Meknès et les environs de la cité impériale

En ce 31 mai 2017 j’arrive à Meknès en milieu d’après midi. Appréhendant les labyrinthes des médinas, je me lance à la recherche d’une auberge à la fois dans la nouvelle ville mais également proche de la gare de train et celle de bus. Mes recherches sur le terrain seront aussi décevantes que celles faites sur le net. Je ne trouve rien à moins de 370dh la nuit, contre moins de 100dh dans les auberges habituellement. Et dans ce pays il n’y a jamais de points d’informations ou d’office du

La destruction des points d'informations serait-elle la cause de leur absence ?

La destruction des points d’informations serait-elle la cause de leur absence ?

tourisme, le “conseil de tourisme régional” à Meknès est fermé quand je me pointe devant. Dur de trouver des plans. Après une heure de marche je me pose et me sens déconnecté du côté humain que je vivais à Fès, je suis dans un Hôtel. La réception me propose d’office de louer un taxi pendant 3h le temps de visiter les 2 sites à voir, ça me donne l’impression d’être dans un truc organisé. Ces détails et ces frustrations ajoutés aux douleurs que j’ai aux jambes me mettent un gros coup au moral. Je découvre rapidement la télé marocaine, un bain, et accepte de jouer le jeu du touriste qui ne fait pas tout par lui même, bref, de quoi vous remotiver en moins de deux ! Fait amusant : la censure des gros mots. Je regardais une chaîne diffusant des films US en VOST Arabe, et lors de gros mots, le son était totalement coupé ! Les mouvements de bouches eux, pet mettent néanmoins de très bien discerner la prononciation d’un FUCK.

Le lendemain, un taxi, Ahmid, m’attend. Nous voilà en route pour le site de Volubilis, des ruines romaines. A l’entrée du site un guide me propose ses services pour 100dh, qui chutent rapidement à 50, et je le fais fuir en lui refusant de venir pour plus de 10. Ce n’est pas méchant de ma part, c’est juste qu’ils sont particulièrement insistant et bien que je ne le détaille pas dans mes articles, quand on commence à dire non aux proposants, ils vous enfoncent littéralement en vous disant que vous n’allez pas y arriver seul. Mauvaise tactique mon ami.

La légende dit que cet homme a été retrouvé avec les ruines.

La légende dit que cet homme a été retrouvé avec les ruines.

Le plus marrant c’est que le site est plutôt bien foutu avec des plans régulièrement et des panneaux explicatifs. J’ai trouvé le site particulièrement vaste, les mosaïques sont belles, bref, j’ai galopé pendant 1h30 et j’ai beaucoup aimé.

Nous allons ensuite vers Moulay Idriss. Il n’y a que la mosquée à voir, mais en tant que non musulman, pour apercevoir l’intérieur, la technique est de se frayer le bon chemin dans la médina sur le flanc de colline et trouver une des 2 terrasses pour contempler le site du dessus. A peine arrivé qu’un guide me jette rapidement un “vous ne trouverez pas, c’est un labyrinthe vous n’êtes qu’un touriste”. “Ok, emmène-moi, pour 10dh”, et c’est ainsi qu’il parti agacé. (L’échange à duré 2 minutes dans la réalité, mais c’est un bon résumé)

En 10 minutes et avec le coup de main d’une femme sur la fin (je précise femme, car elles, n’ont encore jamais essayé de m’embrouiller), j’arrive sur une terrasse, c’est joli, mais pas de quoi casser trois pattes à un canard (même pas 2 d’ailleurs). Un gardien d’une mosquée m’ammène vers une autre terrasse, encore plus jolie, très calme et sereine, où je me poserai quelques longues minutes.

Une partie infime des ruines Romaines de Volubilis

Une partie infime des ruines Romaines de Volubilis

Ensuite il essaie de me refiler des gâteaux en me les mettant dans les mains, des gâteaux qui portent chance et étonnamment me balance “je ne comprends pas, les touristes ils les prennent, les francais comme toi, ils prennent ces gâteaux, je vous ai dit que ça portait chance. Pourquoi vous n’en voulez pas ? Mais ce sont vos affaires”. Oui et moi je t’ai déjà dit 2 fois que j’ai pas envie de payer pour tes croyances mystiques. Je lui file 10dh parce qu’il m’a montré une chouette terrasse et expliqué la signification des boules sur les Mausolées, et également parce que j’ai pas envie de le traîner plus longtemps car il devient envahissant. Mon taxi me confirmera l’entourloupe des gâteaux “baraka”. En redescendant je croise mon taxi revenant de sa prière et vais cette fois contempler la porte de ce Mausolée. Un guide me file le train, comme d’habitude. Une fois de retour au taxi, ce dernier me confirme qu’ils étaient deux à me suivre car j’étais le seul touriste des alentours. Je le développe un peu plus ici, mais c’est la même chose dans les médinas, vous pensez vous être débarrassé d’un type, et parfois jusqu’à 5 minutes plus tard il ressurgit avec un trucs poignant genre “ah ah je vous l’avais dit”. C’est vague, ça vous surprend et vous donne envie de le gifler.

Ahmid est un taxi, mais aussi un guide, il a ce côté Arabe commercial qui fait faux humain. Depuis le

Vu sur Moulay Idriss. Pas un canard en vue.

Vu sur Moulay Idriss. Pas un canard en vue.

début du trajet il me parle de pois chiches, du coup on s’arrête et il me montre comment est la plante à different stade de maturité. C’est mignon, et toujours intéressant.

Il me dit également que le village où j’étais dans le désert, Hassi Labied signifie puits blancs en Berbère, apparemment. Des petites infos comme ça il en a pleins !

J’ai toujours les courbatures aux jambes, et toutes cette marche n’y arrange rien. Mais vu que j’ai du temps, je profite d’aller dans Meknès vers la médina.
Je vois des belles grosses portes ornées (dernière photo de l’article) permettant de passer les remparts, et découvre une place donnant une vue plutôt très sympa sur des remparts (première photo de l’article !). Le petit plus : aucun touriste, personne d’ailleurs sur cette place. Un passage rapide par le souk et la médina, dans cette dernière je me sens très mal à l’aise, pourtant, pendant les 5 minutes passées dedans (oui j’ai fais court et ce n’était pas totalement volontaire, le destin dirons-nous, je ne me suis pas perdu !) personne ne m’accostera. Les gens serait-ils moins aguicheurs ici ?
Ce sera mon impression pour Meknès, les taxis sont beaucoup plus sympa, l’un me dit même : “pas la peine d’utiliser le compteur, la course dans Meknès, c’est 7 dh maximum, pas plus”. Bon, y’en a bien deux qui m’ont déjà grugé 5 ou 10 dh !

DU POIS CHICHE !

DU POIS CHICHE !

Le lendemain mon objectif est d’aller à Chefchaouen, dite la cité bleue. Mais pas aussi facile que prévu car pas mal de bus ont sauté avec le ramadan, du coup je me prend une journée repos : cybercafé, retour sur Fès, petit repas dans des restaus pas du tout Maroccains, et puis petite marche de 40 minutes quand même, parce que marcher c’est bon pour la santé ! Bon, et surtout car de retour sur Fès je retombe sur nos petits taxis qui ne veulent pas mettre leur compteur et propose des tarifs ahurissants (5 fois le prix réel de la course)

En ce vendredi soir au terminal de bus un autochtone m’accoste. C’est plutôt sympa car il ne parle que espagnol, il m’invite chez lui si j’ai envie de m’y arrêter après Chefchaouen.

