Huaraz, émerveillement dans la Cordillère Blanche

Le mardi 12 août, on arrive sur le coup des 8h30 du matin à Huaraz, frais comme des gardons. On choppe un taxi. Il nous dépose dans un hôtel en nous disant qu’il est près de la place des armes, cool ! Mais on se rendra compte de la supercherie que quelques heures plus tard. Tant pis, on est à 20 minutes du centre, mais dans un hôtel, ou plutôt auberge, non, un truc pas cher.

Le gérant de l’hôtel appelle un de ses potes faisant des excursions dans la Cordillère blanche, mais on le sent pas, on fera donc quelques agences dans le centre pour voir ce qui s’offre à nous, car l’activité principale en partance de Huaraz, ce sont des treks de un à TRENTE jours dans la Cordillère blanche, une immense chaîne de montagnes (blanche à ses sommets). Face à la blanche, y’a la noire, offrant une belle vue sur la blanche justement. Ce sera notre premier trek d’ailleurs.

Le mercredi 13 on part avec un guide à quelques 20 minutes de Huaraz, et on grimpe. 2h de montée en théorie, mais ils avaient du voir large car on atteindra la lagune de Wilcacocha au sommet en 1h30. On en a bien chié quand même, soyons honnête ! Pause déjeuner à côté de la lagune, en admirant la vue panoramique sur la cordillère blanche. Malheureusement le temps est nuageux, du coup, soyons encore honnête, la lagune est moche et le panorama est pas super top.

huaraz pano blanc

Côté positif, on ne brûle pas sous le soleil, et ça c’est cool car y’a pas de zone ombragée ici. La cordillère noire est plutôt jaune sur ses flancs, car en cette période d’été, tout est cramé. En hiver, il paraît que c’est vert. Pour la descente on demande au guide de prendre un autre chemin que pour la montée, le chemin est assez difficile car constitué de pierre. Mais bon, on voulait le rentabiliser car on a vite compris que payer chacun 15€ pour l’avoir on s’est fait un peu entuber, soyons zonètes (décidément !). Julio, le guide, a 27 ans et a vécu les 10 premières années de sa vie avec sa grand mère, dans la campagne, bénéfice : il connaît super bien les plantes, et sait se soigner avec. Il nous raconte notamment l’histoire d’une fille que la médecine contemporaine n’arrivait pas à soigner, qu’ils ont emmené au bord d’une lagune, puis recouverte de certaines plantes, et hop, elle était debout en moins de temps qu’il n’en faut pour prononcer “c’est une histoire vraie ?”. À 14h on est de retour à Huaraz.

Le lendemain on se repose -vous avez l’habitude maintenant qu’on fasse des journées pauses !- et on change d’hôtel, d’auberge, enfin de lieu quoi. Pourquoi ? Parce que le lieu en lui-même est éloigné du centre, la cuisine qu’on devait pouvoir utiliser est quasi inexistante puisque résumée en terme de vaisselle à une casserole dégueulasse qu’on nous a filé le premier soir -limite on devait aller acheter une éponge pour la nettoyer : LOL ! Filez-nous une éponge, et encore heureux qu’on te demande pas de la nettoyer !- On n’a pas confiance en la sécurité des chambres (un cadenas pour fermer… mouais), et l’environnement est plutôt crade globalement. Ah et aussi on attend toujours les petits-déjeuners prévus. Donc voilà, outre les moults autres détails négatifs, on change, parce que le changement, c’est maintenant, (François si tu nous lis, tu vois, nous, on agit 😉 ) et on arrive dans un hôtel dont nous avait parlé Florian. Quoi ? Vous ne vous rappelez pas de lui ? C’est le français rencontré au Machu Picchu, qui est également à Huaraz actuellement.

On profite un peu de la ville en cette journée de repos, enfin profiter est un grand mot, car la ville a beau compter 150.000 habitants, elles est pourrie, je m’explique. Un ruisseau traverse la ville, des ordures le longent et s’y promènent, les bâtiments sont inachevés, sales, les commerces sont majoritairement inutiles (énormément de magasins pour faire des photocopies. Je comprends pas trop ce délire honnêtement. Mais bon), et le truc le plus stressant et énervant : les gens ici ont la foutu habitude de klaxonner tout le temps, mais vraiment tout le temps. “Oh, un passant, TUUUT. Oh, un croisement où je suis prioritaire TUUUT. Oh, TUUUUT”. C’est simple, les gars ici conduisent avec la main au dessus du klaxon. Un truc de fou. Et pour info, ici également c’est interdit de klaxonner pour x raisons, comme en France. Mais que fait la police ? Ben elle fait la circulation apparemment.

Avec ce temps gris, nous ne fûmes pas séduit au premier coup d'oeil à 4450m

Avec ce temps gris, nous ne fûmes pas séduit au premier coup d’oeil à 4450m

Le vendredi 15 août, on prévoit de se taper l’ascension jusqu’à la lagune Churup avec Florian. Bon alors les guides en papier et sur Internet conseillent de ne pas s’aventurer seul, ça tombe bien, on y va à trois ! Ils conseillent également de partir tôt le matin. Vous nous connaissez. On décolle à 9h45 de Huaraz, tous les 3. Les guides parlaient de 15 minutes pour atteindre le début du chemin, mais le chauffeur nous dit 45, et il a raison le coquin !

Bref, on se retrouve à Llupa pour attaquer le trek. Ça commence tranquille, la première heure et demie on s’économise. On arrive à Pitec, pseudo ville où on paye 10 soles pour commencer les choses sérieuses. Ça grimpe beaucoup, c’est assez hardu, soyons honnêtes, on peine, on piétine avec Manon, et on commence à s’essouffler énormément. L’altitude nous pèse de plus en plus et nous emmerde littéralement sur des passages difficiles où on doit utiliser des cordes en métal -parfois bien usées- pour escalader certaines parties. On fait beaucoup de pauses car en plus d’une migraine naissante, j’ai des vertiges et Manon la nausée. Pas cool pour escalader. Quand je dis escalader c’est vraiment escalader, certains passages nécessiteraient d’avoir du matos d’escalade car c’est vraiment dangereux. On est à bien 4000m à ce moment, et c’est fou que mon corps qui semble bien acclimaté à 3000 (altitude de Huaraz) soit complètement HS ici. Je dis “mon” corps, car Manon a toujours des difficultés avec l’altitude, son cœur s’emballe très facilement à chaque fois qu’on se trouve à plus de 3000 mètres (Huaraz comprit. Pour info le Machu Picchu qui ne lui avait pas posé de problème est à “seulement” 2500).

