Huacachina, Islas Ballestas et Paracas

Les transports s’enchaînent bien et on arrive à Huacachina vers 16h30 le dimanche 10 août. Il n’y a pas beaucoup d’hôtels, peut-être deux. On est super bien installé : une belle chambre luxueuse et de l’eau bien chaude pour la douche (ce dernier point est rare ces derniers temps). On ne s’attendait pas à ça. Il a fallu aller au milieu du désert pour retrouver un peu de confort, c’est fou. On se trouve au milieu de gigantesques dunes de sable ! Huacachina est une toute petite ville entourant une étendue d’eau. On est bel et bien dans une oasis.

On espérait un coin perdu, tranquille mais en fait c’est une ville touristique. Pédalo, kayak pour faire le tour de l’étendue d’eau, un mec qui fait semblant d’être une statue, les vendeurs, les restaurants, l’ambiance… On se croirait presque sur la côte d’azur. Malgré tout, ça n’enlève rien au charme du lieu. On a rarement l’occasion de voir de tels paysages. Après avoir contourné l’oasis (2 minutes en prenant notre temps), on décide de faire l’ascension d’une des dunes de sable. On ne vise pas la plus haute, on est un peu fatigué. Kévin me dit “allez, dans 5 minutes on est en haut”. C’est ce qu’on verra ! Après 5 minutes à patauger dans le sable, on n’en peut plus, on fait une pause, même pas à la moitié. À chaque pas, le sable s’écroule et nous fait redescendre, difficile d’avancer ! On arrive finalement en haut, bien installé sur le sable chaud. On se croirait sur une plage mais sans la mer. Les gens pique-niquent, font du cerf volant… Mais la grande activité ici c’est le sandboarding, c’est à dire du snowboard sur du sable. Il y a beaucoup de buggy, des véhicules qui emmènent les gens en haut des dunes sans se fatiguer. Et ensuite, la descente se fait en glissant. Pour les débutants, rester debout n’est pas chose facile. Je préfère la technique des enfants qui s’assoient et s’en servent comme une luge. On observe toute ces activités autour de nous mais on est surtout admiratif de l’immensité des dunes. Les huacachina soleilgens en haut de la dune en face semblent minuscules. On assiste à un superbe coucher de soleil, avec un angle de vue parfait car le soleil s’emboîte derrière une dune en forme de volcan. On a choisi le bon endroit sans le savoir. Après les derniers rayons, l’air commence à se rafraîchir. Il est temps de redescendre. On voit les gens sur la dune en face dévaler la pente à une vitesse incroyable. On décide de courir aussi. À chaque pas, on avance d’une grande distance. On se sent tout léger. La descente se fait beaucoup plus facilement que la montée.

Musique dans les restaurants, dans les bars, c’est la fête dans toute l’oasis. La musique atteint même notre chambre. Il faut pourtant que l’on dorme car la journée du lendemain s’annonce chargée.

islas oiseauxDépart à 6h30 dans un van rempli de touristes, une majorité de français. Vers 9h, on embarque dans un bateau, avec un gilet de sauvetage orange fluo. C’est parti pour une heure au milieu des îles Ballestas. C’est un archipel d’îles où cohabitent un grand nombre d’otaries et de multiples espèces d’oiseaux marins : manchots, cormorans, pélicans, pingouins… On apercevra seulement 3 ou 4 pingouins perdus au milieu du flot des autres oiseaux. On profitera d’avantage des otaries. Ces îles sont l’équivalent des Îles Galápagos. Le temps est plutôt gris et l’air frais. Il est parfois possible d’apercevoir des dauphins mais nous n’auront pas cette chance aujourd’hui.

paracas

La plage rouge

On enchaine ensuite par la visite du parc national de Paracas. Sur la carte du Pérou, ce parc était représenté par une grande zone verte. On s’attendait donc à un grand parc très nature mais pas du tout, c’est un désert au bord de l’océan ! Suivant les zones, le sable est de différente couleur. On a droit à tous les dégradés d’ocre à orange. On s’arrête pour admirer différentes plages mais la plus belle sera la plage rouge, au sable… rouge. Pause d’une heure pour manger dans un restaurant perdu au milieu de tout ce sable. Des pélicans sont attirés par l’odeur du poisson dans les cuisines. Leur numéro est inhabituel pour nous. Ces gros oiseaux sont impressionnants (voir la vidéo). On termine notre visite par un musée sur l’histoire du parc. Je ne sais pas trop quoi en dire. Je viens de demander à Kévin ce qu’il en a retenu. Sa réponse : “la glace était bonne”. Voilà !

Le van nous dépose à un terminal de bus. Pour gagner un peu de temps, on aimerait aller à Lima et si possible enchaîner directement jusqu’à Huaraz. Les deux prochains bus pour Lima sont complets. Ne nous décourageons pas, un taxi nous emmène jusqu’à un autre terminal et on arrive juste à temps pour prendre un bus au départ imminent. On arrive dans cette grande capitale vers 20h. Commence alors une course dans la ville, avec l’aide d’un chauffeur de taxi, pour trouver un bus pour Huaraz. Notre souhait est finalement exaucé, départ prévu à 22h50 ce qui nous laisse du temps pour manger. On préfère ne pas s’aventurer trop loin du terminal et on se pose dans le premier restau qu’on voit. Les frites baignent dans l’huile, la viande de Kévin est périmée… On en sort écœuré.

islas otaries

Famille d’otaries dans les îles Ballestas

Avant de monter dans le bus, les gens passent par un détecteur et les bagages sont fouillés. Enfin, ça, c’est la théorie ! En vrai, c’est assez comique à observer. Tous les gens qui passent au détecteur bippent rouge ce qui n’est sûrement pas bon. Le gars qui s’occupe du contrôle les tapote rapidement et fait semblant de contrôler leur sac. Grâce à son pouvoir, il n’a pas besoin d’ouvrir les bagages, il pose ses mains dessus et connaît instantanément tout son contenu. D’ailleurs il n’a pas besoin de contrôler tout le monde, il fait des pauses durant lesquelles des dixaines de personnes passent, bippent rouge et montent dans le bus avec leur sac. Sur une cinquantaine de personne, une seule personne ne bippe pas, n’est-ce pas elle qui est étrange finalement… ?
Nous on bippe rouge. Avec un couteau dans ma poche ça me paraît normal. Le gars pose ses mains divines sur mon sac, rien à signaler. Ses mains divines ne détecteront pas plus le couteau suisse dans le sac de Kévin.

Après cette longue journée, on s’endort plutôt facilement dans le bus qui nous emmène à Huaraz.

Cusco et son fameux Machu Picchu

L’heure péruvienne semble aussi approximative que l’heure bolivienne, on arrive à Cusco à 8h30 au lieu de 7h du matin. Pour une fois tant mieux, j’ai pu dormir un petit peu plus !

Le programme est simple : petit déjeuner, trouver un hôtel, se renseigner sur les excursions. Bizarrement on trouvera un hôtel avant de petit déjeuner, mais c’est pas plus mal ! On se renseigne ensuite dans cinq ou six agences différentes afin de comparer les prix et les façons d’accéder au fameux site du Machu Picchu. Le train à prendre pour accéder au site est très cher, ça double facilement les prix, mais on ne met que 3h pour y aller. On a notre temps, donc on opte pour le contournement des montagnes, soit 6h de trajet en bus auxquelles il faut ajouter deux heures de marche pour accéder à la ville la plus proche du Machu Picchu, qui a le doux nom de Aguas Calientes (les eaux chaudes).

Nos 24 prochaines heures seront ponctuées de retrouvailles fortuites. On retombe sur Gintè et Ieva, les 2 lituaniennes, sur la place des armes, puis sur les 2 français le lendemain (rencontrés dans le bus entre Copacabana et Arequipa) : le monde est petit ! On fera entre temps une excursion pseudo-gratuite de la ville afin de s’imprégner de son histoire et ses anecdotes. “Pseudo” car quand je donne un pourboire au guide, il me lance : “Ah mais non, la participation minimale est de 10 soles”. Ben gratte-toi, 6 ça ira.

Dimanche 3 août 2014, 7h45, c’est parti pour le Machu ! Enfin 7h45 c’est sur le papier, on est censé attendre devant l’hôtel qu’on nous prenne. En réalité on dépose nos gros sacs dans un local sécurisé à l’hôtel, puis on se rend directement à l’agence en ville. Je vous épargne les détails, mais l’organisation est surprenante. On quitte Cusco avec plus de 1h de retard.

Discrimination évidente : vieux avec cannes ou fauteuils roulants ne peuvent franchir certains obstacles

Discrimination évidente : vieux avec cannes ou fauteuils roulants ne peuvent franchir certains obstacles

Malgré la fatigue de la petite nuit qu’on a faite, mes yeux restent scotchés aux paysages qui s’offrent à nous : SU-BLIMES. Les montagnes paraissent gigantesques, le cours d’eau que nous longeons apporte un petit plus, tout comme les cascades que nous croiserons. La route se fait ensuite plus terreuse, à flanc de montagne, les bus doivent s’arrêter si ils se croisent, on ne voit pas le fond du canyon qui nous nargue, on ose à peine regarder. On passe par un pont en bois, large comme le bus, à se demander comment il tient encore. On a bien les boules quoi ! Du coup, on essaie de dormir pour ne pas regarder notre potentielle mort arriver.

Le bus arrive à ce que l’on appelle l’ “hydroélectrica”, notre destination, avec 1h30 de retard. On change de guide. Enfin, on n’a pas trop la même notion de guide, car en fait il nous indique où aller avec des explications, puis se barre en train. On mange puis on enquille avec le groupe (environ 10 personnes) sur le chemin nous menant à Aguas Calientes, la ville touristique la plus proche du Machu Picchu. Il s’agit principalement de suivre les rails, c’est pas trop dur, mais surtout, le paysage qui s’étend devant nos yeux est à nouveau sublime ! Les roches dans le lit du fleuve sont très particulières : énormes, lisses et blanches. Tout parait démesuré ici. On se sent perdu dans la nature (bon y’a quand même la voie ferrée hein) et c’est carrément agréable.

La faute à la fatigue, Manon à des baisses de tension ce qui devient handicapant, d’autant plus que le chemin est parfois assez limite côté sécurité : l’absence de pont nous oblige à traverser des parties de rivières en passant sur les rails, entre-coupés de vide.
Au bout d’un peu plus de 2h de marche et de pauses on arrive à Aguas Calientes. Il fait déjà nuit depuis 30 minutes, j’ai la frontale sur moi depuis lors.

Le guide nous avait dit qu’il nous attendrait dès 18h sur la place principale. Pourtant à 18h30 toujours personne. Pendant ce temps on retrouve petit à petit ceux du groupe. Le guide arrive enfin, et nous explique que vu qu’on est dimanche ils n’ont pas pu acheter nos billets à Cusco. Du coup c’est à nous de faire la queue ici. Étonnement il demande à certaines personnes du groupe de prendre les passeports des autres et faire la queue. Plus étonnant, je me retrouve avec 4 passeports dans les mains, dont 2 Coréens, et à faire la queue pendant 30 minutes. Je suis HS au fait. J’avais oublié de le préciser ! Manon reprend doucement et n’a plus de baisses de tensions.

Se lever tôt vaut le coup ! L'aube durant notre ascension...

