Lima, dernière étape de cette aventure 2014

On arrive à Lima le 18 août 2014 à 20h30.
On décolle le 20 août à 9h25.

Entre temps, on a nagé avec des dauphins, fait un trek en pleine nature, et fait du sandboarding ! Non je déconne, bien sûr on n’a rien fait de tout ça, Lima c’est une méga grosse énorme capitale où on n’a pas vu le ciel une seule fois, juste une nappe grisâtre nuit et jour, je crois qu’on appelle ça la pollution, bien que le taxi auquel j’ai lancé “hey c’est trop pollué ici” ait répondu que c’était comme ça que l’hiver, que c’était normal, que c’était pas la pollution. Et mon cul hein ? Non il avait peut-être raison, mais bon.

On est arrivé avec 3h de retard en réalité, histoire de ne pas changer les bonnes habitudes. Vu qu’il était tard on a préféré annuler notre ultime couchsurfing prévu pour une raison évidente : on n’aurait pas pu profiter de lui, or le couch on le fait plus pour profiter des gens que profiter de leur lit gratuit.

Déguisé en péruvien, je me fond même dans le décors

Déguisé en péruvien, je me fond même dans le décors

On galère ensuite à trouver un hôtel, mais bon, vous vous doutez bien qu’on en a trouvé un. Plutôt cher, enfin, 100 soles la nuit, soit 29€. Oui, à peu près le même prix que notre premier hôtel au Mexique, que l’on avait trouvé pas cher. C’est fou comment notre sens de la valeur de l’hébergement a changé en quasi 5 mois. Mais bon, on est dans un hôtel plutôt cool, on a l’impression d’être limite dans le luxe : eau chaude à volonté et wifi fonctionnant impec !

Le lendemain est notre seule journée pour profiter de Lima. Après 12h de sommeil, je me lève ; j’avoue que j’ai un peu entaché cette journée, de toute façon le temps est “nuageux”. Manon elle est réveillé depuis déjà 4h, trop excitée de rentrer en France. On sort faire un tour à la place des armes. Le taxi qui nous dépose nous dit de redoubler de prudence. On redouble donc de prudence. Les péruviens sont voleurs, et apparemment c’est pire ici. Je vous rassure tout de suite, on ne s’est rien fait piquer !

On passera la journée autour de la place des armes avec des activités reposantes et gastronomiques. Une partie d’échecs, quelques boutiques (j’ai trouvé tes bonnets Julien, tu vas être content ! Par contre ils me plaisent, donc pas sûr que je te les donne, tu vas être moins content !), et on a goûté des spécialités culinaires midi et soir, Lima étant réputée pour sa bouffe. L’idée était plutôt bonne à la base, mais débuter sur une entrée qui vous arrache la bouche en était une moins bonne, mais bon, on est là pour tester !

Le lendemain on doit se lever à 5h du matin, du coup, il faut se coucher tôt. À 1h30 je m’endors profondément, on se lève, on arrive à l’aéroport et… tout se passe bien ! Quoi, l’article est bâclé ? Meuh non, y’a juste pas grand chose à raconter, Lima fut calme, couchsurfing annulé, l’aéroport se passe à peu près bien, on rentre en France et on est content, oui, content ! Enfin, les 5€ le sandwiche nous ramènent à la triste réalité des prix français et de l’euro. De plus on revient avec tous nos vêtements ! Tous ? Non, en fait Manon a oublié des chaussettes qui séchaient dans le dernier hôtel… La haine ! Une fois en France on demandera peut-être à l’hôtel si ils acceptent gracieusement de nous les renvoyer. Manon imagine déjà qu’il vont répondre : “Des chaussettes ? Ah non, on n’a rien vu !”

Mon dernier trek, en pleine capitale et en solo svp ! Récompense : un train.

Mon dernier trek, en pleine capitale et en solo svp ! Récompense : un train.

Longtemps j’ai eu un peu peur de ne plus apprécier les derniers moments que nous allions vivre loin de la France, un peu comme quand on apprécie plus les derniers jours de nos 2 semaines de congés d’été, mais là on a très bien profité jusqu’au dernier trekking !

Une conclusion sur le Pérou, puis une conclusion globale sur ces 5 mois en Amérique latine et enfin le budget total dépensé par catégorie (on a été rigoureux ^^) seront prochainement publiés. Ah, et il y aura aussi un article bonus !

Le vol de nos vêtements et les alentours de Cusco

À 22h on rentre du Machu Picchu, bien crevé. On laisse Florian puis on fonce récupérer nos sacs dans l’ancien hôtel pour se diriger vers le nouveau. Au passage on prend des trucs à manger, (Florian a eu la bonne idée de nous indiquer que le Mac Do était sur notre trajet !). Le nouvel hôtel est un peu perché, y accéder n’est pas chose facile. Ouf, nous voilà enfin posé : manger et DODO !

On ouvre nos sacs, je lance à Manon : “hey, mon T-shirt marron était sur le dessus, j’en suis certain vu qu’il était encore humide je l’avais mis ainsi, et je le vois plus.”

“Attends Kévin je sais pourquoi”, s’exclame Manon. Je m’enthousiasme à l’idée qu’il soit dans le sien.
Elle bondit : “Mon sac a été fouillé, tout est en bordel jusqu’à la moitié, ils ont tout touché, et il me manque mon autre pantalon”.

Ô desespoir. Le repas passe moyen dans nos estomacs resserrés, on retourne directement à l’ancien hôtel, à 10 minutes d’ici.
Le gardien de nuit nous ouvre (il est déjà 23h). On lui explique le problème, il affirme que ce n’est pas possible la nuit, il est tout seul ici. Bref, il fait le gentil, rassurant, tout le contraire de 2 jours plus tôt quand il m’a croisé dans la cuisine en train de faire des pâtes et qu’il ne savait pas qu’on avait l’autorisation. Il nous dit de revenir le lendemain matin car les autres réceptionnistes ont les accès pour visionner les vidéos, car oui, dans notre malheur c’est un hôtel où il y a des caméras partout. Sur ce, on part, mais j’aime bien les choses carrées, et le gars ne m’inspire pas, on interpelle donc la police depuis la place des armes de Cusco.
On leur explique l’histoire, et on retourne avec eux à l’hôtel. L’attitude du gars de la sécurité change. Il est beaucoup plus gêné, stressé, mais leur débite le même discours.
Les flics nous emmènent faire une déposition au poste. Ils écrivent tout à la main, c’est long, on rentrera à l’hôtel à seulement 2h du matin, après avoir conclu qu’on retourne à l’ancien à 7h pour visionner les vidéos avec la police. Après cette énorme journée petit moment de bonheur : prendre une douche ; mais ça ne sera pas possible car la pression d’eau n’est pas assez puissante à certaines heures -dont la nuit- pour atteindre le 3ème étage de l’auberge. Du coup, petit dodo, sale.

Après à peine 5h de sommeil, la fatigue accumulée se ressent, les courbatures des jours précédents nous disent “Coucou !”, mais à 7h on est bien à l’hôtel, beaucoup trop stressé, angoissé et énervé pour dormir. Sur le fond c’est qu’un T-shirt et un pantalon. Mais l’acte même de se faire voler, se faire fouiller la seule maison que l’on a depuis 4 mois, c’est pas facile à encaisser, je dirais même plus, c’est assez difficile.

La belle place sans ombre de Cusco

La belle place des armes sans ombre de Cusco

Bref, à l’hôtel la femme de la réception, qui est la seconde du propriétaire, affirme que seul ce dernier a le mot de passe pour accéder aux vidéos. Déjà la veille le gardien avait essayé de le joindre, mais ça paraît mission impossible car il est en vacances à Lima, et ils ne savent pas quand il revient. C’est fou. Propriétaire de plusieurs hôtels et le gars est injoignable. La femme de la police judiciaire nous explique qu’il n’y a pas grand chose à faire tant que le propriétaire ne coopére pas. Il est d’ailleurs connu pour ne pas coopérer facilement. C’est plutôt balo.
“Et si il meurt, y’a aucune solution de secours pour visionner ces vidéos ?” lui lance t-on exaspéré.
La femme de la réception dit qu’elle va convoquer tout le personnel et nous tenir au courant.

