Découverte d’Uyuni, son salar et la tourista

Le 4 juillet on se réveille en Bolivie, à Uyuni, dans une chambre glacée. Bon, on se motive pour aller prendre une douche. On arrive à avoir de l’eau chaude mais l’air ambiant est froid. Dehors le vent est froid mais heureusement il y a du soleil. Il est 13h et on a bien faim, il est donc tant de sortir de l’hôtel à la recherche d’un restaurant. On n’est pas encore dans la rue qu’on voit une foule de manifestants boliviens. Apparemment ils sont contre la construction d’un nouveau terminal de bus. On n’est pas sûr d’avoir tout compris mais il semblerait qu’ils n’aiment pas recevoir des milliers de touristes. Uyuni est une ville très calme avec de grands espaces pour circuler. Est-ce en rapport avec la manifestation que tout est fermé ? Peut être ! Au bout d’un long moment, on finit par trouver un restaurant ouvert, juste à tant pour voir sur l’écran de télévision que la France a perdu contre l’Allemagne. On s’en fout bien sûr mais bon, mieux vaut ne pas crier qu’on est français à ce moment là. Les deux serveuses du restaurant sont deux jeunes filles peu souriantes et pas du tout serviables. C’est un comble pour des serveuses ! On a l’impression que c’est un restaurant familial et qu’elles ne sont pas très enthousiastes pour occuper ce poste. Enfin bon, on a attendu nos plats pendant un long moment mais on a bien mangé, c’est le principal.

Dans chaque pays, on achète une carte SIM pour pouvoir passer des appels locaux (au cas où on ait un couchsurfing, ce qui n’est pas certain du tout en Bolivie pour le moment). On trouve un magasin qui en vend, tenu par une jeune fille qui ne sait pas sourire non plus et qui parle tout doucement. Elle nous vend une carte mais ne sait pas comment l’activer. On ne capte même pas un réseau, notre achat ne sert pour le moment à rien. Dans un autre centre téléphonique, une dame un peu plus compétente nous l’active, une bonne chose de faite. On rencontre une française d’origine hongroise (d’où son accent) qui voyage seule pendant trois semaines seulement car elle a laissé ses deux enfants en France avec leur papa et se culpabilise de ne pas être présente pour les grandes vacances. Pas mal de gens parlent français dans la rue (des français, des quebecquois, des suisses).

Le soir, on décide d’aller manger au restau le plus près. Personne ne vient nous accueillir, ha si, un adolescent se lève du fond de la salle. On lui dit bonjour avec un grand sourire mais il fait clairement la gueule. Il ne nous décrochera pas un sourire de la soirée et restera devant la télé, un ado quoi !
On ne veut pas juger trop vite mais pour le moment les boliviens sont froids et peu souriants…

uyuni 4x4On passe la nuit dans notre frigo avant notre excursion du lendemain. D’ailleurs venons-y. On part en excursion deux jours en 4×4. Après avoir attendu une bonne demie heure, on voit notre chauffeur, qui tire la gueule. Décidément c’est la mode ici. Kévin lui lance un premier “holà”-pas de réponse- puis un deuxième “HOLÀ” bien insistant, au cas où il n’ait pas entendu… cette fois un faible “holà” sort de sa bouche, toujours pas de sourire mais on fera avec. On voyage avec deux autres couples et un coréen (ce dernier ne parlant pas espagnol, seulement anglais, aura du mal à comprendre ce que notre chauffeur nous explique. Les excursions étaient annoncées dans les deux langues mais notre chauffeur ne parle pas anglais). En descendant du 4×4 au premier arrêt, notre chauffeur nous demande si on parle espagnol, ce à quoi on lui répond que oui et qu’on préfère l’espagnol à l’anglais. Suite à cette réponse, devinez quoi, il nous a souris ! Je me doutais bien que quand il saurait qu’on parle espagnol, le courant passerait mieux.

uyuni trainRevenons à l’excursion. Première journée qu’a t’on vu : des vieux trains d’origines anglaise et française et le fameux salar d’Uyuni qui s’étend sur 10 582 km carré, le plus grand qui existe. Pour ceux qui veulent plus de détails sur sa formation, lisez le paragraphe en italique : l’altiplano bolivien comptait deux grands lacs: le lac Ballivian au nord (emplacement de l’actuel lac Titicaca) et le lac Minchin au sud. Il y a environ 15 000 ans, les eaux du lac Minchin se sont évaporées lentement laissant une succession de dépôts de sédiments lacustres et minéraux drainés depuis les montagnes environnantes. Le Salars d’Uyuni s’est ainsi formé au cours des millénaires avec des couches calcaires en profondeur recouvertes d’une croûte de gypse et halite (sel) en surface. Cette étendue de sel est située à 3 658 m d’altitude.

On en avait vu des photos qui nous avaient fait rêver, peut être un peu trop rêver… Une grande partie du salar n’est pas aussi blanc que ce que l’on s’était imaginé, la faute au vent qui a déposé du sable il y a moins d’un mois. Le salar redeviendra bien blanc après les pluies en août. Il y a beaucoup de touristes, on est loin de se sentir seul au monde en communion avec la nature comme à Ushuaia. On s’arrête plusieurs fois dans le salar et bon, quand même, il y a de grandes étendues blanches de sel comme on l’espérait. Il y a un hôtel au milieu du salar où le chauffeur nous arrête pour nous servir un repas équilibré (légumes, viande, féculents, fruits). Nous repartons à bord du 4×4 dans ce désert de sel. Prochain arrêt : les yeux du salar. Ce sont en fait des trous dans lesquels de l’eau bout, en tout cas c’est l’impression qu’on a en voyant les bulles qui en ressortent mais l’eau est gelée. En quelques mots, c’est moche. L’aspect est répugnant faisant penser à des égouts. Le décors autour accentue cette image de déchèterie avec un vieux pneu. Bref, on n’est pas conquis !
Plus loin, le salar apparaît comme une banquise craquelée de dalles hexagonales. Voilà un endroit qui vaut le coup d’œil ! C’est magnifique.

uyuni salar

A 15h30, notre chauffeur nous dépose à l’hôtel où l’on va passer la nuit, au pied du volcan Tunupa. En fait il nous dépose avec le coréen mais repart avec les autres qui ne font l’excursion que sur une journée. Il n’y avait pas assez de monde faisant la même chose que nous ce jour là, on devra donc s’incruster avec d’autres personnes le lendemain pour faire le retour. Mais on en n’est pas là, et même loin de là !

