Lima, dernière étape de cette aventure 2014

On arrive à Lima le 18 août 2014 à 20h30.
On décolle le 20 août à 9h25.

Entre temps, on a nagé avec des dauphins, fait un trek en pleine nature, et fait du sandboarding ! Non je déconne, bien sûr on n’a rien fait de tout ça, Lima c’est une méga grosse énorme capitale où on n’a pas vu le ciel une seule fois, juste une nappe grisâtre nuit et jour, je crois qu’on appelle ça la pollution, bien que le taxi auquel j’ai lancé “hey c’est trop pollué ici” ait répondu que c’était comme ça que l’hiver, que c’était normal, que c’était pas la pollution. Et mon cul hein ? Non il avait peut-être raison, mais bon.

On est arrivé avec 3h de retard en réalité, histoire de ne pas changer les bonnes habitudes. Vu qu’il était tard on a préféré annuler notre ultime couchsurfing prévu pour une raison évidente : on n’aurait pas pu profiter de lui, or le couch on le fait plus pour profiter des gens que profiter de leur lit gratuit.

Déguisé en péruvien, je me fond même dans le décors

Déguisé en péruvien, je me fond même dans le décors

On galère ensuite à trouver un hôtel, mais bon, vous vous doutez bien qu’on en a trouvé un. Plutôt cher, enfin, 100 soles la nuit, soit 29€. Oui, à peu près le même prix que notre premier hôtel au Mexique, que l’on avait trouvé pas cher. C’est fou comment notre sens de la valeur de l’hébergement a changé en quasi 5 mois. Mais bon, on est dans un hôtel plutôt cool, on a l’impression d’être limite dans le luxe : eau chaude à volonté et wifi fonctionnant impec !

Le lendemain est notre seule journée pour profiter de Lima. Après 12h de sommeil, je me lève ; j’avoue que j’ai un peu entaché cette journée, de toute façon le temps est “nuageux”. Manon elle est réveillé depuis déjà 4h, trop excitée de rentrer en France. On sort faire un tour à la place des armes. Le taxi qui nous dépose nous dit de redoubler de prudence. On redouble donc de prudence. Les péruviens sont voleurs, et apparemment c’est pire ici. Je vous rassure tout de suite, on ne s’est rien fait piquer !

On passera la journée autour de la place des armes avec des activités reposantes et gastronomiques. Une partie d’échecs, quelques boutiques (j’ai trouvé tes bonnets Julien, tu vas être content ! Par contre ils me plaisent, donc pas sûr que je te les donne, tu vas être moins content !), et on a goûté des spécialités culinaires midi et soir, Lima étant réputée pour sa bouffe. L’idée était plutôt bonne à la base, mais débuter sur une entrée qui vous arrache la bouche en était une moins bonne, mais bon, on est là pour tester !

Le lendemain on doit se lever à 5h du matin, du coup, il faut se coucher tôt. À 1h30 je m’endors profondément, on se lève, on arrive à l’aéroport et… tout se passe bien ! Quoi, l’article est bâclé ? Meuh non, y’a juste pas grand chose à raconter, Lima fut calme, couchsurfing annulé, l’aéroport se passe à peu près bien, on rentre en France et on est content, oui, content ! Enfin, les 5€ le sandwiche nous ramènent à la triste réalité des prix français et de l’euro. De plus on revient avec tous nos vêtements ! Tous ? Non, en fait Manon a oublié des chaussettes qui séchaient dans le dernier hôtel… La haine ! Une fois en France on demandera peut-être à l’hôtel si ils acceptent gracieusement de nous les renvoyer. Manon imagine déjà qu’il vont répondre : “Des chaussettes ? Ah non, on n’a rien vu !”

Mon dernier trek, en pleine capitale et en solo svp ! Récompense : un train.

Mon dernier trek, en pleine capitale et en solo svp ! Récompense : un train.

