Les SDF et la ville de Port Antonio

Le soir, on a pris l’habitude de se balader en ville, manger un bout -à 7€ pour 2 ça vaut le coup- faire un tour dans un cybercafé, mais également de se taper les SDF et autres racauleurs.

Si au début ils sont toujours gentils à parler de tout et n’importe quoi, au bout de 5-10minutes ils deviennent vite insistants à nous demander subitement de l’argent. S’en débarrasser nécessite de la spontanéité et de l’originalité. Mais ça fonctionne plutôt bien. Un soir on retombe sur un “jeune physiquement” (on lui donnerait 23 mais il a 35 en réalité) que l’on avait déjà vu un autre jour. Après lui avoir répété que nous n’étions pas des portes-monnaies percés ambulants, on va au cyber café du coin, et en ressortant on se dirige vers un snack pour combler notre faim. À peine posé, voilà que j’entends “Hey doctor, hey french, hey France”, le jeune “vieux” est à la porte du snack. Je lui fais signe de venir. Il dit qu’il ne peut pas entrer, qu’il n’a pas le droit, alors je lui fais signe de nous laisser tranquille car là on mange, mais il insiste et continue de nous appeler. Je dis à Manon de l’ignorer. Au bout de 2 min, c’est une femme du snack qui le vire de devant la porte.

Si je raconte ça, c’est parce que ce genre de situation n’est pas facile à gérer. D’ailleurs on le vit différemment avec Manon. D’un côté Manon serait plutôt sur la pitié, à lui donner un bout de notre nourriture. Car un minimum d’empathie nous prend et sur le fond il fait de la peine, on est humain. D’un autre côté, on n’est pas mère Thérèsa, je ne viens pas ici pour filer de la bouffe et claquer notre argent à tout ceux que je croise, car soyons cohérent, soit on donne à tous, soit aucun. Car comment faire du favoritisme, pourquoi donner à l’un et pas à l’autre ? Ce soir là je me dis qu’on est à Port Antonio depuis 4j et pour encore autant, il est 22h, y’a des SDF tous les 20 mètres dehors, la pauvreté est présente partout, et si je lui donne quoique ce soit, demain lui et 2 de ses potes reviendront. On était une dizaine dans le restau, il ne nous demande qu’à nous, pas aux autres -aux jamaïcains-, seulement aux 2 blancs, qui ne passent d’ailleurs pas inaperçus sur ce côté de l’île où l’on ne croise aucun touriste. Bref, le gars on lui dit qu’on travaille dans la biologie, et j’insiste volontairement en disant qu’on est des simples techniciens de base, tout pourris, et qu’on voyage avec le moins d’argent possible, et il résume ça à “docteur, blancs, argent”.

Plus haut je vous disais qu’on se baladait en ville, mais à quoi ressemble t-elle ? Car ça vaut le coup d’œil.
Je ne sais même pas par où commencer. Ah si. Déjà, Port Antonio c’est la plus grande ville du Nord-Est de la Jamaïque, yeah man ! C’est aussi les rues les plus pourries qu’on n’a jamais vues pour une ville, yeah man ! C’est également une ville où à chaque coin de rue y’a une voiture, un bar, ou une maison qui a la sono à fond pour nous faire partager sa musique, yeah man ! Manon a été pas mal choquée par l’effet bidonville, route pourries que dégage la ville. Les toits sont du style à s’envoler à la prochaine tempête. Les façades sont pourries, bref, une photo parle très bien pour ce qui est du visuel du centre ville -en-tête de l’article compris-

une allée typique du centre ville de port Antonio

une allée typique du centre ville de port Antonio

Personnellement, je trouve juste cette ville typique, c’est le côté jamaïcain, le vrai, non développé pour accueillir des tonnes de touristes, ce qui explique que l’on puisse être déconcerté si on s’attend à trouver des rues bitumées en centre ville, des trottoirs et des bâtiments non vétustes aux couleurs assorties. Le côté ordures qui traînent et les odeurs d’égouts sont parfois gênantes. Pour vous transporter pas le choix : taxi ou minibus que vous appelez depuis le bord de la route. Les prix sont aléatoires, donc si vous arrivez tout juste ici, vous vous ferez avoir si personne ne vous prépare aux tarifs approximatifs pratiqués habituellement pour telle ou telle destination -notre exemple pour aller à Blue Lagoon le premier jour est parlant, payer 350 chacun au lieu de 100-

Port Antonio est au bord de la mer des Caraïbes, pourtant, ses seules plages sont minuscules et soit rocheuses, à cailloux, soit à sable noir avec des ordures flottantes. Seule exception : la petite plage qu’on a trouvé par hasard à la périphérie est de la ville ; et encore, au bout de 3 mètres dans l’eau on avait des roches sous les pieds, et au bout de 10 mètres des algues. On est loin des plages idylliques comme celle de Long Bay.

Néanmoins, il faut préciser que Port Antonio est une ville paisible. Sûrement le fait qu’il y ait le poste de police en plein centre, c’est pourquoi on se permettait d’y passer le soir -je rappelle qu’il fait nuit à 19h15 ici !-

Si vous voulez vous faire votre propre idée de la Jamaïque, au delà des livres, reportages et blogues, je vous conseille vraiment de passer quelques temps dans cette ville, cette atmosphère, très différente des grosses capitales de type Kingston.