Se lever tôt vaut le coup ! L’aube durant notre ascension…

Une fois les billets pour le Machu Picchu en poche, nous voilà en route pour l’hôtel. Il est 19h20 quand on y arrive, on fonce prendre une douche, enfin, ça c’est ce qu’on espérait, on est les seuls à avoir une salle de bain où le système d’eau chaude ne fonctionne pas, le robinet semble bloqué. Le problème ne paraît pas récent, contrairement à ce qu’affirme le personnel de l’hôtel.
19h50, ça traine. On leur demande à changer de chambre car à 20h le guide doit nous emmener au restau, et on veut prendre une douche, mais vraiment, ça devient vital : on n’est pas des boliviens nous ! 🙂 Hop hop hop, nouvelle chambre, douche qui fonctionne, puis restau. On notera l’humour des péruviens au restaurant : “Poulet avec frites, salade composée et riz”. On est 3 à notre table à ne demander que des frites. Les plats arriveront sans prendre en compte notre requête, et la salade composée pour eux c’est : une rondelle de concombre et une de tomate, véridique.

On fonce à l’hôtel se coucher, il est 22h30. Dans 5h30, debout pour voir le lever du soleil sur le site.
Lundi matin, 4h, debout tout le monde ! Équipés des lampes frontales, on se dirige à 20 minutes d’Aguas Calientes au petit village de Machu Picchu Pueblo. Il y a déjà une longue queue. 5h, ça ouvre, on montre passeport et billet d’entrée, et à 5h15 on commence l’ascension pour accéder au site. La veille le guide nous avait prévenu que monter durait environ 1h30. 45 minutes à 1h pour les sportifs, et pour les autres, 2 bonnes heures, voire la journée (petit plaisantin !). La montée est rude, pire que Blue Mountain en Jamaïque -et oui, on en parle encore régulièrement de cette journée de m**de-, tout simplement parce que c’est assez raide et surtout qu’il n’y a que des SALOPERIES DE MARCHES ! Monter une pente est beaucoup plus facile que donner des acoups à chaque marche. La fatigue et la montée ont un effet synergique assez puissant qui nous oblige à faire des pauses toutes les 5-8 minutes. Pendant nos micro-pauses on admire les premières couleurs de l’aube, et les montagnes qui se découvrent derrière nous. C’est magique.

On enchaine, beaucoup de personnes font des pauses, on se dépasse les uns les autres régulièrement, puis on croise lors d’une pause l’ami chilien de Gintè et Ieva ! Il monte comme une furie, pied nus ( !!!! ) et se permettra avec élégance de jouer de la flûte lors d’une de ses rares pauses.

Photo classique du site, mais avec un Kévin devant, ce qui est déja plus rare

Photo classique du site, mais avec un Kévin devant, ce qui est déja plus rare

6h20, soit 1h05 après notre départ, je suis sur le point de faire une pause, je vois un abri et lance à Manon :
“1 minute ici et on repart”
“Hey regarde, on est arrivé !”, s’extasie Manon.
Punaise, le con, je me serai arrêté à 15 mètres du but !

Nouvelle file d’attente, cette fois pour entrer sur le site même. Sauf que là, il n’y a pas que les warriors (guerriers) qui ont gravi les marches, y’a aussi ceux qui ont payé 10€ pour monter en bus : FAIGNIASSES ! :p

Gintè et Ieva nous rejoignent dans la file, on passe les contrôles avec succès (c’est pas les boîtes Lyonnaise ici !), et pendant qu’on cherche le guide qui nous fera découvrir le site pendant les 2 prochaines heures, on commence à être ébloui par ledit site. Y aller aussi tôt n’était pas pour rien : alors que l’on attend que la visite guidée démarre, les montagnes au loin laissent le soleil s’échapper et inonder progressivement le Machu Picchu de sa lumière matinale. C’est fabuleux, vraiment. Pour moi, la beauté de ce que je vois, le site, les montagnes autour, tout ça n’est certes pas 100% naturel comme Ushuaia, mais ça rivalise énormément, on en prend plein les mirettes. C’est pas possible de quitter ce monde sans avoir vu ça.

La visite guidée se déroule tranquillement, la fatigue revient de plein fouet : nos jambes flanches, c’est chaud patate ! À 9h la visite est finie, le site est à nous (et à quelques centaines de touristes), on s’y promène et on prend des photos par-ci par-là. Je suis vraiment admiratif de ce peuple : arriver ici il y a plus de 500 ans et aller construire (tailler), élaborer, un site aussi énorme, aussi haut et loin de tout. Impressionnant, comment faisaient-ils ? Si seulement on pouvait voyager dans le passé et observer les Incas.

Pivotez votre tête sur la droite, puis admirez les montagnes de derrière ayant la forme d'un visage Inca. Pas mal hein ? Le nez correspond au Wayna Pichu

Pivotez votre tête sur la droite, puis admirez les montagnes de derrière ayant la forme d’un visage Inca. Pas mal hein ? Le nez correspond au Wayna Pichu

Sur le coup des 11h, après presque 2h à barouder et apprécier les lieux, on les quitte après avoir tamponné nous-même MACHUPICCHU sur nos passeports.. Les touristes commencent à affluer en masse, la circulation devient presque désagréable à certains endroits du Machu. C’est parti pour 40 minutes de descente (les marches sont toujours aussi peu agréables), suivi de deux heures pile poil pour rejoindre hydroelectrica, le point de rendez-vous.

Les guides n’arrêtaient pas de nous briefer pour dire d’être absolument à 14 heures au point de rendez-vous, sinon on pouvait rester bloquer ici. Seulement si nous nous sommes à l’heure ; le guide qui nous place dans les bus arrive bien plus tard. l’organisation paraît à nouveau très aléatoire mais au final on est chanceux on part dans les premiers, vers 15h.

Le trajet est censé durer à nouveau 6h, ne changeons pas les bonnes habitudes, il en mettra 7. Le trajet ne sera pas de tout repos : entre la pause bouffe, où on descend puis on voit le bus se barrer et ne revenir qu’après 20 minutes (il est parti sans prévenir pour prendre de l’essence), la pause “lavage de bus” où ce dernier se fait arroser alors qu’on est à l’intérieur et les joints de vitre ne sont pas de première jeunesse, la “pause pipi en haut d’une bute uniquement pour le chauffeur, les autres peuvent se faire dessus” et le français, Florian, avec lequel on parlera pendant tout le trajet, on arrive à destination totalement HS. Et malheureusement, on n’est pas encore couché vu ce que l’on va bientôt découvrir.

machu panorama

—- QUELQUES INFORMATIONS PRATIQUES SUR LE MACHU PICCHU —-
Cette partie est destinée uniquement à ceux qui souhaitent des informations sur “comment ça se passe, que faire, et comment ?” car pour nous ça a été un vrai bordel de comprendre. Chaque personne que nous rencontrions avait fait le Machu Picchu d’une façon différente et nous ne comprenions pas très bien comment tout cela se passait. On va donc vous donner quelques pistes 🙂

Le mieux est un petit plan pour comprendre ce qu’il y a entre Cusco et le Machu Picchu.

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Tout d’abord, l’entrée au Machu Picchu est d’environ 35€, et est inclu dans le prix des 3 premières options que je détaille ci-dessous.
Plusieurs solutions suivant le temps et l’argent dont on dispose. Nous on a fait le plus économique, soit le premier cas présenté.

Option 1 – Machu Economique en 2 jours
Budget approximatif (car tout est toujours négociable ici): 100€/personne
(Le budget comprend : le transport, le déjeuner, le dîner, une nuit d’hôtel, le petit déjeuner, le guide et l’entrée au Machu.)
Le trajet vert : 7h de bus jusqu’à l’hydroélectrica, et de là 2h de marche jusqu’à Aguas Calientes le long du chemin de fer. Le lendemain ascension d’une heure pour aller jusqu’au Machu Picchu. Environ 2h de visite guidée puis temps libre sur le site. Ensuite on a tout refait en sens contraire. C’est l’option la plus fatigante physiquement.

Alternativement, vous pouvez aussi prendre un bus au lieu de faire l’ascension le matin, puis la descente. Chaque trajet coûtera 8€ environ pour 20 minutes de bus.
Vous pouvez également prendre le train entre hydroelectrica et Aguas Calientes. Rajoutez au moins 25€ par trajet.

Option 2 – Machu en train sur 2 jours
Budget approximatif : 170€/ personne
Cusco – Ollantaytambo en bus, ça prend 1h30
Ollantaytambo – Agua Calientes en train, ça prend 1h30
Dormir à Aguas. Puis le lendemain au choix comme précédemment (ascension en bus ou bien à pied). Retour en train puis bus comme pour l’aller.
Comme vous pouvez le constater, le train est très cher.

Notons que dans ces 2 options vous ne passez qu’une nuit à Aguas Calientes.

Options 3 – Rando sur plusieurs jours
Les budgets peuvent éclater ici. Il s’agit de prendre le bus jusqu’à Ollantaytambo, ensuite d’emprunter le train jusqu’au km 82 puis descendre et débuter le chemin de l’Inca. Vous en aurez pour 3-4 jours au total, dormirez en tente, et vous aurez un guide. Les prix, à titre d’information, dépassaient les 350€/personne.

Alternativement, vous pouvez plutôt descendre au km 104 pour rejoindre une parti du chemin de l’Inca. Mais il faudra que vous aillez au préalable (plusieurs semaines avant) acheté le billet autorisant l’accès au chemin. Le nombre de visiteurs par jour étant limité.

Option 4
Démerdez-vous ! Non sérieusement, il est tout à fait possible de tout planifier soit même, faire le chemin de l’Inca sans guide, ce qui est sûrement très intéressant si vous êtes un randonneur expérimenté. Ça prend du temps, et beaucoup de choses sont à anticiper, tel que le billet pour emprunter le chemin de l’Inca, à acheter plusieurs semaines avant votre expédition, ainsi que tout billet de train ou d’hôtel que vous voudriez.

En plus :
Le Wayna Pichu est une montagne en face du site du Machu Picchu (c’est le nez de l’Inca quand vous faite pivoter les photos du site sur votre droite). Il faut acheter son billet plusieurs mois à l’avance car là aussi il n’y a qu’un nombre de visiteurs limités par jour. Elle est très haute, et les escaliers pour arriver à son sommet sont raides (après ce qu’on s’était tapé on était content de ne pas avoir à le gravir !)

Et voilà, il existe bien entendu d’inombrables autres possibilités : vous pouvez faire du vélo, ou bien d’autres randos autour du Machu Picchu. En espérant que ces quelques informations puissent être utiles à des curieux 🙂

Copacabana et la beauté du lac Titicaca

Le trajet la Paz Copacabana est marqué par un passage en bateau. Mais ce n’est pas le bus qui monte sur un gros bateau, non non, c’est nous qui montons dans un petit bateau à moteur. On est ainsi une quinzaine de personnes par bateau à traverser le lac Titicaca. 20 minutes de trajet, et on attend de l’autre côté le bus, qui lui est seul sur une embarcation à laquelle je ne ferai personnellement pas très confiance ! Mais bon, les boliviens si, et tant mieux, le bus arrive -avec nos sacs !-. Les paysages sont très beaux avec cette eau de la même couleur que la méditerranée mais au pied des collines.