Longtemps j’ai eu un peu peur de ne plus apprécier les derniers moments que nous allions vivre loin de la France, un peu comme quand on apprécie plus les derniers jours de nos 2 semaines de congés d’été, mais là on a très bien profité jusqu’au dernier trekking !

Une conclusion sur le Pérou, puis une conclusion globale sur ces 5 mois en Amérique latine et enfin le budget total dépensé par catégorie (on a été rigoureux ^^) seront prochainement publiés. Ah, et il y aura aussi un article bonus !

Les mystérieuses lignes de Nasca et Edgardo

Samedi 9 août, à 8h15, le bus nous dépose à Nasca. La nuit a été difficile. Nous étions à côté des toilettes du bus. Les va-et-vient des gens, les odeurs, les nombreux virages nous donnant la nausée, la perte d’altitude nous faisant mal aux oreilles (on est passé de 3000m à 500m)… Bref, difficile de dormir profondément.

On se pose dans un café pour prendre un petit déjeuner en attendant notre hôte. Edgardo nous a été recommandé par Kevin (notre précédent couchsurfing) et on ne va pas être déçu. C’est un homme à qui il est difficile de donner un âge, la 40aine passée, peut être plus. Souriant, chaleureux, il n’hésite pas à nous présenter aux autres comme étant ses amis alors qu’on vient à peine de se rencontrer. Il a une grande maison avec 3 étages, une grande terrasse, 3 chambres d’amis, 3 salles de bain… On apprendra qu’ici les prix sont dérisoires. Il a acheté son terrain 1000€. Des voisins louent leur maison pour 9€/mois. Les prix ont un peu augmenté depuis que l’électricité dans la rue a été installée mais ça reste très accessible. En plus, ce n’est pas le travail qui manque apparemment. Bref, on est installé comme des rois dans une des chambres d’amis en attendant notre future maison. Je plaisante, ou pas…

Qu’y a t’il à faire à Nasca ? Une seule chose : voir les mystérieuses lignes faites par les Incas il y a plus de 1500 ans. Pour la petite histoire, le sol est couvert de cailloux que l’oxyde de fer a coloré en rouge. En ôtant les cailloux, les Incas ont fait apparaître un sol grisâtre et c’est ainsi qu’ils ont réalisé leurs figures. Ces dernières représentent souvent des animaux (singe, colibri, condor, jaguar, araignée, orque, héron, pélican) et parfois de simples lignes de plusieurs kilomètres.

On a longuement hésité à venir, des personnes nous disant que ça ne valait pas la peine, les petits avions qui peuvent être dangereux, le prix élevé… Mais Kévin ne voulait pas avoir de regrets. De mon côté, j’ai hésité jusqu’à la dernière minute à le faire. Sur les conseils d’Edgardo qui nous a accompagné et nous a sûrement aidé à avoir une réduction, nous avons acheté nos billets, départ prévu à 13h45. 60€ pour une demie heure de vol (au lieu de 90€ pour la plupart des touristes). On n’a pas mangé depuis 4h mais on préfère suivre les conseils d’Edgardo et on prend une pastille censée nous éviter de vomir.

On est pesé, nos affaires sont contrôlées, on passe au détecteur de métaux et nous voilà prêts à embarquer -avec un couteau dans le sac d’ailleurs. Nous sommes cinq touristes et deux pilotes. Les personnes les plus lourdes vers l’avant. Nous sommes donc à l’arrière. Un casque pour entendre les explications des pilotes, une carte de ce que l’on va voir et le petit sac plastique pour vomir… Prêts au décollage, avec le sourire, pas pour bien longtemps. L’avion vire à droite, vire à gauche, on se rapproche du sol, on fait des looping… Non, c’est faux pour les looping mais c’est désagréable. Je DÉCONSEILLE à toute personne qui n’aime pas les manèges à sensations de monter dans ces avions, une horreur ! Je suis restée crispée, agrippée à mon siège pendant une demie heure. Deuxièment, 3 personnes sur 5 ont été malades. La fille devant nous a vomi dès les 5 premières minutes. Kévin, qui a l’habitude de ces avions (avec la chute libre), a fini par vomir 5 minutes avant l’atterrissage. Et moi, je me suis concentrée tout le long sur ma respiration, usant d’une grande force psychologique pour ne pas vomir. Je n’ai finalement pas vomi mais la forte nausée est restée un bon moment après l’atterrissage, désagréable sensation !

nasca dessin

Les photos ne sont pas très réussites, celle-ci est l’une des meilleures… Verrez-vous l’oiseau ?

