La beauté de Mendoza et de la Cordillère des Andes

Mendoza se situe à l’est de Valparaiso et Santiago, mais en Argentine. Pour y aller on traversera donc la Cordillère des Andes, mais cette fois de jour, sous un beau ciel bleu. Point important, on avait choisi nos places de bus à l’étage supérieur, devant la baie vitrée. Nickel chrome ! Être aux pieds de ces gigantesques montagnes nous émerveillera ! Entre celles enneigées, celles à la roche rouge genre “paysage de Grand Canyon”, les fleuves passant parfois, bref, vraiment merveilleux et l’impression de traverser plusieurs pays d’un coup ! (Ce qui n’est pas totalement faux d’ailleurs !) Je suis fatigué mais ne peux pas m’empêcher de rester éveillé pour contempler le décor qui s’offre à nous, enfin… surtout à moi car ma voisine voyage surtout avec Morphée 😉

On arrive à Mendoza le lundi 16 juin 2014 sur le coup des 16h (on oubliera d’ailleurs qu’il y a un changement d’heure, c’est ça d’être resté trop longtemps au Chili !). Un gars m’accoste à la descente du bus pour nous proposer un hôtel, il a l’air sympa mais on lui dit qu’on ne va pas s’affoler et prendre notre temps pour choisir, il est compréhensif et nous indique même où changer nos pesos chiliens : très bonne affaire. Sérieusement il y a un vrai trafic à faire ici ! On avait retiré en pesos chiliens pour 280€. Après les avoir échangé en pesos argentins, on a l’équivalent de 380€. On comprend pas trop comment fonctionne ces histoires de change, de taux et tout ça. Mais bon, on a trouvé en fin de compte de bons moyens de gérer nos problèmes d’argent en Argentine !

Moi contemplant l'horizon

Moi contemplant l’horizon

On conclu avec le gars, Walter, que nous jetterons un œil à son hôtel, mais qu’ensuite nous irons explorer les auberges alentours, en ne lui cachant pas que son tarif est trop haut pour nous. Il nous emmène gratuitement jusqu’à l’hôtel, qui est ma foi, nickel.
– “Bon, on va faire un tour et on reviendra peut-être, mais la chambre est parfaite”, lui lance t-on.
– “Le prix est trop élevé c’est ça ? Écoutez, je vous fais une ristourne”, nous répond Walter.
Il rentre dans notre budget, on pose nos sacs !

On se balade ensuite dans la ville et consulte l’office du tourisme histoire de prendre nos marques. Le lendemain on se promène dans un parc sympa, près d’un lac, initialement pour faire un tour de vélo que l’on pouvait apparemment louer pour pas cher, mais 8€ de l’heure chacun, c’est cher ! Pas grave, on marche 🙂
La ville est vraiment belle, il y fait bon vivre. Je me rappelle que jusqu’à maintenant on a eu les personnes qui disaient “Mouais Mendoza ça vaut pas la peine, passez votre chemin”, genre Daniel de Viña, et les autres, genre le voyageur Kannan, ou encore notre futur hôte de Córdoba qui vient de voyager 5 mois en Amérique du Sud et nous conseille d’y rester au moins 3 jours !

Il faut savoir qu’en Argentine (et au Chili d’ailleurs), les bus de ville vous ne pouvez pas les prendre comme ça à l’arrache. Pour éviter les agressions de chauffeurs, il n’ont pas d’argent. Du coup il faut acheter une carte (1€) que l’on crédite dans les kiosques, et que l’on passe devant une borne lors de la montée dans le bus.

Ce soir là on se fait un restau type buffet à volonté histoire de se faire péter la panse. L’un des employés a, d’après moi, plus de 60 ans. Ça m’attriste réellement de voir ce petit papy, qui serait bien mieux ailleurs. Là il ne fait que nettoyer les tables. Probablement le seul poste qu’il peut réaliser correctement, trop vieux pour la réception, trop lent pour la cuisine, et un peu de tout ça pour ne pas être à la compta. Bref, histoire de ne pas avoir la larme à l’œil, on se dit qu’il a aussi été jeune, et que c’était peut-être même un Daniel ! (Cf. l’article précédent sur Viña.)

