Anecdotes et bilan du Maroc

Tout ce que je n’ai pas pu placer ailleurs pour éviter d’alourdir les articles est ici !

Ça ajoute des éléments et sensations expliquant parfois mieux mon ressenti, et ce que j’ai pu vivre. Y’a des trucs amusants, et d’autres pas amusants du tout, bref, chacun fait son tri !

  • En tant qu’étranger, on est la cible des commerçants dans certaines villes (pas forcément les grandes, Chefchaouen en est l’exemple) où j’ai eu la sensation qu’une personne sur trois voulait m’arnaquer.
  • L’attitude commerciale : même le petit Assat (9 ans environ) au Ryad où je devais séjourner initialement à Fès. “Non mais tu ne comprend pas, je t’explique, voilà ce qu’il faut faire ici”, il voulait m’imposer que faire, et de prendre un guide qu’ils fournissaient ici.
  • Le whisky berbère : ce breuvage délicieux et entendu par plusieurs personne n’est autre que du Thé jaune (genre Lipton) additionné de sucre et de feuilles de menthe (dans la tasse ou la teillère)
  • Le chaos de la circulation, une orchestration majestueuse des klaxonnes, une imbrications fonctionnelles des voitures pourtant dans tous les sens.
  • Les ceintures de sécurité c’est pour les tapettes ! Je n’ai vu que la coréenne dans le bus de nuit pour Fès la mettre (vu la conduite du chauffeur c’était compréhensible), sinon jamais personne dans les bus, taxi, ou voitures personnelles. En montant dans le dernier taxi pour me rendre à l’aéroport, réflexe : je mets ma ceinture. Le chauffeur me lance : “Oh vous savez c’est pas obligatoire ici”.
  • Porter un casque sur un 2 roues c’est pour les gamines ! Et encore, même les gamines n’en avaient pas sur les 2 roues, alors vous pensez bien qu’ouvrir un magasin de combis moto au Maroc c’est un coup à faire faillite.
  • Je me rappelle en Égypte avoir pris une photo avec 7 personnes sur une mobylette : les parents et 5 enfants. Au Maroc j’ai vu jusqu’à 4 personnes, déjà pas mal, non ?
  • Une photo des prix du gasoil et du sans plomb (divisez par 10 pour avoir le prix en euros)

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  • Les longues lignes droites sans une bande d’arrêt d’urgence, bossues, avec nids de poules, et parfois tout ça cumulé. Ce n’est pas rare, je dirais même, c’était fréquent sur les routes que j’ai empruntées.
  • Ahmid, le taxi Marocain loué à Meknès. En route vers Volubilis, il me lance d’un coup, hors sujet : “Hey la fille qui marche là, on la prend ?”. Bref, pris au dépourvu, la fille ne faisant pas de stop et ne se retournant même pas à la seule voiture en approche, je lui dis “ben, non ? Je sais pas ?”. Il essaiera de me faire culpabiliser de ne pas l’avoir prise en me disant que je ne fais que le louer, c’est pas lui qui prend ces décisions, c’est moi le chef.
  • Dans le bus de nuit pour Chefchaouen, vers les 2 h du matin je décide d’écouter un peu de musique, je branche les écouteurs, pas certains si je mets bien l’écouteur droit dans mon oreille droite, je lance le son et effectivement le son est bizarre, je retire un écouteur pour les inverser et… J’entends toujours le son, et tout le bus également. Je panique, je ne sais plus comment couper mon son. Bref, mes écouteurs étaient mals branchés.
  • A Meknès je suis allé 3 fois au Mac Donald ! (Et peut être aussi 3 fois à Marrakesh). Raison principale : seul restaurant où je pouvais avoir un truc pas cher et payer avec la CB. Le classique menu Best of Big Mac ou Mac Chicken : 49 dh, soit moins de 5€.
  • Tanger est la seule ville où j’ai trouvé des amas de personnes noirs, culture qui paraît pas mal représentée dans cette ville. Je suis tombé notamment sur un restaurant nommé “Restaurant Africain” rempli de black. Une explication fournie par Yassir (couchsurfing à Marrakesh) serait qu’il y a une grosse communauté noire en rapport avec la migration en Europe.

Bilan

J’ai aimé le Maroc ! Le fait d’y être pendant la période de Ramadan a ajouté une complexité à ce séjour, mais cela n’a été que plus intéressant. J’ai été énormément frustré par la perte de mes repères, mais ces 2 semaines furent enrichissantes culturellement et humainement.

En détaillant, et sous forme de points :

Ce que je n’ai pas aimé :
– me faire agresser moralement, être sur le qui-vive
– la mauvaise foi
– les tarifs à la tête du client
– l’absence de points d’informations à l’arrivée dans une ville (gare, bus, aéroport)
– les conduites à risques (bus, taxi, 2 roues, bref, tout le monde)
– ne pas trouver des auberges / des prix bas en dehors des médinas
– la complexité de certaines médinas, lié à l’absence d’indications pour se repérer et s’orienter
– les couchsurfeurs qui invitent par intérêt commercial (pour vendre des cours de surf, des expéditions …)
– l’influence et le détournement de la religion sur (et par) les institutions

Ce que j’ai aimé :
– la communication : pouvoir parler français anglais et espagnol
– pouvoir aborder la religion facilement
– manger très bien, local et pour pas cher
– les décomptes sur les feux tricolores
– les médinas et leur côté humain
– les souks et les marchés des médinas
– la sensation d’être moins encadré par des règles que dans d’autre pays
– la facilité de contact avec les Marocains
– le désert d’Hassi Labied (dont y voir un fennec !) et son ciel étoilé
– les belles rencontres

Une pensée à ceux qui ont participé à ce beau séjour au Maroc, Aaron le canadien, Lhoussin le berbère, Yassir le voyageur, Soumia la tarée, Batoul et sa sœur Khadija, Amin, Redouane de Thingir, José du terminal CTM, le tchèque les belges et l’instit’ française à Hassi Labied, et sûrement pleins d’autres que je n’ai que croisé brièvement.