Port Antonio et nos petits plaisirs

Enfin des bons moments qu vont s’enchaîner en Jamaïque !  Yeah Man !

Tout d’abord les eaux chaudes sortant de la montagne. La voiture se gare et se fait immédiatement entourée d’une dizaine de personnes. Comme d’habitude ils parlent en argo, donc on comprend rien, ce qui crée une ambiance assez gênante et invasive. Mais bon, je les ignore pour ne pas me disperser, et fixe Rastaman pour comprendre le comment du pourquoi. Il nous dit de suivre l’un des gars, le groupe en fait, ok. On marche alors 2-3 minutes sur des sentiers relativement crados, on se met alors en maillot de bain, prenant sous le bras notre serviette et nos sacs -ces détails ne sont pas inutiles vous verrez-. Deux minutes plus tard on arrive dans un ruisseau, argh, c’est froid. Soudain, argh, c’est chaud. Trop chaud ! On dépose nos affaires sur le côté, un gars s’occupent de Manon -grrr- l’autre de moi. Un autre nous demande si on a un appareil numérique pour nous prendre en photo. Il me demande ensuite si j’ai ma propre serviette, ben non, on en a une pour 2… erreur !

port bainIls nous disent de s’asseoir sur des roches se trouvant sur le ruisseau. C’est pas confortable, mais c’est relativement atypique tout de même ! On se fera plus ou moins masser sur ces roches dans un lit de ruisseau, où régulièrement on nous verse de l’eau chaude -limite brûlante-  sur le corps. Soudain j’aperçois qu’ils balancent sur Manon notre serviette censé nous essuyer ! En fait elle est imbibée d’eau chaude. Bon, ben on ne s’essuiera pas à la fin. On nous met ensuite de l’argile sur tout le corps, mais je sens une discrimination, le type qui s’occupe de Manon lui en met sur le visage, alors que moi il me laisse m’en mettre -re-grrrr-. Peut-être que le type qui s’occupait de moi avait des pulsions homosexuelles qu’il peinait à contrôler, je n’en saurai pas plus. Quelques lavages eaux chaudes/eaux froides plus tard, et nous voilà repartis. Le gars qui a fait les photos demande un pourboire, il aura un euro, -Manon est trop généreuse, je n’aurais rien laissé- faut pas déconner non plus, la moitié des photos sont floues car il a modifié les réglages que j’avais mis quand je lui ai confié.

Cette petite séance d’environ 30 minutes coûte tout de même 15€ chacun ($2000JMC). On apprend alors que le taxi nous coûte 40€ pour la journée. J’ai vraiment du mal avec ça. Un transport qui coûte plus que l’activité même. D’autant que le chauffeur a profité aussi des eaux chaudes… En plus il conduit comme un pied, vous voyez souvent des gens qui visent les nids de poules au lieu de les éviter ? On a trouvé cet homme, il est ici. Cependant, sans lui et Rastaman, l’escapade en taxi nous aurait coûté plutôt 65€. Vous vous dites, non mais y’a sûrement des bus ou quoi pour y aller pour moins cher, mais pas du tout. C’est comme ça que vous voyez qu’il est très facile d’exploser notre budget de 90€/j pour 2 très facilement ! … et en ne faisant pas grand chose, soyons honnêtes ! (Ajoutez le prix de la nourriture et le logement pour exploser cette journée).

Sur le chemin du retour on s’arrête manger à Long Bay. Bon, c’est vraiment trop beau, c’est clair : le lendemain, on y va !

Le lendemain, vendredi 9 mai, Manon est malade -probablement une ruse pour avoir de l’attention-. À ce stade on se dit qu’il faut arrêter de prévoir d’aller à Long Bay, à chaque planification on tombe malade. Pendant que Manon commate et se fait chouchouter, Rastaman m’explique quoi lui faire à manger et quand faire l’amour pour avoir des bébés plus facilement. Bon, c’est pas que c’est un peu tordu comme conversation, mais bon, je m’y attendais pas quoi.

Manon se sent mieux en fin de journée. En marchant un bon 3/4 d’heure sur le bord de mer, on tombe à l’extérieur de la ville, sur une pancarte : “Kingos stress free park”. Ooooooh un truc gratuit en Jamaïque ! En même temps , nous on ne fait que se balader le long de la mer là, nulle envie de se faire racketter. On avance à tâtons, et en levant les yeux, waou, un arbre géant et…. indescriptible. Du coup, photo :
 port arbre
Un type avance alors vers nous. C’est un canadien bénévole pour entretenir le site. Il baragouine quelques mots de français au passage, et tout ça pour au final nous dire de ne pas hésiter à laisser une petite contribution. Mouais. Derrière l’arbre on aperçoit une petite plage, toute mimi, un petit coin reposant. Ah mais j’oubliais !!Pendant tout ce temps le long de la mer on a eu de la compagnie, une chienne qui nous suit, se laisse caresser, nous regardera nous baigner, vient quand on l’appelle. On se demande si elle aussi nous demandera quelque chose, elle est sûrement jamaïcaine, et ne fait donc rien gratuitement. Elle nous suivra jusqu’à ce qu’on retourne en ville, mais contrairement aux Hommes, elle, comprendra qu’on n’a rien à lui donner et n’insistera pas lourdement.

