Le vol de nos vêtements et les alentours de Cusco

À 22h on rentre du Machu Picchu, bien crevé. On laisse Florian puis on fonce récupérer nos sacs dans l’ancien hôtel pour se diriger vers le nouveau. Au passage on prend des trucs à manger, (Florian a eu la bonne idée de nous indiquer que le Mac Do était sur notre trajet !). Le nouvel hôtel est un peu perché, y accéder n’est pas chose facile. Ouf, nous voilà enfin posé : manger et DODO !

On ouvre nos sacs, je lance à Manon : “hey, mon T-shirt marron était sur le dessus, j’en suis certain vu qu’il était encore humide je l’avais mis ainsi, et je le vois plus.”

“Attends Kévin je sais pourquoi”, s’exclame Manon. Je m’enthousiasme à l’idée qu’il soit dans le sien.
Elle bondit : “Mon sac a été fouillé, tout est en bordel jusqu’à la moitié, ils ont tout touché, et il me manque mon autre pantalon”.

Ô desespoir. Le repas passe moyen dans nos estomacs resserrés, on retourne directement à l’ancien hôtel, à 10 minutes d’ici.
Le gardien de nuit nous ouvre (il est déjà 23h). On lui explique le problème, il affirme que ce n’est pas possible la nuit, il est tout seul ici. Bref, il fait le gentil, rassurant, tout le contraire de 2 jours plus tôt quand il m’a croisé dans la cuisine en train de faire des pâtes et qu’il ne savait pas qu’on avait l’autorisation. Il nous dit de revenir le lendemain matin car les autres réceptionnistes ont les accès pour visionner les vidéos, car oui, dans notre malheur c’est un hôtel où il y a des caméras partout. Sur ce, on part, mais j’aime bien les choses carrées, et le gars ne m’inspire pas, on interpelle donc la police depuis la place des armes de Cusco.
On leur explique l’histoire, et on retourne avec eux à l’hôtel. L’attitude du gars de la sécurité change. Il est beaucoup plus gêné, stressé, mais leur débite le même discours.
Les flics nous emmènent faire une déposition au poste. Ils écrivent tout à la main, c’est long, on rentrera à l’hôtel à seulement 2h du matin, après avoir conclu qu’on retourne à l’ancien à 7h pour visionner les vidéos avec la police. Après cette énorme journée petit moment de bonheur : prendre une douche ; mais ça ne sera pas possible car la pression d’eau n’est pas assez puissante à certaines heures -dont la nuit- pour atteindre le 3ème étage de l’auberge. Du coup, petit dodo, sale.

Après à peine 5h de sommeil, la fatigue accumulée se ressent, les courbatures des jours précédents nous disent “Coucou !”, mais à 7h on est bien à l’hôtel, beaucoup trop stressé, angoissé et énervé pour dormir. Sur le fond c’est qu’un T-shirt et un pantalon. Mais l’acte même de se faire voler, se faire fouiller la seule maison que l’on a depuis 4 mois, c’est pas facile à encaisser, je dirais même plus, c’est assez difficile.

La belle place sans ombre de Cusco

La belle place des armes sans ombre de Cusco

Bref, à l’hôtel la femme de la réception, qui est la seconde du propriétaire, affirme que seul ce dernier a le mot de passe pour accéder aux vidéos. Déjà la veille le gardien avait essayé de le joindre, mais ça paraît mission impossible car il est en vacances à Lima, et ils ne savent pas quand il revient. C’est fou. Propriétaire de plusieurs hôtels et le gars est injoignable. La femme de la police judiciaire nous explique qu’il n’y a pas grand chose à faire tant que le propriétaire ne coopére pas. Il est d’ailleurs connu pour ne pas coopérer facilement. C’est plutôt balo.
“Et si il meurt, y’a aucune solution de secours pour visionner ces vidéos ?” lui lance t-on exaspéré.
La femme de la réception dit qu’elle va convoquer tout le personnel et nous tenir au courant.

On rentre à l’hôtel, et vous vous doutez que notre journée est très très moyennement productive, physiquement parlant en tout cas, car le cerveau lui, il fuse. En réfléchissant on se dit que le coupable est très certainement un employé, et qu’il devrait rendre les affaires en espérant qu’on retire la plainte. En effet, un touriste n’a pas accès à cette salle et n’aurait pas volé juste 2 vêtements, n’aurait pas pris le temps de tout enlever du sac et tout remettre correctement. Seul un membre du personnel de l’hôtel a pu prendre ce temps, un personnel qui a les clés, et qui pensait qu’on partait de la ville vu qu’on n’avait pas réservé d’autres nuits, un personnel qui ne pensait pas qu’on s’en rendrait compte et pensait qu’on ne reviendrait pas pour ça et encore moins avec la police. Quelqu’un comme le personnel de ménage qui manque d’argent alors qu’il a un travail prendrait-il le risque de le perdre ? Ou plutôt le type de nuit qui aurait voulu se venger de notre présence dans la cuisine et le ton froid avec lequel je le remballais, qui avait le temps vu que la nuit il n’y a pas beaucoup de passages et qui paraissait stressé devant les policiers ? Nos soupcons portent sur lui, mais on garde ça pour nous.
On retourne au lit, exténué. Anecdote classique ici, il ne faut pas lâcher ses affaires dans n’importe quelle lingerie. On récupérera les nôtres en fin de journée lavées uniquement à l’eau, résultat, ça sert pas à grand chose, mais ça coûte 3€. Cette première fois en laverie sera donc une dernière, mieux vaut continuer à tout laver à la main.

Le mercredi 6 août 2014, on toque à notre porte dans la matinée. C’est la femme de l’ancien hôtel qui cherche à nous joindre et a donc appelé le nouvel hôtel. Elle voudrait que l’on vienne. Hop hop hop, on sort du lit et 15 minutes plus tard on se retrouve devant elle, nous expliquant que les personnes faisant le ménage ont dit avoir trouvé des vêtements dans la chambre 301.
“On sait tous les 3 que c’est faux n’est-ce pas ?”.
Elle nous montre un premier sac avec un pantalon qui n’est pas à nous. Serait-ce un test qu’elle nous fait passer ? Mon cœur bat la chamade, au deuxième sac : mon t-shirt suivi du pantalon de Manon, explosion de joie intérieur !
Elle nous demande de retirer la plainte pour l’image de l’hôtel, qu’elle va s’occuper du coupable et qu’il ne travaillera plus ici dès demain.
Elle dit que le coupable est une personne qui a besoin d’argent, et qui n’est là que depuis 2 semaines. D’un air désintéressé je demande si c’est un garçon ou une femme. En réalité je sais très bien que seul UN garçon travaille ici 🙂
Elle s’embrouille un peu, semble incertaine, puis répond qu’elle ne sait pas qui est le coupable, elle n’a que des suppositions, qui seront confirmées quand elle verra les vidéos. Manon semble ok pour retirer la plainte, en revanche la femme voit bien que je ne suis pas chaud du tout. Il y a un voleur dans cet hôtel et je veux être certain qu’il ne recommencera pas. La femme a beau être gentille, on pense aux futurs touristes, on laissera donc la plainte afin que la police poursuive la procédure judiciaire, visionne la vidéo et coupe les mains du voleur pour que justice soit faite.