23h45, mon bus démarre en direction de la cité bleue !

Une porte ma foi bien grosse !

Une porte ma foi bien grosse !

Lima, dernière étape de cette aventure 2014

On arrive à Lima le 18 août 2014 à 20h30.
On décolle le 20 août à 9h25.

Entre temps, on a nagé avec des dauphins, fait un trek en pleine nature, et fait du sandboarding ! Non je déconne, bien sûr on n’a rien fait de tout ça, Lima c’est une méga grosse énorme capitale où on n’a pas vu le ciel une seule fois, juste une nappe grisâtre nuit et jour, je crois qu’on appelle ça la pollution, bien que le taxi auquel j’ai lancé “hey c’est trop pollué ici” ait répondu que c’était comme ça que l’hiver, que c’était normal, que c’était pas la pollution. Et mon cul hein ? Non il avait peut-être raison, mais bon.

On est arrivé avec 3h de retard en réalité, histoire de ne pas changer les bonnes habitudes. Vu qu’il était tard on a préféré annuler notre ultime couchsurfing prévu pour une raison évidente : on n’aurait pas pu profiter de lui, or le couch on le fait plus pour profiter des gens que profiter de leur lit gratuit.

Déguisé en péruvien, je me fond même dans le décors

Déguisé en péruvien, je me fond même dans le décors

On galère ensuite à trouver un hôtel, mais bon, vous vous doutez bien qu’on en a trouvé un. Plutôt cher, enfin, 100 soles la nuit, soit 29€. Oui, à peu près le même prix que notre premier hôtel au Mexique, que l’on avait trouvé pas cher. C’est fou comment notre sens de la valeur de l’hébergement a changé en quasi 5 mois. Mais bon, on est dans un hôtel plutôt cool, on a l’impression d’être limite dans le luxe : eau chaude à volonté et wifi fonctionnant impec !

Le lendemain est notre seule journée pour profiter de Lima. Après 12h de sommeil, je me lève ; j’avoue que j’ai un peu entaché cette journée, de toute façon le temps est “nuageux”. Manon elle est réveillé depuis déjà 4h, trop excitée de rentrer en France. On sort faire un tour à la place des armes. Le taxi qui nous dépose nous dit de redoubler de prudence. On redouble donc de prudence. Les péruviens sont voleurs, et apparemment c’est pire ici. Je vous rassure tout de suite, on ne s’est rien fait piquer !

On passera la journée autour de la place des armes avec des activités reposantes et gastronomiques. Une partie d’échecs, quelques boutiques (j’ai trouvé tes bonnets Julien, tu vas être content ! Par contre ils me plaisent, donc pas sûr que je te les donne, tu vas être moins content !), et on a goûté des spécialités culinaires midi et soir, Lima étant réputée pour sa bouffe. L’idée était plutôt bonne à la base, mais débuter sur une entrée qui vous arrache la bouche en était une moins bonne, mais bon, on est là pour tester !

Le lendemain on doit se lever à 5h du matin, du coup, il faut se coucher tôt. À 1h30 je m’endors profondément, on se lève, on arrive à l’aéroport et… tout se passe bien ! Quoi, l’article est bâclé ? Meuh non, y’a juste pas grand chose à raconter, Lima fut calme, couchsurfing annulé, l’aéroport se passe à peu près bien, on rentre en France et on est content, oui, content ! Enfin, les 5€ le sandwiche nous ramènent à la triste réalité des prix français et de l’euro. De plus on revient avec tous nos vêtements ! Tous ? Non, en fait Manon a oublié des chaussettes qui séchaient dans le dernier hôtel… La haine ! Une fois en France on demandera peut-être à l’hôtel si ils acceptent gracieusement de nous les renvoyer. Manon imagine déjà qu’il vont répondre : “Des chaussettes ? Ah non, on n’a rien vu !”

Mon dernier trek, en pleine capitale et en solo svp ! Récompense : un train.

Mon dernier trek, en pleine capitale et en solo svp ! Récompense : un train.

Longtemps j’ai eu un peu peur de ne plus apprécier les derniers moments que nous allions vivre loin de la France, un peu comme quand on apprécie plus les derniers jours de nos 2 semaines de congés d’été, mais là on a très bien profité jusqu’au dernier trekking !

Une conclusion sur le Pérou, puis une conclusion globale sur ces 5 mois en Amérique latine et enfin le budget total dépensé par catégorie (on a été rigoureux ^^) seront prochainement publiés. Ah, et il y aura aussi un article bonus !

Le vol de nos vêtements et les alentours de Cusco

À 22h on rentre du Machu Picchu, bien crevé. On laisse Florian puis on fonce récupérer nos sacs dans l’ancien hôtel pour se diriger vers le nouveau. Au passage on prend des trucs à manger, (Florian a eu la bonne idée de nous indiquer que le Mac Do était sur notre trajet !). Le nouvel hôtel est un peu perché, y accéder n’est pas chose facile. Ouf, nous voilà enfin posé : manger et DODO !

On ouvre nos sacs, je lance à Manon : “hey, mon T-shirt marron était sur le dessus, j’en suis certain vu qu’il était encore humide je l’avais mis ainsi, et je le vois plus.”

“Attends Kévin je sais pourquoi”, s’exclame Manon. Je m’enthousiasme à l’idée qu’il soit dans le sien.
Elle bondit : “Mon sac a été fouillé, tout est en bordel jusqu’à la moitié, ils ont tout touché, et il me manque mon autre pantalon”.

Ô desespoir. Le repas passe moyen dans nos estomacs resserrés, on retourne directement à l’ancien hôtel, à 10 minutes d’ici.
Le gardien de nuit nous ouvre (il est déjà 23h). On lui explique le problème, il affirme que ce n’est pas possible la nuit, il est tout seul ici. Bref, il fait le gentil, rassurant, tout le contraire de 2 jours plus tôt quand il m’a croisé dans la cuisine en train de faire des pâtes et qu’il ne savait pas qu’on avait l’autorisation. Il nous dit de revenir le lendemain matin car les autres réceptionnistes ont les accès pour visionner les vidéos, car oui, dans notre malheur c’est un hôtel où il y a des caméras partout. Sur ce, on part, mais j’aime bien les choses carrées, et le gars ne m’inspire pas, on interpelle donc la police depuis la place des armes de Cusco.
On leur explique l’histoire, et on retourne avec eux à l’hôtel. L’attitude du gars de la sécurité change. Il est beaucoup plus gêné, stressé, mais leur débite le même discours.
Les flics nous emmènent faire une déposition au poste. Ils écrivent tout à la main, c’est long, on rentrera à l’hôtel à seulement 2h du matin, après avoir conclu qu’on retourne à l’ancien à 7h pour visionner les vidéos avec la police. Après cette énorme journée petit moment de bonheur : prendre une douche ; mais ça ne sera pas possible car la pression d’eau n’est pas assez puissante à certaines heures -dont la nuit- pour atteindre le 3ème étage de l’auberge. Du coup, petit dodo, sale.