Pris en photo par un rocher. Merci Rocher !

Pris en photo par un rocher. Merci Rocher !

Le Mercredi 18 juin on se lève à 9h, une excellente journée nous attend. Plutôt que de passer par des excursions organisées pour faire un tour dans la Cordillère des Andes, vers “Alta Montaña”, on décide de se débrouiller nous même en prenant un bus au terminal. Sérieusement, c’est une excellente option. La journée nous coûtera 10 fois moins cher qu’en agence, on aura aucune pression, et surtout, on sera 100% libre, mais venons-y.

La journée est couverte, on décolle de Mendoza sur le coup des 10h15, destination : Potrerillos. On arrive vers midi, on est à environ 1500 mètres d’altitude ; ça, je l’apprendrai en parlant avec un autochtone ! Pendant qu’on se pose pour manger nos casse-croûtes deux chiens nous abordent : “Wouaf wouaf”. Globalement, ils avaient un peu la dalle, mais restèrent pour autant très respectueux et calmes.
La suite est le plus intéressant, et pourtant ce que je peux développer le moins. Les images parleront d’elles-mêmes. On décide de marcher le long du lac, puis on contourne la route inondée, les 2 chiens nous rejoignent et suivent, voire devancent. On poursuit notre promenade jusqu’à une petite colline, qui donne sur un magasin de rafting et qui est surplombée d’autres collines que l’on décide de gravir. On arrive sur le sommet le plus haut à notre portée, et là, putain que c’est beau ! Le seul hic c’est la route à 800m de là longeant la Cordillère : le bruit des véhicules casse un peu ce moment de nature et de “seul au monde”, mais ça n’en restera pas moins merveilleux de partager ça ensemble, Manon, moi, et nos 2 amis canidés.

A 17h45 on choppe un bus retournant à Mendoza, en en ayant pris plein les mirettes ! On ne regrettera définitivement pas cette journée nous ayant coûté à deux 11€ (transport et nourriture), bien loin des 80€ des agences avec seulement le transport à plusieurs points de vus, aucune véritable liberté, et une journée épuisante de 7h à 19h ! Après on ne peut pas comparer vu qu’on n’a pas tenté les excursions vous me direz ! On vous laissera nous faire un retour si vous en faites un jour 😉

Manon libre !

Manon libre !

Le soir alors qu’on passe par le parc principal de Mendoza tout en discutant, un homme qui nous dépasse, la quarantaine, se retourne et nous aborde :
– “Vous parlez français ?”, tout en continuant à marcher devant nous
– “Oui un peu, on débute
Visiblement on fera un heureux, car il travaille ici et parler français quelques minutes semblait lui manquer. Il nous invitera à toutes les fêtes de son entreprise sur Mendoza et Córdoba !

Le lendemain on fait une visite un peu plus approfondie de la ville : musée d’histoire de la ville, musée d’art moderne (on ne sait vraiment pas apprécier, y’a rien à faire !) et aquarium (très décevant car les animaux semblaient tristes, étaient dans des aquariums ou bassins trop petits et pauvres en flore. Petite pensée pour Manon Claire : y’avait des gros Axolotes.). Le truc sympa à savoir, c’est que pour visiter les 3 ça coûte seulement 2€.

Le soir nous prenons un bus de nuit à 23h, direction Córdoba, théoriquement notre dernier point en Argentine.
Je dis “théoriquement”, car la moitié de nos points argentins ont été modifiés depuis l’itinéraire de base, alors on ne part plus avec autant de certitude qu’avant ! Si au Mexique on avait l’habitude de se dire “dans 3 jours on sait pas exactement où on sera, mais ce sera près de tel endroit”, aujourd’hui c’est plutôt “on sera à plus ou moins 1000km de ce point dans plus ou moins 3 jours”.

