Huaraz, émerveillement dans la Cordillère Blanche

Le mardi 12 août, on arrive sur le coup des 8h30 du matin à Huaraz, frais comme des gardons. On choppe un taxi. Il nous dépose dans un hôtel en nous disant qu’il est près de la place des armes, cool ! Mais on se rendra compte de la supercherie que quelques heures plus tard. Tant pis, on est à 20 minutes du centre, mais dans un hôtel, ou plutôt auberge, non, un truc pas cher.

Le gérant de l’hôtel appelle un de ses potes faisant des excursions dans la Cordillère blanche, mais on le sent pas, on fera donc quelques agences dans le centre pour voir ce qui s’offre à nous, car l’activité principale en partance de Huaraz, ce sont des treks de un à TRENTE jours dans la Cordillère blanche, une immense chaîne de montagnes (blanche à ses sommets). Face à la blanche, y’a la noire, offrant une belle vue sur la blanche justement. Ce sera notre premier trek d’ailleurs.

Le mercredi 13 on part avec un guide à quelques 20 minutes de Huaraz, et on grimpe. 2h de montée en théorie, mais ils avaient du voir large car on atteindra la lagune de Wilcacocha au sommet en 1h30. On en a bien chié quand même, soyons honnête ! Pause déjeuner à côté de la lagune, en admirant la vue panoramique sur la cordillère blanche. Malheureusement le temps est nuageux, du coup, soyons encore honnête, la lagune est moche et le panorama est pas super top.

huaraz pano blanc

Côté positif, on ne brûle pas sous le soleil, et ça c’est cool car y’a pas de zone ombragée ici. La cordillère noire est plutôt jaune sur ses flancs, car en cette période d’été, tout est cramé. En hiver, il paraît que c’est vert. Pour la descente on demande au guide de prendre un autre chemin que pour la montée, le chemin est assez difficile car constitué de pierre. Mais bon, on voulait le rentabiliser car on a vite compris que payer chacun 15€ pour l’avoir on s’est fait un peu entuber, soyons zonètes (décidément !). Julio, le guide, a 27 ans et a vécu les 10 premières années de sa vie avec sa grand mère, dans la campagne, bénéfice : il connaît super bien les plantes, et sait se soigner avec. Il nous raconte notamment l’histoire d’une fille que la médecine contemporaine n’arrivait pas à soigner, qu’ils ont emmené au bord d’une lagune, puis recouverte de certaines plantes, et hop, elle était debout en moins de temps qu’il n’en faut pour prononcer “c’est une histoire vraie ?”. À 14h on est de retour à Huaraz.

Le lendemain on se repose -vous avez l’habitude maintenant qu’on fasse des journées pauses !- et on change d’hôtel, d’auberge, enfin de lieu quoi. Pourquoi ? Parce que le lieu en lui-même est éloigné du centre, la cuisine qu’on devait pouvoir utiliser est quasi inexistante puisque résumée en terme de vaisselle à une casserole dégueulasse qu’on nous a filé le premier soir -limite on devait aller acheter une éponge pour la nettoyer : LOL ! Filez-nous une éponge, et encore heureux qu’on te demande pas de la nettoyer !- On n’a pas confiance en la sécurité des chambres (un cadenas pour fermer… mouais), et l’environnement est plutôt crade globalement. Ah et aussi on attend toujours les petits-déjeuners prévus. Donc voilà, outre les moults autres détails négatifs, on change, parce que le changement, c’est maintenant, (François si tu nous lis, tu vois, nous, on agit 😉 ) et on arrive dans un hôtel dont nous avait parlé Florian. Quoi ? Vous ne vous rappelez pas de lui ? C’est le français rencontré au Machu Picchu, qui est également à Huaraz actuellement.

On profite un peu de la ville en cette journée de repos, enfin profiter est un grand mot, car la ville a beau compter 150.000 habitants, elles est pourrie, je m’explique. Un ruisseau traverse la ville, des ordures le longent et s’y promènent, les bâtiments sont inachevés, sales, les commerces sont majoritairement inutiles (énormément de magasins pour faire des photocopies. Je comprends pas trop ce délire honnêtement. Mais bon), et le truc le plus stressant et énervant : les gens ici ont la foutu habitude de klaxonner tout le temps, mais vraiment tout le temps. “Oh, un passant, TUUUT. Oh, un croisement où je suis prioritaire TUUUT. Oh, TUUUUT”. C’est simple, les gars ici conduisent avec la main au dessus du klaxon. Un truc de fou. Et pour info, ici également c’est interdit de klaxonner pour x raisons, comme en France. Mais que fait la police ? Ben elle fait la circulation apparemment.

Avec ce temps gris, nous ne fûmes pas séduit au premier coup d'oeil à 4450m

Avec ce temps gris, nous ne fûmes pas séduit au premier coup d’oeil à 4450m

Le vendredi 15 août, on prévoit de se taper l’ascension jusqu’à la lagune Churup avec Florian. Bon alors les guides en papier et sur Internet conseillent de ne pas s’aventurer seul, ça tombe bien, on y va à trois ! Ils conseillent également de partir tôt le matin. Vous nous connaissez. On décolle à 9h45 de Huaraz, tous les 3. Les guides parlaient de 15 minutes pour atteindre le début du chemin, mais le chauffeur nous dit 45, et il a raison le coquin !

Bref, on se retrouve à Llupa pour attaquer le trek. Ça commence tranquille, la première heure et demie on s’économise. On arrive à Pitec, pseudo ville où on paye 10 soles pour commencer les choses sérieuses. Ça grimpe beaucoup, c’est assez hardu, soyons honnêtes, on peine, on piétine avec Manon, et on commence à s’essouffler énormément. L’altitude nous pèse de plus en plus et nous emmerde littéralement sur des passages difficiles où on doit utiliser des cordes en métal -parfois bien usées- pour escalader certaines parties. On fait beaucoup de pauses car en plus d’une migraine naissante, j’ai des vertiges et Manon la nausée. Pas cool pour escalader. Quand je dis escalader c’est vraiment escalader, certains passages nécessiteraient d’avoir du matos d’escalade car c’est vraiment dangereux. On est à bien 4000m à ce moment, et c’est fou que mon corps qui semble bien acclimaté à 3000 (altitude de Huaraz) soit complètement HS ici. Je dis “mon” corps, car Manon a toujours des difficultés avec l’altitude, son cœur s’emballe très facilement à chaque fois qu’on se trouve à plus de 3000 mètres (Huaraz comprit. Pour info le Machu Picchu qui ne lui avait pas posé de problème est à “seulement” 2500).