Parmi les meilleurs instants du voyage, : passer la nuit dans le Sahara

Parmi les meilleurs instants du voyage, : passer la nuit dans le Sahara

On y retourne ?

À retourner au Maroc pendant minimum 2 semaines il y a 3 choses que je ferais :
– louer une voiture, car certaines régions comme Meknès, Chefchaouen sont beaucoup plus intéressantes (et certains site plus accessible) en voiture
– retourner dans le désert, voire y passer plusieurs jours (en évitant les mois de mai à septembre !)
– visiter les alentours de Chefchaouen, notamment en faisant des randonnées, il y a de quoi faire

Budget et Itinéraire final au Maroc

Je n’ai pas pu m’empêcher de calculer combien je dépensais, pas tant pour me limiter, mais plus pour le retour d’autres voyageurs, et pour savoir combien ce type de voyage pouvait coûter.

Quelques captures d’écrans assez explicites ; tout d’abord pour mon budget sur place et sa répartition :

Répartition détaillée

Répartition détaillée

Comparaison prévision / réellement dépensé :

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J’ai légèrement dépassé mes précisions, ce qui s’explique facilement avec mes 24 dernières heures à Marrakech où j’ai éclaté mon budget journalier. Mais bon, c’était la dernière journée 🙂

Ensuite mon budget total incluant les préparatifs (achats divers, pharmacie…) et billets d’avion :

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Et l’itinéraire final : Marrakesh – Hassi Labied – Fès – Meknès – Chefchaouen – Tanger – Marrakesh

Cet itinéraire a été créé à l’aide du site Le planificateur de voyages (c’est un super site fait par un super dév 😉

PS : Ce ne sont pas des Dirhams sur la photo de couverture, mais des Pesos Mexicains

 

Derniers instants à Marrakech

Cette première expérience de train-couchette fut particulière, l’aération de la cabine toujours à fond donne l’impression d’être dans un avion. Je mettrai des écouteurs pour m’endormir. Le lit est confortable, et on a la chance avec un jeune brésilien de n’être que 2 dans la cabine, contrairement aux autres remplies à leur maximum de 4.

Mon super lit dans le super train avec du super bruit

Mon super lit dans le super train avec du super bruit

Le train arrive à Marrakech avec un retard d’une petite vingtaine de minutes. Je retrouve Yassir, un jeune Marocain qui est récemment revenu d’un voyage de 3 mois en vélo dans plusieurs pays d’Afrique noire, écourté par une infection au Paludisme. Il me ramène chez lui, dans la banlieue nord ouest de la ville. C’est son premier Couchsurfing ! Nous passerons la journée à échanger sur nos cultures, il est très ouvert d’esprit, mais à une foi incroyablement puissante en sa religion. “Adam et Eve ? Oui oui, on ne descends pas de singes quand même”.

Bref, j’essaie de le piéger sur plusieurs points (pour le confronter à des paradoxes notamment), et on retrouve cette caractéristique des personnes de foi, qui quand elles n’ont pas les explications préfèrent dénigrer la science et s’en remettre à leurs croyances sans plus d’explications, croyances qu’elles reconnaissent d’ailleurs interprétables de façon différentes par les unes ou les autres ; ce qui occasionne des musulmans qui consomment alcool et autres drogues, d’autres qui couchent avant le mariage, bref, chacun fait à sa sauce puisque la chose la plus importante c’est juste de croire en Allah et au Prophète. Le reste n’est que pêché pouvant être rattrapé.

Yassir, un super gars !

Yassir, un super gars !

En début de soirée je découvre le taxi collectif. Ça nous fait marcher pas mal pour les rejoindre sur les axes principaux, mais ça ne coûte que 5dh où qu’on aille. Au passage, les grands taxis sont les seuls autorisés à sortir des villes. Une fois dans le centre, on passera par la mosquée Koutoubia, la principale de Marrakech (cf. première photo de l’article). Étant donné la chaleur j’assiste à la prière puisque tous les musulmans sont à l’extérieur. C’est très beau à voir et à entendre. Assis à une cinquantaine de mettre, seul sur des escaliers, un policier me dit que je ne peux pas rester ici. Je me déplace donc, me rapprochant et m’asseyant à côté d’autres personnes, des femmes. Deux minutes plus tard un autre policier me demande de ne pas rester ici si je ne suis pas musulman, je m’interroge sur le pourquoi puisque les femmes à côté de moi ne font pas plus la prière et c’est un escalier dans la ville. Il me dit que “si, elles font faire la prière”. Je m’assoie de l’autre côté de la route. A la fin de sa prière, Yassir me dit que les femmes à côté desquelles j’étais ne peuvent pas faire la prière, elle ne font que regarder car elles ont leurs règles. On est bien d’accord que les policiers étaient des gros … ? (je n’ai par trouvé le mot approprié, mais vous avez dû cerner l’idée).

Vue sur la Place Jemaa el Fna

Vue sur la Place Jemaa el Fna

En fait là j’ai une fois de plus été confronté à une connerie énorme qu’applique nombre de musulmans, instances policières et de sécurité :
– juger de la religion des personnes en fonction de leur gueule. (Une belle discrimination)
– ne pas écouter leurs propres imams ! En effet, quand l’imam appel à la prière, il commence par dire deux fois (il répète toujours tout une fois de toute façon) Allah Akbar (dieu, tout puissant et unique), et ensuite il invite TOUT LE MONDE À VENIR PRIER. J’ai bien dit “tout le monde”, pas “tout le monde les musulmans”. Pensez-y si vous voulez entrer dans une mosquée, bref. C’était mon petit coup de gueule 🙂 j’avais appris cela à Meknès, le chauffeur de taxi m’ayant traduit l’appel à la prière.