L’hôtel se trouve dans un hameau au milieu du salar où vivent une vingtaine de personnes. On se balade aux alentours pour voir les ruines d’un village en pierre, un lit d’eau abritant des flamants roses, des lamas et le coucher du soleil. On retourne à l’hôtel frigorifié. Bien sûr l’hôtel n’est pas chauffé et les toilettes sont dehors. On nous sert un repas à 18h30. On mange à la même table que le coréen et on échange quelques mots avec trois personnes de la table à côté de nous. Le froid nous oblige à filer sous les couvertures. La femme à Uyuni qui nous a vendu l’excursion nous avait dit qu’on nous donnerait des bouillottes. Je demande au personnel de l’hôtel. Ils me répondent qu’il n’y en a pas -j’insiste- ils me disent de demander à la gérante. Elle me confirme qu’il n’y a ni chauffage ni bouillottes et me donne des couvertures en plus. À ce moment là, j’en veux à la femme d’Uyuni. Qu’on vive des situations difficiles c’était prévu mais quand on paye pour quelque chose et que finalement ce n’est pas ce qui a été annoncé, on a de quoi s’énerver. (On a payé 50€ chacun.) J’arrive à me calmer mais à peine je commence à me réchauffer dans le lit que Kévin se sent mal. Et là c’est le drame.

Kévin observant les flamants roses avec des jumelles, en pleine forme, sans se douter de ce qui l'attend quelques heures plus tard...

Kévin observant les flamants roses avec des jumelles sans se douter de ce qui l’attend quelques heures plus tard…

Il file aux toilettes et part en diarrhées et vomissements. Je cours demander une serviette pour qu’il se nettoie et du papier toilette. J’aurais beau expliquer la situation, la gérante finira par me donner une serviette parce que j’ai vraiment beaucoup insisté et me VENDRA du PQ, oui VENDRE. Dans la panique de voir Kévin aussi mal, dans un endroit perdu avec des gens peu compatissants, j’aborde des touristes en train de manger. Physiquement ils pourraient être français, je tente le tout pour le tout et leur parle français. Dans notre malheur, on aura un vrai coup de chance : c’est un groupe de suisses dont une médecin ! Elle tente de faire un diagnostic, il est fort possible que ce soit alimentaire. Elle nous remplit une de nos gourdes d’eau chaude et nous donne des médicaments en plus de ceux qu’on a déjà. Des médicaments efficaces et appropriés mais le soucis c’est que Kévin ne s’arrête pas de vomir. Être malade ce n’est jamais un moment de plaisir mais en plus quand on est au milieu d’un désert de sel et enfermé dans des WC à l’extérieur où souffle un vent glacial… Pour ça aussi la femme nous a menti. Elle nous avait dit qu’il ferait plus chaud qu’à Uyuni. Le guide des suisses qui parle espagnol et français demande une bassine pour que Kévin puisse vomir dans la chambre où il fait un peu plus chaud. Il devra insister pour l’avoir. Tout le monde file se coucher, sauf nous. Je n’arriverai pas à me procurer un verre auprès des gens de l’hôtel : “Demandez à la gérante” est leur seule réponse, ils ne seront pas capables d’assumer de prêter un verre ! Lamentable ! Je trouve ça scandaleux qu’ils se foutent de l’état de santé de Kévin et qu’en plus ils ne me donnent même pas des choses simples. Puisque plus personne n’est là, je décide de me servir en PQ et bouteilles d’eau minérale au comptoir.

Je suis très inquiète. Kévin passe son temps au toilette. Je reste avec lui, j’ai froid, je suis fatiguée, je ne sais pas quoi faire. J’ai repéré le numéro pour appeler notre assurance mais de toute évidence on va devoir passer la nuit ici. Kévin me dit qu’il a peur, moi aussi…
Après plusieurs heures, il finit par s’endormir sans avoir vomi les derniers médicaments. Je m’endors à ses côtés peu rassurée et avec la chaire de poule (pas de peur mais de froid).

Au réveil, Kévin est très faible, toujours balonné et sans appétit. Il prend des médicaments en se forçant à manger un peu du petit déjeuner qu’on nous a préparé et retourne au lit. De mon côté, je me balade un peu dans le hameau sous un beau soleil, fait connaissance avec la petite fille qui vit ici et bien sûr, je prends soin de mon Titange malade.
A 13h30, notre 4×4 arrive. Je me précipite vers le chauffeur pour lui expliquer l’état de santé de Kévin. Enfin une personne compréhensive et sympathique. On mange sur place avec le nouveau groupe de la journée. Une polonaise et un couple de péruviens avec leur adolescent, tous très sympathiques. Je comprends tout ce qu’ils me disent et ne réfléchis plus à mes mots pour m’exprimer. Comme quoi on s’est bien amélioré depuis avril sans s’en rendre compte. Kévin participe beaucoup moins à la conversation mais tout le monde sera au petit soin à demander comment il va et à donner des conseils. Il mange quelques bouchées de poulet et de riz et retourne somnoler avant notre départ.

uyuni ile cactusL’après midi, on revoit pas mal de lieux déjà visités la veille, seule nouveauté : l’île des pêcheurs, au milieu du salar. Une île qui n’est plus entourée d’eau puisque tout s’est évaporé. Elle n’est pas du tout remplie de poissons mais de grands et nombreux cactus. Son nom vient de sa forme. Kévin se repose dans le 4×4. Je pars donc seule à la découverte de cette île piquante. Dans cette partie du salar, la couche de sel est plus épaisse, j’ai l’impression de marcher dans la neige.