La lagune est en fait de l'autre côté, mais la vue nous plaisait plus ici !

La lagune est en fait de l’autre côté, mais la vue nous plaisait plus ici !

2h30 nous seront nécessaires pour faire Pitec-La lagune de Churup. 2h30 c’est le temps informatif donné, on est pile dedans, et vu comment on a peiné, je peux vous dire qu’on est heureux d’arriver à la lagune, les derniers mètres de pente raide furent un calvaire. Il est 14h30. On a donc mit au total 4h pour arriver là. Je pensais que le trek durerait 2h30, j’avais rien compris en fait ! On se pose 1h le temps de se reposer, et surtout manger, s’hydrater, prendre des photos du site. Durant la montée on a eu des gouttes de pluie, et surtout vu arriver de gros nuages noirs, ce qui nous a bien fait flipper. Car outre la pluie, une étendue d’eau avec des nuages au dessus c’est généralement plus moche qu’avec un ciel bleu dans laquelle il se reflète -mais c’est qu’on  deviendrait exigeant avec la météo maintenant !-. Pendant notre déjeuner, on a le droit à de la neige fondue, de la petite grêle, en plus du vent glacial, et entre temps il arrive que l’on ait des éclaircies, nous faisant bouillir sous nos vestes. Durant ce trek on a connu un peu toutes les saisons ! Même les rafales de vent latérales qui vous obligent à marcher penché d’un côté pour y résister ! Bref, les quelques éclaircies nous permettent de profiter des lieux, et ma foi, ça vaut le coup d’avoir souffert pour arriver là !

A gauche de la cascade le chemin en mode "escalade avec les cordes en métal", à droite, notre descente en mode "AAAAAaaaaaah !"

A gauche de la cascade le chemin en mode “escalade avec les cordes en métal”, à droite, notre descente en mode “AAAAAaaaaaah !”

Après 1h de pause on entame la descente. Il nous reste pile 3h pour rejoindre le point initial d’où partira le dernier collectif -petit bus- pour Huaraz. En tout cas c’est ce que nous a dit le chauffeur du matin : “18h30”.

On ne redescend visiblement pas exactement par le même chemin, on ne se tape pas les cordes usées en métal, et on s’aperçoit qu’on est du mauvais côté du fleuve ! Enfin “mauvais” c’est exagéré, de ce côté là aussi on peux passer, faut juste être un peu sportif et un peu foufou. L’escalade est abrupte, un passage particulièrement délicat nous oblige à être collé à la paroi et redoubler de vigilance pour ne pas glisser, car ce serait la catastrophe assurée. Pendant que j’aide Manon à traverser certains passages difficiles, ce couillon de Florian filme nos exploits. Après 30 minutes de descente dangereuse, on arrive sur la zone de camping. Le plus dur est fait, et on ressent déjà les bienfaits d’avoir descendu 400 bons mètres, nausée et mal de tête se calment, on respire mieux, ouf.

Durant la descente on croise 2 français qui vont camper cette nuit, bon courage avec tout ce matos pour grimper à la lagune ! Le soleil qui poursuit son déclin laisse apparaître des paysages merveilleux, de toute beauté, les mêmes qu’à la montée, mais en même temps différents, dont nous profiterons tout en descendant aussi vite que possible.

Si tu glisses, tu tombes... très bas !

Si tu glisses, tu tombes… très bas !

On arrive au lieu de rendez-vous dans les temps, 18h10. Les gars sur place nous disent qu’il n’y a plus de bus à cette heure là. Panique ? Non, un 4×4 vient ramener ces travailleurs à Huaraz, et nous embarquerons avec eux, enfin, pas tout à fait avec eux, nous on est dans le coffre extérieur, dans les pots de peinture et les échelles. Le trajet est rigolo, pour moi, beaucoup moins pour Manon qui a peur d’être éjectée à chaque dos d’âne. On arrive vivant à Huaraz 40 minutes plus tard, et le petit vieux dans le coffre avec nous nous accompagne jusqu’à la place des armes.

Florian nous fait goûter une spécialité qu’il a trouvé ici, des churros fourrés de manjar (manjar=Dulce de leche péruvien=confiture de lait en France. Le nom est différent mais c’est la même chose.). J’adore ! Mais c’est hyper bourratif.

Le samedi ce sera un repos bien mérité, on a des courbatures un peu partout. En fin d’après-midi on rejoint Florian pour se rendre ensemble à quelques 20 minutes de la ville, Anta, en direction de Yungay, pour admirer un coucher de soleil sur les montagnes. Le soir même Florian prend un bus pour aller plus au nord du Pérou et entamer son 5ème et dernier mois de voyage. De notre côté on planifie la journée suivante : ce sera la fameuse Laguna 69. Il paraît que c’est le lieu le plus beau autour de Huaraz, du coup, on se l’ai gardé pour la fin, dernier trek de notre voyage, et peut-être un endroit idyllique.

Ce dimanche debout à 5h30 -du matin bien entendu. Quelques courbatures de Churup sont encore là, mais on va encaisser hein, c’est notre dernière activité péruvienne !

Gardez-bien à l'esprit que c'est encore plus beau de nos propres yeux

Gardez-bien à l’esprit que c’est encore plus beau de nos propres yeux

Sur le trajet, le bus s’arrête notamment aux Lacs de Llaganuco pour une pause photo. Le premier de ces 2 lacs est d’un bleu magique, au pied de ces montagnes immenses, on en prend pleins les yeux. Dix minutes plus tard le bus arrive à destination avec 1h de retard, il a mis 4h au lieu de 3, en partie de sa faute, mais aussi au groupe d’allemands qui ont retardé le bus à plusieurs moments. C’est important de souligner ce retard, car le temps que l’on a pour faire le trek, lui, ne change pas, et pourtant on doit être de retour ici dans exactement 6h. Bon, le trek est prévu en 3h aller et 2h30/3h retour. Ça devrait le faire !