On passe ensuite par la place principale, Jemma El Fna, pour se balader dans la médina. Même Yassir n’est pas rassuré quand il voit qu’on s’enfonce un peu trop ! On fait alors demi-tour. On se posera ensuite sur la terrasse d’un café pour continuer à échanger et contempler la vie se calmer sur la place.

On rentre sur le coup des 2h du matin, croise un de ses amis, Rachid, complètement sous les effets du Cannabis, qui m’offrira un

On croirait à un mausolée mais non, c'est un endroit décoré et représentant la vie de l'actuel roi Marocain

On croirait à un mausolée mais non, c’est un endroit décoré et représentant la vie de l’actuel roi Marocain

Sprite, youhou ! On mange un plat Marocain ressemblant à de l’Ossobucco avec les mains et du pain, pas de couverts histoire de rester dans la tradition. On aura marché énormément dans la soirée, moins que ce que j’avais fais à Fès, pourtant j’aurai une violente douleur à la jambe jusqu’à mon départ du Maroc.

Le lendemain je quitte sa maison familiale et me poserai pour mes 24 dernières heures Marocaines dans un hôtel proche de la gare pour me ressourcer, repenser à ce voyage, le digérer avant de rentrer en France.

Jeudi 8 juin, je quitte l’aéroport de Marrakech en direction de Montpellier, la fin d’un voyage très positif, qui m’aura beaucoup enrichi personnellement et humainement.

24h de glandouille avec cette vue c'est pas trop mal…

24h de glandouille avec cette vue c’est pas trop mal…

En route vers le Nord : Chefchaouen et Tanger

Suite à ma première experience en bus de nuit je m’étais dit : plus jamais au Maroc. En ce Samedi 4 juin, aux alentours de 4h 4min et 4 sec du matin, je descends du bus frais comme un gardon, mais alors que je pensais tomber sur une station de bus où je pourrais pioncer un peu, ben non. Y’a rien, pas un chat (et pourtant c’est pas ce qu’il manque ici !). Du coup, ben je vais visiter la ville de nuit !
Je croise dans les rues beaucoup d’enfants qui jouent, soit au foot, soit à balancer des oranges sur un garde d’une grande place. Ah j’avais oublié un détail important : il fait froid, moins de 15 degrés, et je n’ai pas pris de blouson pour ce voyage. Si je m’arrête plus de 5 minutes je commence à cailler. J’arrive enfin dans la médina. Poua ! Magnifique, ce bleu est magnifique, tout est bleu, c’est une ville pour les Schtroumpfs ! Les rues, les maisons, époustouflants !

Chefchaouen tout en bleu

Chefchaouen tout en bleu

Après 1h30 de marche j’ai fais le tour de la ville tout en contemplant le lever de soleil sur les montagnes environnantes (grosse sensation de l’ascension du Machu Picchu !) je décide de dormir un peu sur un banc. Le froid n’est pas d’accord, et j’abandonne quand des gamins commencent à venir m’emmerder. Il est environ 7h du matin et je vais tomber sur mon boulet du coin. Il me proposera cannabis, tapis, sacs, babouches au cours des 2 prochaines heures. Il faut savoir que Chefchaouen est la capitale du cannabis au Maroc, donc réputé certes pour ses maisons bleues mais également pour ses cultures. Le gars et un de ses potes ne reculent devant rien :

Une rue de Schtroumpfée

Une rue de Schtroumpfée

“T’es jeune faut en profiter, ça te fera du bien”
“Déjà tu sais pas mon âge, j’ai pas dormi de la nuit et repars dans quelques heures, j’ai pas envie d’être encore plus HS avec ta résine, non merci”
“Mais ici c’est légal, les gens en fument partout. Regarde, t’en veux combien ? Les français en prennent tous le temps ! Un petit 400 dh ?”
Bref, autant parler à un mur qu’à ce marchand de la quarantaine.

Après un petit déjeuner costaud je repasse par les rues bleues en direction de la gare routière, cette fois ouverte, prête à m’accueillir pour dormir de 10 à 13h !

Cette ville avait l’air très agréable, et y séjourner plus longtemps à une autre occasion pourrait sonner comme un petit havre de paix, tout comme Hassi Labied (ceci est un message à peine masquée destiné à ma bien-aimée). Beaucoup de randonnées à faire dans les montagnes environnantes, de quoi y séjourner 4-5 jours minimum. A 15h passé, avec un gros retard, mon bus fait voile vers Tanger !

Dodo, l'enfant do, l'enfant ... Se les cailles !

Dodo, l’enfant do, l’enfant … Se les cailles !

On est toujours le 4 juin, la journée est longue ! J’arrive à Tanger vers 18h30 et trouve rapidement une auberge nommée Bayt Aline dans la médina. Le personnel est super gentil. Je rencontre Youn, copain de chambre, un Coréen qui vient de faire une année Erasmus en France, ne parle pas un mot de francais et… je n’en saurai pas plus car il a le nez plongé dans son téléphone et se couchera à 20h30.

L’auberge est assez atypique (surtout ma chambre, je suis sur un lit superposé à 2m50 au-dessus de la douche !). La propriétaire, une française, la cinquantaine, me procure rapidement 2-3 conseils et une CARTE DE LA MÉDINA. Je vois vraiment ça comme un objet sacré, ma joie est immense quand Fabienne ouvre le coffre contenant ce précieux photocopié et me le présente. La vue sur le port, la méditerranée et la médina depuis le toit de l’auberge est très sympa. Je me couche tôt, c’est tellement rare qu’il faut le souligner : 22h30, et enquille sur une grosse nuit de 12h. A mon réveil, plus aucune courbature aux jambes, reposé, il est midi, je vais explorer la médina de Tanger.

