Merida et les environs (Uxmal et Chichén Itzá)

Notre arrivée à Merida fut la plus flippante au Mexique car il nous restait 300 pesos (15€) en poche pour tenir 3j (on en dépense en moyenne 55/jours) , notre hôte nous avait lâché, et aucun de nos précédents hôtes n’avait de la famille ou des amis dispos dans le coin pour nous héberger.

Mais en descendant du bus, on est tombé sur une lampe magique. Hop, un génie en sorta, et nos problèmes se réglèrent. C’est ainsi que nous atterrissions dans une auberge de jeunesse.

Un des dirigeants de l’auberge de jeunesse nous présente son idée du lendemain : un voyage sur la journée dans les environs. Quelques négociations ont lieu sur le prix du transport, puis nous voilà inscrits (passer de 900 pesos à 400, c’est plutôt bien !). On va goûter aux joies des voyages en groupes.

Réveil mis à 8h. on décolle normalement à 9h avec ce petit groupe pour une journée remplie de découverte !

La nuit a été chaude, le ventilateur de la chambre est en mode binaire : soit éteint, soit au maximum, du coup il fait beaucoup de bruit, du coup on n’a pas entendu le réveil. Il est 8h25.

Sur le coup des 9h30 on décolle (un AUTRE couple était complètement à la bourre), direction Uxmal. À 12h30 je décide de soumettre mon corps à l’effort, gravir une fois de plus une tonne de marches pour apprécier le paysage surplombant ce site Maya. Et ça vaut le coup !

La pyramide d'Uxmal, avec un humain devant

La pyramide d’Uxmal, avec un humain devant

Prochaine destination : découverte culinaire. Mais avant, petit arrêt à un point de vue sur tout un site. Notre guide (étant aussi le dirigeant de l’auberge de jeunesse) nous agrémente tout le trajet de commentaires, anecdotes et autres. Un vrai plaisir toutes ces choses que nous ne pouvions deviner ! Ainsi nous apprenons l’existence d’un tunnel long de 22km partant du site d’Uxmal jusque là où nous sommes. Les spéléologues n’arrivent actuellement qu’à parcourir 5-6 km, après il faut des bouteilles d’oxygène, ce dernier se faisant rare, et nous le constaterons par nous même juste après avoir goûté à quelques Panuchos.

Nous voilà au bord d’une grotte. Je savais pas trop à quoi m’attendre honnêtement. Ou plutôt, je m’étais projeté “Ça devrait ressembler à quand en Égypte on se roulait par terre pour accéder à certains tombeaux”, mais ça c’était ma version imaginaire. Manon, elle, s’imaginait plutôt le côté spéléo, bien dégueulasse, avec de la terre humide partout. Et quand on est arrivé au bout de 5 minutes à un petit trou de 50cm de diamètre maximum, où il fallait ramper dans ce sol humide et terreux pour passer ; je me suis senti bien roulé. Le truc, c’est qu’on n’a pas 50 rechanges. Et j’avoue que deguelasser le pantalon que je venais de laver la veille, ça me dégoûtait assez, mais ni une ni deux, tout en souplesse, dextérité et finesse, je passais ce premier obstacle avec seulement quelques traces sur les genoux. Vu l’état de mes prédécesseurs (je fermais le groupe) j’étais plutôt content de moi !

Mais rapidement avec Manon, un mal de tête nous prit, et on s’essouffla rapidement. Ça sent le manque d’oxygène tout ça.

Arrive un obstacle en pente, où ils nous disent de se laisser glisser comme dans un toboggan, mais en gérant notre glissade grâce aux stalagmites. Ah ah. Mon cul, je vais pas le salir moi, nanmého ! Du coup tout en équilibre, en souplesse et en [bla bla bla] en bas avec quasi aucune trace.

Mais vous vous demandez très certainement : pourquoi visitons-nous cette grotte ? Et bien à ce stade nous arrivions en fait dans la pièce où se faisait des sacrifices de jeunes filles. Sacré Maya. C’est l’une des raisons de ces grottes. On est d’accord, c’est glauque. D’autant plus qu’en fermant le groupe avec la frontale je ne pouvais m’empêcher de penser au film The Descent, où des copines faisant de la spéléologie se font happer une à une par des humains ayant involué en primates agiles et aveugles.