Bon et sinon Cusco c’est comment ? La ville est plutôt jolie -commentaire très objectif bien sûr-, bien que lors de notre passage, des axes principaux du centre ville soient en GRAND CHANTIER. Autour de la place des armes on se fait littéralement emmerder chaque mètre pour des excursions par-ci par-là, mais surtout pour aller faire le Machu Picchu. Bizzarement, les racoleurs ne nous ont plus proposé d’excursions pour le Machu Picchu après qu’on y soit allé. Nous devions probablement suite à notre trek, dégager des essences spirituelles que seul le peuple de Cusco peut ressentir. On tente aussi de nous vendre des tas de bricoles inutiles, mais ceci est assez redondant dans les grandes villes peruviennes apparemment -c’était pareil à Arequipa.

Soulagé d’avoir récupéré nos vêtements, on se sent déjà plus apaisé et on ne sera pas laxiste aujourd’hui. Programme de cette journée qui commence bien : visiter les ruines les plus proches de la ville, et en mode “sans excursions”. On profite du petit déjeuner de l’hôtel à volonté avec vue sur la ville histoire de prendre des forces ! En début d’après-midi, après avoir vérifié avec l’office du tourisme comment s’organiser, on choppe un bus de ville allant à la ruine la plus lointaine (à 30 minutes de là), elle s’appelle Tambomachay. Pour accéder aux sites de la journée, on achète dès le premier un ticket dit “partiel” à 70 soles (20€) chacun. Le billet “total” à 130 soles permet de visiter encore plus de ruines, plus lointaines, mais on se dit qu’on manquera de temps les jours suivants.

Une rue de Cusco avec son vendeur. Une vue classique ici

Une rue de Cusco avec son vendeur. Une vue classique ici

Ce premier site, Tambomachay -photo tout en haut de cette article-, c’était une sorte de station balnéaire Inca. On se sent déjà fatiguė en montant la bute permettant de découvrir tout le site, il semblerait qu’on ait encore du Machu Picchu dans les pattes ! En même temps quelle idée d’aller se percher à chaque fois !
A 10 minutes d’ici en marchant, on découvre le second site, une place forte Inca nommée Pukapukara. Tout ça se visite très vite, les sites sont assez petits. En s’attardant : 10 minutes et le tour est fait.

À la sortie, un gars nous aborde, très sympa, et nous confirme comment rejoindre le prochain site : soit marcher 1h, soit prendre un bus. Le choix est vite fait, et 10 minutes plus tard on est à Q’enqo. A l’entrée, un guide propose ses services : “Ce site est très important et intéressant, les incas y faisaient des sacrifices pour les dieux, sur la pierre centrale”. Bon, ben du coup on sait l’essentiel non ? Merci ! Ce site est encore plus petit, on en sort et une femme du parc archéologique débauchant nous propose de nous accompagner vers le prochain site. Elle nous montre la voie, on continue seul, passant sur de grandes plaines avec moults personnes jouant aux cerfs-volants. D’un côté le site que nous cherchons, de l’autre la statue San Cristobal, comme celle de Rio de Janeiro. L’accès est gratuit ? Et ben petite boucle pour la voir de plus près, et admirer la vue sur la ville de Cusco puis nous recoupons à travers champs pour accéder au dernier site prévu : Saqsayhuamán.
Des blocs de pierres impressionnants, mais les derniers jours de fatigue se ressentent, et on fait l’impasse sur le fait de monter sur une quelconque bute pour admirer le site entier. D’autant plus que ce site, contrairement aux autres, est très grand, mais surtout envahi de touristes ! On se contente de marcher sur du plat dans ce dernier lieu Inca, puis nous regagnons Cusco en contrebas. Pour info, faire cette journée de visite par nous même plutôt qu’en excursion nous a coûté (hors billet d’entrée) 1€ à 2 au lieu de 20€.

Petite anecdote du soir. En remontant la longue pente menant à l’hôtel, dépité de ne pas avoir trouvé de pain, on apercoit une femme avec plein de pain, rentrant probablement chez elle. On lui demande où elle l’a trouvé, elle nous répondra que tout est fermé à cette heure là et nous donnera gracieusement un des siens. Les petits gestes qui nous surprennent, les Peruviens sont parfois louches, et d’autres fois très adorables. 🙂

Le 7 août sera une journée de repos, histoire de se remettre physiquement et de toute façon, ça pleut ! On a bien fait de pas aller visiter les ruines encore plus lointaines. Le lendemain, on recroise une ultime fois Katia et Julien, les 2 français qui nous avaient conseillé l’hôtel où nous sommes. Avant de partir de l’hôtel, (ou plutôt l’auberge d’ailleurs) le personnel qui s’en occupe est une fois de plus adorable. Ils nous conseilleront pour notre prochaine destination, Nasca, quelle compagnie prendre si on veut survoler les lignes, et ils nous conseilleront également des lieux d’hébergement pour les villes suivantes de notre périple. “La Casa Del Inca” est clairement une superbe auberge, tant pour la vue sur la ville -que nous avions en sortant de la chambre et au petit déjeuner- que pour ses propriétaires qui nous feront des câlins avant que nous partions.

Sur le coup des 18h, nous quittons Cusco en bus de nuit. Manon ne sait toujours pas si elle va vouloir survoler les mystérieuses lignes de Nasca, moi je suis chaud. C’est parti mon kiki !

Cusco et son fameux Machu Picchu

L’heure péruvienne semble aussi approximative que l’heure bolivienne, on arrive à Cusco à 8h30 au lieu de 7h du matin. Pour une fois tant mieux, j’ai pu dormir un petit peu plus !

Le programme est simple : petit déjeuner, trouver un hôtel, se renseigner sur les excursions. Bizarrement on trouvera un hôtel avant de petit déjeuner, mais c’est pas plus mal ! On se renseigne ensuite dans cinq ou six agences différentes afin de comparer les prix et les façons d’accéder au fameux site du Machu Picchu. Le train à prendre pour accéder au site est très cher, ça double facilement les prix, mais on ne met que 3h pour y aller. On a notre temps, donc on opte pour le contournement des montagnes, soit 6h de trajet en bus auxquelles il faut ajouter deux heures de marche pour accéder à la ville la plus proche du Machu Picchu, qui a le doux nom de Aguas Calientes (les eaux chaudes).