Petite devinette : le soir même, allongés dans le lit, dans le noir, une lumière se déplace au plafond de la chambre… Devinez ce que c’était 🙂 on en n’avait jamais vu, et il a fallu venir ici pour ça !

Après une nuit à somnoler à cause d’un con de coq qui fait le fanfaron dès 3h du mat, on se lève à 11h bien tapé, nous sommes le samedi 10 mai, 2014 bien sûr. Et aujourd’hui, on est chanceux ! On a réussi à mixer Long Bay et le fait de ne pas avoir mal au bide !

Vous le croirez ou non, mais cette journée, on ne se fera ni emmerder ni arnaquer -juste une bouteille d’eau a 200JMC, alors que ça coûte 50-, presque une première en Jamaïque. Le taxi pour aller et celui pour revenir ne nous font pas d’extra à la mort moi l’noeud. Long Bay en une photo, c’est ça :
avec moi devant, histoire de montrer que j'y étais...

avec moi devant, histoire de montrer que j’y étais…

C’est juste ce qu’on imagine VRAIMENT de la Jamaïque en terme de glandouille, non ? Grosses vagues, eau tiède, et…. personne ! Vive les plages hors sentiers touristiques, et gratuites. On aura bien un vieux reggae man qui se balade avec son poste CD sur la plage et “Oh putain des blancs !” tente de nous vendre son album de quand il avait 24 ans (maintenant 51). Bon son, mais vu notre voyage, on prend son adresse courriel uniquement (bonne technique pour se débarrasser des relous).

Cet article s’arrête ici, car la suite, ça n’a pas été un petit plaisir…

Le repos à Port Antonio

Nous sommes mardi 6 mai, je passerai la journée au lit, à dormir et somnoler, non pas que j’apprécie énormément d’être une loque, mais je suis malade (pour ceux qui auraient zappé l’article précédent). Rastaman et Manon sont aux petits soins ! C’est là que vous êtes content de ne pas voyager tout seul !

Petite pensée pour mon géniteur, c’est son anniversaire, mais j’ai aucun moyen de communication ici, pas grave, je lui envoie des pensées positives. Ça fonctionne sûrement -on y croit en tout cas-.

Bref, journée repos. Le lendemain, Manon est crevée. Elle s’est battue toute la nuit avec un moustique qui s’était immiscé DANS la moustiquaire, et nous a bien éclaté. En revanche, la journée sera beaucoup plus intéressante que la précédente.

Rastaman a son propre jardin, et n’a besoin d’aller en ville que pour acheter viande ou poisson. Tout le reste (ou presque), ça vient de chez lui. Ainsi, on goûtera une noix de coco toute fraîche, piochée de son cocotier. A ce moment j’eue une petite pensée pour nous, français, quand on se retrouve face à une noix de coco, et qu’on n’arrive pas à l’ouvrir. Rastaman vous fait ça en 3-4 coups de machette !
Dans l’après-midi notre vieux rasta nous emmène à travers les broussailles derrière sa maison. On a alors une petite vue de la ville. En continuant on tombe sur des chocolatiers, on prend l’un des fruits, et on retourne à la maison, esquivant de peu la pluie.

Graines blanches : toutes justes sorties du fruit. Graines marrons : séchage d'une semaine à l'air libre

Graines blanches : toutes justes sorties du fruit. Graines marrons : séchage d’une semaine à l’air libre

Là on assistera au traitement du chocolat depuis sa cueillette jusqu’à son utilisation ! Tout d’abord il fout quelques bons coups de machettes sur le fruit. Il en extrait la grosse grappe contenant les graines complètement blanches, et les laisse sécher environ une semaine à l’extérieur, sur une simple grille. Voilà, c’est fini pour aujourd’hui… Non je déconne ! Heureusement il a un tas datant d’une semaine pour nous montrer la suite du traitement 🙂

Sèches, les graines deviennent marrons. Il les met ensuite dans une casserole vide et chauffe, à sec, en les agitant. Une fois que c’est bien cramé, qu’un beau nuage gris rempli la pièce -comptez 10 à 15 minutes-, l’écorce s’enlève facilement (tant que vos doigts résistent à la chaleur !).

Manon et Rastaman épluchent pendant que j'immortalise ce moment

Manon et Rastaman épluchent pendant que j’immortalise ce moment

Ensuite on va piler. Vas-y Tintin qu’on écrase tout ça pendant 30 bonnes minutes à tour de rôle. J’aurais pensé que les graines broyées donneraient de la poudre. Mais pas du tout, pauvre de moi ! C’est pas du Poulain ou du Nesquick qu’on fait ! Ça donne une pâte suintante d’huile. Rastaman se badigeonne alors le corps (ça aurait été rigolo… et flippant aussi) les mains d’huile de coco, puis prend ces résidus de chocolat pour en faire des petites boules et les laisser sécher à l’air libre. Le lendemain matin, c’est prêt ! On a des boules de chocolat 100% naturelles et faites maison ! Il suffit ensuite de râper une boule, puis placer les morceaux dans de l’eau chaude additionnée de pelures d’orange pour en faire, vous l’aurez peut être deviné : du thé. Yeah man !