Et sinon, les dessins ? Oui parce qu’au final, on n’a pas payé pour prendre l’avion mais pour voir les lignes et les dessins Incas. Et bien, regardez sur Internet, vous verrez la même chose et ne vous rendrez pas mieux compte de la taille. Pour ma part, si c’était à refaire, je ne le referai pas. Tranquillement posé dans un restaurant, Kévin m’a dit “j’ai rarement payé 60€ pour vomir !”. Peut être que la pastille nous aurait mieux aidée si nous l’avions prise une heure avant le vol, au lieu d’une demie heure. Mais bon, même sans la nausée, voir les lignes ne valait pas un prix aussi élevé, selon nous. Libre à vous de venir vous faire votre propre avis !

Pas besoin de rester plus à Nasca, à moins que vous ayez un couchsurfing. Il y aura au moins quelque chose de positif dans cet article. Edgardo est un homme super sympa, intéressant, avec qui on peut discuter des heures. Nous avons passé une agréable soirée pleine de conversations sur sa terrasse, d’où l’on peut voir la plus grande dune de sable du monde, Cerro blanco (2078 mètres). Après une bonne nuit de sommeil, un petit déjeuner préparé par notre nouvel ami, de nouvelles conversations, la visite de différents oiseaux dont les “pechos colorados” au plumage rouge vif et noir sur le dos… il est temps pour nous de continuer notre route. Nous n’avons malheureusement plus beaucoup de temps avant notre retour et encore plein de choses à voir. Edgardo est le genre de personne que vous quittez après un gros câlin, la gorge serrée et que vous espérez revoir un jour. Il voyage beaucoup, en Europe environ tous les deux ans. La possibilité de le revoir n’est donc pas impossible. C’est dans cet état d’esprit que nous quittons Nasca, direction Huacachina, une oasis qui nous fait déjà rêver.

Arrivée à Ushuaia, la ville du bout du monde

Le 15 mai on se lève plutôt contents de quitter la Jamaïque, ce n’est pas qu’on regrette notre séjour mais 2 semaines auront été suffisantes pour connaître ce pays.

On a prévenu Courtney (pour ceux qui ne se souviennent pas, c’est le gérant de l’hôtel) qu’on voulait qu’il nous emmène à l’aéroport à 11h. Même en lui mettant la pression, il ne décollera pas avant 12h. Il nous aura fait ch*er jusqu’au bout (un petit rappel : c’est le même gars qui nous a emmené à Blue Mountains). Lors de notre arrivée en Jamaïque, il devait venir nous chercher à l’aéroport gratuitement mais les choses ne s’étaient pas bien enchaînées et on n’avait dû payer un taxi. On lui a donc proposé de se rattraper et de nous emmener gratuitement à l’aéroport mais il a refusé. On a insisté jusqu’au bout car en plus, on a dû retirer de l’argent uniquement pour payer ce transport… Et quand on a des frais pour faire des retraits, c’est embêtant. Bref, c’est sans grande émotion qu’on lui fait nos adieux à l’aéroport.

Comme s’ils s’étaient passés le mot, la dame qui enregistre nos bagages est bigleuse et pas efficace, une demie-heure à la regarder se dépatouiller.
Heureusement, la suite s’enchaîne plutôt bien et cette fois on a le temps de manger avant de décoller. D’ailleurs, en 24h de voyage, on a mangé 4 fois (avant l’avion puis dans l’avion, pour être sûr de manger et ne pas revivre l’arrivée en Jamaïque).