Nos 24 prochaines heures seront ponctuées de retrouvailles fortuites. On retombe sur Gintè et Ieva, les 2 lituaniennes, sur la place des armes, puis sur les 2 français le lendemain (rencontrés dans le bus entre Copacabana et Arequipa) : le monde est petit ! On fera entre temps une excursion pseudo-gratuite de la ville afin de s’imprégner de son histoire et ses anecdotes. “Pseudo” car quand je donne un pourboire au guide, il me lance : “Ah mais non, la participation minimale est de 10 soles”. Ben gratte-toi, 6 ça ira.

Dimanche 3 août 2014, 7h45, c’est parti pour le Machu ! Enfin 7h45 c’est sur le papier, on est censé attendre devant l’hôtel qu’on nous prenne. En réalité on dépose nos gros sacs dans un local sécurisé à l’hôtel, puis on se rend directement à l’agence en ville. Je vous épargne les détails, mais l’organisation est surprenante. On quitte Cusco avec plus de 1h de retard.

Discrimination évidente : vieux avec cannes ou fauteuils roulants ne peuvent franchir certains obstacles

Discrimination évidente : vieux avec cannes ou fauteuils roulants ne peuvent franchir certains obstacles

Malgré la fatigue de la petite nuit qu’on a faite, mes yeux restent scotchés aux paysages qui s’offrent à nous : SU-BLIMES. Les montagnes paraissent gigantesques, le cours d’eau que nous longeons apporte un petit plus, tout comme les cascades que nous croiserons. La route se fait ensuite plus terreuse, à flanc de montagne, les bus doivent s’arrêter si ils se croisent, on ne voit pas le fond du canyon qui nous nargue, on ose à peine regarder. On passe par un pont en bois, large comme le bus, à se demander comment il tient encore. On a bien les boules quoi ! Du coup, on essaie de dormir pour ne pas regarder notre potentielle mort arriver.

Le bus arrive à ce que l’on appelle l’ “hydroélectrica”, notre destination, avec 1h30 de retard. On change de guide. Enfin, on n’a pas trop la même notion de guide, car en fait il nous indique où aller avec des explications, puis se barre en train. On mange puis on enquille avec le groupe (environ 10 personnes) sur le chemin nous menant à Aguas Calientes, la ville touristique la plus proche du Machu Picchu. Il s’agit principalement de suivre les rails, c’est pas trop dur, mais surtout, le paysage qui s’étend devant nos yeux est à nouveau sublime ! Les roches dans le lit du fleuve sont très particulières : énormes, lisses et blanches. Tout parait démesuré ici. On se sent perdu dans la nature (bon y’a quand même la voie ferrée hein) et c’est carrément agréable.

La faute à la fatigue, Manon à des baisses de tension ce qui devient handicapant, d’autant plus que le chemin est parfois assez limite côté sécurité : l’absence de pont nous oblige à traverser des parties de rivières en passant sur les rails, entre-coupés de vide.
Au bout d’un peu plus de 2h de marche et de pauses on arrive à Aguas Calientes. Il fait déjà nuit depuis 30 minutes, j’ai la frontale sur moi depuis lors.

Le guide nous avait dit qu’il nous attendrait dès 18h sur la place principale. Pourtant à 18h30 toujours personne. Pendant ce temps on retrouve petit à petit ceux du groupe. Le guide arrive enfin, et nous explique que vu qu’on est dimanche ils n’ont pas pu acheter nos billets à Cusco. Du coup c’est à nous de faire la queue ici. Étonnement il demande à certaines personnes du groupe de prendre les passeports des autres et faire la queue. Plus étonnant, je me retrouve avec 4 passeports dans les mains, dont 2 Coréens, et à faire la queue pendant 30 minutes. Je suis HS au fait. J’avais oublié de le préciser ! Manon reprend doucement et n’a plus de baisses de tensions.

Se lever tôt vaut le coup ! L'aube durant notre ascension...

Se lever tôt vaut le coup ! L’aube durant notre ascension…

Une fois les billets pour le Machu Picchu en poche, nous voilà en route pour l’hôtel. Il est 19h20 quand on y arrive, on fonce prendre une douche, enfin, ça c’est ce qu’on espérait, on est les seuls à avoir une salle de bain où le système d’eau chaude ne fonctionne pas, le robinet semble bloqué. Le problème ne paraît pas récent, contrairement à ce qu’affirme le personnel de l’hôtel.
19h50, ça traine. On leur demande à changer de chambre car à 20h le guide doit nous emmener au restau, et on veut prendre une douche, mais vraiment, ça devient vital : on n’est pas des boliviens nous ! 🙂 Hop hop hop, nouvelle chambre, douche qui fonctionne, puis restau. On notera l’humour des péruviens au restaurant : “Poulet avec frites, salade composée et riz”. On est 3 à notre table à ne demander que des frites. Les plats arriveront sans prendre en compte notre requête, et la salade composée pour eux c’est : une rondelle de concombre et une de tomate, véridique.

On fonce à l’hôtel se coucher, il est 22h30. Dans 5h30, debout pour voir le lever du soleil sur le site.
Lundi matin, 4h, debout tout le monde ! Équipés des lampes frontales, on se dirige à 20 minutes d’Aguas Calientes au petit village de Machu Picchu Pueblo. Il y a déjà une longue queue. 5h, ça ouvre, on montre passeport et billet d’entrée, et à 5h15 on commence l’ascension pour accéder au site. La veille le guide nous avait prévenu que monter durait environ 1h30. 45 minutes à 1h pour les sportifs, et pour les autres, 2 bonnes heures, voire la journée (petit plaisantin !). La montée est rude, pire que Blue Mountain en Jamaïque -et oui, on en parle encore régulièrement de cette journée de m**de-, tout simplement parce que c’est assez raide et surtout qu’il n’y a que des SALOPERIES DE MARCHES ! Monter une pente est beaucoup plus facile que donner des acoups à chaque marche. La fatigue et la montée ont un effet synergique assez puissant qui nous oblige à faire des pauses toutes les 5-8 minutes. Pendant nos micro-pauses on admire les premières couleurs de l’aube, et les montagnes qui se découvrent derrière nous. C’est magique.

On enchaine, beaucoup de personnes font des pauses, on se dépasse les uns les autres régulièrement, puis on croise lors d’une pause l’ami chilien de Gintè et Ieva ! Il monte comme une furie, pied nus ( !!!! ) et se permettra avec élégance de jouer de la flûte lors d’une de ses rares pauses.

Photo classique du site, mais avec un Kévin devant, ce qui est déja plus rare

Photo classique du site, mais avec un Kévin devant, ce qui est déja plus rare

6h20, soit 1h05 après notre départ, je suis sur le point de faire une pause, je vois un abri et lance à Manon :
“1 minute ici et on repart”
“Hey regarde, on est arrivé !”, s’extasie Manon.
Punaise, le con, je me serai arrêté à 15 mètres du but !

