Castro, ses maisons colorées et la pluie

Nous sommes le 3 juin 2014 – Bonne fête Kévin 🙂

Nous ne sommes pas encore sortis du terminal de bus qu’un homme nous aborde pour nous faire la publicité de plusieurs hôtels (ça devient courant comme démarche). On prend ses prospectus et on commence par aller à l’office du tourisme. On ressort, un plan de la ville à la main, c’est parti pour la recherche d’un endroit pour dormir. Premier hôtel, pas de chauffage dans la chambre (classique), ça devient un critère éliminatoire. Le deuxième, il y a un chauffage, froid. Je demande s’il fonctionne. La dame, peu souriante, me répond qu’il fonctionne de 19h à 23h. Bon, on n’a pas envie de faire le tour de la ville avec nos gros sacs. On se pose donc à l’hôtel Don Miguel.

Il est 16h, on a encore le temps de profiter de cette belle journée (assez rare qu’il y ait du soleil ces derniers jours). Avant de quitter l’hôtel, la réceptionniste, toujours aussi peu souriante, veut qu’on lui paye nos deux nuits. D’habitude on paye avant de partir mais pourquoi pas. Voici le discours qui s’en suit :
Moi : Peut-on payer en carte bleue ?
La dame : Oui, mais je préfère en liquide.
Moi : Et nous, nous préférons en carte bleue. (Avec un petit sourire qui va bien).
-Silence-
Moi : Donc ? C’est possible en carte bleue ?
La dame : Non. En liquide.
Moi : On n’en a pas, il faut qu’on aille en retirer.
Je pensais qu’elle céderait en voyant qu’on ne pouvait pas payer tout de suite mais non, elle nous laisse partir et nous dit qu’on payera après. Tant pis, on ne compte pas lâcher l’affaire, elle nous connaît mal.

castro maisons coloreesOn se balade dans la charmante ville de Castro. Il y a pas mal de vieux bateaux, on a une vue sur des montagnes et  les palafitos (maisons sur pilotis) aux couleurs vives qui se reflètent dans l’eau. Ce dernier point me rappelle un peu l’île d’Oléron, de bons souvenirs. Une ville calme et très agréable.

Avant la tombée de la nuit, on fait quelques courses et on retourne à l’hôtel. On se pose devant la télé dans notre chambre. Une chaîne diffuse en continu pleins de films connus (que je n’avais pas vus, contrairement à Kévin qui les connaît tous). Du coup, je me laisse embarquer dans un film puis un deuxième… Tout en anglais sous titré en espagnol, un système qui me convient bien pour comprendre. Après nos douches, on descend pour se faire à manger. La maîtresse de maison nous a dit qu’on n’aurait pas de petit déjeuner mais qu’on avait une cuisine à disposition. Il est bientôt 22h et quand elle nous voit se diriger vers la cuisine, elle ouvre de grands yeux et s’exclame : “il est trop tard pour cuisiner !” Elle nous laissera tout de même faire nos pâtes tout en précisant que la cuisine est à disposition jusqu’à 20h. Seulement 20h ! Depuis le début de notre voyage, on est habitué aux cuisines qui ferment vers 23h voire minuit. Dans la cuisine, il fait super froid (autant qu’à l’extérieur). C’est donc en grelotant qu’on s’active à cuisiner et manger. J’aperçois un chaton dans la pièce. La maîtresse de maison, toujours aussi froide, reste de marbre face à mes sourires, prend le chaton et l’enferme dans une autre pièce. Si tu n’es pas heureuse dans ta vie, pas la peine de nous le faire subir… 

Le lendemain matin, le réveil sonne. On doit prendre un bus pour aller au parc national de Chiloe. Nous avions prévu l’horaire du bus mais pas qu’il pleuvrait des cordes. De la fenêtre de notre chambre, on a une très belle vue. La pluie ne s’arrête pas ce qui ne nous motive pas à nous lever. Enlacés bien au chaud dans le lit, on commence à regarder un film “The Island”, plutôt captivant. Le temps passe, trop tard pour le bus que l’on avait prévu. Le temps ne s’arrangera pas d’après la météo. On décide donc d’annuler nos projets et de paresser un peu. La maîtresse de maison frappe à la porte en fin de matinée. Que veut-elle… J’ouvre la porte, méfiante. Elle s’est levée du bon pied et nous apporte un chauffage d’appoint pour nous réchauffer. Une gentille attention car il fait assez froid.