On rentre à l’hôtel, et vous vous doutez que notre journée est très très moyennement productive, physiquement parlant en tout cas, car le cerveau lui, il fuse. En réfléchissant on se dit que le coupable est très certainement un employé, et qu’il devrait rendre les affaires en espérant qu’on retire la plainte. En effet, un touriste n’a pas accès à cette salle et n’aurait pas volé juste 2 vêtements, n’aurait pas pris le temps de tout enlever du sac et tout remettre correctement. Seul un membre du personnel de l’hôtel a pu prendre ce temps, un personnel qui a les clés, et qui pensait qu’on partait de la ville vu qu’on n’avait pas réservé d’autres nuits, un personnel qui ne pensait pas qu’on s’en rendrait compte et pensait qu’on ne reviendrait pas pour ça et encore moins avec la police. Quelqu’un comme le personnel de ménage qui manque d’argent alors qu’il a un travail prendrait-il le risque de le perdre ? Ou plutôt le type de nuit qui aurait voulu se venger de notre présence dans la cuisine et le ton froid avec lequel je le remballais, qui avait le temps vu que la nuit il n’y a pas beaucoup de passages et qui paraissait stressé devant les policiers ? Nos soupcons portent sur lui, mais on garde ça pour nous.
On retourne au lit, exténué. Anecdote classique ici, il ne faut pas lâcher ses affaires dans n’importe quelle lingerie. On récupérera les nôtres en fin de journée lavées uniquement à l’eau, résultat, ça sert pas à grand chose, mais ça coûte 3€. Cette première fois en laverie sera donc une dernière, mieux vaut continuer à tout laver à la main.

Le mercredi 6 août 2014, on toque à notre porte dans la matinée. C’est la femme de l’ancien hôtel qui cherche à nous joindre et a donc appelé le nouvel hôtel. Elle voudrait que l’on vienne. Hop hop hop, on sort du lit et 15 minutes plus tard on se retrouve devant elle, nous expliquant que les personnes faisant le ménage ont dit avoir trouvé des vêtements dans la chambre 301.
“On sait tous les 3 que c’est faux n’est-ce pas ?”.
Elle nous montre un premier sac avec un pantalon qui n’est pas à nous. Serait-ce un test qu’elle nous fait passer ? Mon cœur bat la chamade, au deuxième sac : mon t-shirt suivi du pantalon de Manon, explosion de joie intérieur !
Elle nous demande de retirer la plainte pour l’image de l’hôtel, qu’elle va s’occuper du coupable et qu’il ne travaillera plus ici dès demain.
Elle dit que le coupable est une personne qui a besoin d’argent, et qui n’est là que depuis 2 semaines. D’un air désintéressé je demande si c’est un garçon ou une femme. En réalité je sais très bien que seul UN garçon travaille ici 🙂
Elle s’embrouille un peu, semble incertaine, puis répond qu’elle ne sait pas qui est le coupable, elle n’a que des suppositions, qui seront confirmées quand elle verra les vidéos. Manon semble ok pour retirer la plainte, en revanche la femme voit bien que je ne suis pas chaud du tout. Il y a un voleur dans cet hôtel et je veux être certain qu’il ne recommencera pas. La femme a beau être gentille, on pense aux futurs touristes, on laissera donc la plainte afin que la police poursuive la procédure judiciaire, visionne la vidéo et coupe les mains du voleur pour que justice soit faite.

Bon et sinon Cusco c’est comment ? La ville est plutôt jolie -commentaire très objectif bien sûr-, bien que lors de notre passage, des axes principaux du centre ville soient en GRAND CHANTIER. Autour de la place des armes on se fait littéralement emmerder chaque mètre pour des excursions par-ci par-là, mais surtout pour aller faire le Machu Picchu. Bizzarement, les racoleurs ne nous ont plus proposé d’excursions pour le Machu Picchu après qu’on y soit allé. Nous devions probablement suite à notre trek, dégager des essences spirituelles que seul le peuple de Cusco peut ressentir. On tente aussi de nous vendre des tas de bricoles inutiles, mais ceci est assez redondant dans les grandes villes peruviennes apparemment -c’était pareil à Arequipa.

Soulagé d’avoir récupéré nos vêtements, on se sent déjà plus apaisé et on ne sera pas laxiste aujourd’hui. Programme de cette journée qui commence bien : visiter les ruines les plus proches de la ville, et en mode “sans excursions”. On profite du petit déjeuner de l’hôtel à volonté avec vue sur la ville histoire de prendre des forces ! En début d’après-midi, après avoir vérifié avec l’office du tourisme comment s’organiser, on choppe un bus de ville allant à la ruine la plus lointaine (à 30 minutes de là), elle s’appelle Tambomachay. Pour accéder aux sites de la journée, on achète dès le premier un ticket dit “partiel” à 70 soles (20€) chacun. Le billet “total” à 130 soles permet de visiter encore plus de ruines, plus lointaines, mais on se dit qu’on manquera de temps les jours suivants.

Une rue de Cusco avec son vendeur. Une vue classique ici

Une rue de Cusco avec son vendeur. Une vue classique ici

Ce premier site, Tambomachay -photo tout en haut de cette article-, c’était une sorte de station balnéaire Inca. On se sent déjà fatiguė en montant la bute permettant de découvrir tout le site, il semblerait qu’on ait encore du Machu Picchu dans les pattes ! En même temps quelle idée d’aller se percher à chaque fois !
A 10 minutes d’ici en marchant, on découvre le second site, une place forte Inca nommée Pukapukara. Tout ça se visite très vite, les sites sont assez petits. En s’attardant : 10 minutes et le tour est fait.

À la sortie, un gars nous aborde, très sympa, et nous confirme comment rejoindre le prochain site : soit marcher 1h, soit prendre un bus. Le choix est vite fait, et 10 minutes plus tard on est à Q’enqo. A l’entrée, un guide propose ses services : “Ce site est très important et intéressant, les incas y faisaient des sacrifices pour les dieux, sur la pierre centrale”. Bon, ben du coup on sait l’essentiel non ? Merci ! Ce site est encore plus petit, on en sort et une femme du parc archéologique débauchant nous propose de nous accompagner vers le prochain site. Elle nous montre la voie, on continue seul, passant sur de grandes plaines avec moults personnes jouant aux cerfs-volants. D’un côté le site que nous cherchons, de l’autre la statue San Cristobal, comme celle de Rio de Janeiro. L’accès est gratuit ? Et ben petite boucle pour la voir de plus près, et admirer la vue sur la ville de Cusco puis nous recoupons à travers champs pour accéder au dernier site prévu : Saqsayhuamán.
Des blocs de pierres impressionnants, mais les derniers jours de fatigue se ressentent, et on fait l’impasse sur le fait de monter sur une quelconque bute pour admirer le site entier. D’autant plus que ce site, contrairement aux autres, est très grand, mais surtout envahi de touristes ! On se contente de marcher sur du plat dans ce dernier lieu Inca, puis nous regagnons Cusco en contrebas. Pour info, faire cette journée de visite par nous même plutôt qu’en excursion nous a coûté (hors billet d’entrée) 1€ à 2 au lieu de 20€.

Petite anecdote du soir. En remontant la longue pente menant à l’hôtel, dépité de ne pas avoir trouvé de pain, on apercoit une femme avec plein de pain, rentrant probablement chez elle. On lui demande où elle l’a trouvé, elle nous répondra que tout est fermé à cette heure là et nous donnera gracieusement un des siens. Les petits gestes qui nous surprennent, les Peruviens sont parfois louches, et d’autres fois très adorables. 🙂

Le 7 août sera une journée de repos, histoire de se remettre physiquement et de toute façon, ça pleut ! On a bien fait de pas aller visiter les ruines encore plus lointaines. Le lendemain, on recroise une ultime fois Katia et Julien, les 2 français qui nous avaient conseillé l’hôtel où nous sommes. Avant de partir de l’hôtel, (ou plutôt l’auberge d’ailleurs) le personnel qui s’en occupe est une fois de plus adorable. Ils nous conseilleront pour notre prochaine destination, Nasca, quelle compagnie prendre si on veut survoler les lignes, et ils nous conseilleront également des lieux d’hébergement pour les villes suivantes de notre périple. “La Casa Del Inca” est clairement une superbe auberge, tant pour la vue sur la ville -que nous avions en sortant de la chambre et au petit déjeuner- que pour ses propriétaires qui nous feront des câlins avant que nous partions.

Sur le coup des 18h, nous quittons Cusco en bus de nuit. Manon ne sait toujours pas si elle va vouloir survoler les mystérieuses lignes de Nasca, moi je suis chaud. C’est parti mon kiki !

Copacabana et la beauté du lac Titicaca

Le trajet la Paz Copacabana est marqué par un passage en bateau. Mais ce n’est pas le bus qui monte sur un gros bateau, non non, c’est nous qui montons dans un petit bateau à moteur. On est ainsi une quinzaine de personnes par bateau à traverser le lac Titicaca. 20 minutes de trajet, et on attend de l’autre côté le bus, qui lui est seul sur une embarcation à laquelle je ne ferai personnellement pas très confiance ! Mais bon, les boliviens si, et tant mieux, le bus arrive -avec nos sacs !-. Les paysages sont très beaux avec cette eau de la même couleur que la méditerranée mais au pied des collines.