On trouve rapidement un hôtel très sympa, chambre spacieuse, confortable, waouuuuu, ça fait du bien une bonne surprise ! Petit balcon avec vu sur le lac, et …. Hey, le coucher de soleil c’est pour bientôt ! On paye directement 2 nuits, et on descend voir le coucher de soleil. On tombe ensuite sur une femme d’agence d’excursion très gentille (c’est rare, donc assez important pour être souligné), qui nous expliquera que faire et que voir dans la ville et aux alentours.
En allant trouver un endroit pour manger, une française nous aborde, Justine, 25 ans, qui voyage depuis 9 mois en Amérique latine et cherche désespérément avec son copain, Vincent, un endroit pour dormir. Après une bonne demie heure à papoter, ils nous donnent terriblement envie d’aller au Costa Rica ! Le temps de s’échanger nos contacts, et ils iront dans le même hôtel que nous -mais ça, on le saura que 2 jours plus tard, quand ils partiront ! Dommage.-
Alors que l’on mange, on constate que pour une ville très touristique, les boliviens ne sont pas du tout dans la même mentalité que nous côté restauration : 40 minutes pour un plat de pâte quand vous êtes les seuls dans le restaurant. Et on le vivra ainsi à chaque restaurant. Ah et aussi, le chauffage est une option dans les restaurants ici, ne comptez pas vous sentir bercer par une douce musique et la chaleur d’un feu, au mieux vous aurez un petit peu moins froid que dehors, et vous aurez la télé allumée avec une série alacon genre “les feux de l’amour” version espagnol.

On a parfois laissé le guide partir loin devant pour profiter du lieu, que du bonheur !

On a parfois laissé le guide partir loin devant pour profiter du lieu, que du bonheur !

Le lendemain matin à 11h le réceptionniste frappe à la porte pour nous dire qu’il y a le check-out. Euh, on reste 2 nuits, t’es vachement organisé toi ! Visite de la ville, de l’énorme église sur la place principale, et de Calvario, un mirador au sentier très catholique inspiré du chemin du christ, avec des croix à plusieurs étapes. C’est haut, c’est dur, mais la vue sur la ville est vraiment belle.

La fameuse Isla del sol -“Île du soleil” pour le néophyte !- sera pour le lendemain, le jeudi 24 juillet. Deux heures trente de petit bateau pour atteindre l’île, en même temps le trajet est pas cher, 4€ chacun aller-retour. Le bateau nous dépose au nord de l’île, d’où on marchera jusqu’au sud. Un guide fait son apparition dans le bateau, il pue, mais vraiment -c’est assez fréquent ici, mais je comptais tout de même le souligner pour que vous vous imprégniez de l’ambiance-. En descendant on se fait taxer chacun 2€ pour accéder à l’île. On arrive alors aux ruines ! Enfin, on a tellement été habitué à voir de beaux vestiges, que là on est très déçu : une table type camping français faisant office de table de sacrifice, quelques restes de maisons à moitié enfouis, et…. Ce sera tout, on part en direction pour le sud de l’île. Avant cela le guide demande une contribution de 1€ chacun. On ne sait pas si on va le suivre, et de toute façon on préfère payer ce type de prestation après, et non en avance.

Le groupe part sur le chemin, on les suit de visu. Le guide s’arrête de temps en temps pour expliquer des choses, des anecdotes, l’histoire de son peuple. Quand il nous a abordé dans le bateau il l’a joué genre “il y a 2 ans je ne parlais pas un mot d’espagnol, et je fuyais les touristes.” Mais ça passe moyen désolé, il semble juste essayer d’attirer la sympathie et la pitié, et ça on n’aime pas !

Si nous sommes déçus par les 2 ruines qui se battent en duel, en revanche les paysages seront somptueux durant tout le trajet. On atteindra les 4500 mètres sauf erreur de ma part, c’est haut pour faire une rando de 3h, mais on gérera plutôt bien physiquement. Sur le trajet on échange quelques mots avec des français. L’un deux, ou plutôt l’une, nous raconte qu’elle est habituée à la Bolivie, mais qu’une semaine plus tôt, 2 jours après être arrivée à la Paz, elle s’est fait embarquer par un faux flic, avec un autre touriste et un taxi complice qui lui ont volé argent et téléphone. Quelques jours plus tard, c’est son sac à main dans un restau qui disparaît. Que du bonheur ! On se dit qu’on a de la chance, d’autant plus qu’on baissait notre garde récemment. Apparemment ce sont souvent des péruviens qui ferait ça en Bolivie…. En tout cas c’est ce que disent les boliviens (et menteurs comme ils sont… Qui croire ?).

Le chemin sur l'Isla del Sol me faisait penser à la muraille de Chine, bien que je ne l'ai jamais vu de mes propres yeux ! -pour l'instant-

Le chemin sur l’Isla del Sol me faisait penser à la muraille de Chine, bien que je ne l’ai jamais vu de mes propres yeux ! -pour l’instant-

Plus loin sur le chemin, le guide fait une pause pour nous demander ses 2€. Si c’est pas une raclure sérieux. Encore plus loin des gamins font barage devant nous pour nous demander de l’argent, un gamin insistant pose la main sur mon sac, je l’expulse ; pendant ce temps Manon pousse une gamine sur le côté du sentier car trop insistante et invasive. Vous comprendrez que c’est pas à eux qu’on lâche des bonbons 😉
Encore plus loin, juste avant d’arriver au village Sud, là où on reprendra le bateau, on nous retaxe 1€ pour 2. Le groupe est un peu loin devant, on prend du retard à force de flâner, mais on les voit au loin. On les rattrape dans la ville juste avant pleins de zigzagues en précisant au guide qu’il y a 2 vieux argentins qui sont du groupe et qu’il a dû oublier derrière vu qu’on ne les voit plus. Il fait le signe de “Mince alors”. 20 minutes plus tard on retrouvera ces 2 argentins retraités furieux au bateau, ils n’ont jamais revu le guide. Bref, la journée se termine, tout le monde est HS dans le bateau, les filets de baves vont et viennent avec la houle.

Le vendredi sera du repos, en dehors d’un fait marquant et choquant. Dans une boutique du marché, qu’elle ne fut pas la surprise de voir en guise de jouets des bébés lamas empaillés (ou en décomposition ?), à l’apparence cadavérique. Ça nous a glacé le sang. Ce peuple est certes très différent culturellement, mais entre des affiches de momies à Uyuni et des jouets morbides, on a vraiment du mal avec les boliviens et leurs petits plaisirs !

14h, le samedi 26 juillet on va en direction de Pachataka, ou “Horca del Inca”. Des ruines Inca à côté de la ville, donc faisons-le à pieds. On se lance, ça monte sec, “10 bolivianos pour passer” est affiché sur une pancarte, mais il n’y a personne, à la bonheur ! Ça monte de plus en plus sec, et la vue derrière nous se profil sur la ville et le lac. On arrive sur ce qu’on pense être les ruines, je dis bien “on pense” car c’est pas flagrant, on dirait juste que la montagne a été un peu taillée à certains endroits, à moins que ce soit une forte érosion. On voit tout de même l’arche “Horca del Inca”. On continue de grimper, cette fois ce n’est plus des marches, on escalade la montagne pour se trouver un endroit tranquille, sans personne -bien qu’il n’y avait que peu de fous pour monter ici-. On admire alors la vue, qui franchement vaut le coup ! Le temps de prendre quelques photos, vidéos, et 20 minutes plus tard on redescend.

On arrive devant une poste -pour envoyer du courrier bien sûr-, personne. Deux français sont aussi là, ils voulaient des enveloppes. Une femme nous voit tous les 4 et dit que le lendemain il y aura quelqu’un. Manon sent bien le “je me débarrasse de vous”, et ne préfère pas dégoûter les autres français en leur expliquant ce qu’elle ressent, ils auront bien le temps de le découvrir ! En attendant, on leur montre où trouver des enveloppes (on a mis 30 minutes à en trouver la veille, autant leur faire gagner du temps).

Grimper c'est dur, avec l'altitude c'est amplifié, donc dur dur -Copacabana en fond, durant l'ascension à Horca del Inca-

Grimper c’est dur, avec l’altitude c’est amplifié, donc dur dur
-Copacabana en fond, durant l’ascension à Horca del Inca-

Dimanche 27 juillet 2014. La journée s’annonçait cool sur le papier : une visite pépère à faire, passer à la poste et écrire le bilan de la Bolivie, mais c’était sans compter sur nos amis boliviens ! “Plus de place dans l’hôtel”, on ne peut pas rester cette nuit nous annonce le réceptionniste à 8h50 du matin, alors qu’on est bien frais durant le petit déj. Un détail que j’ai omis de préciser, mais ici l’air est très sec, on se réveille 4-5 fois par nuit avec la bouche complètement sèche -pourtant on est au bord d’un lac, comme quoi…-. On trouve un autre hôtel où on ne peut se poser qu’à 13h. Pendant ce temps on essaie d’accéder à la poste, personne, et impossible de trouver des timbres dans la ville. Trois jours sans poste malgré les heures d’ouvertures affichées, vive les villes touristiques boliviennes ! Même la “Mairie” et les policiers qu’on est allé voir ne savaient pas le pourquoi du comment. Avant 14h on repasse, toujours les mêmes lettres derrière la vitre, des choses ont été déplacées, mais toujours personne. Pendant qu’on cherchait des timbres on est passé dans une librairie, personne dedans. On patiente 2 minutes, toujours personne. Bon. Il faut savoir que c’est jour de fête ici les dimanches, toute la ville est bouchée par les voitures, elles font la queue. Pour quoi ? Pour passer devant la cathédrale de la ville et se faire bénir, eux et leur voiture -sans déconner !-. Les voitures sont d’ailleurs toutes décorées avant d’arriver devant l’église et se faire bénir, les gens y placent des fleurs, un chapeau bolivien scotché sur le toit, beaucoup de couleurs ressortent de tout ça. Au passage les gens s’amusent à balancer des pétards par-ci par-là :
“Attention Manon le gars…” *PAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPAPA*
Même pas le temps de la prévenir qu’un gars en fait péter juste à nos côtés. Des fous ces boliviens, déjà qu’habituellement… Alors en liesse !

Pour le dernier après-midi en Bolivie, il ne nous reste qu’une chose à voir et également accessible à pieds : El Asiento del Inca (le siège de l’Inca). C’est pas loin du tout. En arrivant sur le site, de loin on se dit que c’est vraiment des ruines, en effet. Un gars nous accoste, il paraît bourré et était précédemment posé avec sa petite famille. Il nous demande des sous, je lui filerai des bonbons. Et hop, on passe. Plus loin on tombe sur des gamins, genre 5 et 7 ans. Ils commencent par nous montrer des vers avec lesquels ils jouent, on les questionne donc :
“Ils viennent d’où ?”
“Du caca juste là”.
Ah oui, effectivement… Puis ils proposent de nous expliquer l’histoire des ruines moyennant quelques bolivianos. 3 bonbons et ça passe. Avouez que c’est cool de tout payer avec des bonbons que vous aimez pas, non ? Le plus grand parle vraiment comme un guide, impressionnant ! Mais au bout de 5 min il dérive de plus en plus sur sa nature d’enfant. Après leur avoir dit d’arrêter de massacrer tout les arbres que l’on rencontre (leurs fleurs contenaient du jus, mais ils les massacraient et les balançaient …), on les laisse et retourne flâner dans les rues de Copacabana. On demande à une jeune commerçante le pourquoi du comment de la fête autour de l’église, on aura des bribes de réponse entre son air détaché et son regard fuyant, classique quoi.