castro kevin poncho

Un SDF, seul sur son banc…

Le film fini, on se prépare enfin et on sort pour manger et finir le tour de la ville. Il pleut toujours, nos ponchos sont efficaces et nous tiennent au sec, mieux qu’un parapluie. On s’arrête pour manger des empanadas à la viande. On marche quelques minutes avant que je m’arrête net devant une vitrine. J’ai encore un peu faim et je suis face à des gâteaux appétissants. On se pose donc à une table avec une grosse part de gâteau aux noisettes, une boule de glace à la vanille et un milkshake, mmh… En même temps, on peut se faire plaisir, on dépense 30% de moins par jour que prévu ! Ici, les transports ne sont pas chers (3€ pour 1h30 de bus) et on mange une empanada pour 2€ environ.

Notre moment gourmandise finit, on continue notre balade. Même sous la pluie, la ville est jolie et sympathique.

On rentre à l’hôtel, la dame est un peu moins froide, nous n’avons toujours pas payé, aurait-elle oublié…?

Le lendemain, on aurait presque pu partir sans payer mais bon, on est honnête ! La femme de ménage faisait la gueule dès notre réveil, on ne saura pas pourquoi… Bref, on a payé mais en carte bleue comme on voulait et c’est sous un ciel bleu et un grand soleil qu’on quitte Castro.

Au fait, à propos de la photo, avez-vous vraiment cru que c’était un SDF où avez-vous reconnu mon beau Kévin emmitouflé sous son poncho ?

Ancud, première étape de Chiloe

En sortant du terminal de bus on tombe sur un gars peu rassurant à l’arrêt de bus :
– “Faites attention, la ville est dangereuse. Pas pour les habitants, mais pour les touristes.”
Je me rappelle d’Oscar, le père de famille à Puerto Natales disant que tout le Chili était sécuritaire. Qui croire ? Dans le doute, nous redoublerons de vigilance.

Un taxi nous dépose sur la place principale d’Ancud, lieu apparemment rempli de part et d’autre d’auberges et d’hôtels. Le premier hôtel devant lequel nous sommes est fermé. Chargé comme des bœufs, on fait les alentours de la place, mais on ne trouve rien d’ouvert, la poisse !
On s’aventure dans une rue sur conseils de passants et de panneaux qu’on croise. On finit par tomber devant une auberge qui semble ouverte. On sonne, rien. Deux minutes s’écoulent, on insiste car il y a de la lumière à l’intérieur. Soudain, frayeur, “Aaaaah !”. Une vieille nous regarde par la fenêtre collée à moi. On entre, on est enfin au chaud. Au chaud ? Pas totalement.

Isabel et Ernesto sont un vieux couple qui font maison d’hôte. Leur capacité d’accueil doit être de bien 15-20 personnes, la maison est très grande mais eux, ils n’utilisent qu’une partie de l’étage supérieur. Leur cuisine fait office de salle à manger et est collée à leur chambre. Cette pièce est d’ailleurs la seule chauffée par un poêle central.
Nous sommes les seuls hôtes, pas étonnant car en saison creuse. Ils sont adorables, bien qu’on ait du mal à les comprendre par moment, surtout quand Ernesto part dans un monologue de 20 minutes sur l’économie du pays, les problèmes avec l’Argentine, une sorte de guerre froide en Amérique du Sud etc. Le soucis c’est qu’il parle trop doucement et mâche ses mots, sans compter qu’on ne peut pas en placer une. Il nous a pourtant demandé juste avant de débuter son discours si on parlait espagnol : “oui, un peu” lui a t-on répondu. Ce sera d’ailleurs sa seule curiosité à notre propos. Difficile de le suivre, mais on comprendra tout de même 2 ou 3% de ce qu’il raconte. C’est pas que l’économie chilienne nous ennuit, mais on voudrait diminuer d’un cran le niveau de discours, Manon lui demande si il a des enfants, ce à quoi il répond affirmativement puis sort de la pièce en nous disant qu’il revient, sûrement avec des photos. Mais non, il rapporte des cartes de visite de l’auberge et repart dans son interminable discours économico-historique. Bref, on arrive à fuir poliment au rez-de-chaussée et retourner à la chambre.