On retourne à tant à Uyuni pour prendre le bus qu’on nous a réservé et qui nous conduit à Potosi. Bien sûr, on avait réservé sans savoir que Kévin se sentirait mal. On n’est pas à 7€ près mais il préfère faire le trajet. Nous voilà donc partis pour 4h de bus. Un hôtel avec chauffage, salle de bain privée et petit déjeuner copieux nous attend… normalement !

Córdoba, dernière étape de l’Argentine… Ou presque

On n’a pas encore quitté Mendoza que je me fais enfermée dans les toilettes publiques du terminal de bus. Une porte blindée bien épaisse, pas de lumière, pas de portable, Kévin qui m’attend tranquillement dans un petit restau et qui ne va pas s’inquiéter dans l’immédiat. Bref, j’enclenche mon mode panique ! “Hé hoooo ! Por favooor !”, je me tue les mains à essayer de taper pour que quelqu’un m’entende. J’aperçois à travers une légère fente les gens qui se pressent pour aller prendre leur bus mais aucun ne semble me remarquer. Je pense à mon plat qui va refroidir, à Kévin qui va s’inquiéter, à notre bus que l’on doit prendre… et si personne n’avait la clé ?

On en pense des choses en 10 minutes et pourtant je ne resterai pas plus longtemps dans ma prison. Un homme m’a entendue. Une dame vient me libérer, c’est la femme de ménage qui m’a enfermée et qui se retrouve bien désolée. Ce n’est rien, j’ai vécu bien pire ! Je file retrouver Kévin qui me voit arriver essoufflée et les mains rougies. J’ai été poursuivie par 3 argentins qui voulaient me piquer ma virginité, j’ai dû les assommer à coups de poing mais tout va bien mon ange. Avouez que cette version est un peu plus pimentée.
Bref, petite frayeur de la soirée passée, on essaye de dormir pendant nos 12h de bus mais c’est assez difficile. On ne nous fournit pas de couvertures et il fait froid… On arrive fatigué mais entier à Córdoba.

Notre hôte, Marcos, est l’un des fondateurs du couchsurfing. Il a l’habitude de recevoir beaucoup de gens et c’est un grand voyageur. Il revient tout juste d’un voyage de 5 mois en Amérique latine. Nous sommes logés dans un de ses appartements, à 25 minutes du centre de Córdoba. Il habite ici en attendant que son appartement en centre ville soit fini de restaurer. Il n’aime pas du tout vivre loin des bruits continus de la ville, le calme le déprime, il est désolé de nous accueillir dans ces conditions mais il ne faut pas, loin de la pollution = pas de mal de gorge. Il vit avec un de ses amis de l’Uruguay (Diego) qui attend que sa moto soit réparée pour continuer son voyage de 2 ans, et une mexicaine en couchsurfing (Tifany), grande voyageuse également. Ils ont tous autour de 35 ans.

Le soir, on se retrouve parachuté dans un autre appartement en ville pour manger avec pleins de gens. On était juste sorti pour faire des courses à la base ! Sacré Marcos, il avait tout calculé mais on n’était pas au courant. Ce n’est pas qu’on est sauvage, mais on aurait préféré une soirée tranquille pour se coucher tôt et pouvoir prendre une douche -après 48h dans les mêmes vêtements, c’est pas de trop-. Notre odeur s’infiltre dans les narines de nos hôtes qui commencent à s’évanouir un par un. Je sais que vous ne me croyez pas et vous avez bien raison, on ne pue pas du tout !

cordoba tableau

L’art d’un Monteiro

Deux frères habitent ici. On fait connaissance avec Tifany qui est déjà là. D’autres nous rejoignent au compte goutte : la petite amie d’un des frères, une collègue de boulot à Marcos (Natalia), Diego et sa petite amie (Carmen), un garçon à l’allure efféminée, encore un autre garçon et une coréenne (Jiang) ; on essaiera tous de bien prononcer son prénom mais c’est difficile. Je sais ce qu’elle endure, personne n’arrive à prononcer Manon correctement non plus, j’ai l’habitude à force. Du coup je m’appelle Manone ou Manou, au choix. Et Kévin se transforme souvent en Kébine.

Dans la soirée, le garçon un peu efféminée nous accoste et tout fière il nous chante : “j’ai la quéquette qui colle…”. Les autres sont impressionnés qu’il connaisse une chanson en français mais ils n’ont aucune idée de ce qu’elle signifie ! On aura dû mal à leur traduire exactement mais bon, quelle importance ! Chante mon garçon, le ridicule ne tue pas ! Quoique…
Bref, le temps passe et à 1h30 du matin, enfin, on… Non on ne rentre pas se coucher, on mange ! On ne rentrera qu’à plus de 3h… Une grasse matinée jusqu’à 13h30 et glandouille toute la journée s’impose.