Le royaume du matou

Le royaume du matou

Personne (ou presque) pour me quémander quoi que ce soit, je me repère dans toute la médina (forcément avec un plan, même sans être ultra précis, ça aide), je fais un tour par une vue sur le port, puis vais au petit Socco, un lieu d’activité et de marché ou je prends un thé à la menthe en observant la vie du quartier se dérouler. Ensuite je vais au grand Socco (comme le petit, mais en dix fois plus grand) puis au musée de la Kasbah, conseillé par un guide, gentil, et non intrusif. Premier musée que je me fais au Maroc ! Gars pas très accueillant à l’entrée, je dis bonjour, il répond pas, j’avance, et là “Monsieur il faut payer, c’est 20dh”. Ben commence par être poli déjà. Il est 16h05, ça fait 25 minutes que je suis dans le musée et j’en ai fait 50 pourcents, mais je me fais virer comme un mal propre par un garde parce que “c’est Ramadan”. Ce blaireau ne parle ni anglais, ni francais, ni espagnol, et ne comprend donc pas mon mécontentement. Enfin si, il le comprend vu qu’il entend mon intonation et

Cour Intérieure du musée de la Kasbah

Cour Intérieure du musée de la Kasbah

mon regard tente de le tuer. Je prévois d’y retourner le lendemain pour demander des explications, car ne pas prévenir et faire entrer les gens ne me paraît pas très correct. C’est le pays de la frustration !

Le soir j’ai un nouveau pote de chambre, un espagnol qui est venu en moto. Y’a pas à dire on repère tout de suite l’accent espagnol : ils débitent à une vitesse phénoménale !

En ce lundi 5 juin mon planning est plutôt léger. Je retourne au petit Socco pour déguster un jus d’orange, je retourne voir un commerçant de la veille avec lequel j’avais bien accroché près de la Kasbah et je vais au musée. Le gars à l’entrée semble me reconnaître, semble me comprendre, et semble me laisser entrer pour finir ma visite. Le seul musée que j’aurais fait est franchement pas très grand, mais très sympa pour peu qu’on lise toutes les informations présentées. D’autant plus qu’il est DANS une Kasbah. Ensuite je retraverse toute la médina pour aller au grand Socco, y manger et observer la vie. Je vous avais prévenu : journée légère, journée d’observation ! Et encore je fais court, j’ai vraiment passé ma journée à m’imprégner de l’atmosphère, la médina de Tanger est la plus sympa que j’ai faite, ni trop grande, ni trop petite, et celle où je me suis le plus senti en sécurité. J’y aurais dégusté tajine et couscous à une adresse recommandée par l’auberge. En 2 jours pas un seul type ne m’a suivi pour me forcer à entrer dans son magasin, les directions indiquées par les gens étaient toujours les bonnes. Que du bonheur ! J’ai ensuite passé du temps dans un cybercafé ne vendant pas de café et me suis présenté à la gare avec 5h30 d’avance. Ouch ! Mon train partira vers 23h45, direction Marrakesh, et ce sera ma première fois dans un train couchette 🙂
(Enfin, là je souris car je pense que ça va être sympa. Mais en réalité je publie cet article avant de monter dans le train…). C’est parti pour 9h de voyage !

Des escaliers vus depuis la hauteur d'un chat

Des escaliers vus depuis la hauteur d’un chat

Meknès et les environs de la cité impériale

En ce 31 mai 2017 j’arrive à Meknès en milieu d’après midi. Appréhendant les labyrinthes des médinas, je me lance à la recherche d’une auberge à la fois dans la nouvelle ville mais également proche de la gare de train et celle de bus. Mes recherches sur le terrain seront aussi décevantes que celles faites sur le net. Je ne trouve rien à moins de 370dh la nuit, contre moins de 100dh dans les auberges habituellement. Et dans ce pays il n’y a jamais de points d’informations ou d’office du

La destruction des points d'informations serait-elle la cause de leur absence ?

La destruction des points d’informations serait-elle la cause de leur absence ?

tourisme, le “conseil de tourisme régional” à Meknès est fermé quand je me pointe devant. Dur de trouver des plans. Après une heure de marche je me pose et me sens déconnecté du côté humain que je vivais à Fès, je suis dans un Hôtel. La réception me propose d’office de louer un taxi pendant 3h le temps de visiter les 2 sites à voir, ça me donne l’impression d’être dans un truc organisé. Ces détails et ces frustrations ajoutés aux douleurs que j’ai aux jambes me mettent un gros coup au moral. Je découvre rapidement la télé marocaine, un bain, et accepte de jouer le jeu du touriste qui ne fait pas tout par lui même, bref, de quoi vous remotiver en moins de deux ! Fait amusant : la censure des gros mots. Je regardais une chaîne diffusant des films US en VOST Arabe, et lors de gros mots, le son était totalement coupé ! Les mouvements de bouches eux, pet mettent néanmoins de très bien discerner la prononciation d’un FUCK.

Le lendemain, un taxi, Ahmid, m’attend. Nous voilà en route pour le site de Volubilis, des ruines romaines. A l’entrée du site un guide me propose ses services pour 100dh, qui chutent rapidement à 50, et je le fais fuir en lui refusant de venir pour plus de 10. Ce n’est pas méchant de ma part, c’est juste qu’ils sont particulièrement insistant et bien que je ne le détaille pas dans mes articles, quand on commence à dire non aux proposants, ils vous enfoncent littéralement en vous disant que vous n’allez pas y arriver seul. Mauvaise tactique mon ami.

La légende dit que cet homme a été retrouvé avec les ruines.

La légende dit que cet homme a été retrouvé avec les ruines.

Le plus marrant c’est que le site est plutôt bien foutu avec des plans régulièrement et des panneaux explicatifs. J’ai trouvé le site particulièrement vaste, les mosaïques sont belles, bref, j’ai galopé pendant 1h30 et j’ai beaucoup aimé.