La lagune est en fait de l'autre côté, mais la vue nous plaisait plus ici !

La lagune est en fait de l’autre côté, mais la vue nous plaisait plus ici !

2h30 nous seront nécessaires pour faire Pitec-La lagune de Churup. 2h30 c’est le temps informatif donné, on est pile dedans, et vu comment on a peiné, je peux vous dire qu’on est heureux d’arriver à la lagune, les derniers mètres de pente raide furent un calvaire. Il est 14h30. On a donc mit au total 4h pour arriver là. Je pensais que le trek durerait 2h30, j’avais rien compris en fait ! On se pose 1h le temps de se reposer, et surtout manger, s’hydrater, prendre des photos du site. Durant la montée on a eu des gouttes de pluie, et surtout vu arriver de gros nuages noirs, ce qui nous a bien fait flipper. Car outre la pluie, une étendue d’eau avec des nuages au dessus c’est généralement plus moche qu’avec un ciel bleu dans laquelle il se reflète -mais c’est qu’on  deviendrait exigeant avec la météo maintenant !-. Pendant notre déjeuner, on a le droit à de la neige fondue, de la petite grêle, en plus du vent glacial, et entre temps il arrive que l’on ait des éclaircies, nous faisant bouillir sous nos vestes. Durant ce trek on a connu un peu toutes les saisons ! Même les rafales de vent latérales qui vous obligent à marcher penché d’un côté pour y résister ! Bref, les quelques éclaircies nous permettent de profiter des lieux, et ma foi, ça vaut le coup d’avoir souffert pour arriver là !

A gauche de la cascade le chemin en mode "escalade avec les cordes en métal", à droite, notre descente en mode "AAAAAaaaaaah !"

A gauche de la cascade le chemin en mode “escalade avec les cordes en métal”, à droite, notre descente en mode “AAAAAaaaaaah !”

Après 1h de pause on entame la descente. Il nous reste pile 3h pour rejoindre le point initial d’où partira le dernier collectif -petit bus- pour Huaraz. En tout cas c’est ce que nous a dit le chauffeur du matin : “18h30”.

On ne redescend visiblement pas exactement par le même chemin, on ne se tape pas les cordes usées en métal, et on s’aperçoit qu’on est du mauvais côté du fleuve ! Enfin “mauvais” c’est exagéré, de ce côté là aussi on peux passer, faut juste être un peu sportif et un peu foufou. L’escalade est abrupte, un passage particulièrement délicat nous oblige à être collé à la paroi et redoubler de vigilance pour ne pas glisser, car ce serait la catastrophe assurée. Pendant que j’aide Manon à traverser certains passages difficiles, ce couillon de Florian filme nos exploits. Après 30 minutes de descente dangereuse, on arrive sur la zone de camping. Le plus dur est fait, et on ressent déjà les bienfaits d’avoir descendu 400 bons mètres, nausée et mal de tête se calment, on respire mieux, ouf.

Durant la descente on croise 2 français qui vont camper cette nuit, bon courage avec tout ce matos pour grimper à la lagune ! Le soleil qui poursuit son déclin laisse apparaître des paysages merveilleux, de toute beauté, les mêmes qu’à la montée, mais en même temps différents, dont nous profiterons tout en descendant aussi vite que possible.

Si tu glisses, tu tombes... très bas !

Si tu glisses, tu tombes… très bas !

On arrive au lieu de rendez-vous dans les temps, 18h10. Les gars sur place nous disent qu’il n’y a plus de bus à cette heure là. Panique ? Non, un 4×4 vient ramener ces travailleurs à Huaraz, et nous embarquerons avec eux, enfin, pas tout à fait avec eux, nous on est dans le coffre extérieur, dans les pots de peinture et les échelles. Le trajet est rigolo, pour moi, beaucoup moins pour Manon qui a peur d’être éjectée à chaque dos d’âne. On arrive vivant à Huaraz 40 minutes plus tard, et le petit vieux dans le coffre avec nous nous accompagne jusqu’à la place des armes.

Florian nous fait goûter une spécialité qu’il a trouvé ici, des churros fourrés de manjar (manjar=Dulce de leche péruvien=confiture de lait en France. Le nom est différent mais c’est la même chose.). J’adore ! Mais c’est hyper bourratif.

Le samedi ce sera un repos bien mérité, on a des courbatures un peu partout. En fin d’après-midi on rejoint Florian pour se rendre ensemble à quelques 20 minutes de la ville, Anta, en direction de Yungay, pour admirer un coucher de soleil sur les montagnes. Le soir même Florian prend un bus pour aller plus au nord du Pérou et entamer son 5ème et dernier mois de voyage. De notre côté on planifie la journée suivante : ce sera la fameuse Laguna 69. Il paraît que c’est le lieu le plus beau autour de Huaraz, du coup, on se l’ai gardé pour la fin, dernier trek de notre voyage, et peut-être un endroit idyllique.

Ce dimanche debout à 5h30 -du matin bien entendu. Quelques courbatures de Churup sont encore là, mais on va encaisser hein, c’est notre dernière activité péruvienne !

Gardez-bien à l'esprit que c'est encore plus beau de nos propres yeux

Gardez-bien à l’esprit que c’est encore plus beau de nos propres yeux

Sur le trajet, le bus s’arrête notamment aux Lacs de Llaganuco pour une pause photo. Le premier de ces 2 lacs est d’un bleu magique, au pied de ces montagnes immenses, on en prend pleins les yeux. Dix minutes plus tard le bus arrive à destination avec 1h de retard, il a mis 4h au lieu de 3, en partie de sa faute, mais aussi au groupe d’allemands qui ont retardé le bus à plusieurs moments. C’est important de souligner ce retard, car le temps que l’on a pour faire le trek, lui, ne change pas, et pourtant on doit être de retour ici dans exactement 6h. Bon, le trek est prévu en 3h aller et 2h30/3h retour. Ça devrait le faire !