On trouve rapidement un hôtel très sympa, chambre spacieuse, confortable, waouuuuu, ça fait du bien une bonne surprise ! Petit balcon avec vu sur le lac, et …. Hey, le coucher de soleil c’est pour bientôt ! On paye directement 2 nuits, et on descend voir le coucher de soleil. On tombe ensuite sur une femme d’agence d’excursion très gentille (c’est rare, donc assez important pour être souligné), qui nous expliquera que faire et que voir dans la ville et aux alentours.
En allant trouver un endroit pour manger, une française nous aborde, Justine, 25 ans, qui voyage depuis 9 mois en Amérique latine et cherche désespérément avec son copain, Vincent, un endroit pour dormir. Après une bonne demie heure à papoter, ils nous donnent terriblement envie d’aller au Costa Rica ! Le temps de s’échanger nos contacts, et ils iront dans le même hôtel que nous -mais ça, on le saura que 2 jours plus tard, quand ils partiront ! Dommage.-
Alors que l’on mange, on constate que pour une ville très touristique, les boliviens ne sont pas du tout dans la même mentalité que nous côté restauration : 40 minutes pour un plat de pâte quand vous êtes les seuls dans le restaurant. Et on le vivra ainsi à chaque restaurant. Ah et aussi, le chauffage est une option dans les restaurants ici, ne comptez pas vous sentir bercer par une douce musique et la chaleur d’un feu, au mieux vous aurez un petit peu moins froid que dehors, et vous aurez la télé allumée avec une série alacon genre “les feux de l’amour” version espagnol.

On a parfois laissé le guide partir loin devant pour profiter du lieu, que du bonheur !

On a parfois laissé le guide partir loin devant pour profiter du lieu, que du bonheur !

Le lendemain matin à 11h le réceptionniste frappe à la porte pour nous dire qu’il y a le check-out. Euh, on reste 2 nuits, t’es vachement organisé toi ! Visite de la ville, de l’énorme église sur la place principale, et de Calvario, un mirador au sentier très catholique inspiré du chemin du christ, avec des croix à plusieurs étapes. C’est haut, c’est dur, mais la vue sur la ville est vraiment belle.

La fameuse Isla del sol -“Île du soleil” pour le néophyte !- sera pour le lendemain, le jeudi 24 juillet. Deux heures trente de petit bateau pour atteindre l’île, en même temps le trajet est pas cher, 4€ chacun aller-retour. Le bateau nous dépose au nord de l’île, d’où on marchera jusqu’au sud. Un guide fait son apparition dans le bateau, il pue, mais vraiment -c’est assez fréquent ici, mais je comptais tout de même le souligner pour que vous vous imprégniez de l’ambiance-. En descendant on se fait taxer chacun 2€ pour accéder à l’île. On arrive alors aux ruines ! Enfin, on a tellement été habitué à voir de beaux vestiges, que là on est très déçu : une table type camping français faisant office de table de sacrifice, quelques restes de maisons à moitié enfouis, et…. Ce sera tout, on part en direction pour le sud de l’île. Avant cela le guide demande une contribution de 1€ chacun. On ne sait pas si on va le suivre, et de toute façon on préfère payer ce type de prestation après, et non en avance.

Le groupe part sur le chemin, on les suit de visu. Le guide s’arrête de temps en temps pour expliquer des choses, des anecdotes, l’histoire de son peuple. Quand il nous a abordé dans le bateau il l’a joué genre “il y a 2 ans je ne parlais pas un mot d’espagnol, et je fuyais les touristes.” Mais ça passe moyen désolé, il semble juste essayer d’attirer la sympathie et la pitié, et ça on n’aime pas !

Si nous sommes déçus par les 2 ruines qui se battent en duel, en revanche les paysages seront somptueux durant tout le trajet. On atteindra les 4500 mètres sauf erreur de ma part, c’est haut pour faire une rando de 3h, mais on gérera plutôt bien physiquement. Sur le trajet on échange quelques mots avec des français. L’un deux, ou plutôt l’une, nous raconte qu’elle est habituée à la Bolivie, mais qu’une semaine plus tôt, 2 jours après être arrivée à la Paz, elle s’est fait embarquer par un faux flic, avec un autre touriste et un taxi complice qui lui ont volé argent et téléphone. Quelques jours plus tard, c’est son sac à main dans un restau qui disparaît. Que du bonheur ! On se dit qu’on a de la chance, d’autant plus qu’on baissait notre garde récemment. Apparemment ce sont souvent des péruviens qui ferait ça en Bolivie…. En tout cas c’est ce que disent les boliviens (et menteurs comme ils sont… Qui croire ?).

Le chemin sur l'Isla del Sol me faisait penser à la muraille de Chine, bien que je ne l'ai jamais vu de mes propres yeux ! -pour l'instant-

Le chemin sur l’Isla del Sol me faisait penser à la muraille de Chine, bien que je ne l’ai jamais vu de mes propres yeux ! -pour l’instant-

Plus loin sur le chemin, le guide fait une pause pour nous demander ses 2€. Si c’est pas une raclure sérieux. Encore plus loin des gamins font barage devant nous pour nous demander de l’argent, un gamin insistant pose la main sur mon sac, je l’expulse ; pendant ce temps Manon pousse une gamine sur le côté du sentier car trop insistante et invasive. Vous comprendrez que c’est pas à eux qu’on lâche des bonbons 😉
Encore plus loin, juste avant d’arriver au village Sud, là où on reprendra le bateau, on nous retaxe 1€ pour 2. Le groupe est un peu loin devant, on prend du retard à force de flâner, mais on les voit au loin. On les rattrape dans la ville juste avant pleins de zigzagues en précisant au guide qu’il y a 2 vieux argentins qui sont du groupe et qu’il a dû oublier derrière vu qu’on ne les voit plus. Il fait le signe de “Mince alors”. 20 minutes plus tard on retrouvera ces 2 argentins retraités furieux au bateau, ils n’ont jamais revu le guide. Bref, la journée se termine, tout le monde est HS dans le bateau, les filets de baves vont et viennent avec la houle.

Le vendredi sera du repos, en dehors d’un fait marquant et choquant. Dans une boutique du marché, qu’elle ne fut pas la surprise de voir en guise de jouets des bébés lamas empaillés (ou en décomposition ?), à l’apparence cadavérique. Ça nous a glacé le sang. Ce peuple est certes très différent culturellement, mais entre des affiches de momies à Uyuni et des jouets morbides, on a vraiment du mal avec les boliviens et leurs petits plaisirs !

14h, le samedi 26 juillet on va en direction de Pachataka, ou “Horca del Inca”. Des ruines Inca à côté de la ville, donc faisons-le à pieds. On se lance, ça monte sec, “10 bolivianos pour passer” est affiché sur une pancarte, mais il n’y a personne, à la bonheur ! Ça monte de plus en plus sec, et la vue derrière nous se profil sur la ville et le lac. On arrive sur ce qu’on pense être les ruines, je dis bien “on pense” car c’est pas flagrant, on dirait juste que la montagne a été un peu taillée à certains endroits, à moins que ce soit une forte érosion. On voit tout de même l’arche “Horca del Inca”. On continue de grimper, cette fois ce n’est plus des marches, on escalade la montagne pour se trouver un endroit tranquille, sans personne -bien qu’il n’y avait que peu de fous pour monter ici-. On admire alors la vue, qui franchement vaut le coup ! Le temps de prendre quelques photos, vidéos, et 20 minutes plus tard on redescend.

On arrive devant une poste -pour envoyer du courrier bien sûr-, personne. Deux français sont aussi là, ils voulaient des enveloppes. Une femme nous voit tous les 4 et dit que le lendemain il y aura quelqu’un. Manon sent bien le “je me débarrasse de vous”, et ne préfère pas dégoûter les autres français en leur expliquant ce qu’elle ressent, ils auront bien le temps de le découvrir ! En attendant, on leur montre où trouver des enveloppes (on a mis 30 minutes à en trouver la veille, autant leur faire gagner du temps).

Grimper c'est dur, avec l'altitude c'est amplifié, donc dur dur -Copacabana en fond, durant l'ascension à Horca del Inca-

Grimper c’est dur, avec l’altitude c’est amplifié, donc dur dur
-Copacabana en fond, durant l’ascension à Horca del Inca-

Dimanche 27 juillet 2014. La journée s’annonçait cool sur le papier : une visite pépère à faire, passer à la poste et écrire le bilan de la Bolivie, mais c’était sans compter sur nos amis boliviens ! “Plus de place dans l’hôtel”, on ne peut pas rester cette nuit nous annonce le réceptionniste à 8h50 du matin, alors qu’on est bien frais durant le petit déj. Un détail que j’ai omis de préciser, mais ici l’air est très sec, on se réveille 4-5 fois par nuit avec la bouche complètement sèche -pourtant on est au bord d’un lac, comme quoi…-. On trouve un autre hôtel où on ne peut se poser qu’à 13h. Pendant ce temps on essaie d’accéder à la poste, personne, et impossible de trouver des timbres dans la ville. Trois jours sans poste malgré les heures d’ouvertures affichées, vive les villes touristiques boliviennes ! Même la “Mairie” et les policiers qu’on est allé voir ne savaient pas le pourquoi du comment. Avant 14h on repasse, toujours les mêmes lettres derrière la vitre, des choses ont été déplacées, mais toujours personne. Pendant qu’on cherchait des timbres on est passé dans une librairie, personne dedans. On patiente 2 minutes, toujours personne. Bon. Il faut savoir que c’est jour de fête ici les dimanches, toute la ville est bouchée par les voitures, elles font la queue. Pour quoi ? Pour passer devant la cathédrale de la ville et se faire bénir, eux et leur voiture -sans déconner !-. Les voitures sont d’ailleurs toutes décorées avant d’arriver devant l’église et se faire bénir, les gens y placent des fleurs, un chapeau bolivien scotché sur le toit, beaucoup de couleurs ressortent de tout ça. Au passage les gens s’amusent à balancer des pétards par-ci par-là :
“Attention Manon le gars…” *PAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPA*
Même pas le temps de la prévenir qu’un gars en fait péter juste à nos côtés. Des fous ces boliviens, déjà qu’habituellement… Alors en liesse !