Jamaïque–> Panama –2h
—-5h d’attente—-
Panama –> Buenos Aires –7h
—-2h d’attente—-
Buenos Aires –> Ushuaia –4h

Trois avions et 24h plus tard, on atterrit à Ushuaia. On n’a pas beaucoup dormi. Et petit détail : les contrôles qu’on a passés ne sont pas très strictes… On aurait pu ramener du cannabis (mais on ne l’a pas fait, quelle idée !). De la fenêtre de l’avion, on aperçoit un homme bien emmitouflé, ça sent le froid ! Pour ceux qui pensaient qu’Ushuaia c’est comme dans la pub du gel douche, oubliez tout de suite ces images ! Ushuaia c’est froid et enneigée. Et les gens sont blancs ! On va enfin pouvoir passer inaperçus.

Une dame nous attend avec mon nom marqué sur une pancarte. Elle nous dirige vers un taxi que nous a envoyé l’hôtel qu’on a réservé (on est organisé). Après 2 semaines anglophones, on se remet à l’espagnol, quelle bonheur ! Ça nous avait manqué !

On sort de l’aéroport et là… Quelle émerveillement… C’est magnifique ! J’avais envie de prendre pleins de photos des montagnes enneigées mais ce sera pour plus tard. La priorité c’est de retirer de l’argent… et quelle galère ! Le taxi nous balade dans toute la ville, on essaye tous les distributeurs et finalement on doit faire face à la réalité : on ne peut pas retirer plus de 100€ et pour chaque retrait, on a 10€ de frais… Ça s’annonce difficile.

Le taxi nous dépose à l’adresse de l’hôtel. On est accueilli par un homme souriant, Eduardo. Il nous montre notre “chez nous”. En fait, on a un petit chalet tout mignon rien que pour nous avec cuisine équipée, télé, salle de bain et à l’étage, la chambre. Tout ça pour 25€/j. On s’y sent déjà bien.

Premier repérage en ville pour aller faire des courses : on trouve un Carrefour ! La ville est mignonne, pleine de petites maisons colorées aux toits pointus. Les premiers contacts avec les argentins sont chaleureux et accueillants.

Le froid n’est pas désagréable, plutôt vivifiant et ça nous fait du bien après 1 mois et demi de grosse chaleur. En plus, on aime bien l’ambiance montagne-neige-chalet. C’est aussi la fin des moustiques et des autres insectes.

Au milieu de ce décors fabuleux, je comprends mieux la phrase que j’avais lue dans le routard : Ushuaia est l’un des endroits les plus fascinant du monde.

ushuaia manon

L’arrivée éprouvante en Jamaïque

On arrive à l’aéroport à 21h15, tous les magasins ferment, on n’a pas mangé, impossible de trouver quelque chose à grignoter, il faudra qu’on se contente de 4 mini-cookies et la moitié d’un paquet de céréales.
Visiblement on n’est pas les seuls à passer la nuit dans l’aéroport, un couple de rastas s’est installé sur des couvertures, caché sous des escaliers. D’autres squattent les banquettes d’un bar. Et nous on est dans un coin, un peu cachés par un poteau. On arrivera à dormir environ 2h, couché par terre (dur de trouver une position sans avoir mal au dos).