Certains partent comme des balles, nous on se met de la crème solaire, Manon ajuste son chapeau, et patati, et patata, bref, on part les derniers, il est 10h pile.
Ça commence cool, on descend ! On arrive rapidement sur du plat, puis légère montée. Le paysage est vraiment beau. Se baladent chevaux et vaches par-ci par-là. On remonte la rivières parcourant cette plaine. On marche bien et on commence à doubler des gens. Au bout de 10 minutes on en voit qui font déjà des pauses, et ben c’est mal parti pour vous les petits loups !
En 40 minutes on a doublé quasi tous ceux de notre bus, m’enfin c’est pas très dur : on est les seuls à ne pas s’arrêter pour reprendre notre souffle. Une bonne montée arrive, 30 minutes d’ascension où on double les premiers de notre bus, et on commence à rattraper des gens du bus précédent. Les paysages sont à nouveaux magnifiques, plus beaux que Churup ! Une cascade, une vue sur les montagnes enneigées des environs, la plaine que l’on a traversée en contre-bas. Histoire de, on fait une pause d’une minute pour boire. On double un jeune, la vingtaine, bien musclé et faisant une pause. En nous voyant passer il enquille derrière moi. 20 secondes plus tard je me retourne, hop, 10 mètres derrière le jeunot. Une minute plus tard, je ne le vois plus ! On arrive à nouveau sur du plat et passe devant un petit lac. Pas spécialement beau, on avance. Nouvelle plaine, décors de géant, on est ridiculement petit ! Mais on voit déjà ce qui se profilera devant nous 5 minutes plus tard, la deuxième grosse montée. Jusque là on trouve honnêtement ce trek facile. Churup a dû nous renforcer !
Cette dernière montée est un peu plus difficile, mais quand on commence à peiner, on arrive au sommet. Quelques mètres de plat et, PUNAISE !

huaraz laguna69 kevin

S’étend sous nos yeux la lagune 69, surmontée d’une montagne tout simplement magnifique. La lagune est d’un pur bleu turquoise intense. L’eau est transparente. Le soleil provoque des scintillement dans la lagune. La montagne en face de nous est enneigée, ou glacée, enfin on ne sait pas trop, ça brille tellement et l’aspect est particulier, on dirait du plastique blanc ! Il est 12h15. On est donc monté en 2h15 au lieu de 3. On calcule rapidement, ouais, on peut se permettre de glander ici 2h ! Enfin, je ne vais pas beaucoup glander. Alors que Manon se pose à l’entrée du site avec d’autre personnes, je pars en solo pendant près de 1h à crapahuter autour de la lagune pour la voir sous différents angles. Je reviens vers Manon, mis hors service par l’altitude (4500 mètres, ça fait haut pour faire le con pendant 1h). J’ai un mal de tête évoluant plutôt mal, et aucun appétit. Je profite un peu de cette vue du lac beaucoup plus classique, mais qui est honnêtement la plus belle, puis on redescend. À ce moment je me sens vraiment mal, ne pas avoir beaucoup mangé ne m’aide sûrement pas, mais au moins je bois ! Après la première descente, ajouté au mal des montagnes, j’ai les intestins, stimulés par la randonnée qui me font vivre un enfer. À ce stade une seule solution : “Comment chier dans les bois ?”. Encore merci de m’avoir offert ce best-sellers Magali, ça aura été utile ! Je me rappelle d’un passage où ils disaient quelque chose comme “prenez votre temps de choisir l’endroit idéal, quitte à chier, autant en profiter pour avoir un beau paysage”, et avouez que devant une montagne gigantesque à la cime enneigée, une vallée verdoyante sublime, et sous un ciel bleu, on se rapproche de l’idéal non ?

On serait allé encore vachement plus vite en montant les chevaux !

On serait allé encore vachement plus vite en montant les chevaux !

Manon a ce phénomène étrange qui se reproduit : son mal de tête s’accentue durant la descente.   Entre nos pauses diverses et nos douleurs diverses, on mettra 2h pour rentrer, et on arrivera devant le bus à exactement 16h, l’heure de retour indiquée par le chauffeur. On décolle ? Ah, non, c’est sans compter sur ces foutus allemands. Les derniers arriveront avec 1h30 de retard. L’un d’eux ayant sorti son petit réchau et faisant du café ne se presse pas à tout remballer, bref, on part avec 1h45 de retard. Honnêtement on avait espoir que le chauffeur abandonne ici les plus lents ! C’est pas qu’on est pressé, mais ce soir on a une tonne de choses à faire avant de quitter Huaraz -donc en fait, SI, on est pressé !-.

Petite parenthèse pour exprimer ô combien les allemands entre 20 et 30 ans qui voyagent ici sont des emmerdeurs. Tous les groupes que nous avons croisés étaient irrespectueux vis à vis du silence de l’auberge, de laver leur vaisselle, mettre en retard les autres dans les transports en commun, et donc globalement impoli -dire bonjour c’est pour les tapettes ! Bref, si j’étais vulgaire je dirai que ce sont des vrais connards. Oups. Si encore leur langue était belle, mais le contraste avec l’espagnol est tellement énorme, les pauvres ne cumulent que des défauts. Fin de la parenthèse.

On arrive à Huaraz à 20h30, le bus nous lâche en plein centre ville, on retrouve le chemin de l’auberge, et c’est heureux -et sale- que l’on rentre de ce dernier trek, des images pleins la tête -et pleins le numérique. “MERVEILLEUX” décrit parfaitement cette ultime randonnée dont les paysages rivalisent clairement avec ceux rencontrés à Ushuaia. On a été ébloui avec notre premier trek sur le continent, et avec le dernier, le pied !