Pour le dernier après-midi en Bolivie, il ne nous reste qu’une chose à voir et également accessible à pieds : El Asiento del Inca (le siège de l’Inca). C’est pas loin du tout. En arrivant sur le site, de loin on se dit que c’est vraiment des ruines, en effet. Un gars nous accoste, il paraît bourré et était précédemment posé avec sa petite famille. Il nous demande des sous, je lui filerai des bonbons. Et hop, on passe. Plus loin on tombe sur des gamins, genre 5 et 7 ans. Ils commencent par nous montrer des vers avec lesquels ils jouent, on les questionne donc :
“Ils viennent d’où ?”
“Du caca juste là”.
Ah oui, effectivement… Puis ils proposent de nous expliquer l’histoire des ruines moyennant quelques bolivianos. 3 bonbons et ça passe. Avouez que c’est cool de tout payer avec des bonbons que vous aimez pas, non ? Le plus grand parle vraiment comme un guide, impressionnant ! Mais au bout de 5 min il dérive de plus en plus sur sa nature d’enfant. Après leur avoir dit d’arrêter de massacrer tout les arbres que l’on rencontre (leurs fleurs contenaient du jus, mais ils les massacraient et les balançaient …), on les laisse et retourne flâner dans les rues de Copacabana. On demande à une jeune commerçante le pourquoi du comment de la fête autour de l’église, on aura des bribes de réponse entre son air détaché et son regard fuyant, classique quoi.

Le soir on aura encore quelques emmerdes au restau : 20 min après la commande une femme nous dit que le chef est pas là et qu’on doit partir….. OK ! Et pour changer dans le second restau on a eu l’impression que je le jeune qui nous servait allait se suicider devant nous vu la gueule qu’il tirait. Classique quoi ! Bref, une bonne journée remplie de petites contrariétés, histoire de bien nous remontrer ce que c’est la Bolivie, la vraie telle qu’on l’a vécue durant ces 3 semaines et demi.

Lundi 28 juillet, tchao les boliviens. Dernière tentative à la poste, ils tentent de nous faire tourner en rond une fois de plus. Non merci. Manon n’enverra pas de carte depuis la Bolivie. On espère laisser leurs odeurs, leurs maladies, leurs visages suicidaires et leurs morbidités ici, vive le Pérou ! Enfin, on s’attend à tout. Mais le dernier pays de notre voyage nous ouvre ses portes, et nous on lui tend les bras, on a toujours la patate, alors ¡ Vamos !

La mauvaise foi des Boliviens pour atteindre Samaipata

Les 24 prochaines heures vont être remplies d’aventures, mais le genre que vous ne voulez pas vivre.

On est donc toujours à Sucre, le mardi 15 juillet, milieu d’après-midi. Un tour chez le coupe-tiff, et on demande à l’auberge de nous prendre un taxi. Il est censé arriver à 16h15. 16h25 personne, tchao l’auberge, on va se démerder ! On charge les sacs et fonce à 2 pâtés de maisons prendre un petit bus de ville.
Arrivé au terminal, les billets en poche, le gars nous dit que dans 2 minutes il nous emmène jusqu’au bus, soudain, plus de gars. Le mec est parti en trombe sans nous prévenir. Course dans le terminal pour trouver le bus, un gars ne veut pas me laisser passer sur le quai car on n’a pas payé la taxe du terminal. La file est hyper rapide -heureusement- je file un bonbon à la SDF sans dent devant le guichet, et après avoir couru sur la moitié du quai je trouve enfin ce bus. Au moment de charger nos bagages, on dit bien au chauffeur qu’on descend à Samaipata.
“Ok, alors vos bagages ici”, cool, une place spéciale, avec le mode poussière visiblement.
Samaipata est un arrêt 3h avant le terminus : Santa Cruz de la Sierra. Le vendeur du guichet de la compagnie de bus le dit également au chauffeur. Les 2 chauffeurs sont au courant. Et y’a intérêt car l’arrêt se fera entre 2 et 5h du matin, et les gars de l’auberge nous avaient prévenus que parfois les chauffeurs oubliaient de s’arrêter ! À 17h le bus décolle, pile poil à l’heure.

Les paysages sont beaux, la lune orangée est énorme, magique, les étoiles éparpillées dans le ciel sont magnifiques, le trajet de bus se déroule plus ou moins tranquillement car la Bolivie, ça tourne ! Toutes les routes sont à flancs de montagne, les lignes droites n’existent pas. Au bout de 2 heures de bus, ce sont les routes bitumées qui n’existent plus, que de la terre, un brouhaha d’enfer, le pied pour se reposer. À l’arrêt “bouffe” -qui nous est inutile car on avait prévu des sandwichs, marre de se faire avoir sur le “si si, on s’arrêtera” et puis finalement non, bref, à l’arrêt bouffe, Manon demande à l’un des chauffeurs si il sait vers quelle heure on arrivera à Samaipata :
– “Non, je peux pas dire”
– “Non ? mais genre aucune approximation ?”
Bref, visiblement on le fait chier puisqu’on a l’impression de parler à un mur qui détourne le regard. Hallucinant. Le bus repart. On tente de dormir, se reposer jusqu’à minuit, 1h du mat’, pour ensuite être vigilant. Arrive alors des arrêts, le gars allume les lumières et annonce l’arrêt. Ça va le faire ! Par moment des gens descendent. Par moment on fait des pauses, notamment une “toilette”, dans un champ, tout le monde cul nu. Normal ici. Encore plus normal de voir les gens qui partent avec leur rouleau PQ dans les champs pendant 10 min et revenir les mains vides. On comprendra que l’écologie c’est pas leur truc ici. A l’arrêt bouffe les gens achetaient des gâteaux, et jetaient les papiers sur la route. C’est normal en Bolivie. Pauvre nature. Ça me fait également penser lorsqu’on a quitté Sucre aux nombreuses collines desquelles il y a visiblement très régulièrement des lâchers de contenu de bennes à ordures. Malheureux.

1h, 2h, 3h, 5h, 5h30. toujours pas d’arrêt. Dehors je crois voir un nom de ville “Mairana” ou un truc du genre. Je vais voir le chauffeur, il ne m’entend pas derrière sa vitre. Manon y va et arrive à se faire entendre. Je la vois parler un peu et rentrer subitement dans la cabine, putain ça pue : je fonce la rejoindre. Les gars disent que le bled est passé depuis 2h.

Je vous laisse imaginer l’état dans lequel on se met dans ce genre de situation. On s’énerve, vraiment. Et les mots en espagnol sortent très bien cette fois :
– “On avait réservé un hôtel, c’est vous qui allez le payer ? Faites demi tour !”
– “C’est trop loin”, lance l’un des chauffeur avec un air négligeant, genre tête à clac, que vous avez vraiment envie de faire claquer sur le volant.
Il enchaine :
– “Une fille est descendue à Samaipata en plus”
– “Ah ouais et pourquoi vous avez pas fait d’annonce et allumé les lumières comme pour les autres arrêts hein ?” lui rétorquais-je. Bien entendu je vous fais grâce des noms d’oiseaux français qui se sont envolés dans tous ces échanges.
Ils font ensuite mine de ne pas comprendre ce qu’on dit, de nous ignorer. Mais c’est ne pas nous connaître. On décide de rester planté dans la cabine pour leur mettre une certaine pression psychologique, malgré les sollicitations de l’un des chauffeurs pour qu’on aille se rasseoir. En même temps des sollicitations où le gars continue de regarder soit ses pieds soit la route… Hein, vous savez ce qu’on en pense. Les gars font donc mine de nous ignorer. Le soleil se lève.
“Et c’est vous qui allez payer l’hôtel à Santa Cruz ?”
– “J’ai pas de sous” mime l’un deux, le plus gros, le seul des 2 qui ose nous répondre, en regardant la route toujours, faut pas déconner non plus.
Manon demande combien de temps avant d’arriver à Santa Cruz. 2h. QUOI ? Ça fait 1h qu’on est planté à côté d’eux ! La ville était à 3h de Santa Cruz. C’est quoi ce bordel ! Ils font encore mine de ne pas comprendre.

Ceci est un bolivien de mauvaise foi au regard fuyant.