Nous allons ensuite vers Moulay Idriss. Il n’y a que la mosquée à voir, mais en tant que non musulman, pour apercevoir l’intérieur, la technique est de se frayer le bon chemin dans la médina sur le flanc de colline et trouver une des 2 terrasses pour contempler le site du dessus. A peine arrivé qu’un guide me jette rapidement un “vous ne trouverez pas, c’est un labyrinthe vous n’êtes qu’un touriste”. “Ok, emmène-moi, pour 10dh”, et c’est ainsi qu’il parti agacé. (L’échange à duré 2 minutes dans la réalité, mais c’est un bon résumé)

En 10 minutes et avec le coup de main d’une femme sur la fin (je précise femme, car elles, n’ont encore jamais essayé de m’embrouiller), j’arrive sur une terrasse, c’est joli, mais pas de quoi casser trois pattes à un canard (même pas 2 d’ailleurs). Un gardien d’une mosquée m’ammène vers une autre terrasse, encore plus jolie, très calme et sereine, où je me poserai quelques longues minutes.

Une partie infime des ruines Romaines de Volubilis

Une partie infime des ruines Romaines de Volubilis

Ensuite il essaie de me refiler des gâteaux en me les mettant dans les mains, des gâteaux qui portent chance et étonnamment me balance “je ne comprends pas, les touristes ils les prennent, les francais comme toi, ils prennent ces gâteaux, je vous ai dit que ça portait chance. Pourquoi vous n’en voulez pas ? Mais ce sont vos affaires”. Oui et moi je t’ai déjà dit 2 fois que j’ai pas envie de payer pour tes croyances mystiques. Je lui file 10dh parce qu’il m’a montré une chouette terrasse et expliqué la signification des boules sur les Mausolées, et également parce que j’ai pas envie de le traîner plus longtemps car il devient envahissant. Mon taxi me confirmera l’entourloupe des gâteaux “baraka”. En redescendant je croise mon taxi revenant de sa prière et vais cette fois contempler la porte de ce Mausolée. Un guide me file le train, comme d’habitude. Une fois de retour au taxi, ce dernier me confirme qu’ils étaient deux à me suivre car j’étais le seul touriste des alentours. Je le développe un peu plus ici, mais c’est la même chose dans les médinas, vous pensez vous être débarrassé d’un type, et parfois jusqu’à 5 minutes plus tard il ressurgit avec un trucs poignant genre “ah ah je vous l’avais dit”. C’est vague, ça vous surprend et vous donne envie de le gifler.

Ahmid est un taxi, mais aussi un guide, il a ce côté Arabe commercial qui fait faux humain. Depuis le

Vu sur Moulay Idriss. Pas un canard en vue.

Vu sur Moulay Idriss. Pas un canard en vue.

début du trajet il me parle de pois chiches, du coup on s’arrête et il me montre comment est la plante à different stade de maturité. C’est mignon, et toujours intéressant.

Il me dit également que le village où j’étais dans le désert, Hassi Labied signifie puits blancs en Berbère, apparemment. Des petites infos comme ça il en a pleins !

J’ai toujours les courbatures aux jambes, et toutes cette marche n’y arrange rien. Mais vu que j’ai du temps, je profite d’aller dans Meknès vers la médina.
Je vois des belles grosses portes ornées (dernière photo de l’article) permettant de passer les remparts, et découvre une place donnant une vue plutôt très sympa sur des remparts (première photo de l’article !). Le petit plus : aucun touriste, personne d’ailleurs sur cette place. Un passage rapide par le souk et la médina, dans cette dernière je me sens très mal à l’aise, pourtant, pendant les 5 minutes passées dedans (oui j’ai fais court et ce n’était pas totalement volontaire, le destin dirons-nous, je ne me suis pas perdu !) personne ne m’accostera. Les gens serait-ils moins aguicheurs ici ?
Ce sera mon impression pour Meknès, les taxis sont beaucoup plus sympa, l’un me dit même : “pas la peine d’utiliser le compteur, la course dans Meknès, c’est 7 dh maximum, pas plus”. Bon, y’en a bien deux qui m’ont déjà grugé 5 ou 10 dh !

DU POIS CHICHE !

DU POIS CHICHE !

Le lendemain mon objectif est d’aller à Chefchaouen, dite la cité bleue. Mais pas aussi facile que prévu car pas mal de bus ont sauté avec le ramadan, du coup je me prend une journée repos : cybercafé, retour sur Fès, petit repas dans des restaus pas du tout Maroccains, et puis petite marche de 40 minutes quand même, parce que marcher c’est bon pour la santé ! Bon, et surtout car de retour sur Fès je retombe sur nos petits taxis qui ne veulent pas mettre leur compteur et propose des tarifs ahurissants (5 fois le prix réel de la course)

En ce vendredi soir au terminal de bus un autochtone m’accoste. C’est plutôt sympa car il ne parle que espagnol, il m’invite chez lui si j’ai envie de m’y arrêter après Chefchaouen.

23h45, mon bus démarre en direction de la cité bleue !

Une porte ma foi bien grosse !

Une porte ma foi bien grosse !

Le labyrinthe de Fès

Les bus marocains de nuit sont des bus de jour qui roulent la nuit, on est donc serrés comme des sardines et pour ma part impossible de dormir assis. La conduite sportive du bus me fait énormément stresser, j’en mets ma ceinture !
Quand après 2h de routes le bus s’est bien vidé, je quitte ma voisine coréenne voyageant seule pour débuter une pseudo nuit. La conduite violente du bus et le stress de ne pas se réveiller à la destination m’empêche d’être embrassé par Morphée. Arrivée à Fès, la tête dans le cul, à 4h du matin en ce 29 mai, il fait frais, je file dans la station de bus et vais somnoler 2 heures sur les bancs. Je pense qu’à ce stade vous avez bien saisi l’idée : je n’ai pas dormi 7h de suite depuis mon arrivée au Maroc, et pas plus de 5h au cours des 48 dernières heures, ça devient chaud.