Il faut savoir qu’ici on entend TOUT LE TEMPS “Yeah man”. Pas à chaque minute non plus, mais genre 50-60 fois par jour, car c’est un tic de langage ici, tout le monde le dit, à tout le monde, femme ou homme -on aurait pu penser à un : “Yeah woman”, mais non-. Même les flics qui circulent avec des hauts parleurs commencent leurs phrases par “Yeah man, today…”.

Le lendemain, jeudi 8 mai, fête nationale ! … Mais nous on s’en fout, on est en “jour férié” depuis plus d’un mois, petite pensée aux français qui se sont battus pour avoir leur pont 😉

Ça pile sec !

Ça pile sec !

À Port Antonio il pleut des cordes depuis la veille au soir, or toutes nos activités possibles sont à l’extérieur. On aurait bien demandé conseil à Rastaman mais on ne l’a toujours pas vu -en revanche tous les matins on a un petit déjeuner salé qui nous attend-. On se motive à descendre sous les trombes d’eau pour voir si il traine dans la rue, mais pas de rasta en vue et personne ne l’a vu. Alors qu’on veut rentrer à la maison, la pluie nous oblige à nous abriter dans un commerce le temps que ça se calme. 15 min plus tard, on rentre et décide de partir en ville pour glandouiller, quand soudain, POUF, notre rasta rentre. Bon, changement de plan de dernière minute : on décide d’aller dans des eaux chauffées par la terre. Il paraît que c’est relaxant, Rastaman nous a vendu du rêve, alors testons ! 10 minutes plus tard on est tous prêt. “Tous” car Rastaman nous accompagnera pour que personne ne nous gonfle les prix. Les sources d’eaux chaudes sont en fait à 2h d’ici à l’est. Mais ça, on n’le savais pas !
On passe par Long Bay pour y aller, vous vous rappelez de Long Bay ? C’est la destination qu’on n’a pas encore explorée car j’étais malade. Coup d’œil rapide en voiture. Et ben franchement, les plages sont juste magiques ! J’avais vu tantôt un blog qui recensait les plus belles plages jamaïcaines, Long Bay en faisait partie, et y’a de quoi ! Mais Rastaman nous déconseille d’aller dormir dans cette ville car il y a apparemment beaucoup de vols le soir, et la zone n’est pas du tout sécurisée, aucun flic à moins de 30 minutes.

Notre pâte de chocolat faite maison

Notre pâte de chocolat faite maison

1h30 plus tard, entre zigzagues et routes à chèvres -où on croisera quelques motards en 125cc chevronnés, sans casques, normal ici-, on atteint enfin le lieu suscité, les sources d’eaux chaudes. Et comme je suis un salopard, vous connaîtrez la suite dans le prochain article ! -la vraie raison : celui-ci commence à être un peu trop long ;-)-

Cozumel, l’île pas belle aux touristes

Pour résumer cette île au large des côtes, le mieux est une suite de mots-clés représentatifs de ce que l’on a vécu et vu :
Moche, plages de récifs, pas de transports publiques, tarifs de pays riches, arnaque organisée.

On est resté 5j à Cozumel, donc l’article est long, accrochez-vous !

Mais revenons au fameux bâteau que l’on doit prendre pour aller de Playa del Carmen à Cozumel : 180 pesos (9,5€) pour une personne pour un trajet. Ça nous paraissait cher compte tenu de la vie que l’on a au Mexique depuis 3 semaines. Mais bon, pourquoi pas ! On est venu sur cette île uniquement parcequ’on a un hôte qui nous y a invité, et plusieurs personnes durant ces dernières semaines on dit que c’était beau (si vous avez bien lu les mots-clés plus haut, vous vous dites qu’il y a sûrement une couille dans le potage ! On y viendra !)

Le voyage est accompagné d’un groupe musical qui joue très fort, mais aussi très bien des rythmes latinos, ce qui nous fait passer rapidement les 30 minutes de ballotage. Arrivée à terre, on retrouve nos bagages en bon état, et on file casser la croûte. C’est bof, et c’est cher. On sent le truc arriver. On prend un taxi pour rejoindre la maison de notre hôte, mais l’adresse est assez approximative. Le taxi nous laisse là où ça nous paraît être bon. Sans demander le prix je donne 40 pesos, ça me paraît correct -retenez bien ça aussi-. En cherchant le bâtiment, un gars nous aborde, petit (Mexicain quoi :D), travaillant dans le bâtiment vu son état, et super sympa. Il nous aide à le trouver, et je préviens nos hôtes que nous sommes là. Pendant ce temps, le petit mexicain nous parle de plein de choses, il nous propose de la cocaïne, et nous dit que le quartier est dangereux, il y a beaucoup de vols, l’autre jour il entendit même “pan pan”. Ce qui est génial, c’est que j’étais tellement concentré sur le “nos hôtes arrivent” et à guetter les environs que a rien entendu de ce que disait ce petit bonhomme. Manon flippait un peu vu l’avancée de la conversation, mais 2 gars arrivent vers nous et me tendent la main, le coloc de notre hôte, Yvan et un de ses potes, Nacho. Comme d’habitude (ça fait classe de dire ça) ils sont contents que nous préférions parler espagnol, et nous dise qu’en fait on ne va pas dormir à l’endroit prévu, car il n’y a que 2 lits simples, c’est pourquoi on va aller chez Nacho, qui nous prête son appart pour que l’on ait un grand lit et un appart pour nous. Non sérieux ?

