En route vers le Nord : Chefchaouen et Tanger

Suite à ma première experience en bus de nuit je m’étais dit : plus jamais au Maroc. En ce Samedi 4 juin, aux alentours de 4h 4min et 4 sec du matin, je descends du bus frais comme un gardon, mais alors que je pensais tomber sur une station de bus où je pourrais pioncer un peu, ben non. Y’a rien, pas un chat (et pourtant c’est pas ce qu’il manque ici !). Du coup, ben je vais visiter la ville de nuit !
Je croise dans les rues beaucoup d’enfants qui jouent, soit au foot, soit à balancer des oranges sur un garde d’une grande place. Ah j’avais oublié un détail important : il fait froid, moins de 15 degrés, et je n’ai pas pris de blouson pour ce voyage. Si je m’arrête plus de 5 minutes je commence à cailler. J’arrive enfin dans la médina. Poua ! Magnifique, ce bleu est magnifique, tout est bleu, c’est une ville pour les Schtroumpfs ! Les rues, les maisons, époustouflants !

Chefchaouen tout en bleu

Chefchaouen tout en bleu

Après 1h30 de marche j’ai fais le tour de la ville tout en contemplant le lever de soleil sur les montagnes environnantes (grosse sensation de l’ascension du Machu Picchu !) je décide de dormir un peu sur un banc. Le froid n’est pas d’accord, et j’abandonne quand des gamins commencent à venir m’emmerder. Il est environ 7h du matin et je vais tomber sur mon boulet du coin. Il me proposera cannabis, tapis, sacs, babouches au cours des 2 prochaines heures. Il faut savoir que Chefchaouen est la capitale du cannabis au Maroc, donc réputé certes pour ses maisons bleues mais également pour ses cultures. Le gars et un de ses potes ne reculent devant rien :

Une rue de Schtroumpfée

Une rue de Schtroumpfée

“T’es jeune faut en profiter, ça te fera du bien”
“Déjà tu sais pas mon âge, j’ai pas dormi de la nuit et repars dans quelques heures, j’ai pas envie d’être encore plus HS avec ta résine, non merci”
“Mais ici c’est légal, les gens en fument partout. Regarde, t’en veux combien ? Les français en prennent tous le temps ! Un petit 400 dh ?”
Bref, autant parler à un mur qu’à ce marchand de la quarantaine.

Après un petit déjeuner costaud je repasse par les rues bleues en direction de la gare routière, cette fois ouverte, prête à m’accueillir pour dormir de 10 à 13h !

Cette ville avait l’air très agréable, et y séjourner plus longtemps à une autre occasion pourrait sonner comme un petit havre de paix, tout comme Hassi Labied (ceci est un message à peine masquée destiné à ma bien-aimée). Beaucoup de randonnées à faire dans les montagnes environnantes, de quoi y séjourner 4-5 jours minimum. A 15h passé, avec un gros retard, mon bus fait voile vers Tanger !

Dodo, l'enfant do, l'enfant ... Se les cailles !

Dodo, l’enfant do, l’enfant … Se les cailles !

On est toujours le 4 juin, la journée est longue ! J’arrive à Tanger vers 18h30 et trouve rapidement une auberge nommée Bayt Aline dans la médina. Le personnel est super gentil. Je rencontre Youn, copain de chambre, un Coréen qui vient de faire une année Erasmus en France, ne parle pas un mot de francais et… je n’en saurai pas plus car il a le nez plongé dans son téléphone et se couchera à 20h30.

L’auberge est assez atypique (surtout ma chambre, je suis sur un lit superposé à 2m50 au-dessus de la douche !). La propriétaire, une française, la cinquantaine, me procure rapidement 2-3 conseils et une CARTE DE LA MÉDINA. Je vois vraiment ça comme un objet sacré, ma joie est immense quand Fabienne ouvre le coffre contenant ce précieux photocopié et me le présente. La vue sur le port, la méditerranée et la médina depuis le toit de l’auberge est très sympa. Je me couche tôt, c’est tellement rare qu’il faut le souligner : 22h30, et enquille sur une grosse nuit de 12h. A mon réveil, plus aucune courbature aux jambes, reposé, il est midi, je vais explorer la médina de Tanger.

Le royaume du matou

Le royaume du matou

Personne (ou presque) pour me quémander quoi que ce soit, je me repère dans toute la médina (forcément avec un plan, même sans être ultra précis, ça aide), je fais un tour par une vue sur le port, puis vais au petit Socco, un lieu d’activité et de marché ou je prends un thé à la menthe en observant la vie du quartier se dérouler. Ensuite je vais au grand Socco (comme le petit, mais en dix fois plus grand) puis au musée de la Kasbah, conseillé par un guide, gentil, et non intrusif. Premier musée que je me fais au Maroc ! Gars pas très accueillant à l’entrée, je dis bonjour, il répond pas, j’avance, et là “Monsieur il faut payer, c’est 20dh”. Ben commence par être poli déjà. Il est 16h05, ça fait 25 minutes que je suis dans le musée et j’en ai fait 50 pourcents, mais je me fais virer comme un mal propre par un garde parce que “c’est Ramadan”. Ce blaireau ne parle ni anglais, ni francais, ni espagnol, et ne comprend donc pas mon mécontentement. Enfin si, il le comprend vu qu’il entend mon intonation et

Cour Intérieure du musée de la Kasbah

Cour Intérieure du musée de la Kasbah

mon regard tente de le tuer. Je prévois d’y retourner le lendemain pour demander des explications, car ne pas prévenir et faire entrer les gens ne me paraît pas très correct. C’est le pays de la frustration !

Le soir j’ai un nouveau pote de chambre, un espagnol qui est venu en moto. Y’a pas à dire on repère tout de suite l’accent espagnol : ils débitent à une vitesse phénoménale !

En ce lundi 5 juin mon planning est plutôt léger. Je retourne au petit Socco pour déguster un jus d’orange, je retourne voir un commerçant de la veille avec lequel j’avais bien accroché près de la Kasbah et je vais au musée. Le gars à l’entrée semble me reconnaître, semble me comprendre, et semble me laisser entrer pour finir ma visite. Le seul musée que j’aurais fait est franchement pas très grand, mais très sympa pour peu qu’on lise toutes les informations présentées. D’autant plus qu’il est DANS une Kasbah. Ensuite je retraverse toute la médina pour aller au grand Socco, y manger et observer la vie. Je vous avais prévenu : journée légère, journée d’observation ! Et encore je fais court, j’ai vraiment passé ma journée à m’imprégner de l’atmosphère, la médina de Tanger est la plus sympa que j’ai faite, ni trop grande, ni trop petite, et celle où je me suis le plus senti en sécurité. J’y aurais dégusté tajine et couscous à une adresse recommandée par l’auberge. En 2 jours pas un seul type ne m’a suivi pour me forcer à entrer dans son magasin, les directions indiquées par les gens étaient toujours les bonnes. Que du bonheur ! J’ai ensuite passé du temps dans un cybercafé ne vendant pas de café et me suis présenté à la gare avec 5h30 d’avance. Ouch ! Mon train partira vers 23h45, direction Marrakesh, et ce sera ma première fois dans un train couchette 🙂
(Enfin, là je souris car je pense que ça va être sympa. Mais en réalité je publie cet article avant de monter dans le train…). C’est parti pour 9h de voyage !

Des escaliers vus depuis la hauteur d'un chat

Des escaliers vus depuis la hauteur d’un chat