cette heure on nous servirait à manger, mais non, le sort s’acharne sur nous. On arrive fatigué et affamé mais entier et avec tous nos bagages. Petite coupure d’électricité d’une seconde dans l’aéroport, bienvenu en Jamaïque.

Des chauffeurs de taxis nous abordent, un s’acharne vraiment. On lui dit qu’on va d’abord manger. On prend ce qu’on connaît le mieux : hamburger-frites. Depuis notre arrivée, on est les seuls blancs partout, ça fait bizarre. Une fois le ventre plein, le chauffeur de taxi se précipite sur nous. En fait, on a réservé 3 nuits à l’hôtel, exprès parce qu’à partir de 3 nuits le trajet aéroport-hôtel était gratuit. Mais on ne voit pas de navette. Le chauffeur connaît l’hôtel, il nous dit qu’on ne viendra pas nous chercher mais il nous propose gentiment d’appeler le gérant de l’hôtel avec son portable. Il ne répond pas et apparemment c’est habituel. Bon, on n’a pas vraiment le choix, on accepte de payer le taxi. Le gars est super gentil en mode “yeah man”. D’ailleurs tous les jamaïcains placent dans leurs phrases “yeah man”. Petit détail qu’on ne savait pas : en Jamaïque, on roule à gauche, c’est perturbant ! Autre chose qui me perturbe beaucoup, l’anglais. Je ne me sens pas à l’aise avec cette langue et en plus tout me vient naturellement en espagnol. Quand on a du mal à comprendre et se faire comprendre, ça devient vite handicapant et déprimant. Heureusement, Kévin gère bien ! C’était notre accord avant de partir, il assure en anglais et je gère l’espagnol. Mais bon, j’espère vite m’améliorer, en 2 semaines.

Le taxi nous dépose à une station essence, nous donne son numéro de téléphone si jamais on a besoin de ses services et nous laisse entre les mains d’un autre taxi, non officiel, pour nous conduire jusqu’à l’hôtel. On se retrouve à 9 dans une voiture dont une petite fille d’environ 3 ans qui s’endort sur moi.
On emprunte des petites routes de montagne mal entretenues. Le taxi nous arrête devant l’hôtel, perdu au milieu de la jungle. On a réservé un hôtel à Kingston, une grande ville, on ne s’attendait pas à se retrouver au milieu de nul part. Le chauffeur appelle le gérant de l’hôtel en criant. J’aperçois au loin un homme sortant de la jungle, les habits troués, une machette à la main. Je chuchote à Kévin “si c’est lui, ça craint”. C’est lui. Mais où sommes-nous tombés ?!

On grimpe des escaliers pour atteindre l’hôtel. En fait, c’est le frère du gérant. Il nous montre notre chambre, kingston chatgrande, lit confortable entouré d’une moustiquaire (le top), un canapé, une télé, beaucoup d’albums de musique genre reggae, une cuisine et une salle de bain communes avec une autre chambre. La porte de notre chambre donne sur l’extérieur. Il ne fait ni chaud ni froid, on est au milieu des montagnes, la vue est magnifique, loin de la pollution… Un coin de paradis où je vais être la plus heureuse du monde parce que j’ai omis un détail important : l’hôtel est rempli de chats (10 dont 3 chatons). Un endroit où je me verrai bien vivre.

On croise par hasard notre colocataire de la chambre d’à côté qui nous propose de prendre un taxi pour aller en ville. Le conducteur est un jeune (il a 35 ans mais ils font tous 10 ans de moins que leur âge !), des dreadlocks (classique ici), un vrai rasta-man comme la plupart des gens qu’on croise. Il roule vite et dangereusement sur ces routes cabossées. J’ai vraiment peur à chaque virage. On passe faire des courses pour pouvoir se faire à manger à l’hôtel les prochains jours, on retire un peu d’argent et notre chauffeur fait changer une de ses roues qui a crevé. On part ensuite manger, encore un fastfood. Notre chauffeur nous accompagne partout et mange avec nous.

On repart direction l’hôtel. J’ai toujours aussi peur, j’ai l’impression qu’on va rentrer dans les voitures d’en face… Et ben non, on n’est pas rentré dans les voitures d’en face mais dans un mur ! En voulant éviter une voiture justement, il a tourné sec et on a filé droit dans un mur. Heureusement le trottoir et un poteau ont ralenti le choc qui n’a pas été très violent. Le chauffeur sort en espérant trouver la voiture en faute mais elle est déjà loin. Il crie son desespoir dans une langue que je ne comprends pas, le créole. Avec Kévin on est assez empathique et il nous fait beaucoup de peine. Je ne sais par quel miracle la voiture redémarre et nous ramène jusqu’à l’hôtel. Avec cette route pleine de crevasses, je pensais qu’elle allait partir en morceaux. On re-crève une roue au passage mais ça, c’est la routine.
Il nous laisse son numéro, comme le 1er chauffeur, mais on n’en rappellera aucun.

Tranquille dans notre chambre, on entend quelqu’un ouvrir notre porte (qui était fermée à clé). C’est Courtney, le gérant de l’hôtel, qui n’est apparemment pas au courant qu’on est là puisqu’il pensait installer une autre personne dans notre chambre. Surpris, il nous salut et repart.

Petites caresses aux chats et repos bien mérité après cette longue journée sans dormir.
Ça y est, on est arrivé vivant en Jamaïque.