Certains partent comme des balles, nous on se met de la crème solaire, Manon ajuste son chapeau, et patati, et patata, bref, on part les derniers, il est 10h pile.
Ça commence cool, on descend ! On arrive rapidement sur du plat, puis légère montée. Le paysage est vraiment beau. Se baladent chevaux et vaches par-ci par-là. On remonte la rivières parcourant cette plaine. On marche bien et on commence à doubler des gens. Au bout de 10 minutes on en voit qui font déjà des pauses, et ben c’est mal parti pour vous les petits loups !
En 40 minutes on a doublé quasi tous ceux de notre bus, m’enfin c’est pas très dur : on est les seuls à ne pas s’arrêter pour reprendre notre souffle. Une bonne montée arrive, 30 minutes d’ascension où on double les premiers de notre bus, et on commence à rattraper des gens du bus précédent. Les paysages sont à nouveaux magnifiques, plus beaux que Churup ! Une cascade, une vue sur les montagnes enneigées des environs, la plaine que l’on a traversée en contre-bas. Histoire de, on fait une pause d’une minute pour boire. On double un jeune, la vingtaine, bien musclé et faisant une pause. En nous voyant passer il enquille derrière moi. 20 secondes plus tard je me retourne, hop, 10 mètres derrière le jeunot. Une minute plus tard, je ne le vois plus ! On arrive à nouveau sur du plat et passe devant un petit lac. Pas spécialement beau, on avance. Nouvelle plaine, décors de géant, on est ridiculement petit ! Mais on voit déjà ce qui se profilera devant nous 5 minutes plus tard, la deuxième grosse montée. Jusque là on trouve honnêtement ce trek facile. Churup a dû nous renforcer !
Cette dernière montée est un peu plus difficile, mais quand on commence à peiner, on arrive au sommet. Quelques mètres de plat et, PUNAISE !

huaraz laguna69 kevin

S’étend sous nos yeux la lagune 69, surmontée d’une montagne tout simplement magnifique. La lagune est d’un pur bleu turquoise intense. L’eau est transparente. Le soleil provoque des scintillement dans la lagune. La montagne en face de nous est enneigée, ou glacée, enfin on ne sait pas trop, ça brille tellement et l’aspect est particulier, on dirait du plastique blanc ! Il est 12h15. On est donc monté en 2h15 au lieu de 3. On calcule rapidement, ouais, on peut se permettre de glander ici 2h ! Enfin, je ne vais pas beaucoup glander. Alors que Manon se pose à l’entrée du site avec d’autre personnes, je pars en solo pendant près de 1h à crapahuter autour de la lagune pour la voir sous différents angles. Je reviens vers Manon, mis hors service par l’altitude (4500 mètres, ça fait haut pour faire le con pendant 1h). J’ai un mal de tête évoluant plutôt mal, et aucun appétit. Je profite un peu de cette vue du lac beaucoup plus classique, mais qui est honnêtement la plus belle, puis on redescend. À ce moment je me sens vraiment mal, ne pas avoir beaucoup mangé ne m’aide sûrement pas, mais au moins je bois ! Après la première descente, ajouté au mal des montagnes, j’ai les intestins, stimulés par la randonnée qui me font vivre un enfer. À ce stade une seule solution : “Comment chier dans les bois ?”. Encore merci de m’avoir offert ce best-sellers Magali, ça aura été utile ! Je me rappelle d’un passage où ils disaient quelque chose comme “prenez votre temps de choisir l’endroit idéal, quitte à chier, autant en profiter pour avoir un beau paysage”, et avouez que devant une montagne gigantesque à la cime enneigée, une vallée verdoyante sublime, et sous un ciel bleu, on se rapproche de l’idéal non ?

On serait allé encore vachement plus vite en montant les chevaux !

On serait allé encore vachement plus vite en montant les chevaux !

Manon a ce phénomène étrange qui se reproduit : son mal de tête s’accentue durant la descente.   Entre nos pauses diverses et nos douleurs diverses, on mettra 2h pour rentrer, et on arrivera devant le bus à exactement 16h, l’heure de retour indiquée par le chauffeur. On décolle ? Ah, non, c’est sans compter sur ces foutus allemands. Les derniers arriveront avec 1h30 de retard. L’un d’eux ayant sorti son petit réchau et faisant du café ne se presse pas à tout remballer, bref, on part avec 1h45 de retard. Honnêtement on avait espoir que le chauffeur abandonne ici les plus lents ! C’est pas qu’on est pressé, mais ce soir on a une tonne de choses à faire avant de quitter Huaraz -donc en fait, SI, on est pressé !-.

Petite parenthèse pour exprimer ô combien les allemands entre 20 et 30 ans qui voyagent ici sont des emmerdeurs. Tous les groupes que nous avons croisés étaient irrespectueux vis à vis du silence de l’auberge, de laver leur vaisselle, mettre en retard les autres dans les transports en commun, et donc globalement impoli -dire bonjour c’est pour les tapettes ! Bref, si j’étais vulgaire je dirai que ce sont des vrais connards. Oups. Si encore leur langue était belle, mais le contraste avec l’espagnol est tellement énorme, les pauvres ne cumulent que des défauts. Fin de la parenthèse.

On arrive à Huaraz à 20h30, le bus nous lâche en plein centre ville, on retrouve le chemin de l’auberge, et c’est heureux -et sale- que l’on rentre de ce dernier trek, des images pleins la tête -et pleins le numérique. “MERVEILLEUX” décrit parfaitement cette ultime randonnée dont les paysages rivalisent clairement avec ceux rencontrés à Ushuaia. On a été ébloui avec notre premier trek sur le continent, et avec le dernier, le pied !

El Chaltén, le cul de sac hivernal

Mardi 27 mai, 8h, nous voilà en route pour El Chaltén, à 3h de route de là. Pas tout à fait 3h en réalité, car entre les pauses interminables du chauffeur, la roue crevée qu’il changera, et les chiens errants qui monteront dans le bus, on aura un peu de retard, mais beaucoup d’animation !

En arrivant sur ledit lieu, soyons honnête, le temps est plutôt pourri. Comme d’habitude on demande à l’office du tourisme quelques endroits pour se loger. La femme -vous remarquerez qu’on se fait souvent conseiller par des femmes- nous indique sur notre carte les auberges ouvertes. Après être passé devant 3 auberges ouvertes, en réalité fermées, on décide de ne pas se risquer dans l’auberge pas cher qui pue la pisse -au premier degrés- que l’on vient de visiter, et on tape dans un hôtel bon marché et nickel.

Moment planification : quand et comment repartir au point suivant ? On retourne au terminal de bus. Surprise, la route pour aller au nord est fermée durant l’hiver car il n’y a personne qui l’empreinte -sauf nous-. Il faut donc retourner à El Calafate -à 3h au sud si les roues ne crèvent pas- pour reprendre un autre bus qui contourne cette route. *respiration profonde* après avoir pesté contre ce système débile, on décide de profiter à fond jusqu’au lendemain après-midi.