Ceci est un bolivien de mauvaise foi au regard fuyant. Ce type d’énergumène semble être capable de se reproduire malheureusement.

Je sais pas ce que vous en pensez, mais à ce stade de l’aventure, ça pue quand même pas mal cette journée non ? Alors soyez rassuré, c’est presque fini…. Enfin, j’aimerais pouvoir dire ça, mais pas du tout.

Vers 8h30 le bus arrive à Santa Cruz. Entre temps le bus à fait des arrêts, et ils ont bien ANNONCÉ à tous les passagers les arrêts. Le bus accroche une voiture dans un rond point. LoL.
Ça fait perdre 10 minutes, et nous permet d’exprimer avec plusieurs passagers notre soucis, ils sont sur le cul. Arrivé au terminal on descend pour récupérer nos bagages… On ne les trouve pas ! Puis je les discerne, cachés et isolés des autres, et surtout DEGUELASSES !
On suit les 2 chauffeurs, on remonte dans le bus en disant qu’on veut être remboursé car on n’a jamais voulu être là, c’est pas notre destination, et c’est leur faute. Ce dernier point sera mon fil directeur à partir de maintenant.
Le gros évite la question et me demande de me pousser car à cause de mon gros sac il ne voit pas le rétro droit. Et ben tant mieux. Je suis collé ! Il semble abandonner, descend du bus et laisse son autre pote prendre le volant. On lui redit la même chose. Mais voyant qu’il commence à limite sortir du terminal, j’envisage les choses autrement : qui et où peut-on se faire rembourser, le bureau de ta compagnie est là bas ? Ok, et ton nom ? Carlos, ok. On descend et rejoint le terminal en direction du bureau de l’agence. En plein milieu de la rue que voit-on, le gros qui revient. BLOCAGE !

Je lui lance “Allez viens, tu vas assumer tes erreurs et on va aller ensemble au bureau de ta boîte pour se faire rembourser. Tu t’appelles comment ?”
– “José”, semble t-il bafouiller
– “Et ton pote ?”
– “Jésus”
– “Oui bien sûr, c’est marrant il a pas dit pareil.”
Il commence à vouloir continuer d’avancer, prétextant qu’il doit y aller, qu’on l’attend, Manon lui prend le bras. Il se débat et continue, je me mets sur son trajet et le bloque délicatement, tout se fait en douceur pour le retenir. On est au beau milieu du parking du terminal, et notre manège ne passe pas inaperçu, 2 hommes approchent. L’un fait parti d’une sorte de “atención de los turístos”, et en comprenant la situation il dit clairement au gros : “Ce sont des touristes, il faut en prendre soin, vous agissez mal”. L’autre est un policier. On leur explique la situation, le gros s’empresse de se défendre : “ils dormaient quand on a signalé l’arrêt”. Ben voyons mon con ! Bref, au final, sous la pression de tout ce monde, le gros lâchera 70 bolivianos, somme apparemment nécessaire pour que l’on retourne à Samaipata.
Le gars de la défense des touristes nous conduira à un taxi qu’il paiera pour nous emmener à un endroit pour prendre un bus rapidement. Oui, “rapidement” car sinon les prochains bus pour Samaipata sont à 17h. On n’est pas mécontent de quitter le gros, quoiqu’on aurait bien voulu exposer ses torts devant son boss.

Ouf, à ce stade on a tout de même la présence d’esprit de se rendre compte qu’on est tombé sur 2 boliviens sympas. C’est pas de trop !

Le taxi nous trouve au second essai une sorte d’agence dont la navette part dès qu’elle est complète. On attendra seulement 45 minutes, le temps de se rafraîchir, et on décolle vers 11h pour Samaipata dans le combi. Tout cela nous coûtera 70 bolivianos, pile poil, et encore heureux.

2h plus tard, on arrive, le taxi collectif nous dépose, ouf, nous voilà enfin où on aurait dû être cette nuit ! Hey mais attends, Manon, mon blouson ! Putain il est resté dans le coffre du taxi. Et oui, faute de la fatigue, manque d’attention, le gars gentiment nous a déposé nos sacs, et j’ai complètement zappé que mon blouson était dans son coffre.

En 1 minute de temps c’est la panique, mais un taxi passe et on lui lance le fameux “il faut suivre cette voiture” ouais, sauf qu’on la voit déjà plus ! Bref, 20 minutes pour atteindre la ville suivante, qui s’appelle, tadaaaaaaaaaa : Mairana (ça vous rappelle quelque chose non ?). Le gars conduit bien et vite, en arrivant sur la ville, on voit la voiture de devant tourner à gauche, c’est notre ancien taxi. Shlac, il se gare à côté. Je récupère mon blouson, ouf. La journée est sympa non ? Ah j’ai oublié de préciser quelque chose de capital. Depuis ce matin, 8h on crève de chaud. Les -15°C des Geysers del Tatio, ou les 2°C d’Uyuni sont loin, là on est en T-shirt : 25°C au soleil, minimum.

Si vous avez bien suivi, vous avez remarqué que la ville que j’avais aperçue avant qu’on aille demander au chauffeur était Mairena. Et bien il venait probablement de la passer depuis à peine 30 minutes, donc on venait tout juste de dépasser Samaipata, cela ne faisait pas 2h comme il l’avait dit ! Cette mauvaise foi transpirante et leurs airs fuyants nous ont vraiment dégoûtés des boliviens, bien que certains tentent de rattraper le coup. On sait qu’il ne faut pas faire de quelques cas une généralité, mais on accumule une quantité assez impressionnante de galères depuis notre arrivée dans ce pays. Au final on aura fait le trajet Sucre – Samaipata en 17h et beaucoup de stress au lieu de 10h. Next.

La blancheur de Sucre garde nos billets

Le vendredi 11 juillet 2014 le bus nous dépose -en avance, si si- au terminal de la ville de Sucre. C’est important de préciser “la ville de” Sucre, sinon vous n’allez rien comprendre à ce que j’écris. Bref, on avait pas mal entendu parler de cette belle ville, pourtant malgré avoir traversé la ville pour atteindre le terminal, ça paraissait relativement moche, mais ne nous arrêtons pas sur la première impression, on a déjà été étonné !

On trouve rapidement un taxi qui, pour 1€, nous dépose à l’auberge conseillée par la précédente auberge -on aime bien se faire conseiller, ça porte ses fruits pour le moment-.
– “y’a le chauffage ?”
– ” non, mais vous aurez pas froid”

Arf, on s’est fait enfler ! On se barre ? Allez testons ! Et effectivement, dans le Sucre il ne fait pas si froid, avec une couverture ! L’auberge est remplie de français. Jusqu’à présent dans chaque endroit où on dort on en croise, un envahissement ! Ah mais c’est les grandes vacances c’est vrai… Ça doit pas aider !

Bon et sinon, y’a quoi à faire ici ? On passe notre samedi à visiter la ville, grande nouvelle, le Sucre, c’est blanc.
– “Ouais Kévin mais en fait le sucre à la base c’est roux et il faut le purif…”
– “BLA BLA BLA !”
La ville a de beaux monuments de l’époque coloniale qui sont très blancs. Vu la fumée noire dégagée par les bus de ville à chaque démarrage, on comprend pas trop comment ils peuvent rester aussi blanc d’ailleurs. À sucre on ne trouvera pas d’office du tourisme, entre ceux indiqués qui sont fermés, et ceux qui n’existent simplement plus, heureusement l’auberge sera de bon conseil. On repère une petite expédition pour notamment voir les plus grandes traces de dinosaures de la planète. Ça paraît cool, mais le dimanche ils ne la font pas car l’excursion inclue un passage vers une cascade, or le week end, je cite “c’est dangereux car les gens qui y vont boivent” et visiblement pas l’eau de la cascade. Bref, on est censé repartir le dimanche, donc on abandonne l’idée.

Ma blancheur histoire de me camoufler. Le sac rouge me perdra...

Ma blancheur histoire de me camoufler. Le sac rouge me perdra…

On se dirige vers un distributeur de billets, ceux de la banque nationale de la Bolivie. Vous vous dites que si je donne autant de détails c’est que ça sent pas bon. Et en effet. On entend les billets s’agiter. Un gamin rentre avec une glace dans la cabine *coup de pied au cul*.
“Vous pouvez retirer votre carte et prendre les billets et le reçu”. Je prends la carte.
Euh Manon, tu vois les billets ? Ils sont transparents ? Et le reçu ?
“Merci de votre visite.”

PUTAIIIIIIIIIIIIIIIN !

On sort, le gars juste après nous subit le même problème, mais a un reçu qui confirme que son compte à bien été débité malgré l’absence de billets. Le gars appelle le numéro d’urgence sur la cabine, ces derniers lui disent d’aller en agence lundi pour régler ça.

Ouais mais nous on voulait partir demain (dimanche) ! Or on ne peut plus retirer en banque, on a testé et on a atteint notre limite hebdomadaire et quotidienne. PUT@!N !

La soirée on fera des pieds est des mains pour avoir plus d’infos mais on devra se résoudre à patienter jusqu’à lundi !