Copacabana et la beauté du lac Titicaca

Le trajet la Paz Copacabana est marqué par un passage en bateau. Mais ce n’est pas le bus qui monte sur un gros bateau, non non, c’est nous qui montons dans un petit bateau à moteur. On est ainsi une quinzaine de personnes par bateau à traverser le lac Titicaca. 20 minutes de trajet, et on attend de l’autre côté le bus, qui lui est seul sur une embarcation à laquelle je ne ferai personnellement pas très confiance ! Mais bon, les boliviens si, et tant mieux, le bus arrive -avec nos sacs !-. Les paysages sont très beaux avec cette eau de la même couleur que la méditerranée mais au pied des collines.

On trouve rapidement un hôtel très sympa, chambre spacieuse, confortable, waouuuuu, ça fait du bien une bonne surprise ! Petit balcon avec vu sur le lac, et …. Hey, le coucher de soleil c’est pour bientôt ! On paye directement 2 nuits, et on descend voir le coucher de soleil. On tombe ensuite sur une femme d’agence d’excursion très gentille (c’est rare, donc assez important pour être souligné), qui nous expliquera que faire et que voir dans la ville et aux alentours.
En allant trouver un endroit pour manger, une française nous aborde, Justine, 25 ans, qui voyage depuis 9 mois en Amérique latine et cherche désespérément avec son copain, Vincent, un endroit pour dormir. Après une bonne demie heure à papoter, ils nous donnent terriblement envie d’aller au Costa Rica ! Le temps de s’échanger nos contacts, et ils iront dans le même hôtel que nous -mais ça, on le saura que 2 jours plus tard, quand ils partiront ! Dommage.-
Alors que l’on mange, on constate que pour une ville très touristique, les boliviens ne sont pas du tout dans la même mentalité que nous côté restauration : 40 minutes pour un plat de pâte quand vous êtes les seuls dans le restaurant. Et on le vivra ainsi à chaque restaurant. Ah et aussi, le chauffage est une option dans les restaurants ici, ne comptez pas vous sentir bercer par une douce musique et la chaleur d’un feu, au mieux vous aurez un petit peu moins froid que dehors, et vous aurez la télé allumée avec une série alacon genre “les feux de l’amour” version espagnol.

On a parfois laissé le guide partir loin devant pour profiter du lieu, que du bonheur !

On a parfois laissé le guide partir loin devant pour profiter du lieu, que du bonheur !

Le lendemain matin à 11h le réceptionniste frappe à la porte pour nous dire qu’il y a le check-out. Euh, on reste 2 nuits, t’es vachement organisé toi ! Visite de la ville, de l’énorme église sur la place principale, et de Calvario, un mirador au sentier très catholique inspiré du chemin du christ, avec des croix à plusieurs étapes. C’est haut, c’est dur, mais la vue sur la ville est vraiment belle.

La fameuse Isla del sol -“Île du soleil” pour le néophyte !- sera pour le lendemain, le jeudi 24 juillet. Deux heures trente de petit bateau pour atteindre l’île, en même temps le trajet est pas cher, 4€ chacun aller-retour. Le bateau nous dépose au nord de l’île, d’où on marchera jusqu’au sud. Un guide fait son apparition dans le bateau, il pue, mais vraiment -c’est assez fréquent ici, mais je comptais tout de même le souligner pour que vous vous imprégniez de l’ambiance-. En descendant on se fait taxer chacun 2€ pour accéder à l’île. On arrive alors aux ruines ! Enfin, on a tellement été habitué à voir de beaux vestiges, que là on est très déçu : une table type camping français faisant office de table de sacrifice, quelques restes de maisons à moitié enfouis, et…. Ce sera tout, on part en direction pour le sud de l’île. Avant cela le guide demande une contribution de 1€ chacun. On ne sait pas si on va le suivre, et de toute façon on préfère payer ce type de prestation après, et non en avance.

Le groupe part sur le chemin, on les suit de visu. Le guide s’arrête de temps en temps pour expliquer des choses, des anecdotes, l’histoire de son peuple. Quand il nous a abordé dans le bateau il l’a joué genre “il y a 2 ans je ne parlais pas un mot d’espagnol, et je fuyais les touristes.” Mais ça passe moyen désolé, il semble juste essayer d’attirer la sympathie et la pitié, et ça on n’aime pas !

Si nous sommes déçus par les 2 ruines qui se battent en duel, en revanche les paysages seront somptueux durant tout le trajet. On atteindra les 4500 mètres sauf erreur de ma part, c’est haut pour faire une rando de 3h, mais on gérera plutôt bien physiquement. Sur le trajet on échange quelques mots avec des français. L’un deux, ou plutôt l’une, nous raconte qu’elle est habituée à la Bolivie, mais qu’une semaine plus tôt, 2 jours après être arrivée à la Paz, elle s’est fait embarquer par un faux flic, avec un autre touriste et un taxi complice qui lui ont volé argent et téléphone. Quelques jours plus tard, c’est son sac à main dans un restau qui disparaît. Que du bonheur ! On se dit qu’on a de la chance, d’autant plus qu’on baissait notre garde récemment. Apparemment ce sont souvent des péruviens qui ferait ça en Bolivie…. En tout cas c’est ce que disent les boliviens (et menteurs comme ils sont… Qui croire ?).

Le chemin sur l'Isla del Sol me faisait penser à la muraille de Chine, bien que je ne l'ai jamais vu de mes propres yeux ! -pour l'instant-

Le chemin sur l’Isla del Sol me faisait penser à la muraille de Chine, bien que je ne l’ai jamais vu de mes propres yeux ! -pour l’instant-

Plus loin sur le chemin, le guide fait une pause pour nous demander ses 2€. Si c’est pas une raclure sérieux. Encore plus loin des gamins font barage devant nous pour nous demander de l’argent, un gamin insistant pose la main sur mon sac, je l’expulse ; pendant ce temps Manon pousse une gamine sur le côté du sentier car trop insistante et invasive. Vous comprendrez que c’est pas à eux qu’on lâche des bonbons 😉
Encore plus loin, juste avant d’arriver au village Sud, là où on reprendra le bateau, on nous retaxe 1€ pour 2. Le groupe est un peu loin devant, on prend du retard à force de flâner, mais on les voit au loin. On les rattrape dans la ville juste avant pleins de zigzagues en précisant au guide qu’il y a 2 vieux argentins qui sont du groupe et qu’il a dû oublier derrière vu qu’on ne les voit plus. Il fait le signe de “Mince alors”. 20 minutes plus tard on retrouvera ces 2 argentins retraités furieux au bateau, ils n’ont jamais revu le guide. Bref, la journée se termine, tout le monde est HS dans le bateau, les filets de baves vont et viennent avec la houle.