Bon l’appart n’est pas qu’à nous, y’a le coloc de Nacho qui est là, et il s’appelle Joel (si le papa de Manon me lit : “Coucou, je prends soin de ta fille, sois rassuré, bisous Joël”). Ils bossent tous dans l’armée de l’air, ont entre 22-24 ans et sont pilotes d’avions. Ça claque non ?

Parmi ce groupe de 4 amis, nous ne verrons jamais en 4 jours celui qui nous avait invité initialement chez lui, et que deux fois 2 de ses potes. En revanche nous passeront beaucoup de temps à parler avec Joel -le genre de moment où on est sur le point de sortir de l’appart, on se croise, on échange 2 mots, et 2h plus tard on prend racine-. On est content de l’avoir rencontré à la fin de notre périple au Mexique, car malgré nos nombreuses sollicitations, il parle très très vite, et beaucoup. Notre prodigieuse maîtrise de la langue nous permet d’avoir des conversations un peu plus poussées. Mais faut quand même pas déconner, on rame parfois beaucoup, surtout moi.

Cozumel... Tout au fond en petit. Là c'est Playa del Carmen

Cozumel… Tout au fond en petit. Là c’est Playa del Carmen

Revenons à l’objet de cet article.
Le second jour à Cozumel, on décide de recueillir plusieurs infos pour organiser nos prochaines journées : les sites à voir, les activités, les prix, comment se déplacer, etc. En sortant de l’appart, on a aucun plan de la ville, Joel est parti au taf pour un service de 24h non stop, et on ne sait pas comment regagner le centre. On décolle un peu au pif (enfin pas totalement, la boussole et le soleil sont de bons guides pour regagner la mer), à pied, et ce sera ça toute la journée. On passe dans des rues qui n’ont rien de très agréables, dans le quartier des hôtels, du matériel de plongée, des hôtels, du matériel de plongée, des hôtels, du matériel de …. Bref, c’est un peu redondant. On tombe sur des plages avec uniquement des récifs. Mais où sont les belles plages ? (Certains répondront DTC, mais non), on atteint enfin le centre ville, et on se fait aborder par les vendeurs pour nous attirer dans leur magasins. Y’a plein de magasin, mais avec assez peu de diversité : magasin de masques, magasin de vêtements, magasin de bijoux, magasin de masques, magasin de vêtements, magasin de bijoux, bref, vous avez compris l’idée. On mettra 1h pour trouver un magasin vendant des serviettes de bain, et 2h pour en trouver un les vendant moins de 15€. On ne trouvera durant notre séjour ici qu’une seule boutique vendant des cartes postales moches. Un magasin vendait des photos collés sur des pages blanches cartonnées en guise de cartes postales. Les photos étaient belles, mais pas sûr que la photo survive à la poste locale.
On continue le long du bord de mer en espérant tomber sur une plage avec autre chose que des récifs, mais au bout d’une heure on rebrousse chemin. Les plages sont justes inexistantes de ce côté de l’île.

En revenant sur nos pas on s’arrête dans un centre de plongée. Santos nous sera de bon conseil, il nous montre une carte de l’île avec les plages où aller, qui se situent de l’autre côté de l’île. Le seul moyen d’y aller c’est en taxi, environ 250 pesos (14€) l’aller. Idem pour se déplacer où que ce soit d’ailleurs. Il nous conseille de louer un scooter à la journée pour 1000 pesos (55€), ce serait le plus économique pour se balader partout. Pour faire de la plongée sans bouteilles et louer l’équipement pas cher il nous conseille un endroit précis, le Money Bar, il nous indique également les tarifs pour plonger avec eux. Avec mon Padi advanced je peux faire 2 plongées avec eux pour 1200 pesos (70€). Bref, des infos plein la tête, mais les réponses à toutes nos interrogations. Va-t-on enfin pouvoir nager dans une eau délicieusement claire inondant du sable et non des roches ?

La journée se finira en rentrant à pied via les ruelles sombres, on veut éviter de payer un taxi, et le restau du soir nous a visiblement encore gonflé l’addition.

Le lendemain on est chaud pour se faire de la plage le matin, puis visiter le site archéologique principal de l’île, et enfin se rafraîchir avec de la plongée sans bouteille. Ô desillusion.
On chope facilement un taxi, il nous annonce 150 pesos pour aller à la plage où on lui dit vouloir se baigner. Ok, c’est moins que ce qu’on pensait. Arrivés devant la plage, des roches et un drapeau rouge car trop de vent. Ah ah. J’adore cette île. Le chauffeur nous dit qu’il y a une plage sans récifs à 3km. Il sort sa petite grille des tarifs et nous dit que ça fera 50 pesos de plus.
– “En même temps, si à ce moment on fait demi tour tu nous refais payer 150 pesos non ? Tu nous prends pas un peu pour des cons ? Tu comprends pas le français j’espère ?
Arrivé à la plage susdite, -nouvelle blague- il nous dit qu’ici y’a pas de taxis qui passent. Pour revenir en ville ensuite faut le “réserver” en lui payant une avance sur le trajet de retour, et il reviendra à l’heure qu’on veut.
– “Tu pouvais pas le dire avant ? Tu comprends vraiment pas le français espèce de sombre ***** ?
Mais encore mieux, au retour on voulait s’arrêter visiter le site archéologique, mais c’est un peu le même soucis. Faut réserver. Si on veut faire tout notre plan, faut lâcher au bas mot 700 pesos (40€). C’est beaucoup plus cher que ce qu’on vit depuis 3 semaines dans ce pays, et 10 fois plus cher pour des petits trajets comme ça de 10min. C’est autant dispendieux (amis québécois 😉 ) que les 8h de bus pour faire Veracruz-Villahermosa ! On a l’impression d’être pris en otage par ces personnes qui font tout payer, cher, au dernier moment, à gonfler les notes, à nous mettre dans des situations sans échappatoire.
Du coup on lâche au manipulateur 100 pesos pour qu’il revienne 1h30 plus tard et nous ramène direct en ville. On aura donc 100 de plus à lui donner.