Aucune idée de la température dans la chambre et la salle de bain que nous utilisons, mais à la vue de la fumée provoquée par notre simple expiration, je dirai 10°C maximum. Bref, on s’est bien gelé sous la douche et dans la chambre.

Un petit coin de Paradis... en été !

Un petit coin de Paradis… en été !

Le lendemain matin au petit déjeuner (à 11h30, classique), devant la télé nos 2 petits vieux s’endorment assis, pendant que nous mangeons le plus silencieusement possible pour ne pas les brusquer. On visite ensuite la ville sous une fine pluie, ce qui n’enlève à première vue rien à sa beauté. L’office du tourisme nous contredit l’homme de la veille : Ancud n’est pas dangereux du tout. On visite des ruines d’un fort nommé San Antonio (encore un avec ce nom ! Pour ceux qui se rappellent de Campeche au Mexique). Les maisons sont particulières ici, très colorées, la ville est mignonne et agréable. Durant tout ce trajet on fait le tour des auberges et hôtels à la recherche de chauffage pour la prochaine nuit et on s’aperçoit qu’il n’y a JAMAIS de chauffage dans les chambres ou les maisons ! Seule une pièce, avec un poêle central. En fait les maisons ne sont pas vraiment équipée, et ils n’ont pas -forcément- de chauffage d’appoint. On commence à repérer au premier coup d’œil si il y a du chauffage ou non : l’hôte qui nous accueille porte t-il ou non un blouson ?

Après avoir fait un bon tour de la ville, on finira par trouver notre chambre chauffée : l’hôtel devant lequel nous avait déposé le taxi la veille est désormais ouvert, ce sera notre lieu de migration.

On profite de cette journée pour goûter des empanadas, nourriture plutôt typique dont on tombera amoureux rapidement. C’est bon, ça cale, et c’est pas cher !

La nuit sera réparatrice, “de quoi” me direz-vous ? Et bien disons que bouger chaque jour depuis presque une semaine, ne pas avoir de stabilité ne serait-ce que 2 nuits de suite nous fatigue pas mal. Ajoutez à cela le manque de certaines choses clés de type : avoir chaud -indispensable non seulement pour le moral, mais aussi pour sécher nos vêtements !-, avoir un vrai lit, rencontrer des gens sympas, voir le soleil, faire de vraies nuits, bref, un ensemble de chose que nous apporte cette journée, cette soirée à Ancud.

La vue admirée grâce au petit vieux bizarrre et adorable de l'hôtel, Sergio

La vue admirée grâce au petit vieux bizarrre et adorable de l’hôtel, Sergio

Le lendemain matin midi, je vais pour payer l’hôtel quand un vieux en face de la réception demande de l’aide à Manon. Puis elle me lance : “Kévin, problème ordinateur”, j’y vais et aide le papi en 2 temps 3 mouvements.

Il nous montre -peut être en guise de remerciement- quelques objets saugrenus et naturels -genre des œufs d’insectes enfermés dans une coquille de terre qu’il agite- et nous propose de nous montrer une belle vue depuis une colline, proche d’ici en voiture. On le suit, et il nous montre, effectivement, une très belle vue. Gros plus : aujourd’hui le ciel est dégagé et le soleil est de la partie (soleil + gens sympas = moral +++). Toujours aussi adorable, tout en nous racontant quelques légendes de l’île, et qu’un de ses amis est un extra-terrestre -je déconne pas quand je raconte ça, et lui non plus quand il le disait !- il nous déposera au terminal de bus, où on s’enfilera chacun une nouvelle empanada avant de prendre le bus en direction de Castro, la capitale de l’île.

El Chaltén, le cul de sac hivernal

Mardi 27 mai, 8h, nous voilà en route pour El Chaltén, à 3h de route de là. Pas tout à fait 3h en réalité, car entre les pauses interminables du chauffeur, la roue crevée qu’il changera, et les chiens errants qui monteront dans le bus, on aura un peu de retard, mais beaucoup d’animation !