Vue sur le lac de Potrerillos

Vue sur le lac de Potrerillos, avec une schtroumpfette noire devant.

Rencontre d’une famille typique à Coñimó

Jeudi 5 juin 2014 on quitte Castro pour retourner à Ancud, où nous retrouvons cette fameuse odeur de feu de bois qui rempli la ville. On prend un bus rural -qui part depuis un terminal de bus différent de celui pour naviguer entre les grandes villes du pays- pour se rendre à Coñimó, un village paumé sur la côte est de l’île de Chiloe. Mais que va t-on y faire ? Et bien quelques jours plus tôt à l’office du tourisme d’Ancud on avait trouvé des cartes indiquant des familles typiques habitant dans l’arrière pays, faisant partager leur quotidien, leur culture.

Sur cette carte il était écrit qu’ils habitaient à “Koñimó”, orthographe différente de ce que l’on voit sur le panneau du village approchant. On commence à se demander si on ne s’est pas planté, s’il ne fallait pas descendre plus tôt ! Au bout d’une heure trente on est les derniers dans le bus, à l’avant, puis je vois un homme monter et parler au chauffeur. Je chuchote -et on se demande bien pourquoi vu que personne ne parle français dans ce coin du Chili, bref, je chuchote- à Manon : “Hey regarde, on dirait le vieux qui est sur la carte de l’office du tourisme !”. Et effectivement, c’est bien lui !

Laura et Segmundo sont des artisans-paysans qui vivent de ce qu’ils produisent et se soignent eux mêmes avec des plantes -tant que c’est possible ! Si ils se coupent un bras il ne vont pas le recoudre non plus !-. Ils sont donc naturellement entourés d’animaux, et vu qu’on arrive tard mine de rien -17h30- on va faire des tortillas -le pain local-. On arrive dans une grande cabane au sol terreux avec un feu central -idéal pour se réchauffer, car oui, ça caille- entouré de chaises recouvertes de laine moelleuse. On apprendra à se connaître durant 2h autour de ce gros feu, tout en faisant en parallèle cuir les tortillas dans le sable réchauffé par les braises, puis en en mangeant quelques unes. Laura fait également leurs vêtements -les ponchos et les pulls- grâce à un métier à tisser la laine. L’une de leur fille, la trentaine, et la fille de cette femme nous rejoignent entre temps. La petite se nomme Millalen (qui signifie “lune qui brille” dans une langue ancienne de la région, le Mapuche je crois). Comme beaucoup de petites, elle déborde d’énergie.

Notre seule photo de l'intérieur malheureusement

Notre seule photo de l’intérieur, malheureusement

On pense qu’on ne va manger que du pain et vu qu’il n’y a pas d’autres pièces à part une petite salle de bain, on se voit déjà passer la nuit par terre ! Ça serait typique….et flippant vu le froid qui nous enlace lorsque le feu s’atténue. Mais en fin de compte on sort de la cabane pour aller dans la vraie maison, beaucoup plus chauffée, en bois, sur pilotis, à 2 pas d’ici. La maison est chaleureuse, sauf la chambre et la salle de bain où il règne la même température qu’à l’extérieur. On est trop frileux pour prendre une douche avec les 2°C ambiant de la salle de bain. On mange ensuite un bon merlu pêché par Segmundo, puis on en apprend un peu plus sur les mythes de l’île -Pincoya par exemple-, auxquels ils croient tous en plus de leurs croyances catholiques et leurs origines indigènes dont ils sont fiers. Contrairement à Oscar de Puerto Natales, eux nous disent que l’accès à la contraception existe bien ici. Manon lit “La belle au bois dormant” -en espagnol bien sûr- à la petite, je leur fais un petit dépannage de PC -Segmundo ne sait pas trop utiliser Excel, or il a besoin de faire plein de calculs- et on file ensuite se coucher dans une chambre glacée : bonnet obligatoire pour ne pas geler de la tête !