Bref, on va sur cette plage, qui est entourée de récifs, ce qui la protége des courants violents. Bof bof bof. Akumal c’était mieux. On fait une découverte intéressante, les grains de sable sont très gros comparé à ceux en France, ce qui fait qu’ils ne restent jamais en suspension dans l’eau, ils retombent rapidement, et l’eau n’est jamais trouble. Voilà, c’était la seule chose intéressante ici, car la surface pour se baigner est enclavée, on a plus l’impression d’être dans une énorme patogeoire, où on a perpétuellement pied, et avec des gamins partout.

Au retour je me dis : “Et si on tentait de faire les touristes ruinés, et qui n’ont pas bien compris combien il fallait payer ?”. Du coup arrivé en ville je fais l’air surpris genre
– “Ah mais les 100 pesos déjà payé c’était pas suffisant ? Le soucis c’est qu’on a plus de liquide là, sauf en pièces ces 27 pesos”. Et franchement, ça serait passé, mais pas ici. -ne remettez pas mes talents de comédiens en jeu !-
– “Non ça fait une trop grosse différence désolé”
Du coup on est allé retirer du cash pour payer cet homme vénal se faisant déjà des couilles en or. Il nous a suivi jusqu’au distributeur, de loin, mais suivi. On aurait pu piquer un sprint dans une rue (ça me rappel un certain resto-basket à Lyon ^^), mais bon, on voulait seulement tester leur réaction, tenter, mais pas faire les putes. On est gentil quand même, non ? Bon, Manon avait des claquettes aux pieds aussi.

On mange sur le pouce, puis décide d’aller faire la plongée. À un coin de rue on trouve un gars, vieux, taxi, super sympa, qui nous explique tout le système de taxi et de prix qui fonctionne ici, notamment que pour un trajet en interne de la ville ça coûte 30/35 pesos – cf. notre arrivée sur l’île, ô desespoir -. Il nous confirme également que la location du matériel est d’environ 80 pesos.

On arrive et profite du site de plongée, c’est sympa ! Mais ça n’a rien d’exceptionnel. On chope nos premiers coups de soleil, légers, et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, le prix de la location du matos : 170 pesos par personne. On est au moins content d’avoir vu des jolis poissons, c’est notre premier vrai bonheur ici en terme d’activité ! En parlant ensuite avec les loueurs de matériels, ils nous avouent que pour eux c’est de l’argent facile en travaillant sur cette île, il suffit de parler anglais pour accueillir l’énorme masse de touristes états-uniens ; dont on a croisé déjà plusieurs spécimens à moitié bourrés et beuglant ; et leur soutirer leurs dollars. Ils nous aiment bien, et nous proposent ainsi de demander à l’un de leurs amis de nous faire un prix “mexicains” pour louer un scoot 100 pesos la journée au lieu de 1000. Cette piste ne donnera malheureusement rien.

Le lendemain je me résignais : “Bon, si le site de plongée en bouteille est vraiment exceptionnel, je veux le voir ! Sinon je crierai partout que Cozumel c’est vraiment une île de merde”. Manon préfère passer son tour. Nacho débarque alors à l’improviste à l’appart et nous invite à passer la soirée avec lui et ses potes, go ! Il insiste pour nous inviter ET payer le restau. On tente de résister, mais c’est peine perdue.

Après cette journée de repos, nous sommes le 29 avril 2014, il est 9h30 du matin, et j’ai une petite appréhension moyennement grande de retourner m’immerger après 2 ans sans pratiquer ! Le stress m’a pas mal gagné car on a prit une heure de retard car un plongeur était manquant, et les temps d’attente, ça fait encore plus monter la pression ! Histoire de bien replacer le contexte perso, j’ai fait une dizaine de plongées, mais seulement des entraînements pour débloquer le second niveau de plongée français et le PADI ADVANCED. Et tout ça uniquement en piscine ou en lac.