Après une heure à transpirer comme des porcs dans cette grotte, dont le “parcours extrême” se fait en quelques 6h, nous repartions en direction d’une cenote, celle de Chochola. Une cenote, c’est de l’eau dans une grotte souterraine, plutôt claire. Et visiblement, on s’y baigne. Outre ce côté crado (je doute fortement qu’ils traitent ou changent l’eau chaque semaine, mais je me trompe peut-être !), c’est assez atypique, et surtout, ça rafraîchit.
Je ne voudrais surtout pas accabler les Mayas, mais pour eux, Ies cenotes “étaient utilisées comme réserve d’eau douce, mais aussi comme lieu de culte dans lesquels étaient jetées des offrandes ou des victimes sacrificielles.”. Voilà voilà.

Après avoir remis nos habits bien crades, nous rentrions enfin de cette bonne journée en passant quelques instants devant une hacienda, ces anciennes fermes agricoles souvent reconverties en hôtels de luxe, gérées par quelques familles s’étant faites des couilles en or.

Le lendemain, Dimanche 20 Avril, nous voulions aller visiter l’une des sept merveilles du monde “Chichén Itzá”. Mais la vie n’est pas toujours aussi facile ! Ou plutôt, les choses sont sacrément mal foutues. Pour faire bref (là vous vous dites, ça sent la fin de l’article !) après 9h30 du mat’ plus aucun bus ne pouvait nous y conduire. Il était 11h30. Mais ça, c’est ce que l’office du tourisme nous a dit ! En réalité, le site archéologique de Chichén se trouve à 1h15 de Merida (là où nous sommes, vous suivez ?), mais à 13h00 décolle un bus (au sens figuré) qui y va en 2h30.
Calcul mental rapide : à 15h30 on y est. Mais le seul bus pouvant nous ramener est à 17h15, ou 23h15, mais c’est un peu tard vous trouvez pas ? Pourquoi aucun bus entre les 2 vous me direz ? Et bien vous le comprendrez plus tard, tout comme on l’a découvert.

Y'a plein d'iguanes au Mexique

Y’a plein d’iguanes au Mexique

Notre bus de 13h part à l’heure (si si, je vous jure), met 2h50 (si, si, c’était trop beau). En arrivant on fonce au guichet, il est 15h55. Le gars me dit : “non mais ne payez pas, dans 5 min c’est gratuit, le site ferme à 17h, vous aurez 1h pour vous balader”.
Nos émotions se bousculent :
– “Punaise faudra tracer !”
– “Honnête le gars, merci !” ; et c’est le cas de beaucoup de mexicains que nous croisons !
– “25€ d’economisé !” ; oui, détail important pour nous car j’ai omis de préciser qu’on a eu des soucis d’argent récemment, et que la précédente journée nous avait un peu éclaté notre budget !

Une fois sur le site, en 40min c’est bouclé, ce n’est pas hyper grand, seule la pyramide de Chichen est vraiment magnifiquement merveilleuse (c’est d’ailleurs peu avant d’arriver sur le site que j’ai ré-appris que c’était une des 7 merveilles, ô joie !), principalement car elle est en bon état et d’une régularité que je qualifierai d’égyptienne… héhé.

Retour en bus, qui a déjà 15 min de retard à l’arrivée sur le site (on reprend les bonnes habitudes !), mais pire : on a pourtant des places numérotées, qu’on a choisies, mais on ne rentre pas tous dans le bus ! Autant d’assis que debout. On est les 2 derniers rentrés avec Manon, collés à l’entrée. Mais encore 15 personnes sont bloquées dehors, et l’un d’eux commence à partir en sucette. Le ton monte. Entre temps le conducteur me demande de descendre. Qué ? Porqué ? No, estoy bien, gracias. Et c’est emballé. Bref, le conducteur finit par partir en abandonnant ceux qui n’ont pas pu monter à bord (il a même failli partir avec leurs bagages en soute !). Le trajet fut ensuite assez… pénible, il dura 3h. Et debout, c’est très long. Manon fut plus chanceuse et pu s’asseoir à la moitié du trajet. Un bon burger king (Papa, si tu lis ça, Burger King, c’est comme Mac Do) pour fêter tout ça, et la journée était finie !