Il est 14h, tout ce que l’on peut faire avant que la nuit tombe -d’après notre conseillère à l’hôtel- ce sont les miradors du coin, environ 2h de marche. Sauf que, rappelez-vous, le temps est pourri, mais pas pourri genre il pleut, mais genre la ville, enclavée de montagnes, est surplombée d’un nuage géant. Les miradors sont bien sûr plongés dans les nuages, mais c’est soit ça, soit… rien !

La superbe vue sur la ville de El Chaltén

La superbe vue sur la ville de El Chaltén

Et vas-y Tintin qu’on se tape deux heures de trek, on mettra moins de temps que prévu, en revanche on verra ce qui était prévu : rien. Au moins on aura tenté ! En redescendant -tel des gazelles- on s’arrête au centre d’info du parc national, là le gardien nous dit que vu l’heure on a le temps d’aller voir une cascade à environ 1h de marche, soit 4km, pour le reste c’est foutu, il sera 18h et il fera nuit ! Pourquoi pas, j’ai les pieds défoncés mais vu qu’on repart le lendemain, faut en profiter !

Pour atteindre cette cascade il faut en fait longer la route, ce qui n’est pas top en randonnée, mais toujours mieux qu’avoir des pierres dans tous les sens quand vous avez mal aux pieds. 16h20 on décolle, je souffre, puis Manon aussi, nos petits sacs de trek nous paraissent tel des boulets sur le dos, mais on arrivera à cette cascade 1h plus tard. Franchement, on doit pas avoir le même sens du “kilomètre” car quand vous voyez un panneau “1km” et marchez pendant 25min hein….. Bref, je pense honnêtement -et sans écouter mes pieds- qu’on a frôlé les 6km. La cascade n’était pas magnifique, contrairement à la vallée que nous voyons sur le trajet, avec son fleuve zigzaguant au milieu. Le retour sera douloureux, mais tel des Saint-Bernards, courageux et endurants, nous arriverons à destination sains et saufs, et juste avant la nuit.

Le lendemain matin, un petit déjeuner copieux nous attend, et tant mieux, car ensuite on décolle pour une randonnée de 4h -annoncée à 2h l’aller- pour admirer la Laguna Capri. La veille le gardien de parc nous avait vendu du rêve en nous disant que c’était assez plat, seulement un peu de pente au début. Dans la réalité, après 1h de pente nous rappelant parfois Blue Mountains en Jamaïque, on désespère.

Laguna Capri

Laguna Capri, cherchez Charli

La végétation est assez pauvre, ça donne un côté steppes arides aux montagnes, tout est très jaune, la saison y est pour beaucoup certes, mais il y a surtout beaucoup d’arbres morts, de zones dites en “récupération”. On croisera des cousins de Woody Woodpecker. Tel des loups chassant leurs proies, notre énergie fulgurante nous permis d’atteindre ladite lagune en moins de temps que prévu. Elle était mieux en photo -quand il fait beau- ! On en profite pour également admirer les glaciers environnants, ça vaut le coup, y’en a partout. Ça aurait été encore mieux de plus près, mais c’est à 3h “aller” de là où nous sommes. On prend le chemin du retour, sous la pluie. Sur le trajet aller, après une heure de marche nous avions inscrit dans la terre sur un côté du chemin “MK 1h”, indice précieux pour se rassurer durant le retour de “on arrive quand putain ?”. En repassant dans ce coin, d’autres randonneurs nous avaient copiés, mais eux, on n’arrivait pas à les lire. Rapides et agiles, tel des rapaces, nous parcourons le chemin inverse en moins de 1h30 -en même temps : en descente et sous la pluie, ça motive-.

Cousin de woody woodpecker

Cousin de woody woodpecker

A 17h on reprend un bus increvable direction El Calafate, où nous retournons dormir à la même auberge que précédemment, et dans la même chambre (et à nouveau seuls !). On est content car quand on quitte un lieu, on se dit qu’on ne le reverra pas de si tôt, mais retourner 36h plus tard dans un endroit qui nous a plu nous réchauffe le cœur, tel le ronron d’un gros matou tout doux.

Jeudi 29, nous quittons en fin d’après-midi El Calafate. On espère ne pas se retrouver dans un autre cul de sac, surtout qu’on part pour 27 heures de bus -j’ai bien écrit 27h, oui-. Je publie en réalité cette article juste avant qu’on parte. Oups, changement de plan. En se réveillant jeudi, à 9h, coupure d’électricité… Dans toute la ville ! Du coup impossible de décharger nos appareils numériques, impossible de publier cet article et le plus grave : impossible de prendre nos billets de bus.

En arrivant au terminal de bus, la femme du guichet nous annonce le prix des billets, la conversation ressemblait alors à ça :
– Ça fera donc 210€.
– On ne peut pas payer en CB bien sûr ?
– À cause du problème d’électricité, seulement en espèce.
*qui se balade avec autant d’espèce sur lui sérieux ?*
– Oui mais on n’a pas assez en espèce et forcément on ne peut pas retirer aux distributeurs, donc on pourrait payer à une ville intermédiaire ou bien à l’arrivée, on l’a déjà fait de Rio Grande à Punta Arenas.
– Mais ce n’était pas avec notre compagnie, avec nous ce n’est pas possible de monter dans le bus sans avoir payé, ceci pour des raisons de sécurité.
*ah ben oui c’est dangereux de monter sans payer, c’est sûr*
– Donc si il n’y a pas d’électricité pendant 3 jours on ne peut pas quitter la ville ?
– Je suis désolée ce n’est pas de notre faute.
*t’as raison, fuis le problème !*

Elle ne voulait rien entendre et repartit piailler avec ses collègues dans le bureau voisin. Avec Manon, on est en ébullition. On se voit déjà se foutre sous les roues du bus. 20 minutes plus tard, soit 15 minutes avant que le bus ne parte, une autre guichetière arrive, on lui saute dessus ! Elle nous baratine la même chose, puis on lui lance :
– Et sinon, on peut prendre en espèce un billet jusqu’à la prochaine ville, Rio Gallegos, à seulement 4h, et à ce moment payer un autre billet pour aller à Bariloche ? (Bariloche c’est le terminus du bus, à 27h de là, d’où on prendra un autre bus pour rejoindre l’île de Chiloé)
– Ah ben oui.
– Ben voilà, y’a une solution vous voyez.