Nouvelle file d’attente, cette fois pour entrer sur le site même. Sauf que là, il n’y a pas que les warriors (guerriers) qui ont gravi les marches, y’a aussi ceux qui ont payé 10€ pour monter en bus : FAIGNIASSES ! :p

Gintè et Ieva nous rejoignent dans la file, on passe les contrôles avec succès (c’est pas les boîtes Lyonnaise ici !), et pendant qu’on cherche le guide qui nous fera découvrir le site pendant les 2 prochaines heures, on commence à être ébloui par ledit site. Y aller aussi tôt n’était pas pour rien : alors que l’on attend que la visite guidée démarre, les montagnes au loin laissent le soleil s’échapper et inonder progressivement le Machu Picchu de sa lumière matinale. C’est fabuleux, vraiment. Pour moi, la beauté de ce que je vois, le site, les montagnes autour, tout ça n’est certes pas 100% naturel comme Ushuaia, mais ça rivalise énormément, on en prend plein les mirettes. C’est pas possible de quitter ce monde sans avoir vu ça.

La visite guidée se déroule tranquillement, la fatigue revient de plein fouet : nos jambes flanches, c’est chaud patate ! À 9h la visite est finie, le site est à nous (et à quelques centaines de touristes), on s’y promène et on prend des photos par-ci par-là. Je suis vraiment admiratif de ce peuple : arriver ici il y a plus de 500 ans et aller construire (tailler), élaborer, un site aussi énorme, aussi haut et loin de tout. Impressionnant, comment faisaient-ils ? Si seulement on pouvait voyager dans le passé et observer les Incas.

Pivotez votre tête sur la droite, puis admirez les montagnes de derrière ayant la forme d'un visage Inca. Pas mal hein ? Le nez correspond au Wayna Pichu

Pivotez votre tête sur la droite, puis admirez les montagnes de derrière ayant la forme d’un visage Inca. Pas mal hein ? Le nez correspond au Wayna Pichu

Sur le coup des 11h, après presque 2h à barouder et apprécier les lieux, on les quitte après avoir tamponné nous-même MACHUPICCHU sur nos passeports.. Les touristes commencent à affluer en masse, la circulation devient presque désagréable à certains endroits du Machu. C’est parti pour 40 minutes de descente (les marches sont toujours aussi peu agréables), suivi de deux heures pile poil pour rejoindre hydroelectrica, le point de rendez-vous.

Les guides n’arrêtaient pas de nous briefer pour dire d’être absolument à 14 heures au point de rendez-vous, sinon on pouvait rester bloquer ici. Seulement si nous nous sommes à l’heure ; le guide qui nous place dans les bus arrive bien plus tard. l’organisation paraît à nouveau très aléatoire mais au final on est chanceux on part dans les premiers, vers 15h.

Le trajet est censé durer à nouveau 6h, ne changeons pas les bonnes habitudes, il en mettra 7. Le trajet ne sera pas de tout repos : entre la pause bouffe, où on descend puis on voit le bus se barrer et ne revenir qu’après 20 minutes (il est parti sans prévenir pour prendre de l’essence), la pause “lavage de bus” où ce dernier se fait arroser alors qu’on est à l’intérieur et les joints de vitre ne sont pas de première jeunesse, la “pause pipi en haut d’une bute uniquement pour le chauffeur, les autres peuvent se faire dessus” et le français, Florian, avec lequel on parlera pendant tout le trajet, on arrive à destination totalement HS. Et malheureusement, on n’est pas encore couché vu ce que l’on va bientôt découvrir.

machu panorama

—- QUELQUES INFORMATIONS PRATIQUES SUR LE MACHU PICCHU —-
Cette partie est destinée uniquement à ceux qui souhaitent des informations sur “comment ça se passe, que faire, et comment ?” car pour nous ça a été un vrai bordel de comprendre. Chaque personne que nous rencontrions avait fait le Machu Picchu d’une façon différente et nous ne comprenions pas très bien comment tout cela se passait. On va donc vous donner quelques pistes 🙂

Le mieux est un petit plan pour comprendre ce qu’il y a entre Cusco et le Machu Picchu.

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Tout d’abord, l’entrée au Machu Picchu est d’environ 35€, et est inclu dans le prix des 3 premières options que je détaille ci-dessous.
Plusieurs solutions suivant le temps et l’argent dont on dispose. Nous on a fait le plus économique, soit le premier cas présenté.

Option 1 – Machu Economique en 2 jours
Budget approximatif (car tout est toujours négociable ici): 100€/personne
(Le budget comprend : le transport, le déjeuner, le dîner, une nuit d’hôtel, le petit déjeuner, le guide et l’entrée au Machu.)
Le trajet vert : 7h de bus jusqu’à l’hydroélectrica, et de là 2h de marche jusqu’à Aguas Calientes le long du chemin de fer. Le lendemain ascension d’une heure pour aller jusqu’au Machu Picchu. Environ 2h de visite guidée puis temps libre sur le site. Ensuite on a tout refait en sens contraire. C’est l’option la plus fatigante physiquement.

Alternativement, vous pouvez aussi prendre un bus au lieu de faire l’ascension le matin, puis la descente. Chaque trajet coûtera 8€ environ pour 20 minutes de bus.
Vous pouvez également prendre le train entre hydroelectrica et Aguas Calientes. Rajoutez au moins 25€ par trajet.

Option 2 – Machu en train sur 2 jours
Budget approximatif : 170€/ personne
Cusco – Ollantaytambo en bus, ça prend 1h30
Ollantaytambo – Agua Calientes en train, ça prend 1h30
Dormir à Aguas. Puis le lendemain au choix comme précédemment (ascension en bus ou bien à pied). Retour en train puis bus comme pour l’aller.
Comme vous pouvez le constater, le train est très cher.

Notons que dans ces 2 options vous ne passez qu’une nuit à Aguas Calientes.

Options 3 – Rando sur plusieurs jours
Les budgets peuvent éclater ici. Il s’agit de prendre le bus jusqu’à Ollantaytambo, ensuite d’emprunter le train jusqu’au km 82 puis descendre et débuter le chemin de l’Inca. Vous en aurez pour 3-4 jours au total, dormirez en tente, et vous aurez un guide. Les prix, à titre d’information, dépassaient les 350€/personne.

Alternativement, vous pouvez plutôt descendre au km 104 pour rejoindre une parti du chemin de l’Inca. Mais il faudra que vous aillez au préalable (plusieurs semaines avant) acheté le billet autorisant l’accès au chemin. Le nombre de visiteurs par jour étant limité.