Poza Rica

Malgré une conduite chaotique, le bus nous dépose sains et saufs à Poza Rica. Une chaleur étouffante nous envahit alors qu’il fait nuit… Qu’est ce que ce sera quand il fera jour !

On trouve rapidement un taxi qui nous dépose à l’hôtel. Nous avions réservé une chambre mais il ne leur reste que des chambres doubles, avec 2 lits 2 places, bien plus chères. C’est une erreur de leur part. Honnêtes et arrangeants, ils nous laissent une chambre double pour le même prix qu’une simple à condition que l’on n’utilise qu’un seul lit.

Nous voilà enfin dans notre chambre, climatisée !

Dimanche 6 Avril 2014

Jorge nous a prévenu que nous changions d’heure, une heure de perdue ! Nous avons déjà subi ça en France juste avant de partir… 2 décalages horaires en 2 semaines, la poisse… Surtout dans ce sens.

Comme prévu, il fait chaud, très chaud… 37°C, et 94% d’humidité !

Les taxis ne sont pas chers et le prix est négociable. Nous arrivons ainsi à El Tajin, un site archéologique, une ville entourée de mystères puisqu’on n’a aucune certitude sur qui l’a construite et qui l’a détruite !

L’entrée coûte 59 pesos sauf le dimanche où elle est gratuite ! Nous n’avions pas anticipé ce genre de chose, c’est une bonne surprise.

Le site est très grand et magnifique, un aperçu en image.

El tajin kevin

Après un petit encas, on négocie un taxi pour aller à Papantla, une ville à côté. C’est vraiment pratique ces taxis. On n’a pas besoin de réfléchir à comment se déplacer, quand, où, à quelle heure… Il y en a beaucoup, à toute heure, n’importe où et pour un prix raisonnable.

Après une petite balade, on décide de retourner à l’hôtel. On commence à appeler un taxi, le conducteur nous donne un prix 3 fois plus cher qu’à l’allée, impossible à négocier. Tant pis pour lui, y’en a des dixaines d’autres autour ! Oui sauf que… Le 2ème tient le même discours. On comprends finalement qu’il y a deux sortes de taxis. Il y en a des collectifs, qui prennent plusieurs passagers ce qui réduit le prix et les classiques. On se retrouve finalement à 6 dans un petit taxi (dont 2 personnes bien portantes… Je ne parle pas de nous hein !).

Retour à l’hôtel tout transpirants… Vive la douche froide et la clim !

On décide de ressortir seulement pour manger. La réceptionniste nous a indiqué un restau pas loin. On part à pied, la nuit tombe rapidement et toujours pas de restau en vue. On demande à deux policiers s’ils connaissent un endroit pour manger. Rien ici, il nous conseillent de prendre un bus pour rejoindre le centre ville. Notre hôtel n’est pas dans la ville, on n’avait pas prévu de reprendre des transports. On préfère revenir sur nos pas, on aperçoit un petit magasin qui ne vend que des petits biscuits. La dame nous confirme qu’il n’y a pas de restau et que le plus proche, c’est un magasin Oxxo (supérette ouverte H24).

Nous voilà repartis, soit disant pour 5-10 minutes. Au bout de ce temps, on croise deux adolescentes qui nous confirment la direction pour rejoindre l’oxxo, à 5-10 minutes.

Mais bon, on commence à avoir l’habitude de leur notion de “pas loin”, ça va de 500m à 2km.

Finalement, on trouve le magasin tant recherché. Repas léger et peu fameux, sandwich de supermarché classique, la glace en dessert nous laisse sur une meilleure fin. Malgré ces petites rues sombres, on retrouve l’hôtel sans se perdre ni se faire agresser (histoire de rassurer papa et maman, mais bon, après, on dit bien ce qu’on veut !). On ne saura jamais ce que nous avait indiqué la réceptionniste, sûrement un quiproquo, peut-être n’avait-elle pas compris que nous étions à pied.

Une bonne nuit de sommeil avant de partir, direction Xalapa.

Teotihuacan et le restau

Vendredi 4 Avril 2014

Teotihuacan, c’est un site de pyramides Aztèques. Je rectifie : C’est un site IMMENSE – pour nous – de pyramides Aztèques.