Je rejoins à pied le Ryad dont on m’a dit tant de bien, (45 min de marche c’est bon pour se réveiller !) je suis accueilli avec un petit déjeuner, mais un imprévu fait qu’il n’ont plus de chambres dispo. Dommage, mais je visite le Ryad quand même et il est vraiment très beau ! Plutôt que de dormir sur le canapé d’une salle commune, j’opte pour une auberge qu’ils possèdent également. Elle est dans la médina, Aziz, son gérant m’accompagne pour me montrer le chemin dans ce début de labyrinthe.

Vue sur la médina depuis le toit de l'auberge

Vue sur la médina depuis le toit de l’auberge

Je partagerai ma chambre avec Fahad, un saoudien. En cette journée je ne ressortirai que 2 fois : la première pour retourner chercher mon Sac à dos laissé au Ryad. Je me perdrai dans la médina. La première perte d’une longue série ! Ma seconde sortie sera pour aller chercher fruits et légumes dont les stands abondent dans la médina, et ne sont pas assez loin pour me perdre 🙂

Le soir, avec Fahad et Sony (une coréenne littéralement fan du Maroc), nous partagerons un repas en échangeant sur le Maroc et nos expériences. Il s’en suivra dans la chambre plus de 2h d’échanges avec Fahad ce jeune homme de 23 ans d’Arabie saoudite. De la politique, vision du monde, en passant par les conditions de vie et l’économie, un échange fort intéressant, qui donne un aperçu assez étonnant, mais enrichissant de son pays.

Mardi 30 mai je m’attaque à visiter la médina. Je n’ai pas de carte, et tout comme à Marrakesh les rues sont trop étroites pour que le GPS puissent être d’une utilité.

Je vais me perdre un nombre plutôt élevé de fois, disons une bonne vingtaine. Parmi les moments clés, il y a :
– le fait de passer 3 fois devant une Zaouia avant de comprendre que c’est ça une Zaouia.
– visiter une tannerie
– je développe la capacité de “si j’achète quelque chose, demander ensuite le maximum d’infos”, les infos seront fiables et gratuites

C'est pas des petits pots, c'est des bacs utilisés dans le processus de traitement des peaux, c'est donc des gros pots.

C’est pas des petits pots, c’est des bacs utilisés dans le processus de traitement des peaux, c’est donc des gros pots.

– l’instinct du voyageur : quand la tête d’un type ne vous revient pas et qu’il vous donne une direction, allez à l’opposé. 100% de réussite dans cette médina. (Ça m’aura valu un broyage de pied de la part d’un arabe mécontent que je ne l’écoute pas. Dans ce cas, même si lui péter la gueule vous démange, on encaisse, car autour y’en a 5 autres qui vous regardent. Vous pouvez quand même lâcher discrètement un petit “Gros connard”. Ça ne mange pas de pain.)
– 5h de marche, pieds et jambes HS.

Rue étroite de la médina, Fahad me racontait être tombé sur une rue ou les personnes devaient passer 1 à 1, et celles un peu grosses ne pouvaient pas passer.

Rue étroite de la médina, Fahad me racontait être tombé sur une rue ou les personnes devaient passer 1 à 1, et celles un peu grosses ne pouvaient pas passer.

Fahad me confiera que même lui, typé et parlant arabe est embêté dans la médina. Mon idée est que les locaux se connaissent très bien entre eux (je l’ai vu avec Aziz, le gérant de l’auberge. Quand il m’accompagnait, telle une célébrité, disant bonjour à tout le monde pendant 10 minutes de marche), du coup, les locaux identifient rapidement un étranger à la médina.

Le soir de ce 30 mai je rencontre une Couchsurfeuse (pas seulement pour me rajouter 2h dans les pattes, non non). Soumia me montre un peu la nouvelle ville, c’est à dire la partie construite en dehors de la médina (vieille ville). Une personne intéressante car totalement islamique mais à la recherche perpétuelles de contacts en dehors de sa religion, mari compris. Cette rencontre se fait aux alentours des 21h-23h.
Il faut savoir qu’avec le ramadan, les pratiquants font leur petit-déjeuner vers 19h35 jusqu’à 20h30. Pendant cette période, les villes sont mortes, ne contenant que des résidus de touristes ça et là. Puis petit à petit les gens ressortent, heureux de s’être fait péter le bide, et l’évolution du nombre de personnes extérieures entre 21 et 23h est impressionnant ! A 23h on se croirait à la qlimax d’une fête foraine, tant dans la nouvelle ville que la médina.
A 3h15 du matin environ, il font leur repas.

J'avais juste envie de mettre ma tête cachée qui m'a valu dans la médina le surnom de Sahara Man

J’avais juste envie de mettre ma tête cachée qui m’a valu dans la médina le surnom de Sahara Man.

Le lendemain je me rends compte que j’ai pris cher aux jambes, je file à la gare de train en direction de Meknès. J’en ai entendu beaucoup de bien ces derniers jours, et ce n’est qu’à 45 min de là. Je quitte Fès avec de bonnes rencontres faites, mais un sentiment négatif sur les médinas que je trouve rempli de trop de mauvaises personnes prête à agresser ou gêner les non locaux.

Hassi Labied et les portes du Sahara

La route fut longue en ce vendredi 26 mai 2017, les premières heures contiennent de nombreux virages ce qui fera vomir la femme derrière moi à plusieurs reprises.

L’avantage d’être seul c’est qu’on est beaucoup plus enclin à aborder les autres, le Berber à côté de moi m’invitera d’ailleurs à dormir chez lui à Thingir si jamais je passe par sa ville en revenant du désert. Après qu’il soit parti, je ressens les inconvénients de la solitude, ou plutôt, une nostalgie s’empare de moi et me bouleverse profondément quand je me rends compte que 3 personnes devant moi sont des espagnols d’une part, et d’autre part que j’ai posé sur le siège vide à mes côtés le petit sac à dos de Manon que j’ai emprunté pour ce voyage, posé là comme si elle allait revenir d’un moment à l’autre. Les 6 dernières heures de ce voyage de 13h furent donc difficiles émotionnellement.