Ce qui nous a le plus gonflé, c’est qu’en plus d’être intransigeantes, de n’avoir aucun côté humain, elles n’ont même pas essayé de trouver une solution pour nous aider, alors qu’elles n’avaient que ça à faire, et préféreraient piailler entre elles. On se croyait presque en France ! 😉

Bref, au final, le croirez-vous, ça nous est revenu moins cher de payer en liquide le trajet jusqu’à la première ville et en CB la suite. Allez savoir le pourquoi du comment !

Et vous savez la meilleure ? Sur le trajet, on croise une femme ayant eu une panne de voiture au milieu de nulle part. Elle montera dans le bus et ils la feront payer ensuite… J’ai presque envie de dire : LoL.

El Calafate et son glacier géant

Les tampons des passages successifs de la frontière Chilio-argentine s’accumulent sur le passeport ! Se balader en Patagonie nous oblige à traverser la frontière : mais ça vaut le coup 🙂
Après plus ou moins 5h30 de bus -ce qui passe très vite quand vous avez la tête dans le… – on arrive à El Calafate. Bon apparemment ici y’a principalement un glacier à admirer : Perito Moreno. On descend du bus sur le coup des 14h et on vérifie les activités du coin avec l’office du tourisme, on en profite pour savoir où dormir ce soir. La femme nous met des petites croix sur la carte pour nous indiquer les hôtels dans nos prix, on charge nos gros sacs, et c’est parti !

Après 15 minutes de marche, on se demande si il n’y aurait pas eu une épidémie dans la ville, elle est vide ! On arrive devant le premier hôtel. Il est fermé car en rénovation. Next ! Second hôtel, fermé car en rénovation également ! 10 minutes plus tard, on arrive sur le troisième, et devinez quoi ? Non, il ne sera pas “fermé car en rénovation”, il sera “fermé” tout court. Bref, au bout d’un moment on tombe sur ça :calafate hotel

On trouve ce style “chalet” trop beau, on y pose donc nos (gros) sacs ! C’est en fait un hôtel restaurant, dont les chambres communes rentrent bien dans notre budget. Enfin “chambre commune”, il n’y a que 4 lits, et on est et sera tout seul. On retourne faire un tour pour contempler Laguna Nimez, une réserve naturelle à la périphérie de la ville, qui fait penser à la Camargue. L’ambiance de la ville est de type montagnard, chalets, maisons atypiques : un chocolat chaud s’impose à nous 🙂

Le lendemain on décide de prendre le dernier bus matinal allant au glacier (à 9h30), histoire d’être bien reposé : on nous a annoncé un gros trek de 4h. Manon flippe un peu car la femme nous ayant hébergés à Puerto Natales lui a refilé son mal de gorge. Mais cette journée sera une grosse surprise !

calafate lagunaSeuls les 40€ à payer pour accéder au parc naturel où se situe le glacier nous refroidiront. Sur le trajet les paysages sont sublimes. On aperçoit le glacier au loin, une femme du bus se précipite avec son téléphone pour le prendre en photo de façon très approximative, à croire qu’elle n’a pas bien compris le thème de la journée ! Les gens sont parfois si curieux !

Une petite fringale comblée et on fonce pour ce fameux trek, mais en fait, c’est pas du tout un trek devant le glacier : tous les chemins sont surélevés avec des plateformes de métal et entourés de grosses barrières en bois. Des parcours sont affichés à l’entrée, le plus difficile est annoncé à 1h, du coup, on se dit que là on tombera sûrement sur des paysages encore plus beaux et naturels ! Oui et non (clin d’oeil à Victor) : plus beaux car plus près du glacier, mais toujours des chemins barriérés et métallisés. Ça explique pourquoi on croise autant de familles, de gamins et de vieux ! On est loin du pic de Blue Mountains ou encore du parc naturel d’Ushuaia ! Bref, leur parcours d’une heure est fait en 30 minutes, on enchaîne donc avec d’autres pour admirer le glacier.

Y'a des gens en bas à gauche, si si, cliquez pour agrandir !

Y’a des gens en bas à gauche, si si, cliquez pour agrandir !

Le glacier (oui, je vais enfin en parler !) est gigantesque. Une cinquantaine de mètres de haut, et une profondeur de… en fait on ne voit même pas jusqu’où il s’étend (on apprendra qu’il fait 14km de long, pas étonnant de ne pas voir le bout !). On a essayé de capturer cela en photo, mais comme bien souvent avec de tels paysages, c’est difficile de se rendre compte. On aurait pris des glaçons dans une flaque d’eau avec un petit tas de terre derrière que vous pourriez croire que c’est pareil. Ce type de paysage est vraiment à voir de ses propres yeux, on se sent ridicule, tout petit fasse à ce monde de géant, on s’imagine bien voir arriver une grosse main d’un être gigantesque de par dessus les nuages ! Mais aucune main n’est arrivée bien sûr. En revanche, ce qui est arrivé, c’est plusieurs bruits de craquements provoqués par des morceaux de glace, parfois de la taille de plusieurs hommes, s’effondrant ensuite dans l’eau. Magique, bien que je trouve triste de voir un glacier reculer. On a quand même peiné à voir ces effondrements, on les entendait seulement, mais la faute à la vitesse du son, trop lente pour nous atteindre avant que la glace n’ait touché l’eau. On regrette tout de même de ne pas pouvoir approcher ce glacier à pied de plus près et librement -on aurait pu sauter les barrières, mais il y avait pas mal de gardes du parc qui se baladaient, on n’aurait pas fait long feu !-

Le lendemain, lundi 26 mai, on prend une journée pour se reposer de ce trek épuisant… Non sérieusement : Manon est un peu malade et nous avons besoin de réorganiser nos trajets et points d’arrêt en Argentine car nous avons dû supprimer tous nos points sur la côte est, ne présentant pas d’intérêt en cette saison. Une semaine à répartir ailleurs, basé sur les conseils des personnes rencontrées -ce qui est beaucoup plus pertinent qu’Internet-.

Prochaine étape : El Chaltén, 4h au nord de El Calafate. L’aventure en Patagonie continue !