Réveil à 7h30, on retourne à Ancud avec eux en bus, car Segmundo a une réunion concernant la communauté dont il est le président ici. Le couple nous a conseillé d’aller à Puerto Varas plutôt que de se poser à Puerto Montt, plus beau, moins dangereux. Arrivé à Ancud, on décollera direct pour Puerto Varas. Sur le ticket de bus Manon s’appelle bien Manon. Mais la femme du guichet pense que ce qui est écrit en dessous du nom de Manon sur la CB est mon nom, je m’appelle donc désormais LYON BROTTEAUX. Ça amuse encore Manon 4 jours plus tard !

Au final, l’échange avec cette famille a été agréable, on ne regrette clairement pas de l’avoir fait, mais il est vrai que depuis plusieurs temps on ne rencontre pas de personnes de nos âges, qui sont clairement celles avec lesquelles on accroche le plus depuis le début de notre voyage. Le manque social se faisant un peu pesant, et un peu fatigué par le fait de ne pas se poser plus de 2 jours au même endroit depuis plusieurs semaines, on commence à avoir un peu les nerfs en compote et le moral qui prend un coup. Heureusement qu’on est deux, et heureusement que l’on restera plus de deux jours à Puerto Varas, la suite très bientôt.

PS : En vérifiant l’orthographe de Coñimó, on a trouvé sur youtube nos hôtes Segmundo et Laura, regardez plutôt : >> ici <<

L’arrivée éprouvante en Jamaïque

On arrive à l’aéroport à 21h15, tous les magasins ferment, on n’a pas mangé, impossible de trouver quelque chose à grignoter, il faudra qu’on se contente de 4 mini-cookies et la moitié d’un paquet de céréales.
Visiblement on n’est pas les seuls à passer la nuit dans l’aéroport, un couple de rastas s’est installé sur des couvertures, caché sous des escaliers. D’autres squattent les banquettes d’un bar. Et nous on est dans un coin, un peu cachés par un poteau. On arrivera à dormir environ 2h, couché par terre (dur de trouver une position sans avoir mal au dos).

On se lève à 3h du matin, on retire nos billets d’avion, on enregistre nos bagages et on passe le contrôle pour passer en zone internationale. Fatiguée, je n’ai pas retiré mes boucles d’oreilles, ni les pièces de monnaie dans ma poche, ni mon passeport mais je ne bipe pas. Par contre mon sac fait encore des siennes. Cette fois je sais que ce n’est pas ma gourde mais qu’est-ce que j’ai oublié ?! Le pot de crème solaire… i Chinga ! La femme veut me la jeter mais je refuse. Elle me propose de retourner la mettre dans mes bagages. J’y cours mais la femme qui nous a enregistré nos bagages ne tient pas le même discours et me dit que c’est impossible de les récupérer. Je reviens avec ma crème solaire que je refuse toujours de jeter (même fatiguée je peux me battre jusqu’au bout et gagner, nanmého !). On me propose d’enregistrer un 3ème bagage avec ma crème solaire dedans mais cela me coûtera un surplus, de combien ? Je ne sais pas. On transvase les affaires de Kévin dans mon sac à dos, on met la crème solaire dans le sien et me voilà repartie vers l’enregistrement des bagages. Je n’ai pas besoin de faire la queue, on commence à me connaître. Je prends quand même 2 minutes pour sympathiser avec un vieux mexicain, le dernier que je croiserai.
Tout en prenant le sac à dos pour l’enregistrer, la femme m’annonce que cela coûte 500 pesos (25€) mais que je ne dois pas m’en préoccuper. Je suis fatiguée, j’ouvre de grands yeux et lui demande de répéter : 500 pesos ?! C’est trop cher ! Elle voit mon inquiétude mais continue à étiqueter le sac et le mettre sur le tapis roulant. “Je ne comprends pas, quand est-ce que je vais payer ?” Elle me fait signe de partir en me faisant comprendre qu’elle ne me fait pas payer. i Muchas gracias !