On se lève à 3h du matin, on retire nos billets d’avion, on enregistre nos bagages et on passe le contrôle pour passer en zone internationale. Fatiguée, je n’ai pas retiré mes boucles d’oreilles, ni les pièces de monnaie dans ma poche, ni mon passeport mais je ne bipe pas. Par contre mon sac fait encore des siennes. Cette fois je sais que ce n’est pas ma gourde mais qu’est-ce que j’ai oublié ?! Le pot de crème solaire… i Chinga ! La femme veut me la jeter mais je refuse. Elle me propose de retourner la mettre dans mes bagages. J’y cours mais la femme qui nous a enregistré nos bagages ne tient pas le même discours et me dit que c’est impossible de les récupérer. Je reviens avec ma crème solaire que je refuse toujours de jeter (même fatiguée je peux me battre jusqu’au bout et gagner, nanmého !). On me propose d’enregistrer un 3ème bagage avec ma crème solaire dedans mais cela me coûtera un surplus, de combien ? Je ne sais pas. On transvase les affaires de Kévin dans mon sac à dos, on met la crème solaire dans le sien et me voilà repartie vers l’enregistrement des bagages. Je n’ai pas besoin de faire la queue, on commence à me connaître. Je prends quand même 2 minutes pour sympathiser avec un vieux mexicain, le dernier que je croiserai.
Tout en prenant le sac à dos pour l’enregistrer, la femme m’annonce que cela coûte 500 pesos (25€) mais que je ne dois pas m’en préoccuper. Je suis fatiguée, j’ouvre de grands yeux et lui demande de répéter : 500 pesos ?! C’est trop cher ! Elle voit mon inquiétude mais continue à étiqueter le sac et le mettre sur le tapis roulant. “Je ne comprends pas, quand est-ce que je vais payer ?” Elle me fait signe de partir en me faisant comprendre qu’elle ne me fait pas payer. i Muchas gracias !

Ça y est, on arrive à passer tous les contrôles et notre crème solaire est sauvée !
Les magasins ne sont pas encore ouverts, on s’écroule sur des chaises peu confortables où tout le monde dort, chacun adopte une position différente. Nous on opte pour la position “en sandwich”, Kévin la tête sur mes genoux et ma tête sur son dos… Je n’ai pas pu dormir bien longtemps. Départ de l’avion à 6h50. J’ai eu le temps d’acheter 2 petits cookies et une barre de cacahuètes. 1h30 de vol, pas le temps de bien dormir. On atterrit à Miami. J’appréhende que mon sac soit encore fouillé mais on récupère nos bagages entiers sans soucis (on avait mis des antivols cette fois et rien a bougé).
On passe la douane, on refait toutes les étapes et quelques files d’attente plus tard, on n’a plus qu’à attendre notre avion. 1h30 devant nous, on va pouvoir manger ! (Ça me fait rire d’écrire ça quand je connais la suite des événements…). Il nous reste l’équivalent de 10€ en pesos mais pour les changer, il y a une taxe de 7€ + le taux de change, bref, on garde nos pesos et on payera les dollars avec la carte bleue. On s’installe dans un restau, on commande deux hamburgers avec des frites et deux ice tea. On nous apporte les boissons. En fait c’est vraiment des ice tea, du thé glacé, le goût du thé, beurk ! On n’aime pas, au point de ne pas pouvoir le boire du tout. On attend nos hamburgers. L’attente est longue. Kévin sort son iPad pour patienter. Un peu pris de panique, il me demande à quelle heure est notre avion. 12h30, il est 11h, tout va bien, cool. Sauf qu’à Miami il n’est pas 11h mais 12h, merci l’iPad ! Sans cette mise à jour, on loupait notre avion. On se dépêche de payer les boissons qu’on n’a pas bues, tant pis pour les hamburgers, on arrive à tant pour embarquer. 1h30 de vol à côté d’un jamaïcain peu sympathique qui me donne des coups de coude régulier, me prend mon accoudoir et ne répond pas à mes sourires. On espérait qu’à cette heure on nous servirait à manger, mais non, le sort s’acharne sur nous. On arrive fatigué et affamé mais entier et avec tous nos bagages. Petite coupure d’électricité d’une seconde dans l’aéroport, bienvenu en Jamaïque.