Le vendredi sera du repos, en dehors d’un fait marquant et choquant. Dans une boutique du marché, qu’elle ne fut pas la surprise de voir en guise de jouets des bébés lamas empaillés (ou en décomposition ?), à l’apparence cadavérique. Ça nous a glacé le sang. Ce peuple est certes très différent culturellement, mais entre des affiches de momies à Uyuni et des jouets morbides, on a vraiment du mal avec les boliviens et leurs petits plaisirs !

14h, le samedi 26 juillet on va en direction de Pachataka, ou “Horca del Inca”. Des ruines Inca à côté de la ville, donc faisons-le à pieds. On se lance, ça monte sec, “10 bolivianos pour passer” est affiché sur une pancarte, mais il n’y a personne, à la bonheur ! Ça monte de plus en plus sec, et la vue derrière nous se profil sur la ville et le lac. On arrive sur ce qu’on pense être les ruines, je dis bien “on pense” car c’est pas flagrant, on dirait juste que la montagne a été un peu taillée à certains endroits, à moins que ce soit une forte érosion. On voit tout de même l’arche “Horca del Inca”. On continue de grimper, cette fois ce n’est plus des marches, on escalade la montagne pour se trouver un endroit tranquille, sans personne -bien qu’il n’y avait que peu de fous pour monter ici-. On admire alors la vue, qui franchement vaut le coup ! Le temps de prendre quelques photos, vidéos, et 20 minutes plus tard on redescend.

On arrive devant une poste -pour envoyer du courrier bien sûr-, personne. Deux français sont aussi là, ils voulaient des enveloppes. Une femme nous voit tous les 4 et dit que le lendemain il y aura quelqu’un. Manon sent bien le “je me débarrasse de vous”, et ne préfère pas dégoûter les autres français en leur expliquant ce qu’elle ressent, ils auront bien le temps de le découvrir ! En attendant, on leur montre où trouver des enveloppes (on a mis 30 minutes à en trouver la veille, autant leur faire gagner du temps).

Grimper c'est dur, avec l'altitude c'est amplifié, donc dur dur -Copacabana en fond, durant l'ascension à Horca del Inca-

Grimper c’est dur, avec l’altitude c’est amplifié, donc dur dur
-Copacabana en fond, durant l’ascension à Horca del Inca-

Dimanche 27 juillet 2014. La journée s’annonçait cool sur le papier : une visite pépère à faire, passer à la poste et écrire le bilan de la Bolivie, mais c’était sans compter sur nos amis boliviens ! “Plus de place dans l’hôtel”, on ne peut pas rester cette nuit nous annonce le réceptionniste à 8h50 du matin, alors qu’on est bien frais durant le petit déj. Un détail que j’ai omis de préciser, mais ici l’air est très sec, on se réveille 4-5 fois par nuit avec la bouche complètement sèche -pourtant on est au bord d’un lac, comme quoi…-. On trouve un autre hôtel où on ne peut se poser qu’à 13h. Pendant ce temps on essaie d’accéder à la poste, personne, et impossible de trouver des timbres dans la ville. Trois jours sans poste malgré les heures d’ouvertures affichées, vive les villes touristiques boliviennes ! Même la “Mairie” et les policiers qu’on est allé voir ne savaient pas le pourquoi du comment. Avant 14h on repasse, toujours les mêmes lettres derrière la vitre, des choses ont été déplacées, mais toujours personne. Pendant qu’on cherchait des timbres on est passé dans une librairie, personne dedans. On patiente 2 minutes, toujours personne. Bon. Il faut savoir que c’est jour de fête ici les dimanches, toute la ville est bouchée par les voitures, elles font la queue. Pour quoi ? Pour passer devant la cathédrale de la ville et se faire bénir, eux et leur voiture -sans déconner !-. Les voitures sont d’ailleurs toutes décorées avant d’arriver devant l’église et se faire bénir, les gens y placent des fleurs, un chapeau bolivien scotché sur le toit, beaucoup de couleurs ressortent de tout ça. Au passage les gens s’amusent à balancer des pétards par-ci par-là :
“Attention Manon le gars…” *PAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPA*
Même pas le temps de la prévenir qu’un gars en fait péter juste à nos côtés. Des fous ces boliviens, déjà qu’habituellement… Alors en liesse !

Pour le dernier après-midi en Bolivie, il ne nous reste qu’une chose à voir et également accessible à pieds : El Asiento del Inca (le siège de l’Inca). C’est pas loin du tout. En arrivant sur le site, de loin on se dit que c’est vraiment des ruines, en effet. Un gars nous accoste, il paraît bourré et était précédemment posé avec sa petite famille. Il nous demande des sous, je lui filerai des bonbons. Et hop, on passe. Plus loin on tombe sur des gamins, genre 5 et 7 ans. Ils commencent par nous montrer des vers avec lesquels ils jouent, on les questionne donc :
“Ils viennent d’où ?”
“Du caca juste là”.
Ah oui, effectivement… Puis ils proposent de nous expliquer l’histoire des ruines moyennant quelques bolivianos. 3 bonbons et ça passe. Avouez que c’est cool de tout payer avec des bonbons que vous aimez pas, non ? Le plus grand parle vraiment comme un guide, impressionnant ! Mais au bout de 5 min il dérive de plus en plus sur sa nature d’enfant. Après leur avoir dit d’arrêter de massacrer tout les arbres que l’on rencontre (leurs fleurs contenaient du jus, mais ils les massacraient et les balançaient …), on les laisse et retourne flâner dans les rues de Copacabana. On demande à une jeune commerçante le pourquoi du comment de la fête autour de l’église, on aura des bribes de réponse entre son air détaché et son regard fuyant, classique quoi.