Le soir, on reste manger dans le même appartement dans lequel on est logé. Natalia, la collègue de boulot de Marcos, nous rejoint avec sa fille de 11ans, Mickaella, et son bébé de 5 mois, Maximo. Natalia s’est récemment séparée du père de son bébé, elle a pas mal de soucis et Marcos veut lui changer les idées. Il a préparé un très bon repas et essaye de plaisanter un peu avec Mickaella mais rien n’y fait. La gamine ne décrochera pas un mot de la soirée. Natalia mange avec son bébé dans les bras… essayant de couper du jambon cru avec une seule main ! Impossible, même pour elle. C’est comme Édouard aux mains d’argent essayant de manger des petits pois ! Elle ne mangera presque rien, sa fille non plus et Marcos ne se mettra même pas une assiette prétextant qu’il n’a pas faim. On est les seul à faire honneur à son plat qui le mérite énormément ! Même les glaces en dessert n’auront pas plus de succès. L’ambiance n’est pas mauvaise pour autant.

cordoba parc

Voilà comment Kévin porte sa veste quand il alterne entre le chaud et le froid.

Le lendemain, dimanche 22 juin 2014, on prend un bus à 8h30 pour se rendre au parc national Quebrada del Condorito.
Le bus tombe en panne, on en prend un autre, on perd une heure et on arrive à 12h30, au milieu de nulle part. On marche pendant 2h dans un décors particulier, de buissons et montagnes. On arrive à un mirador d’où il est possible de voir des condors. On en voit mais de très loin en train de voler. On est un peu déçu de ne pas en voir de plus près sachant que cela est possible. On se fera quelques amis, des “zorzal amigo”, des oiseaux peu sauvages qui viennent manger avec nous.

Puis on repart dans l’autre sens, on n’a plus d’eau et j’ai énormément soif. On n’en avait pas prévu assez, quelle galère ! J’ai l’impression d’être au milieu du désert, la gorge sèche et la tête qui tourne. Au bout d’1h30, je trouve mon oasis qui n’est autre qu’une maison d’information avec de l’eau potable.
On arrive à l’arrêt de bus (enfin, au bord de la route), 20 minutes en avance. Deux autres couples sont déjà là depuis un bon moment. Les minutes passent, la nuit tombe et toujours pas de bus. Il fait froid, un des couples tente de faire du stop mais personne ne les prend. On se réchauffe chacun dans les bras de sa moitié comme on peut. Le bus arrive finalement avec 40 minutes de retard et il n’y a plus de places assises. On arrive à Córdoba, il est 21h. Marcos nous a dit qu’il viendrait nous chercher pour éviter qu’on perde trop de temps à prendre un bus à cette heure là. On attend Marcos pendant 45 minutes, ensuite il passe chercher Diego, il s’arrête faire des courses, prendre du gaz pour la voiture (une hybride), décharger des choses dans un appartement… Bref, on arrive à 23h30 à l’appartement et le bus de ville serait allé bien plus vite. Ce n’est pas grave dans le fond mais le soucis c’est que je me sens vraiment extenuée. Je me couche ou plutôt je m’évanouis sur le lit et tombe dans un profond coma…

Je me réveille au bout de quelques heures. Je me sens fiévreuse, j’ai une forte nausée, une grosse migraine et des douleurs musculaires dans tout le corps. Un doliprane me permettra de finir la nuit mais au réveil je suis toujours dans le même état. Je passe la journée dans le lit à lutter contre je ne sais quoi. Les symptômes ne sont pas exceptionnels mais quand on voyage dans plusieurs pays, qu’on se fait piquer par des moustiques et qu’on mange la nourriture locale : un tas de suppositions nous traversent l’esprit et nous inquiètent.

Kévin envoie un message à médecins direct, un site qui nous a été proposé par mon assurance où l’on peut décrire ses symptômes et des médecins nous répondent dans les 48h. Je comate toute la journée sans manger. Le soir je me lève quelques heures mais je suis très faible. Heureusement je passe la nuit à bien dormir. Au réveil, ma fièvre est tombée et je me sens plutôt bien. Un médecin nous a répondu. Nous ne sommes pas passés dans des zones critiques pour le paludisme, si ça ne passe pas, il faudra faire des examens pour s’assurer que ce n’est pas la dengue. À la fin de son message, il me dit “je vous rappelle que ces symptômes peuvent également survenir à la suite d’une déshydratation.” Je n’ai plus de doutes, vu la soif que j’ai eu la veille pendant 1h30 de marche, je sais que je m’étais beaucoup déshydratée. J’avais mis du temps à m’en remettre. Bref, que personne ne s’affole, je n’ai pas la dengue. J’imagine l’hystérie de Valérie, notre infirmière en France, en lisant ce paragraphe. Ne t’inquiète pas, on a bien géré, les anti-nauséeux ont été efficaces et dans le doute, j’ai pris de la doxycycline.

Nous sommes le mardi 24 juin 2014, c’est notre 5ème jour ici et nous n’avons toujours pas visité Córdoba. C’est parti ! Il y a beaucoup de jolies églises, une belle basilique et de beaux monuments. On remarque que pas mal de gens font le signe de croix lorsqu’ils passent devant une église. Avec toutes les églises qu’il y a, ils n’ont pas fini ! On en visite quelques unes, Kévin s’agenouille dans l’une pour faire une prière ou pour se reposer, je n’ai pas trop su !
La nuit, Córdoba est encore plus jolie. Beaucoup de bâtiments sont éclairés de couleurs vives. On se croirait un peu à une fête des lumières. On rejoint Diego et Tifany à une fête qu’on aura énormément de mal à trouver et dans laquelle il y a une foule de monde qui boit des bières ou du vin directement à la bouteille mais pas grand chose d’autre.

cordoba musee

Kévin en pleine contemplation ou somnolence

Le lendemain, on décide en fin d’après midi d’aller visiter le musée de sciences naturelles et celui des Beaux Arts. Nous sommes mercredi et les mercredis les musées sont gratuits (comme à Mendoza). Mais comme on a un peu trop trainé, à 17h30, le musée de sciences naturelles est fermé. On visite celui des Beaux Arts. On n’a pas la même notion du mot “beaux” mais il y a des choses intéressantes. Je ne comprends toujours pas comment quelqu’un peut se faire connaître en peignant des toiles entières d’une seule couleur basique ou en dessinant comme quand il avait 3 ans (et encore il y a mieux comme dessins d’enfants). Mais bon, disons qu’on n’est pas réceptif à l’art moderne ! (Je préfère de loin les tableaux d’une peintre en Ardèche.) On est également tombé sur un peintre du nom de Monteiro, mais Kévin a préféré renier ce côté là de sa famille.