Joel, au milieu

Joel, au milieu

Le contexte bien re-situé, j’avais donc des appréhensions de me lancer dans une vraie mer : plus profond, des courants… Arrivés au premier point de plongée, je regarde ma bouteille, équipée, juste en face de moi, et tente de me rappeler les bases genre : ah ouais c’est là qu’on tire pour vider le gilet en haut, là en bas, là pour gonfler. Tout me revient.
– “Hey tu veux bien être mon coéquipier de plongée ?”, me lance l’un des plongeurs
– “Ben vu qu’on est les 2 derniers j’ai vraiment le choix du coup ? Pas de soucis mais j’ai pas plongé depuis 2 ans !”
Quelques instant plus tard, le chef de palanquée :
– “Bon les gars, vous 3 vous plongez en premier, une main pour maintenir masquée et détendeur, une derrière la tête et vous vous laissez tomber en arrière”
Bien sûr dans mon lac on n’avait pas de bateau. Et j’ai jamais fait une plongée comme ça. Et mieux, je suis le premier désigné pour plonger. Faisant totale union avec mon petit corps, ni une ni deux je me lance, plouf.

Tout se passe bien, j’adore la sensation, ça me fait beaucoup penser aux sorties d’avion en chute libre. La descente se passe niquel, je me stabilise très bien tout le long de la balade. On voit des beaux poissons, mais côté flore rien de très coloré, pas très magique. Certains commencent à manquer d’oxygène au bout de 40 minutes et remontent, je remonterai en dernier avec le chef. Si ça, c’est pas la classe pour une première fois en mer ! Et j’avais encore de la marge, oui Monsieur !

Le bateau enquille sur le second site, Paraiso. Je suis encore désigné pour plonger en premier, Goooo ! Cette fois la flore est un peu plus colorée, la diversité des poissons encore plus grande, mais pas exceptionnelle, une fois de plus. Du coup par moment je me mets dos au sol pour admirer toutes nos bulles pointant vers la surface, tellement beau !
La chose très intéressante et nouvelle pour moi ici c’est le courant marin. Du coup je me place à 1m50 du fond, me mets en boule, et me laisse porter tranquillement en gérant ma flottaison. Une petite balade quoi, mais à force ne de pas bouger, j’ai un peu froid ! Il faut savoir qu’en attendant le dernier plongeur au centre, je me suis enfilé pas mal de verres d’eau… Du coup l’envie de pisser en 3h n’a fait qu’augmenter au point qu’à ce stade de la plongée je ne puisse plus déplier mes jambes sans avoir une ÉNORME envie ! Bref, je me suis réchauffé tout seul dans la mer 🙂 ce qui m’a permis d’enfin déplier mes jambes !

Bilan plutôt positif d’avoir fait une bonne plongée dans un environnement que je n’avais jamais testé. Même d’autres plongeurs me disaient que je gérais bien et étaient surpris de ma faible expérience ! Donc, à refaire, avec de plus beaux lieux ! Ça m’a boosté tout ça.

Après un au revoir chaleureux au centre de plongée, je rentre et retrouve Manon ayant pu faire une grosse nuit. Cool, elle pourra veiller sur moi ce soir ! Car ce soir, on a prévu de pioncer à l’aéroport, on y reviendra rapidement.
La suite fut un peu speed, Joel nous invita au resto, Yvan et Nacho qui devaient nous emmener au ferry nous plantèrent au dernier moment, Joel nous accompagna sur le pas de la porte pour prendre un taxi. Puis nous accompagna pour prendre nos billets de ferry, puis finalement jusqu’à la zone d’embarquement. A chaque fois qu’on se retournait on le voyait nous faire coucou. Cet enfoiré nous aura ému ! C’est avec lui qu’on aura le plus parlé et échangé. Oui je l’ai déjà dit, mais c’était au début de l’article, j’avais peur que vous ayez oublié, et c’est clairement un point marquant de notre fin de voyage au Mexique. Oui fin de voyage, déjà un pays que nous allons quitter dans 12h à peine ! La journée sera pleine de rebondissements, la suite dans le prochain article, par Manon.

Bravo aux courageux qui ont tout lu !

Tulum, l’approche des Caraïbes

Le bus nous dépose à Tulum.
On récupère nos gros sacs dans la soute. Des casiers cadenacés se louent à la journée, on y dépose nos sacs et on reprend un bus direction le site archéologique.
Plus on se rapproche de Cancun, plus les prix augmentent… Ça sent les coins touristiques.
6ème site archéologique que nous visitons. Celui-ci a la particularité d’être au bord de la mer des Caraïbes, du coup mes yeux cherchent les belles eaux claires, plus que les constructions qui sont finalement moins belles et impressionnantes que les sites précédents. Mais l’ensemble vaut le coup d’œil. Quand je découvre enfin une vue dégagée sur la mer, je m’émerveille, en silence, contrairement à l’anglophone à côté de moi qui répète sans cesse “oh my god !” avec cet accent anglais que je ne supporte pas…Tulum plages
Les gens se baignent, ça fait envie mais ce n’est pas prévu pour nous. Demain par contre, à nous la mer des Caraïbes !