Après à peine 5h de sommeil, la fatigue accumulée se ressent, les courbatures des jours précédents nous disent “Coucou !”, mais à 7h on est bien à l’hôtel, beaucoup trop stressé, angoissé et énervé pour dormir. Sur le fond c’est qu’un T-shirt et un pantalon. Mais l’acte même de se faire voler, se faire fouiller la seule maison que l’on a depuis 4 mois, c’est pas facile à encaisser, je dirais même plus, c’est assez difficile.

La belle place sans ombre de Cusco

La belle place des armes sans ombre de Cusco

Bref, à l’hôtel la femme de la réception, qui est la seconde du propriétaire, affirme que seul ce dernier a le mot de passe pour accéder aux vidéos. Déjà la veille le gardien avait essayé de le joindre, mais ça paraît mission impossible car il est en vacances à Lima, et ils ne savent pas quand il revient. C’est fou. Propriétaire de plusieurs hôtels et le gars est injoignable. La femme de la police judiciaire nous explique qu’il n’y a pas grand chose à faire tant que le propriétaire ne coopére pas. Il est d’ailleurs connu pour ne pas coopérer facilement. C’est plutôt balo.
“Et si il meurt, y’a aucune solution de secours pour visionner ces vidéos ?” lui lance t-on exaspéré.
La femme de la réception dit qu’elle va convoquer tout le personnel et nous tenir au courant.

On rentre à l’hôtel, et vous vous doutez que notre journée est très très moyennement productive, physiquement parlant en tout cas, car le cerveau lui, il fuse. En réfléchissant on se dit que le coupable est très certainement un employé, et qu’il devrait rendre les affaires en espérant qu’on retire la plainte. En effet, un touriste n’a pas accès à cette salle et n’aurait pas volé juste 2 vêtements, n’aurait pas pris le temps de tout enlever du sac et tout remettre correctement. Seul un membre du personnel de l’hôtel a pu prendre ce temps, un personnel qui a les clés, et qui pensait qu’on partait de la ville vu qu’on n’avait pas réservé d’autres nuits, un personnel qui ne pensait pas qu’on s’en rendrait compte et pensait qu’on ne reviendrait pas pour ça et encore moins avec la police. Quelqu’un comme le personnel de ménage qui manque d’argent alors qu’il a un travail prendrait-il le risque de le perdre ? Ou plutôt le type de nuit qui aurait voulu se venger de notre présence dans la cuisine et le ton froid avec lequel je le remballais, qui avait le temps vu que la nuit il n’y a pas beaucoup de passages et qui paraissait stressé devant les policiers ? Nos soupcons portent sur lui, mais on garde ça pour nous.
On retourne au lit, exténué. Anecdote classique ici, il ne faut pas lâcher ses affaires dans n’importe quelle lingerie. On récupérera les nôtres en fin de journée lavées uniquement à l’eau, résultat, ça sert pas à grand chose, mais ça coûte 3€. Cette première fois en laverie sera donc une dernière, mieux vaut continuer à tout laver à la main.

Le mercredi 6 août 2014, on toque à notre porte dans la matinée. C’est la femme de l’ancien hôtel qui cherche à nous joindre et a donc appelé le nouvel hôtel. Elle voudrait que l’on vienne. Hop hop hop, on sort du lit et 15 minutes plus tard on se retrouve devant elle, nous expliquant que les personnes faisant le ménage ont dit avoir trouvé des vêtements dans la chambre 301.
“On sait tous les 3 que c’est faux n’est-ce pas ?”.
Elle nous montre un premier sac avec un pantalon qui n’est pas à nous. Serait-ce un test qu’elle nous fait passer ? Mon cœur bat la chamade, au deuxième sac : mon t-shirt suivi du pantalon de Manon, explosion de joie intérieur !
Elle nous demande de retirer la plainte pour l’image de l’hôtel, qu’elle va s’occuper du coupable et qu’il ne travaillera plus ici dès demain.
Elle dit que le coupable est une personne qui a besoin d’argent, et qui n’est là que depuis 2 semaines. D’un air désintéressé je demande si c’est un garçon ou une femme. En réalité je sais très bien que seul UN garçon travaille ici 🙂
Elle s’embrouille un peu, semble incertaine, puis répond qu’elle ne sait pas qui est le coupable, elle n’a que des suppositions, qui seront confirmées quand elle verra les vidéos. Manon semble ok pour retirer la plainte, en revanche la femme voit bien que je ne suis pas chaud du tout. Il y a un voleur dans cet hôtel et je veux être certain qu’il ne recommencera pas. La femme a beau être gentille, on pense aux futurs touristes, on laissera donc la plainte afin que la police poursuive la procédure judiciaire, visionne la vidéo et coupe les mains du voleur pour que justice soit faite.

Bon et sinon Cusco c’est comment ? La ville est plutôt jolie -commentaire très objectif bien sûr-, bien que lors de notre passage, des axes principaux du centre ville soient en GRAND CHANTIER. Autour de la place des armes on se fait littéralement emmerder chaque mètre pour des excursions par-ci par-là, mais surtout pour aller faire le Machu Picchu. Bizzarement, les racoleurs ne nous ont plus proposé d’excursions pour le Machu Picchu après qu’on y soit allé. Nous devions probablement suite à notre trek, dégager des essences spirituelles que seul le peuple de Cusco peut ressentir. On tente aussi de nous vendre des tas de bricoles inutiles, mais ceci est assez redondant dans les grandes villes peruviennes apparemment -c’était pareil à Arequipa.

Soulagé d’avoir récupéré nos vêtements, on se sent déjà plus apaisé et on ne sera pas laxiste aujourd’hui. Programme de cette journée qui commence bien : visiter les ruines les plus proches de la ville, et en mode “sans excursions”. On profite du petit déjeuner de l’hôtel à volonté avec vue sur la ville histoire de prendre des forces ! En début d’après-midi, après avoir vérifié avec l’office du tourisme comment s’organiser, on choppe un bus de ville allant à la ruine la plus lointaine (à 30 minutes de là), elle s’appelle Tambomachay. Pour accéder aux sites de la journée, on achète dès le premier un ticket dit “partiel” à 70 soles (20€) chacun. Le billet “total” à 130 soles permet de visiter encore plus de ruines, plus lointaines, mais on se dit qu’on manquera de temps les jours suivants.

Une rue de Cusco avec son vendeur. Une vue classique ici

Une rue de Cusco avec son vendeur. Une vue classique ici

Ce premier site, Tambomachay -photo tout en haut de cette article-, c’était une sorte de station balnéaire Inca. On se sent déjà fatiguė en montant la bute permettant de découvrir tout le site, il semblerait qu’on ait encore du Machu Picchu dans les pattes ! En même temps quelle idée d’aller se percher à chaque fois !
A 10 minutes d’ici en marchant, on découvre le second site, une place forte Inca nommée Pukapukara. Tout ça se visite très vite, les sites sont assez petits. En s’attardant : 10 minutes et le tour est fait.