Suite et fin à Port Antonio

Dimanche 11 mai 2014

Rastaman nous a parlé d’une randonnée sympa à faire dans le coin. Sauf que le mot “randonnée” nous rappelle direct Blue Mountains (pour ceux qui ont lu l’article, vous comprendrez que ça nous fait peur). Rastaman nous affirme que c’est tranquille et pas aussi dur que Blue Mountains (qu’il connaît bien, pour l’avoir fait plusieurs fois). Plus qu’un détail à vérifier, le prix : 40€ pour nous deux… Un peu cher mais ça rentre dans notre budget et comme on ne dépense pas beaucoup depuis quelques jours, pourquoi pas ! Direction donc “Treager falls clear spring”.

Rastaman appelle son frère qui va nous accompagner. On fait donc la rencontre de “Spaceman” (il se présente sous ce nom), un peu plus jeune que son frère et rasta également. Ils nous font rire avec leurs surnoms. J’avais envie de dire “et nous on s’appelle Spiderman et Catwoman”, non sérieusement, c’est étonnant de se faire appeler Spaceman.

Mais revenons à la balade : 1h de marche à travers la jungle, passant par un ruisseau dont les pierres sont extrêmement glissantes. On ne s’attendait pas du tout à ça. Ce n’est pas une balade tranquille. Pas de sentier, Rastaman nous fraye un chemin avec l’aide de sa machette. On escalade, on enjambe des troncs d’arbres, on glisse sur des rochers. On avance lentement parce que chaque pas est dangereux. Même en faisant attention, Rastaman est tombé deux fois et moi une fois, ouille ! Mais rien de cassé.

On croise un énorme cochon qui se baigne dans la boue dans le lit de la rivière, des tout petits oiseaux verts (exactement le même vert que les feuilles des arbres, faut avoir l’œil pour les voir) et des araignées.

On atteint finalement le but de la balade : une cascade. Pas très impressionnante. Quand il pleut beaucoup, le débit est plus fort mais là elle est très petite. C’est beau mais on a vu mieux et tout comme Blue Mountains, ça nous embête de payer pour voir ce genre de chose. Se balader dans la nature c’est sympa mais ça devrait être gratuit…chutes rasta

On se pose au bord de l’eau, Rastaman nous coupe un fruit avec sa machette, je trouve ça bon mais Kévin n’aime pas, trop acide pour lui. Au niveau du goût, ça se rapproche de la mangue, fruit très présent en Jamaïque et au Mexique, tout comme la banane. (J’adore les fruits… sauf les bananes et les mangues…Tant pis pour moi.)

Pendant que Kévin tente de crapahuter de l’autre côté de la cascade (qu’il n’atteindra pas à cause de la présence d’un trop grand nombre d’araignées), Rastaman me dit -en traduisant mot à mot- : ” quand vous serez mariés, il faudra que tu donnes des enfants à Kévin”. Oui… Déjà qu’il a expliqué à Kévin ce qu’il faut me donner à manger et quand me faire l’amour pour avoir plus de chance d’avoir des enfants, je crois qu’on a reçu le message, faisons des enfants (c’est prévu mais pas en Jamaïque). Ensuite je n’ai pas trop compris (j’ai toujours du mal avec l’anglais et j’étais seule avec lui), il m’a demandé la pointure de chaussures de Kévin, ce à quoi j’ai répondu “42” et suite à cette réponse, il m’a dit que c’était très bien, qu’il fera un bon mari pour moi… Ai-je bien compris la question ?! Bref, conversation un peu tordue…

Après une demie heure de pause, on fait le chemin inverse mais Rastaman nous fait passer un peu plus dans la montagne pour éviter la rivière trop “patinoire”. Du coup, c’est un peu plus facile mais toujours aussi sportif.

On attend un moment pour trouver un taxi. En fait, il faut attendre au bord de la route et espérer qu’il y en ait un qui passe… Et il y a très peu de voitures qui circulent. On se retrouve dans un mini bus, serré ou plutôt écrasé les uns contre les autres.

Le prix de cette journée : on a payé la part de taxi pour nous et les deux frères (5€); et 40€ pour eux, pour avoir été nos guides. Rastaman le mérite, il m’a souvent aidée et nous a ouvert la route. Heureusement qu’il était là. Mais son frère en revanche ne nous a pas parlé, a emprunté son propre chemin à l’allée et au retour, on ne l’a pas vu ! À la pause, il s’est assis loin de nous. En gros, on ne s’est pas rendu compte qu’il était là, il s’est fait balader et on doit le payer… Au final, un peu cher la balade qui n’en valait pas tant la peine.

Lundi 12 mai 2014

C’est l’anniversaire d’une personne qui lit régulièrement notre blogue, elle se reconnaîtra 🙂

Ça fait un moment qu’on parle de Long Bay, à chaque fois qu’on devait y aller, l’un de nous était malade, on a perdu 3 jours et finalement on y a passé la meilleure journée de notre séjour. Du coup, on aurait voulu y retourner plusieurs fois. Si on pouvait remonter le temps, on irait à Long Bay plutôt que faire la randonnée de la veille mais bon… Il nous reste aujourd’hui pour en profiter une dernière fois.

Tout est contre nous : on est lundi et le lundi en Jamaïque, coupure d’eau à partir de 19h donc ne pas rentrer trop tard pour les douches. On pense y aller tôt mais il pleut tout le matin. Ensuite mal au ventre pour moi puis au tour de Kévin et finalement encore moi. Tant pis je n’écoute pas mon corps, j’ai décidé d’y aller, rien ne nous y empêchera… ni la pluie, ni le mal de ventre, ni même le taxi qui n’arrive pas à démarrer (pendant 10 minutes) ! Re mal de ventre rapide quand on arrive à Long Bay puis la poisse disparaît.

1h de baignade à s’amuser avec les énormes vagues, parfois un peu trop fortes… Je me suis fait peur plusieurs fois, à me retrouver emportée, à rouler dans la vague. Certaines nous claquent violemment le dos et tentent de nous deshabiller. Mais j’avais anticipé ce dernier point et mis un maillot de bain une pièce.

À peine sortis de l’eau, un gars qui avait dû nous repérer, vient nous accoster pour qu’on vienne manger dans son restau. Mais nous on s’en fout, il nous reste 20min avant de rentrer, on a retrouvé nos âmes d’enfants, on veut faire un château de sable. Bon, en 20min il n’est pas top, je suis sûre que je me débrouillais mieux petite, le manque d’habitude sûrement, des capacités qu’on ne pense pas à entretenir…

On arrive à temps pour la douche et le repas que Rastaman nous a préparé.