Option 4
Démerdez-vous ! Non sérieusement, il est tout à fait possible de tout planifier soit même, faire le chemin de l’Inca sans guide, ce qui est sûrement très intéressant si vous êtes un randonneur expérimenté. Ça prend du temps, et beaucoup de choses sont à anticiper, tel que le billet pour emprunter le chemin de l’Inca, à acheter plusieurs semaines avant votre expédition, ainsi que tout billet de train ou d’hôtel que vous voudriez.

En plus :
Le Wayna Pichu est une montagne en face du site du Machu Picchu (c’est le nez de l’Inca quand vous faite pivoter les photos du site sur votre droite). Il faut acheter son billet plusieurs mois à l’avance car là aussi il n’y a qu’un nombre de visiteurs limités par jour. Elle est très haute, et les escaliers pour arriver à son sommet sont raides (après ce qu’on s’était tapé on était content de ne pas avoir à le gravir !)

Et voilà, il existe bien entendu d’inombrables autres possibilités : vous pouvez faire du vélo, ou bien d’autres randos autour du Machu Picchu. En espérant que ces quelques informations puissent être utiles à des curieux 🙂

Mexique : Le bilan

Après un mois passé au Mexique, voici ce qui nous a le plus marqué :

– Les gens : chaleureux et attachants
Certains nous ont contredit en disant que nous étions touristes, donc forcément les gens seraient gentils avec nous pour que l’on donne une bonne image du pays, ce qui attirera de nouveaux touristes et fera tourner les affaires. C’est tout a fait possible. D’ailleurs regardez cette affiche trouvée dans un musée de Villahermosa :

villahermosa accueil touristes

Bonne traduction 😉

Mais beaucoup de rencontres hasardeuses et hors des sentiers touristiques nous ont également donné l’impression d’une mentalité profondément chaleureuse.

– La chaleur parfois étouffante, voir même mêlée à l’humidité
Poza Rica et Villahermosa furent des villes torture, où nous ne cherchions pas seulement l’ombre, mais aussi la climatisation. Chaque pas à l’extérieur était un calvaire. Les nuits sans clim affreuses.

– Les sites archéologiques
On en a visité 6 et ceux que l’on trouve les plus beaux sont ceux de Palenque et El Tajin. Pourquoi ? La végétation présente sur ces sites donnant la sensation de nature mêlée au côté archéologique, les points de vues permettant d’admirer ledit site. Ou encore l’architecture même.

– La vie pas chère par rapport à la France, notamment les taxis. 1 menu MacDo ici = 3 en France -l’exemple est juste pour comparer facilement vu qu’il y a des MacDo dans énormément de pays du monde, n’allez pas croire qu’on est allé au Mexique pour se faire des MacDo ! C’est faux, on y est allé qu’une seule fois, promis juré-

L’un des buts principaux de notre voyage est le contact avec la population locale. Grâce au couchsurfing et aux gens avenants, on est plus que satisfait !

Quelques chiffres :
– On a fait 7 couchsurfings différents
– 17 nuits en couchsurfing, 6 nuits à l’hôtel, 3 nuits dans une auberge de jeunesse et 1 nuit par terre à l’aéroport
– On garde contact avec 9 personnes
– Budget prévisionnel : 723€/personne soit environ 26€/jour/p
– Budget réel : 765€/personne soit environ 27€/jour/p

Un des autres objectifs est d’améliorer notre espagnol. On a encore 4 mois pour nous perfectionner mais on arrive à converser pendant toute une soirée en comprenant la majorité des choses. C’est rassurant pour la suite, quoique… On nous a prévenu que les accents et certains mots sont très différents dans les autres pays et qu’ils ont du mal à se comprendre entre eux. Sûrement comme les français et les quebecquois ? Nous verrons !
Et puis avant cela, 2 semaines en Jamaïque avec comme langue locale l’anglais, de quoi nous perturber un peu.

Nous avons fait un petit tableau pour comparer ce que l’on préfère en France par rapport au Mexique et vice-versa.

France

Mexique

Climats/saisons

+

Aides (logement, chômage, bourses…)

+

Possibilités de voyages (nombre de jours de vacances + l’argent gagné)

+

Gens/mentalités

+

Règles souples (vente dans la rue, arrêts de bus, passer son permis)

+

Boire l’eau du robinet

+

Hygiène toilettes, eau chaude pour la douche

+

Au Mexique, les gens sont vraiment sympas (je pense que vous l’avez déjà compris), les règles sont plus souples : ils achètent leur permis de conduire à 18 ans (pas d’examens à passer), ils ne respectent pas toujours les limitations de vitesse ; pas besoin d’autorisation pour vendre des choses dans la rue ; les bus peuvent s’arrêter à l’endroit exact où tu veux descendre…

Par contre, il fait vraiment trop chaud ; il y a beaucoup de chômage comme en France, mais eux ils n’ont pas d’aide au chômage, d’aide au logement, de bourses pour les études ou d’aides pour la naissance d’un enfant ; ils ont droit à seulement 3 semaines de vacances par an et ne gagnent pas assez d’argent pour se permettre de voyager longtemps dans un pays plus riche (les enfants ont également moins de vacances) ; l’eau du robinet n’est pas potable ; il n’y a pas toujours d’eau chaude…

Conclusion : la France gagne, on ne s’installera pas au Mexique. On imagine déjà le visage de certains de nos parents s’illuminer à cette annonce 😉 .

Néanmoins, ce mois au Mexique s’est déroulé sans problème (pas de soucis de santé et pas de vol d’affaires ou d’argent) et nous laisse plein de souvenirs et de merveilleuses rencontres.

Ce qui va le plus nous manquer : les mexicains même, et notamment leur façon de dire “Síííí” en guise de “mais oui pas de problème, tout est possible”.

Tulum, l’approche des Caraïbes

Le bus nous dépose à Tulum.
On récupère nos gros sacs dans la soute. Des casiers cadenacés se louent à la journée, on y dépose nos sacs et on reprend un bus direction le site archéologique.
Plus on se rapproche de Cancun, plus les prix augmentent… Ça sent les coins touristiques.
6ème site archéologique que nous visitons. Celui-ci a la particularité d’être au bord de la mer des Caraïbes, du coup mes yeux cherchent les belles eaux claires, plus que les constructions qui sont finalement moins belles et impressionnantes que les sites précédents. Mais l’ensemble vaut le coup d’œil. Quand je découvre enfin une vue dégagée sur la mer, je m’émerveille, en silence, contrairement à l’anglophone à côté de moi qui répète sans cesse “oh my god !” avec cet accent anglais que je ne supporte pas…Tulum plages
Les gens se baignent, ça fait envie mais ce n’est pas prévu pour nous. Demain par contre, à nous la mer des Caraïbes !