J’arrive à 21h30 à Hassi Labied, là où m’attend Lhoussin, un jeune berbère de 26 ans. On monte avec un de ses amis et après avoir déposé une asiatique en passant par des rues sombres, j’ai une poussée d’angoisse. La sensation que tout peu basculer d’un moment à l’autre, et tout basculera, dans un bon sens.

On récupère Aaron, un canadien qui était dans un cyber café. Puis on file vers la maison de Lhoussin, toute une partie est réservé aux hôtes. On partage de bonnes conversation avec Aaron, on est sur la même longueur d’onde c’est impressionnant. On mange ensemble un melon délicieux et des oranges que Aaron a acheté dans la journée. Lhoussin me montre la terrasse sur la maison d’hôtes, les étoiles sont justes impressionnantes. On décide au même instant avec Aaron de dormir sur le toit, où l’on s’installera rapidement. On échangera sur quelques pensées philosophiques pour s’endormir en contemplant la voie lactée se déplacer lentement.

Pendant ce temps, le Ramadan débute.

Le lendemain matin à 6h j’entends Aaron se lever pour partir prendre son bus, ce sera un bel au revoir à la personne qui aura su me montrer que je ne suis pas seul finalement.

Sur le coup des midi, alors qu’à l’ombre on affiche 41°C, je rencontre une française dans le seul restaurant ouvert dans cette petite ville. Elle revient tout juste d’une nuit dans le désert et on se rend compte qu’en fait c’est ma voisine de chambre. Nos échanges forts intéressants couplés à mes derniers retours de parts et d’autres me dessinent la suite du voyage : partir au nord du Maroc, à Fès. Au passage je goûte une spécialité : l’omelette berbère : oignon, œufs, tomates, épices. Simple et efficace.
(🎤 C’est la MAAF !)

Sur le coup des 17h, Lhoussin me prête un touareg (pas le monsieur, la tenue) et un turban, et voilà que j’embarque sur le dos d’un dromadaire (les chameaux, c’est en Asie).

Victoire ! Poutou président !

Victoire ! Poutou président !

1h environ pour rejoindre notre campement. On y dort, et le lendemain on est revenu. Voilà la version courte où vous loupez l’essentiel, mais honnêtement, même dans une version plus longue, l’essentiel est fait de sensation, et comme évoqué avec Aaron la veille “A same person in a same place at a different time will feel it differently”, alors vous pensez bien que des personnes différentes…

Le désert que j’ai vu était magnifique, la couleur n’est pas celle à laquelle je m’attendais, elle tirait sur l’ocre ici. Les courbures des dunes, la pureté du sable d’un lisse impeccable, le calme, d’un apaisement total.

La sensation d’être sur le chameau avec un berbère devant moi, sans personne d’autres autour. Magique.

Habillé en Touareg en haut d’une dune tout en regardant le soleil se coucher et ressentir un léger vent chaud passant sur le turban devant mon visage, indescriptible émotionnellement, je touchais presque le Nirvâna.

La nuit tombée, je montre aux autres touristes du groupe la voie lactée qui se dessine. On s’amusera avec l’une d’elle (ce n’était que des chinoises), ayant emmené tout son équipement photo à capturer de très beaux clichés. Du coup je reviendrai avec mon matos rien que pour ca 🙂

Un Kévin posé

Un Kévin posé

Une nuit avec la tête dans la voie lactée, un Tajin, de la musique berbère, j’ai pu tester mes talents au djembé et être filmé par nos chinoiseries : épique. J’échange pas mal avec un des berbères, Zafira (un homme) qui a la particularité de ne pas faire le ramadan, tout simplement car il veut “rester libre et n’avoir aucune religion”. Couché à 1h30, debout à 4h pour contempler le soleil se lever, à nouveau en haut d’une dune, seul avec ce désert au sable désormais glacé.

Dans la foulée nous rentrons à dos de chameau, et je petit déjeune avec Lhoussin… Enfin, pas “avec” au sens propre, plutôt en face de lui, Ramadan…

Good morning Morocco

Good morning Morocco

Sinon, le dromadaire, ça fait mal au cul, comme le cheval vous me direz, et vous avez raison. L’avantage est qu’en chameau il m’a paru facile de mettre les jambes du même côté pour éviter des douleurs post-équestre (post-dromadestre ?)

Je fais quelques rencontres Couchsurfing (Ingarr le Tchèque, 2 Belges me conseillant un CS a Fès). Le soir du 28 mai, je pars pour Fès avec un bus de nuit. Mon programme approximatif des 2 semaines vient officiellement de complètement changer !

Maroc : premiers pas à Marrakech

Arrivé à la douane
– “Môsieur il faut remplir l’adresse où vous allez dormir”
– “Je ne la connais pas, je comptais improviser”
– “C’est obligatoire Môsieur, allez à la police svp Môsieur”

Bref, quelques minutes plus tard je franchissai la douane en force, courant comme un dératé et poursuivi par 2 gardes quand soudain … Euh, attendez, non, ça c’est dans ma tête. Pour de vrai, disons juste que j’ai pu passer en fournissant une adresse bidon.

A la sortie de l’aéroport, sentiment d’être sur une autre planète, une boule lumineuse très diffuse, je me suis cru sur Tatooine (cf Star Wars) d’ailleurs globalement j’ai eu l’impression d’être sur Tatooine les premières heures : atmosphère, paysages.