En arrivant sur ledit lieu, soyons honnête, le temps est plutôt pourri. Comme d’habitude on demande à l’office du tourisme quelques endroits pour se loger. La femme -vous remarquerez qu’on se fait souvent conseiller par des femmes- nous indique sur notre carte les auberges ouvertes. Après être passé devant 3 auberges ouvertes, en réalité fermées, on décide de ne pas se risquer dans l’auberge pas cher qui pue la pisse -au premier degrés- que l’on vient de visiter, et on tape dans un hôtel bon marché et nickel.

Moment planification : quand et comment repartir au point suivant ? On retourne au terminal de bus. Surprise, la route pour aller au nord est fermée durant l’hiver car il n’y a personne qui l’empreinte -sauf nous-. Il faut donc retourner à El Calafate -à 3h au sud si les roues ne crèvent pas- pour reprendre un autre bus qui contourne cette route. *respiration profonde* après avoir pesté contre ce système débile, on décide de profiter à fond jusqu’au lendemain après-midi.

Il est 14h, tout ce que l’on peut faire avant que la nuit tombe -d’après notre conseillère à l’hôtel- ce sont les miradors du coin, environ 2h de marche. Sauf que, rappelez-vous, le temps est pourri, mais pas pourri genre il pleut, mais genre la ville, enclavée de montagnes, est surplombée d’un nuage géant. Les miradors sont bien sûr plongés dans les nuages, mais c’est soit ça, soit… rien !

La superbe vue sur la ville de El Chaltén

La superbe vue sur la ville de El Chaltén

Et vas-y Tintin qu’on se tape deux heures de trek, on mettra moins de temps que prévu, en revanche on verra ce qui était prévu : rien. Au moins on aura tenté ! En redescendant -tel des gazelles- on s’arrête au centre d’info du parc national, là le gardien nous dit que vu l’heure on a le temps d’aller voir une cascade à environ 1h de marche, soit 4km, pour le reste c’est foutu, il sera 18h et il fera nuit ! Pourquoi pas, j’ai les pieds défoncés mais vu qu’on repart le lendemain, faut en profiter !

Pour atteindre cette cascade il faut en fait longer la route, ce qui n’est pas top en randonnée, mais toujours mieux qu’avoir des pierres dans tous les sens quand vous avez mal aux pieds. 16h20 on décolle, je souffre, puis Manon aussi, nos petits sacs de trek nous paraissent tel des boulets sur le dos, mais on arrivera à cette cascade 1h plus tard. Franchement, on doit pas avoir le même sens du “kilomètre” car quand vous voyez un panneau “1km” et marchez pendant 25min hein….. Bref, je pense honnêtement -et sans écouter mes pieds- qu’on a frôlé les 6km. La cascade n’était pas magnifique, contrairement à la vallée que nous voyons sur le trajet, avec son fleuve zigzaguant au milieu. Le retour sera douloureux, mais tel des Saint-Bernards, courageux et endurants, nous arriverons à destination sains et saufs, et juste avant la nuit.

Le lendemain matin, un petit déjeuner copieux nous attend, et tant mieux, car ensuite on décolle pour une randonnée de 4h -annoncée à 2h l’aller- pour admirer la Laguna Capri. La veille le gardien de parc nous avait vendu du rêve en nous disant que c’était assez plat, seulement un peu de pente au début. Dans la réalité, après 1h de pente nous rappelant parfois Blue Mountains en Jamaïque, on désespère.