En attendant ce moment tant attendu où on pourra plonger dans cette mer si belle et qui a l’air si bonne… Nous voilà répartis tout transpirants sous le soleil brûlant.
Oh des taxis, ce n’est pas un mirage et le prix est bien réel. Réellement bien plus cher que dans les autres villes. N’essayez pas de nous convaincre, si c’est comme ça, on reprend un bus. Sauf que ce ne sont pas des bus, ce sont des camionnettes avec environ 14 places assises à l’intérieur mais on peut faire rentrer bien plus de personnes, tant qu’on peut fermer les portes. Si vous avez la chance d’être contorsionniste, vous vous adapterez facilement. Mais ce n’est pas notre cas et la position debout-tête baissée-bras tordus n’est pas facile à tenir.
On ne sait pas si la camionnette passe par le centre de bus que l’on veut. Le garçon qui est monté en même tant que nous et à qui j’ai posé rapidement la question en espagnol, m’a répondu en espagnol mais avec le même accent à la française que moi. 2 français qui se parlent en espagnol, c’est balo ! En plus il ne sait pas donc on finit par descendre et céder au groupe de mexicains qui nous crient en cœur “taxi ?”. Avec le trajet que l’on vient de faire gratuitement (on a “oublié” de payer en descendant), le prix du taxi baisse, on a gagné environ 3€. Ok ça vous paraît peut mais ici c’est beaucoup. Avec 3€ soit 60 pesos, on peut manger 10 Panuchos ou faire 5 allers-retours en bus dans Campeche ou 2 trajets en taxi. Bref, on a économisé 3€.

Et nos 3€ on ne les dépensera pas car même les glaces sont plus chères et on n’en avait pas tellement envie, c’était surtout pour passer le temps en attendant notre bus qui va nous emmener à Puerto Aventuras, à côté de Puerto Maya où nous attend notre prochain hôte.
Le bus nous dépose sur le bord d’une route, à côté d’une station essence. Il fait nuit, les voitures roulent vite, on a nos gros sacs sur le dos et il n’y a pas de taxis en vu. Dans cette situation, même cher j’en veux un, je suis prête à dépenser mes 3€, ne nous laissez pas ici ! Même si deux personnes nous font peur à nous dire qu’il n’y a pas de taxis, c’est faux, on en a trouvé et on en veut juste un. Bon, on en aurait préféré un avec un conducteur qui ne se perd pas mais bon… On ne peut pas tout avoir et après 10 grosses minutes à balayer tout le village, Kévin trouve enfin la maison. Oui, Kévin, parce que le chauffeur de taxi est toujours perdu et n’a pas l’esprit vif de mon Titange (parce que mon chéri c’est le meilleur, le plus intelligent, le plus beau, le plus plus plus…). – Je précise également pour ceux qui se posent la question que, malgré le fait qu’on soit tout le temps ensemble, on ne se dispute pas (pour le moment) et on est toujours autant amoureux. –

On est accueilli par Beto, un jeune garçon de 13 ans, suivi d’Alejandro (encore un, y’en a beaucoup au Mexique), 31 ans. Il nous fait visiter sa grande maison : l’entrée, la chambre d’amis, la bibliothèque, la cuisine, la salle de bain, sa chambre… Non, en fait c’est un comique et il nous avait prévenu qu’il n’avait rien car il a emménagé depuis peu. Du coup y’a 2 étages avec 1 piece chacun. C’est petit et vide, on va dormir sur de très fins matelas par terre avec les araignées et un petit ventilateur mais c’est ce qu’on avait imaginé en faisant du couchsurfing. On a eu beaucoup de chance jusqu’à présent d’avoir une chambre d’amis confortable.

Il nous emmène dans la maison d’à côté où vit sa petite amie Mariela. Mariela vit avec sa sœur Eliana et son frère Beto qui nous a accueilli, leurs parents qui sont là pour les vacances (je ne me souviens pas de leurs prénoms, trop compliqués) et le fils de 5 ans de Mariela, Santiago.
On ne les connaît pas mais on est accueilli comme de bons amis. Ils nous proposent de manger avec eux et bien évidemment on accepte.
Détail important : Eliana parle français ! Elle a passé 3 mois en France, non, en fait en Corse (c’est différent quand même). Elle a travaillé comme fille au pair dans une famille apparemment peu aimable, qui ne la payait pas beaucoup et qui avait un fils mal élevé qui l’appelait “conasse”. Elle ne parlait pas très bien français à l’époque mais elle a bien compris l’insulte. Vive l’image des français… Heureusement elle a ensuite rencontré son petit ami et a pu vivre avec lui.
On a beaucoup parlé. À peine on quitte des personnes attachantes qu’on en retrouve des nouvelles. Pour le lendemain, ils nous conseillent une plage pas loin, exactement ce qu’on cherche.

Chose dite chose faite, le lendemain, jeudi 24 avril, direction la plage d’Akumal. Comme moyen de transport, toujours ces petites camionnettes. La plage est magnifique et l’eau n’est pas froide, un petit coin de paradis. Quand on dit “mer des Caraïbes” on imagine que c’est magnifique et ben… c’est vrai !

On repasse la soirée avec nos nouveaux amis, à parler pendant des heures. On apprend encore quelques expressions familières. “Chinga” pour dire “putain” (tu vois Eliana je m’en souviens 😉 ).
Déjà le moment de se dire au revoir. Le lendemain on part direction l’île de Cozumel.

On reste en contact, comme toujours. Et comme toujours, on les a invités en France. Mais on n’a pas de maison ou d’appartement pour le moment, ni d’argent. Donc si jamais l’un d’entre eux vient avant qu’on se soit refait une situation, maman, papa, tenez-vous prêts à les accueillir parce que j’ai dit que vous aviez une chambre d’amis 😀

Merida et les environs (Uxmal et Chichén Itzá)

Notre arrivée à Merida fut la plus flippante au Mexique car il nous restait 300 pesos (15€) en poche pour tenir 3j (on en dépense en moyenne 55/jours) , notre hôte nous avait lâché, et aucun de nos précédents hôtes n’avait de la famille ou des amis dispos dans le coin pour nous héberger.

Mais en descendant du bus, on est tombé sur une lampe magique. Hop, un génie en sorta, et nos problèmes se réglèrent. C’est ainsi que nous atterrissions dans une auberge de jeunesse.

Un des dirigeants de l’auberge de jeunesse nous présente son idée du lendemain : un voyage sur la journée dans les environs. Quelques négociations ont lieu sur le prix du transport, puis nous voilà inscrits (passer de 900 pesos à 400, c’est plutôt bien !). On va goûter aux joies des voyages en groupes.

Réveil mis à 8h. on décolle normalement à 9h avec ce petit groupe pour une journée remplie de découverte !