La suite fut encore un peu plus stressante : première tentative “d’arnaque” quand j’achète une carte sim locale : le gars me dit 90 dirham (9€). Il m’emmène voir un gars qui justement vend des sims, me l’installe sur le téléphone. Au moment de payer ce dernier je fais genre : raaaa, j’ai que 70 là, ça passe. L’intermédiaire me demande ensuite un petit quelque chose pour avoir fait la transaction, 10 dirham. Je lui dit, jai pas 10, qu’un billet de 20, pas grave on va faire du change. Je mets la main dans la trousse, et pif paf pouf, c’est un billet de 200 qui sort. Il me dit “ça me va”. Ah ah. Bref, On fait du change, et le gars veut maintenant garder 100. Nop, je sens bien qu’il fait la gueule, mais j’essaie de m’accrocher et ne lui laisserai que 10. Bon au final ça c’est bien goupillé dirons nous, et ça ne sera qu’une esquisse des jours à venir.

Dans la foulée je galère à trouver mon hôte de la soirée, je le trouve un peu de mauvaise foi, mais la nuit tombe et je vais tout de même chez lui.

Il y aura des choses positives, authentiques, et négative dans la soirée.
La maison où il habite avec sa mère par exemple : la pièce d’entrée, qui est la plus grande (12m2 environ) ne contient que le frigo. Un étage où je ne monterai pas et qui est sans toit, là où dort la mère. Au rdv il y a aussi la cuisine, la chambre qui est aussi le lieu où l’on mangera avec Amin et enfin la salle de bain toilette de 3m2 où l’endroit le plus haut et le seul où je tiens fais 1m2, est au dessus des toilettes turc et mesure 1m50. Authentique ! J’imagine nombre d’entre vous tellement ravi de ne pas y être.

Amin me demande 100Dh et a ajouté 100 des siens pour aller chercher de quoi faire un Tajin. Il était déjà 21h. Le préparer, laisser d’autres femmes venir et taper dedans avant nous, puis commencer à manger aura pris 4h.

Je me sens pas mal isolé pendant tous ce processus, quand nous mangeons tous 2 nous parlons religion, Amin a beaucoup trop la foi pour envisager d’autres idées que celles de l’Islam. Quand on parle, on utilise trois langues suivant celle qui nous convient le mieux : français anglais ou espagnol. On parle de l’itinéraire que je voulais faire et ce que je voulais voir, mais il ne l’écoute que d’une oreille et me conseille une agence avec laquelle il travaille, qui me reviendrait moins cher et avec laquelle je verrai plus de choses.

Durant la nuit, d’un coup ça se met à gueuler en arabe dans une enceinte à 4 m de moi. C’est l’appel à la prière. Au premier, Amin semble aller se laver, et au second il mets sa tenue pour aller à la mosquée. A chaque fois qu’il touche ses habits ils me tombent dessus, bref, la nuit est difficile et longue. Vers les 6h du matin ça se calme ce qui me permet de me reposer jusqu’à 11h environ. Pendant 2h30 je m’ennuie, j’écris cet article, et je prend la décision de tester un Riad le soir et de ne pas passer par l’agence que me conseille Amin. Alors que j’écris ces lignes je redoute même sa réaction lorsque je le lui annoncerais, s’il se lève un jour. En dehors de ça, Amin est très gentil et serviable.

Bien sûr dans tout ça j’ai déjà réalisé tout ce qu’il ne fallait pas faire pour éviter la tourista : boire l’eau de la ville chez Amin, manger des fruits …

Ah et j’ai failli oublier, le Tajin était vraiment excellent, et la recette est juste là :

Viande de Bœuf, Oignon en rondelle
Ajouter safran, poivre, sel, cumin, raison sec blanc puis Huile d’olive
Tout mélanger
Ajouter ail

Faire mijoter pendant longtemps.
Accompagner à côté de salade : carotte, haricot vert, salade verte, poivrons rouge et jaune, tomate, Orange, bref photo :

La mère d’Amin passe et lance une sorte de “Ramine Ptin Levtoa”. Je fais mes affaires et il me conduit à un taxi.

 Vue sur la Medina depuis le Riad

Vue sur la Medina depuis le Riad

Je repère le prix pour allez à Merzouga le lendemain, compare le goût des Mac Donald Marocains aux Francais (toujours très important de tester, le goût est réellement différent), et fais le point sur ce que je veux vraiment. Suivre les conseils d’Amin, où me débrouiller par mes propres moyens et me sentir libre à quasi chaque instant ?
Je tranche facilement, et réserve dans un Riad (Hotel typique Marocain) abordable (100dh) en plein dans la vieille Médina. Je décide d’y aller à pied, ça me donne l’occasion de me balader dans les rues et voir un peu plus de Marrakech, ce qui me manque terriblement !
Sous le soleil écrasant je marcherai près de 1h30 avec mes sacs sur le dos et verrai de belles constructions. Après être passé par le souk le plus grand de la ville sur la place Jamaa El Fna, je me retrouve dans la vieille médina, les rues sont tellement nombreuses que mon GPS ne les affichent pas. Je tâtonne pour trouver ce Riad, et un boulet essaie de m’aider, au final il me fait perdre plus de temps qu’autre chose, marcher pour rien, et un second boulet arrive. La mentalité de certaines personnes fait qu’ils me demandent 100 dh chacun une fois devant le Riad. Après une légère altercation je leur lâche 10Dh, et ils partent en me menaçant.

Le Riad est très joli, les jeunes qui s’en occupent me rassurent en affirmant que les 2 racketteurs avaient un grain. Je suis HS par cette marche et ces émotions, ce sera repos en profitant de la beauté du Riad et sa vue sur la Médina. Je ne cache pas mon bonheur de retrouver douche et toilettes auxquels je suis habitué.

Le lendemain, ce sera départ pour Merzouga, le point le plus éloigné de Marrakeh où j’irai, un pas dans le désert. A mon réveil un moment de panique : sur quelle heure se base le départ du bus ? L’heure officielle (-1h), ou celle du Ramadan (-2h) ? Je serai prévoyant et arriverai du coup 1h en avance, me laissant le temps de retirer du liquide, qui ne sortira de la machine qu’à la seconde tentative…

C’est parti pour le Désert !