Le lendemain, c’est le depart. Pendant qu’on savoure le dernier petit déjeuner que Rastaman nous a préparé, il nous tend deux belles ceintures aux couleurs rasta qu’il a fabriqué lui même et qu’il nous offre. Quelle surprise, dans un pays ou rien est gratuit… il doit bien nous aimer et c’est réciproque… On n’a rien à lui offrir en retour mais on compte lui envoyer des photos quand notre voyage sera terminé. Ce qui n’est pas pour tout de suite !

Un bus de 2 heures et un taxi plus tard, nous voilà de retour à Kingston, plus précisément à Kingsworth, le même hôtel que pour notre arrivée, perdu dans les montagnes et rempli de chats 😀

2 nuits et une bonne journée pour nous ressourcer dans ce petit coin de paradis avant de nous envoler vers notre prochaine destination, la Terre de feu… Ushuaïa !

Blue Mountains, journée de m*rde

Première journée en Jamaïque : glandouille. Même après une bonne nuit de sommeil, on préfère se reposer encore. En plus le cadre est idéal : la nature, les montagnes, les chats… Et on a de quoi manger avec les courses que l’on a faites la veille. On fera juste une petite balade autour de l’hôtel pour admirer la vue sur les montagnes.

Deuxième jour : re-glandouille. En fait on avait prévu une balade proposée par le gérant de l’hôtel mais la journée a été reportée au lendemain. Du coup, on décide d’aller faire un tour en ville pour manger et visiter le musée de Bob Marley qui n’est nul autre que sa maison. L’entrée nous coûte 15€ chacun, c’est cher, les Jamaïcains paient 4 fois moins cher. On n’est pas de grands fans de ce rastaman mais il nous intrigue.

Troisième jour, samedi 3 mai 2014, on se lève tôt pour aller au pic de Blue Mountains, une célèbre montagne en Jamaïque parce que c’est le plus haut sommet. Départ prévu à 6h30. A 6h40, Courtney vient toquer à notre porte pour nous signaler qu’on est en retard (détail à retenir pour la suite).
1 heure à bord d’une jeep, c’est mieux pour ces petites routes de montagnes pleines de bosses et crevasses. J’ai l’impression d’être dans un manège à sensation, le danger en plus. On a dormi environ 5h30 mais impossible de somnoler dans ces conditions, il faut s’accrocher. Quand il nous dépose, j’ai l’impression d’avoir déjà fait du sport. Son frère sera notre guide. Courtney nous dit qu’il revient nous chercher dans 7 heures. Quoi ?! On pensait que dans les 7 heures qu’il nous avait dit, il comptait le trajet en voiture, mais non.

L’ascension commence. Lee, le frère de Courtney, commence par nous dire qu’il n’aime pas son frère, qu’il se fait exploiter, qu’il n’est pas heureux et que ça le fait chier de faire cette balade. Ok… Heureusement il sera sympa avec nous malgré tout. Au bout de 15 minutes, on arrive à un panneau. Lee nous explique que Courtney aurait dû nous arrêter ici mais comme il avait un invité à aller chercher, il nous a déposé avant. Donc c’est ici le départ de la grande torture qui va suivre.
La première demie heure est dure, il fait chaud et on ne fait que de la montée. Au bout d’1h30, on arrive dans une petite clairière où se repose un groupe de randonneurs (on n’avait encore croisé personne). Je me dis qu’on est peut être vers l’arrivée… Pauvre de moi ! C’est juste l’endroit où on nous fait payer, 4000 dollars Jamaïcains (JMC) soit environ 30€ pour nous deux, plus cher que ce que nous avait dit Courtney mais bon, on n’a pas vraiment le choix, on n’a pas fait tout ce chemin pour rien.

Notre calvaire continue, à chaque fois on pense être bientôt au sommet mais ce n’est qu’un leurre. On souffre beaucoup, surtout moi. Le chemin est tout de même plus agréable que la première partie, un petit chemin à l’ombre à travers la forêt. Au final, on mettra 2h depuis qu’on a payé. Donc, je vous fais le calcul (pour ceux qui blue mountains peakn’aiment pas les mathématiques), 3h30 de montée ! C’est facile d’écrire ça, tout se résume à “3h30 de montée”… Ouais ben plus jamais ça ! On est à 2 243 mètres et le pire, c’est qu’il n’y a rien à voir ! Le pic c’est simplement un bout de ferraille en forme de pic, aucune vue, juste des petites fleurs bleues, des insectes et le soleil qui tape fort. Il y a également les nuages qu’on voit se déplacer très vite, c’est beau mais tous ces efforts n’en valent pas la peine. Le pire (je peux commencer toute mes phrases comme ça), c’est qu’on n’a emporté que 2 barres de céréales chacun, qu’on a mangé en route et Courtney ne nous a pas prévenu que la balade était aussi longue et qu’il ne nous avait rien prévu à manger.
Une demie heure de pause et nous voilà répartis pour la descente, plus facile en terme d’effort physique mais qui accentuera nos courbatures. Kévin s’était légèrement tordu la cheville à la montée et finit de se faire mal alors que l’on n’a pas encore fait la moitié de la descente.
On ralentit le rythme mais il devra supporter sa douleur jusqu’à la fin. Je m’arrête quelques fois pour prendre des photos, on a parfois des points de vue (voir la photo plus bas), meilleurs qu’au sommet mais qui ne valent pas la vue que l’on a autour de l’hôtel…

2h20 plus tard, on est à l’endroit où nous a déposé Courtney, 7h avant. On est pile dans les temps, parfait ! Courtney n’est pas encore là et Lee veut continuer. On le suit lentement, on s’arrête pour manger des sortes de framboises sauvages. On commence à en avoir marre, on est fatigué, on a faim et Kévin a mal à sa cheville. On arrive devant une maison isolée. Il semblerait que l’on puisse manger de la nourriture typiquement jamaïcaine, ce serait parfait. La femme nous propose des boissons et des petits gâteaux secs industriels. On prend 1 bouteille d’eau et un paquet de gâteaux. Lee prend une boisson et une sorte de brioche. Lee nous dit que cela coûte 500 dollars, on prend l’air étonné, c’est cher. En fait, c’est le tout qui coûte 500 dollars mais notre part n’en coûte que 100. On n’a malheureusement qu’un billet de 500, on ne nous rendra pas la monnaie, Lee nous fait payer sa part sans gène. On regrette d’avoir acheter quelque chose, il nous restait un peu d’eau et les gâteaux n’ont aucun goût, c’est vraiment parce qu’on a faim. Lee discute avec les gens qui vivent ici mais ils ne nous font pas participer à la conversation et parlent un jargon qu’on ne comprend pas.