Ça y est, on arrive à passer tous les contrôles et notre crème solaire est sauvée !
Les magasins ne sont pas encore ouverts, on s’écroule sur des chaises peu confortables où tout le monde dort, chacun adopte une position différente. Nous on opte pour la position “en sandwich”, Kévin la tête sur mes genoux et ma tête sur son dos… Je n’ai pas pu dormir bien longtemps. Départ de l’avion à 6h50. J’ai eu le temps d’acheter 2 petits cookies et une barre de cacahuètes. 1h30 de vol, pas le temps de bien dormir. On atterrit à Miami. J’appréhende que mon sac soit encore fouillé mais on récupère nos bagages entiers sans soucis (on avait mis des antivols cette fois et rien a bougé).
On passe la douane, on refait toutes les étapes et quelques files d’attente plus tard, on n’a plus qu’à attendre notre avion. 1h30 devant nous, on va pouvoir manger ! (Ça me fait rire d’écrire ça quand je connais la suite des événements…). Il nous reste l’équivalent de 10€ en pesos mais pour les changer, il y a une taxe de 7€ + le taux de change, bref, on garde nos pesos et on payera les dollars avec la carte bleue. On s’installe dans un restau, on commande deux hamburgers avec des frites et deux ice tea. On nous apporte les boissons. En fait c’est vraiment des ice tea, du thé glacé, le goût du thé, beurk ! On n’aime pas, au point de ne pas pouvoir le boire du tout. On attend nos hamburgers. L’attente est longue. Kévin sort son iPad pour patienter. Un peu pris de panique, il me demande à quelle heure est notre avion. 12h30, il est 11h, tout va bien, cool. Sauf qu’à Miami il n’est pas 11h mais 12h, merci l’iPad ! Sans cette mise à jour, on loupait notre avion. On se dépêche de payer les boissons qu’on n’a pas bues, tant pis pour les hamburgers, on arrive à tant pour embarquer. 1h30 de vol à côté d’un jamaïcain peu sympathique qui me donne des coups de coude régulier, me prend mon accoudoir et ne répond pas à mes sourires. On espérait qu’à cette heure on nous servirait à manger, mais non, le sort s’acharne sur nous. On arrive fatigué et affamé mais entier et avec tous nos bagages. Petite coupure d’électricité d’une seconde dans l’aéroport, bienvenu en Jamaïque.

Des chauffeurs de taxis nous abordent, un s’acharne vraiment. On lui dit qu’on va d’abord manger. On prend ce qu’on connaît le mieux : hamburger-frites. Depuis notre arrivée, on est les seuls blancs partout, ça fait bizarre. Une fois le ventre plein, le chauffeur de taxi se précipite sur nous. En fait, on a réservé 3 nuits à l’hôtel, exprès parce qu’à partir de 3 nuits le trajet aéroport-hôtel était gratuit. Mais on ne voit pas de navette. Le chauffeur connaît l’hôtel, il nous dit qu’on ne viendra pas nous chercher mais il nous propose gentiment d’appeler le gérant de l’hôtel avec son portable. Il ne répond pas et apparemment c’est habituel. Bon, on n’a pas vraiment le choix, on accepte de payer le taxi. Le gars est super gentil en mode “yeah man”. D’ailleurs tous les jamaïcains placent dans leurs phrases “yeah man”. Petit détail qu’on ne savait pas : en Jamaïque, on roule à gauche, c’est perturbant ! Autre chose qui me perturbe beaucoup, l’anglais. Je ne me sens pas à l’aise avec cette langue et en plus tout me vient naturellement en espagnol. Quand on a du mal à comprendre et se faire comprendre, ça devient vite handicapant et déprimant. Heureusement, Kévin gère bien ! C’était notre accord avant de partir, il assure en anglais et je gère l’espagnol. Mais bon, j’espère vite m’améliorer, en 2 semaines.