À la sortie, un gars nous aborde, très sympa, et nous confirme comment rejoindre le prochain site : soit marcher 1h, soit prendre un bus. Le choix est vite fait, et 10 minutes plus tard on est à Q’enqo. A l’entrée, un guide propose ses services : “Ce site est très important et intéressant, les incas y faisaient des sacrifices pour les dieux, sur la pierre centrale”. Bon, ben du coup on sait l’essentiel non ? Merci ! Ce site est encore plus petit, on en sort et une femme du parc archéologique débauchant nous propose de nous accompagner vers le prochain site. Elle nous montre la voie, on continue seul, passant sur de grandes plaines avec moults personnes jouant aux cerfs-volants. D’un côté le site que nous cherchons, de l’autre la statue San Cristobal, comme celle de Rio de Janeiro. L’accès est gratuit ? Et ben petite boucle pour la voir de plus près, et admirer la vue sur la ville de Cusco puis nous recoupons à travers champs pour accéder au dernier site prévu : Saqsayhuamán.
Des blocs de pierres impressionnants, mais les derniers jours de fatigue se ressentent, et on fait l’impasse sur le fait de monter sur une quelconque bute pour admirer le site entier. D’autant plus que ce site, contrairement aux autres, est très grand, mais surtout envahi de touristes ! On se contente de marcher sur du plat dans ce dernier lieu Inca, puis nous regagnons Cusco en contrebas. Pour info, faire cette journée de visite par nous même plutôt qu’en excursion nous a coûté (hors billet d’entrée) 1€ à 2 au lieu de 20€.

Petite anecdote du soir. En remontant la longue pente menant à l’hôtel, dépité de ne pas avoir trouvé de pain, on apercoit une femme avec plein de pain, rentrant probablement chez elle. On lui demande où elle l’a trouvé, elle nous répondra que tout est fermé à cette heure là et nous donnera gracieusement un des siens. Les petits gestes qui nous surprennent, les Peruviens sont parfois louches, et d’autres fois très adorables. 🙂

Le 7 août sera une journée de repos, histoire de se remettre physiquement et de toute façon, ça pleut ! On a bien fait de pas aller visiter les ruines encore plus lointaines. Le lendemain, on recroise une ultime fois Katia et Julien, les 2 français qui nous avaient conseillé l’hôtel où nous sommes. Avant de partir de l’hôtel, (ou plutôt l’auberge d’ailleurs) le personnel qui s’en occupe est une fois de plus adorable. Ils nous conseilleront pour notre prochaine destination, Nasca, quelle compagnie prendre si on veut survoler les lignes, et ils nous conseilleront également des lieux d’hébergement pour les villes suivantes de notre périple. “La Casa Del Inca” est clairement une superbe auberge, tant pour la vue sur la ville -que nous avions en sortant de la chambre et au petit déjeuner- que pour ses propriétaires qui nous feront des câlins avant que nous partions.

Sur le coup des 18h, nous quittons Cusco en bus de nuit. Manon ne sait toujours pas si elle va vouloir survoler les mystérieuses lignes de Nasca, moi je suis chaud. C’est parti mon kiki !

Samaipata et le parc Amboro

Le 16 juillet 2014, après la course folle pour récupérer le blouson de Kévin, on arrive enfin à l’hôtel qu’on avait réservé. Samaipata nous fait penser à San Pedro de Atacama. Une ville calme, très jolie, avec des maisons basses sans bâtiment, ambiance village, beau temps… Ville très bien entretenue, pas de papiers qui traînent !

On est exténué, on s’écroule un moment sur le lit mais pas trop, on a faim ! Le petit café restaurant sur la place principale, avec l’une des rares connexions wifi de la ville, sera un bon endroit pour manger. Les repas sont délicieux surtout le dessert, brownies avec glace vanille, mmh !

Bon, et sinon, pourquoi est-on venu à Samaipata ? Essentiellement pour visiter le parc national Amboro. À Sucre, on nous avait dit qu’on pouvait se balader seul dans le parc, que les chemins sont balisés. C’était donc ce qu’on voulait faire. Sans compter le fait que c’est moins cher si on n’a pas à payer de guide, on aime se sentir libre, comme à Ushuaia ou à Potrerillos dans la cordillère des Andes. Mais il semblerait que ce ne sera pas possible ici. Plusieurs personnes différentes nous disent qu’il est obligatoire d’avoir un guide car il y a de nombreux chemins et qu’il est très facile de se perdre. De toute façon, on ne nous laissera pas entrer sans guide, soit disant, pour des raisons de sécurité. Bon, renseignons-nous auprès des agences d’excursion. Toutes proposent une journée intéressante au parc mais pour plus de 20€ chacun, c’est cher. Plus il y a de personnes inscrites pour une journée, plus le prix baisse, enfin, pas tant que ça ! De seulement 1,5€ par personne.
Réfléchissons. On est venu pour voir ce parc, on s’est acharné malgré les difficultés pour être ici, on va donc payer une excursion. Petit soucis, en Bolivie on ne peut casiment jamais payer en CB. On calcule les frais essentiels qu’on va avoir : l’hôtel, la nourriture, le bus pour repartir… On n’a pas assez pour payer l’excursion. Il y a deux banques dans cette petite ville, aucune des deux ne veut de notre carte de crédit.

samaipata_manon

Dans la jungle du parc Amboro

On retourne à l’hôtel, je redemande le prix de notre chambre pour être sûre de nos calculs. J’exprime en même temps notre soucis au gérant de l’hôtel qui s’empresse de me conseiller une autre agence d’excursion, moins chère, si d’autres personnes font la journée avec nous. Un couple d’espagnol qui écoute discrètement la conversion nous rejoint. Ils sont intéressés par l’excursion et voudraient partager le prix avec nous. Kévin est exténué, il n’a pas fermé l’œil depuis plus de 24h. Je le laisse donc se reposer et pars avec les espagnols vers cette agence. Sur le chemin, je leur raconte notre galère de la veille puis notre voyage en général. À 39 et 34 ans, David et Rachel sont tous deux professeurs, d’éducation physique pour lui et de danse contemporaine pour elle, et voyagent durant un mois en Bolivie. Ce sont de grands vadrouilleurs, ils ont visité et travaillé dans beaucoup de pays.
On arrive tous les trois devant l’agence. Le gars nous demande ce que l’on veut et devinez quoi ? Les deux espagnols font leur timides et me laissent tout demander. Pourtant c’est leur langue maternelle contrairement à moi mais ils ne semblent pas avoir remarqués ce détail puisque dans une autre conversation, Rachel me dira que je parle très bien espagnol. Revenons au sujet principal, l’excursion. Le viel homme de l’agence nous propose une journée au parc pour 40€, à diviser par le nombre de personne. Ha ben tout de suite le prix baisse et pas que de 1,5€. Ça nous fait donc 10€ chacun, ça rentre dans nos frais, excursion acceptée.

Pour économiser au maximum les billets qui nous reste, on se fait à manger à l’hôtel. On file se coucher rapidement parce qu’il faut qu’on se remette de notre nuit casi blanche dans le bus et du stress qu’on a subi.