Le soir on aura encore quelques emmerdes au restau : 20 min après la commande une femme nous dit que le chef est pas là et qu’on doit partir….. OK ! Et pour changer dans le second restau on a eu l’impression que je le jeune qui nous servait allait se suicider devant nous vu la gueule qu’il tirait. Classique quoi ! Bref, une bonne journée remplie de petites contrariétés, histoire de bien nous remontrer ce que c’est la Bolivie, la vraie telle qu’on l’a vécue durant ces 3 semaines et demi.

Lundi 28 juillet, tchao les boliviens. Dernière tentative à la poste, ils tentent de nous faire tourner en rond une fois de plus. Non merci. Manon n’enverra pas de carte depuis la Bolivie. On espère laisser leurs odeurs, leurs maladies, leurs visages suicidaires et leurs morbidités ici, vive le Pérou ! Enfin, on s’attend à tout. Mais le dernier pays de notre voyage nous ouvre ses portes, et nous on lui tend les bras, on a toujours la patate, alors ¡ Vamos !

San Pedro de Atacama, une perle au bord du désert

En ce Samedi 28 juin 2014, on descend du bus avec un mal de tête assez puissant à cause de l’altitude. La maman française nous trouve un taxi qu’elle connaît afin que l’on rejoigne facilement  l’auberge qui nous avait été conseillé par Andres (cf. l’article sur Santiago du Chili).

Nos premières visions de San Pedro sont assez magiques car au loin -mais pas tant que ça- la ville est surplombée du volcan Licancabur (cf. la photo plus haut). La ville, perchée à 2430m, est minuscule -on pourrait parler de village- mais pourtant très animée, en fait nous sommes un weekend-end de fête religieuse. Les maisons sont basses, aucun étage nulle part à priori, les rues sont vraiment atypiques, il fait toujours beau, bref, en court : il y fait bon vivre ! San Pedro est paumée au milieu du désert de l’Atacama : le plus vieux et aride sur notre terre, et c’est pas les 3cm annuel de pluie qui y changeront grand chose ! On repartira dans 4 jours d’ici.

spa ville

Une rue typique de San Pedro de Atacama

La première soirée, ce sera du repérage rapide, et du repos, idem pour le dimanche. Faut bien s’acclimater à l’altitude quoi. L’auberge où nous nous trouvons a un côté sympa et en même temps pas sympa, genre règles à la con, je développe.
Interdiction de laver son linge à la main, il faut obligatoirement utiliser leur service de lingerie, facturée 1,5€ le kilo, utilisation d’un kilo minimum. Si on est pris en flague, amende (et non amande, ce qui serait tout de même plus sympa) de 10€ (ce qui serait cher pour une amande, sauf si elle était énorme). Mouais, ben si ils veulent leur kilo de fringues je vais devoir me balader tout nu ! Du coup on outrepassera les règles, et avec succès.
Il y a aussi eu ceux qui font les lits, qui décidèrent de rentrer dans la chambre pour faire les 2 autres de la chambre alors qu’on somnolait, ils n’avaient clairement rien à foutre ici. Et également un matin le gars qui ouvre la porte de chambre avec un double à 10h15 en nous rappelant que le check-out est à 10h30 : “mais on part demain… Espèce de branguignole” ! Paye ton intimité tiens. Bref, une équipe un peu, voire beaucoup, voire totalement à côté de la plaque.
Dans les trucs pas cool y’a aussi le fait que tous les voyageurs qui passeront ici parleront strictement anglais, seront froids, et ne diront pas bonjour, voilà l’ambiance de merde ! Heureusement, les 2 premiers jours dans notre chambre on avait un état-unien et un français supers sympas, Charly et Paul. Paul, si tu me lis, manifeste toi 🙂
On prendra d’ailleurs quelques infos à Paul sur les activités du coin, notamment faire du vélo dans la “Valle de la muerte”, autrement dit en français : la “Vallée de la mort”, pour ceux qui ne sont vraiment pas perspicaces. Plus tard on visitera également la Valle de la Luna, je laisse votre perspicacité opérer cette fois.

Cherchez Charly !

Cherchez Charly !

Dans les choses positives sur l’auberge, y’a notamment le fait de pouvoir réserver les excursions directement via la réception, un bus se charge ensuite de passer nous prendre à l’heure indiquée. Et venons-y à “l’heure indiquée”.

Le lundi 30, on est devant la porte de l’hôtel à 4h00 du matin pétante. Oui vous avez bien lu, 4h du MATIN ! -je pense à ceux qui nous connaissent bien et savent que c’est plutôt les heures auxquelles on vient de se coucher !- Inutile de vous dire qu’on est frais comme des gardons. Mais j’oublie le principal : on n’est pas ici pour le plaisir, quoique la voie lactée est en partie visible parmi cette farandole d’étoiles, ce qui est tout simplement sublime. Un bus doit passer nous prendre pour aller voir des Geysers. On s’alterne à faire le gaie pendant que l’autre est au chaud, on est efficace pour éviter de se geler. Oui se “geler”, car on est dans un désert, certes, mais la journée si il fait 20°C, la nuit c’est plutôt du 2°C. D’ailleurs dire 20° la journée est une moyenne, car en réalité on avait très chaud au soleil, et très froid à l’ombre, très grand contraste. L’usage du “très” dans la phrase précédente est très important. Bref, le bus arrive…. à 5h05 ! L’auberge nous avait dit n’importe quoi, le guide nous confirme qu’ils passent toujours vers 4h30/5h. Mouais, ben c’est 5h05 quand même -mode emmerdeur/gelé/fatigué activé-.

Après 2h de route on arrive sur le site des “Geysers del Tatio”, à environ 4300m. On n’en avait jamais vu. C’est magnifique. On voit le soleil se lever tout en marchant entre les geysers et petit déjeunant pour se réchauffer, oui se réchauffer, car là il ne fait pas 2°, mais -10° ! On ne sent plus trop nos pieds, mais c’est pas grave, c’est beau. Du geysers qui est constant, à celui rythmé comme une horloge : chaque minute il expulse pendant 14 secondes. Au tic tac près. J’avais toujours voulu en voir, je suis pas mécontent ! Manon commence à avoir tellement froid qu’elle en devient nauséeuse et fonce dans le bus. Je prends quelques photos, croise un renard, et on file sur un autre site, où une source d’eau chaude attirera des fous qui s’y baigneront en caleçon. Y entrer est facile, mais en sortir… On préfère faire le tour des geysers du coin, c’est beaucoup plus prudent.

Une fabrique à nuage naturelle.

Une fabrique à nuages naturelle.

Sur le chemin du retour on s’arrêtera à plusieurs points intéressants : lac gelé, col à 4700m, nourriture typique… Bref, tout ce qu’on n’a pas pu voir à l’aller vu qu’il faisait, si vous avez bien suivi : nuit ! On somnolera aussi pas mal, les effets de l’altitude me donne une migraine assez forte, pas d’autres moyens que se calmer pour diminuer la pression sanguine, pas le moment de faire le foufou quoi.

Le lendemain le programme est : Vallée de la mort le midi à vélo, et une excursion Vallée de la mort et de la lune en milieu d’après midi. Pour info les 2 se situent dans la Cordillère del Sal, qui porte très bien son nom, vous comprendrez rapidement.

La Valle de la muerte

La Valle de la muerte

Manon n’est pas top côté forme, mais après l’avoir bien motivée -ou “forcée à venir”, c’est selon le point de vue, mais avouez que le premier est quand même plus joyeux- on loue des vélos et on se tape quelques centaines de mètres dans la vallée de la mort – à seulement 4km de San Pedro- c’est beau, la roche est rouge ferreux, parfois recouverte de blanc : du sel. Alors que Manon rebrousse chemin, je continue encore un peu, jusqu’à me retrouver dans une cuvette ensablée, où après 5 minutes de poussette je vois des dunes qui s’étendent devant moi. Deux minutes de réflexion, et je prends mon vélo à 2 mains pour me lancer héroïquement sur le chemin du retour en poussette. Mais déjà, sans vous en rendre compte j’ai évoqué 2 choses importantes à souligner. Premièrement la vallée de la mort ça n’a rien du type “les incas sacrifiaient des vierges et des enfants aux crânes ronds”, c’est une erreur de transcription toute bête. Deuxièmement, toutes les roches ici ne sont pas des roches au sens auquel on l’entend, c’est juste du sable très très très compacté, mais ça, en fait, on ne l’a appris qu’avec notre guide de l’après midi, et on y vient.

Avant de partir pour notre excursion de l’aprèm, on s’enfile quelques sandwichs chez la maman française, qui nous fait cadeau des desserts d’ailleurs. C’est ti pas mignon ? On se régale à manger du pain français ! (Ce qui nous manque affreusement.) Bref, on rejoint le guide de l’aprèm.
On est en petit comité cette fois, l’ambiance sera très chaleureuse, surtout qu’il y a des mexicaines. Ce que je veux dire par là, c’est que quasi tous les mexicains que l’on croise sont très amicaux et avenants. Le guide n’est pas un con du tout, il est également ingénieur (en plus d’être guide hein, et non en plus d’être con, je disais donc, il est ingénieur) dans le domaine de l’environnement, du coup il connaît très bien comment se forme les cordillères, pourquoi le salar est là où il est, etc. Il nous parle également rapidement des tribus indigènes du coin, et la signification de leurs emblèmes carrés, tel que les Whipala. On se balade dans une grotte dans la vallée de la Luna, et c’est là que l’on apprend que les roches n’en sont pas ; d’ailleurs, en les touchant, effectivement tout s’effrite très facilement.

Entrée d'une grotte dans la Valle de la Luna, un homme y a même perdu un bras selon la légende

Entrée d’une grotte dans la Valle de la Luna, un homme y a même perdu un bras selon la légende

C’est également dans la grotte que Manon décide de s’écorcher le dos et moi la tête. Il paraît que ça donne un côté aventureux de revenir avec des cicatrices, donc on teste, vous nous direz à notre retour. Les dépôts de sel de parts et d’autres se voient très bien : les traces blanches donne un côté unique à ce lieu, laissées par le lac lorsqu’il s’est retiré jusqu’au point le plus bas -là où il y a le salar- . Il y en a sûrement d’autres, mais vu que c’est la première fois qu’on en voit, ça reste unique pour nous. Après s’être baladé dans cette vallée, on contemplera le coucher de soleil depuis une vue panoramique depuis la vallée de la muerte, où les couleurs rouges des terres seront encore plus marquées avec le déclin du soleil. Dernière petite explication culturelle sur les apachetas, des petits tas de pierres que l’on a trouvé un peu partout dans le coin. Chaque pierre empilée indique une information pour s’orienter dans le désert, et ce que l’on rencontrera sur le trajet. La première pierre en forme de triangle indique la direction à prendre, la seconde renseigne sur le niveau de difficulté jusqu’à la prochaine apacheta, la troisième s’il y aura de l’eau sur le trajet… Et vous l’aurez compris, plus il y a de pierres, plus il y a d’informations. Ça fait énormément penser aux inukshuks au Canada.