Des chauffeurs de taxis nous abordent, un s’acharne vraiment. On lui dit qu’on va d’abord manger. On prend ce qu’on connaît le mieux : hamburger-frites. Depuis notre arrivée, on est les seuls blancs partout, ça fait bizarre. Une fois le ventre plein, le chauffeur de taxi se précipite sur nous. En fait, on a réservé 3 nuits à l’hôtel, exprès parce qu’à partir de 3 nuits le trajet aéroport-hôtel était gratuit. Mais on ne voit pas de navette. Le chauffeur connaît l’hôtel, il nous dit qu’on ne viendra pas nous chercher mais il nous propose gentiment d’appeler le gérant de l’hôtel avec son portable. Il ne répond pas et apparemment c’est habituel. Bon, on n’a pas vraiment le choix, on accepte de payer le taxi. Le gars est super gentil en mode “yeah man”. D’ailleurs tous les jamaïcains placent dans leurs phrases “yeah man”. Petit détail qu’on ne savait pas : en Jamaïque, on roule à gauche, c’est perturbant ! Autre chose qui me perturbe beaucoup, l’anglais. Je ne me sens pas à l’aise avec cette langue et en plus tout me vient naturellement en espagnol. Quand on a du mal à comprendre et se faire comprendre, ça devient vite handicapant et déprimant. Heureusement, Kévin gère bien ! C’était notre accord avant de partir, il assure en anglais et je gère l’espagnol. Mais bon, j’espère vite m’améliorer, en 2 semaines.

Le taxi nous dépose à une station essence, nous donne son numéro de téléphone si jamais on a besoin de ses services et nous laisse entre les mains d’un autre taxi, non officiel, pour nous conduire jusqu’à l’hôtel. On se retrouve à 9 dans une voiture dont une petite fille d’environ 3 ans qui s’endort sur moi.
On emprunte des petites routes de montagne mal entretenues. Le taxi nous arrête devant l’hôtel, perdu au milieu de la jungle. On a réservé un hôtel à Kingston, une grande ville, on ne s’attendait pas à se retrouver au milieu de nul part. Le chauffeur appelle le gérant de l’hôtel en criant. J’aperçois au loin un homme sortant de la jungle, les habits troués, une machette à la main. Je chuchote à Kévin “si c’est lui, ça craint”. C’est lui. Mais où sommes-nous tombés ?!

On grimpe des escaliers pour atteindre l’hôtel. En fait, c’est le frère du gérant. Il nous montre notre chambre, kingston chatgrande, lit confortable entouré d’une moustiquaire (le top), un canapé, une télé, beaucoup d’albums de musique genre reggae, une cuisine et une salle de bain communes avec une autre chambre. La porte de notre chambre donne sur l’extérieur. Il ne fait ni chaud ni froid, on est au milieu des montagnes, la vue est magnifique, loin de la pollution… Un coin de paradis où je vais être la plus heureuse du monde parce que j’ai omis un détail important : l’hôtel est rempli de chats (10 dont 3 chatons). Un endroit où je me verrai bien vivre.

On croise par hasard notre colocataire de la chambre d’à côté qui nous propose de prendre un taxi pour aller en ville. Le conducteur est un jeune (il a 35 ans mais ils font tous 10 ans de moins que leur âge !), des dreadlocks (classique ici), un vrai rasta-man comme la plupart des gens qu’on croise. Il roule vite et dangereusement sur ces routes cabossées. J’ai vraiment peur à chaque virage. On passe faire des courses pour pouvoir se faire à manger à l’hôtel les prochains jours, on retire un peu d’argent et notre chauffeur fait changer une de ses roues qui a crevé. On part ensuite manger, encore un fastfood. Notre chauffeur nous accompagne partout et mange avec nous.

On repart direction l’hôtel. J’ai toujours aussi peur, j’ai l’impression qu’on va rentrer dans les voitures d’en face… Et ben non, on n’est pas rentré dans les voitures d’en face mais dans un mur ! En voulant éviter une voiture justement, il a tourné sec et on a filé droit dans un mur. Heureusement le trottoir et un poteau ont ralenti le choc qui n’a pas été très violent. Le chauffeur sort en espérant trouver la voiture en faute mais elle est déjà loin. Il crie son desespoir dans une langue que je ne comprends pas, le créole. Avec Kévin on est assez empathique et il nous fait beaucoup de peine. Je ne sais par quel miracle la voiture redémarre et nous ramène jusqu’à l’hôtel. Avec cette route pleine de crevasses, je pensais qu’elle allait partir en morceaux. On re-crève une roue au passage mais ça, c’est la routine.
Il nous laisse son numéro, comme le 1er chauffeur, mais on n’en rappellera aucun.