Le soir on aura encore quelques emmerdes au restau : 20 min après la commande une femme nous dit que le chef est pas là et qu’on doit partir….. OK ! Et pour changer dans le second restau on a eu l’impression que je le jeune qui nous servait allait se suicider devant nous vu la gueule qu’il tirait. Classique quoi ! Bref, une bonne journée remplie de petites contrariétés, histoire de bien nous remontrer ce que c’est la Bolivie, la vraie telle qu’on l’a vécue durant ces 3 semaines et demi.

Lundi 28 juillet, tchao les boliviens. Dernière tentative à la poste, ils tentent de nous faire tourner en rond une fois de plus. Non merci. Manon n’enverra pas de carte depuis la Bolivie. On espère laisser leurs odeurs, leurs maladies, leurs visages suicidaires et leurs morbidités ici, vive le Pérou ! Enfin, on s’attend à tout. Mais le dernier pays de notre voyage nous ouvre ses portes, et nous on lui tend les bras, on a toujours la patate, alors ¡ Vamos !

La Paz et une bonne rencontre

Samedi 19 juillet 2014, on se réveille donc dans un hôtel tout pourri à Cochabamba. On avait un éventuel couchsurfing ici, mais la connexion internet quasi inexistante de Samaipata ne nous a pas permis de le prévenir. On décide donc de partir au plus vite pour La Paz, siège du gouvernement de la Bolivie.

On trouve le terminal de bus, prend nos billets, et on retourne dans le centre ville avec nos gros sacs pour retirer au guichet d’une banque, de peur de revivre notre mésaventure de Sucre. On fera 4 banques mais aucune ne peut satisfaire notre besoin ! Bref, on refile au terminal et on embarque dans un merveilleux bus, oui merveilleux, les mêmes qu’en Argentine et au Chili, confortables et spacieux. D’ailleurs on peine à le trouver car dessus c’est marqué “Bariloche” (une ville que nous avions traversée en Argentine), heureusement un papier scotché sur la vitre indique “La Paz, 14h”. Bilan : les seuls bus potables de Bolivie c’est ceux qu’ils piquent aux argentins, et encore ils savent pas bien s’en servir : ils mettent la clim froide au lieu du chauffage, ne savent pas allumer les lumières “douces” de l’étage et la télé servira de cadre.
Durant le voyage le bus prend des boliviens qui s’assoiront sur les marches par-ci par-là dans le bus. Je vais subir durant une longue heure le type de bolivienne qui nous avait marqué à notre arrivée en Bolivie : elle pue et tente de se coller à moi. Le trajet passe, la nuit tombe, on est de plus en plus crevé, mais bon, faut juste tenir jusqu’à 22h, heure d’arrivée à notre destination. 00h30, le bus arrive à La Paz. Ah ces horaires boliviens !

On se fait accoster direct par un taxi, qui nous trouvera en deux temps trois mouvements un hôtel bon marché. Les courses de taxi ne sont pas chers ici, 15 bolivianos, soit 1,5€. Le chauffeur super avenant se renseigne auprès de l’hôtel devant lequel nous sommes, et nous confirme qu’il y a le minimum qu’on voulait : eau chaude et chauffage. Il repart, on pose nos affaires et règle la paperasse avec le réceptionniste, bizarrement long à vérifier la chambre, nous demander de patienter ; on se dit qu’il doit la nettoyer c’est pas possible ! Et ben pas du tout. D’ailleurs y’a pas de chauffage, et “l’eau chaude” est moins que tiède, Manon criera pendant 5 min pour résister à la torture qu’elle s’inflige. Il est 2h du mat quand on se couche, on est HS et gelé, la chambre est pourrie, la salle de bain est inondée d’eau car ça fuit… Deux hôtels de suite pourris : ça commence à nous dégoûter un peu, on ne restera clairement pas dans cet hôtel durant notre séjour à La Paz. On n’a pas mangé depuis un bon moment, et à cette heure tardive on ne trouvera que des hots dogs à 40 centimes l’un.

Cette photo ne nécessite pas de commentaire particulier en dehors de celui-ci

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Dimanche 20 juillet lors de mon réveil je me rappelle qu’on doit payer l’hôtel, mais déjà retirer de l’argent car il nous reste pile poil 70 bolivianos, ce qui est peu. Et puis en regardant sur Internet  où nous pouvons retirer en guichet, cherchant les banques les plus proches de nous, je vois les horaires d’ouvertures et forcément : “lundi – samedi”, punaise on est Dimanche ! Bref, au pire on tentera un distributeur et on serrera les fesses en espérant que les billets sortent cette fois !

On descend à l’accueil, personne, porte de la réception verrouillée, un gars à l’entrée de l’hôtel met son petit stand de bouffe, bref. On réfléchit 2 secondes, je pose les clés de la chambre pourrie devant la réception, et on sort, tranquillement… et en serrant un peu les fesses (!) quand même !

On vagabonde alors dans les rues, le ventre vide à la recherche d’une auberge ou un hôtel. Au passage on pioche des infos, une carte de la ville, et des lieux d’auberges potentiellement intéressantes. Mais aucun n’a de place. Après 1h de marche, Manon souffre beaucoup de l’altitude, la Paz est à 3600m tout de même, c’est la plus haute capitale au monde, et qui dit capitale, dit pollution malheureusement, ce qui n’aide pas à respirer. HS, elle se pose devant l’ultime auberge complète, et je pars seul dans les environs. Après 15 minutes je rentre broucouille (bredouille pour les incultes 😉 ), rien de dispo, Manon toujours HS. Je la motive pour aller 400m plus loin, il y a une longue pente à monter, mais il y a pleins d’auberges dans le secteur. Alors qu’on monte cette pente, difficilement, j’entends à ma droite : “Vous aussi vous cherchez un hôtel ?”. Des français.

Halim nous accoste, suivi de sa copine Marion. Ils sont partis il y a un mois et demi de la France pour un tour du monde de 1 an, et là, maintenant, tout de suite, ils sont dans la même galère que nous. On fait connaissance, longuement, puis on se pose devant un hôtel. Le gérant semble être parti manger, au bout de 15 minutes toujours personne. Avec Halim on laisse les filles se reposer et garder nos sacs pendant qu’on fait le tour de toutes les maisons d’hôtes, auberges et hôtels du coin. 20 minutes plus tard on revient, sans grand chose de glorieux, le gérant de l’hôtel où nous avions laissé les filles revient également. Finalement on reste tous les 4 dans ce premier hôtel.