Le lendemain, après une course rapide pour notre repas de midi et le petit déjeuner servi par l’hôtel, nous voilà dans un 4×4 avec nos nouveaux amis espagnols.
Toute la journée nous rappellera la Jamaïque : les secousses violentes dans le 4×4 sur des chemins de terre sinueux passant par des rivières ; les montagnes ennuagées ; la végétation (les même plantes préhistoriques, des sortes de palmiers, de la barbe sur les arbres et des tiges enroulées en escargot) et enfin notre guide nous frayant un chemin à travers la jungle avec sa machette.

samaipata guide

Comme il fait de grands gestes avec sa machette, mieux vaut ne pas rester trop près de lui !

La journée est très agréable, temps idéal et bonne ambiance avec notre guide, un vieil homme de petite taille (comme tous les boliviens) très en forme pour son âge, qui donne de bons coups de machettes aux arbres et se lance dans de grands discours qu’on ne comprend pas toujours. Il ouvre la marche mais sa petite taille fait qu’il ne nous enlève pas toutes les toiles d’araignées au niveau de nos têtes. On alterne entre petits chemins improvisés dans la jungle, chemin de terre et vues sur les montagnes. Soudain, notre guide s’arrête. Après nous avoir mis en garde contre les serpents qu’il ne faut pas tenter de caresser (ça paraît évident mais il a déjà eu une touriste qui s’est fait mordre de cette façon, “hooo le mignon serpent”… couïque la main), il regarde le sol et de ses yeux avisés, il a repéré les traces d’un puma. Mais ne nous inquiétons pas, nous ne sommes pas dans ses horaires de repas, on n’en croisera pas d’après notre expert. Par contre, on entend les singes qui s’agittent, les oiseaux qui piaillent et on a la chance d’observer de mignons petits animaux qu’on ne connaît pas, des peluches vivantes qu’on ne peut pas toucher bien sûr mais ce sera un régale pour les yeux. Toute cette végétation et ces odeurs de champignons : une bouffée de nature comme on aime.

Une balade de 5h qui n’aurait effectivement pas été possible sans guide, un vrai labyrinthe dans la forêt !

samaipata vaches

Trajet en 4×4 souvent ralenti par les nids de poules, les rivières et les vaches !

C’est reparti pour 1h de 4×4 direction l’hôtel. On donne l’adresse de nos précédents bons hôtels aux espagnols qui vont aux mêmes villes que nous précédemment. Cette rencontre nous a fait extrêmement du bien au moral. On abandonne l’idée d’une bonne connexion Internet dans la ville. On serait bien resté une journée de plus mais on va manquer d’argent liquide.

Le lendemain, le vendredi 18 juillet, on décide donc de prendre un bus direction Cochabamba. Après un bon mal de ventre et un long passage au toilette pour nous deux -sûrement lié aux nombreux soucis, stress et contrariétés des derniers jours- on arrive à ne pas louper le bus et à acheter les dernières places, tout au fond. Les 7h qu’on nous avait dit et qui nous auraient fait arriver vers 22h sont en réalité 11h… Donc pas avant 2h du matin à notre destination mais c’est le terminus, on ne risque pas de louper l’arrêt cette fois.

samaipata papillon

Papillons en réunion sur une feuille au milieu de la jungle

On observe une dernière fois ces paysages de roche rouge au milieu de la verdure des montagnes. C’est magnifique. En fait, la montagne est vraiment rouge. Dès qu’elle est dépourvue de végétation et un peu creusée, la couleur vive ressort. Il y a également des champs d’énormes cactus impressionnants, comme de petits arbustes avec un énorme tronc et pleins de branches biscornues mais ce sont bien des cactus. Difficile de faire des photos à travers les vitres. Par contre, on a oublié de faire des photos de Samaipata et pour ça, aucune excuse, juste un oubli… Tout est dans nos têtes.

Le trajet n’est pas des plus confortable. On repasse par des chemins cabossés, balloté dans tous les sens, le bus rempli de boliviens partout, les enfants qui dorment parterre dans le couloir, pas que des enfants d’ailleurs. Au fond, à côté de nous, des mamas boliviennes avec leurs bébés. On est serré, l’une d’entre elles s’endort sur l’épaule de Kévin ! La nuit tombe emmenant avec elle le froid, les secousses qui ne s’arrêtent pas…  Bref, difficile de dormir. Les bébés pleurent de temps en temps. Mais franchement, je suis impressionnée. Les bébés en Bolivie sont extrêmement calmes. Ils passent des demies-journées dans les bus sans ronchonner, sans manger et sans être changés ! En même temps, s’ils ne mangent pas, je suppose qu’ils ne font pas caca O_o.

On arrive à 2h du matin comme prévu, à Cochabamba, fatigué. On met un moment avant de réaliser qu’on est bien arrivé car personne ne descend du bus. En fait, la plupart des gens comptent finir leur nuit dans le bus. Ce n’est pas notre cas, un taxi nous trouve un hôtel ouvert et pas cher : 6€ la nuit pour nous deux. Faut pas s’attendre à du grand luxe, on ne prendra pas de douche mais on a un lit pour dormir avant de repartir le lendemain direction La Paz.

Potosi, un long repos nécessaire

Le bus nous dépose à Potosi sans avoir fait de pause. A Uyuni, la dame qui nous a réservé le bus et notre chauffeur de 4×4 nous avaient dit qu’il y avait une pause pour manger. La femme au terminal de bus nous l’a confirmé. Et bien les boliviens sont des petits menteurs. Heureusement les déceptions s’arrêteront là pour aujourd’hui. Un taxi nous dépose à notre hôtel. La chambre est confortable, chauffée, la salle de bain est privée avec de l’eau chaude : enfin un endroit où l’on va pouvoir se refaire une santé. Un chaton s’est faufilé entre les jambes de la réceptionniste et s’est caché discrètement dans la chambre, notre petit rayon de soleil de la journée.

Le lendemain, le lundi 7 juillet, on se réveille avec un énorme mal de tête. La faute au chauffage au gaz dans la chambre ? Ou à l’altitude ? On est à 4 070 mètres. Kévin se sent très faible, il n’a toujours pas d’appétit et pour corcer un peu plus la situation, on a le mal de l’altitude. Même au repos, mon cœur s’emballe comme si je venais de faire un marathon. Alors dès que je bouge, même pour me baisser ramasser quelque chose, j’ai la tête qui tourne et dois reprendre mon souffle. Niveau confort, l’hôtel est parfait. Seul inconvénient : on est au deuxième étage, beaucoup de marches d’escalier pour arriver à la chambre. Je vous laisse imaginer la difficulté. Chaque aller-retour en bas est calculé.

potosi mia

Notre bébé

On ne descend que pour aller se faire à manger. L’hôtel est rempli de français. On passe nos journées à se reposer et caresser les chatons. “Les” parce qu’on en a découvert un deuxième. Les deux chipies squattent souvent notre chambre pour notre plus grand plaisir. Rien de tel que l’amour des chats pour se sentir déjà mieux. Au bout de deux jours, Kévin retrouve l’appétit. On décide de sortir pour aller manger en ville. C’est parti, en pas de tortue pour éviter de s’essoufler.