Le soir, on se retrouve à 6 pour manger (Marcos, Diego, Carmen, Tifany et nous). Tifany nous a préparé des tacos typiques de chez elle, donc si vous suivez, des tacos mexicains. Ce n’est pas une découverte pour nous mais on apprécie jusqu’à se faire péter le ventre. En fait, elle en avait préparé pour d’autres personnes qui ne sont finalement pas venues. Du coup on a beaucoup trop à manger.

Le lendemain, jeudi 26 juin, nous avons un bus à 10h. On se lève un peu plus tôt que prévu pour préparer de délicieuses crêpes aux autres, notre cadeau de départ. On n’est jamais resté aussi longtemps chez un hôte. 6 jours qui nous ont permis de nous reposer avant la suite. En effet, nous partons définitivement de Córdoba et de l’Argentine… enfin, c’est ce qu’on avait prévu mais les imprévus font partie du voyage, n’est-ce pas ?

El Calafate et son glacier géant

Les tampons des passages successifs de la frontière Chilio-argentine s’accumulent sur le passeport ! Se balader en Patagonie nous oblige à traverser la frontière : mais ça vaut le coup 🙂
Après plus ou moins 5h30 de bus -ce qui passe très vite quand vous avez la tête dans le… – on arrive à El Calafate. Bon apparemment ici y’a principalement un glacier à admirer : Perito Moreno. On descend du bus sur le coup des 14h et on vérifie les activités du coin avec l’office du tourisme, on en profite pour savoir où dormir ce soir. La femme nous met des petites croix sur la carte pour nous indiquer les hôtels dans nos prix, on charge nos gros sacs, et c’est parti !

Après 15 minutes de marche, on se demande si il n’y aurait pas eu une épidémie dans la ville, elle est vide ! On arrive devant le premier hôtel. Il est fermé car en rénovation. Next ! Second hôtel, fermé car en rénovation également ! 10 minutes plus tard, on arrive sur le troisième, et devinez quoi ? Non, il ne sera pas “fermé car en rénovation”, il sera “fermé” tout court. Bref, au bout d’un moment on tombe sur ça :calafate hotel

On trouve ce style “chalet” trop beau, on y pose donc nos (gros) sacs ! C’est en fait un hôtel restaurant, dont les chambres communes rentrent bien dans notre budget. Enfin “chambre commune”, il n’y a que 4 lits, et on est et sera tout seul. On retourne faire un tour pour contempler Laguna Nimez, une réserve naturelle à la périphérie de la ville, qui fait penser à la Camargue. L’ambiance de la ville est de type montagnard, chalets, maisons atypiques : un chocolat chaud s’impose à nous 🙂

Le lendemain on décide de prendre le dernier bus matinal allant au glacier (à 9h30), histoire d’être bien reposé : on nous a annoncé un gros trek de 4h. Manon flippe un peu car la femme nous ayant hébergés à Puerto Natales lui a refilé son mal de gorge. Mais cette journée sera une grosse surprise !

calafate lagunaSeuls les 40€ à payer pour accéder au parc naturel où se situe le glacier nous refroidiront. Sur le trajet les paysages sont sublimes. On aperçoit le glacier au loin, une femme du bus se précipite avec son téléphone pour le prendre en photo de façon très approximative, à croire qu’elle n’a pas bien compris le thème de la journée ! Les gens sont parfois si curieux !

Une petite fringale comblée et on fonce pour ce fameux trek, mais en fait, c’est pas du tout un trek devant le glacier : tous les chemins sont surélevés avec des plateformes de métal et entourés de grosses barrières en bois. Des parcours sont affichés à l’entrée, le plus difficile est annoncé à 1h, du coup, on se dit que là on tombera sûrement sur des paysages encore plus beaux et naturels ! Oui et non (clin d’oeil à Victor) : plus beaux car plus près du glacier, mais toujours des chemins barriérés et métallisés. Ça explique pourquoi on croise autant de familles, de gamins et de vieux ! On est loin du pic de Blue Mountains ou encore du parc naturel d’Ushuaia ! Bref, leur parcours d’une heure est fait en 30 minutes, on enchaîne donc avec d’autres pour admirer le glacier.

Y'a des gens en bas à gauche, si si, cliquez pour agrandir !

Y’a des gens en bas à gauche, si si, cliquez pour agrandir !

Le glacier (oui, je vais enfin en parler !) est gigantesque. Une cinquantaine de mètres de haut, et une profondeur de… en fait on ne voit même pas jusqu’où il s’étend (on apprendra qu’il fait 14km de long, pas étonnant de ne pas voir le bout !). On a essayé de capturer cela en photo, mais comme bien souvent avec de tels paysages, c’est difficile de se rendre compte. On aurait pris des glaçons dans une flaque d’eau avec un petit tas de terre derrière que vous pourriez croire que c’est pareil. Ce type de paysage est vraiment à voir de ses propres yeux, on se sent ridicule, tout petit fasse à ce monde de géant, on s’imagine bien voir arriver une grosse main d’un être gigantesque de par dessus les nuages ! Mais aucune main n’est arrivée bien sûr. En revanche, ce qui est arrivé, c’est plusieurs bruits de craquements provoqués par des morceaux de glace, parfois de la taille de plusieurs hommes, s’effondrant ensuite dans l’eau. Magique, bien que je trouve triste de voir un glacier reculer. On a quand même peiné à voir ces effondrements, on les entendait seulement, mais la faute à la vitesse du son, trop lente pour nous atteindre avant que la glace n’ait touché l’eau. On regrette tout de même de ne pas pouvoir approcher ce glacier à pied de plus près et librement -on aurait pu sauter les barrières, mais il y avait pas mal de gardes du parc qui se baladaient, on n’aurait pas fait long feu !-

Le lendemain, lundi 26 mai, on prend une journée pour se reposer de ce trek épuisant… Non sérieusement : Manon est un peu malade et nous avons besoin de réorganiser nos trajets et points d’arrêt en Argentine car nous avons dû supprimer tous nos points sur la côte est, ne présentant pas d’intérêt en cette saison. Une semaine à répartir ailleurs, basé sur les conseils des personnes rencontrées -ce qui est beaucoup plus pertinent qu’Internet-.