Le lendemain, mercredi 2 juillet, on ira à Calama, point intermédiaire obligatoire pour rejoindre la Bolivie.

On aurait pu rester plus longtemps à San Pedro, soit pour faire du vélo dans les alentours, ou encore visiter d’autres sites. Cependant les points à visiter faisaient un peu doublons avec d’autres déjà vu, ou bien que nous verrons, tel que le gigantesque salar d’Uyuni. En attendant, direction Calama, à seulement 2h de route d’ici ! -durée qui est, il faut l’avouer, ridicule pour nous désormais !-

Puerto Varas, rechargement des batteries

On arrive à Puerto Varas le vendredi 6 juin, sur le coup des 13h, sortant du bus en catastrophe. Pourquoi “en catastrophe” ? Parce que le bus s’arrête subitement à un endroit qu’on n’avait pas prévu, on somnolait, et on est les seuls à descendre sur la vingtaine de passagers.

Puerto Varas nous accueille avec une marche de 20 minutes sous la pluie. On trouve une auberge assez rapidement, on tombe sur un office du tourisme privé qui fait payer ses cartes de la ville, “Bon ben non merci ! Il est ou le vrai office sinon ?”. On tombe également sur le vrai office du tourisme et on planifie notre journée pour le lendemain : une heure de bus pour nous emmener à une traversée en bateau de 2h permettant d’admirer l’un des beaux et grands Lacs de la région ainsi que les volcans et paysages. Quand on demande à la jeune femme de l’agence touristique si le lendemain il fera beau et si on verra quelque chose, elle nous dit qu’en ce moment c’est toujours pareil côté météo, mais qu’avec les 4 volcans, il y aura bien à un moment une éclaircie pour en voir un. C’est parti !

Le samedi matin on se fait un bon gros petit-déjeuner grâce à l’auberge puis on arrive pile à temps pour chopper le bus, direction Petrohué. Aller à Petrohué avec l’agence nous coûte un peu plus cher qu’y aller par nous même, mais au final pas de regret, car outre la facilité -le bus de l’agence est à 3 minutes à pied de l’auberge, contre 20 minutes pour le terminal de bus classique- on a droit dans le bus à l’histoire de la région, la colonisation Allemande, d’où vient le Montt et le Varas des villes que l’on a croisé. Que d’infos, que vous pouvez certes trouver sur Wikipedia, mais conté par des personnes d’ici, c’est quand même mieux. Autre bonne surprise, le bus s’arrête pour que l’on voit des rapides. C’est payant : 2€ par personne.

Les rapides, rapides !

Les rapides, rapides !

On demande au gars du bus si ça vaut le coup, il nous dit que c’est beaucoup plus impressionnant que les rapides que l’on vient de croiser sous nos pieds pour aller jusqu’à la cabine pour payer l’accès. Comme ce type de surprise nous gave un peu, on fraudera un peu -comprenez, un seul de nous a payé, l’autre a fraudé-. Franchement, ça devrait être gratuit, ok c’est beau -même sous la pluie battante- et les rapides sont de couleur vert émeraude ce qui est magnifique, mais c’est naturel et n’a pas besoin d’entretien. Entre temps on se heurte à la horde de touristes étant descendue avec nous du bus. C’est fou comment on s’habitue à préférer visiter seul ! M’enfin, ça nous divertit toujours de voir les touristes prendre des photos à travers les vitres embuées du bus, ou encore prendre les guichets où l’on paye, voir même prendre en photos des photos de paysages décoratives.

On remonte dans le bus pour arriver finalement au Catamaran qui nous fera naviguer sur le “Lago Todos los Santos”. Durant l’heure et demie pour rejoindre la ville de Peulla (prononcez Péouya), nous ne verrons quasiment rien car une brume envahit tous les paysages et nous empêche de voir plus de la moitié des montagnes et volcans autour de nous. En parallèle, des guides de l’agence essaient de nous vendre des activités à faire quand on arrivera de l’autre côté du lac, par exemple faire du cheval -sous la pluie- pour 50€ chacun. Ben voyons ! En effet durant trois heures on n’aura rien à faire avant que le bateau ne quitte Peulla, ville d’environ 130 habitants. Ainsi, en parlant avec un des guides on s’aperçoit qu’il est originaire de Santiago. Génial ! On part donc à la pêche aux infos : que faire et où aller à Santiago, prochaine étape de notre voyage.

La Patagonie près de Peulla

La Patagonie près de Peulla

Arrivé sur place, un peu déçu par les paysages, on décide d’être utile pour notre organisme : le nourrir ! Le seul endroit pour manger ici c’est un hôtel bon chic bon genre, où on se pointe avec nos ponchos premier prix. N’ayant peur de rien, on se fait remarquer par les quelques clients, je sais pas mais on était les seuls à rigoler dans ce restau, la serveuse avait tellement de mal à sourire, à croire qu’elle se faisait des piqûres de toxine botulique dans les joues une fois en cuisine. Lorsqu’elle nous apporte la note, on voit sur le ticket quelque chose qui se fait beaucoup ici : ajouter automatiquement les 10% de pourboire en suggestion -voire parfois ils sont ajoutés à la note finale-. Très souvent on le fait sauter parce que le service est mauvais, car n’oublions pas que le pourboire ça a un sens, c’est pas juste 10% à ajouter systématiquement. Dans ce cas précis j’avais subtilement pris un stylo, et entouré sur la note l’addition sans le pourboire, histoire d’être bien clair. Pendant ce temps le ciel semble se dégager un peu -mais vraiment qu’un peu- on se pose sur des magnifiques canapés pour glandouiller, puis on prend quelques photos du paysage magnifique qui s’offre à nous. On retourne au bateau. Sur le trajet retour, la brume, s’étant parfois levée, offre de belles vues sur les montagnes environnantes, entrecoupées de pluie quand même -faut pas déconner on est en hiver, Dieu tout puissant à un timing à respecter quoi !-. On verra même une cascade assez impressionnante (cf. la vidéo à la fin de l’article). On est finalement assez content de la journée qui fut cool, et où on a vu à nouveau de belles choses : nos derniers paysages de Patagonie, car oui, on est arrivé au nord de cette dernière !

Les jours suivants, on décide de rester à notre auberge, au calme, histoire de se ressourcer et réfléchir au sens de la vie, faire un point sur le voyage, les plus, les moins… Bref, un ensemble de choses qu’il est bon d’échanger, surtout quand on est 2 dans une course folle que nous vivons et où nous prenons parfois trop peu de temps à nous poser et mettre les choses au point. On en profite donc pour ajuster certains détails du voyage, gérer nos couchsurfings à venir, et se reposer moralement.

El Calafate et son glacier géant

Les tampons des passages successifs de la frontière Chilio-argentine s’accumulent sur le passeport ! Se balader en Patagonie nous oblige à traverser la frontière : mais ça vaut le coup 🙂
Après plus ou moins 5h30 de bus -ce qui passe très vite quand vous avez la tête dans le… – on arrive à El Calafate. Bon apparemment ici y’a principalement un glacier à admirer : Perito Moreno. On descend du bus sur le coup des 14h et on vérifie les activités du coin avec l’office du tourisme, on en profite pour savoir où dormir ce soir. La femme nous met des petites croix sur la carte pour nous indiquer les hôtels dans nos prix, on charge nos gros sacs, et c’est parti !

Après 15 minutes de marche, on se demande si il n’y aurait pas eu une épidémie dans la ville, elle est vide ! On arrive devant le premier hôtel. Il est fermé car en rénovation. Next ! Second hôtel, fermé car en rénovation également ! 10 minutes plus tard, on arrive sur le troisième, et devinez quoi ? Non, il ne sera pas “fermé car en rénovation”, il sera “fermé” tout court. Bref, au bout d’un moment on tombe sur ça :calafate hotel

On trouve ce style “chalet” trop beau, on y pose donc nos (gros) sacs ! C’est en fait un hôtel restaurant, dont les chambres communes rentrent bien dans notre budget. Enfin “chambre commune”, il n’y a que 4 lits, et on est et sera tout seul. On retourne faire un tour pour contempler Laguna Nimez, une réserve naturelle à la périphérie de la ville, qui fait penser à la Camargue. L’ambiance de la ville est de type montagnard, chalets, maisons atypiques : un chocolat chaud s’impose à nous 🙂

Le lendemain on décide de prendre le dernier bus matinal allant au glacier (à 9h30), histoire d’être bien reposé : on nous a annoncé un gros trek de 4h. Manon flippe un peu car la femme nous ayant hébergés à Puerto Natales lui a refilé son mal de gorge. Mais cette journée sera une grosse surprise !

calafate lagunaSeuls les 40€ à payer pour accéder au parc naturel où se situe le glacier nous refroidiront. Sur le trajet les paysages sont sublimes. On aperçoit le glacier au loin, une femme du bus se précipite avec son téléphone pour le prendre en photo de façon très approximative, à croire qu’elle n’a pas bien compris le thème de la journée ! Les gens sont parfois si curieux !

Une petite fringale comblée et on fonce pour ce fameux trek, mais en fait, c’est pas du tout un trek devant le glacier : tous les chemins sont surélevés avec des plateformes de métal et entourés de grosses barrières en bois. Des parcours sont affichés à l’entrée, le plus difficile est annoncé à 1h, du coup, on se dit que là on tombera sûrement sur des paysages encore plus beaux et naturels ! Oui et non (clin d’oeil à Victor) : plus beaux car plus près du glacier, mais toujours des chemins barriérés et métallisés. Ça explique pourquoi on croise autant de familles, de gamins et de vieux ! On est loin du pic de Blue Mountains ou encore du parc naturel d’Ushuaia ! Bref, leur parcours d’une heure est fait en 30 minutes, on enchaîne donc avec d’autres pour admirer le glacier.

Y'a des gens en bas à gauche, si si, cliquez pour agrandir !

Y’a des gens en bas à gauche, si si, cliquez pour agrandir !

Le glacier (oui, je vais enfin en parler !) est gigantesque. Une cinquantaine de mètres de haut, et une profondeur de… en fait on ne voit même pas jusqu’où il s’étend (on apprendra qu’il fait 14km de long, pas étonnant de ne pas voir le bout !). On a essayé de capturer cela en photo, mais comme bien souvent avec de tels paysages, c’est difficile de se rendre compte. On aurait pris des glaçons dans une flaque d’eau avec un petit tas de terre derrière que vous pourriez croire que c’est pareil. Ce type de paysage est vraiment à voir de ses propres yeux, on se sent ridicule, tout petit fasse à ce monde de géant, on s’imagine bien voir arriver une grosse main d’un être gigantesque de par dessus les nuages ! Mais aucune main n’est arrivée bien sûr. En revanche, ce qui est arrivé, c’est plusieurs bruits de craquements provoqués par des morceaux de glace, parfois de la taille de plusieurs hommes, s’effondrant ensuite dans l’eau. Magique, bien que je trouve triste de voir un glacier reculer. On a quand même peiné à voir ces effondrements, on les entendait seulement, mais la faute à la vitesse du son, trop lente pour nous atteindre avant que la glace n’ait touché l’eau. On regrette tout de même de ne pas pouvoir approcher ce glacier à pied de plus près et librement -on aurait pu sauter les barrières, mais il y avait pas mal de gardes du parc qui se baladaient, on n’aurait pas fait long feu !-

Le lendemain, lundi 26 mai, on prend une journée pour se reposer de ce trek épuisant… Non sérieusement : Manon est un peu malade et nous avons besoin de réorganiser nos trajets et points d’arrêt en Argentine car nous avons dû supprimer tous nos points sur la côte est, ne présentant pas d’intérêt en cette saison. Une semaine à répartir ailleurs, basé sur les conseils des personnes rencontrées -ce qui est beaucoup plus pertinent qu’Internet-.