La nuit a été chaude, le ventilateur de la chambre est en mode binaire : soit éteint, soit au maximum, du coup il fait beaucoup de bruit, du coup on n’a pas entendu le réveil. Il est 8h25.

Sur le coup des 9h30 on décolle (un AUTRE couple était complètement à la bourre), direction Uxmal. À 12h30 je décide de soumettre mon corps à l’effort, gravir une fois de plus une tonne de marches pour apprécier le paysage surplombant ce site Maya. Et ça vaut le coup !

La pyramide d'Uxmal, avec un humain devant

La pyramide d’Uxmal, avec un humain devant

Prochaine destination : découverte culinaire. Mais avant, petit arrêt à un point de vue sur tout un site. Notre guide (étant aussi le dirigeant de l’auberge de jeunesse) nous agrémente tout le trajet de commentaires, anecdotes et autres. Un vrai plaisir toutes ces choses que nous ne pouvions deviner ! Ainsi nous apprenons l’existence d’un tunnel long de 22km partant du site d’Uxmal jusque là où nous sommes. Les spéléologues n’arrivent actuellement qu’à parcourir 5-6 km, après il faut des bouteilles d’oxygène, ce dernier se faisant rare, et nous le constaterons par nous même juste après avoir goûté à quelques Panuchos.

Nous voilà au bord d’une grotte. Je savais pas trop à quoi m’attendre honnêtement. Ou plutôt, je m’étais projeté “Ça devrait ressembler à quand en Égypte on se roulait par terre pour accéder à certains tombeaux”, mais ça c’était ma version imaginaire. Manon, elle, s’imaginait plutôt le côté spéléo, bien dégueulasse, avec de la terre humide partout. Et quand on est arrivé au bout de 5 minutes à un petit trou de 50cm de diamètre maximum, où il fallait ramper dans ce sol humide et terreux pour passer ; je me suis senti bien roulé. Le truc, c’est qu’on n’a pas 50 rechanges. Et j’avoue que deguelasser le pantalon que je venais de laver la veille, ça me dégoûtait assez, mais ni une ni deux, tout en souplesse, dextérité et finesse, je passais ce premier obstacle avec seulement quelques traces sur les genoux. Vu l’état de mes prédécesseurs (je fermais le groupe) j’étais plutôt content de moi !

Mais rapidement avec Manon, un mal de tête nous prit, et on s’essouffla rapidement. Ça sent le manque d’oxygène tout ça.

Arrive un obstacle en pente, où ils nous disent de se laisser glisser comme dans un toboggan, mais en gérant notre glissade grâce aux stalagmites. Ah ah. Mon cul, je vais pas le salir moi, nanmého ! Du coup tout en équilibre, en souplesse et en [bla bla bla] en bas avec quasi aucune trace.

Mais vous vous demandez très certainement : pourquoi visitons-nous cette grotte ? Et bien à ce stade nous arrivions en fait dans la pièce où se faisait des sacrifices de jeunes filles. Sacré Maya. C’est l’une des raisons de ces grottes. On est d’accord, c’est glauque. D’autant plus qu’en fermant le groupe avec la frontale je ne pouvais m’empêcher de penser au film The Descent, où des copines faisant de la spéléologie se font happer une à une par des humains ayant involué en primates agiles et aveugles.

Après une heure à transpirer comme des porcs dans cette grotte, dont le “parcours extrême” se fait en quelques 6h, nous repartions en direction d’une cenote, celle de Chochola. Une cenote, c’est de l’eau dans une grotte souterraine, plutôt claire. Et visiblement, on s’y baigne. Outre ce côté crado (je doute fortement qu’ils traitent ou changent l’eau chaque semaine, mais je me trompe peut-être !), c’est assez atypique, et surtout, ça rafraîchit.
Je ne voudrais surtout pas accabler les Mayas, mais pour eux, Ies cenotes “étaient utilisées comme réserve d’eau douce, mais aussi comme lieu de culte dans lesquels étaient jetées des offrandes ou des victimes sacrificielles.”. Voilà voilà.

Après avoir remis nos habits bien crades, nous rentrions enfin de cette bonne journée en passant quelques instants devant une hacienda, ces anciennes fermes agricoles souvent reconverties en hôtels de luxe, gérées par quelques familles s’étant faites des couilles en or.

Le lendemain, Dimanche 20 Avril, nous voulions aller visiter l’une des sept merveilles du monde “Chichén Itzá”. Mais la vie n’est pas toujours aussi facile ! Ou plutôt, les choses sont sacrément mal foutues. Pour faire bref (là vous vous dites, ça sent la fin de l’article !) après 9h30 du mat’ plus aucun bus ne pouvait nous y conduire. Il était 11h30. Mais ça, c’est ce que l’office du tourisme nous a dit ! En réalité, le site archéologique de Chichén se trouve à 1h15 de Merida (là où nous sommes, vous suivez ?), mais à 13h00 décolle un bus (au sens figuré) qui y va en 2h30.
Calcul mental rapide : à 15h30 on y est. Mais le seul bus pouvant nous ramener est à 17h15, ou 23h15, mais c’est un peu tard vous trouvez pas ? Pourquoi aucun bus entre les 2 vous me direz ? Et bien vous le comprendrez plus tard, tout comme on l’a découvert.

Y'a plein d'iguanes au Mexique

Y’a plein d’iguanes au Mexique

Notre bus de 13h part à l’heure (si si, je vous jure), met 2h50 (si, si, c’était trop beau). En arrivant on fonce au guichet, il est 15h55. Le gars me dit : “non mais ne payez pas, dans 5 min c’est gratuit, le site ferme à 17h, vous aurez 1h pour vous balader”.
Nos émotions se bousculent :
– “Punaise faudra tracer !”
– “Honnête le gars, merci !” ; et c’est le cas de beaucoup de mexicains que nous croisons !
– “25€ d’economisé !” ; oui, détail important pour nous car j’ai omis de préciser qu’on a eu des soucis d’argent récemment, et que la précédente journée nous avait un peu éclaté notre budget !

Une fois sur le site, en 40min c’est bouclé, ce n’est pas hyper grand, seule la pyramide de Chichen est vraiment magnifiquement merveilleuse (c’est d’ailleurs peu avant d’arriver sur le site que j’ai ré-appris que c’était une des 7 merveilles, ô joie !), principalement car elle est en bon état et d’une régularité que je qualifierai d’égyptienne… héhé.