On trouve notre bonheur, un petit restau qui fait également cybercafé. Bon, les ordinateurs sont deux étages plus haut, le dernier effort avant de s’écrouler à une table. Je tourne le dos aux toilettes. Une fille en sort. J’aurais pu ne pas la remarquer mais j’ai la tête tournée vers elle à ce moment là, juste à temps pour la voir passer rapidement de profil et là… “Laëtitia” ! Elle se retourne, c’est bien elle ! Une copine de la fac qui ouvre de grands yeux en me voyant. Quelle était la probabilité pour qu’on se croise ce jour là, à Potosi, dans un petit restau à 14h ? On passe des fois une journée entière sans croiser personne alors qu’on connaît plein de gens et parfois il suffit d’une seule personne et d’une bonne dose de chance.

On retourne à l’hôtel, avec l’impression d’avoir marché toute la journée.
Après une bonne nuit de sommeil, le mal de l’altitude s’est enfin calmé. On ne se sent pas de courir non plus mais on peut marcher normalement. C’est donc le 4ème jour (et le dernier) qu’on visite un peu Potosi. Pas trop non plus mais il n’y a en fait pas beaucoup de chose à voir, c’est surtout une ville étape avant Sucre. Dans un petit marché, je trouve des boucles d’oreilles discrètes, la même paire que j’ai mais que je ne mets plus depuis que j’ai perdu le fermoir de l’une. Ça m’est égal d’avoir des bijoux mais je veux éviter que mes trous se bouchent. 1€ la paire en argent. Le gars me les désinfecte et m’arrache l’oreille en essayant de me les mettre. Moi qui voulais éviter de me les refaire percer, je viens pourtant de le revivre. Plus loin, on achète une montre pour remplacer celle qu’on avait et qui nous a lâché, 5€. Un repas au restau coûte 4,5€, une nuit dans un bon hôtel 7€, 15 minutes de taxi 1€, les bus collectifs 0,15€… Bref, la Bolivie est le pays le moins cher de notre voyage.

potosi feteDe la musique attire notre attention. C’est le jour d’une fête. On a droit à un très joli défilé. Une bonne fin après ces 4 jours ici.
Le lendemain, on quitte l’hôtel vers 14h. Le réceptionniste a oublié de nous appeler un taxi. Pas grave, on en trouve un rapidement dans la rue, direction le terminal de bus.

À peine le temps de descendre de voiture qu’une jeune fille nous aborde pour nous vendre des tickets de bus pour aller à Sucre, notre destination. Elle me demande nos noms. Je trouve ça louche, acheter des tickets dans la rue et pas dans le terminal de bus, au guichet. Kévin me sort de mes réflexions, “ben alors, dis-lui nos noms”. Pas le temps d’exprimer mes craintes dans le feu de l’action, je commence à donner un nom et là, une dame intervient “ne l’écoutez pas, elle ment, y’a pas de bus, venez dans le terminal pour en acheter des vrais”. La jeune fille insiste “amigos, achetez mes tickets” ; et la dame “elle ment, venez avec moi”. On regarde la scène quelques secondes, les deux qui tentent de nous convaincre, l’ange et le démon. Kévin ne sait qui écouter mais moi je n’ai aucun doute. Je remercie la dame et la suis, ignorant la jeune fille qui insiste derrière nous. On achète nos tickets à un guichet, voilà un procédé qui me convient.

Le bus part à 14h30 et il est… 14h30 ! La dame appelle avec son portable le chauffeur pour lui dire de nous attendre. On court avec nos gros sacs, on decend des escaliers, on cherche la sortie. On sort, une vieille dame nous suit et veut nous faire payer une taxe pour l’accès au terminal de bus. “Non mais nous on cherche notre bus et on ne le voit pas.” On ignore la vieille bolivienne, on retourne à l’intérieur, tente une autre sortie, une autre veille nous tient le même discours. On ne paye pas tant qu’on n’a pas trouvé notre bus et en plus elle ne nous aide pas. Un homme nous informe que notre bus est parti mais qu’il attend à la sortie du terminal. On retourne à l’intérieur, on monte les escaliers, on court jusqu’au bus. Le mal de l’altitude a diminué mais il ne faut pas exagérer. Kévin est énervé et moi je suis morte ! Après ce sprint, on est dans le bus et sans avoir payé leur taxe d’accès au terminal.

C’est parti pour 4h de bus sensation 4×4 en Jamaïque vu l’état des routes et les dos d’ânes. On redescend en altitude. Sucre est à 2 700 mètres, on va pouvoir respirer !

Découverte d’Uyuni, son salar et la tourista

Le 4 juillet on se réveille en Bolivie, à Uyuni, dans une chambre glacée. Bon, on se motive pour aller prendre une douche. On arrive à avoir de l’eau chaude mais l’air ambiant est froid. Dehors le vent est froid mais heureusement il y a du soleil. Il est 13h et on a bien faim, il est donc tant de sortir de l’hôtel à la recherche d’un restaurant. On n’est pas encore dans la rue qu’on voit une foule de manifestants boliviens. Apparemment ils sont contre la construction d’un nouveau terminal de bus. On n’est pas sûr d’avoir tout compris mais il semblerait qu’ils n’aiment pas recevoir des milliers de touristes. Uyuni est une ville très calme avec de grands espaces pour circuler. Est-ce en rapport avec la manifestation que tout est fermé ? Peut être ! Au bout d’un long moment, on finit par trouver un restaurant ouvert, juste à tant pour voir sur l’écran de télévision que la France a perdu contre l’Allemagne. On s’en fout bien sûr mais bon, mieux vaut ne pas crier qu’on est français à ce moment là. Les deux serveuses du restaurant sont deux jeunes filles peu souriantes et pas du tout serviables. C’est un comble pour des serveuses ! On a l’impression que c’est un restaurant familial et qu’elles ne sont pas très enthousiastes pour occuper ce poste. Enfin bon, on a attendu nos plats pendant un long moment mais on a bien mangé, c’est le principal.

Dans chaque pays, on achète une carte SIM pour pouvoir passer des appels locaux (au cas où on ait un couchsurfing, ce qui n’est pas certain du tout en Bolivie pour le moment). On trouve un magasin qui en vend, tenu par une jeune fille qui ne sait pas sourire non plus et qui parle tout doucement. Elle nous vend une carte mais ne sait pas comment l’activer. On ne capte même pas un réseau, notre achat ne sert pour le moment à rien. Dans un autre centre téléphonique, une dame un peu plus compétente nous l’active, une bonne chose de faite. On rencontre une française d’origine hongroise (d’où son accent) qui voyage seule pendant trois semaines seulement car elle a laissé ses deux enfants en France avec leur papa et se culpabilise de ne pas être présente pour les grandes vacances. Pas mal de gens parlent français dans la rue (des français, des quebecquois, des suisses).