Le dimanche on glande. Enfin, j’exagère, on décharge nos appareils de photos et vidéos, et vu la connexion ici, c’est long. En parallèle, on assistera à la finale de foot, et oui, nous c’était l’après midi 😉 Étonnant pour des non footeux comme nous : on aura vu par pure coïncidence le premier et dernier match de ces comédiens.

Lundi, au taquet, on attaque la banque. On est des acharnés croyez moi. Nous occuperons l’hôtesse d’accueil pendant plus de 30 minutes. Elle veut des preuves du débit, et quand bien même nous explique qu’il faut aller voir ATC, ceux qui gère les automates, et que notre banque parle avec eux. MAIS PUTAIN C’EST VOTRE AUTOMATE À VOUS QUI GARDE NOTRE TUNE EN OTAGE ! Bref, elle veut des preuves, on repart, le temps de choper un wifi, charger le relevé de compte, et hop, on repart à l’attaque. “Et ça, ça le fait ? Numéro de transaction, numéro de carte de crédit, montant en bolivianos et en euros de l’argent tant désiré”. Bon, dépassée, elle va voir sa supérieure, celle-ci nous explique un peu la même chose, mais nous dit qu’un tel problème se passe régulièrement ( LOL ?) et qu’il se règle en environ 30 jours… minimum (RE-LOL ?). Manon tente la carte du “On est bloqué ici, on a plus de tune, on doit payer l’hôtel qui n’accepte pas les CB etc..”. De mon côté je suis plus insistant sur le “Vous reconnaissez que c’est un problème régulier, on a les preuves du compte débité, vous savez que l’automate, ou plutôt la BOLIVIE à un soucis, et vous pouvez pas nous aider là maintenant ?”. Entre temps, le gars ayant eu le même soucis juste après nous au distributeur passe, et pour lui forcément, bolivien et de cette banque, ça se règle en 2 temps 3 mouvements.

Bref, on retire au guichet les derniers bolivianos que l’on peut tirer, puis on fonce juste en face au fameux ATC, ceux qui gèrent les distributeurs.
5 minutes pour trouver cette enseigne, dissimulée dans une ruelle. C’est vicieux. On frappe, ça répond pas. Je m’impatiente et frappe encore et encore. J’entends quelqu’un derrière la porte. Ça m’énerve, mais c’est peut être la pause déjeuner vu qu’il est 13h50, ils peuvent pas le dire ? Bon, on va faire preuve de patience et aller manger également. On revient à 14h45, frappe, porte fermée, mais j’entends toujours quelqu’un derrière. Je peux vous dire qu’à ce moment on a sérieusement envie de défoncer la porte. “HOLAAAAA, POR FAVOR !” Non ? Tu m’entends pas ?  Dix secondes pour se ressourcer, et je bombarde la porte, BOM BOM BOM BOM BOM BOM BOM BOM. Clic. ENFIN !
La femme nous annonce qu’elle n’ouvre qu’à 15h et que [blablabla] et demande quel est notre problème. Elle nous fait entrer car nous voit bien assez insistants et paniqués, bien que paradoxalement la voix posée et calme. N’allez pas vous imaginer que durant nos insistances ont était énervé, on est toujours resté très courtois et calme, il paraît que c’est mieux pour être écouté, et de toute façon si on s’énerve on n’arrive plus à parler espagnol !

Si seulement trop de câbles pouvait tuer les câbles...

Si seulement trop de câbles pouvait tuer les câbles…

Bref, la femme prend notre CB, appelle un de ses collègues qui lui confirme que point d’argent ne fut délivré, et que tous les retraits ont été rejetés. Mais alors pourquoi notre compte fut débité ? La femme nous explique que c’est dû aux problèmes de connexions en Bolivie (suffit de voir la lenteur d’Internet pour comprendre). Inimaginable qu’une telle erreur puisse se produire. Au pire dans l’autre sens : on a de l’argent mais le compte n’est pas débité ! On peut rêver non ?

On ressort à moitié soulagé, j’envoie un message à notre banque pour régler ça au plus vite (on y croit en tout cas). Le problème majeur ici, c’est que ce retrait tape dans notre limite hebdomadaire sans qu’on ait pu avoir l’argent. Et ça, ça va nous suivre pour la suite de la Bolivie.

Il est 15h et on a remarqué entre temps que le site archéologique Carl Orcko -les empruntes de dinosaures- était à 5km du centre. Inutile de prendre une excursion pour ça, on prend un bus de ville et on s’y rend. Au début ça nous impressionne un peu, on commence à être émerveillé, et puis en fait c’est déjà la fin. Le parc est très petit, ce qui engendre une grosse déception, et les empruntes sont lointaines, sur un mur vertical situé à 150m. Donc obligé de regarder avec des jumelles, et encore, on ne se rend plus compte de la véritable taille ! Bref, moi qui suis un peu fanatique de ce genre de parc et lieu, je suis déçu. Manon qui n’était pas très chaude pour y aller s’attendait à un truc moyen, mais sans plus : elle est encore plus déçue ! Au moins on n’aura pas de regret, on l’a vu de nos yeux.

Il faut savoir qu’il y a dans la ville de Sucre énormément de SDF qui mendient. Ceci pourrait être triste, et ça l’est en réalité, mais la première fois qu’on a croisé une femme assise on a explosé de rire, intérieurement. Pourquoi ? Parce qu’elle ne nous a pas interpellés genre “une petite pièce svp” mais plutôt “aaaaaaaeuuuuuuuuaaaaaaaa”. Véridique. Ici, ils se font passer pour des gros bébés. Après, ils parlaient peut être une langue obscure (le bébé ?) d’où notre incompréhension. Tous les SDF -ou presque- qu’on croisera ici feront de même.
Ça nous fait sur le fond toujours de la peine de voir des SDF, alors le dernier jour ici, j’ai l’idée de leur donner des bonbons. J’en mets dans la poche, et à chaque fois que je croise un SDF qui quémande, hop, un bonbon. Jusqu’au moment où j’aperçois une femme qui n’a pas de dents. Euh… Bon… Ça ferait vraiment gros con de lui filer un bonbon -type RÉGALAD- à mâcher, non ? Dorénavant je vérifierai si ils en ont !

La devise bolivienne, digne des 3 mousquetaires

La devise bolivienne, digne des 3 mousquetaires

Revenons sur ce dernier jour à Sucre. Nous sommes le mardi 15 juillet 2014 et nous allons commencer cette journée avec un événement de plus en plus récurrent ici, les gens qui font semblant de ne pas nous comprendre.
Au petit déjeuner, la serveuse apporte des crêpes avec du Dulce de Leche dessus, sauf qu’elles sont à base de banane, ce que Manon n’aime pas. Elle demande donc à en avoir sans banane.
– “Pas de soucis, si vous voulez je vous en apporte avec des pommes”
– “Parfait merci !”, s’enthousiasme mon amoureuse.
Elle revient 5 minutes plus tard avec une crêpe à la banane sans Dulce de Leche. Manon lâche prise. La femme avait très bien compris que le problème c’était la banane. Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, où ce n’est clairement pas une faute d’attention, et pas une incompréhension, je vous l’assure.

La suite de la matinée on va voir notre opérateur local, car la sim qu’on a acheté ne fonctionne toujours pas. L’opératrice pense d’abord que c’est la faute au téléphone qui n’est pas enregistré sur leur réseau, elle le fait donc, ça ne change rien. Après 30 minutes on a le verdict : notre téléphone ne supporte pas la carte 4G. C’est balo dit donc. Du coup elle nous en donne une 2G, mais nous dit qu’il faut revenir en fin d’après midi pour l’activer. Pas possible poulette, on part vers 17h de la ville !
– “D’accord, alors je vais vous l’activer dès que possible mais j’ai besoin de vous contacter ensuite pour vérifier qu’elle est bien active, et que votre crédit et numéro est bien transféré sur cette puce, à quelle numéro je peux vous joindre ?”
– “Ben si vous transférez tout sur la nouvelle puce, quand vous allez appeler ça va fonctionner non ?”
– “Ah oui, que je suis sotte”

Bref, j’écris ces lignes 48h plus tard et rien ne fonctionne. Jamais vu un tel bordel pour avoir un téléphone. M’enfin bon dans 2 semaines on ne sera plus en Bolivie, ne nous cassons pas -plus- la tête !

La suite va être une course à la montre, et ça arrive très vite ! 😉

Viña del mar, Valparaiso et l’autre, Con-Con

Le Samedi 14 juin, on rencontre notre hôte de la soirée sur la place de Viña del Mar, une ville balnéaire collée à Valparaiso et donnant sur l’océan Pacifique. Première surprise, il fait chaud. Enfin…15°C, ce qui est déjà pas mal pour nous !
Notre hôte, Jaime (prononcez Raïmé) Daniel, il a 2 prénoms, ça nous laisse le choix ! Il a une bonne tête, mais il me fait rapidement penser à ces personnes sur Facebook qui ont une photo qui ne les représente pas du tout ! Bref, il vient de finir son footing et avant de nous ramener chez lui on va dans un supermarché pour faire quelques courses pour les 2-3 jours que nous resterons chez lui. Les sacs à dos sont lourds et c’est vraiment pas pratique de faire les courses dans ces conditions mais bon.