Prochaine étape : El Chaltén, 4h au nord de El Calafate. L’aventure en Patagonie continue !

Puerto Natales, nos premiers pas au Chili

Les argentins nous ont laissé prendre le bus sans payer (nous ne pouvions pas payer car notre carte de crédit ne fonctionne pas dans les villes non touristiques d’Argentine, cf l’article précédent). Après environ 5h de bus et 1h de ferry, on arrive à Punta Arenas, au Chili. Aucun soucis pour passer la frontière et ici, notre carte de crédit fonctionne, ouf ! Au Chili, tout est moins cher qu’en Argentine. Du coup, notre trajet en bus qui aurait dû nous coûter 90€ en Argentine, nous coûte seulement 60€ ici.
On ne verra pas grand chose à Punta Arenas, on y reste seulement 2h pour attendre notre prochain bus, direction Puerto Natales.

3h plus tard, nous y sommes. Il fait nuit et nous avons seulement une adresse où vit une famille prête à nous accueillir gratuitement. On trouve facilement la maison. On fait la rencontre des parents et des deux adolescents, une famille qui s’est inscrite en couchsurfing depuis 7ans et qui a la particularité d’accueillir beaucoup de personnes à la fois. Nous sommes arrivés à 21h et ils attendent un groupe de 10 étudiants mexicains pour 22h. On ne sera pas seul bien longtemps ! La maison n’est pas très grande, on est reparti dans deux chambres et le salon. Avec Kévin on dort dans une chambre avec 3 autres personnes. Ce groupe de 10 est composé de 7 filles et 3 garçons dont un québécois, Mathieu, avec qui on pourra parler français. Gloria, la maîtresse de maison, a préparé à manger pour tout le monde ! L’ambiance est agréable, on est content de retrouver des mexicains et Mathieu est très sympa. Petits soucis : il fait froid, on n’a pas d’intimité et il y a une salle de bain (contenant les toilettes) pour 16 personnes. Mais bon, c’est une expérience intéressante !

Souvenez-vous de Kanaan ? Le garçon qui voyage depuis 2 ans et qu’on a rencontré à Rio Grande. Il a été hébergé par cette famille quelques semaines avant nous. On comprend mieux pourquoi il nous avait dit “ce sont des fous”, ce n’était pas humoristique ! Une présentation de cette famille folle dingue s’impose :
– Le père obsédé pervers : qui vient régulièrement nous parler de caca et de sexe (les deux séparément quand même).
– La mère gémissante : elle parle avec une voix cassée parce qu’elle est malade (pas mentalement, elle a mal à la gorge).
– Le fils lunatique : qui nous ignore ou se met à nous parler des heures ou demande à Kévin d’aller couper du bois avec lui.
– La fille extravagante : avec ses cheveux bouclés et très volumineux, elle ressemble à une sorcière et ricane de la même façon avec une voix grave. Elle a souvent des coups de folie avec son caniche blanc aussi foufou qu’elle.
Bref, une famille très atypique !

Nous n’avons pas beaucoup dormi la nuit précédente à cause du bus que nous devions prendre le matin et ce sera pire cette nuit. On s’est couché tard, on n’arrive pas à dormir à cause du froid et on se lève tôt pour la journée du lendemain.
Après environ 5h de sommeil, on se prépare tous (nous et les 10 étudiants) pour une journée de visite. De 8h30 à 19h, nous sommes dans un mini bus qui nous balade et nous arrête aux points les plus intéressants où il nous laisse libre un certain temps, d´un quart d’heure à 1 heure suivant le lieu. On découvre ainsi un parc national du Chili : Torres del paines.puerto natales montagne

Je ne dirai pas que les paysages sont plus beaux qu’à Ushuaia mais la compétition est serrée… C’est magnifique. On n’avait jamais entendu parler de Puerto Natales. Et bien, ça vaut la peine d’y aller ! Encore une fois, l’hiver ne nous permettra pas de tout faire. On évite les grandes randonnées où l’on doit passer une nuit dehors dans ce froid glacial. Cette journée en bus est idéale en cette saison. Ça nous permet de voir un maximum de choses sans marcher des heures. Comme à Ushuaia, les montagnes enneigées sont impressionnantes. Mais le reste est différent. On roule sur des chemins entourés de collines. La végétation est pauvre. On aperçoit beaucoup de vaches, moutons, lamas et même des flamants roses. La lagune “amarga” est d’un joli bleu turquoise, on découvre une chute d’eau et quelques iceberg. Le vent est très fort à certains endroits mais puerto natales lacles paysages sont grandioses.

Quand nous sommes partis le matin, nous étions environ 18 dans le bus. Les 10 étudiants, nous et d’autres personnes (dont trois français). Nous avons laissé des personnes en chemin, des aventureux qui vont beaucoup marcher et affronter le froid de la nuit avant de continuer leur randonnée le lendemain. Bon courage à eux. On ne les envie pas… Au dernier point de rendez-vous avec le bus, on vérifie que tout le monde est présent et on repart direction la ville, à 2h30 du parc national où nous sommes. Au bout d’une demie heure, le chauffeur sursaute en voyant que l’on a oublié une personne ! Une française qui voyage seule et qui est restée tellement discrète qu’on ne s’est pas rendu compte qu’elle n’était plus là… Oups. On repart la chercher (voilà comment perdre une heure). Mais elle n’est plus là. En voyant qu’on l’avait oubliée, elle est partie en voiture avec d’autres personnes. On repart dans le bon sens jusqu’à ce qu’on aperçoive sur la route un couple qui nous fait de grands signes. Un couple qui était avec nous le matin mais qu’on a laissé en chemin et qui n’ont pas l’air content de nous avoir attendu dans le froid.

On rentre sans oublier d’autres personnes cette fois. Les douches s’enchaînent bien, le repas est convivial, préparé par les mexicaines.
On sympathise avec tout le monde et le père revient nous parler dès qu’on est seul. On en profite pour lui poser des questions sur le Chili. Il nous apprend que l’avortement n’est pas autorisé et qu’il n’y a pas de moyen de contraception. D’après lui, c’est aux filles de faire attention à ce qu’elles font… Ben voyons ! On aborde ensuite le mariage gai, pas autorisé non plus. D’ailleurs il n’aime pas les homosexuels, ce n’est pas “naturel”… Ben voyons ! Il n’était déjà pas haut dans notre estime mais là il s’enfonce. “Comment réagirais-tu si tu avais un fils homo ?” lui lance Kévin. “J’en ai un” nous répond-il. Il l’accepte, c’est déjà ça. Apprenant qu’on travaille dans la microbiologie, il nous fait un cours sur les bactéries… Ben voyons !

Le lendemain, vendredi 23 mai 2014, grasse matinée pour nous, ça fait du bien ! On visite un peu la ville et on décide de changer nos pesos chiliens en pesos argentins pour notre prochaine destination. Et quelle bonne surprise de voir que l’on gagne de l’argent en faisant cet échange. On a donné l’équivalent de 300€ et on se retrouve avec l’équivalent de 360€ ! Une très bonne alternative à nos soucis de CB en Argentine !

3 colombiennes sont arrivées à la maison. On est maintenant 19 sous le même toit. Le groupe des 10 étudiants repart le lendemain, tout comme nous, mais nos chemins se séparent ici.

Ushuaia, une VRAIE merveille du monde

Le réveil sonne à 8h, il est l’heure de partir à la découverte de la terre de feu. Chacun enfile son collant doublé polaire, ses grosses chaussettes, un pantalon et en haut tee shirt, sous pull polaire, polaire, grosse veste doublée… polaire bien sûr ! Sans oublier le tour de coup, le bonnet et les gants. On est prêt à affronter le froid. Et on n’aura pas froid de la journée 😀

À cause de la Jamaïque, on reste méfiant dès qu’on nous propose quelque chose, spontanément on demande “combien ça coûte”. Mais les argentins ressemblent plus aux mexicains, ils sont gentils et n’attendent pas d’argent en retour. Eduardo nous a offert des gâteaux la veille et nous dépose gratuitement devant l’embarquement du Catamaran. 40€ pour 2 heures de bateau, c’est cher mais ça en vaut la peine. On imaginait se retrouver à greloter sur le pont du Catamaran mais en fait, on est bien au chaud dans une grande cabine, sur des sièges confortables. On navigue sur le canal de Beagle.

ushuaia phare

Le phare “Les Eclaireurs”

Ce n’est pas la meilleure période pour visiter Ushuaia. On est en hiver et il y a des activités que l’on ne peut pas faire. Par exemple, le tour en bateau dure 5h en été alors qu’en hiver seulement 2h, on va beaucoup moins loin. Mais bon, ça ne va pas nous empêcher de profiter ! Mon seul regret : en hiver, les pingouins ont fini leur reproduction et sont partis au Brésil… On ne les verra donc pas.

Mais revenons à ce qu’on a vu : des paysages magnifiques de montagnes enneigées, des lions de mer, des oiseaux ressemblant à des pingouins, le phare “Les Eclaireurs” (le nom est vraiment en français) et on s’est baladé sur l’île Bridges.

Quand je dis magnifique, c’est plus que ça… Et aucune photo ne pourra vous donner la sensation qu’on éprouve face à ces montagnes. Vous n’avez pas la choix, il va falloir venir voir par vous même ! J’ai rarement été autant émerveillée.

L’après midi, nous avons fait une randonnée dans les montagnes, au glacier Martial. Rien à voir avec Blue Mountains et là, c’est gratuit ! Ça fait plaisir de marcher dans la neige et encore une fois, c’est trop beau !

2h plus tard, on est de retour. Il n’y a pas de taxi en vue pour nous ramener en ville. Notre chauffeur pour l’allée nous avait dit de demander aux gens du restaurant d’en appeler un mais ils sont tous partis en congés annuels ! Il n’y a personne à part un groupe de trois personnes qui reviennent des montagnes. Je les vois se diriger vers leur voiture. C’est notre seule chance, je les suis et leur demande comment retourner en ville. “Pas de problème, on vous ramène”. Et voilà comment on retourne en ville, gratuitement. Ça fait du bien de retrouver des gens serviables.

Quand on se promène en ville, on se croirait presque en France. On s’y sent bien et en sécurité. Ambiance vacances à la montagne.

ushuaia oiseaux

Au 1er plan : nos deux amis rencontrés sur le chemin et pas du tout sauvages !

Le lendemain, on décide d’aller se promener au parc national. Il fait froid mais très beau : ciel bleu et soleil. Le bus nous dépose à 12h30. On a 4h30 avant le dernier bus qui pourra nous ramener et qui se trouve à 8km. On nous a dit qu’il fallait compter 3h de marche, on est large ! Et bien pas tant que ça… Avec nos pauses par ci par là et le fait qu’il faut finalement plus de 3h de marche… On arrivera pile à l’heure, avec une fin un peu stressante à courir à travers la forêt.