Le soir, on décide d’aller manger au restau le plus près. Personne ne vient nous accueillir, ha si, un adolescent se lève du fond de la salle. On lui dit bonjour avec un grand sourire mais il fait clairement la gueule. Il ne nous décrochera pas un sourire de la soirée et restera devant la télé, un ado quoi !
On ne veut pas juger trop vite mais pour le moment les boliviens sont froids et peu souriants…

uyuni 4x4On passe la nuit dans notre frigo avant notre excursion du lendemain. D’ailleurs venons-y. On part en excursion deux jours en 4×4. Après avoir attendu une bonne demie heure, on voit notre chauffeur, qui tire la gueule. Décidément c’est la mode ici. Kévin lui lance un premier “holà”-pas de réponse- puis un deuxième “HOLÀ” bien insistant, au cas où il n’ait pas entendu… cette fois un faible “holà” sort de sa bouche, toujours pas de sourire mais on fera avec. On voyage avec deux autres couples et un coréen (ce dernier ne parlant pas espagnol, seulement anglais, aura du mal à comprendre ce que notre chauffeur nous explique. Les excursions étaient annoncées dans les deux langues mais notre chauffeur ne parle pas anglais). En descendant du 4×4 au premier arrêt, notre chauffeur nous demande si on parle espagnol, ce à quoi on lui répond que oui et qu’on préfère l’espagnol à l’anglais. Suite à cette réponse, devinez quoi, il nous a souris ! Je me doutais bien que quand il saurait qu’on parle espagnol, le courant passerait mieux.

uyuni trainRevenons à l’excursion. Première journée qu’a t’on vu : des vieux trains d’origines anglaise et française et le fameux salar d’Uyuni qui s’étend sur 10 582 km carré, le plus grand qui existe. Pour ceux qui veulent plus de détails sur sa formation, lisez le paragraphe en italique : l’altiplano bolivien comptait deux grands lacs: le lac Ballivian au nord (emplacement de l’actuel lac Titicaca) et le lac Minchin au sud. Il y a environ 15 000 ans, les eaux du lac Minchin se sont évaporées lentement laissant une succession de dépôts de sédiments lacustres et minéraux drainés depuis les montagnes environnantes. Le Salars d’Uyuni s’est ainsi formé au cours des millénaires avec des couches calcaires en profondeur recouvertes d’une croûte de gypse et halite (sel) en surface. Cette étendue de sel est située à 3 658 m d’altitude.

On en avait vu des photos qui nous avaient fait rêver, peut être un peu trop rêver… Une grande partie du salar n’est pas aussi blanc que ce que l’on s’était imaginé, la faute au vent qui a déposé du sable il y a moins d’un mois. Le salar redeviendra bien blanc après les pluies en août. Il y a beaucoup de touristes, on est loin de se sentir seul au monde en communion avec la nature comme à Ushuaia. On s’arrête plusieurs fois dans le salar et bon, quand même, il y a de grandes étendues blanches de sel comme on l’espérait. Il y a un hôtel au milieu du salar où le chauffeur nous arrête pour nous servir un repas équilibré (légumes, viande, féculents, fruits). Nous repartons à bord du 4×4 dans ce désert de sel. Prochain arrêt : les yeux du salar. Ce sont en fait des trous dans lesquels de l’eau bout, en tout cas c’est l’impression qu’on a en voyant les bulles qui en ressortent mais l’eau est gelée. En quelques mots, c’est moche. L’aspect est répugnant faisant penser à des égouts. Le décors autour accentue cette image de déchèterie avec un vieux pneu. Bref, on n’est pas conquis !
Plus loin, le salar apparaît comme une banquise craquelée de dalles hexagonales. Voilà un endroit qui vaut le coup d’œil ! C’est magnifique.

uyuni salar

A 15h30, notre chauffeur nous dépose à l’hôtel où l’on va passer la nuit, au pied du volcan Tunupa. En fait il nous dépose avec le coréen mais repart avec les autres qui ne font l’excursion que sur une journée. Il n’y avait pas assez de monde faisant la même chose que nous ce jour là, on devra donc s’incruster avec d’autres personnes le lendemain pour faire le retour. Mais on en n’est pas là, et même loin de là !

L’hôtel se trouve dans un hameau au milieu du salar où vivent une vingtaine de personnes. On se balade aux alentours pour voir les ruines d’un village en pierre, un lit d’eau abritant des flamants roses, des lamas et le coucher du soleil. On retourne à l’hôtel frigorifié. Bien sûr l’hôtel n’est pas chauffé et les toilettes sont dehors. On nous sert un repas à 18h30. On mange à la même table que le coréen et on échange quelques mots avec trois personnes de la table à côté de nous. Le froid nous oblige à filer sous les couvertures. La femme à Uyuni qui nous a vendu l’excursion nous avait dit qu’on nous donnerait des bouillottes. Je demande au personnel de l’hôtel. Ils me répondent qu’il n’y en a pas -j’insiste- ils me disent de demander à la gérante. Elle me confirme qu’il n’y a ni chauffage ni bouillottes et me donne des couvertures en plus. À ce moment là, j’en veux à la femme d’Uyuni. Qu’on vive des situations difficiles c’était prévu mais quand on paye pour quelque chose et que finalement ce n’est pas ce qui a été annoncé, on a de quoi s’énerver. (On a payé 50€ chacun.) J’arrive à me calmer mais à peine je commence à me réchauffer dans le lit que Kévin se sent mal. Et là c’est le drame.

Kévin observant les flamants roses avec des jumelles, en pleine forme, sans se douter de ce qui l'attend quelques heures plus tard...

Kévin observant les flamants roses avec des jumelles sans se douter de ce qui l’attend quelques heures plus tard…

Il file aux toilettes et part en diarrhées et vomissements. Je cours demander une serviette pour qu’il se nettoie et du papier toilette. J’aurais beau expliquer la situation, la gérante finira par me donner une serviette parce que j’ai vraiment beaucoup insisté et me VENDRA du PQ, oui VENDRE. Dans la panique de voir Kévin aussi mal, dans un endroit perdu avec des gens peu compatissants, j’aborde des touristes en train de manger. Physiquement ils pourraient être français, je tente le tout pour le tout et leur parle français. Dans notre malheur, on aura un vrai coup de chance : c’est un groupe de suisses dont une médecin ! Elle tente de faire un diagnostic, il est fort possible que ce soit alimentaire. Elle nous remplit une de nos gourdes d’eau chaude et nous donne des médicaments en plus de ceux qu’on a déjà. Des médicaments efficaces et appropriés mais le soucis c’est que Kévin ne s’arrête pas de vomir. Être malade ce n’est jamais un moment de plaisir mais en plus quand on est au milieu d’un désert de sel et enfermé dans des WC à l’extérieur où souffle un vent glacial… Pour ça aussi la femme nous a menti. Elle nous avait dit qu’il ferait plus chaud qu’à Uyuni. Le guide des suisses qui parle espagnol et français demande une bassine pour que Kévin puisse vomir dans la chambre où il fait un peu plus chaud. Il devra insister pour l’avoir. Tout le monde file se coucher, sauf nous. Je n’arriverai pas à me procurer un verre auprès des gens de l’hôtel : “Demandez à la gérante” est leur seule réponse, ils ne seront pas capables d’assumer de prêter un verre ! Lamentable ! Je trouve ça scandaleux qu’ils se foutent de l’état de santé de Kévin et qu’en plus ils ne me donnent même pas des choses simples. Puisque plus personne n’est là, je décide de me servir en PQ et bouteilles d’eau minérale au comptoir.