Prochaine étape : El Chaltén, 4h au nord de El Calafate. L’aventure en Patagonie continue !

Le repos à Port Antonio

Nous sommes mardi 6 mai, je passerai la journée au lit, à dormir et somnoler, non pas que j’apprécie énormément d’être une loque, mais je suis malade (pour ceux qui auraient zappé l’article précédent). Rastaman et Manon sont aux petits soins ! C’est là que vous êtes content de ne pas voyager tout seul !

Petite pensée pour mon géniteur, c’est son anniversaire, mais j’ai aucun moyen de communication ici, pas grave, je lui envoie des pensées positives. Ça fonctionne sûrement -on y croit en tout cas-.

Bref, journée repos. Le lendemain, Manon est crevée. Elle s’est battue toute la nuit avec un moustique qui s’était immiscé DANS la moustiquaire, et nous a bien éclaté. En revanche, la journée sera beaucoup plus intéressante que la précédente.

Rastaman a son propre jardin, et n’a besoin d’aller en ville que pour acheter viande ou poisson. Tout le reste (ou presque), ça vient de chez lui. Ainsi, on goûtera une noix de coco toute fraîche, piochée de son cocotier. A ce moment j’eue une petite pensée pour nous, français, quand on se retrouve face à une noix de coco, et qu’on n’arrive pas à l’ouvrir. Rastaman vous fait ça en 3-4 coups de machette !
Dans l’après-midi notre vieux rasta nous emmène à travers les broussailles derrière sa maison. On a alors une petite vue de la ville. En continuant on tombe sur des chocolatiers, on prend l’un des fruits, et on retourne à la maison, esquivant de peu la pluie.

Graines blanches : toutes justes sorties du fruit. Graines marrons : séchage d'une semaine à l'air libre

Graines blanches : toutes justes sorties du fruit. Graines marrons : séchage d’une semaine à l’air libre

Là on assistera au traitement du chocolat depuis sa cueillette jusqu’à son utilisation ! Tout d’abord il fout quelques bons coups de machettes sur le fruit. Il en extrait la grosse grappe contenant les graines complètement blanches, et les laisse sécher environ une semaine à l’extérieur, sur une simple grille. Voilà, c’est fini pour aujourd’hui… Non je déconne ! Heureusement il a un tas datant d’une semaine pour nous montrer la suite du traitement 🙂

Sèches, les graines deviennent marrons. Il les met ensuite dans une casserole vide et chauffe, à sec, en les agitant. Une fois que c’est bien cramé, qu’un beau nuage gris rempli la pièce -comptez 10 à 15 minutes-, l’écorce s’enlève facilement (tant que vos doigts résistent à la chaleur !).

Manon et Rastaman épluchent pendant que j'immortalise ce moment

Manon et Rastaman épluchent pendant que j’immortalise ce moment

Ensuite on va piler. Vas-y Tintin qu’on écrase tout ça pendant 30 bonnes minutes à tour de rôle. J’aurais pensé que les graines broyées donneraient de la poudre. Mais pas du tout, pauvre de moi ! C’est pas du Poulain ou du Nesquick qu’on fait ! Ça donne une pâte suintante d’huile. Rastaman se badigeonne alors le corps (ça aurait été rigolo… et flippant aussi) les mains d’huile de coco, puis prend ces résidus de chocolat pour en faire des petites boules et les laisser sécher à l’air libre. Le lendemain matin, c’est prêt ! On a des boules de chocolat 100% naturelles et faites maison ! Il suffit ensuite de râper une boule, puis placer les morceaux dans de l’eau chaude additionnée de pelures d’orange pour en faire, vous l’aurez peut être deviné : du thé. Yeah man !

Il faut savoir qu’ici on entend TOUT LE TEMPS “Yeah man”. Pas à chaque minute non plus, mais genre 50-60 fois par jour, car c’est un tic de langage ici, tout le monde le dit, à tout le monde, femme ou homme -on aurait pu penser à un : “Yeah woman”, mais non-. Même les flics qui circulent avec des hauts parleurs commencent leurs phrases par “Yeah man, today…”.

Le lendemain, jeudi 8 mai, fête nationale ! … Mais nous on s’en fout, on est en “jour férié” depuis plus d’un mois, petite pensée aux français qui se sont battus pour avoir leur pont 😉

Ça pile sec !

Ça pile sec !