Daniel nous parle rapidement de sa grand-mère dont il était le chouchou parmi ses 3 frères, mais elle est décédée et il lui a laissé la maison qu’il occupe à Viña. Il nous dit avoir un diplôme dans le génie civil, et à la base il est brésilien, mais on ne comprend pas ce qu’il fait dans la vie.
Sur le trajet on croise une animation assez sympa. Un gars déguisé en une sorte de clown -mais pas comme ceux qui font peur à ma génération à cause d’un certain film !- s’amuse à taquiner les voitures bloquées à un feux rouge. Un conducteur jouant le jeu cède même sa place, le clown commence à se barrer avec la femme et les enfants ! Bien marrant, mais on continue notre chemin. Des courses et un taxi plus tard, on arrive avec Daniel devant chez lui. Deux filles attendent déjà, Eva et Ingrid. A 22 et 23 ans elles sont étudiantes, et coincées comme pas possible, limite froides. On ne comprendra pas exactement pourquoi elles sont chez lui, l’une d’elle semble venir d’arriver à l’instant, accompagnée par l’autre déjà dans ses quartiers.

Daniel qui s'étire avant de réaliser des exploits

Daniel qui s’étire avant de réaliser des exploits

Daniel nous montre là où nous pouvons dormir, il y a un lit une place TOUT NEUF, et il a un autre matelas qu’il propose de mettre dans sa chambre pour que j’y dorme “ça va aller si vous êtes séparés 2 nuits” me dit-il. Ah mais non mon Loulou, on va dormir ensemble en fait ! Et vu que le matelas est plus grand, on le mets dans la chambre à part, et on s’y installe. De toute façon il ne veut pas qu’on dorme à 2 sur le lit, car “il est vieux” -quand je disais neuf plus haut, je ne déconnais pas-.
On aide Daniel à faire la cuisine, on apprend un peu à le connaître. Enfin vraiment qu’un peu car on ne comprend toujours pas ce qu’il fait dans la vie, pourtant il ne fait que parler de lui. Il parle du Brésil, des maisons de sa grand mère et qu’il est en conflit avec ses frères pour l’héritage. Puis soudain il lance : “et vous qu’est-ce que vous avez à raconter ?”. Euh… Ben je sais pas là comme ça à froid, on fait un entretien en fait ? Nous on n’a pas de maison, et tout notre argent est dans ce voyage, quand on reviendra en France on sera ruiné et pourtant on est heureux, et sinon ? Sérieusement, on lui raconte que dernièrement on a eu pas mal d’hébergements où il faisait froid car pas de chauffage, ou bien où on n’avait qu’une minute d’eau chaude top chrono, il s’horrifie et nous dit qu’ici, pas ce type de problème ! Mais on le trouve un peu bizarre, tant dans son comportement que son rire enfantin exagéré (je vous laisse imaginer), mais il ne faut pas se fier aux apparences, et on décide le lendemain de l’accompagner pour le voir faire du surf et le connaître un peu mieux. Ça a l’air cool !

On mange tous ensemble, les filles sont d’un calme olympien, l’une rougit même quand Manon lui parle, elle est littéralement intimidée. Ingrid (ou Eva, on a un doute, mais vous avez raison, sur le fond, on s’en fout, donc : l’une des filles) a un petit chat de 5 mois, du doux nom de RICHARD (hum…). Daniel le prend, l’air empoté, pour faire genre “j’aime les animaux”, mais ça ne trompe pas, nous on les aime vraiment et ça se voit qu’il n’est pas doué. Pour vous aider à imaginer, c’est un peu comme si une mère tenait son nouveau né la tête en bas par les pieds. Mouais, il redonne le chat à Manon en lui avouant “c’est pas trop mon truc les animaux”.

Daniel nous apporte gentiment un chauffage d’appoint pour la chambre, et nous prévient que le lendemain il décolle pour la plage vers 9h. On lui dit ok, mais si on dort “vas-y sans nous” ! A 11h20 on ouvre les yeux, il est toujours là -pas dans la chambre hein, dans la maison- et n’a pas l’air bien motivé à bouger ! On lui demande ce qu’il prévoit, et prit d’une soudaine énergie “allez on va à la plage”. On l’accompagne, mais il est… Comment dire… On a du mal à comprendre son attitude, son comportement, il semble lunatique, et pédant à la fois. Sur le trajet il demandera à une voisine si sa maison est à vendre, et combien, et ira adresser la parole à un conducteur d’une BMW stationnée pour finalement -après 3 longues minutes à l’attendre- nous dire qu’il va en acheter une. Il se plaint également d’être le plus pauvre de ses frères. C’est assez rigolo quand on apprend qu’il est resté 8 mois en France et 4 mois en Italie, tout frais payé par feu sa grand mère. Quand on arrive près de la plage il me lance “regarde celle là ! C’est bien ! Et les Audi c’est [blablabla]”, je l’interrompts : “tu sais pour moi une voiture c’est un moyen de transport pour aller d’un point A à un point B, rien de plus”. Il ne nous parlera plus de voiture. 🙂

Les alentours de Valparaiso...

Les alentours de Valparaiso…

On apprend au passage que la ville où Con-con fait du surf s’appelle Daniel. Ou le contraire.
Il lance : “Raaaa je peine à rentrer dans ma combi, je suis trop gros hein”
Je réponds spontanément : “Oui, c’est clair” (l’habitude de dire : “Sí, claro !”)
On se pose pour manger et regarder tous les surfeurs dans une ambiance chaude -car il fait un bon 25°C au soleil, ça change d’il y a 2 jours !-. Il nous avait dit qu’il n’était pas très bon -et paradoxalement s’était beaucoup vanté d’en faire depuis qu’il était très petit- et effectivement, il surfera sur aucune vague en 1h. Il préférera ensuite rester à Con-con pendant que nous irons faire un tour à Valparaiso.

L’article est très grand, je vais beaucoup moins détailler la suite, ne partez pas !

Les transports ici c’est la galère, on peine à trouver où descendre, rien n’est jamais indiqué, il faut demander en permanence. On se retrouve dans des coins du type “décharge publique”, mais finalement on arrivera à faire un tour sur Valparaiso en début de soirée. Pour une ville dite animée, on tombera sur une fête foraine sans une seule musique, c’est d’un triste ! On retourne -en galérant à nouveau- devant la maison de Daniel. Il est 21h30. Je sonne, je vois sa tête mais il ne nous ouvre pas. Je recommence, il me voit bien, mais retourne dans la maison. Troisième fois. Bref, au bout de 3 minutes il daigne nous ouvrir. Poliment je lui demande comment ça va, il répond qu’il ne va pas bien du tout, et que demain matin il faut qu’on parte avec lui, à 7h du matin. On lui demande qu’est-ce qu’il se passe, mais il reste évasif, on insistera plusieurs fois dans la soirée, mais on n’en saura pas vraiment plus. En entrant dans la chambre, nos sacs ont été déplacés, on n’aime pas ça. Ambiance tendue.

Alors que Manon est sous la douche il me dit “il faut couper l’eau, dis-le à Manon”, à peine le temps de la prévenir qu’elle devra se rincer avec de l’eau glacée. Y’avait pas de problème d’eau chaude ici, juste un con qui la coupe. Avant de se coucher on va faire un tour vers lui et les filles parlant dans le salon, pour retâter l’ambiance. Pour quelqu’un qui n’est “pas bien”, il use bien trop de son rire débile et semble bien s’amuser aux cartes. La France met une raclée aux 3 autres puis on décide d’aller se coucher -sans chauffage cette fois-, il nous marmonne les yeux baissés que c’est sa tante qu’il doit aider le lendemain.

Valparaiso by night... ou presque !

Valparaiso by night… ou presque !

6h plus tard le réveille sonne, on passe une nuit courte et assez difficile avec Manon car on a des restes allergiques dû à la pollution de Santiago. À 7h10, vêtu d’une tenue de footing il nous accompagne dans la rue pour trouver un taxi mais aucun ne veut s’arrêter, il commence à pester en portugais. Après 10 minutes d’échecs, il nous dit qu’il faudra marcher 20 bonnes minutes pour rejoindre un grand axe et trouver un transport. Bref, tchao ! Il retourne chez lui, sûrement pour aider sa tante imaginaire qui va arriver en hélicoptère. On ne s’éloigne que de 200m de la maison et on trouve un taxi collectif qui nous emmènera au terminal de bus. Trente minutes plus tard voilà qu’on décolle pour Mendoza, en Argentine !