Je suis très inquiète. Kévin passe son temps au toilette. Je reste avec lui, j’ai froid, je suis fatiguée, je ne sais pas quoi faire. J’ai repéré le numéro pour appeler notre assurance mais de toute évidence on va devoir passer la nuit ici. Kévin me dit qu’il a peur, moi aussi…
Après plusieurs heures, il finit par s’endormir sans avoir vomi les derniers médicaments. Je m’endors à ses côtés peu rassurée et avec la chaire de poule (pas de peur mais de froid).

Au réveil, Kévin est très faible, toujours balonné et sans appétit. Il prend des médicaments en se forçant à manger un peu du petit déjeuner qu’on nous a préparé et retourne au lit. De mon côté, je me balade un peu dans le hameau sous un beau soleil, fait connaissance avec la petite fille qui vit ici et bien sûr, je prends soin de mon Titange malade.
A 13h30, notre 4×4 arrive. Je me précipite vers le chauffeur pour lui expliquer l’état de santé de Kévin. Enfin une personne compréhensive et sympathique. On mange sur place avec le nouveau groupe de la journée. Une polonaise et un couple de péruviens avec leur adolescent, tous très sympathiques. Je comprends tout ce qu’ils me disent et ne réfléchis plus à mes mots pour m’exprimer. Comme quoi on s’est bien amélioré depuis avril sans s’en rendre compte. Kévin participe beaucoup moins à la conversation mais tout le monde sera au petit soin à demander comment il va et à donner des conseils. Il mange quelques bouchées de poulet et de riz et retourne somnoler avant notre départ.

uyuni ile cactusL’après midi, on revoit pas mal de lieux déjà visités la veille, seule nouveauté : l’île des pêcheurs, au milieu du salar. Une île qui n’est plus entourée d’eau puisque tout s’est évaporé. Elle n’est pas du tout remplie de poissons mais de grands et nombreux cactus. Son nom vient de sa forme. Kévin se repose dans le 4×4. Je pars donc seule à la découverte de cette île piquante. Dans cette partie du salar, la couche de sel est plus épaisse, j’ai l’impression de marcher dans la neige.

On retourne à tant à Uyuni pour prendre le bus qu’on nous a réservé et qui nous conduit à Potosi. Bien sûr, on avait réservé sans savoir que Kévin se sentirait mal. On n’est pas à 7€ près mais il préfère faire le trajet. Nous voilà donc partis pour 4h de bus. Un hôtel avec chauffage, salle de bain privée et petit déjeuner copieux nous attend… normalement !

En route pour l’île de Chiloe

Les 27 heures de bus pour rejoindre Bariloche passent assez vite. On nous apporte à manger régulièrement, on a dormi environ 11 heures sur des sièges confortables et on a regardé 7 films en anglais sous-titrés en espagnol. Le bus a fait des pauses la nuit quand on dormait (inutile pour nous) et pendant la journée, on n’a pas pu descendre prendre l’air pendant plus de 17h, puis on a pu sortir 5 minutes et c’est reparti. Les paysages sont toujours identiques : personne, seulement un immense désert de petits buissons qui me font penser à des oursins. Pas mal de kilomètres séparent chaque ville. Et quand je dis ville, ce n’est pas Lyon ou Paris, ce sont des maisons basses, très peu de bâtiments.

calafate bus kevin

Kévin en pleine concentration pour l’article précédent

On arrive à Bariloche, il est 20h. On achète directement nos tickets de bus pour le lendemain, direction Osorno au Chili (on se rapproche de l’île de Chiloe, notre but). Toujours au terminal de bus, un homme nous aborde. Il travaille pour un hôtel et essaye de nous convaincre d’y venir passer la nuit. L’hôtel n’est pas cher et nous semble parfait mais on n’aime pas trop ce genre de démarche, on ne sait pas si on peut lui faire confiance et on n’aime pas se sentir piégé… On décide de manger, toujours au terminal de bus. Le gars nous attend tout près. Kévin a récupéré quelques prospectus pour d’autres hôtels. J’en appelle un pour savoir s’il est ouvert et connaître les prix. On doit faire un choix : les deux hôtels nous paraissent bien. Le 2e est un peu plus cher mais ce sera finalement notre choix final pour apaiser nos craintes face au 1er que le gars veut nous vendre. D’ailleurs il est parti. La voix est libre pour prendre un taxi. On découvre une ville qui a l’air bien mignonne, avec une très jolie place entourée de belles maisons en bois. L’hôtel n’est pas mal non plus. On s’endort dans un lit aux couvertures moelleuses.

Le lendemain, samedi 31 mai 2014 : petit déjeuner, cyber café et courses (dès qu’on a une cuisine à disposition dans les hôtels, on en profite pour se faire à manger nous même, c’est tellement plus économique). Après un bon plat de pâtes à la sauce tomate, on essaye de trouver un bus de ville pour nous emmener au terminal de bus. On ne peut pas payer en espèce, seulement avec une carte d’abonnement. Heureusement, une gentille dame nous paye nos places avec sa carte puis on s’empresse de la rembourser en liquide. 0,80€ pour nous deux, contre 4€ pour un taxi : il n’y a pas de petites économies.

13h45, notre bus est à l’heure. On nous sert à manger. Bon, ben on re-mange. Les contrôles pour passer la douane du Chili sont assez comiques. On pourrait passer avec des produits illicites assez facilement, j’ai bien repéré et j’ai pleins d’idées différentes. On ne nous fouille pas, les sacs à main sont reniflés rapidement par un chien, nos gros sacs sont fouillés très grossièrement (ils n’ouvrent même pas toutes les poches). Je passe avec une poire dans mon sac et on a toujours du chocolat qu’on a fait en Jamaïque (produits à signaler qu’on n’a pas signalés, nos débuts en tant que trafiquants).

calafate bus paysage

Les paysages entre chaque ville d’Argentine

On ne connaîtra d’Osorno que le terminal de bus durant la nuit, on arrive à enchaîner directement avec un bus qui nous dépose au bout d’une heure à Puerto Montt. A 19h30, on est arrivé à destination, plus qu’à trouver un endroit pour passer la nuit. Au point d’information pour les hôtels, on se fait accoster par une vielle dame qui nous propose une chambre à un prix raisonnable, Internet et petit déjeuner compris. On décide de la suivre. Pourquoi elle et pas le gars à Bariloche ? Question de feeling… Une vieille dame ça fait tout de suite moins peur et pourtant… Elle nous égorgea pendant notre sommeil ! Finalement pas de violence mais quelques déceptions : pas d’eau chaude le soir, impossible de se laver avec cette eau glacée et le petit déjeuner avec du pâté de jambon non merci. Mais bon, la chambre est grande, le lit est confortable et on y reste seulement une nuit.
Qu’y a t’il à Puerto Montt ? Et bien on ne saura pas, il pleut tout le temps et le vent est assez violent. D’après la météo, il devrait pleuvoir toute la semaine sur l’île de Chiloe… C’est le moment de tester nos équipements de pluie.

Finalement, après 4 jours de voyage, on arrive sur l’île de Chiloe. Il fait nuit, il pleut, les toilettes sont payants, pas de point d’information pour nous renseigner, on ne sait pas où on va dormir et il n’y a pas d’électricité… i Bienvenidos !