Une longue balade donc, plus de 3h de marche sur des jolis sentiers de forêt longeant le canal de Beagle.

Mais surtout, des paysages à nous couper le souffle ! Que d’émotion ! On en reste sans voix… Des vues panoramiques exceptionnelles.
Ça ne peut se décrire avec des mots, ça se vit. Si vous ne savez pas où passer vos prochaines vacances… Bon, c’est vrai, c’est un peu loin…

Les photos sont belles mais ce n’est rien à côté de la réalité. On ne peut pas se rendre compte de l’immensité des montagnes et de toute la beauté du cadre. Même les couleurs sont plus fades. A croire qu’on ne peut capturer ces paysages ! D’habitude les cartes postales sont plus jolies que la réalité mais là c’est l’inverse.

On ne peut qu’admirer de ses propres yeux. C’est ce qu’on a fait et on repart avec des images merveilleuses plein la tête.

Merida et les environs (Uxmal et Chichén Itzá)

Notre arrivée à Merida fut la plus flippante au Mexique car il nous restait 300 pesos (15€) en poche pour tenir 3j (on en dépense en moyenne 55/jours) , notre hôte nous avait lâché, et aucun de nos précédents hôtes n’avait de la famille ou des amis dispos dans le coin pour nous héberger.

Mais en descendant du bus, on est tombé sur une lampe magique. Hop, un génie en sorta, et nos problèmes se réglèrent. C’est ainsi que nous atterrissions dans une auberge de jeunesse.

Un des dirigeants de l’auberge de jeunesse nous présente son idée du lendemain : un voyage sur la journée dans les environs. Quelques négociations ont lieu sur le prix du transport, puis nous voilà inscrits (passer de 900 pesos à 400, c’est plutôt bien !). On va goûter aux joies des voyages en groupes.

Réveil mis à 8h. on décolle normalement à 9h avec ce petit groupe pour une journée remplie de découverte !

La nuit a été chaude, le ventilateur de la chambre est en mode binaire : soit éteint, soit au maximum, du coup il fait beaucoup de bruit, du coup on n’a pas entendu le réveil. Il est 8h25.

Sur le coup des 9h30 on décolle (un AUTRE couple était complètement à la bourre), direction Uxmal. À 12h30 je décide de soumettre mon corps à l’effort, gravir une fois de plus une tonne de marches pour apprécier le paysage surplombant ce site Maya. Et ça vaut le coup !

La pyramide d'Uxmal, avec un humain devant

La pyramide d’Uxmal, avec un humain devant

Prochaine destination : découverte culinaire. Mais avant, petit arrêt à un point de vue sur tout un site. Notre guide (étant aussi le dirigeant de l’auberge de jeunesse) nous agrémente tout le trajet de commentaires, anecdotes et autres. Un vrai plaisir toutes ces choses que nous ne pouvions deviner ! Ainsi nous apprenons l’existence d’un tunnel long de 22km partant du site d’Uxmal jusque là où nous sommes. Les spéléologues n’arrivent actuellement qu’à parcourir 5-6 km, après il faut des bouteilles d’oxygène, ce dernier se faisant rare, et nous le constaterons par nous même juste après avoir goûté à quelques Panuchos.

Nous voilà au bord d’une grotte. Je savais pas trop à quoi m’attendre honnêtement. Ou plutôt, je m’étais projeté “Ça devrait ressembler à quand en Égypte on se roulait par terre pour accéder à certains tombeaux”, mais ça c’était ma version imaginaire. Manon, elle, s’imaginait plutôt le côté spéléo, bien dégueulasse, avec de la terre humide partout. Et quand on est arrivé au bout de 5 minutes à un petit trou de 50cm de diamètre maximum, où il fallait ramper dans ce sol humide et terreux pour passer ; je me suis senti bien roulé. Le truc, c’est qu’on n’a pas 50 rechanges. Et j’avoue que deguelasser le pantalon que je venais de laver la veille, ça me dégoûtait assez, mais ni une ni deux, tout en souplesse, dextérité et finesse, je passais ce premier obstacle avec seulement quelques traces sur les genoux. Vu l’état de mes prédécesseurs (je fermais le groupe) j’étais plutôt content de moi !

Mais rapidement avec Manon, un mal de tête nous prit, et on s’essouffla rapidement. Ça sent le manque d’oxygène tout ça.

Arrive un obstacle en pente, où ils nous disent de se laisser glisser comme dans un toboggan, mais en gérant notre glissade grâce aux stalagmites. Ah ah. Mon cul, je vais pas le salir moi, nanmého ! Du coup tout en équilibre, en souplesse et en [bla bla bla] en bas avec quasi aucune trace.

Mais vous vous demandez très certainement : pourquoi visitons-nous cette grotte ? Et bien à ce stade nous arrivions en fait dans la pièce où se faisait des sacrifices de jeunes filles. Sacré Maya. C’est l’une des raisons de ces grottes. On est d’accord, c’est glauque. D’autant plus qu’en fermant le groupe avec la frontale je ne pouvais m’empêcher de penser au film The Descent, où des copines faisant de la spéléologie se font happer une à une par des humains ayant involué en primates agiles et aveugles.

Après une heure à transpirer comme des porcs dans cette grotte, dont le “parcours extrême” se fait en quelques 6h, nous repartions en direction d’une cenote, celle de Chochola. Une cenote, c’est de l’eau dans une grotte souterraine, plutôt claire. Et visiblement, on s’y baigne. Outre ce côté crado (je doute fortement qu’ils traitent ou changent l’eau chaque semaine, mais je me trompe peut-être !), c’est assez atypique, et surtout, ça rafraîchit.
Je ne voudrais surtout pas accabler les Mayas, mais pour eux, Ies cenotes “étaient utilisées comme réserve d’eau douce, mais aussi comme lieu de culte dans lesquels étaient jetées des offrandes ou des victimes sacrificielles.”. Voilà voilà.

Après avoir remis nos habits bien crades, nous rentrions enfin de cette bonne journée en passant quelques instants devant une hacienda, ces anciennes fermes agricoles souvent reconverties en hôtels de luxe, gérées par quelques familles s’étant faites des couilles en or.

Le lendemain, Dimanche 20 Avril, nous voulions aller visiter l’une des sept merveilles du monde “Chichén Itzá”. Mais la vie n’est pas toujours aussi facile ! Ou plutôt, les choses sont sacrément mal foutues. Pour faire bref (là vous vous dites, ça sent la fin de l’article !) après 9h30 du mat’ plus aucun bus ne pouvait nous y conduire. Il était 11h30. Mais ça, c’est ce que l’office du tourisme nous a dit ! En réalité, le site archéologique de Chichén se trouve à 1h15 de Merida (là où nous sommes, vous suivez ?), mais à 13h00 décolle un bus (au sens figuré) qui y va en 2h30.
Calcul mental rapide : à 15h30 on y est. Mais le seul bus pouvant nous ramener est à 17h15, ou 23h15, mais c’est un peu tard vous trouvez pas ? Pourquoi aucun bus entre les 2 vous me direz ? Et bien vous le comprendrez plus tard, tout comme on l’a découvert.

Y'a plein d'iguanes au Mexique

Y’a plein d’iguanes au Mexique

Notre bus de 13h part à l’heure (si si, je vous jure), met 2h50 (si, si, c’était trop beau). En arrivant on fonce au guichet, il est 15h55. Le gars me dit : “non mais ne payez pas, dans 5 min c’est gratuit, le site ferme à 17h, vous aurez 1h pour vous balader”.
Nos émotions se bousculent :
– “Punaise faudra tracer !”
– “Honnête le gars, merci !” ; et c’est le cas de beaucoup de mexicains que nous croisons !
– “25€ d’economisé !” ; oui, détail important pour nous car j’ai omis de préciser qu’on a eu des soucis d’argent récemment, et que la précédente journée nous avait un peu éclaté notre budget !

Une fois sur le site, en 40min c’est bouclé, ce n’est pas hyper grand, seule la pyramide de Chichen est vraiment magnifiquement merveilleuse (c’est d’ailleurs peu avant d’arriver sur le site que j’ai ré-appris que c’était une des 7 merveilles, ô joie !), principalement car elle est en bon état et d’une régularité que je qualifierai d’égyptienne… héhé.

Retour en bus, qui a déjà 15 min de retard à l’arrivée sur le site (on reprend les bonnes habitudes !), mais pire : on a pourtant des places numérotées, qu’on a choisies, mais on ne rentre pas tous dans le bus ! Autant d’assis que debout. On est les 2 derniers rentrés avec Manon, collés à l’entrée. Mais encore 15 personnes sont bloquées dehors, et l’un d’eux commence à partir en sucette. Le ton monte. Entre temps le conducteur me demande de descendre. Qué ? Porqué ? No, estoy bien, gracias. Et c’est emballé. Bref, le conducteur finit par partir en abandonnant ceux qui n’ont pas pu monter à bord (il a même failli partir avec leurs bagages en soute !). Le trajet fut ensuite assez… pénible, il dura 3h. Et debout, c’est très long. Manon fut plus chanceuse et pu s’asseoir à la moitié du trajet. Un bon burger king (Papa, si tu lis ça, Burger King, c’est comme Mac Do) pour fêter tout ça, et la journée était finie !

Pendant ce temps là, à Veracruz…

Veracruz ! Je me rappelle quand lors de notre préparation de l’itinéraire j’ai vu cette ville et me suis dis : “Et pendant ce temps, à Veracruz”, texte incontournable du film des Nuls “La cité de la peur” – précision ajoutée pour les incultes, que vous n’êtes certainement pas, ou plus –

Bref, on arrive à Veracruz le mercredi 9, posé dans une salle en attendant notre prochain hôte, l’annonceuse a une sorte d’accent du Sud, elle appuie toutes ses fins de phrases : “El autobuuuuuuuuus”. Si tout le monde parle comme ça, ça va être marrant ! Mais non. Tant pis !

Posé à un coin de rue, notre hôte ne va pas tarder à arriver. Une voiture un peu crasseuse arrive, je jette un coup d’œil au conducteur, il me regarde, je le regarde, il me fait un signe de tête, je lui en fais un en retour genre “yeah baby”, c’est Gerry. Look jeune, en mode anglais/espagnol, vivant très modestement, mais avec une télé de 130cm, des basses partout, une Apple TV, bref : il adore le bon son et les belles images, et ça, c’est plutôt cool, car moi aussi.
Quand je disais modestement, c’est genre il a toujours son frigo vide, pas d’eau chaude chez lui, son pare brise de voiture avec une dizaine d’impacts, mais honnêtement, je kiffe son mode de vie, même si certains ont d’autres priorités à 31 ans.

Avec sa copine ils nous emmèneront chaque soir dans un bar ou restau pour goûter des spécialités, plutôt d’alcool que culinaires d’ailleurs. Enfin côté culinaire on s’améliore, le premier soir on a mangé plein d’ailes de poulet… épicées bien sûr – pour nous -. D’ailleurs Manon ressentait beaucoup plus que moi ce côté épicé, sûrement parceque les bières belges à 11° me plongent dans des états nébuleux où les sensations sont moindres. Autre détail, l’effet alcool nous rend plus lent à parler et comprendre espagnol, et eux plus rapides, le bordel quoi – es desmadre !- , mais c’est marrant à vivre 🙂

Bref, on s’habitue aux épices globalement. Par contre pas aux moustiques, qui ont fait leur apparition ici, au bord des Caraïbes. Notons également qu’il a fallu venir ici pour découvrir la raquette anti moustique – avec laquelle s’amuse Manon à 2h du mat – C’est sympa, on en prendra une en France ! – si on revient –
Petit clin d’œil à Valérie : ton anti-moustique pour vêtements sent vraiment la gerbe. Et maintenant la couette de Gerry aussi.