Après un petit déjeuner copieux (j’avais une fin de loup, sûrement dû aux tacos deguelasses de la veille), le père de famille nous dépose directement à la gare de bus au lieu du métro pour nous faire gagner du temps. Au passage on parle de la folie des 2 roues ici : les casques, c’est pour les tapettes. On prend le bus pour aller sur le site.
A peine installés dans le bus, des gens essayent de nous vendre diverses choses et ce sera comme ça toute la journée. Deux jeunes hommes montent et se mettent à jouer de la guitare tout en chantant dans le couloir du bus. Très agréable de les écouter.

Le gars qui nous fait payer nos billets à l’entrée ne nous rend pas la bonne monnaie, on s’en aperçoit juste après mais impossible de se comprendre, ils nous embrouille, 50 pesos soit 2,5€ de perdus. Ce qui est cool, c’est qu’à force de se faire arnaquer de différentes façon, on s’immunise à toutes les sortes d’arnaques. Enfin, on espère, à voir !

Le site est très beau mais il fait très chaud, pas une pointe d’ombre, beaucoup de marche pour visiter, dur de grimper jusqu’en haut d’une pyramide. Y’a pas à dire, on est des grands sportifs.
On se fait aborder toutes les minutes par des vendeurs de souvenirs, mais un petit “non, merci” et ils n’insistent pas. De plus, si on leur demande un renseignement, ils sont très serviables et souriants. Ainsi quand on demande à l’un deux où se trouve un restau que nous ont conseillé nos hôtes, il nous l’indique et ajoute :
– “Vous êtes français ?”Tienda titihuacan
– “Oui, mais comment l’avez-vous deviné ?”
Bref, nos supers accents nous avaient trahis : on était repéré comme français.

On se pose à l’ombre avec une bonne glace puis on décide d’aller manger au restaurant “la gruta” que nous a conseillé Soco (la maman de Jorge, je le rappelle au cas où on vous aurait perdu en chemin, ou bien que vous n’ayez pas lu l’article précédent sur notre arrivée au Mexique. Mais on ne vous en veut pas si tel était le cas. L’erreur est humaine. 😉 ).

Physiquement lavé par cette chaleur écrasante, ce magnifique restau dans une grotte sonne notre salut. La fraîcheur nous fait du bien, limite froid d’ailleurs, passer de 30 à 20°C ça fait un choc (on pense aux français qui dépassent difficilement les 15°C en ce moment…. 🙂 ). Plats typiques très bons, et j’en profite pour faire une parenthèse sur le service ici, car je n’avais jamais vu des serveurs :
– nous servir l’eau commandée dans notre verre (les autres boissons ok, mais l’eau jamais)
– arriver avec dans une main un plateau contenant les plats et l’autre une petite table, table qu’il déplie pour y poser leur plateau, puis nous servir (ça fait classe !)
– si on veut un dessert, il apporte un plateau contenant les desserts tout fait directement ! Au moins on voit à quoi ça ressemble. On a adoré ça !
– sourire tout le temps (à moins qu’ils se foutent de notre gueule de touristes)

Bref, outre l’écureuil qui passa sous les tables (c’est con mais on imaginait pas voir des écureuils au Mexique… Et encore moins dans un restau), au moment de l’addition on a eu un coup de chaud, et voilà pourquoi : Jorge nous avait conseillé de prendre le minimum d’argent sur nous pour aller sur le site, genre 400 pesos. Par prudence on avait pris 500 chacun. Heureusement, car on n’avait pas compté le repas…. Qui coûta 700 pesos (~40€). Oups !

Après cette journée bien chargée, on retrouva Jorge dans la ville, où il nous montra avec l’un de ses amis le centre historique de Mexico. C’est franchement beau. Ça me fait penser qu’on vous parlera plus tard de la conduite au Mexique (là vous vous demandez le rapport entre le centre historique de Mexico et la conduite, et vous avez bien raison de vous poser cette question, mais il n’y a aucun rapport entre eux.) Ça vaudra un bon article à elle seule, je peux vous dire que j’écris actuellement ces lignes dans un car nous emmenant de Mexico à Poza Rica, il est 22h00, il fait nuit noire, y’a du brouillard, le chauffeur double dans les virages des voitures et des bus, et je serre les fesses tant que je peux pendant que Manon tente de dormir. Pas facile quand dans chaque virage elle est projetée soit contre la fenêtre, soit contre mon épaule. Ça vous donne une idée, Mais tout ça, on le détaillera – peut-être – plus tard.