En attendant ce moment tant attendu où on pourra plonger dans cette mer si belle et qui a l’air si bonne… Nous voilà répartis tout transpirants sous le soleil brûlant.
Oh des taxis, ce n’est pas un mirage et le prix est bien réel. Réellement bien plus cher que dans les autres villes. N’essayez pas de nous convaincre, si c’est comme ça, on reprend un bus. Sauf que ce ne sont pas des bus, ce sont des camionnettes avec environ 14 places assises à l’intérieur mais on peut faire rentrer bien plus de personnes, tant qu’on peut fermer les portes. Si vous avez la chance d’être contorsionniste, vous vous adapterez facilement. Mais ce n’est pas notre cas et la position debout-tête baissée-bras tordus n’est pas facile à tenir.
On ne sait pas si la camionnette passe par le centre de bus que l’on veut. Le garçon qui est monté en même tant que nous et à qui j’ai posé rapidement la question en espagnol, m’a répondu en espagnol mais avec le même accent à la française que moi. 2 français qui se parlent en espagnol, c’est balo ! En plus il ne sait pas donc on finit par descendre et céder au groupe de mexicains qui nous crient en cœur “taxi ?”. Avec le trajet que l’on vient de faire gratuitement (on a “oublié” de payer en descendant), le prix du taxi baisse, on a gagné environ 3€. Ok ça vous paraît peut mais ici c’est beaucoup. Avec 3€ soit 60 pesos, on peut manger 10 Panuchos ou faire 5 allers-retours en bus dans Campeche ou 2 trajets en taxi. Bref, on a économisé 3€.

Et nos 3€ on ne les dépensera pas car même les glaces sont plus chères et on n’en avait pas tellement envie, c’était surtout pour passer le temps en attendant notre bus qui va nous emmener à Puerto Aventuras, à côté de Puerto Maya où nous attend notre prochain hôte.
Le bus nous dépose sur le bord d’une route, à côté d’une station essence. Il fait nuit, les voitures roulent vite, on a nos gros sacs sur le dos et il n’y a pas de taxis en vu. Dans cette situation, même cher j’en veux un, je suis prête à dépenser mes 3€, ne nous laissez pas ici ! Même si deux personnes nous font peur à nous dire qu’il n’y a pas de taxis, c’est faux, on en a trouvé et on en veut juste un. Bon, on en aurait préféré un avec un conducteur qui ne se perd pas mais bon… On ne peut pas tout avoir et après 10 grosses minutes à balayer tout le village, Kévin trouve enfin la maison. Oui, Kévin, parce que le chauffeur de taxi est toujours perdu et n’a pas l’esprit vif de mon Titange (parce que mon chéri c’est le meilleur, le plus intelligent, le plus beau, le plus plus plus…). – Je précise également pour ceux qui se posent la question que, malgré le fait qu’on soit tout le temps ensemble, on ne se dispute pas (pour le moment) et on est toujours autant amoureux. –

On est accueilli par Beto, un jeune garçon de 13 ans, suivi d’Alejandro (encore un, y’en a beaucoup au Mexique), 31 ans. Il nous fait visiter sa grande maison : l’entrée, la chambre d’amis, la bibliothèque, la cuisine, la salle de bain, sa chambre… Non, en fait c’est un comique et il nous avait prévenu qu’il n’avait rien car il a emménagé depuis peu. Du coup y’a 2 étages avec 1 piece chacun. C’est petit et vide, on va dormir sur de très fins matelas par terre avec les araignées et un petit ventilateur mais c’est ce qu’on avait imaginé en faisant du couchsurfing. On a eu beaucoup de chance jusqu’à présent d’avoir une chambre d’amis confortable.

Il nous emmène dans la maison d’à côté où vit sa petite amie Mariela. Mariela vit avec sa sœur Eliana et son frère Beto qui nous a accueilli, leurs parents qui sont là pour les vacances (je ne me souviens pas de leurs prénoms, trop compliqués) et le fils de 5 ans de Mariela, Santiago.
On ne les connaît pas mais on est accueilli comme de bons amis. Ils nous proposent de manger avec eux et bien évidemment on accepte.
Détail important : Eliana parle français ! Elle a passé 3 mois en France, non, en fait en Corse (c’est différent quand même). Elle a travaillé comme fille au pair dans une famille apparemment peu aimable, qui ne la payait pas beaucoup et qui avait un fils mal élevé qui l’appelait “conasse”. Elle ne parlait pas très bien français à l’époque mais elle a bien compris l’insulte. Vive l’image des français… Heureusement elle a ensuite rencontré son petit ami et a pu vivre avec lui.
On a beaucoup parlé. À peine on quitte des personnes attachantes qu’on en retrouve des nouvelles. Pour le lendemain, ils nous conseillent une plage pas loin, exactement ce qu’on cherche.

Chose dite chose faite, le lendemain, jeudi 24 avril, direction la plage d’Akumal. Comme moyen de transport, toujours ces petites camionnettes. La plage est magnifique et l’eau n’est pas froide, un petit coin de paradis. Quand on dit “mer des Caraïbes” on imagine que c’est magnifique et ben… c’est vrai !

On repasse la soirée avec nos nouveaux amis, à parler pendant des heures. On apprend encore quelques expressions familières. “Chinga” pour dire “putain” (tu vois Eliana je m’en souviens 😉 ).
Déjà le moment de se dire au revoir. Le lendemain on part direction l’île de Cozumel.

On reste en contact, comme toujours. Et comme toujours, on les a invités en France. Mais on n’a pas de maison ou d’appartement pour le moment, ni d’argent. Donc si jamais l’un d’entre eux vient avant qu’on se soit refait une situation, maman, papa, tenez-vous prêts à les accueillir parce que j’ai dit que vous aviez une chambre d’amis 😀