Tranquille dans notre chambre, on entend quelqu’un ouvrir notre porte (qui était fermée à clé). C’est Courtney, le gérant de l’hôtel, qui n’est apparemment pas au courant qu’on est là puisqu’il pensait installer une autre personne dans notre chambre. Surpris, il nous salut et repart.

Petites caresses aux chats et repos bien mérité après cette longue journée sans dormir.
Ça y est, on est arrivé vivant en Jamaïque.

Arrivée à Mexico

Paris –> Dallas (11h)
Dallas –> Mexico (2h30)

Enfin on aperçoit Mexico. Vu d’en haut, la ville s’étend à perte de vue ! Pas étonnant qu’elle abrite 20 millions d’habitants.

Notre avion se pose à Mexico sous un ciel très nuageux.
Il est 19h (heure locale) mais dans notre tête il est 3h du matin. On est exténué.
Malgré la fatigue, il faut rester vigilant. Un peu d’attente pour passer la douane pour seulement quelques secondes à regarder nos passeports et récupérer le formulaire d’immigration.

Allez, pourvu que nos bagages aient bien pris le même avion que nous… Envie de les voir mais pas de les remettre sur notre dos.
Ça y est, on en voit un puis l’autre, ouf ! Nous avions fait recouvrir nos sacs d’un film plastique mais cela n’a pas découragé la douane États-Unienne ! Le sac de Kévin n’a rien mais le mien a été ouvert et fouillé grrr
Effet psychologique ou non, il me semble plus léger… Après vérification, il semblerait qu’il ne manque rien.

Encore un formulaire à remplir et enfin nous sommes libres !
Objectif : trouver un taxi pour nous amener jusqu’à l’hôtel que nous avons réservé seulement pour la première nuit.
Kévin se sent à l’aise avec l’anglais mais se retrouve perdu face à l’espagnol. Heureusement pour moi c’est l’inverse ! Des gars nous font de grands signes pour qu’on prenne leur taxi mais on sent l’arnaque et je préfère m’avancer vers un homme qui me paraît plus professionnel. Après 2-3 échanges, on arrive à trouver un taxi avec un prix raisonnable, 260$MXN (diviser par 20 pour convertir en euros, 13€ le taxi).

Nous voilà dans la folle circulation de Mexico. Je demande au chauffeur s’il connaît notre hôtel, apparemment oui. Au bout d’un quart d’heure (l’aéroport ne se trouve pas loin du centre de la ville !), le chauffeur nous montre notre hôtel. Bizarre ce n’est pas le même nom… Je répète le nom de l’hôtel et il nous confirme que c’est celui-ci. Le réceptionniste de l’hôtel n’a pas la même version, ce n’est pas cet hôtel (pas étonnant, il suffit de savoir lire pour le voir…).
Heureusement, notre hôtel se trouve à côté, 2 rues plus loin d’après lui. En demandant à un autre homme, il nous dit que l’hôtel se situe à 3 rues dans une autre direction. Bon bon. Finalement Kévin sens mieux ce dernier gars, et ô miracle, on accède à l’hôtel tant désiré, à nous le repos !

SAM_0006

Enfin on a notre chambre, propre avec un grand lit et une grande télé, bonne surprise pour une chambre à 20€ la nuit pour 2 !
Un dernier effort pour prendre une douche, commander un plat rapide (mais préparé en 45min) au restau de l’hôtel pour Kévin (dans l’avion on mange, mais en petite quantité et pas très bon…).

On s’écroule enfin sur lit. Ça y est on est à Mexico.

L’aventure sur ce continent commence !