On a vraiment été sur le cul de tomber sur un type comme ça. Pas du tout la mentalité d’un voyageur, un pur matérialiste. Je me suis remis en question à savoir si lors de la sélection du couchsurfing je n’avais pas été un peu laxiste et accepté trop rapidement, mais honnêtement non, rien montrant qu’on tomberait sur un tel énergumène. On a tenté de rester une nuit de plus sur Valparaiso en couchsurfing mais l’autre personne (je prévois souvent un “secours”) n’était malheureusement pas dispo. Valparaiso est surtout connu pour sa vie nocturne, et Viña pour… rien (hors le vin de la région), donc pas grave si on ne reste pas plus longtemps dans le coin, on n’est sûrement pas passé à côté de grand chose.

Les 9h nous séparant de Mendoza seront magiques pour nos yeux, nous traverserons la Cordillère des Andes…

El Chaltén, le cul de sac hivernal

Mardi 27 mai, 8h, nous voilà en route pour El Chaltén, à 3h de route de là. Pas tout à fait 3h en réalité, car entre les pauses interminables du chauffeur, la roue crevée qu’il changera, et les chiens errants qui monteront dans le bus, on aura un peu de retard, mais beaucoup d’animation !

En arrivant sur ledit lieu, soyons honnête, le temps est plutôt pourri. Comme d’habitude on demande à l’office du tourisme quelques endroits pour se loger. La femme -vous remarquerez qu’on se fait souvent conseiller par des femmes- nous indique sur notre carte les auberges ouvertes. Après être passé devant 3 auberges ouvertes, en réalité fermées, on décide de ne pas se risquer dans l’auberge pas cher qui pue la pisse -au premier degrés- que l’on vient de visiter, et on tape dans un hôtel bon marché et nickel.

Moment planification : quand et comment repartir au point suivant ? On retourne au terminal de bus. Surprise, la route pour aller au nord est fermée durant l’hiver car il n’y a personne qui l’empreinte -sauf nous-. Il faut donc retourner à El Calafate -à 3h au sud si les roues ne crèvent pas- pour reprendre un autre bus qui contourne cette route. *respiration profonde* après avoir pesté contre ce système débile, on décide de profiter à fond jusqu’au lendemain après-midi.

Il est 14h, tout ce que l’on peut faire avant que la nuit tombe -d’après notre conseillère à l’hôtel- ce sont les miradors du coin, environ 2h de marche. Sauf que, rappelez-vous, le temps est pourri, mais pas pourri genre il pleut, mais genre la ville, enclavée de montagnes, est surplombée d’un nuage géant. Les miradors sont bien sûr plongés dans les nuages, mais c’est soit ça, soit… rien !

La superbe vue sur la ville de El Chaltén

La superbe vue sur la ville de El Chaltén

Et vas-y Tintin qu’on se tape deux heures de trek, on mettra moins de temps que prévu, en revanche on verra ce qui était prévu : rien. Au moins on aura tenté ! En redescendant -tel des gazelles- on s’arrête au centre d’info du parc national, là le gardien nous dit que vu l’heure on a le temps d’aller voir une cascade à environ 1h de marche, soit 4km, pour le reste c’est foutu, il sera 18h et il fera nuit ! Pourquoi pas, j’ai les pieds défoncés mais vu qu’on repart le lendemain, faut en profiter !

Pour atteindre cette cascade il faut en fait longer la route, ce qui n’est pas top en randonnée, mais toujours mieux qu’avoir des pierres dans tous les sens quand vous avez mal aux pieds. 16h20 on décolle, je souffre, puis Manon aussi, nos petits sacs de trek nous paraissent tel des boulets sur le dos, mais on arrivera à cette cascade 1h plus tard. Franchement, on doit pas avoir le même sens du “kilomètre” car quand vous voyez un panneau “1km” et marchez pendant 25min hein….. Bref, je pense honnêtement -et sans écouter mes pieds- qu’on a frôlé les 6km. La cascade n’était pas magnifique, contrairement à la vallée que nous voyons sur le trajet, avec son fleuve zigzaguant au milieu. Le retour sera douloureux, mais tel des Saint-Bernards, courageux et endurants, nous arriverons à destination sains et saufs, et juste avant la nuit.

Le lendemain matin, un petit déjeuner copieux nous attend, et tant mieux, car ensuite on décolle pour une randonnée de 4h -annoncée à 2h l’aller- pour admirer la Laguna Capri. La veille le gardien de parc nous avait vendu du rêve en nous disant que c’était assez plat, seulement un peu de pente au début. Dans la réalité, après 1h de pente nous rappelant parfois Blue Mountains en Jamaïque, on désespère.

Laguna Capri

Laguna Capri, cherchez Charli

La végétation est assez pauvre, ça donne un côté steppes arides aux montagnes, tout est très jaune, la saison y est pour beaucoup certes, mais il y a surtout beaucoup d’arbres morts, de zones dites en “récupération”. On croisera des cousins de Woody Woodpecker. Tel des loups chassant leurs proies, notre énergie fulgurante nous permis d’atteindre ladite lagune en moins de temps que prévu. Elle était mieux en photo -quand il fait beau- ! On en profite pour également admirer les glaciers environnants, ça vaut le coup, y’en a partout. Ça aurait été encore mieux de plus près, mais c’est à 3h “aller” de là où nous sommes. On prend le chemin du retour, sous la pluie. Sur le trajet aller, après une heure de marche nous avions inscrit dans la terre sur un côté du chemin “MK 1h”, indice précieux pour se rassurer durant le retour de “on arrive quand putain ?”. En repassant dans ce coin, d’autres randonneurs nous avaient copiés, mais eux, on n’arrivait pas à les lire. Rapides et agiles, tel des rapaces, nous parcourons le chemin inverse en moins de 1h30 -en même temps : en descente et sous la pluie, ça motive-.

Cousin de woody woodpecker

Cousin de woody woodpecker

A 17h on reprend un bus increvable direction El Calafate, où nous retournons dormir à la même auberge que précédemment, et dans la même chambre (et à nouveau seuls !). On est content car quand on quitte un lieu, on se dit qu’on ne le reverra pas de si tôt, mais retourner 36h plus tard dans un endroit qui nous a plu nous réchauffe le cœur, tel le ronron d’un gros matou tout doux.

Jeudi 29, nous quittons en fin d’après-midi El Calafate. On espère ne pas se retrouver dans un autre cul de sac, surtout qu’on part pour 27 heures de bus -j’ai bien écrit 27h, oui-. Je publie en réalité cette article juste avant qu’on parte. Oups, changement de plan. En se réveillant jeudi, à 9h, coupure d’électricité… Dans toute la ville ! Du coup impossible de décharger nos appareils numériques, impossible de publier cet article et le plus grave : impossible de prendre nos billets de bus.

En arrivant au terminal de bus, la femme du guichet nous annonce le prix des billets, la conversation ressemblait alors à ça :
– Ça fera donc 210€.
– On ne peut pas payer en CB bien sûr ?
– À cause du problème d’électricité, seulement en espèce.
*qui se balade avec autant d’espèce sur lui sérieux ?*
– Oui mais on n’a pas assez en espèce et forcément on ne peut pas retirer aux distributeurs, donc on pourrait payer à une ville intermédiaire ou bien à l’arrivée, on l’a déjà fait de Rio Grande à Punta Arenas.
– Mais ce n’était pas avec notre compagnie, avec nous ce n’est pas possible de monter dans le bus sans avoir payé, ceci pour des raisons de sécurité.
*ah ben oui c’est dangereux de monter sans payer, c’est sûr*
– Donc si il n’y a pas d’électricité pendant 3 jours on ne peut pas quitter la ville ?
– Je suis désolée ce n’est pas de notre faute.
*t’as raison, fuis le problème !*

Elle ne voulait rien entendre et repartit piailler avec ses collègues dans le bureau voisin. Avec Manon, on est en ébullition. On se voit déjà se foutre sous les roues du bus. 20 minutes plus tard, soit 15 minutes avant que le bus ne parte, une autre guichetière arrive, on lui saute dessus ! Elle nous baratine la même chose, puis on lui lance :
– Et sinon, on peut prendre en espèce un billet jusqu’à la prochaine ville, Rio Gallegos, à seulement 4h, et à ce moment payer un autre billet pour aller à Bariloche ? (Bariloche c’est le terminus du bus, à 27h de là, d’où on prendra un autre bus pour rejoindre l’île de Chiloé)
– Ah ben oui.
– Ben voilà, y’a une solution vous voyez.

Ce qui nous a le plus gonflé, c’est qu’en plus d’être intransigeantes, de n’avoir aucun côté humain, elles n’ont même pas essayé de trouver une solution pour nous aider, alors qu’elles n’avaient que ça à faire, et préféreraient piailler entre elles. On se croyait presque en France ! 😉

Bref, au final, le croirez-vous, ça nous est revenu moins cher de payer en liquide le trajet jusqu’à la première ville et en CB la suite. Allez savoir le pourquoi du comment !

Et vous savez la meilleure ? Sur le trajet, on croise une femme ayant eu une panne de voiture au milieu de nulle part. Elle montera dans le bus et ils la feront payer ensuite… J’ai presque envie de dire : LoL.