Retour en bus, qui a déjà 15 min de retard à l’arrivée sur le site (on reprend les bonnes habitudes !), mais pire : on a pourtant des places numérotées, qu’on a choisies, mais on ne rentre pas tous dans le bus ! Autant d’assis que debout. On est les 2 derniers rentrés avec Manon, collés à l’entrée. Mais encore 15 personnes sont bloquées dehors, et l’un d’eux commence à partir en sucette. Le ton monte. Entre temps le conducteur me demande de descendre. Qué ? Porqué ? No, estoy bien, gracias. Et c’est emballé. Bref, le conducteur finit par partir en abandonnant ceux qui n’ont pas pu monter à bord (il a même failli partir avec leurs bagages en soute !). Le trajet fut ensuite assez… pénible, il dura 3h. Et debout, c’est très long. Manon fut plus chanceuse et pu s’asseoir à la moitié du trajet. Un bon burger king (Papa, si tu lis ça, Burger King, c’est comme Mac Do) pour fêter tout ça, et la journée était finie !

Villahermosa – Palenque

Après 7 heures de bus, nous voilà à Villahermosa. Il est 22h et il fait très chaud et humide, comme à Poza Rica. Notre nouvel hôte, Alejandro (31 ans), est venu nous chercher et nous emmène manger dans un restau. Premier hamburger-frites, très légèrement épicé (rien à côté de tout le reste), apprécié jusqu’à la dernière miette (mais je pense qu’on avait vraiment faim aussi).

Alejandro est souriant et trop sympa. Quand je dis trop c’est vraiment trop. On va dormir chez lui gratuitement et on n’a pas pu l’empêcher de nous payer le restau. Il trouve qu’on parle bien espagnol et c’est vrai que je me sens de plus en plus à l’aise avec la langue. J’ai réussi à suivre 2 films dans le bus (oui, il y a la télé dans les bus).
Il vit dans une maison à 10 minutes de Villahermosa. Une maison atypique, vide. Une pièce à vivre avec un évier et un frigo. A l’étage, une petite salle de bain, sa chambre et notre chambre. Pas Internet.

Nous n’avons dormi que 5h la nuit précédente (danser ou dormir, il a fallu choisir). Et ce sera pareil cette nuit car nous devons nous lever à 6h30 pour aller à Palenque car Alejandro dans sa plus grande amabilité nous a proposé de nous y emmener.

Dimanche 13 avril 2014

Alejandro a acheté des gâteaux, du jus de fruit, du lait… Rien que pour nous pour le petit déjeuner. C’est la première fois qu’il reçoit des personnes en couchsurfing (et ben on est ravi d’être tombé sur lui, il aura droit à un très bon avis positif).

2h de route pour aller à Palenque. Je ne sais pas si Xico était la région la plus verte du Mexique parce que là aussi c’est la nature à perte de vue. On retrouve les forêts de bananiers, de grands palmiers, beaucoup de verdure et de montagnes.

Mais qu’y a t’il à voir à Palenque ? Tout le monde nous a dit que c’était beau mais on n’en savait pas plus. Hé bien levons le mystère : il y a un énorme site archéologique d’origine Maya. Énorme et magnifique. Moins désertique que les autres, beaucoup plus de verdure, on peut marcher à l’ombre à travers une forêt, ça fait du bien quand il fait 39°C au soleil à 10h du matin !

Un site qui vaut vraiment la peine, à voir de ses propres yeux. Comme d’habitude, j’ai pris des photos mais impossible de tout prendre, surtout les paysages qu’on voit depuis la voiture. Dans le site, il y a beaucoup de constructions Mayas et également des cascades d’eau, une eau claire, j’avais envie de m’y plonger dedans.
Il y a également beaucoup de touristes. Les mexicains ne payent pas l’entrée mais on n’a pas pu se faire passer pour des mexicains… Vous n’avez jamais vu de mexicains blancs ?? Non ? Mince.
Parmis les touristes, on croise beaucoup de français, surprenant ! On suppose qu’il y’avait un groupe en voyage organisé.

La sortie du site n’est pas à côté de l’entrée. On se retrouve à marcher pendant 20 minutes en plein soleil et avec cette chaleur c’est de la torture. Heureusement la voiture est climatisée !
On mange tous les trois dans un petit restau (on a enfin réussi à lui payer quelque chose). Ensuite direction les cascades “Welib-Ha”. Une forêt, de l’eau claire, un paysage de rêve. Seul Alejandro décide de faire de la tyrolienne traversant toute l’étendue d’eau alors qu’il a le vertige ! Il a passé toute la matinée à ne pas regarder en bas des pyramides, à descendre tout doucement et là il se jette dans le vide, bravo.

Palenque etendue d´eau

On reprend la voiture pour aller voir une autre cascade “agua blanca”. Encore un coin merveilleux.

A la base, d’après notre itinéraire, on devait aller à Villahermosa et ensuite à Palenque. Sachant qu’on n’avait aucun couchsurfing de prévu, on aurait visité seulement le site Maya. Sans guide, on n’aurait pas pu trouver ces coins reculés sans touristes.
Voilà encore un avantage du couchsurfing. On est logé gratuitement, on rencontre des gens et en plus ils nous font visiter la région. Pour le moment, nos 4 couchsurfings se sont bien passés et nos hôtes ont toujours étaient super sympas pour nous emmener à divers endroits. On n’a pas donné grand chose en échange mais on les a tous invités en France. En plus, ils ont tous le projet d’y aller.

Palenque baignade

Tranquille la vie !

Alejandro a prévu un voyage en Europe, dont la France, en mai. Nous ne serons malheureusement pas revenus. 3 menus MacDo au Mexique c’est le prix d’un seul menu en France. Alejandro n’en revient toujours pas !

Lundi 14 avril 2014

Alejandro nous dépose en ville. On se fait accoster par un gardien de musée très sympathique. Les gens sont toujours surpris quand on dit que l’on vient de France. Ils pensent tous que nous sommes États-Uniens.

Nous nous sommes promenés autour d’un lac, on a vu des coatis et on a passé un moment à regarder des oiseaux pêchant des poissons. Il y a beaucoup d’espèces. Les plus mignons ressemblent à des canaris.

Aujourd’hui je suis certaine qu’on a dépassé les 40°C… C’est insoutenable ! Et pendant qu’on s’étouffe, certains mexicains font tranquillement leur footing ! D’ailleurs ils ne le font pas vraiment tranquillement, ils courent plutôt vite. Ce qui me surprend depuis le début du voyage c’est le fait que malgré cette chaleur, la majorité des gens porte des jeans, pas des vêtements amples comme je l’imaginais.

On ne s’est pas amusé à se balader en ville, impossible avec cette chaleur. On s’est réfugié 4h dans une imprimerie avec ordinateur et connexion Internet. Moi qui n’aime pas tellement visiter des musées, j’ai fini par céder pour être dans un endroit climatisé. On a donc fait le tour du musée d’histoire naturelle, finalement intéressant.

Alejandro est venu nous chercher après sa journée de boulot. Dernier repas ensemble. C’est fou comme on s’attache vite aux gens.
Déjà 3 personnes avec qui on garde contact et qu’on espère revoir un jour.