Laguna Capri

Laguna Capri, cherchez Charli

La végétation est assez pauvre, ça donne un côté steppes arides aux montagnes, tout est très jaune, la saison y est pour beaucoup certes, mais il y a surtout beaucoup d’arbres morts, de zones dites en “récupération”. On croisera des cousins de Woody Woodpecker. Tel des loups chassant leurs proies, notre énergie fulgurante nous permis d’atteindre ladite lagune en moins de temps que prévu. Elle était mieux en photo -quand il fait beau- ! On en profite pour également admirer les glaciers environnants, ça vaut le coup, y’en a partout. Ça aurait été encore mieux de plus près, mais c’est à 3h “aller” de là où nous sommes. On prend le chemin du retour, sous la pluie. Sur le trajet aller, après une heure de marche nous avions inscrit dans la terre sur un côté du chemin “MK 1h”, indice précieux pour se rassurer durant le retour de “on arrive quand putain ?”. En repassant dans ce coin, d’autres randonneurs nous avaient copiés, mais eux, on n’arrivait pas à les lire. Rapides et agiles, tel des rapaces, nous parcourons le chemin inverse en moins de 1h30 -en même temps : en descente et sous la pluie, ça motive-.

Cousin de woody woodpecker

Cousin de woody woodpecker

A 17h on reprend un bus increvable direction El Calafate, où nous retournons dormir à la même auberge que précédemment, et dans la même chambre (et à nouveau seuls !). On est content car quand on quitte un lieu, on se dit qu’on ne le reverra pas de si tôt, mais retourner 36h plus tard dans un endroit qui nous a plu nous réchauffe le cœur, tel le ronron d’un gros matou tout doux.

Jeudi 29, nous quittons en fin d’après-midi El Calafate. On espère ne pas se retrouver dans un autre cul de sac, surtout qu’on part pour 27 heures de bus -j’ai bien écrit 27h, oui-. Je publie en réalité cette article juste avant qu’on parte. Oups, changement de plan. En se réveillant jeudi, à 9h, coupure d’électricité… Dans toute la ville ! Du coup impossible de décharger nos appareils numériques, impossible de publier cet article et le plus grave : impossible de prendre nos billets de bus.

En arrivant au terminal de bus, la femme du guichet nous annonce le prix des billets, la conversation ressemblait alors à ça :
– Ça fera donc 210€.
– On ne peut pas payer en CB bien sûr ?
– À cause du problème d’électricité, seulement en espèce.
*qui se balade avec autant d’espèce sur lui sérieux ?*
– Oui mais on n’a pas assez en espèce et forcément on ne peut pas retirer aux distributeurs, donc on pourrait payer à une ville intermédiaire ou bien à l’arrivée, on l’a déjà fait de Rio Grande à Punta Arenas.
– Mais ce n’était pas avec notre compagnie, avec nous ce n’est pas possible de monter dans le bus sans avoir payé, ceci pour des raisons de sécurité.
*ah ben oui c’est dangereux de monter sans payer, c’est sûr*
– Donc si il n’y a pas d’électricité pendant 3 jours on ne peut pas quitter la ville ?
– Je suis désolée ce n’est pas de notre faute.
*t’as raison, fuis le problème !*

Elle ne voulait rien entendre et repartit piailler avec ses collègues dans le bureau voisin. Avec Manon, on est en ébullition. On se voit déjà se foutre sous les roues du bus. 20 minutes plus tard, soit 15 minutes avant que le bus ne parte, une autre guichetière arrive, on lui saute dessus ! Elle nous baratine la même chose, puis on lui lance :
– Et sinon, on peut prendre en espèce un billet jusqu’à la prochaine ville, Rio Gallegos, à seulement 4h, et à ce moment payer un autre billet pour aller à Bariloche ? (Bariloche c’est le terminus du bus, à 27h de là, d’où on prendra un autre bus pour rejoindre l’île de Chiloé)
– Ah ben oui.
– Ben voilà, y’a une solution vous voyez.

Ce qui nous a le plus gonflé, c’est qu’en plus d’être intransigeantes, de n’avoir aucun côté humain, elles n’ont même pas essayé de trouver une solution pour nous aider, alors qu’elles n’avaient que ça à faire, et préféreraient piailler entre elles. On se croyait presque en France ! 😉

Bref, au final, le croirez-vous, ça nous est revenu moins cher de payer en liquide le trajet jusqu’à la première ville et en CB la suite. Allez savoir le pourquoi du comment !

Et vous savez la meilleure ? Sur le trajet, on croise une femme ayant eu une panne de voiture au milieu de nulle part. Elle montera dans le bus et ils la feront payer ensuite… J’ai presque envie de dire : LoL.