Le taxi nous dépose à une station essence, nous donne son numéro de téléphone si jamais on a besoin de ses services et nous laisse entre les mains d’un autre taxi, non officiel, pour nous conduire jusqu’à l’hôtel. On se retrouve à 9 dans une voiture dont une petite fille d’environ 3 ans qui s’endort sur moi.
On emprunte des petites routes de montagne mal entretenues. Le taxi nous arrête devant l’hôtel, perdu au milieu de la jungle. On a réservé un hôtel à Kingston, une grande ville, on ne s’attendait pas à se retrouver au milieu de nul part. Le chauffeur appelle le gérant de l’hôtel en criant. J’aperçois au loin un homme sortant de la jungle, les habits troués, une machette à la main. Je chuchote à Kévin “si c’est lui, ça craint”. C’est lui. Mais où sommes-nous tombés ?!

On grimpe des escaliers pour atteindre l’hôtel. En fait, c’est le frère du gérant. Il nous montre notre chambre, kingston chatgrande, lit confortable entouré d’une moustiquaire (le top), un canapé, une télé, beaucoup d’albums de musique genre reggae, une cuisine et une salle de bain communes avec une autre chambre. La porte de notre chambre donne sur l’extérieur. Il ne fait ni chaud ni froid, on est au milieu des montagnes, la vue est magnifique, loin de la pollution… Un coin de paradis où je vais être la plus heureuse du monde parce que j’ai omis un détail important : l’hôtel est rempli de chats (10 dont 3 chatons). Un endroit où je me verrai bien vivre.

On croise par hasard notre colocataire de la chambre d’à côté qui nous propose de prendre un taxi pour aller en ville. Le conducteur est un jeune (il a 35 ans mais ils font tous 10 ans de moins que leur âge !), des dreadlocks (classique ici), un vrai rasta-man comme la plupart des gens qu’on croise. Il roule vite et dangereusement sur ces routes cabossées. J’ai vraiment peur à chaque virage. On passe faire des courses pour pouvoir se faire à manger à l’hôtel les prochains jours, on retire un peu d’argent et notre chauffeur fait changer une de ses roues qui a crevé. On part ensuite manger, encore un fastfood. Notre chauffeur nous accompagne partout et mange avec nous.

On repart direction l’hôtel. J’ai toujours aussi peur, j’ai l’impression qu’on va rentrer dans les voitures d’en face… Et ben non, on n’est pas rentré dans les voitures d’en face mais dans un mur ! En voulant éviter une voiture justement, il a tourné sec et on a filé droit dans un mur. Heureusement le trottoir et un poteau ont ralenti le choc qui n’a pas été très violent. Le chauffeur sort en espérant trouver la voiture en faute mais elle est déjà loin. Il crie son desespoir dans une langue que je ne comprends pas, le créole. Avec Kévin on est assez empathique et il nous fait beaucoup de peine. Je ne sais par quel miracle la voiture redémarre et nous ramène jusqu’à l’hôtel. Avec cette route pleine de crevasses, je pensais qu’elle allait partir en morceaux. On re-crève une roue au passage mais ça, c’est la routine.
Il nous laisse son numéro, comme le 1er chauffeur, mais on n’en rappellera aucun.

Tranquille dans notre chambre, on entend quelqu’un ouvrir notre porte (qui était fermée à clé). C’est Courtney, le gérant de l’hôtel, qui n’est apparemment pas au courant qu’on est là puisqu’il pensait installer une autre personne dans notre chambre. Surpris, il nous salut et repart.

Petites caresses aux chats et repos bien mérité après cette longue journée sans dormir.
Ça y est, on est arrivé vivant en Jamaïque.

Merida et les environs (Uxmal et Chichén Itzá)

Notre arrivée à Merida fut la plus flippante au Mexique car il nous restait 300 pesos (15€) en poche pour tenir 3j (on en dépense en moyenne 55/jours) , notre hôte nous avait lâché, et aucun de nos précédents hôtes n’avait de la famille ou des amis dispos dans le coin pour nous héberger.

Mais en descendant du bus, on est tombé sur une lampe magique. Hop, un génie en sorta, et nos problèmes se réglèrent. C’est ainsi que nous atterrissions dans une auberge de jeunesse.