À Port Antonio il pleut des cordes depuis la veille au soir, or toutes nos activités possibles sont à l’extérieur. On aurait bien demandé conseil à Rastaman mais on ne l’a toujours pas vu -en revanche tous les matins on a un petit déjeuner salé qui nous attend-. On se motive à descendre sous les trombes d’eau pour voir si il traine dans la rue, mais pas de rasta en vue et personne ne l’a vu. Alors qu’on veut rentrer à la maison, la pluie nous oblige à nous abriter dans un commerce le temps que ça se calme. 15 min plus tard, on rentre et décide de partir en ville pour glandouiller, quand soudain, POUF, notre rasta rentre. Bon, changement de plan de dernière minute : on décide d’aller dans des eaux chauffées par la terre. Il paraît que c’est relaxant, Rastaman nous a vendu du rêve, alors testons ! 10 minutes plus tard on est tous prêt. “Tous” car Rastaman nous accompagnera pour que personne ne nous gonfle les prix. Les sources d’eaux chaudes sont en fait à 2h d’ici à l’est. Mais ça, on n’le savais pas !
On passe par Long Bay pour y aller, vous vous rappelez de Long Bay ? C’est la destination qu’on n’a pas encore explorée car j’étais malade. Coup d’œil rapide en voiture. Et ben franchement, les plages sont juste magiques ! J’avais vu tantôt un blog qui recensait les plus belles plages jamaïcaines, Long Bay en faisait partie, et y’a de quoi ! Mais Rastaman nous déconseille d’aller dormir dans cette ville car il y a apparemment beaucoup de vols le soir, et la zone n’est pas du tout sécurisée, aucun flic à moins de 30 minutes.

Notre pâte de chocolat faite maison

Notre pâte de chocolat faite maison

1h30 plus tard, entre zigzagues et routes à chèvres -où on croisera quelques motards en 125cc chevronnés, sans casques, normal ici-, on atteint enfin le lieu suscité, les sources d’eaux chaudes. Et comme je suis un salopard, vous connaîtrez la suite dans le prochain article ! -la vraie raison : celui-ci commence à être un peu trop long ;-)-

Port Antonio, changement de plans

On arrive à Port Antonio, il est 17h15, nous sommes le dimanche 4 mai 2014. Notre cher Courtney nous présente plusieurs maisons d’hôtes (guest house), mais elles ne conviennent pas pour X raisons, non pas que nous soyons exigeants, mais on prend note de nos précédentes erreurs, et si ça ne nous dérange pas d’être dans une chambre pourrie, en revanche ça nous dérange quand y’a ni moustiquaire, ni wifi, et qu’on est à 1h à pied du centre ville. Bref, après 1h à tourner en rond, à attendre le Courtney qui ne peut pas s’empêcher de parler à tout le monde, voyant qu’il ne dénichera pas notre bonheur, je lui dis qu’avant de partir de Kingston j’avais noté juste le nom d’une rue pour une guest house qui pourrait convenir, car à 5 min à pied du centre.
Courtney prend alors fièrement son GPS et me lance “il n’y a rien que ce GPS ne trouve pas”. Mais il ne trouva pas mon adresse. Hé hé.
Assez débrouillard il trouve l’adresse, puis on déniche la guest house avec un gros coup de bol : maison blanche devenue verte, et le contact que j’avais eu qui était parti en Australie, mais bon, le maître des lieux, nommé sobrement Rastaman, était là, fièrement planté avec un chapeau de dreadlocks sur la tête (les dreadlocks c’est les grosses nattes que font les rastas avec leurs cheveux).

On visite les lieux, vu le prix ($2000JMC, soit 14€ la nuit pour 2) c’est impeccable (comprenez, moins de 2 bestioles au mètre carré) . On est donc proche du centre ville. Ici, pas de wifi, ni d’eau chaude, mais ça, c’est pas le plus important. J’avoue qu’à ce stade du périple notre occupation principale c’est de ne pas éclater le budget (Antho, petite pensée pour ton périple en Asie 😉 ), et là, on peut encore rattraper le coup de l’addition salé (“salé” au second degrés bien sûr) de l’autre burne de Courtney. Ce dernier nous paiera un coup à boire au bar juste à côté de la guest house de Rastaman. C’est pas qu’on insistait un peu, mais quand même, on restait à côté de lui au bar à ne rien commander, tout était dit :p
Grâce à nous il tenta de draguer la serveuse du bar, tenta de se faire pote avec Rastaman et visita sa maison, puis glanda dans le bar jusqu’à bien 23h.

Le lendemain, on prévoit de visiter les lieux -pas la chambre hein, la ville-, puis faire du repérage pour nos excursions à venir. Mais la journée va beuguer à cause d’un voleur.

A 10h30 on se lève -toujours aussi matinaux- et qu’elle bonne surprise de voir que notre Rastaman nous a préparé des petits déjeuners salés (au premier degrés cette fois) et laissé un petit mot, la journée commence bien ! À 11h00 l’eau se coupe, nous obligeant à finalement migrer sous une chaleur accablante.

On traine un peu, beaucoup nous proposent de nous emmener par-ci, ou par-là. On est sur la défensive, puis un gars que l’on croise nous propose de nous aider, méfiant, je refuse. Il paraît sympa et insiste un peu, je lui demande alors où je peux trouver un centre de plongée, il nous l’indique, en nous disant qu’on n’a pas à s’inquiéter, les gens sont sympa ici. Bon ok c’était juste un renseignement, mais je sais pas, je sentais chez lui un truc louche, type commercial. Le centre est fermé, on cherche donc un cybercafé pour vider nos appareils numériques, on tombe alors par hasard sur un gars qui nous propose de nous y guider, allez !
Ce gars est très important pour la suite de l’histoire, il s’appelle Mickaël. En 2 minutes on arrive à ce cyber. Il reviendra 1h plus tard pour nous demander si il peut aider, il nous emmène alors dans un restau vraiment pas cher -c’est ce qu’on avait demandé-, bien placé, où on se ravitaille comme il faut. Là il nous dit qu’il peut nous emmener à “Blue lagoon”, c’est vraiment top pour faire du snorkeling (de la plongée sans bouteille en fait, comme on avait fait à Cozumel). On lui expose clairement notre budget, on voyage en mode “le moins cher possible”, donc pour la journée : pas plus de 3000$JMC. On lui demande d’écrire clairement sur papier ce qu’il pense donner comme prix, 4900 tout compris. Ça dépasse mais on se dit que si ça vaut le coup, allez hop ! On est là pour en profiter aussi, au pire le lendemain on amortira l’excès en se reposant.