Petite pause physique dans la chambre, mais on a la dalle, alors on se motive, et tous les 4 on décide de manger un bout. On fait encore un peu plus connaissance, et après ces 2 semaines en Bolivie, et bien ça fait plaisir de pouvoir partager nos anecdotes, malheurs et bonheurs ! Et visiblement, même si ils ne sont que depuis 3 jours en Bolivie (ils viennent du Pérou et font le trajet contraire de nous), les boliviens ne les enchantent pas vraiment, il les trouvent assez menteurs d’ailleurs. On en profite pour s’échanger nos adresses pour garder contact, puis chaque couple part faire sa petite visite de la ville.

On passe dans le centre animé de la ville, de belles églises, des rues pourries, des marchés, tout est assez typique de ce que l’on voit dans les villes Boliviennes. En dehors de la pollution, la ville est agréable, bien que parfois les rues soient en pentes assez hardues, mais bon, on marche calmement, on a notre temps ! Les rues prolifèrent de stands, comme bien souvent en Bolivie, ce genre de stands où ils vendent généralement des gâteaux, boissons, mais parfois aussi pâtisseries, glaces, bref, il y a des stands pour tout, mais souvent pour la même chose, la diversité n’est pas leur fort ici. -Alors que je relis ce texte j’ai l’impression d’être un peu dur en parlant de la Bolivie, mais pourtant, j’essaie d’être le plus honnête et objectif possible, mais c’est sûrement plus difficile qu’il n’y paraît !- Le soir commence à tomber et nous regagnons l’hôtel. On ne veut pas retirer en guichet automatique et préférons attendre demain pour aller dans un vrai guichet. Du coup, pour manger ce soir il nous reste exactement 2€. Manon est assez perplexe, mais le croirez-vous, en achetant à l’un des stands pain et jambon, on s’en sortira pour 1€ ! Comme quoi on peut manger pour des prix ridiculement bas si on veut. Et hop, le dernier euro passera en biscuits.

Admirant les maisons grimpant sur la colline

Admirant les maisons grimpant sur la colline

Alors que l’on se couche, on entend la sonnette de l’hôtel à plusieurs reprises. Je lance à Manon : “T’inquiète ma puce, si c’est un gars bloqué dehors alors qu’il est de l’hôtel, il laissera son doigt longtemps !”. 20 minutes plus tard : “DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING”. Apparemment personne à la réception de l’hôtel, le gars s’est barré.
On descends avec la lampe torche car il est 1h du matin et l’hôtel est plongé dans la pénombre. On ouvre prudemment, armé de la lampe. Un jeune apparaît, frigorifié sous son poncho, nous dit qu’il est parti chercher du beurre et que depuis 1h il attend, personne ne lui ouvre. Ben rentre mon gars ! Bref, on a fait notre BA, ça aurait pu nous arriver aussi, on n’a jamais été prévenu qu’il y avait une heure limite à laquelle il n’y avait plus de réception.

Le lundi on est au taquet, mission banque ! SUCCÈS TOTAL ! On y a passé une heure, mais on a pris assez pour ne pas avoir à retirer à nouveau en Bolivie. La suite de la journée, on continue notre balade en ville : 2 miradors au programme. Le premier est facile d’accès. Petite anecdote, en sortant du “parc pour enfant mirador”, on voit un marchant de glace :
– On voudrait deux glaces à l’eau à la fraise.
– Ok, une seule ?
– Non deux.
Il fouille.
– Vous en voulez à la canelle ?
– Non, à la fraise.
– Une seule ?
– Non deux !
Il nous sort les glaces, on paye, on les ouvre : elles sont à l’orange.
Le second mirador nous épuise complètement car beaucoup plus haut, mais la vue sur la ville et les environs vaut vraiment le coup d’y aller !

Le soir on se dit qu’on pourrait se faire un truc avec les 2 français, manque de bol, le matin Marion a mangé une pâtisserie auprès d’un stand de rue -ces trucs qui stagnent au soleil toute la journée, et dont les produits restent probablement d’un jour à l’autre- et elle revient tout juste de 4h à l’hôpital : tourista, perfusion. Elle a une petite mine et se repose donc. Je compatis en me rappelant de moi il y a 2 semaines…

Le lendemain, on est le mardi 22 juillet 2014, et en début d’après-midi on file au terminal de bus. On prend un petit en cas, mais les assiettes ne sont pas fameuses, et on en laisse pas mal -vous vous demandez pourquoi je parle de ça hein ? Ça arrive !-. En parallèle une SDF nous demande des sous, comme d’habitude, hop je sors des bonbons, elle a l’air d’avoir des dents, donc ça va -au pire elle a sûrement des petits enfants-. Et chose à laquelle on n’avait bêtement pas pensé, mais elle si : nos assiettes ! -on y vient !-. Hop, elle sort un petit sac et récupère tout, à la main, comme au bâillon du limousin ! On préfère que ça finisse comme ça. En sortant du fast-food (on devrait plutôt appeler ça des slow-food d’ailleurs), des gamins nous abordent, hop, encore des bonbons. J’en lâche tous les jours ! Souvent à des enfants, du coup en rentrant en France je pense me reconvertir en tant que dealer à la sortie des collèges. A étudier. Bref, on monte dans le bus, direction Copacabana sur le lac Titicaca (et non au Brésil hein !), à la frontière avec le Pérou.

Potosi, un long repos nécessaire

Le bus nous dépose à Potosi sans avoir fait de pause. A Uyuni, la dame qui nous a réservé le bus et notre chauffeur de 4×4 nous avaient dit qu’il y avait une pause pour manger. La femme au terminal de bus nous l’a confirmé. Et bien les boliviens sont des petits menteurs. Heureusement les déceptions s’arrêteront là pour aujourd’hui. Un taxi nous dépose à notre hôtel. La chambre est confortable, chauffée, la salle de bain est privée avec de l’eau chaude : enfin un endroit où l’on va pouvoir se refaire une santé. Un chaton s’est faufilé entre les jambes de la réceptionniste et s’est caché discrètement dans la chambre, notre petit rayon de soleil de la journée.