Un des dirigeants de l’auberge de jeunesse nous présente son idée du lendemain : un voyage sur la journée dans les environs. Quelques négociations ont lieu sur le prix du transport, puis nous voilà inscrits (passer de 900 pesos à 400, c’est plutôt bien !). On va goûter aux joies des voyages en groupes.

Réveil mis à 8h. on décolle normalement à 9h avec ce petit groupe pour une journée remplie de découverte !

La nuit a été chaude, le ventilateur de la chambre est en mode binaire : soit éteint, soit au maximum, du coup il fait beaucoup de bruit, du coup on n’a pas entendu le réveil. Il est 8h25.

Sur le coup des 9h30 on décolle (un AUTRE couple était complètement à la bourre), direction Uxmal. À 12h30 je décide de soumettre mon corps à l’effort, gravir une fois de plus une tonne de marches pour apprécier le paysage surplombant ce site Maya. Et ça vaut le coup !

La pyramide d'Uxmal, avec un humain devant

La pyramide d’Uxmal, avec un humain devant

Prochaine destination : découverte culinaire. Mais avant, petit arrêt à un point de vue sur tout un site. Notre guide (étant aussi le dirigeant de l’auberge de jeunesse) nous agrémente tout le trajet de commentaires, anecdotes et autres. Un vrai plaisir toutes ces choses que nous ne pouvions deviner ! Ainsi nous apprenons l’existence d’un tunnel long de 22km partant du site d’Uxmal jusque là où nous sommes. Les spéléologues n’arrivent actuellement qu’à parcourir 5-6 km, après il faut des bouteilles d’oxygène, ce dernier se faisant rare, et nous le constaterons par nous même juste après avoir goûté à quelques Panuchos.

Nous voilà au bord d’une grotte. Je savais pas trop à quoi m’attendre honnêtement. Ou plutôt, je m’étais projeté “Ça devrait ressembler à quand en Égypte on se roulait par terre pour accéder à certains tombeaux”, mais ça c’était ma version imaginaire. Manon, elle, s’imaginait plutôt le côté spéléo, bien dégueulasse, avec de la terre humide partout. Et quand on est arrivé au bout de 5 minutes à un petit trou de 50cm de diamètre maximum, où il fallait ramper dans ce sol humide et terreux pour passer ; je me suis senti bien roulé. Le truc, c’est qu’on n’a pas 50 rechanges. Et j’avoue que deguelasser le pantalon que je venais de laver la veille, ça me dégoûtait assez, mais ni une ni deux, tout en souplesse, dextérité et finesse, je passais ce premier obstacle avec seulement quelques traces sur les genoux. Vu l’état de mes prédécesseurs (je fermais le groupe) j’étais plutôt content de moi !

Mais rapidement avec Manon, un mal de tête nous prit, et on s’essouffla rapidement. Ça sent le manque d’oxygène tout ça.

Arrive un obstacle en pente, où ils nous disent de se laisser glisser comme dans un toboggan, mais en gérant notre glissade grâce aux stalagmites. Ah ah. Mon cul, je vais pas le salir moi, nanmého ! Du coup tout en équilibre, en souplesse et en [bla bla bla] en bas avec quasi aucune trace.

Mais vous vous demandez très certainement : pourquoi visitons-nous cette grotte ? Et bien à ce stade nous arrivions en fait dans la pièce où se faisait des sacrifices de jeunes filles. Sacré Maya. C’est l’une des raisons de ces grottes. On est d’accord, c’est glauque. D’autant plus qu’en fermant le groupe avec la frontale je ne pouvais m’empêcher de penser au film The Descent, où des copines faisant de la spéléologie se font happer une à une par des humains ayant involué en primates agiles et aveugles.