On trouve rapidement un taxi, 700 par tête aller-retour au Blue-Lagoon, si c’est les prix, pourquoi pas, on a été habitué à pire depuis qu’on est là. Sur la route quelques arrêts pour prendre des photos des paysages. Dix minutes plus tard, on arrive sur place, c’est pas très loin en fait. Le tarif pour le snorkeling n’est plus le même qu’annoncé, on passe de 3500 à 5500. 3500 pour le bateau qui nous emmène sur un îlot et 2000 pour louer palme masque et tuba. En négociant, Mickaël nous fait descendre ça à 4500 apparemment, divisant par 2 la location des équipements.
On monte dans le bateau, 5 minutes plus tard on arrive sur un petit îlot à 300m des côtes. Lancés dans l’eau plutôt bonne (plus de 24°C certainement) on nagera une petite heure. C’est sympa, on voit une raie passer à 5-7 mètres de nous, j’en n’avais jamais vu ailleurs que dans un aquarium ! Le bateau revient nous chercher à l’heure prévue -ils ne nous ont pas abandonnés, ouf-
3500 (environ 27€) pour un tour en bateau de deux fois cinq minutes ça paraît cher tout de même. On reprend le taxi, direction la maison de Rastaman.

La burne qui pose

La burne qui pose

Devant la guest house il demande ses honoraires, ben écoute on va te rembourser 700 quoique t’as du payer moins et que t’as servi à rien là-bas, en plus tu t’es promené gratis en bateau, et 100 de plus pour la peine. Pas content, il nous suit jusqu’à l’entrée de la maison, en voulant 2500 à 3000. Je lui redis pour la ixième fois qu’il fallait exposer clairement dès le début qu’il comptait demander de l’argent, qu’il n’est pas honnête, et qu’en ayant voyagé 1 mois au Mexique on est tombé sur des gens qui nous aidaient, parfois toute la journée, et gratuitement, eux. On lui remontre les tarifs qu’il avait lui même écrit noir sur blanc, de ce que l’on aurait dû payer. Rastaman arrive et avance les 1000 que la burne réclame. En apprenant après coup qu’on lui avait déjà remboursé 700, Rastaman nous dit que ce type est juste un voleur, une mauvaise personne ; en effet, le taxi pour Blue lagoon coûte 600 pour 3 personnes aller-retour. Au final, je pense que le Mickaël s’est mis plus de 2000 dans la poche, incluant taxi et bateau avec lesquels il avait sûrement une combine. Alors ? Ça donne envie d’aller en Jamaïque, non ?

À ce stade du “périple Jamaïque” on décide de sérieusement prendre du recul avec Manon. Je comprends que le pays soit touché par plus de 50% de chômage, que les gens fassent tout et n’importe quoi pour tirer de l’argent, mais là c’est trop. On a l’impression d’être des putains de porte-monnaies ambulants, montés sur 2 échasses.
Notre but du voyage est de découvrir la culture, les gens. Faut-il forcément aller à l’autre bout de l’île, l’ouest, hyper touristique, aux prix doublés voire triplés, pour faire ces découvertes ? On pense honnêtement que non. Les gens seront encore plus habitués à leurrer le touriste. Déjà qu’on n’est pas des habitués au pays, à tout le système, on décide donc d’arrêter l’achat de vaseline, de se trouver un endroit bien sympa pour se poser, et y glander. Objectif : Long Bay, à 45min d’ici, du côté non touristique de l’île. Réputé pour ses belles plages, on y jettera un œil le lendemain, avec l’aide de Rastaman qui désormais nous guidera tout le temps pour ne plus qu’on se fasse avoir, en tout cas ici. On ne fait pour le moment pas grand chose en Jamaïque, pourtant notre budget journalier (environ 90€/j pour 2) est dépassé !

Notre vieux rasta, 100% authentique, Yeah Man !

Notre vieux rasta, 100% authentique, Yeah Man !

20h, Rastaman nous guide vers un restaurant pas cher. On profitera de cette occasion pour échanger avec lui, notamment sur ce qui est religion et philosophie de vie. Ainsi il différencie “confiance” et “confident”, considérant que la confiance c’est lorsque l’on avance par exemple de l’argent à quelqu’un, alors que le confident est une personne avec laquelle on partage de l’amour. Il a une philosophie basée sur “faire le bien”, Dieu serait en chacun de nous et la méditation permettrait de l’écouter et faire les bons choix. Si sa copine est attirée par un autre homme, il ne cherche pas à la garder, il la quitte et la laisse à l’autre. Petit détail, Rastaman, on lui donne 40 ans en le voyant, mais en fait, il en a 55, et 2 enfants, l’aîné ayant l’âge de Manon.

De retour à l’appart on a le droit à ses talents de black chantant bien. Rastaman a écrit des chansons, des rythmiques, mais tout ça, c’est uniquement dans sa tête, rien sur papier. On a droit à un concert en direct, à capella, puis à une session de jumbé où il nous fait découvrir les basiques. Yeah man !

Nos gourdes sont vides, mais Rastaman nous montre qu’il a plein de bouteilles d’eau, prudent, on demande si c’est bien de l’eau minéral, il nous dit que oui.
Le lendemain matin, toilettes, liquide. Bon, re-confirmation : l’eau vient-elle de la maison ? Ah ben oui en fait, nous affirme Rastaman, bon, ben ça vient de là. Yeah man. Plouf.
Après avoir un peu plus étudié le truc, il semblerait que ce soit le jambon de la pizza qui aurait pu me faire ça, par prudence on ne boira plus que l’eau que l’on achète nous même…