Le lendemain, le lundi 7 juillet, on se réveille avec un énorme mal de tête. La faute au chauffage au gaz dans la chambre ? Ou à l’altitude ? On est à 4 070 mètres. Kévin se sent très faible, il n’a toujours pas d’appétit et pour corcer un peu plus la situation, on a le mal de l’altitude. Même au repos, mon cœur s’emballe comme si je venais de faire un marathon. Alors dès que je bouge, même pour me baisser ramasser quelque chose, j’ai la tête qui tourne et dois reprendre mon souffle. Niveau confort, l’hôtel est parfait. Seul inconvénient : on est au deuxième étage, beaucoup de marches d’escalier pour arriver à la chambre. Je vous laisse imaginer la difficulté. Chaque aller-retour en bas est calculé.

potosi mia

Notre bébé

On ne descend que pour aller se faire à manger. L’hôtel est rempli de français. On passe nos journées à se reposer et caresser les chatons. “Les” parce qu’on en a découvert un deuxième. Les deux chipies squattent souvent notre chambre pour notre plus grand plaisir. Rien de tel que l’amour des chats pour se sentir déjà mieux. Au bout de deux jours, Kévin retrouve l’appétit. On décide de sortir pour aller manger en ville. C’est parti, en pas de tortue pour éviter de s’essoufler.

On trouve notre bonheur, un petit restau qui fait également cybercafé. Bon, les ordinateurs sont deux étages plus haut, le dernier effort avant de s’écrouler à une table. Je tourne le dos aux toilettes. Une fille en sort. J’aurais pu ne pas la remarquer mais j’ai la tête tournée vers elle à ce moment là, juste à temps pour la voir passer rapidement de profil et là… “Laëtitia” ! Elle se retourne, c’est bien elle ! Une copine de la fac qui ouvre de grands yeux en me voyant. Quelle était la probabilité pour qu’on se croise ce jour là, à Potosi, dans un petit restau à 14h ? On passe des fois une journée entière sans croiser personne alors qu’on connaît plein de gens et parfois il suffit d’une seule personne et d’une bonne dose de chance.

On retourne à l’hôtel, avec l’impression d’avoir marché toute la journée.
Après une bonne nuit de sommeil, le mal de l’altitude s’est enfin calmé. On ne se sent pas de courir non plus mais on peut marcher normalement. C’est donc le 4ème jour (et le dernier) qu’on visite un peu Potosi. Pas trop non plus mais il n’y a en fait pas beaucoup de chose à voir, c’est surtout une ville étape avant Sucre. Dans un petit marché, je trouve des boucles d’oreilles discrètes, la même paire que j’ai mais que je ne mets plus depuis que j’ai perdu le fermoir de l’une. Ça m’est égal d’avoir des bijoux mais je veux éviter que mes trous se bouchent. 1€ la paire en argent. Le gars me les désinfecte et m’arrache l’oreille en essayant de me les mettre. Moi qui voulais éviter de me les refaire percer, je viens pourtant de le revivre. Plus loin, on achète une montre pour remplacer celle qu’on avait et qui nous a lâché, 5€. Un repas au restau coûte 4,5€, une nuit dans un bon hôtel 7€, 15 minutes de taxi 1€, les bus collectifs 0,15€… Bref, la Bolivie est le pays le moins cher de notre voyage.

potosi feteDe la musique attire notre attention. C’est le jour d’une fête. On a droit à un très joli défilé. Une bonne fin après ces 4 jours ici.
Le lendemain, on quitte l’hôtel vers 14h. Le réceptionniste a oublié de nous appeler un taxi. Pas grave, on en trouve un rapidement dans la rue, direction le terminal de bus.

À peine le temps de descendre de voiture qu’une jeune fille nous aborde pour nous vendre des tickets de bus pour aller à Sucre, notre destination. Elle me demande nos noms. Je trouve ça louche, acheter des tickets dans la rue et pas dans le terminal de bus, au guichet. Kévin me sort de mes réflexions, “ben alors, dis-lui nos noms”. Pas le temps d’exprimer mes craintes dans le feu de l’action, je commence à donner un nom et là, une dame intervient “ne l’écoutez pas, elle ment, y’a pas de bus, venez dans le terminal pour en acheter des vrais”. La jeune fille insiste “amigos, achetez mes tickets” ; et la dame “elle ment, venez avec moi”. On regarde la scène quelques secondes, les deux qui tentent de nous convaincre, l’ange et le démon. Kévin ne sait qui écouter mais moi je n’ai aucun doute. Je remercie la dame et la suis, ignorant la jeune fille qui insiste derrière nous. On achète nos tickets à un guichet, voilà un procédé qui me convient.

Le bus part à 14h30 et il est… 14h30 ! La dame appelle avec son portable le chauffeur pour lui dire de nous attendre. On court avec nos gros sacs, on decend des escaliers, on cherche la sortie. On sort, une vieille dame nous suit et veut nous faire payer une taxe pour l’accès au terminal de bus. “Non mais nous on cherche notre bus et on ne le voit pas.” On ignore la vieille bolivienne, on retourne à l’intérieur, tente une autre sortie, une autre veille nous tient le même discours. On ne paye pas tant qu’on n’a pas trouvé notre bus et en plus elle ne nous aide pas. Un homme nous informe que notre bus est parti mais qu’il attend à la sortie du terminal. On retourne à l’intérieur, on monte les escaliers, on court jusqu’au bus. Le mal de l’altitude a diminué mais il ne faut pas exagérer. Kévin est énervé et moi je suis morte ! Après ce sprint, on est dans le bus et sans avoir payé leur taxe d’accès au terminal.

C’est parti pour 4h de bus sensation 4×4 en Jamaïque vu l’état des routes et les dos d’ânes. On redescend en altitude. Sucre est à 2 700 mètres, on va pouvoir respirer !