Courtney a déjà plus d’une heure de retard. Lee veut continuer plus loin sur le chemin mais on refuse de le suivre. On attend, assis sur un banc, mis à l’écart. Pas tout à fait, il y a un chien adorable qui vient nous réconforter. On entend le bêlement continu d’un bouc et celui d’un petit garçon qui lui répond en l’imitant. Un autre enfant joue ou plutôt se torture à faire rouler une roue de 4×4 trop lourde pour lui. Il s’en plaint beaucoup mais continue. Et nous on attend, encore et encore. Quand on décide de rejoindre Lee, on le voit revenir. Il a oublié son téléphone portable à l’hôtel mais il a pu joindre son frère en empruntant le téléphone d’une maison un peu plus loin. Courtney a plus de 2h de retard mais il semblerait qu’il soit sur la route donc dans moins d’une heure il devrait être là. Lee lui a donné comme point de rendez-vous la maison un peu plus loin. On est donc obligé de marcher encore un peu.

blue mountains

On a vu des montagnes beaucoup plus belles mais qu’on n’a pas pu prendre en photo…

On passe le temps à caresser le chat, les chiens, les chiots mais toujours pas de Courtney en vue. Au bout d’une heure, le vieux rasta qui habite ici nous informe qu’il vient d’avoir Courtney au téléphone et qu’il est sur la route… Sauf qu’on nous a déjà dit ça y’a une heure, c’est louche ! On a froid depuis un bon moment, heureusement qu’on a pris nos polaires. Courtney nous avait dit de ne pas les prendre, on a bien fait de ne pas l’écouter. La nuit finit par tomber et on est toujours coincé ici, sans avoir mangé de la journée (à part nos barres de céréales et nos gâteaux secs, pour ceux qui suivent). On finit la brioche de Lee, enfin, la brioche qu’on lui a payée ! Je commence à me demander si on ne va pas passer la nuit ici…

On s’assoupit dehors sur un banc. Les polaires ne suffisent plus, on a très froid et toujours faim. Le vieux rasta nous propose à manger, ça nous coûte 800 dollars chacun. On lui dit qu’on n’a pas d’argent (on essaye de lui faire pitié), il nous dit qu’il s’arrangera avec Courtney. Il nous doit bien ça, non ?! Pendant qu’on mange des légumes et des racines de plantes qu’on ne connaît pas, Courtney arrive enfin. Score final : 4h30 de retard. Pas d’excuses, pas d’explication et en plus il nous presse pour finir nos assiettes en tapotant sa montre, genre on le retarde, comme ce matin ? Alors nous on n’est pas à 4-5h près, par contre lui il est à 10 minutes près. On remonte dans la voiture énervé mais surtout exténué. Courtney aggrave son cas en nous reprochant d’avoir payé trop cher l’entrée pour se rendre au pic, on n’aurait dû négocier au prix qu’il nous avait dit. Le prix était indiqué sur un panneau, comment aurait-on pu deviner qu’on pouvait négocier et ce n’est pas son frère, planté à côté de nous à ce moment là qui nous l’aurait dit ! Au bout d’une heure, quand la route s’améliore un peu, je commence à somnoler. Kévin me chuchote qu’on n’a pas pris la direction de l’hôtel. Mais où va t’on bordel de m…. ! On passe chercher un états-unien qui va loger à l’hôtel (tout comme il aurait dû venir nous chercher à l’aéroport). On se serre à 3 à l’arrière de la voiture, je continue à dormir dans les bras de Kévin. On arrive à l’hôtel à 22h, plus de 15h qu’on est parti depuis ce matin. Je pense qu’on aurait mieux vécu les choses si on avait eu à manger. Ce n’est pas les quelques légumes qui nous auront suffis mais on tiendra jusqu’à demain.

On file à la douche malgré la fatigue. Comme on n’a pas beaucoup de vêtements, je décide de fournir un dernier effort pour en laver quelques uns. Mais impossible, on n’a plus d’eau. En Jamaïque, il y a des soucis d’eau donc ils coupent l’eau régulièrement pour l’économiser. On vivra pas mal d’autres restrictions d’eau.

On se couche énervé, Courtney n’a pas intérêt à venir nous demander de l’argent ce soir. Oui, parce qu’en plus on va devoir payer pour ça !

Le lendemain matin, comme prévu, les courbatures sont bien là, surtout les fesses et les chevilles. J’ai également de gros coups de soleil aux bras.
Courtney nous annonce ce qu’on lui doit pour les nuits et la journée d’hier. Après réflexion, il reprend sa feuille et nous rajoute le repas qu’il nous a payé la veille. Là s’en est trop, même si je n’arrive pas bien à m’exprimer en anglais, je lui fais comprendre avec l’aide de Kévin qu’on ne voulait pas manger là bas mais qu’il ne nous avait pas prévenu qu’on n’aurait pas à manger et qu’il aurait 4h30 de retard ! Voilà pourquoi on s’est dit qu’il paierait. Sur le coup il prend l’air surpris, limite à rigoler et puis comme on insiste et qu’il voit qu’on n’est pas content, il finit par barrer le repas. Au final, on paye cette randonnée 15 000 dollars jamaïcains soit 100€ ! Pas la peine de vous dire ce qu’on en pense…

Programme de la journée : on veut partir pour aller à Port Antonio. Courtney nous propose de nous y emmener pour 60€, bien plus cher que les bus mais il nous fera une visite des côtes. Sur le coup, je n’ai pas envie de me retrouver encore avec lui mais après réflexion, on se dit que ce sera plus simple que d’aller chercher un bus on ne sait où avec nos gros sacs, les courbatures et la chaleur. Nous voilà partis, on passe encore sur de très mauvaises routes mais la vue est extraordinaire. Au milieu des montagnes à perte de vue, la végétation est impressionnante, il y a de très grands palmiers qui dépassent par endroit. J’essaye d’immortaliser ces images dans ma tête, frustrée de ne pas pouvoir prendre de photos.
Finalement, on a payé 45€ de plus qu’un bus pour seulement s’arrêter une fois pendant 5 secondes, sans descendre de la voiture, pour faire une photo de la mer… Ça fait cher la photo !

On arrive bientôt à Port Antonio, la suite déjà écrite par Kévin. On n’a pas souvent Internet donc on a pleins d’articles de retard… Le côté positif c’est que si vous lisez ces lignes, c’est qu’on est toujours vivant plusieurs jours après.