Piscine avec une eau verte. C'est normal.... Au Mexique !

Piscine avec une eau verte. C’est normal…. Au Mexique !

Bon et sinon, y’a quoi à voir à Veracruz ?
– le fort San Antonio : on a fait une visite guidée en espagnol, c’était sympa, on a compris 50% de ce qu’il a raconté, puis on s’est aperçu que le guide parlait français. C’est balo. Le groupe de Mexicaines avec nous était d’ailleurs insupportable, de vraies touristes à se prendre en photo les unes les autres (voire toutes seules, à poser tranquillement pour faire leur “selfi” qu’elles ont dû s’empresser à facebooker/twitter/intagrammer), et pendant ce temps les 2 qui écoutaient le guide, c’était ceux qui le comprenaient le moins, nous quoi. Je me rappelle ce moment mémorable où elles m’ont sollicité pour les prendre en photo dans une salle de la prison du fort, faisant office de salle de torture et ne comprenaient pas pourquoi en retour on ne voulait pas être pris en photo :
Ben je sais pas, y’a eu des mecs massacrés ici non ? Et pas la peine de nous parler anglais, on n’est pas états-uniens.”
Le guide nous avoua qu’à notre accent il savait que nous n’étions pas États-uniens, je ne sais pas trop comment le prendre encore aujourd’hui, mais plutôt bien, enfin, je crois.
Ah, et un détail sympa (ou flippant, c’est selon), le bus nous emmenant depuis le centre ville au fort est en bois. Mais en bois au point qu’on a l’impression que ça va se péter de partout ! Ce qui était d’ailleurs le cas à plusieurs endroit. Pas très rassurant de le voir prendre des voies rapides comme ça ! J’imaginais (et l’imagination c’est bien) déjà l’un des taxis ou autre bus nous rentrer dedans et notre bus-en-bois s’écrouler comme un puzzle ! Mais ce n’est pas avec nous que cela arriva.
– les plages, ne sont pas à voir. Désolé. C’est plutôt moches autour du centre.
– le centre historique est jolie
– l’aquarium à visiter est sympa, mais petit. Bon, ça occupe 30-40 minutes quoi.

Petite anecdote comme ça, on était posé dans le centre historique à grignoter des cochonneries quand mon regard croise un groupe de jeunes qui commençait à partir, et soudain 3 d’entre eux font volte face, viennent vers nous – et m*rde, pourquoi je les ai regardés – puis ils nous disent que je suis grand et voudrait prendre une photo avec nous. Ils étaient encore plus contents en apprenant qu’on était français. Bref, j’ai cédé face à ces jeunes ne voyant que peu de touristes comme nous – et c’est vrai qu’on n’en croise pas -, du coup, il doit y avoir ma photo avec 2 mexicains qui traînent sur les réseaux sociaux.

Salsa ! Lors de notre dernière soirée à Veracruz, Gerry nous emmena à nouveau dans un bar avec des bières délicieuses, mais surtout dans 2 boîtes : une de salsa, et franchement pareil qu’en France : y’a des bons danseurs, et d’autres qui semblent s’être trompé de salle. Rien d’exceptionnel. L’autre boîte c’était de l’électro, classique aussi, mais toujours un bon moment !

Là où l’aventure a du rebondissement (vous n’avez pas lu tout cet article pour rien, tenez-bon !), c’est quand dans la seconde boîte, sur le coup des 3h du mat’, on est pris avec Manon d’une bonne douleur au ventre. Là vous vous dites : “ça sent la merde”, et vous avez pas tout à fait tort, mais surtout au second degrés.

Outre les quelques désagréments entériques qui survinrent et une nuit écourtée à 5 malheureuses petites heures, nous fonçames au terminal de bus. Il est 11h quand on arrive, le bus est à 11h30, on est large pour prendre nos billets ! Sauf que, ô désespoir, la file d’attente est énorme ! 11h24, c’est notre tour, tous les espoirs sont encore avec nous, mais le bus de 11h30 est plein. Fichtre. Le suivant, à 13h pile n’a plus qu’une place. Reste celui de 13h25, on croise les doigt, sinon ça décale à 18h. On est chanceux puisqu’il est quasi vide. La fille au guichet nous embrouille car on avait une réduction de 10% qui ne s’applique pas (c’est le genre de petit détail con qui vous met un peu en boule après coup, et vous maintient dans une forme de stress constant ; et encore, je vous en met très peu, j’aurai pu préciser qu’on est parti à la bourre de chez Gerry, que le taxi a fait un détour, qu’on s’est tapé TOUS les feux rouges, qu’il n’y avait que 3 guichets sur 7 d’ouverts, et j’en passe. Plaignez-nous, vous le pouvez… Non je déconne ! On est en vacances après tout 🙂 mais revenons à nos brebis : on a nos tickets pour le bus de 13h25).

13h20, nos oreilles discernent que le bus est en voie 4, on y fonce, mais quand je vais pour mettre les bagages en soute on me dit :
– “Non, c’est pas le bon, celui là c’est celui de 13h15, le votre 25”
– “… 13h15 ? Il vient d’être créé ? Et c’est 13h25 mon coco !”

On court alors partout pour comprendre ce qu’il se passe, et on navigue dans une brume de
– “On sait pas à quelle heure arrivera le votre, ni sur quelle voie. Peut être voie 4 vers 14h, peut être 15h, peut être…”
– “Non c’est bon chut !
Je vous avais dis que ça sentait mauvais cette journée. Pour vous la faire courte (parce que l’article est déjà énorme !), c’est les vacances scolaires depuis hier soir au Mexique, du coup c’est le bordel (ça explique la file d’attente à rallonge).

Sur le qui-vive, stratégiquement placé sur le quai même (la salle d’attente c’est pour les gens qui ne sont pas stressés), j’aperçois sur le coup des 14h40 notre bus en approche. Nous vîmes alors tour à tour tous les gens que nous avions sollicité dans notre pseudo-panique. Ils voulaient vérifier que nous avions bien vu le bus (tu penses, on était les premiers devant la soute), nos regards se croisaient, et certains nous lançaient clairement via leurs mimiques un :
– “Ça y est, il est arrivé votre putain de bus ! Yes !”

En bref, Veracruz est une ville où il fait bon vivre, on y est resté du 9 au 12 avril et ça vaut le coup d’y passer ! Prochaine étape, Villahermosa.

Teotihuacan et le restau

Vendredi 4 Avril 2014

Teotihuacan, c’est un site de pyramides Aztèques. Je rectifie : C’est un site IMMENSE – pour nous – de pyramides Aztèques.

Après un petit déjeuner copieux (j’avais une fin de loup, sûrement dû aux tacos deguelasses de la veille), le père de famille nous dépose directement à la gare de bus au lieu du métro pour nous faire gagner du temps. Au passage on parle de la folie des 2 roues ici : les casques, c’est pour les tapettes. On prend le bus pour aller sur le site.
A peine installés dans le bus, des gens essayent de nous vendre diverses choses et ce sera comme ça toute la journée. Deux jeunes hommes montent et se mettent à jouer de la guitare tout en chantant dans le couloir du bus. Très agréable de les écouter.

Le gars qui nous fait payer nos billets à l’entrée ne nous rend pas la bonne monnaie, on s’en aperçoit juste après mais impossible de se comprendre, ils nous embrouille, 50 pesos soit 2,5€ de perdus. Ce qui est cool, c’est qu’à force de se faire arnaquer de différentes façon, on s’immunise à toutes les sortes d’arnaques. Enfin, on espère, à voir !

Le site est très beau mais il fait très chaud, pas une pointe d’ombre, beaucoup de marche pour visiter, dur de grimper jusqu’en haut d’une pyramide. Y’a pas à dire, on est des grands sportifs.
On se fait aborder toutes les minutes par des vendeurs de souvenirs, mais un petit “non, merci” et ils n’insistent pas. De plus, si on leur demande un renseignement, ils sont très serviables et souriants. Ainsi quand on demande à l’un deux où se trouve un restau que nous ont conseillé nos hôtes, il nous l’indique et ajoute :
– “Vous êtes français ?”Tienda titihuacan
– “Oui, mais comment l’avez-vous deviné ?”
Bref, nos supers accents nous avaient trahis : on était repéré comme français.

On se pose à l’ombre avec une bonne glace puis on décide d’aller manger au restaurant “la gruta” que nous a conseillé Soco (la maman de Jorge, je le rappelle au cas où on vous aurait perdu en chemin, ou bien que vous n’ayez pas lu l’article précédent sur notre arrivée au Mexique. Mais on ne vous en veut pas si tel était le cas. L’erreur est humaine. 😉 ).

Physiquement lavé par cette chaleur écrasante, ce magnifique restau dans une grotte sonne notre salut. La fraîcheur nous fait du bien, limite froid d’ailleurs, passer de 30 à 20°C ça fait un choc (on pense aux français qui dépassent difficilement les 15°C en ce moment…. 🙂 ). Plats typiques très bons, et j’en profite pour faire une parenthèse sur le service ici, car je n’avais jamais vu des serveurs :
– nous servir l’eau commandée dans notre verre (les autres boissons ok, mais l’eau jamais)
– arriver avec dans une main un plateau contenant les plats et l’autre une petite table, table qu’il déplie pour y poser leur plateau, puis nous servir (ça fait classe !)
– si on veut un dessert, il apporte un plateau contenant les desserts tout fait directement ! Au moins on voit à quoi ça ressemble. On a adoré ça !
– sourire tout le temps (à moins qu’ils se foutent de notre gueule de touristes)

Bref, outre l’écureuil qui passa sous les tables (c’est con mais on imaginait pas voir des écureuils au Mexique… Et encore moins dans un restau), au moment de l’addition on a eu un coup de chaud, et voilà pourquoi : Jorge nous avait conseillé de prendre le minimum d’argent sur nous pour aller sur le site, genre 400 pesos. Par prudence on avait pris 500 chacun. Heureusement, car on n’avait pas compté le repas…. Qui coûta 700 pesos (~40€). Oups !

Après cette journée bien chargée, on retrouva Jorge dans la ville, où il nous montra avec l’un de ses amis le centre historique de Mexico. C’est franchement beau. Ça me fait penser qu’on vous parlera plus tard de la conduite au Mexique (là vous vous demandez le rapport entre le centre historique de Mexico et la conduite, et vous avez bien raison de vous poser cette question, mais il n’y a aucun rapport entre eux.) Ça vaudra un bon article à elle seule, je peux vous dire que j’écris actuellement ces lignes dans un car nous emmenant de Mexico à Poza Rica, il est 22h00, il fait nuit noire, y’a du brouillard, le chauffeur double dans les virages des voitures et des bus, et je serre les fesses tant que je peux pendant que Manon tente de dormir. Pas facile quand dans chaque virage elle est projetée soit contre la fenêtre, soit contre mon épaule. Ça vous donne une idée, Mais tout ça, on le détaillera – peut-être – plus tard.