Après une heure à transpirer comme des porcs dans cette grotte, dont le “parcours extrême” se fait en quelques 6h, nous repartions en direction d’une cenote, celle de Chochola. Une cenote, c’est de l’eau dans une grotte souterraine, plutôt claire. Et visiblement, on s’y baigne. Outre ce côté crado (je doute fortement qu’ils traitent ou changent l’eau chaque semaine, mais je me trompe peut-être !), c’est assez atypique, et surtout, ça rafraîchit.
Je ne voudrais surtout pas accabler les Mayas, mais pour eux, Ies cenotes “étaient utilisées comme réserve d’eau douce, mais aussi comme lieu de culte dans lesquels étaient jetées des offrandes ou des victimes sacrificielles.”. Voilà voilà.

Après avoir remis nos habits bien crades, nous rentrions enfin de cette bonne journée en passant quelques instants devant une hacienda, ces anciennes fermes agricoles souvent reconverties en hôtels de luxe, gérées par quelques familles s’étant faites des couilles en or.

Le lendemain, Dimanche 20 Avril, nous voulions aller visiter l’une des sept merveilles du monde “Chichén Itzá”. Mais la vie n’est pas toujours aussi facile ! Ou plutôt, les choses sont sacrément mal foutues. Pour faire bref (là vous vous dites, ça sent la fin de l’article !) après 9h30 du mat’ plus aucun bus ne pouvait nous y conduire. Il était 11h30. Mais ça, c’est ce que l’office du tourisme nous a dit ! En réalité, le site archéologique de Chichén se trouve à 1h15 de Merida (là où nous sommes, vous suivez ?), mais à 13h00 décolle un bus (au sens figuré) qui y va en 2h30.
Calcul mental rapide : à 15h30 on y est. Mais le seul bus pouvant nous ramener est à 17h15, ou 23h15, mais c’est un peu tard vous trouvez pas ? Pourquoi aucun bus entre les 2 vous me direz ? Et bien vous le comprendrez plus tard, tout comme on l’a découvert.

Y'a plein d'iguanes au Mexique

Y’a plein d’iguanes au Mexique

Notre bus de 13h part à l’heure (si si, je vous jure), met 2h50 (si, si, c’était trop beau). En arrivant on fonce au guichet, il est 15h55. Le gars me dit : “non mais ne payez pas, dans 5 min c’est gratuit, le site ferme à 17h, vous aurez 1h pour vous balader”.
Nos émotions se bousculent :
– “Punaise faudra tracer !”
– “Honnête le gars, merci !” ; et c’est le cas de beaucoup de mexicains que nous croisons !
– “25€ d’economisé !” ; oui, détail important pour nous car j’ai omis de préciser qu’on a eu des soucis d’argent récemment, et que la précédente journée nous avait un peu éclaté notre budget !

Une fois sur le site, en 40min c’est bouclé, ce n’est pas hyper grand, seule la pyramide de Chichen est vraiment magnifiquement merveilleuse (c’est d’ailleurs peu avant d’arriver sur le site que j’ai ré-appris que c’était une des 7 merveilles, ô joie !), principalement car elle est en bon état et d’une régularité que je qualifierai d’égyptienne… héhé.

Retour en bus, qui a déjà 15 min de retard à l’arrivée sur le site (on reprend les bonnes habitudes !), mais pire : on a pourtant des places numérotées, qu’on a choisies, mais on ne rentre pas tous dans le bus ! Autant d’assis que debout. On est les 2 derniers rentrés avec Manon, collés à l’entrée. Mais encore 15 personnes sont bloquées dehors, et l’un d’eux commence à partir en sucette. Le ton monte. Entre temps le conducteur me demande de descendre. Qué ? Porqué ? No, estoy bien, gracias. Et c’est emballé. Bref, le conducteur finit par partir en abandonnant ceux qui n’ont pas pu monter à bord (il a même failli partir avec leurs bagages en soute !). Le trajet fut ensuite assez… pénible, il dura 3h. Et debout, c’est très long. Manon fut plus chanceuse et pu s’asseoir à la moitié du trajet. Un bon burger king (Papa, si tu lis ça, Burger King, c’est comme Mac Do) pour fêter tout ça, et la journée était finie !